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HAAOÊR
d' /^Z^
REVUE CELTIQUE
TOME XXI
CHARTRES. — IMPRIMl-RIE DURAND, RUE FULBERT.
FONDÉE /
H. GAIDOZ
1870-1885
9.
PUBLIEE SOUS LA DIRLCTION DE
H. UARBOIS DE JUBAINVILLE
Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France
AVEC LE CONCOURS DE
E. ERNAULT J. LOTH G. DOTTIN
Professeur à l'Université Doyen de la Faculté des Professeur adjoint
de Poitiers Lettres de Rennes à l'Université de Rennes
ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT
L. DUVAU
Directeur adjoint à l'École pratique des Hautes Études
Secrétaire de la Rédaction
Tome XXII.
'f Or. Th.SAAOÊR
NI IJN/iEr' !
d: h
'9^
PARIS (2O
LIBRAIRIE Emile BOUILLON, ÉDITEUR
67, KUE DE RICHELIEU, AU PREMIER
190 I
581476
TABLE DES MATIÈRES
CONTENU KS
DANS LE TOME XXll
ARTICLES DE FOND.
Pages.
Un descendant de Déjotarus, par Théodore Reinacli i
The destruction of Dâ Derga's Hostel, par Wh. Stokes. 9, 165, 282, 390
Glossarial index par le même 404
Les vers à rime interne dans les langues celtiques, par J. Lotli. . . 62
Notes sur le Vannetais, par E. Ernault 69
Sur la prononciation du Gaulois, par L. Duvau . 79
Celtica, par Salomon Heinach 154
De quelques noms de lieux français d'origine gauloise, par A. Thomas 2 16
Sulla popolazione délie Galliae nel tempo di Cesare, par Francesco P.
Garofalo 227
L'in intervocalique en celtique, par H. d'Arbois de Jubainvillc. . 237
L'élément gaulois dans la Langue française, par feu Arsène Darnics-
teter 261
Mélanges brittoniques, p. J. Loth. 330
Notes étymologiques bretonnes, par J. Loth 331
Tesbanat, cétbanim, par H. Kern 337
Barintus, par Arthur G. L. Brown 359
Études Bretonnes, par E. Ernault 369
Corrections au point de vue- métrique au Livre Noir de Carmarthen,
par J. Loth 438
Le mot ORBis dans le latin de l'Empire, par Salomon Rcinach. . . 447
CORRESPONDANCE. 244
I . Par M. Pierre Leroux.
VI
Tahle Jcs nuUièics.
BIBLIOGKAPHIE.
L'Histoire de Bretagne d'Arthur Le Moyne delà Borderie, par J. Lolh. 84
Sur « Lii Ctvilisaiion des Celtes cl celle de l'épopée homèritjue ». . , 247
chkon:
Atkinson (R ), président de l'Acadé-
mie d'Irlande. 5 57.
Babelon. Solice sur Domiùanus.i^].
Baring Gould (Rév. S.). Mémoire
dans Y Cymmrodor sur Kepius,
saint gallois. 3^1.
Bédier (J.). Traduction du roman
Tristan et Iseut. 152.
Bloch (G.). Histoire de France. Tome
1. 126.
Blanchet (Adrien). Etudes de numis-
matique. :;s2.
Brenmore-Jones (David). VoirRIiys.
Brown (A. G. L). Suppléant à l'Uni-
versité de Wisconsin. 558.
Burnell Lewis. Notice sur la plus
ancienne inscription lapidaire ro-
maine de Gaule. 3 58.
Cai.x (vicomte de) et Albert Lacroix.
La Gaule Roni.iini (Tome 11 de l'His-
toire illustrée de la France). 126.
Carmichael (.Alexandre). Carmina
Gadel.ca. 116.
Carlulaire de Gorze. zyi.
Cathmhaolach (Eoin) mac Giolla
Eoin... Éditeur de Keating (G.).
129.
Graig Maclagan (Robert). The Ganics
and Diversions of Ar^yleshire. 351.
Gramer (Franz). Rheinisc'ic Ortsia-
»en. 1 58.
Groby Quiggin (E.). Die lautliche
Geltung der vortoni'ier Wortcr und
Silhen in dem Bock oj Leinster Ver-
sion der Tain bô Cualnge. 1 30.
QUE.
Ddnia Aodh.jgain lii Rathaille. 12^.
Didioun.iire général de la langue fran-
çaise. I 27.
Dottin (G.). Contes irlandais. 1 26.
Duvau (L.). L.i pro-wnciation duGau-
lois. 1 59.
Gaelic Lcague. 129.
Gourcuff (Olivier de). Gens de Bre-
tagne. \2^.
Hatzfeld (A.)- Darmesteter et A.
Thomas. Dictionnaire général de la
Ir.ngue française. 127.
Henry (V.). Étymohgics br tomes.
5S7-
Herbomez (A. d'). Éditeur du Carlu-
laire de Gor:e. 252.
Histoire illustrée de la France. 126.
Hogan (le Rév. Edmund). Ou Unes
of the Granimar of old irisch with
Tixt and Vocahulary. 118.
— Liiibhleabhrjn. 120.
Hûbner (Emile). Sa mort. 252.
Hùbner, Ihm et Mùnzer, auteurs de
la partie celtique dans Pauhs Reai-
enoclopadic. 135.
Irische Texte. 1 14.
Irisb Tixt Society. 125.
Jessie L. Weston. La Légende de Lan-
cclot du Lac. 349.
Jo'in(Ivor B.). The mibinogion. 459.
K.eating (Gco.Troy). 129.
Kuno Meyer. Le roi et l'ermite. 353.
— Mémoire sur un texte irlandais,
dans Y Cymmrodor. 550.
Lacroix (Albert). Voir Caix.
T.i/'/t' des m.Uiètti.
VII
Lavisse. His'.oire de Fumcc. Tome I.
126.
Leite de Vasconccllos (J.)- Monnaies
de la LusiLmii porlu;z^usc. 158.
Le Moyne de la Borderie (Arthur).
Sa mort. 2^0.
Loth (J.)- ^^ mèlriqu: galloise. Tome
11.554.
Le même, docteur en droit de l'Uni-
versité de Glasgow. 545.
Maynadier (G.-H.). Origine du conte
de la femme de Bath. 349.
Monnaie de Verica, fils du roi breton
Commius 254.
More (A. W.). /l history 0} th: isle
of Miin. 124.
Morel. Collection d'antiquités gau-
loises. 254.
O'Grady (Standish Hayos). SiIwj Ga-
delicj. 116.
C JïÀaûv'.o-j;. 137.
O'Rahilly (Egan). 125.
Paris (G.). Conférence hebdoma-
daire sur la Icgendc de s.iint Br.iii-
dan. 254.
Paulys Rcal-encyclopaedie. Septième
demi-volume. 155.
Plicque. Lug, dieu de l'Or chez les
Gaulois. 139.
Prizes for Essays on some Celtic
Subject. 128.
Prou (M.) et .\. Vidier. i*;"" fascicule
du Recueil des Chartes de l'Abbaye
de Saint-Benoit-sur-I.oi'e. 137.
Reinach (S.). Comparaison de vers
de Claudien et de vers de Properce.
54S-
Rhys (John). Celtu Folklore, Welsh
and Maux. 1 34.
Rhys(John)et David Brenmore-Jones.
The welsh people. 121.
Richard Davies. Auteurd'uneversion
galloise des Épitres à Timothée,
Titus et Philémon. 254.
Ridgeway (W.). The early Age of
Grecce. 347.
Russel (miss). Mémoire sur quelques
forts d'Kcosse. 254.
Russel (T. 0.). Traducteur en irlan-
dais moderne du Birama. 352.
Le même. Fi'or ChLUrseach na h-Ei-
reann. 130.
Samson (Saint), abbé, évèquc et ar-
chevêque de Dol. 133.
Schrader (0.). Rcallexicjii der in.io-
germanischcn Altcrlunisk n'e., t.
11.357.
Le même. Sprachv.rglcichung und
LJrgeschichte. 135.
Stokes (Whitley). Le dialogue des
vieillards, Acallamh na Senôrach.
115.
Strach.vi. Mémoire sur les temps
passés en vieil et moyen irlandais.
255.
Stubbs (William), évèque d'O.xford.
Sa mort. 3 56.
Textes gallois. Publication proc'iaine.
Thesauius linguac latinae. i'"'-' livrai-
son. 136.
Thomas (D. R.). Éditeur d'une ver-
sion galloise des Épîtres à Timo-
thée, Titus et Philémon. 254.
Thurneysen (R.). Étude sur les ad-
verbes irlandais. 3 57.
Le même. Traducteur de légendes ir-
landaises. 459.
Valluni Hadriani et la Holy Island.
558.
Windisch. Tâin bo Cûailnj^i. 128.
Y Cynmrodor. 5 50.
Zanardeli. Annonce d'une publication
prochaine. 3 58.
VIII
Table des matières.
Zimmer (H.). Mémoire sur l'église Le même, professeur de celtique à
celtique. 5 54. l'Université de Berlin. 4^8.
PÉRIODIQUES ANALYSÉS.
.Analecta BoUandiana, 259.
An Gaodhal, 145-146, 56), 465.
Annales de Bretagne, 145-144, 361.
An/eiger fur schweizisc'ie Altertums-
kunde, 366.
Archaeologia Cambrensis, 565-564.
Archeologo Portugues, 566.
Athenaeum, 463.
Beitrage zur Kunde der indogerma-
nischen Sprachen, 562.
Boletin de la Real Academia de la
Historia, 2 56.
Bulletin Archéologique du Comité des
Travaux historiques et scientifiques,
•44) 367,4<^2.
Celtia, 146, 259,366,462.
Entre Camarades, 256-257.
Feiz ha Breiz, 1 50
Folklore, 258-259.
Indogermanische Forschungen, 461.
Journal of American Philologv, 562.
Journal of the Royal Institution cf
Cornwall, 145.
Journal of the Royal Society of Anti-
quaries of Ireland, 149-150, 254,
360, 461 .
Man, amonthly record of Anthropo-
logical Science. 146.
Mémoires de la Société royale des
sciences de Bohême, 255-256.
Proceedings ofthe Royal Irish Aca-
demy, 145.
Publications of the Modem Language
Association of America, 148.
Revue Archéologique, 149, 366.
Revue Bretonne, 142-143.
Revue d'Ardcnne etd'Argonne, 1 jo.
Revue des Études anciennes, 362.
Revue des Études Grecques, 149.
Revue Épigraphique, 148, 362.
Revue Historique de Provence, 149.
Romania. 144-145 ! 259.
Sitzungsberichte des Kais. Académie
der Wissenschaften in Wien, 257-
258.
Studies and notes in Philology and
Literature, 143.
Supplementi Periodici ail' Archivio
glottologico italiano, 146.
The Gael, 145-146, 365, 463.
Transactions of the Devonshire Asso-
ciation for the Advancement of
Science, 145.
Zeitschrift fur alte Geschichte, 146.
Zeitschrift fur Celtische Philologie,
140-142.
Zeitschrift fur deutsche Wortfor-
schung, 147.
Zeitschrift fur vergleichende Sprach-
forschung auf dem Gebiete der in-
dogermanischen Sprachen, 147,
560-361 .
TABLE, par M. E. Ern'.\ult, des principau.v mots étudiés dans le t. XXII
de la Revue Cetlitjuc, p. 464.
UN DESCENDANT DE DEJOTARUS
Au cours de travaux récemment entrepris pour l'agrandis -
sèment du local de la Banque ottomane à Angora (Ancyre), on
a mis au jour une inscription encastrée dans le mur de la for-
teresse, et qui, malheureusement, a été depuis recouverte à
nouveau. M.Pons, vice-consul de France, avait pris une copie
du texte entier, ainsi que des estampages de la partie gauche
seulement. Ces documents ont été communiqués par M. Pons
à M. J.-G.-C. Anderson^ et par M. Anderson à M. Mommscn,
qui vient de publier et de commenter l'inscription dans les
Comptes rendus de l'Académie de Berlin (lo janvier 1901).
C'est une dédicace honorifique, consacrée par une tribu d'An-
cyre — la septième- — à son bienfaiteur C. Iulius Severus, qui
avait parcouru avec honneur toutes les fonctions municipales.
Des inscriptions d'Ancyre anciennement connues (Corp. inscr.
f^raec, 4033, 4034) nous ont fait connaître la suite, très bril-
lante, de la carrière de ce personnage. Admis par Hadrien au
Sénat, il fut successivement légat de la province d'Asie, légat
de la lY^ légion Scythique et vice-légat de Syrie au moment
de la guerre judaïque (132), proconsul d'Achaïe, adminis-
trateur extraordinaire de Bithynie, préfet de VAerariuiu, consul
suffect (140 ou 141), pontife, curator openini piihliconim, légat
d'Antonin le Pieux dans la Germanie inférieure, enfin pro-
consul d'Asie. On a là, comme le dit Mommsen, un exemple
1 . M. Pons a également envoyé une copie à M. HomoUe qui a briève-
ment parlé de ce texte devant l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres;
sa communication, que je ne connais pas, est encore inédite.
2. Le nom de la tribu Ila/.a. X-'vr) n'est pas certain.
Htvue Celticfue, XXII. i
2 Thiodore Rdnach.
remarquable de l'entrée de la haute aristocratie indigène des
provinces hellénisées dans le fonctionnariat romain, phéno-
mène bien conforme aux tendantes cosmopolites du gouver-
nement des Antonins.
Dans les inscriptions précédemment connues, la carrière
lociilc de Julius Sevcrus, antérieure à son admission au Sénat,
était résumée d'un mot ; un mot aussi pour caractériser l'illus-
tration de son origine: zxzù.iwi /.x'. -i-.zxy/wi ur.i-;z-i^'i. Le
nouveau texte, outre qu'il nous fait connaître définitivement le
gentilice (Iiiliiis) du personnage, entre dans de précieux détails
sur les honnL'urs municipaux qu'il a remplis, et précise un
peu les hautes prétentions nobiliaires auxquelles les textes an-
térieurs se contentaient de faire allusion. Ce dernier point in-
téresse l'histoire générale de l'Orient hellénique et tout parti-
culièrement celle de la Galatie; les lecteurs de la Revue
Celtique me sauront donc gré de reproduire et de commenter
ici les premières lignes de l'inscription qui renferment ces
indications généalogiques ' :
y-.i\':\-i:'t zxz'ù.i j mz
\\r^:z-y.zzj y. ] 'A \[):yr.zj
t;j \\zr;y.-z \ j y.%: 'A;j.>/t;j
5 "J aViIAA I Or-STsasywv
7.X'. IjX-C/.ki) I ; \~'.x: \"xkzj,
iv £'!/'. ;v J-aT'.y.wv \z \ j'/J.zj
-.1 KzlpX-ZJ y.X'. ^X7 I (A£0)Ç
'WzZTflpzj-. Y.x: "I:jA | (;j 'A-
10 y.JKZJ /,x\ KX- —iZjTtp I cj, y.r.
zr;';vrr, Tr^yXr,-: | y.C>yt
-'hîi'-to'J ^ àsîAsi I V 'I:j-
/J.zj 'A;rjvT'.av:j, :: | zor.z->
'F/aat,v(ov, etc.
1. Le tiret vertical sépare la partie gauche, seule estampée, de la droite.
2. Probablement un descendant d'Hérode. Son fils, C. Iulius Agrippa,
fut questeur propréteur d'Asie (inscription d'Ephèse, Ihit. Mus., 111, 187,
no >S7)- Mommsen propose de l'identifier avec le proconsul d'Asie,
C. Iulius Alexander Berenicianus (BCH., I, 192, Ephésc).
Un descendant de Déjotanis. 5
La parenté de Julius Severus est, on le voit, classée sous
quatre chefs : 1° ses ancêtres directs (1. 2-6), 2° ses cousins
germains' (1. 7-10), 3° ses parents plus éloignés (1. 11),
4° son frère (l. 12). Les ancêtres à leur tour sont divises en
trois groupes :
a) rois galates;
b) tétrarques galates ;
c) rois d'autres pays.
C'est d'eux seuls que nous allons nous occuper.
Le groupe (a) comprend un seul nom : « l'ancêtre, le
grand homme », le roi Déjotarus, l'ami de Pompée, de Ci-
céron, de César et d'Antoine. Inutile d'insister sur ce person-
nage célèbre. Mais comment Julius Severus peut-il être son
descendant? Nous savons que la femme légitime de Déjotarus,
Stratonice, étant stérile, celui-ci prit pour concubine une cap-
tive grecque, Electra, qui lui donna plusieurs enfants (-.o-jz -fvn-
[j,=v:'j; T.xXix:) que Stratonice consentit à élever-. Parmi ces
enfants il y avait plusieurs fils, mais le roi, craignant le mor-
cellement de son héritage, les fit tous mettre à mort, à l'ex-
ception d'un seul qu'il désigna pour son successeur'. Cette
combinaison ne devait pas réussir, car le fils, appelé Déjotarus
comme son père, gratifié du titre de roi vers 51, fiancé avec
la fille d'Artavasde, roi d'Arménie, doit être mort avant le
vieux roi (41), puisqu'il ne lui succéda pas. Il n'est pas da-
vantage question d'enfants de ce Déjotarus II. Même en admet-
tant qu'il ait eu une fille, ce n'est pas d'elle que Julius Severus
peut descendre, car alors il n'aurait pas manqué de taire
figurer parmi ses aïeux le roi Artavasde et les deux rois Déjo-
tarus au lieu du seul « Déjotarus roi ».
Il faut donc se rabattre sur les filles de Déjotarus le Grand.
Nous en connaissons deux : l'une mariée à Castor le Tarcon-
darien(?), probablement tétrarque d'un canton des Tecto-
sages, l'autre à Brogitarus, tétrarque des Trocmes.
1 . Je crois que M. Mommsen a tort de prendre âvs'^'.o; dans un sens
large; l'opposition avec Tjyvjvr;: ne serait plus justifiée.
2 . Plutarque, Mulienim viilutes, Slratoiiiceill, 256, Bernardakis). Cf. Calo
niiiior, 15 : ::aoaOE70a'. toJ: -aîoa; aÙToj '^jO-jXo'j.iwo;.
5. Plutarque, De sloiconim lepiignantiis. 32 CVI, 258, Bcrn.).
4 Théodore Rcinach.
La prcmicrc fut, avec son mari, massacrée dans leur rési-
dence de Gorbéous par le vieux Déjotarus, vers 45 av. J.-C. ' ;
elle laissait un fils. Castor II, qui succéda à Déjotarus, par la
grâce d'Antoine, en Galatie et en Paphlagonie (41); il eut à
son tour pour successeurs, mais en Paphlagonie seulement, ses
deux fils Déjotarus Philopator et Déjotarus Philadelphe^. Il
est clair que Julius Severus ne cescend pas de cette branche,
car les rois de Paphlagonie et le tétrarque Castor I" ne figurent
point parmi ses ancêtres.
Venons à la seconde fille de Déjotarus, mariée à Brogitarus,
tétrarque des Trocmes. Le seul texte qui atteste ce mariage î
est celui de Cicéron. Dans son discours De hanispicuiii respousis,
prononcé en 56 av. J.-C, Cicéron critique vivement la loi
tribunitienne de Clodius(58) qui avait décerné à Déjotarus et
à Brogitarus le titre de roi et conféré à ce dernier, au détri-
ment du prêtre légitime, la possession du riche temple de Pes-
sinonte. Cicéron félicite Déjotarus de n'avoir pas accepté cette
clause et d'avoir chassé Brogitarus du temple : Ouod Pessi-
nuutem pcr scchis a te (Clodius) violalum et sacerdote siicrisque
spolialiiiu reciiperavit, ut in prislina religione servaret, qtiod caeri-
inouias, ah onnii vetitstale acceptas, a Brogitaro poil ni mm sitiil
niavultque genenini sniiiii iiiiiiiere tito quam iUiid faiiuni antiqui-
îate religionis carere^. On ne doit pas s'étonner de voir Déjo-
tarus en mauvais termes avec son gendre Brogitarus; n'était-il
pas à couteaux tirés avec son autre gendre, Castor? On peut
même soupçonner Déjotarus de n'avoir pas été étranger à la
mort de Brogitarus; en tout cas, lui mort, il s'empara de sa
tétrarchie : en 47 il la possédait depuis quelques années 5. Plus
tard, Mithridate de Pergame (neveu ex sorore de Brogitarus) la
réclama et l'obtint de César. Ce dernier fiiit prouve que Bro-
gitarus n'avait pas laissé de fils. A-t-il au moins laissé une
1 . Strabon, XII, 5, 3. Sûrement après le plaidoyer de Cicéron. Cf. mon
article delà Rrcuv Kinnisniatiquc, 1891, p. 588.
2. Voir Revue Kuiinsmatique, 1894, p. 414 suiv. (rectiliant mon article
de 1891).
5. J'ai eu tort autrefois (/?(r. Xiini., 1891), d'en contester l'autorité ou
l'interprétation.
4. De hariispictim respottsis, XIII, 29.
5 . Betlinu itlexandi iiiuin, 78.
[in iicscctiilarit de Dqotaras. 5
fille, de Liqucllc descendrait notre héros ? Pas davantage, car,
s'il en était ainsi, Brogitarus devrait figurer sur notre inscrip-
tion, sinon avec son titre de roi, qui lui fut contesté", du
moins avec celui de tétrarque (des Trocmes) que lui donne
officiellement l'inscription d\-Eg:\.^-.
Concluons: C. Julius Severus ne descend ni de la fille de
Déjotarus mariée à Castor, ni de celle qui épousa Brogitarus.
Déjotarus a donc dû avoir une troisième fille, qui épousa l'un
des deux tétrarques Amyntas mentionnés dans les lignes sui-
vantes de l'inscription, et c'est d'elle qu'est issu notre Severus.
Le groupe (b) comprend deux tétrarques, tous les deux
inconnus, tous les deux du nom d'Amyntas, nom qui paraît
avoir été, nous ne savons pourquoi, en fiiveur dans l'aristo-
cratie gallo-grecque à la fin du i''' siècle av. J.-C. : on sait
qu'un Amyntas, ancien secrétaire de Déjotarus, finit par de-
venir roi de Galatie; certainement aucun de nos Amyntas n'est
identique .weccc personnage. Tout l'intérêt de ce couple serait
dans les noms de leurs pères, et malheureusement ils n'ont pas
été déchiffrés d'une manière certaine. Le premier a été lu BPl-
PATOV par AL Pons, LPITATOV par M. Mommsen sur l'es-
tampage. Ce dernier nom est certainement plus vraisemblable:
on y reconnaît l'élément brig^ qui entre dans la composition
de tant de noms géographiques et mythologiques gaulois, et
le suffixe afiis qui se retrouve, par exemple, dans le nom du
tétrarque Sinatus, le mari de la fameuse Camma. Il fitut savoir
résister à la tentation de corriger Bp'.-fx-.zj en Bpsy-ipcj : l'ins-
cription, gravée avec soin, ne renferme pas une seule faute
certaine et celle-ci serait bien grossière.
Quant au second patronymique, il a été lu \j-xkzj par
M. Pons; M. Mommsen propose dubitativement Ajv.aA:j, qui
a une physionomie bien peu celtique. La syllabe initiale A j ou
Aj-:(?) fait penser à Ij-îj-z;. fils du tétrarque Adiatorix et
1. Cicéron, De hanisp. resp., 29. Pourtant il le prend sur sa monnaie du
Cabinet de France (Rev. Kinn., 1845, p. 264).
2. Hernies, XIV, 474. La pierre est encore aujourd'hui encastrée dans la
mosquée Rousat-aga, à Ghiouscl-hissar (communication de M. Contoléon).
3. M. d'Arbois me dit qu'il faut distinguer deux racines brig(a) : l'une
avec i bref (= forteresse), l'autre avec i long (^= illustre).
6 Théodore Rcifhuli.
grand-prctrc de Comana au temps de Strabon (XII, 3, 35).
Quant à la terminaison, je suis bien tenté de lire AA(JV au
lieude AAOV; un tétrarque Domnilaus est mentionné par
César (Bcll.iiv., III, 4). Il n'est pas tout à fait impossible qu'il
faille restituer ou corriger A V.\I(NI)AA()r: la syllabe NI a pu
être omise fitcilement après M, et l'initiale Aj;j.v, évidemment
équivalente à Doniii, se retrouve dans divers noms gaulois
(Dumnacus, Dumnorix', etc.).
Les grandes familles galates, les familles de tétrarques, ne
se mariaient guère qu'entre elles; il est donc à présumer que
les deux tétrarques Amyntas, dont descendait Julius Severus,
étaient respectivement ses ancêtres paternel et maternel.
\'ient enfin (c) « le roi d'Asie Attale ». Il est appelé roi
d'Asie (c'est-à-dire de Pergame) pour le distinguer de son ho-
monyme, le dynaste de Papblagonie intronisé par Pompée.
Mais duquel des trois Attale pergaménicns s'agit-il ? Attale l"
doit être écarté, d'abord comme trop ancien, ensuite parce que
ses possessions légitimes étaient trop restreintes pour lui mé-
riter le titre de « roi d'Asie ». Attale III n'a jamais été marié:
sa fiancée Bérénice — sans doute une princesse égyptienne —
est morte mystérieusement avant le jour des noces-. Reste
donc le seul Attale II Philadelphe, frère et successeur d'Eu-
mène II. Ce prince épousa StratoniceS fille d'Ariarathe IV de
Cappadoce, et veuve d'Eumène; il avait même eu des relations
avec elle dès 172, alors que le bruit de la mort d'Eumène
s'était répandu; on a conjecturé qu'Attale III était né de ce
mariage putatif. Quoi qu'il en soit, l'histoire ne mentionne
pas d'enfants légitimes issus du mariage d'Attale II et de Stra--
tonice, mais nos renseignements sur cette époque sont si
fragmentaires que ce silence ne prouve rien en ce qui con-
cerne des filles. Je considère comme extrêmement probable:
r' qu'Attale II a eu une fille (née entre 159 et 138), 2° que
cette fille elle-même a eu une fille ou une petite-fille appelée
Stratonice, com.me son aïeule ou bisaïeule, 3° qu'il faut recon-
1 . Le père du or.ind Dcjotarus s";ippclait Dumnorix (C. I. A., III, 544).
2. Justin, XXXVI, 4, I.
5 . Le nom nous a été révélé par les dédicaces deBisanthe (Dittcnberger,
Sylloge, irc éd., rn^s 224-5).
Un descendant de Dcjotanis. -j
naître en cette princesse l'épouse de Déjotarus le Grand, dont
les historiens donnent le nom mais non l'origine. C'est par
elle que Severus rattachait sa généalogie à l'illustre d3'nastie
de Pergame, car les enfants de Déjotarus, quoique nés en
réalité d'une concubine, passaient sans doute officiellement
pour enfants de la reine, qui les avait élevés.
Voici donc, en résumé, comment s'établirait la généalogie
de notre personnage :
Attale II de Pergame = Stratonicc de Cappadoce
I
Fille
I
Stratonice = Déjotarus de Galatie
Fille = Amvntas, tétrarque
I
Julius Severus.
" On me permettra de terminer par une conjecture sur le nom
et l'origine de la femme de Severus. Mommsen a reconnu que
l'inscription 4030 du Corpus se rapporte à cette dame, et non,
comme on le croyait, à la femme du fils de Severus. Elle y
est, en effet, qualifiée de y.zr/\izv.T) ... -'jval/.a Izj'/J.zj ^iyjr,po'j
■:z\i -cwTcj Twv E /,/>•(;•/;■)■/. Or l'inscription nouvelle nous apprend :
1° que notre Severus portait le titre de r.ç,ur,zz twv 'EAAr^vojv
(1. 13), 2° que sa femme était grande-prétresse (1. 27). Mais
quel était le nom de cette femme? L'inscription 4030, qui
n'est connue que par une copie de Tournefort, l'appelle Kap-
y.jt.yJ.y., nom baroque, d'aspect plus turcoman que grec ou ga-
late, et depuis longtemps suspect. Pouvons-nous le corriger?
Notons que d'après cette même inscription la femme de Se-
verus était de sang royal, i.~'y^;^iz:; [îx-j'./.éwv, donc parente de
son mari. Or, parmi les cousins germains de celui-ci, le nou-
veau texte mentionne (1. 9) un personnage appelé au génitif
'\zjiJ.yj 'Ay.jAOj. M. Mommsen interprète ce nom par le latin
Julius Aquila et nous connaissons, en effet, un personnage
asiatique ainsi nommé (Prosopog raphia, II, 168, n" 108),
mais la forme WvS/.zj est embarrassante, le génitif régulier de
'Ay.jXxr étant 'Ay.j/.x; on pourrait être tenté de corriger en
s Tlicodore Rcinach.
'A/.ja|{J:j. Quoi qu'il en soit, du cognomcii 'A/.j/.a: ^ Aijuila
ou W/.j'/.'.t; = Aijuilius on a dû tirer le nom de femme Aqui-
lia. Je soupçonne fort la femme de Severus d'avoir été la fille
de Julius Aquila ou Aquilius et de s'être appelée Julia Aquilia,
comme la seconde femme d'Elagabale (Julia Aquilia Severa),
qui était peut-être sa descendante. Des lettres plus ou moins
effacées
loVAllAXAKVAAIAN'
Tournefort a pu fort bien tirer son inonslnini
K'Al'AKrAAIAX.
Je souhaite qu'on en débarrasse l'onomastique gauloise.
Théodore RllNACH.
1. On pourrait aussi soupçonner KA- AKVAAIAN : un autre cousin
lie notre liéros s'appelle Cl(audius) Severus, nom porté par beaucoup de
personnages connus (/'nw^(Y., I, 598 suiv.). Peut-être encore l'inscription
lie Tournefort n'est-elle que la moitié d"une dédicace complète dont l'autre
moitié était consacrée au mari; alors la partie conservée commençait par
KAlAlvVAAIA.N, cjui se rapproche encore davantage de KaiaxjXa'.av.
THE DESTRUCTION OF DÀ DERGA'S HOSTEL
This ancient taie, apart from its pathos and beauty, de-
serves attention from the facts that it turns on the primeval
beliefin the ruin wrought by the violation of tabus, that it
contains some évidence of the survival of totémisme and that
it has suggested the noblest English poem ever written by
an Irishman-. The following édition is based on eight vellum
copies, ail more or less imperfect. They are as follows:
1. LU. The Lebor na hUidre or Book of the Dun, a MS.
of the end of theeleventh or beginning of the twelfch ccntury,
in the library of the Royal Irish Academy. Hère the beginning
of the taie is lost — the first words of it bcing ... airiut. Nate
cm, ^21 infra, p. 83''ofthe fiicsimile, Dublin, 1870.
2. YBL. The Yellow Book of Lecan, a MS. mostly of the
fifteenth century, in the library of Trinity Collège, Dublin,
formerly marked H. 2. 16, but now (according to Dr Abbott's
catalogue) 13 18. The taie hère begins at p. 91, and ends on
p. 104, ofthe photolithograph publishcd in 1896. It omits the
descriptions of many members of Conaire's retinue, which
are contained in LU. p. 93 et seq. Though YBL. is much
later in date than LU. it préserves some Old-Irisli forms
which hâve bcen modernised in the elder copy.
3. YBL^. In YBL. are two pages (432, 433) which contain
the beginning of our taie in a latcr hand and corrupt spelling.
1. Ncttlau, Rcv. Cclt., XII, 253, and sec Salomon Rciiiach, Rcv. Cclt.,
XXI, 287.
2. Conary, by the late Sir Samuel Ferguson.
10 W'hithy Stokes.
This fragment commences with the words Biii ri^h aomrui
airegihi for Hiriini, and ends \vit!i : dobcrlt s'uihc .u.iii. cuniala,
§ 8 infra. It will licre be denoted bv YBL-.
4. II. This codex, of varions dates and handwritings, is
also in the library ofTrinity Collège, Dublin. It was formcriy
marked H. 2. 17, but is now numbered 13 19. It contains
three fragments of our taie in a hand, I think, of the fifteenth
century. The fîrst begins (p. 477) imperfectly with the words
josnaidni ugiall Teinrach. Amra, n-amro, ol imi slogh,^ 15 infra^
and ends: Cia feras an failtei, § 39 infra. The second fragment
begins : Atchiusai îet, ol sisi, connch ernaboi cacr na carnai diot,
§ 62, infra, and ends : gala mathgamna 7 hroihoi Icoman, § 92
infra. The third fragment begins : Ro hoi iariim ina cotlud in
maethoclach, §101 infra, and ends imperfectly with : iviaricfi
jrl. ni ho, §111. For a loan of this MS. I am indebted to the
Board ofTrinity Collège.
5. F. The Book of Fermoy. This fifteenth-century vellum,
now in the librarv of the Royal Irish Academy, contains in
pp. 213-216 two fragments of our taie. The first begins im-
perfectly with: ianim inna codliilh in môetoiclach, §101 infra.
The second begins (p. 214), with Adconnarc and nonbor ind
inidai, § 216 infra, and ends miperfectly (p. 216) with oencoss
7 licnhuin 7 niHcc, § 136 intra.
6. S. The Stowe MS. 992 (now marked D. _|. 2) is kcpt
in the library of the Royal Irish Academy. K. Meyer, Rev.
Celt., VI, 173, 190, XI, 435-436, says that it was written at
Frankford, King\s Co. in 1300. This excellent MS. contains
three fragments of our taie. The first (fo. 85^-90^2) cxtends
from the beginning {Bai ri anirai aircgda, etc.) to the end of
§ III infra. The second from § 126 to the second lineof § 135
(0 gabais trcbad ni ro). The third from a bcn, ar sa, ni ciiil etc.
§ 161 infra, to the colophon : G';;id é cath na maidne ar
Briiidin D.\ Br/g conicc sin. FIXIF.
7. Eg. Egerton 1782, a MS. in the British Muséum,
described in M. d'Arbois de Jubainville's Essai d'un Catalogue,
The Dciiniclion of iiJ Deiga's Hostcl. i i
p. xwi, xxvii. The copy of oiir talc contained in this MS.
may be said to bclong to a second recension, which was
preccded by three Ibretales (rcnisccla), viz. Tcshaid E lui ne in-
ginc AilcUa, Tnvndani Echach Aircman and Aisnéis Sicle Maie
ind Ôe do Mider Breg Leifh in a sid (LU. 99' 13, Eg. 120'' i).
It commences (f. irS-'), with an account ofEochaid's recap-
ture of his wife Étdin from the elfking Midtr of Bri Léith'.
This incident, according to the second recension, causcd the
vendetta hetween the elves and Eochaid's descendants, which
resLilted in the cruel death of his great-grandson Conaire.
Then (fo. i iS** 2) we hâve the marriage of Cormac « the man
of three gifts » to Eochaid's daughter, called, like her mother,
Étdin, With his désertion ofÉtain because she bore daughters
only, Eg. begins to agrée almost Verbatim with YBL. and St.
(§ 4 infra), and from fo. 120'' i (... orut. Nateem, oU seisiunî)
with LU. (§ 21 infra). But Eg. contains many additions and
variants, which are mentioned in Nettlau's able articles on
our taie, or in the footnotes and appendix to the présent édi-
tion. On the other hand, it has lost three leaves, one corres-
ponding with LU. p. 88^26, another v:ith LU. from 88'' 7,
and a third with LU. p. 93, 1. 4 — 93' 5.
8. Eg.'. Egerton 92, another MS. in the British Muséum
written in 1453 (Rev. Celt., XI, 436). This contains (f. 18)
two fragments of our taie ; the first extending from the be-
ginning to 1. 3 of § 54 (Ta cèin, for Ingeel), the second from
iarna rathugud. Teit corranic, § 72, to the end of the de-
scription of Conaire, § 100.
So much has been already written about the Bruden Dâ
Derga that it is hère necessary only to give a list of the chief
notices of the subjcct :
Rorannad Heriu iarsin. hi côic, iar n-arcain Contre Môir
maie Etarsceoil hi mBrudin Dd Derga, Thereafter Ireland was
divided into five , a/ter the desintction of Conaire the Gréa l, son of
Etarscél, in the Hostel of Dâ Derga, Annals of Tigernach,
Rev. Celt., XVI, 405.
I. Sec the Dindsenchas of Rjith Essa, LL. 1651.
I 2 Wliitley Stoks.
Togail BruiJnc Da Bcrga' (ut alii aiunt, scd certc falluntur)
for Conaire Môr Tb^ sack of Dà Dergas Hostcl, on Conairc thc
Grcat, as sonw say, but thcy are sure l y lurong, Ibid., p. 411.
(According to the former cntry the Destruction took place
soon after tlie battle of Actium, B. C. 31. According to the
latter, the datewasA.D. 43 or thcreabouts).
Ar bàtar fri hEnv//; cen sniacht rig fo/'ro f/'i rc .uii. nibHa-
d(/// iar ndith Conaire i niBrudin Dà Dcrca, LU. 46' 7-9, for
the iiien of Irelaud had 110 kiug's aulhorily upon ihemjor the space
of sève II years after the death of Conaire in Da Dériva' s Hostel.
Orgain Bruidne l'ii Dcrg.v, LU. 91/ 12 (slicht Libair Dromma
sneciua)
Kt Togail Bruidne ùi Dcrgga, list of the priinsceoiJ, LL. 189^
last line.
No Togail Bruidne dà Derga, Rawl. B. 512, fo. 109'' 2, and
Harl. 5280, fo. 47.
Togail Tigi Ner/^/ain ocus Bruidne Da Derg ocus Da Choc.
Harl. 432, fo. 3'' 2, printed in Ancient Laïus, I, 46.
GillaCoemàin's chronological poems, LL. 129^37-40, 131-^
20, 21.
The dindsenchas of Benn Etair, LL. r9)'': of Ràith Esa,
LL. 163': of Ràith Cnàmrossa, Rev. Celt., XV, 333.
The Annals of the Four Masters, A. M. 5160.
O'Curry, MS. Materials of IrisJ) Historx, pp. 238-239,
— Manners and Custoins, I, 20, 72, 74, 219, 306,
335> 350, 35 5, 370» 379,382, 383, 390, 431, 433, 447, 462,
463; III, 1 36-1 51 (with thirty e.xtracts, ail, save two, inac-
curate), 165, 183, 184, 189, 190 (with four extracts, ail inac-
curate), 367 368.
d'Arbois de JubainviJle, Essai d'un Catalogue, 180-181.
Zimmer, Zeitschr. f. vcrgl. Sprachforschung, XXVIII,
554-585-
I. Horc Bercail (i. e. Bher^'u) is a corruption of Dériva (i. c. Dth'rga) as
Iiiiiljal M Jcw » of Iiuilml, etc. The gen. sg. i/.i in Brtiideu di Dcr^a, dd
Clwa, dâ Riv (nom. sg. Diiii, Trip. Life 550, 1. 50, LL. 519'-" 17) mav
stand for * Dûii, and be cognate, perliaps, with Lat. Dàvus, a comnioii
name for a slave in Plautus and Terence. Cf. the names of whicli the (îrst
élément \s i^illc, viacJ, uiu.;, Rhvs, Cctlic Brilaiii, 239.
The Dcstnution 0/ /)<! Deii;a's Hosle!. 1 5
Zimmcr, Zeitschr. f. deiitschcs Altcrthum, XXXV, 13.
Nctilau, Rcv. G'//., XII, 229, 444; XIII, 252; XIV, 137.
In tlie présent édition tlie version in the Yellow Book of
Lecan has been tblloweJ as far as the first tive words of§ 21.
Thence to the end the version in Lebor na hUidre has been
taken as basis. Letters and words omitted by the scribe are
supplied in square brackets. AU various readings of any im-
portance are given in the footnotes. The Appendix contains
various illustrative passages, which owing to their length,
could not be printed at the bottoni of the pages. The Glos-
sarial Index will, I trust, be found a uscful supplément to Prof.
Windisch's Wôrterbuch. The transhuion must be regarded as
merelv tentative — so many are the uzxz '/.i-fiij.vtx m the Irish
text, so obvions the corruptions, vvhich I, at Icast, am unable
to cure. ^
W. S.
IXCIWT TOGAIL BRUIDNE DA DERGA
'^H. 2. 16, col. 716, Facs. 9r\)
I. Bui ri amra airegda for Eriiiii, Eochaid Feidleach a ainm.
Doluid' feacht//.<- n-ann dar Aenach mBreg Leith, roiiAcciù in
mnai for ur in tobair, 7 cir chuirréil- argit co n-ccor de or
acthe 3 oc folcud al-luiiig argit, 7 ceithri heoin oir t///rri, 7
gleorgemai beccai di charrmogul chorcrai hi fortleascuih -^ na
liiingi. Brat cas corcra, foloi > chain aicthe^. Dualldai airgdidi
ecoirside, [milech | de or oibinniu isi|n] bratt. Lcne lebur-
chulpatar/;^ is" i cIiotut[s]lemon dei shitiu uainide fo dc/'ginUud
oir impi. Tuagmila ingantai di or 7 airget*^ br a bruindi[b] 7
1. Toluid St.
2. sic Ir. Te.Kte, I, 119. cir chuirrel YBL. St. ci'r coréil YBL^.
5. acce St.
4. forflescaib St.
5. folôi St. foloi YBL2.
6. aicce St. aicc, aica: YBL^.
7. os St.
8. d'or 7 d'argat YBL^.
14 Wliitley Stokts.
A formnaib 7 a guallib isind Icnc di c.ich Icitli. Taitncd ' f;ia
in grian cobba fod.-rg- doua fcniib taidicach ind oir f;isin
ngn'V// asin t[sjitiu uain[i]di. Da trilis n-orbuidi for a cind.
lige ccit/'/i ndual ceachtar ndc, 7 nicll for rind cach duail. Ba
cosmail Ico dath ind tbilt sin f/i barr n-ailcstair hi samrad, iw
(n d<vg(')r iar ndc 11 a m a dath a.
Bi'ginncth the Desiniction of Dà Derj^a's Hoslel.
1. Thcrc was a fanions and noble kint^ ovcr Erin, named Eo-
chaid Et'idlech. Once npon a lime hc came over ihe fairgrecn of Bri
Léilb >, and hc saiv al thc cd_^e of a îucll a luonian zcith a hright
comb of silver adorncd li'ith gold, ivashing in asilver basin wherein
iL'crc four golden birds and liltle, bn'ght gcnis of pnrple carbunck
in the riins of thc basin. A niant le shchad, curly and pnrple, a
beautiful cloak, and in thc niant le silvery fringes arrangea, and a
brooch offaircst gold. A kirtle shc U'ore, long, hooded, hard-smooth,
of green silk, zcith red einbroidery ofgold. Marvelloiis clasps of
gold and silver in the kirtle on her breasts and her shoulders and
spaulds on cvery side. Thc sun kcpl shining upon her, so that the
glistcning of the gold againsl the sun froni the green silk zvas ma-
nifest to nien. On her head zvere two golden-yellow tresses, in each
of li'hich zvas a plait of four locks, zvith a bead at the point of cach
lock. The hue of that hair secnicd to theni likc thc fiùiver of the iris
in siinnncr, or likc rcd gold after the burnishing thereof.
2. IS and bui oc taithbiuch a fiiilt dia folcud, 7 a da laim
tria derc4 a sedlaig immach. Batar gilirhir sneachta n-6en-
aidche> na di doit, 7 bat^r maethchoiri, 7 bat^7;- dtrgitliir sian
slebe^ na da griiad nglanailli ". Bad^ïr duibithir druimne daeil
na da malaich '. Bat^r inand 7 frais *^ do nemannaib a deta ina
1. Taithnidh YBL^.
2. corbo aideirg St. gumba oid«7g, YBL^.
5. Midcr's clfmound, west of Ardagh in tlie co. Longford. See tlie
dindknchas. Rov Cclt.. XVI, 78.
4. tre dcirc YBI,:.
5. noenaichde YBL. naonhoidliche YBL-. n-6cnoidch Ir. Texte, I, iiq-
6. si6n slébe St. YBL>.
7. Om. St. gruaid YBLj.
S. kg. frass? inunn 7 fras, YBL=.
The Destruction of Dà Deiga's Hoslcl. i 5
cind. Bat(T/' glasithir hugha na di shuil. B.ntir dcrghhir \x\v-
t.iing ^ na beoil. Bawr forarda mine maetligcla na da gualaind.
Baw/' gelglana sithfota na niera. Bawr fora na lama. Ba gili-
rhir uan tuindi in taeb scng fota tlaith min maeth am<?/ olaiiul.
BaM;- teiiiiblaithi sleamongeala na di sliasait. Bawr criiind-
Lx'ga caladgela na di - glun. Batar gerrgela indildirgi na de -
lurgain. Bawr coirdirgi iaraildi ^ na da4 shail. Cid riagail fo-
certa forsna traigtliib sin i is ing m'adchotad egoir^ n-indib,
acbt cia tormaisead feoil na fortche foraib. Sol//5ruiJiud inn
esce" ina saeragaid, urthocbail uailli ina minmailgib, ruithen
suirghe ceachtar a da rigrosc '^. Tibri ainiusa ceachtar a da gruad,
co »-amlud indtibsen do ballaib bithchorcra co //deirgi fola laig,
7 araill eile co S0I//5 gili sneachta. Bocmacrdachd banamail ina
glor, cem'? fosud n-inmalla'" acci, tochim rignaidi Ic^'. Ba si
tra as caemeam 7 as aildeam 7 as coram atco/marcadar ^- suili
doine de mnàib domain. Ba doig leo bed a sidaib di. Ba fria
asbreth « cruth câch co hEtain », « caem cach co hEtain'3 ».
2. There she îuas, uiiL^oino; her hiiir la ■ivash il, zvilb hcr anus
ont tbroiigh the sietvc-holcs of hcr siuoch. JVhile as thc snoiu of one
iiighl lUirc thc two hands, soft and eveu, and red as foxglove werc
the iu'O clcar-heatUiful cheeks. Dark as thc hack of a stag-lvclle thc
tu'o eyebrou's. Lihe a shower of pearis lucrc thc leclh in hcr head.
Bine as a hyacinth luere the eycs. Red as roiuan-herries the lips.
Very high, smooth and soft-iuhite thc shouldcrs. Clcar-while and
kngthy the fngers. Long luere the hands. IVhite as the foam of a
luave zuas the flank, shiider, long, iender, smooth, soft as ivool.
1. partaic St.
2. da St.
3. iarslaidi St.
4. di St.
5. sic YBL2. Om. YBL.
6. ma cor ni ccoir St. mat cottat egoir YBL^.
7. Sol»iruided mi«ce St.
8. Tibhra St.
9. ccim St.
10. imfnmalla St.
11. YBL- omits this and thc two preccding sentences.
12. atco//dcatar St. attcoHdcattar YBL-.
13. Cf. cossin n-ôiii .i. co Crisl (gl. usquc ad unum), Wb. 2-' 21 (ad
Rom., III, 12).
i6 Wintlty Slokes.
Polishfd aihl iuarni, slcck and îchitc (ivetr) the tivo tbighs. Round
ami small, hard and u'hite the Iwo knees. Short and luhite and
ruîeslraighl the tivo shins. Juslly straight, ... heaiitifnl the iwo
heels. If a nicasure zverepiit on the fect it icoiild hardly bave fou nd
theni uncijunl, unh'ss the JJesh of the coverings shouhi groiu upon
the m. The bright radia nce of tJje tnoon ivas in her noble face : the
loftiness of pride in Ijer sniooth eyebroius: the light of luooing in each
of her régal e\es. A d impie of delight in each of lier cheeks, with
an amlud ' (?) /;/ tl)em (at one tinie) of pur pie spots zvith redness
ofa calf's blood, and at anolJjer irith tlje bright lustre of snow. Soft
li'omanh dignity in her voice ; a step steady and sloiu she had : a
(jueenly gait ivas hers. Verily, of thezvorld's luonien 'tivas she luas the
dearestand loi'eliest and justest that the eyes of nien had everbeheld.
It seemedto theni (king Eochaid and his fullowers) that sheiuasfrom
the elfniounds. Of her îluis said : « Shapely are ail till (compared
■with) Étâin », « Dear are ail till (compared luith) Êtâin. »
3. Gabais saint in ri[g] n-impe focetoir, 7 daraidc - ter dia
muindt/V riam di|a] hastud f();-acind. Imchomarcair in ri scela
di, 7 asbtvt f/ia ina sloindiud: « Inum-biasa uair coibligi lat?»
ol Eochaid.
Is ed doroachtmar ïon foesam sunn \ or si.
G's/, can dtit 7 can dolud^ ? ol Eochaid.
Ni ansa, ol si. Etain missi, ingen Etair ri eochraidi a sidaib.
Atusa siind fichit mbliaJ(7;i o ro gcnar> i sid. Fir in tsidc, cttv
rigu 7 chaemu, oc«m chuindchid, 7 ni etas form^ fobithin
rot-car//ja [7 tucus] seirc Iclbhan o ba tualaing7 labartha ar
th' airscelaib 7 t'ani//^, 7 nit-acca riam, 7 atot-gen^ focr'/oir ar
do thuarascbail, is tu doroacht^ iar/mi.
1. Tiie late W. M. Hcnnessy rcndered this word by « dappling ».
2. rohi Ir. T., I, 120. dorriiide, St. dorathte YBL-.
5. Doroclitamar ci ad boisam sunn, St. doroii-/;tamar.. a boisam sunn
YBL^
4. doluid, YBL. dokiidh YBL2. dollot. Ir. Texte, I, 120. doUuid, St.
v gcnair, YBL. YBL^. St. gonar, I. T., I, 120.
6. ni lictus iuiaim fcss ri fer dib, I. T., I, 120.
7. rotcha;//ia scirc lelbain obsa tualang. St. rocarj/ia scarc lealua opsa
tualaing, YBL-.
8. atotathgcn, 1. T., I. 120.
9. doriiaclitaniar I. T.. I. 120.
The Destruction oj Dd Dcrga's Hostel. 17
Ni ba taig' drochcarad hi cciu dait em, ol Eocliaid. Rot-
bia [YBL. col. 717, p. 91''] fliilte, 7 Icicfider cach bean do
mnaib airiut, 7 is acut t'aen///- biasa cein bas miad lat -.
Mo thinnsc/a coir dam, or si, 7 mo riar iar suidhiu.
Rot-bia, ol Eochaid.
DobéV'thar sccht eu m al a di,
) . A loiii^ii^^ for hcr slmightway sei^ed the King ; so he seul for-
ward a Diaii of bis pcoplc la delain hcr. The kitii^ askcd fidings of
hcr and said, u'hik aniioiincing hiinself : « Shall I bave an hour
ofdalliancewith Ibee? »
« 'Tis for that lue hâve corne hither under ihy safeguard »,
quoth sbe.
« Query, zvhence art thon and ivbence hast thon conie ? » says
Eochaid.
« Easy to say »^ guotb sbe. « Elc'tin ani I, daugbter of Eiar,
king of the cavalcade froni the elfniounds. Ibavebeen hère for twenty
years since I ivas horn in an elfniound. The nien of the elfmound,
botb kings and nobles, bave been luooing me ; but nonght luas gotten
from me, because ever since I was able to speak, I bave loved tbee
and given tbee a cbild's love for the bigh taies about tbee and thy
splendoiir. And thoiigh I had never seen tbee, I knew tbee at once
from tby description: it is thou, then, I bave rcached. »
« No « seeking of an ill friend ajar » shall be tbine », says Eo-
chaid. (( Thou shah hâve welconie, and for tbee every (other)
îuoman shall bc left (by me), and with tbee alone ivill I live so long
as thou hast bonour » .
(( My proper bride-price to me ! » sbe says, « and afteriuards
my désire. »
(( Thou shah bave (botb) », says Eochaid.
Seven cumals 5 are ^iven to ber"^.
1. tochuiriutli, Ir. Texte, I, 120. ni ba taig .i. ni ba saga/, YBL^. Cf.
taigid = to-saigid § 4.
2. an. céin bus miadh latt, YBL^.
3. i. e twenty-onc cows.
4. Thefirst tlircc paragraphs agrcc wilh Toclimarc ÉLiiiie, §§ 5, 4, S, as
printed in Ir. Texte, I, 119-120.
Revue Celtique, XXII. 2
i8 WfiilUy Stokes.
4. Atbail in ri iariim .i. Eochaid Fcidhr/;.
lAr cind aimsirc Icicid Coniiac (.i. ri Ulad), fcar na t/i
mbiiad|a|, ingin ln\Echiliich, daig ba liaimrit arht ingcn rug
do Cl'.ornirtc iar ndeniim in brothchan doUvt ' a niathair di .i.
in bcan a sidaib. Is and ashcn si f/'ia a mathair: Is cuil a nda-
radais dam-, bid ingcn nos-ber'.
Ni ba bason-», ol a niathair, « biaid taigid rig t//;ri.
4. Tlji'ii thc kiii^, even Eochaid Feidkch, dies (Icavhig ouc
daughter namcd , lihc hcr viother, h ta in, and wcddcd lo Comme ,
king of Ulaid).
A fier ihc nid of a tiinc Corniac, kini;^ of Ulaid, « ihc man of the
ihrec gifis », forsahes Eochaid's danghlcr, because shc ivas harren
s ave for onc daughtcr tbat she had borne io Cor mac after thc niahing
of the pottage -which her nwther — thc ivonian froni the eJfmounds
— gave her. Then shc said to her niother : « Bad is what thon hast
given me : it zvill bc a daughtcr thaï I shall bear. »
<( Thaï 'U'ill noi begood »,sa\s Ijcr niolhcr : « a hing's piirsuit (?)
iL'ill be on her. »
5. Dober Corni^/c ^ iar/nii arisi a'' mnai .i. Etain, 7 ba si a
riar sidc, ingcn na ninà ro leigcad rcmpc7 do marbad. Nis-
leicidc^ Cornuzc dia niathair di[a| altronini. Nos-berait iar//ni
a da niogaid-scom dochuni chuithi, 7 tibidsi gen gairc tViu oca
tabairt isin chuithi ">. Doluid a ng.v.*' n-airriu '" iar//ni. Nos-
bcrad il-Uas nganina buachaillc nEtcrscclc maie hi'ti lair righ
1. in brothcliain dombert Eg. iiS^a. in brochain dobert. St. YBL2.
2. Is cuil dorata dam Eg. is cuil doralis dam, St. As cuil a ndorattd/V
dam, YBL^. Thc cuit is gen. sg. of col. Strachaii compares the phrase l>a
tut i If.
3. nomber Eg. nombcra St.
4. Ni bà b.iason Eg. nipa son YBL. 124. VBL^. Ni ba son St.
5. Dopcir Cormac (.i. righ Ului/), VBL-.
6. an YBL. a St.
7. ro Icicccdh roimpc, YBL'.
8. Nir'lcig Eg. Xislccidc St.
9. Eor thc Ei^crton version of this and thc following sentence sce Ap-
pendix A.
10. Dolliiid a n2;us n-airri, St.
The Destruction of Dd Derga's Hostel. 19
Temrach, 7 rosn-altar ' s/Jc co inbo druinccli maitli, 7 ni bui
i iiHcrind in<,v;/ rig b.id cliaimiu - oldas.
/. Thcii Cormac ivcds airain his luifc, even Etàin, and this
tuas bis désire, that the daughter of the woman who had before bcen
abaudoned [/. c. his own daughter^ shoiild be killed. So Cormac
u'ould not leave thegirl to her mother to be niirsed. Then his two
thralls take her to a pit, and she smiles a laughing smile at theni
as Ihey lucrc piitling her inio it. Then their (kindly) nature came
to theni. They carry her inio the calfshed of the cowhcrds of Etirscél,
great-grandson of lar, kiiig of Tara, and they fostered her till she
became a good enibroideress ; and there luas not in Ireland a hing's
daughter dearer than she.
6. Dogni[th] teach fichti forche 5 leosum di, cen dor//5 n-
ann cler, acht seinisuv 7 forleas nama. Airighit iX\du munter
Ett?rscele an teach hisin, 7 adar leo ba biadh bui ann lasua bua-
chailli. Luid fcar dib co ?;dcrcachai-* forsin forless, co n-accai
in n-ingin rochaim roalaind isin tig. Adfiadar don rig anisin.
Tiagait a munter uadh fochctoir dia breith cen athchomarc
[ona buachaillip — Eg.] 7 do sharugud in tigi, ar ba haimrit
in ri, 7 dorairngiread do no berad bcan mac do 7 nad festa a
cenél î.
Asbfrt^ in ri diJ//: Isi in bean sin dorairngiread damsa.
6. A fenced (?) hou se of ivickeriuork luas niade by the m. (the
thralls) for her, luithout any door, but onJy aiuindowand askyligbt .
King Eierscél's folk cspy that house and suppose that it luas food
thaï the coiuherds kepl there. But one of theni went and looked
through the skylight, and he saw in the house the dearest, beauti fui-
lest niaideti ! This is told to the king, and slraightiaay he sends his
1. rosnaltatar, St. rosnalltatta/- YBL^.
2. bu caimiu, St.
3. fithi force St. fithte forcce YBL2. forcho Eg.
5. .sic St. ro«derca YBL. co/zdcrcaidi YBL^.
4. Et dorairrngcrtsit a druidhi don righ co mberath bcii na tînnfaithea
cenel mac dond righ, Eg. 119^ i. 7 dorairrngjred d3iiobjr.id ben na feîta
cenel mac do. St. Et dorairngin'th dû iiobra ben mac dé nitt fcasta a cinel.
6. Atbs7t, St.
20 W'hilley SloktS.
pivplf lo hreah the hoii.w ami carry ber o(f ivithout askin^i thc anu
ht'nis. For ihc kiiitr inis chihUcss, and it bail hecu propbcsied to
bim (l>\ bis u'i:^ariis) tlmt a uviiian of iDiioioicn race luouid bear
biiii a sivi.
Tl.h'ii said tih' làiig: « Tins is tlje tuoiiiaii iIjuI bas Inrn proplk'sied
to nie ! ))
7. INtan di(/// luii ann dadaig ' conaccA in n-cn fcrsin fo;-
less addoc/j//ni -, 7 facaib a cncliendaich 3 (or lar in tigi, 7 luid
cluiict[li]c t, 7 ardagaihs co ii-cpcn soin tVia : d Dofiltcr clui-
ciit on rig do chosc;ad do thigc 7 dot brith chiici ar eigin, 7
bia'' torrach uainisea, 7 bera mac de, 7 ni niarba " eonu in
mac sin, 7 bid Cc/niirc [mac Mcsc Buachalla] a ainni, ar ba
Mes Buachalla a hainm-si dam'.
7. Noîu u'bili' sik' was tlk're nexl nwrning slje saw a Bird on tl)e
sJcyligbt coniing to ijer, and i)e icaves bis birdshin on ibc floor of
tlje Ijouse, and went to ber and captiired Ikr^, and said : « Tlk'y are
coniing lo tbeefroni tbe king to ivreck tby bouse and to bring tljee to
bim perforée. And tbon u>ilt be pregnant by me, and bear a son,
and ibat son niust not kill birds9. And « Conaire, son of Mess
Buaclmlla » sball be bis name, for bers was Mess Biuuballa,
« tbe Cou'berds' fostercbild » '°.
8. Oeiis brcatha-si " cosin righ n-iaruni, 7 lot^r a licite le,
7 aranai[s|si dond /'ig '^, 7 dobtvt side seacht c/nnala disi 7
1 . issin aidhq//i Eg.
2. dar in forlcs dia doclium, Fg.
3. fojfacbaid a onchcnnaig, St.
4. cliuicc, St.
5. luitli cliuici co «dcriia coibligc frie, Eg.
6. aclit chcna atai, Eg.
7. nirra marba Eg.
8. il la saisit et la posséda.
9. cf. § 13. riiis passage indicates thc existence in Ireland of totems,
and of the rule thatthe person to whoni a totem belongs must not kill the
totem animal: see Rev. Celt., XII, 243, XXI. 2S6 n.
10. nifds À. dalta, O'Cl.
1 1 . ruccuth si, Eg. bretha si St.
12. rohcrnas in ingiun iarsin donJ ricli, Eg.
The Destruction of Dd Dergas Hostcl. 21
seacht ' c/niiahi - aili dia liaitib. Ocus dognithca ' airig doib-i
iarsin, comdar reachtaidi ^ uilc, co)iid de ataat in da Fcidlimid
Reachtaidi. Ociis Ivrc-si iar/nii mac dond rig .i. Coimrc mac
Mcsi Buachalla. Ociis bazar lie a t/i drindrosci ^ forsin rig .i.
altroin a inaic ewr [tjheora aicce7 .i. na haiti''^ rosn-altadar 7
na9 Maine Milscothacha, 7 atacomnaicsiflideisin'", 7 adbtrt-si
inti dudrastar^' ni don mac so di feraih Herind dobera dinaib
teoraib t/ebaib-sea ar ciiomet in maic^-.
S. And thcn she luas brought to thc kiiig, ami with hcr wciit l.vr
fosterers, and she ivas hetrothcd to thcking, and hc gave her seven
cumals and to her fosterers seven other cumals. And afterwards
they ivere niade chieftains, so that they ail hecanie legitiniale, ivhence
are Ihe liuo FedJimthi Rechtaidi. And thcn she bore a son to thc
king, evcn Conaire son of Mess BiiachaUa, and thèse ivere her
three urgent prayers to ihe king, to luit, the niirsing of her son
among three hoiiseholds (?), that is, the fosterers laho had nur-
tured her, and the (liuo) Honeyworded Mainès, and she herself is
(the third) ; and she said that siich of the inen of Erin as shouhi
li'ish (to do) aught for this boy shouhi g ive to tijosc three Jjoiiseijolds
for the boy' s protection.
9. Alta iarum samlaid, 7 ro feadadar^3 fir Werend in mac so
isin laithiu ir-ro genair focMoir, 7 ro alta in vnaic aile lesin
.i. Fer le 7 Fer gar 7 Fer rogein, tri maie hui Duind Desa ind
fendeada .i. fear sochraidhi '-) do shochraidi a M/<c-lesi.
1. .u.i'ii. YBL2.
2. Hère ends Y BL=.
3. dorighnit, Eg.
4. dib St.
5. rechtairi, Eg. reJ;/aire St.
6. 7 ba hiat a t;i drindruisc, St.
7. i teora aicci St.
8. haiti St. haici YBL.
9. na da St.
10. atcomnaic e bodesin St.
1 1. duthrastar St.
12. coemad in mie St.
1 3. rochûalat(/r Eg.
14. sochraid St.
22 WliitUy Stokes.
5?. Sa in thaï icisc hc icas rcaicd, ami ll.'c iiunof Erin straigljt-
way hww t})is hoy on lljf iia\ Ijc icas horn. And otijcr boys were
fostercd wili) i.'ini, to wit, Ver Le and Fer Gar and Fer Rogcin,
l/jree greal-grandsons of Donn Dësa llje cimmpion, an arniy-nian
of tlje ann\ front Mue-iesi(?).
10. Ro batar iXuiu tcora buada for Gmairc .i. biiaiJ cluaisi ^
7 buaid radairc 7 buaid n-airdmesa, 7 ro muin buaid cach co-
iiialta dia tri comaltaib dibsin -. Ocus nach > scre .i. dognitliea
dosom dotcigtis di a ccthror-i. Citis tcora scire dognithi dosom
no teigead cacli fcar dib dia serc. Inund citiud 7 gaiscead
[YBL. col. 718, p. 92 'j 7 dath cach doib a ccathrur.
10. Koïc Conaire possessed lljrec gifls, to ivit, llje gift of l)ear-
ing and tije gift of eycsigJjl and tije gift of judgment; and of lijosc
lljree gifis l)e iangijt one to caci) of l)is tljree fosierbrotijers. And
■ivikitever nieal was prcpared for inm, llje four of t/.vin ivoitid go to
il. Even ll.viiglj ll.u\e nicals icere prepared for Ijini eacij of tijeni
luouid go to 1)is incal. Tf}c sanie raiment and arnioiir and colour
of Jjorses imd thc four.
11. Marb in ri iar//m .i. Etcrscele. Co;/grenar tairbfeisî la
iirii Hcrend À. no marbtha^ tarb leo, 7 no ithead oenfear a saith
de, 7 no ibcad a cnbruithi, 7 no chanta or firindi/ f;iir ina
ligiu. Fer atchichead^ ina chotlad is e bad ri, 7 atbaildis a
beoil intan adbeiread gai.
//. TJjen ti)c idng, even Eterscéie, died. A buil-feasf) is gatJjer-
ed(?) b\ the nien of Erin, (in order to détermine their future king)
that is, a bull used to he killed l'x tl.'em and thereof one man
1. n-éstechto Eg.
2. .i. buàid rodercc la Fer ngair, bûaid n-oistechta la Fer rogein, buaid
n-airdniiiisa la Ferle, Eg. 119*2.
3. cach, St.
4. do teigdis a ceathror co caitis, St.
5. ISinn amsir sin inimorro dognitliea tarbleiss, Eg. iigt i.
6. romrirbtiia Eg. St. noniarbad, YBL.
7. ôr firinde, St.
8. IN fer atcichsed, Eg. Fer atchiced, St.
9. Sec as to this Sergli^e Concutainn, Ir. Te.\tc, I. 200, 213, whence it
appears that the bull was white (find).
The Pcslnictioii of Hà IhTij^a's Uostel. 25
u'Oiihi ciit bis pu (iiiii diiuk ils brolh ', and a spcll of Intlh zuas
cbaïUcd avcr biin in bis bcd. IVhosocvcr bc luouJd sec in bis sieep
woiild bc bing, and Ibc siccpcr ivoiihi pcrisb- if Ijc ullcrcd a falsc-
bood.
12. Baei ' Comùn a ccithri ca!rpthig-< il-Lifiii occa cluichiu>,
a tri comaltai 7 se baddcisin. Lotar di(/// a aite chuicc^'* co
tiiidchis('(/7 don tairbfeis*^. Alchonnairc fcar na tairbicisi intan
sin ina chotlud îcr lomnocht'^ indiaid na haidchc iar sligi na
Temrach 7 a cloch ina thailm.
Ragatsa dadaig, ol se, in tar ndegaid.
12. Four nicn in ci.mriols urrc on (ll)c Plain of) Lijfcy at t/jcir
ganic, Conairc biniscif and bis tbrcc fostcrbrof/jcrs. T/jcn bis fostcr-
ers ii'cnt to biin tijat Jjc inigbt repair fo ll.ic hiiU-fcast. TIjc huU-
feasler, tboi in bis siccp, al ibc end of ibc nigbl hcJ.icld a nian sliuk-
nahcd, passing a long Ibe road of Tara, luiib a slone in bis sling.
« I ivill go in Ibc niorning aficr yoii »^ quolb Ijc.
13. Fanacbasa^° achomaltai occacluchiu, 7 imasai a charprt'/
7 a arai[d] co mbai oc Ath cliatli'^ Ct'//acae eonu findbreca
mora and ecomdighe^- ar met 7 dath [7 coemi^î]. Imsai^4 ina
ndegaidh comdar scitha ind eich. No teigtis fot na hurchara^î
1. At Acgira in Achaia the priestess of Earth drnnk thc fresh blood of a
buU before she descended into thc cave to prophesv, Frazcr, Thc Golden
Bûuoh, I, 154, citing Pliny H. N. xxviii-147.
2. litcrally : his lips would perish.
3. Bui St.
4. a cethror cairpdech, Eg.
5. chluichiu St.
6. altercd in YBL. to chuige.
7. a aiti chuici co tuidched, St.
8. 7 asbertatar fris ara ndeclisad don tarbfcis co Tcniraig. Ragatsa, ar
se, himarach dadaig in barndegaid, Eg.
g. faenlomnat/;/. St.
10. leg. P'oracaib seom? Fanacbat a comaltai oca cliluichiu St. they leave
him al his gavie.
11. IS annsin dawo ro fhâcaib a t/i comaltai acon cluichi, ocus immarsûi
seom ina carpat 7 a ara co liibûi i n-Ath cliath. .\n\al rombai scom ann, Eg.
12. até écomtige Eg.
15. sic Eg. 7 dot»/cimsium St.
14. Gabaid Co«aire Eg.
I). No theigtis fot n-aurchora St.
24 Wliitley Stokes.
riam 7 ni thci^tis ni biid shirc'. Taurbling 7 gaibid a tliailm
doib asin chaibad-. Imsui co mbui oc m///V ina ndcgaid \
Fosracmct' iiid coin forsin tuind. Luid-scom cluicu co ta-
hnn a laim tairrsiu. Fofacbadî na hcoin a n-cnchcndcha,
7 imda-siiat fair co ngaib ocus claidbib. Aincithi fer dib hc^, 7
atngladastar co n-epen f/is. Is mise Nemglan ri cnlaithi do
atiiar, 7 argarad dit dibrug/zd en 7, ar ni fuil sund neacii
na pad*^ dir'-^ dait o a athair no mathair'°.
Ni teadarsa, ol seiseam, cosaniu'' sin.
Eirg do Themraig innocht, ol se; is coru deit. Ata tairbteis
ann, 7 is tu bas ri de .i. fer loinnacht [ragas Eg.] indiaid na
haidchi iar sligi|d] di sligthib na Tcmrach, 7 cloch 7 tailm
lais, is e bas ri.
I). He left bis fosUrhrolhcrs at thcir game, aud turned bis cba-
riol and bis cbariolecr until be was in Dublin. Tberc be saw greal,
wbile-speckled birds, of uuusual si:^e and colour and beauty. He
pursues tben until bis borses werc tired. Tbe birds u'ouid go a
spearcasl bcforc biin, and would not go any furibcr. He aligbled,
and takes bis slingfor tbeni out of tbe cbariol. He goes a/ter tbeni
until be was at tbe sea. Tbe birds betahe tbeni selves on tbe wave.
He went ta tbeni and overcanie tbeni ". Tbe birds quit tbeir birdskins,
and turn iipon biin ivitb spears and swords. One of tbeni protects
bini, and addressed bini, saying: « / a ni Nemglan, king of tby
father's birds; an! tbon bast becn forbidden to cast at birds ^i,
for bere tbere is no one that sbould not be dear to tbee becausc of
bis fatber or niotber. »
1. bettcr ni bu s!a St.
2. Tairling CoHaire 7 gabaid a tailm 7 gabaid ior a ndibrucud, Eg.
3. ina ndeadaich YBL. na ndegaid, Eg.
4. Tiagait Eg. Fosrumet, St.
5. Facbait Eg. St.
6. 7 marbaid scom cenmotha oenfer ro cunnig anachul fair, « and he
kills them (ail) save one man who asked quarter of him », Eg. 119b 2.
7. etrofôcradduit, arse, nemdibrucJ/Jén, Eg. ardogradditdibrigudén,St.
8. nad na St.
9. duall Eg.
10. o ath(i/r uû a mâthair, St.
11 . cosinndiu St.
12. Cf. doberait laim tairis, LL. 402'' 31.
15. See C 7 supra.
The Destruction of Pa Dert^ij's Hostel. 25
« Till tcdax y>, says Couairc, « I kiicw noi ihis. »
« Goto Tara iouiiihl »^ says Ncni^iJan; « 'lis Jillcsl for ihrc.
A btill-fcasl is there, and ihrongh il thou shalt be hing. A )iiau
stark-nahed, luho sball go al Ihe end of ihc nighl a long one of ihc
roads of Tara, having a stonc and a sling — 'lis he ihat sball bc
king. »
14. LuiJ-seoin iar/nn in criith-sa, 7 badar tri rig cacha
sraitc dina ccithri sraitib dia tiagad do TQmraig oca urnaidc-
seom, 7 etach acco do, ar is lomnacht darairngircad a tai-
deachd. Co»acce[s] som^ ôiono roiit forsa mbatar^ a aite, 7 dobc/-
tatar etach rig do imbi, 7 da[m]bn'tatar hi carp///, 7 forncnaisc
a giallu.
14. So in ihis ivisc Conairc farcd jorlh; and on cach of ibc jour
roads ivbercby mat go lo Tara Iberc luerc ibrce kings aivailing
bini, and tbey bad rainieni for hiin, sincc il bad bcen forelohl ibal
he wotdd corne stark-naked. Tben bc luas sccn froui ibc road on
u'hichbis foslerers luere, and Ibcy pul royal raiincnl aboul bini, and
placcd bini in a cbariol, and bc bound bis plcdgcs.
15. Asbcrtatar aes na Temrach fris: Atar-lind is coll ro
coillead ar tarbfeis 7 ar n-ôr firinde, mad? gilla oc amulchach
tarfas dunn and.
« Ni méti anni sin4 », « ol seiseam : « ni hainim ri 6c es-
labar mar missi do bith ir-rigi, uair5 is cert n-athrtfr7 seanathar
damsa fonaidm^ rigiall Temrach. »
« Amrae, n-amrae! » ol in sluag. Saidit" rigi n-Er^;»z^imbi.
Ocns asb^rt-som : « Imcaemrosa9 do gaethaib corbom gaeth
fodeisin^°. »
1. conaccessom, Eg.
2. sic St. formatar YBL.
3. inad YBL. intan Eg. 1782. inid, St.
4. Ni fircàn âm ar.isin, Eg. 120^1.
5. sic Eg. Hcrc YBL. is corrupt and unintcUigiblc : lii hainim ri oc cs-
lobar. ni misi d'idu eis/ie.
6. Hère H. bcgins.
7. saigid YBL. St. suidit St.
8. Sudit iarsin ri'g, Eg.
9. Imcoemrî«a St. s-fut. sg. oi imcomarcim. Dogénsae imconiarcc, Eg.
10. badesin St. fodeissin Eg.
26 Wliillcy Stokes.
I J. The folk of Ta ni said lo biiii : « // sccms to us that our
hiillfeast and oiir spcll oj tnilh arc a fa Unir, if il bc onl\ a \t>nnij,
hcardlcss lad thaï u'c bave visionai iherein. »
« Thaï is of no moment », quoth hc. « For a youni^, ^encrons
/:/««,' li/xi' nw to hc in thc kingship is no disgrâce, since thc binding
of Tara' s pledges is mine by right of father and grandsirc. »
« Excel! eut ! excellent ! » sass thc host. The\ set thc kingship of
Erin itpon hini. And hc said : « I luill enqnirc of luisc inen that
I inxsclf may hc wise. »
i6. Aslv/'t inso luiik- ami?/ roinmuin do in fer ocon tuind :
Is cd asbcrt ' tris :
Biaid airmitiu- ion ilaith, 7 bid saincaiiK;// iiid cntlaith, 7
bid si do airmitiu' .i.-< do glics.
Ni tliuidchis dcascah Tcmrach 7 tuaithbiul mBreg.
Nir' taifniciiter^ lat claenniila Cernai.
Ocns nir' echtra cach nomad/ n-aidche scach Thcamair^,
Ocus nir' faei9 i tig as mbi eggna'^ suillsi tenead inmach iar
fuineadii ng/vne 7 imbi ccnai dammuig ".
Ocns ni tiassa[t]^- riut t/i Df/ga'3 do thig Deirg'-».
Ocns nir'ragbaiter [YBL. col. 749, p. 92''] diberg'^ id'^
("laith.
1. asKr YBL. St. Is ed isp^M H.
2. airmitniu YBL.
5. airmitiu H. St. airmitniu dog/cs. St.
4. sic H. 01)1. YBL.
). dcsil H. dcisil St. desel Eg. leg. desipL
6. 7 ni rotaifnithtv H. nir thaibnit/jtr St. Eg.
7. nomaid aidchc St.
8. scch Teniraig St. scoh Tenini/> iar»w; H.
9. foide H. 7 niroi St.
10. asa mbi sprc na soillsi tcne iniach. St.
11. di moigh H. &.\ muig St.
12. liasat H.
I ^ Dcirg H. St.
14. Cf. co tecli nDcirg. LL. 19)».
!>. nir fagbaithcr dlbcirg. St.
it). it H. St.
The Dtstniclion of l\i ncrj;a's Hostcl. 27
0ins ni tac dam acnnina //(icnfir' i tech tort iar tiiincad ng/i'iic.
ikiis ni ahurrais- aug/a do da moghud>.
16. (Thcii) hc tiltcrcii ail tbis as hc haJ hcoi lan^hi hy ihc iiudi
al thc luave, who said ihis to bini : « Thy reign will hc snhjccl
to a rcstriclioii, but ihc hird-rcig-n will bc noble, aud ihis shall hc
thy restriction, i. c. thy labii.
Thoti shalt flot i^o righihandwisc roniid Tara aiul hjthaiulwisc
round Brcgia.
Thc cvil-bcasts of Cerna iniisl nol be hunled by ihcc.
And thou shalt not go ont evcry ninth night beyond Tara.
Thon shalt not sleep in a honscfroni luhich firdight is inanifcst
outside, aftcr sunset, and in luhich (light) is ma ni/est f roui zuitbont.
And ihree Reds shall not go before thec to Red's housc.
And no rapine shall be wronght in thy reign.
And after sunset a conipaiiy of o)ie -avuian or oiie iiian shall
not enter the house in ivhich thon art.
And thon shalt not scttle(?) the quarrel of thy tiuo thralls.
17. Ro batar tra dcolatchaire-^ mora inna flaith .i. secht
mbarca cach mis 5 mitliemon^do" gab^7/7 oc Inbiur Colhtha
cacha h\\2idna, 7 mes co^ gluine cach tbgmair9, 7 imbas ior
Buais 7 Boind i medon in mis mithemon cacha hWadna, 7
imbet cainchomraic conixrix bi '" neach in n-aile '^ inn Exinn
fria flaith. Ocns ba'- bindithir la cach n-aen guth aroilc inn
V.rinn fria flaith'' ocns betis tcta nu^mchrot'^. Ni luaisccad
1. ni thc dàm oenlir no aonmna H. ocnmna St.
2. ug/ois H. aurrais St.
3. mogaid St. For tlic variants of Eg. sec Appcndix § 14.
4. dcolcaire, H. dcolathchaire, St.
5. cacha mi's H. cac/;a mis St.
6. mithcmain, St.
7. da Facs. do St.
8. coii YBL. wherc thc dot is a punctum delcns.
g. co glu'uep gâcha foghamuir H.
10. boi H. bai St.
11. cona rabi nech ac boin Eg. co«a rubai, St.
12. comba H.
13. St. omits inn Erin fria jla'uti, wliich secnis wrongly repeatcd froni
the preceding sentence.
14. OcHs ba binnithir tctae cach n-ocngulh no chanad, Eg.
2R U7;/7- V Stokcs.
gacth caircccli tiibô o mcdon carraich co nicadon foglimair.
Nir'bo thoirncach ainbt|li|incacli a flaith'.
//. N(Ki' ihcrc ivcrc in bis rcign ^rcat bounlics, lo zcit, srcen
ships in evcrx Jiiuc in ez'cry year arriving al hiver Colplha ^, and oak-
niast up lo tbc knccs in cvcry aulnnin, niul picnty (of Jish) in (ihe
rivets) Bush and Boyne in ihe June of each year, and such ahun-
dance oj good will thaï no one sleu>anolher in Erin during bis reign.
And to every o)ie in Erin bis felloivs voice seenied as siveel as tbe
sirings of lûtes. Froni niid-sprino lo mid-autumn no ivind dis-
liirbed a coius lail. His reign was neilber tbunderous nor storniyK
i8. Fodordsat iar/nii a chomaltai-scom im gabail dana a
n-ath<7/' 7 a scaiiatliar dib .i. Gat 7 Brat 7 Guin dainc-^ 7 Di-
bcrg. Gatsat sidc na tcora gâta ar in n-ocntcr .i. niucc 7 ag 7 bo
cacha h\\Ml)ia, co ;/-accaitis ca hindeochad^ doberad in ri fiVTLi
ind, 7 cia domain doairgebad^ don rig in gat in[n|a flaith.
iS. Ncnu bis foslerhrotbers niunuured al tbe tahing froni tbeni
of tik'ir fatber's and tbeir grand s ire' s gifts, nanieJy Tbeft and
Rol'bery and Slaugbter of nieti and Rapine. Tbey tbieved tbe tbree
ibefls froni tbe sanie nian, to -wit, a swine and an o.x and a coiv,
every year, that tbey niigbt see ivbat punisbnient tljerefor tbe king
u'ould inflict upoti tbeni, and lubal damage tlje tbeft in bis reign
u'onld cause io tlje king.
19. Dothcccd7 d'uiu^ car/m bHa(/;/(/ in fer t/X'bar dia chai-
nead9 frisin rig, 7 asberead in ri fris: Eirg co n-arhiit<'r'° tri
1. The entry in the Annals of thc Four Mastcrs at A. M. 5160 seems
fasliioned 011 tliis paragraph.
2. Thc mo'Jth of the river Boyne.
3. As to tlie influence of a good king on the seasons, see thc Rolls édi-
tion of the Tripartite Life, p. 507, note.
4. duine H. St.
). hindechad Hg. H. hinneciiad, St.
6. no taircébad Kg.
7. noteged Eg. Tcideth H. Do teged St.
8. diu H.
9. écàoine Eg. acaeine H. accaine St.
10. Eirg 7 aceaill, Hg. av/airlaither H.
The Destruction of Dâ Dagu's Hostel. 29
m(ïccu ' hi'ii Duind dcsa, it c rota-thuigscad -. Folaimtis a guin 3
cacha fecluais no theigead dia rad friu. Ni tindtadh som cosin
rig af/isi-i arnach ruidead^' [Conairc a lott-som. Eg.]
i^. Now a'ery ycar tbe fariner ivould coiiic to ihc Iciiii^' lo coiii-
pJaiii, ami îhc hing ivouhi say to bini. « Go thon atid adârcss
Doiin désa's thrcc grcat-grandsons, for 'fis they that bave taken
tbe beasts. » Wbenever be went to speak to tbem (Doiiii Dcsà's des-
cends) they li'onld alniost kill bini^, and be woiild noi reluni lo
tbe king lest Conaire sboiiJd attend (l)" bis burl.
20. Onni iar/nn ros-gah miad 7 imtholtu ^ iat, gabsat9 di-
bc[i]rg co niiïrcaib Baithi fer n-Erenn impu. T/'i cboecait fear
doib. intan badar oc faelad i crich Connacbt occa munud, con-
dad acca'° muicid " Maine Milscothaig iat [occa dénam, Eg.J
7 nin-acca'- riam anisin. Luid for teichead^'. Orochualatar '-i
som lotar ina deagaid^î. Eigthi in muccid, co tanic tuath'^ in
da Maine fae, 7 co n-argabait'7 na ir'x clioecait fer fo;/a fc^rban-
naib, 7 bcrtair do Themair'^, 7 fogellsat m ri[g] imbi, co n-Q^en-
side : « Oircead cach a m^rc, 7 aincitev mo daltai-seo.
20. Since, tben, pride aud unlfulness posscsscd thein, tbe\ took
to niaranding, surronnded by tbe sons of ibe lords of tbe nien of
1. con-arlaiter tn maie St.
2. is siat rod-ucsat Eg. it lié roda tuicset H. it e roda-huicset. St.
3. nguiii YBL. St. guin H.
4. doridisi Eg. afrithisi H.
5. ro fuided Eg. ruitheth H. cruided, St.
6. Cf. ac folmasi agonaLL. 74» 19. fotaimtis 3d pi. 2dy près. o( fotâniiir
suscipio, tento, (ï-:/v.^^i'o, Strachaii. Déponent, p. 13, note 4).
7. riiiileud perliaps =-^ ro-lethed (rofuided, Eg.)
8. sic St. imtoltu YBL.
9. gabsait St.
10. conacca Eg. ro;/faca H. conacad St.
1 1. muicidc St.
12. ni aca St.
13. Luith-sim ïor telched rompaib, H.
14. Forochualatar YBL. O ro cnaJolrtr H. O ro cnalatar St.
15. ociis luid for techcd mara a)/;cathar lotar na dcgaid, Eg.
16. Eigis in muccaid co tancatar tuatha Eg.
17. co roergabait Eg. conorgabat H. conorgubàii St.
18. Themraio; St.
;o Whitley Stokcs.
Er'ni. Thricc fif'l\ iiicn l.uul thcv as pupils ïuhcn lhc\ (ihc piipils)
u'i'rc îL'cre-ic'olfini^' in tJh' province of Connatight , until Maine Mil-
srolhach's su'ineherd sinu iheni, and he had never seen thaï hefore.
He ivent in flight. Whcn ihey heard In m they pnrsued him. The
szL'itieherd shnuled, and ihe people of ihe Iwo Mainès came to him,
and ihe ihrice fifty men iverc arrested, along luilh thcir a a. xi lia ries,
and laken lo Tara. They consulled Ihe king concerninar ihe maller,
and he said : ■■< Lcl each (father) slay his son, but Jet my fosterlings
he spared. »
21. Cet, cet! or c.ich, « dogentar (LU. 83'] airiut.
Natc eni, ol sesseom. ni Iiaurciir- sâegail daip.sa in bretli
ron-uc//^. Ni crocii faite/' ind fir, achi eirgct senôri Icôsom cor-
ràhif-' a ndibeirg for fn'ii Aipan.
21. « Leave, Jeavc! » sa\s every one: « // sinill he donc for
ihee. »
« Nay indeed y>, quolh he ; //o^ « cast of life » by me isthc doom
I hâve delivered. The men shall not he hung ; but le! vétérans go
îvilh ihem thaï they max ivreak their rapine on the men of Alba. »
22. Dogniat> ani-sin. Tiagait ass forsin farrci co comarncc-
târî fri mac rig I3retan .i. Ingcél Câech h//(7 Conmaic^\ t;i
.1. fer7 conx senorih Ico co coniarnectar^ torsind fargge.
Dogniat cairdes, 7 tiagait la Ingcel cor-r61sat9 a ndibeirg
lais.
22. This they do. Thence they pat to sea and met the son of the
king of Britain, cven Ingcel the One-exed, grandson of Conmac:
thrice Jijtx men and their vêlera ns they met npon îhe sea.
1. faotalt) .i. foglaim, O'Cl.; but cf. fri j'adad .i. / coiir\i']iicJ}tail>J}, C6ir
Anniann, Ir. Texte, III, 376.
2. hurcro H. luircra St. haurchor YBL.
3. co ro laat, St. corolat YBL.
4. Dogenad, St.
$. co comainieachtair YBL. girro comruicsit H. cor comraigset St.
6. mac hui G)«nii//cni YBL. Conniaicne St.
7. triar fer H. t/iar fer YBL.
8. co gur comraicsit H. cur' comraigset St. co comariieachtair YBL.
9. co rolasat Ea, i20'm-'. corrolasat YBL. corrolasaut H. corralasat St.
The Dcstiiiclion of Dâ Der^a's Hostel. 51
They niiihc an alliance, ami go wilb Ingccl and ivronghl rajinc
ZL'ilh hini.
23. IS i orcain tiic ;x ain tcndosoni. C('//[id]si adaig and sin
ro CLirthea a math(//V 7 a ath^r/V' 7 a sccht- ndcrbrathir do thig
rig a tluiathe. Ortâ uli la Ingccl i n-6en aidchi. Dolotar 3 trâ
forsin flirci-^ anall hi tir n-Eroid do chuingid> oirgne fôn or-
guin ro dligestâr^' Ingccl dib.
2^. This is ihc destruction which bis oiun impulse gave hiin.
That luas tlh' night that Jjis viotijcr and bis fatln'r and J)is
seven hrothers had beoi hidden lo ibc Ijonseof tbeking of bis district.
Ail of tbem were destroycd l'y Ingcél in a single nigbt. Tbcn they
(thc Irisb pirates) put ont to sea to tbe land of Eriii to seek a
destruction (as paxnient) for tbat to wbicb Ingcél bail been cntitlcil
froni tbeni.
24. Ldnsid" i n-Erind hi flaith^ Conaire, acht bôi imnesse
catha etcr da Corpr^ hi Tûathmumain. Dâ chomalta dosom
îat. Ni bôi a côrugad co x\acbl9 Conxirc. Geiss dosom techt dîa
n-etcrgléod riasiu dorostais'" chuci. Téit iarom ciar'ha geiss do,
7 dogéni" sid n-etarro. Anais côic^- aidche la ccchtar dc^3 :
geis dosom daw ani-sin.
24. In Conaire's rcign tberc was pcrfcct pcacc in Erin, save
tbat in Tbontond tbere iras a joining oj battle betiveen tbe two Car-
1 . Isi orcain tue Ingcél do adaig rocurctha 7 a mathair, 7 a athair 7 a seaclit
ndf/braithri etc. YBL. Isi imwonoargain tue Ingcél doib .i. adaigrocuirthea
a athair etc. Eg. IS i oraiiii tug Ingcr/doip agaid ro cuirtlii a mathair etc. H.
Issi orcuin tue a ain fén dô adaig ro cuirthcâ a niathfl/V 7 a atha/V 7 a secht
ndcrbrathir do thig ri'g a tuaithe, St.
2. sic H. ui. LU. biii. Eg. a seacht YBL.
3. Tollotar H. Tolotar St.
4. fairrgi YBL. darsin fairgi Eg.
5. chuindchid YBL. cuinncith H. cuindge St.
6. ro dlig. Eg. sin dligistair YBL.
7. Lansith H. YBL.
8. i n-amsir E!g.
9. riacht YBL. St.
10. doroistis YBL. H. dorrostais St.
1 1. dorigni Eg. dogni YBL. H. dognid St.
1 2. .ii. Eg.
15. la ccachtar n-ae dib YBL. la cechtar nae H. la cet/^/ar de dib St.
p Whillty Stûke^.
l'iYs. Tivo fosterhrothcrs oj bis ivcre thcy. And inilil Conaire came
il ivas impossible ta make pence between them. 'Twas a tabii of bis
logo lo separate ibem before ibey bad repaired lobim. Heiveut,
boiL'ei'er, nllbougb (to do so) zvas one of bis Inbus, ami be tiiade
peace beiween tbem. He remained /ive nigbts wilb encb of ibe two.
Jbal also was a labii of bis.
2). tar nglcod in dd ugrai ro bôi-scom oc saigid' do Them-
r.iig'. ISed gabsait^ do Tcmraig, scch Usnech Midi, co ;;-ac-
catâr? iarsain a n-indrcd > anair 7 aniar, 7 an[d]es 7 atûaid, 7
co «-accatdr na buidneî 7 na siûagii^ [7 na firu loinnoclit;] 7
ropo nem tened tir/ Oa Ncill imbi"*^.
2j. After sellling tbe two quarreh, be ivas travelling to Tara.
Tbis is (tbe iva\) tbey took to Tara, pasl Usnecb ofMeatb; and tbey
saw tbe raiding from east and west, and front soutb and north, and
tbey saw tbe warbands and tbe bosls, and tbe men starh-nahed ; and
tbe land of tbe (soutbern) O'Neills was a cloud offre a round bini.
26. Cid ani sco? ol Co/zaire. Ni onse, ol a muintcr. Nidua-
chnid9 son, is i in chdin [rig — Eg.] ro mebaid and intan ro
gabad (or loscod'° in tire.
G's/", cid gebmani'2?ol C(j;zairc.
Saerthûaid, br a muinteT.
ISs ed ro gabsat iar////z, dcisiul Temra 7 tuaithbiul Breg.
OcHS tosessa'î lais clôcnmila Cernai. Ni accai cor-ro scaig a
tofond.
1. in da ugrai robui oc soigin co Tomraig. YBL.
2. ro gabsat St.
5. coiiiiicfs YBL.
4. innindred St. in n-indrcdar Maig Breg. Eg.
5. bidbaid St.
6. sluagu moseach 7 nafiru loninacht YBL. 95». Hadds: 7 na fir lotnbno^^;/
7. rop nem tcncd i tir, St.
8. inipodo gach icth, H. ropa neira tened Mag niBreg huli accu. Ocus
iss iat robatar ann, sluag side Breg Leth, ociis is iat ro tinoil in n-argain, Eg.
9. duaichni St.
10. rogabad ar toHoscudh, Eg. rogabad for loscad, YBL.
1 1 . Cesc H .
12. gebmaitne St.
13. ro taibfindihea, Eg tossesa YBL. dosesa H. St.
The Dcstntciion of Dâ Dcroas Hostcl. ?^
IS iat dodrôni in smùitcliéo ndi'uidcchta sin d'iii bith, si-
abnii, fobithiii arrocorpait géssi Confl'//r^
26. « ïrhnt is this} » askcd Conairc. « Easy io say, » /;/.s-
peuple ansiuer. » Easy tohioiu that the kiiig's law bas hrokeii clown
tberein, siiice the counlry bas begun ta biiru. »
« Wbitber shall tue betakc oiirselves? » sa\s Conairc.
« To tbc Nortbeasl )->, sa \ bis people.
So tben ihey tuent rigbthandiuise ronnd Tara, and Icft-ljand-
zu.ise round Bregia, and the cloenmila (^« cvil bcasis? «J oj Cerna
ivere bunted by bini. But be saiu it not till ibe cbase had ended.
Tbey that niade of tbe world tbat sinohy inist of nmgic -were
elves, (and tbey did so) bccausc Conairc' s tabns had bccn violalcd.
27. IMmusrala^ trà in t-ômon môr-sin? do Chona'ire, con-
nach rabi doib con^r dochoistîs4 acbt ior sligi Midliinchm 7
îor sligi Cualrtn;z5.
ISé'c/ ro gabsat iarom, la hairer n-Ert'/af antuâid.
IS and asbt'/t Ccwairc îor slig/J CivxXann : Cid ragma^ in-
nocht, ol se.
Domm-dir [a rad], a da[ltai] Condàïd, îor Mac cecht mac
Snaide teichid ^, cathmilid Conairi maie Ercrsceoil. Bâtar
nit'/iciu fir Herend oc do chosnom-so cach n-aidche9 indâs bith
deitsiu'° îor merogod tige ôiged.
2/. Great fcar thcn fcll on Conairc bccausc tbey bad no luay îo
1. is e ri insin loingsige siabrai d'uhi din bith, YBL. IS c ri innsin loing-
side siapro din bitli. fobitli H. Is hc ri insin loi»gshide siabrai din bitli, St.
2. Imrola St. im!nrola YBL.
3. iarsin St. YBL.
4. fOMach rabi coimr ra soistis St. conach roba conar dochostis YBL.
5. Ociis ro sôeed iarsin cctfaid 7 ros-lin in t-uaman co/mach rabi accu co-
naif dotiastais acht dul hi cend slio;edh Midluachra 7 for sligid Cualand,
Eg. 1200 2 — 121-^1.
6. ragmait St.
7. CoHid ann atb^rt Conodor mac ceclit mac Snaide seched, Eg.
8. Dommair a rad a Cowaire YBL. gS'i. Domtair, a daltai, a Conaire H.
Dominair a rad, a dalta Co«aire, St.
9. ocat cosnamsai H. oc do chosnam so cacli n-aidciii YBL.
10. bcith duitsu YLB.
Revue Celtique, XXII. 5
5 4 Whiilt'y Stokeî.
zucud savc iipon ihc Rond of Midluachair aiid tbe Rond of Cuahi.
So tbey took ihcir zcuiy hv ihc coast of Ireland soutbward.
Thi'ii said Couctire on thc Rond of Ciinlii: « wJjilJjcr sball we
go tonight ? ))
<< Max I sitcùrd in tcUiug ihir' ! nix fosicr/ing Couairc » says
Mac ccchi, son of Snadc Tcichcd, thc champion of Conairc son of
Etcrsccl. « Oficncr havc thc ni en of Erin hccn contcnding for ihee
cvcry night than thon hast hccn wandcring abont for a guesthousc. »
28. Totliact mcis fôamsem- ! for Co;/airc. Bôi cara damsa
isin tir-sc, îor G'/zairc, acht ro ' fcsmais awair dia thig-).
Cia ainm side ? ior M//c cccht.
Da Dcrga di Lagnib, ol Co»airc. Rànic cuc///;;sa cm, ol
G);/aire, do chuingid aisceda [formsa — Eg.], 7 ni rhuid-
chid co n-cru. Kàn-irn^a im chct mbo bôtliâna. K:x\Vniisa
im cet mue [LU. 83''] muccgiassa'>. Ran//7/5a im ciiét mbrat
cuiigas^ clitiîctach". Ran/r/n'^/ im chct ngaisced ^ ngormdatha
ngubac. Ran/r/^w im dcich ndcilci dcrca9 diorda. Ran//"//.fa im
J('/V/;ndabcIiadcolclia dcich donnac'''. Ran/V//.f(7im dcich mo^^u ".
Raii/V//.V(/ im dcich mcilc. Ran/V//M im tri .ix. con n-[o]cngcl
inna shibradaib argdidib, Ran//7/-W im cet n-ccii mbiiada hi
scdiz/waib'- oss n-c/zi7'>. Ni ara maithcm '4 dô cia rist'^'j beos.
1. literally: « niay saying it corne to me! «
2. Totet meas fo ainiseara YBL. Dotaet m fo aimscruip H. Dotoctt mes
foaims^raib St. do thàod mcas 16 aimseara .i. téid an breitheamhnas ris an
aimsear, OClcry's Foclôir, s. v. mcas. Rcad : Dothôet mess fôaimseraib
3. co St.
4. dia liibcth ar n-éolas dia thig, Eg.
5. im cet mucclassa, Eg. mucc muccglasa St. mue nuiicci glasa YBL.
6. ciinglas St.
7. clidetach St YBL. Ranirussa im cet mbratt corcarda cumascda cli-
thétcaid coui dclgaib dcrgaib diôrdaib, Eg.
8. im cet iigai ngaiscid. Eg.
9. Ow. Eg. H. St. YBL.
10. deolcha dedonda. Hg. ndeolchoi ndcdonna H. deolclia dcicli dond-
nse, St.
11. mogodu, Eg. moga St.
12. sediTggaib, St.
13. necennsa YBL. necendas («0 neng), Sî.
14. ar maithim H. airmitheam St. YBL.
I). Ni dia maitbiib dû dia tisad, £g.
The Destruction of Dà Derga's Hostcl. 5 5
Dolv/ad iinaill. Is iiignad ^ nidJ brônach f/ims.i innoclu [oc
riachtain a trebe chuici-, Yl^.. |
2S. « Judgiiioit i^^oes îuilh <nwJ liiiies », says Couaire. « I hnd
afrieiid in ibis country, if oui y ■wc knav ihe way to bis bouse! »
« IVbat is bis un nie? » asked Mac cccbt.
« Dà Dcrga of Lcinsicr ->•>, ansiuercd Conaire. « Hc cûiiic iinio
me îo seek a gift froiii me, and be did not corne luitb a refusai.
I gave bim a biindred kiiie of Ibe drove. I gave bim a bundrcd
fatted su'ine. I gave bim a biindred mantles made of(?) close clolb.
I gave bim a bundred hlue-coloiired lueapons ofhaîtle. I gave bim
ien red, gilded hraicbes. I gave bim ten vais... good and brouni. I
gave bim ten tbralls. I gave bim ien querns. I gave bim ibrice
nine hounds all-wbite in tbeir silvern cbains. I gave bim a binid-
red race-borses in ibeberds of deer... >. Tljcre would be no ahaie-
ment in bis case ibougb be slwnld come again. He luoiild give ibe
oiber ibing (make reiiirn). It is sirange if be is siirly io me ionigbt
luben reacbing bis abode. »
29. A mbâsa4 éolach-sa èm dia tliig-side, îor M^c cecht,
is crich a tribe chuci i(n)tsligi forsatai. Téit co téit isa tcch5,
ar is triasin tech ata in tslige. Atàt seclH ndorais^ isa tcch 7 secbt
n-iinda7 ner cach dâ dôr//.f, 7 ni fil acbi ôenchomlaid^ n-airi,
7 imsôith^r in chomlasin in cach ndorwi- dia mbi in gdeth9.
Lin atâisLind ragai liitbrôi^°dirmai co tarblais^^ forlâr in tige.
Masu ed nothcig'-, tiag-sa co n-arl6r'3 tenid and ardochind.
1. ing H.
2. iar roc/;/ain a trcbc cuicc H. ar riachtain a trcibc chuice, St.
3. Compare a similar list of gifts in the Anira Chonrôi.
4. am YBL. H. St.
). ISam colach tra dia tig sidc, cl Mac cecht, Eg. i2i«2. Am coiach-
sa etc. YBL.
6. ndoirsi YBL.
7. n-imdatha H. n-inidada, St. YBL.
8. aen comlo H.
9. ni fil acht oencomla f/is, 7 dobcrar in comla sin fri cech ndorus imbi
in gaeth, Eg.
10. ragai it broin YBL. St. raga it broin H. eirg it brôin. Eg. But O'Cl.
has bro .i. imad.
11. tairhngis, Eg. tarblas St.
12. noteige St. leg. no téig
15. conarlûr St. .Masa ed no tégc tiagsa reonuit co n-adûr tcnid ar do
56 Whitliy Stokts.
2 p. « When I u'ûs aajuainted ivithhis housc », says Mac cccht,
« tbc roiul luhcrcoH thon mi (^^oiii<^) knvards hiiii luin; the boundary
of bis ahcdc. It continues till il entcrs bis bouse, for tbrougb ibe
bouse passes ibe road. Tbere are seven doonvays into tbe bouse, and
scveti bcdnwns helween every Iwo doonvays; but tbere is only one
door-valve on it, and tbat valve is lurned to every dooriuay ta
ivbicb ibe luind blows. »
« Witb ail tbat tbou bast bere », (says Conaire), « tbou sbalt
go in tbx great multitude until tbou aligbt in tbe niidst of ibe
bouse. »
» If so be » (ansivers Mac cecbt), tbat tbou gocst (tbitber), I
go (on) tbat I niay strikc /ire tbere abead of tbce. »
30. INt.in ro bôi G';/airc iar sudiu' oc ascnain iar slige
Chûaland rat[h]aiges- in t/iar marcach ' dochoni in tige.
Téora Icnc* dcrgac impu, 7 t;i bruit dcrgae impu, 7 t/i sccith
dcrs,''^ fc/'aib, 7 tri gae àc^ga ina lâmaib, 7 t;i cich àerga fo a
suidib5, 7 tri fuilt àerga foraib. Dcrgae uile et<v chorp 7 folt
7 etgud^', etcr celui 7 daine".
jo. IVben Conaire after tbis was journexing along tbe Road of
Cuàlu, be niarkcd before bini tbree borsenien (riding) towards ibe
bouse. Tbree red frocks bad tbex, and ibree red niantles : tbree red
bucklers tbey bore, and tbree red spears luere in tbeir bands : tbree
red steeds tbey bestrode, and tbree red beads of bair ivere on tbem.
Red zuere tbex ail, botb bodx and bair and rainienf, botb steeds and
inen .
U. Cia rcdcs riand ^ ? for G5;/airc. Ba çreiss damsa in triar
cind. Sôcis Ccv/are inrsin fer sligiJ Cualann, Rg. M.iscth no teig tiagsa riut
co H-atar tcinith and ardocind, H.
1. INtan diii boi Conaire H. INtan bui Q)/;aire iar suide, St.
2. rathaigis St. ratliaiges YBL.
3. Eg. inscris renii. St. and YBL. riani
4. léintc Eg. lente H. Icne St.
5. foithib Eg. fouip H. fo suidib St.
6. ct/V (iaclaib 7 fo'.taib, Eg. ro/;a (laclaib 7 foltaib, YBL. coni\ fiaclaib 7
a foltaib, H. cona liaclaib 7 foltaib. St.
7. iteT eacli 7 duine, YBL. in t-ech 7 daine, St.
8. ruind YBL. cia reihess rcomaind etir ? Ei?. Ciai r.\s.as riiiin? H.
Tlic Destruction of Dà Derga's Hostel. 57
ucut do dul rcum', ior Coum'c, na t/i Dcirg do thig Dcirg.
Cia ragas inna ndiaid ce taessat^ il-lorg cucwwsa' ?
Ragat-sa inna ndiaid, ïor Lé fri^ flaith^ mac Conairc.
)i . « Wbo is il ihat Jarcs hcforc lis? » askcd Conaiir. « 7/ luas
a tabu of mine for tbosc Thrcc to i^o heforc nie — tiic three Rcds ta
thc hoiisc of Red . liljo will follow ihciii ivnl tel! thon lo corne to-
■wards nie in niy track? »
« I ic'ill follow iheni ))^ says Lé Jri jlaiib, Coiiaire's son.
32. Tcit ina ndiaid iart)w fi)/- echlâscad 7 nisn-arraid*^. Bôi
tôt n-aurchora 7 etz/rro, aclr"^ ni ructhaisom aire-scom, ni ru-
cad som9 ionùh scom.
Asbf/'t f/'iu nad remthiastais in rig. Nisn-arraid, achl ro cha-
chain in très fer laid dô dar a ais :
En a maie, môr a scél, sccl o brudin^° bélot long lùaichet
fer ngablach fiangalach" ndoguir cnéd miscad môr bét bé
find fo/'[s]ndestetar deirgindlid '- air. En a maie.
Tiagait ùad iarcm '5 atàrôi an '4 astôd'î.
J2. He i^oes after tbein, lashing bis borse, and overlooh Ibeni
uot. Tbere luas tbe lengtb of a spcarcast between tbein: but ibey did
net gain iipon bini and be did not gain iipon tbeni .
He told tbeni not to go before tbe king. He overtook tbeni not ;
but one of tbe tbree nien sam^ a Ia\ to bini over bis sboulder :
1. rcnium St. rium YBL.
2. taiset St. taescad YBL.
3. Cia ragas iiia ndiaid, ar Co/aire, 7 abar riu bith diarneis co rabat hi
long, Eg. Cia rag<u "na ndiaid co tisith al-lorc cugumsa H.
4. fer YBL. St.
5. Lia ier Hatha H. Le fear llaitli YBL.
6. nist.irraid. Eg.
7. n-urchair, Eg. n-urcliuir St. na hurchara YBL.
8. acht Eg. nach St. nachamructais sconi YBL. lo:,^ acht ni ructais som.
9. ni rue som Eg.
10. The rest of this paragraph is obscure to nie. For the lection of Eg.
see Appendix §33.
11. fer ngablach fiangahich YBL. St. fiangablach LU.
12. forshdestetar deirind litli YliL. forsndesitaur fir H.
15. The rest of this sentence is obscure to me.
14. sic YBL. om. LU.
I). .\tr6i a n-astath H. Atroi a n-astad, St. ataroi an astod YBL.
î8 WhitU-y Stokis.
" Lo, iii\ son, i^mil ihc ncics, news froni a hostel ... Lo, niy
son ! »
Thc\ i^o mrti\ froni h'nn ihcn : hc coiild noi dctain them.
33. Anais in mac ar cind in tsludig, Asbrn £;ia ath<//V a n-
asbreth f/is. Ni bo ait laiss. Ina ndiaid dcit, or donaire,
7 tairg tri damu 7 tri tinni doib, 7 airct beti ' im iheglochsa
ni bia- ncch ctarru o thcnid' co t/aigid.
j). The box ivaited for ihe hosî. He told his faiber luhat icas
said lo hiin. Conaire liked il noi. « A fier them, thon ! » says Co-
naire, « and offer them tbree oxen and three bacon-pigs, and sa long
as lhe\ shall be in my honsehold, no one shall be among them from
Jire lo u'all. »
34. Tcit iar()ni ina ndiaid in gilla, 7 toirgid-* doib anisin, 7
ni.sn-arraid5, achi ro cliachain in très fer laid dô dar a ais :
l:n, a maie, niôr a scél, gerthiut, gorthiut^ robruth rig
eslabrae", tri doilbtiu fer fc>rsaid^ fordàim dâm nc'z/bair. En a
maie.
Tintai in mac at/ithisi cor-ragaib in hiid do Chonaire.
).^. So the lad goes afier them, and ojjers them timt, and over-
took them not. But one cf the three men sang a lay ta him over his
shonider:
« Lt), mx son, greal the neivs ! A gênerons ling's great ardonr
u'hets thee, bnrns thee. Through ancien! mens enchantments a
Company of nine'^ xields. Lo, mx son ! »
The box liinis bock and repeated the hix to Conaire.
1. mbete YBL.
2. asbia H.
V tlien St. o thein co Oaig YDL.
4. toirgenn St. tairgenn Amat ispr;tanri Iris 7 nis-tarraid H.
j. nis-tarraid St.
6. gertitt gortit H. gerthuit gortliuit St.
7. oes labra YBL.
8. fo/suith II. farsaig YBL.
9. This agrées with the statcment infra that nip.e onlv fell, including (or
around) Conaire.
The Dcsliiiction ol Dd Dagas IIo<:lcl. 39
35. Eirg ina ndiaid ', ïor Coiiaivc, 7 toirg dôib se damu 7
jé'tinni- 7 mo fuidell-sa, 7 aisceda? imbârach, 7 airet beite im'
thegluch-sa ni bi'a [LU. 84^] ncch et///TU o thein 4 co fraig.
Luid in gilla ina ndiaid iarom, 7 nisn-arraid î, acbt f/'isgart
in très fcr^, co n-epen :
Hn, a maie, môr in scél, scitha eich imariadam". imriadam
eochu Duind Tetscoraig^ a sidib, ciammin bl amin mairb.
môra airdi, airdbi sâeguil. sasad fiach, fothad mbran, bresal
nirlig, airliachtad fàebuir9, ferna tulbochtaib'^' trat|h]aib iar
fuin. En a tiinic.
Tiagait ùad laroiii.
^j. « Go a/ter îbcm », says Conairc, « and ojfcr ihcm six oxen
and six hacon-pigs, and my Icavings, and gifis toniorrow, and so
long as ihey shall be in nix househoJd no onc (to be) aniong thcni
froni firc to waJl. »
The lad thcn lucnî aficr thcni, and ovcrtook ihem not ; but one
of the thrcc moi ansivercd and said :
« Lo, my son, great the news. Weary are the steeds we ride.
We ride the steeds of Donn Tetscorach(?) from the elfniounds.
Thoiigh u'e are alive tue are dead. Great are the signs; destruction
of life: sating of ravens : fceding of croivs^^, slrife of slaughter :
luetting of sii'ord-edge, shieldsiuith broken bosses in honrs after sun-
dou'n. Lo, my son ! »
Then they go from him.
36. Atchîu ni ro fastâis ^- na firu, {or Conxixc.
1. Ere ina ndeguith H.
2. tindiu YBL.
3. aiscidi YBL.
4. tenetli H. tein St. thcMi YBL
S- nisraraid LU. nistarraid St.
6. ro chacli(ainj in t;es fer laeith H.
7. imdarriadam YBL.
8. desscoraig Y13L. tct sgoraig H. dctscoraig. St.
9. airliaclituitli faepur, H. airliachtaid faebur. St. arliachtait facbair YBL.
10. tuilli ochtaib, St.
1 1 . Cf. Fyrr vildalc | al Ficlcasteini \ Jirafna sedly'a ' d luifiiin tliiriiini « First
would I at Wolfstone sate ravens with thv corpses », H. H., i, 44 cited
by Bugge, Home of tlie Eddie Poeins, p. 210 n.
12. ni rw-astais St nirosastâis LU. nirîwfastais YBL., where tho f is ovcr
tlic line.
40 Wlittky Stokci.
Ni nie rod-nicrt ' cm (.i. ro follang ce// in tcclitairccht do
dcnam) .i. orLcf/i- fl;iith>.
Radis a n-aitlicsc ndcdcnach aslv/tatâr f/is. Nirptar failtc ■«
de, 7 batâr iarsain na mithaurri'issa (.i. drochmenmand)
iniônina fc'/aib 5.
Kom-gabsatsa mo gessi uili innocht^, ol G'//aiiv, l'iar oessa
(.i. ndrtetad)^ indarbae in t/iar sin.
^6. « / siY l/.kil ihoii hasi nol dctaincd ihc iiicu «^ saysConairc.
« Iiidccd il is nol I thaï hclrayed il » (i. c. cudiircd not ta per-
fonii ibe ernnid), says Le fri flailh.
Hc rccitcd ihc lasl ansiver thaï they gave h'nn. Tbey (Couaire
and bis retainers) ivere not hlitbe thereat : and aflerwards evil fore-
bodings (tbat is, bad spirits) of ténor îcere on tbeni.
« Ali iny tabus bave sei:^ed me tonigbf », says Conaire, « since
ibose Tbree (Red s) (are ibe) banisbed folks^. »
37. Dochôtar riam doclioni in tige cor-ragbaiset9 a suide
isin tig, 7 coro airgiset ''^ (.i. cot ccngailset) a n-eocho dergae
do dor//.<- in tige.
Remthochini na tri nDerg sin isin Brudin.
jj. Tbe\ iveiit fonça rd lo ibe bouse and look their seats tberein,
ami fashiied ll.u'ir red sleeds lo llje door of llje Ijonse.
Tikit is ll.h- Forefarim^ of llje Tbree Reds in tbe Bruden (Dâ
Derga).
1. rotmbcrt H. rodniuirt YBL.
2. fer St.
3. Ni me im/«('»7(i n.i targaid, ar Le iVi fiaill; mac Coiiaiie, Eg. 121'' 2.
4. failtiu St. failti YHL.
5. Batar [mviorro (01 ro na mituriusa iiiimômna, Hg. mithurassa YBL.
6. Romgabsatarsa 1110 geissi huli 7 nio inicélmaini ar tuideclit cucum
liuli hinoclit, ar Conairi, ùaro lessa urbaid in t/iar sin docliotar riam, Eg.
Rom gabsat mo gesi uili aniv/.'/, ol Conaire, uaire aes indarbthai in triar
iigat, H. liùair roessa indarbie in triur san, St.
7. Tins gloss is obscure to me.
8. oessa = acsa (d.itu), LU. ioi-^i8. They had been banished from the
clfmounds, see infra § 1 36, and for them to précède Conaire was to violate
one of his tabus. See § 16.
9. corragabsat St. corrogabaiset YBL.
10. 7 ro araigset H. 7 cor choraigset St.
The Destruction of Dâ Derga's- Hostcl. 41
38. IS eJ rogab Coii.ûw ûvia skuigaib do Ath cliath.
IS and dosn-araid in fer' mâcldub coin ôenlâim 7 ôensûil
7 ôenchoiss. Mael gârb fo[r]suidiu-. Cia focerta miach do fiad-
ublaib (or a muUuch 5 ni toichrcd-* ubuU ior lâr acht no giulad
cach ubull dib ior a fmnu'>. Cia focerta^ a srûb ar gésce7 im-
matairisfed dôib. Sithremithir cuing n-imechtair^ ccchtar a
dâ lurgan. Méit mulaig for gut9 cach mell do mcllaib a drom-
ma. Gabollôrg iannn^° inna laim. Mue mael dub dôthi (or a
muin, 7 si oc siregim", 7 ben bélmar mâr dub dûabais'- doch-
ra'id ina diaid. Cia focherta da»t) a srûb ar gesce folilsad'5.
Tacmaicced'-^ a bel ichtarach co a glûn '>.
jS. This is (thc wax) ihat Co)iairc look zcilh bis troops, to
Dublin.
'Tis tbi'ii thc uian of ihc hlack, cropt hair, ivithhis ouc haiid and
one eye and one foot ^^ , avcrtook theni. Roiigh cropl hair iipon hiin.
Though a sackfiil of zvild apph's werc flimg on his craïun, )iot an
apple ivould fall on ihe ground, but rach of thcin would stick on
his hair. Though his snout iverc flnng on a hranch ihey woiihi
rcmain logcîhcr. Long and thick as an outcr yoke ivas cach of his
1. dosn-ârraid araili fer Eg. 121^2. dosfarraig in fer, St. dosiiarraid in
fear YBL.
2. Môel garb dub fair, Eg. Maelgarb (or suidiu YBL. Mael garb fair
side, H.
3. niiach fiadhuboU for a moil, H.
4. roised, St.
5. Ce rocraithe, miach do fîidublaib ina mullach is tecmaing dia rosed
ubull dib ior lâr, acht ro leanfad cach ubull dib for a inda. Eg. (or a findiu
YBL. for a innu St.
6. O focerded Eg. o focerta YBL.
7. gesco folilsath 7, H. gescoe imatairisfead YBL.
8. Ba sithitliir cuing n-imcchtraid. Eg. sithremir YBL.
9. for got YBL. mullaig for gut YBL.
10. Ms. iarirn LU. iaraind Eg. iairn YBL. iarnaid St.
11. oc gréchoiig j oc siréigim, Eg.
12. duaibsech Eg.
15. folinsat, Eg. folselsad St.
14. Teccmairged Eg. Taiccmaiccd St.
15. co rucce a glûni, Eg.
16. Sec infra ^ 63, and Rev. Celt., XXL 395, and, as to standing on
one foot, Frazer, The Golden Botigh, id éd. H, 32. Was the custom of going
with one foot bare and the other sh'id (ibid., II, 298 n.) allied to this
magical practice ?
^2 Whiilcy S'.okcs.
tiuo shins. Each of his but lochs luas ihc si:^c of a checse on a
■zi'ilhc. A forked polc of iron black-poinlcd zuas in his hand. A
siuine, hlack hrisllcd, singed, îi':is on his back, squealing conti-
nnalh, and a ivoman big-moufhed, huge, dark, sorry, hideous,
îcas bchind hini. Thoiigh her snout were flung on a branch, thc
branch zvonhi support it. Her lawer lipwould rcach her knee.
39. TacLiretliar' bedg ar a chend •'-, 7 ferais fliilteJ fns4.
Foclien uuit, a phopa Conairc 5 ! cian rofess do thichtu
sund^.
Cia feras in failte" ? f('/' Conairc.
Fer Caille co muic duib duitsiu do th'occomol^, arnâ rabi9
hi toichntd (.i. hi troscud) innocht. Is'° tû ri asdcch tànicinn
domon. »
Cia ainm do mnà ? ol Conairc.
Cichuil, ol se.
Nàch n-aidche " aile bas dil dûib, îor Conûre^-, « robor-
ticba? 7 sechnaid innocht duind. »
Nathô, ol in bachlmV;, ar rot-ficbam '5 co port i mbia in-
nocht, a phopan chain Chcv/aire !
J5?. He startsfonvard to nieet Conaire, and inade hini n'elavne.
« Welconie to thee, 0 niasier Conaire ! Long hath thy coniing
hither been knoivn. »
« Who gives the ivelcome} » asks Conaire.
« Fer Caille '•♦ (hère), luith (his) black swine for thee to con-
1. Docuirethar, Eg. Docurethar H. Tathchoirethar YBL. Tacuirither St.
2. cliind, Eg.
3. failli YBL.
4. fri Co/zare, Eg.
5. a mo popa cain, a Conaire, Eg.
6. Cian cian o rofess do tiachtain sunn. Eg. cian o rofes do ter/;< sonn.
H. Ciân ro fes do tiachtain sund, St.
7. failti YBL. Hère there is a lacuna in H.
8. cona muicc duitsco dot [t )restul, Eg. co muicc duitsiu do tliocomul St
9. rabais, Eg. arnar rabai St. YBL.
10. Uair is, Eg.
1 1 . adaig Eg.
12. Nacii n-aidchi n-aile duib, ol CiT/aircr YBL. Xach inn aidcheetc. St.
15. Accctirôn, ratcssemni, Eg.
14. « Man of (thc) Wood », Waldmcns.h? Zimmer, KZ., XXVIII, 358.
The Destnictioii oj Dd Dcvgai Hostil. 43
sume(?) that thon bc iwl /nstini; tonight, (for) 'lis thon art ihe
best kiiig ibat bas coinc itito thc luorld ! »
« What is th\ icifcs nanic? » says Conairc.
« Cichuil »^ hc nnsîvcrs.
« Any other night », says Conairc, « ihat pleascs you, I ivill
corne to yoii, — and Icave us alonc ioniohi. »
« Na\ », say thc chiirl, « for ivc luill go io thcc to thc place
u'hcrein thon wilt bc tonight, O [air Jitlh' mastcr Conairc! »
40. Téit iarom dochom in taige % 7 a ben bèlmar mâr ina
diâid, 7 a mucc mâel dub dôithi oc sirégim ^ {or a muin. Geiss
dosom ani sin^, 7 bà geis do diberg do gabail i n-Erind ina4
Haith.
40. So bc gocs toivards the housc, ivith bis grcat, big-niouthed
u'ifc bcbind bini, and bis swine sbori-bristlcd , black, singcd, sqiical-
ing continually, on bis hack. Thaï tuas ouc of Conaire's labus,
and that plundcr should bc takcn in Ircland dnriug bis rcign ivas
anotber tabii of bis.
41. Gabtha tra diberg la mflccu Duind liDéssa 5, 7 côic cét^
fo churp a ndihcrge, cenmota 'na ra bi do fosliiag Ico. [Ba
geiss da//o do Conairc annisin/ — Eg.]. Bai laech'^ maith ''
isin tir thùaid. Fén dar crinach bast'^i a ainm '°. IS de ro bôi
Fén dar c/'inacli fliirsium ^', âr is c/anma no cinged dar a cho-
[LU. 84'']laind'- 7 no chessf^'3 fén dar crinach. Gabtha
dibc/'g dano la suide, 7 côic cet fo churp a ndibrr_^^(Zc a ôenur
ccnmothâ fosIuas[.
1 . Doiaet da«o reompa, Eg.
2. sirgréchaig, Eg.
3. inni sin Yi3L.
4. f;-ia St.
5. dcsa. YBL. The dot in LU. is a punctum delcns.
6. mile, Eg.
7. cenmotha fosluag leo ba ges do Conarc annisin, YBL.
8. primlaech, St.
9. amra Eg.
10. YBL. inserls pnmloech.
11. dô St. YBL.
12. tara choland YBL. dar comland YBL^. tara chomlanii St.
15. cinged Eg. digsed St. »o teiged tar, St. rochinged, YBL.
44 WhilUy Stokcs.
41 . Kow plnnder luas taken b\ thc sons of Donn Désa, and five
l.uiudrcd iberc luere in thc body of thcir marauders, hesides ivhat
iindt'rlini^s lucre u'ilh thcnt. This, too, ivas a tabu oj Conaire's.
Thcrc was a good warrior in thc norîh couniry, « IVain over ivi-
thcrcd sticks », this ivas his natnc. IVhy he luas so callcd was be-
causc he iiscd to go ovcr his opponcnt (?) tvcn as a ivain zcould go
ovcr ivithcred sticks. Noiv plnnder was taken by hini, and there
■wcre Jii'c hiindred in thc body of thcir niarandcrs alone, bcsidcs
undcriings.
42. Bàtàr and iarsin tiallach' bâuir l'iallchu - .i. sccht maie
AilcWa 7 Medba, 7 « Mane » for cach fir dib, 7 forainm fer cacli 3
Mani .1. Mani Athrcmail 7 Maiic Màihrantail 7 Manc Mingor
7 Manc Môrgor, Mjinc Andôe^ 7 Manc Milscothach, Mane Co-
tageib uli,7 Mane As mô-epcM. Gabtha dibtrgla suidib. Mane
Maihraniail dano 7 Manc Andôc, cethri fichit déc fo churp a
ndibc/'gae. Man^ Athrcmail cocca ar trib cclaib^ fo chnrp a ndi-
hergac. Manc Milscothach côic cet fo churp a ndib^rgae. Mane
Cotageib uile sccht^ cet fô churp a dibtvgae. Mane As mô epcrt
sccht cet fo chnrp a d(i)hergae. Côic ct't fo churp dibcrgae cach
hr dib olchenae.
42. Thcrc luas aftcr ihat a iroop of (slill) hanghticr hcroes,
nanicly, thc scvcn sons of Ailill aud Mcdb, cach of ivhom was calh'd
« Manè ». And cach M a ne had a nicknanic, to zvit, Ma ne Fa-
îherlikc and Manè Motherlike, and Manè Gentle-pions, Manè Very-
pioiis, Manc Unslow, and Manè Honcxworded, Manc Grasp-theni-
all, and Manè the Loqnacions. Rapine zvas wrought by thon. As
to Manè Motherlike and Manè Unsloiu thcrc ivere fourteen score in
the bod\of thcir niarandcrs. Mane Fathcrlike had thrcehundrcd and
ffty. Manè Honeyworded had five hundrcd. Manc Grasp-ihcni-all
had seven hnndred. Manè the Loqnacions had sei'cn hnndrcd. Each
of the others had five hnndred in the body of his niarandcrs.
1. lucht Eg.
2. uallacha YBL. iialclui St.
',. ccch YBL.
4. Annoe YBL.
5. A. ar .cccc. YBL. caeca ar xccc. St.
6. .ui. St.
Tl:e Destruction of Dâ Dcri:a's llostcl. 45
43. Bai t/iar r/cbl;i/;J' (.i. g//.sniar) di tcraib - Ci'ialand di
Lagnib .i. tri iNiiadcDui Ci'ialand (m marg. .i. Cithach 7 Clo-
tach 7 Conall a n-anmand). Gabtha dibc;;»,'- daz/o la suid///5, 7
dà fichit deac fô c\\urp a ndib(Vi,v?(', 7 dam dasachtach Ico.
Bàtar dibévgaig t/à t/ian fer n-Hnv/Jbi Haith Cc);/airc. Ro|m]b(')i-
seom-» do nirt> 7 c/miachtai a n-innarbai a tir Wcxemî do ath-
chor a ndibt'^gae alldnall, 7 tuidccht dôib dochom a tire iar
n-athchor a ndib^rgae.
^). There luas a valiant trio of Ihe iiicn of Ci'ialu of Lcinsicr,
nameJy, îhe thrce Red Houmis of Cualii, called Ccthacb and Clo-
thach and Conall. Noie rapine ivas ivrougbt by tbcm, and iiuclve
score ivcre in tbe hody of ibeir marauders, and ihey bad a Iroop of
madnien^. In Conaire's reign a tbird of îbe men of Ireland luere
reavers. He was of (sufficient) strengtb and power to drive îhem
oui of tbe Jand of Erin (so as) io Iransfer ibeir niaranding io tbe
olber side (Greaf Britain), but after ibis transfcr ibcy rclnrncd io
tbeir country.
44. IXtan ràncatar7 formnae na fairgge, cotregat^ fri Iiigcél
Qicch 7 Eiccel 7 Tulchinni, tri maie lii Chtwmaic 9 di Bret-
naib, for dremniu^*^ na farrcc. Fer anmin môr liathmar anaich-
nid in t-Ingcél". Ôensùil '- ina chind'% Icthidir^-^ damseche,
1. treblang YBL. treblann Si.
2. do Huib Briùin, Eg. di Uib Briuin, YBL. St.
3. leo side Eg. hi suidib, St.
4. Romboiseom Eg. Robaiscom YBL Romboi som St.
5. niurt St.
6. Suggested by the hcrscrkir of the Scandinavians and tb.c fiiior berser-
cicus, « whcn tliey howlcd like wild bcasts, foamed at the mouth, and
gnawed the iron rim of their shields ».
7. ronancatar YBL. fo/irancatar St.
(S. co'/drecait Eg. cotrccat YBL. St.
9. fri hingcel Caech 7 Eiccel, f;i da mac hui Conmaicne YBL. 9^-» 31.
f[ri] Incel caech 7 Eicel 7 fri da mac huai C(i;/maicne, St.
10. druimni St. druimne YBL.
11. fear anmin ualhm r St.
12. oentSLiil St. oenshuil, YBL.
13. asa étun, Eg. asa étan YBL. asa etan St.
14. lethir St. Icithithir YBL.
46 Wltitley Siokcs.
diiibithir dcgaid', 7 t;i - maie imlcsscn intc. Tri cliét dcc fo
chiirp a dilv/gac. Bàtâr lia dibcrj^rt/V fer n-EnW andâti'.
4^. H'hoi they had rcached ihe shoulJer of ihe sca, thcy tiieel
Iiii^cél ihe One-eyed and Eiccel and Tnkhinne, îhree grealgrand-
sons of Connuic of Britain, on tbc raging of ihe sea. A man un-
geiilli', huge, fcarful, uncouth luas Ingcél. A single cye in bis head,
as broad as an oxbide, as hlack as a chafer, icitb tbree pupils tberc-
iii. Tbirlccn bnndred luerc in ibe hody of bis marauder s. Tbe
marauders of tbe tnen of Erin luere more numerous lljen tbey.
45. Tiagait^do niuirchomruc forsind |f]airrcc. « Nâ bad cd
dognethi^, ïor Ingcél : nâ brisid fir fer f'rnd^, dâig abtar" lia
andûsa^.
Noco raga acbt comlond fo chut/'anim//.f f();tso, ft>;'da[d]9
dibfTga'° Herend ".
Ata ni as ferr dùib, or Ingcél. Dénam côrai ol atobrarbradsi -^
(.i. robar-CLU'cd) a tir Hijrend, 7 atonrârbadni'> a tir Alban 7
Brettan. Dcnam ôcntaid etrond. Taitsi ro »odroldid ^4 {or ndi-
beirg imtir-se, 7 tiago-sa'5 libse ronid-ralôr "^' nio diheirg inbar
tir-se '". »
!. dethaig YBL.
2. sechi, Eg.
3. OUI. St.
4. Lotar iariim, Eg. Batar St. YBL.
5. dogncth St. YBL. Dia ndernaid (or comracc, Eg.
6. formsa Eg. YBL.
7. ahtar « ye are », itib YBL. St.
8. octts ciamad lia missi andàthisi ni rachad acht comlond fa conilin,
Eg. ni raga ach to comland fortso. St.
9. f'ortat YBL. St. In J'oniad (or foni al, ihcl lias beconie <i before the do(
diberc^a: see Kuhn's Zeitsclir., XXX. VI, 275, and cf. couattxh\d\ dig, and da-
lemaiu ata[d\ dcch, infra.
10. dibcrgaig YBL.
] I . Eg. omits this sentence.
12. ol atarrobradsi LU. oltat dobrarbadse YBL. ol atdobrarbadse St.
1 5. atanrarbadne YBL. atonrarbadhne St., Robar-toibnedsi a tir Herenn 7
ror-taifncdni Eg.
14. ticidsi conralaid Eg. taitsi ro/zatralaid YBL. taitsi (Towathralaid St. leg.
conidrolaid.
15. tiagsa Eg. YBL, tiagatsa St.
16. coraior Eg. coind ath/alor YBL. comd athralur St.
17. i far tir, YBL. in far tir si, St.
Tlw Destruction of [\i Dcrga's Hostcl. 47
4). Tl.h'y i^^o for a scii-cucouulcr on ihc main. « Yc should not
do tins »^ sa\s Ingccl : « do nol hrcak the Irnlh of nicn (fair play)
upon IIS, for ye arc more in uumlh'r than I . »
« Noiighl lui! a combat on equal tcrms sball l'cfall thcc », say
ihe rcavers of Erin .
» Thcrc is somcichat bcttcr for yoii », qiiotb Ingccl. « Lct us
makc pcacc sincc \c haie hccn casi ont of tbc land of Erin, and wc
hâve bec II cast ont of tbc land of Alha and Britain. Lct iis make
on agreemcnl bctivecn us. Comc ye and zvreak your rapine in iny
countrx, and I will go u'itb yoii and lureak my rapine in your
country. »
46. Dogniat^ in coniairle hisin, 7 dobcrtatdr glinni- ind
disiu 7 anall. It é ait/re dobretha do Ingcél 6 fcraib Wcrend, .i.
Fer gair 7 Gabur? (jio Fer lee) 7 Fer rogain, im orgain bad
toguide> do Ingcél i n-Er///J 7 orgain bad zogaidc'y do niiiccaib
Duind Dcssa i n-Albain 7 i mBretnaib.
46. They follow tbis counscl, and ibey gave pledges ihcrefor
from this sideand from ihat. Tbere are tljc suret ies that were given
lo Ingcél by the men of Erin, nainely, Ecr gair and Gabur (or
Fer lee) and Fer rogain, for t/jc destruction that Ingcél should
choose (to cause) in Ireland and for the destruction thaï tbc sons of
Donn Déssa should choose in Alba and Britain.
47. Focres^ crandchor fcrro ài'is cia dib lasa ragtha i tossoch.
Dothuit dul la Ingcél dochom a thire. Lotariarom co Bretnu,
7 oirg/Zjf athair 7 mâthair 7 ■xsecht nderbrathir am^/ ro ràidsem
reond. Lotar iarsin dochom nAlban, 7 ortatar a n-orgain and,
7 doathlasat/ iar suidi dochom n-Erend'^.
1. Dognither iar»m, Eg. Dogiiith YBL. Dogiiitiicr St.
2. Argit da//o glinni, Eg.
5. .i. Gcr 7 Gabol. Eg. Gcr 7 Gabï/rSt.
4. ba togaide St. f;i togaiiihi YBL.
5. ba togaidi YBL.
6. Doronta cranchor leo, Eg. Focreasa crandclior forru, YBL.
7. athralsat YBL. atralasat iar suidiu St.
8. For this and the prcccding sentence Eg. has only: Lotar iarum la
hlngccl docum n-Albfl« oais ortatar a n-orgain and. And so YBL.,
omitting la l]Iiigcel.
48 [Vhitlcy Stokes.
4/. A loi zi'ijs cast upon thon lo see with ivhich oj ihetn they
shoiild go first. Il fcll thaï (thcy) should go ivilh Iiigcél lo his
couulry. So ihcy madc for Britain, and (ihere) his fathcr and tno-
iher and his seven hrothcrs luere slain, as ice hâve said hefore.
Thocaficr thcy uiade for Alba, and ihcrc ihcy wronghl ihe dés-
ir uclion, and ihcn lhc\ rehirncd lo Erin.
48. IS andsin tni dolluid Co;zairc mac Etcrscéili iar Slige
Chualand dochom |LU. 85'] na Brudnc.
IS and sin tancatar na dibf/ga ' œ mbatâr i n-airiur Brcg co-
marda Étuir forsind flirrci-.
IS and aslv/tauir na dibtvgac 5 : Tcilcid^ sis na scolu,
7 dénaid ôenbiidin dibf(Jrsind tarrci arndchbar-accaist^r as'tirS,
7 ctar^ nacli traigéscaid ûaib isa tir, dûs in fugebmdis/ tes-
orcain ar n-cncch^ f/'i9 Ingcc!. Orguin fôn orguin dorât dûn^°.
^cV. 'Tis ihcn, noiu, thaï Conaire son of Etcrscékiucnl toiuards
lik' Hostel along Ihe Road of CiiaJii.
'Tis then ihat ihe reavers came till ihey zuere in ihe sea off the
coast oj Bregia overagainst Howth.
Then said the reavers : « Strike ihe sails, and make one band of
you on the sea that ye may not he sighted froni Jand ; and let sonie
lightfoot be fonnd froni aniong you to go on shore to see if we conld
save oiir honours u'ith Ingcél. A destruction for the destruction he
has given us. »
49. Os/, cia ragas dond éistechf isa tirPEirged^- nech las
1. dibcrgaig, Eg. YBL. 94''.
2. facomair Beinni Étair immach ar in[f |airgi, Eg. The comarda of LU.
(= comardu YBL. comardda;, St.) seems a deriv. of comair, Cvmr. cyfer,
Corn, kever.
3. nâ dibfvgac LU. dibercaig, Eg.
4. Lecid St. telcid YBL.
5. arna aiccithir sib do tir, Eg. aniacliabhaccastar asti'r YBL. na faicther
sib don tir, St.
6 cthath St. cththar YBL.
7. fagbaimis YBL. faigbimis St.
8. n-enig St. n-ainech YBL.
9. a leth f/i, Eg. do, St.
10. i. e. mar an argain dorât dun, St.
11. eitseacht YBL.
12. sic Eg. Om. LU. raclna YBL (= rachthai) tcged St.
The Destntclion of Dâ Deigas flostti. 49
mbeth' na t;i bûada |and, ol Ingcél, Eg.] .i. bûaid cliuiisse^
7 bua/J rodairc 7 biu//d n-airdnii/^j'a ?
Atd limsa, ior Manc Milscothach, huaid duaisse.
Atâ limsa dam), forMane Andôe, bua/Jrodeirc 7 airdmi/LU.
IS maith a^ dul duib amlâid, for na dib^rcaig, fô a n-innas
sin4.
4p. « Who îi'ill go on shorc lo listen ? Let soine onego »_, says
Ingcél, « luho should bave there the three gifts, n.inidy, gift of
hearing, gift of far sight, and gift of judgnicnt. »
« / », says Manê Honcywordcd , « bave tbc gift of bcaring. »
« And I », says Manc Unslow, « Jjavc tbc gift of far sigbt
and of judgmcnt. »
« 'Tis zvcll for yoH to go ibiis'ï, » say tbc reavers: « good is
that u'ise. »
50. Tôtiagat^ nc5/zbor iarom co mbâtar (or Beind Etair, dûs
cid roclôtis 7 adcheds.
Ta (.i. clostid) chein ! for Mane Milscothach,
Cid sin ? (or Mani Andôi.
Fuaim n-echraide fông7 rocluiniursa^.
Atchiu-sa9 tria bûaid rodeirc, (or a chéli.
G's/. cid atci-siu. hi suidiu ^° ?
Atchiu-sa and, for se, cchrada dna aurarddai ailde agmara
1. lassa mbi'ad, Eg. lasa mbcth YBL. lasimbia St.
2. n-éistechta, Eg.
3. For the force of a hcro cf. iinici tk-cljt » in so going », Wb. 11'^ 22,
and is J'en- a ledit LU. ioo> 10. a tiiiileebt Wll. Tlie ainhiid is tautologous.
YBL. omits it
4. fon mdits sin YBL. IS coir iannn duib dul fon ind^i" sin, ar na di-
b^rgaig, St.
5. litcrall}' « it should be gone «.
6. luid St. Dotiagad YBL.
7. Cf. fogur carpait forig, « noise of a good king's chariot », Lismore
Lives, 1. 1 163.
8. itcluinimsi, St.
9. Atachiusa YBL. Atciusa daHO St.
10. in nosa St. For the last six lines of § 49 and the first seven Unes of
5 50 Eg 122b 2 has only: Ataat linni a triur, ar meicc Duind Déssa. ochs
ragmaitne ann : Missi iib, ol Ingct7.
Luid iarsin Ingcél 7 tri meicc hi Duind Désa cor'gabsat de Scscund liUair-
beoil hi tirib Cûaland dond iaircse.
IS annsin ro airigsetar réim Conairi atûaid cuccu.
IS annsin atbivt InghaV ri Fer ngair: Cid et«/' atchisi ? Co*;id ann atbt;rt.
Revue Celtique, XXII. 4
50 Whitley Stokes.
allmarda, foscnga sci'thn sccinnmcclia, fcgi faebordae femmdae.
forcim ■ tbcrotha morcht-ltar lalmaii. doriadat - ilardac uscib
indLvraib ingantaib.
/o, Thcn niue mcn go on till ihcy lucrc on ibc Hill of HowlJ),
to huùw luhal lhc\ iiiighl hcar and sec.
« Be stiJl (i. e. hcarkcn) a zvhile ! » says Ma ni' Honcy-ivordcd .
« Whal îs that? » ash Matiè Unslou».
« The Sound of a good Jcing's cavalcade I hear. »
« By ibe gifl of far sighl, I sec «^ qiiolh bis conirade.
« JVhal seest ihou hère? »
« / see iherc »_, quoth he, « cavalcades splendid , lofty, beautiful,
zuarlike, foreign, someiuhat slender, iveary, active, keen, ivhettcd(?),
véhément (?) a good course that shakes a gréai cavering(?) oj land.
They fare to many heights, with wondrous waters and invers. »
51. « Citnc usr/ 7 ardae 7 inbrra dorriadat ? »
« ^xansc. INdcoin, Cuit?, Cuilten4. Mâfat5, Ammat, îar-
maflu, Finne, Goiste^, Guistine. Gai glais/ l'ias charptib^.
Calga9 dét îors liastaib. Scéith airgdidi ùasa n-ullib'°. Leth-
riiith" 7 letbgobra. Etaige cech ôendatha impu.
« Atchiusa iarsin sain[s]labra sainâithe'- remib .i. t;-i côccait
gabur ndubglas. Itt é cendbcca, corrdcrga, biruich, basletliain,
bolg[s]rôin '3, bruinnideirg, beôlaide, s[o]aitside'4, soga-
baldai'5, crechfobdi, fcgi, fâebordac, femr;;dae, con^. t/ib càt:c-
taib srian cruanmaith '^ friu.
1. Icg. fô-rcim
2. dorriaghat YBL.
5. Coït St.
4. Tultcn St. Iiincoin coït cuillcnd semot mafotherm, Eg.
5. Madat St.
6. Findi, Goisce YBL. Finiic. Goi.sce St.
7. glas.sac Eg. glas YBL.
8. cairpthib scrutaidi Eg.
9. taga St. calca YBL.
10. os iiillib St. huas uillib YBL.
1 1. Icithrcd Eg.
12. sainigthc Eg. sainaigtlii YBL. sainaigthe St.
13. bolgsroin St. bolcsroin YBL.
14. .soastaidc Eg. saitsidc St. YBL.
15. fogab.iltaidc Eg. sogabaltaigc YBL. sogabalta St.
16. co criian 7 maithni Eg criianmaitlinc YBL. cruanmoethno St. .
The Destruction of Dâ Dcrga's Hostel. 5 1
//. « Wbat arc the ivalcrs and hcights ami invcrs that thcy tra-
verse ? »
« Easy ta say : Indéoin, Cuit, Cuiltcn, Mâfat, Animât, lar-
inâfat, Finnc, Goiste, Guisline. Gray spcars over chariots: ivory-
hilted swords on tJjigbs: siivery shields above tljcir ciboivs. Haij
red(?) and Jjalf-wljitc. Garmcnls of every coloiir aboiit tljcin.
« Tljcreafter I sec bcforc tJjcm spécial cattle specially kcen, to
luit, thrice fifty dark-gray stceds. Small-headed are they, rcd-
nosed (?), pointed, broad-hoofed , big-nosed, red-chested, fat, casily-
stopt^, easily-yoked, foray-nimble-, keen, iuhctied(?), véhément (1),
with their thrice fifty bridles ofred enamel upon theni. »
)2. TongMja5 a toinges mo thûath, îor fer ind rodairc, is
slabra4 (.i. is cethir) nach suthchernai insin. Is iî mo aird-
mi//i[s]a de, is é Conairc mac Et^rscéle, co farninaib"^ fer
nErend n-imbi, darôer in sligi ".
Tiagait for cùlu iarom co /z-ecsetâr^ dona dibe;'gaib9. jssed
inso ro chiialammdr 7 atconnarcmdr, ar iat^°.
)2. « / szuear by luhat my tribe sivears », says the man of the
long sight, « thèse are the cattle of sonie good lord. This is my
judgment thereof: it is Conaire, son of Eterscéle, with multitudes
of the men of Brin around him, who has travelled the road. »
Back then they go that they may tell (it) to the reavers. « Tins »,
they say, « is luhat -webave heard and seen. »
53. Bdtâr sochaide, ira, eter siu 7 aiiall, in tsluaig-se '^ .i.
1. -ailside for -aisl'uli, part. perf. pass. oi -aslaim.
2. -fobcii, pi. n. oî fobliaid .i. luath nô ésgaid, O'Cl.
3. Tungsa, Eg.
4. marcsluag, Eg.
5. issc, Eg. is c, St. IS lii mo airdmcs do, YBL.
6. formna St.
7. do toct clîuccLind issin sligid, Eg 122'' 2. doret intligi YBL. doret in
tsligi St.
8. co lidccdetar Eg. ro;/decdatar YBL. (Icg conccatar) 7 indisit St.
9. dibcrgachaib YBL. St.
10. isstv/ so itcualamar 7 atchonncamar, St. adù)/niarcmar, YBL., omit-
ting ar iat.
11. Batar sochaidi tra iatsom twr allmarchu 7 ercii.icha. Rob c \mm.i'-ro
a lin huli himmalle, Eg. Bai sochaide tra adiu 7 anall in thsluaig, St.
5 2 Wintlty Siokes.
t;-i côccait cluirach 7 côic mi'li ' indib, 7 dcich a'7 in cach mili.
Ro thocaibsct- iaroni na scolu forsna curchu5, 7 dos-curcthar-*
dochom tire, co ragbaisct5 hi T/acht Fuirbthi.
i). Of this host, ihen, there was a niultilitde, hoîh on this side
and on that, nanicly, Ihricc fifiy boats, wilh fivc tbousand tu iheni,
and ien hundrcd in cvery tbousand^. Then they hoisted the sails on
ihe bonis, and stccr thcm ihcncc lo sborc, till ibcy landcd on tbe
Sir and of Fnirblbc.
54. Intan ro[nJgabsat' na curaig tir, is and rom [LU. 85^]-
b(')i^ Mac cecht oc béim tened9 i niBrudin Dà Dergae. La
fi'iaim na spréde focressa na tn côecaii curach ^°, co mbatâr [or
fc/mnu na fairrcc.
Ta chcin ^% ior Ingccl, samailtc latso'-, a Fir rogain ?
Ni fetM/'sa, ol Fer rogain, manid Luchdond'' cainte fail i
n-Emain Macba dogni in [m]bosc)rgiiin-se oc gait a bid aire '4
ar ccin, nô grech ind Luchduinn '^' [tiiiar Hg.J hi Temair
Lochrac, ;/(' béini spréde Maie cecht oc dtûd tened n'a rig n-
Erend airm hi foi '^. Cach spréd t;a, 7 cach frass doleiced a
tene'" îor lar no fonaidfidé'^ cet lôeg 7 di lethorc fria.
1. tri .111. churach 7 .11. mi'li chct LU. u. mili Eg.
2. Arrotliocaibsct St- Read an-ocaihset, and cf. arrocbat LL. 249-' 2.
3. (or na curchaib Eg. for na crundu YBL. ara curacliaib St.
4. nos curethar St.
5. rogaibsct Eg. rogaibseat YBL. rogabsai St.
6. Hcnce, and irom £ 58, it seenis that )////<■, like the Germanie thûsundi,
was originalK' a vague abstract noun meaning « niany hundreds ».
7. rongabsat YBL.
8. robui YBL.
9. is ann bai Mac cecht ic bcin teined, St.
10. rascLiichset himmach o thir, Eg. na tri choectu curach, YBL.
1 1. coistid bic, Eg.
12. saniahai lettso, Eg. cid samaha so. St.
13. manib hi Luchtondd, Eg. manc be Luchdon, St.
14. fair St.
15. luchtlioind Eg. luchduind YBL. luchtuinn, St.
16. airm hi fuil hinocht. Eg. airm i loi innocht. St.
17. in sp/vd, YBL.
18. cech frasta |leg. fras t;a| nnviono doleiced in spréd for lar no fonfiii-
thea, Eg. for lar fonuinfidi cet laeg 7 de lethorc, YBL.
Cech fras fa dolleicid in tened do spredaib ar lar, no fui[n]feda cet laeg
7 de letorc, St.
The Dcsiruilion of Dà Dcrgd's Hostel. 5j
Ni thuca and in ter sin (.i. Conaire) innocht, tardât mtiic
Duind Désa. Is liach a bith [fo dochur namat — Eg.'].
Ni bu liachu side limsa-, for Ingcél, indâs ind orcuin do-
ratsa diiibse. ba hé mo lithsa co mbad hé docorad 5 and 4,
j4. Whcn thc boats reached land, thcn luas Mac ccchl a-siriking
firc in Dà Derga's Hosîel. At thc soitnd of thc spark thc ihrice Jjfty
boats lucre hiirlcd out, sa fhiil thcy -lucrc on thc shouldcrs of thc sea.
« Be silcnt a zvhUc! » says Iiigccl. « Likcn thon that, 0 Fer
rogain. »
« / knoia not », ansiucrs Fer rogain, « lailcss it is Luchdonn
thc satirist in Einain Macha'\ who uiakcs Ihis hand-sniiting ivhen
his food is taken front hini perforée : or ihc scrcaiii of Luchdonn in
Tentai r Luachra : or Mac eecht's siriking a spark, when he kindh's
a firc before aking of Erin whcrc he siccps. Evcry spark aiid cvcry
shower which his fire luoiihi Ici fall on thc floor would broil a
hiindrcd calves and tiuo half-pigs.
« May God not bring that nian (cvoi Conairc) Ihcre lojiighl ! »
say Donn Dcsa's sons. » Sad thaï hc is uiidcr thc hnrf of focs ! »
« Meseents », says Ingcél, « // should be no saddcr for me than
the dcstrtiction I gave you. This luere niy feast th.it he (Conairc)
should chance (to conic) there. »
55. Tos-cuirethar a coblach ''' dochom tire. A ngloim " ro
Idsat na tri côecait curach oc tuidecht hi tir forrochrath''^
Briidin Dd Dergae9, connd rabi gai [na sciath — Eg.] ior
1. is liach garsecla do, St.
2. ni mo mmorro is liach libcbsi(!) in sgél sin, andàs ropa liach limsa
ind orgain doralH^a dùibsi i n-Albam, Eg. nirluga ba liach limsa ind argain
ortabairsi limsa 7 doratwj duib. St. ni bud Hacha suidiu limsa, for Ingccl,
indas inn orcuin doratsa duibse, YBL.
5. docuired, Eg.
4. Robad he mo lithsa co mbad he nothccmad ann innocht, St.
5. now the Navan fort, two miles west of Armagh.
6. Doscurethar iartain, Eg. Toscuirithir YBL. omitting a coblacli
7. In gloimm 7 in bresmaidm, Eg.
8. ro crithnaig 7 ro crothastar, Eg.
9. Gabsat dochum thire iarsin co fortren feramail na tn coecait c»/'ach,
7 an glom ro lasat na barcu dochom thire ro la in Bruiden uile i cor 7 i
crichnagad [Icg. crithnugud], St.
54 Whitlcy Stokcs.
alchaing intc, acht ro làsai grith co mbatàr ior lar in tige
uli'.
)). Their.flact is slccrcd toland. The noise that the thrice fifty
vessels iiiaiic in noiu'ni^ asborc shook Dâ Dcrf^as Hostcl so that
no spear nor shiclii reniai uni on rack Iheirin, but tlje weapons ut-
teicd a cry and j'cll ail on the floor of the hoiise.
56. Samailte lat-, a Chon^m-, far cdch, Eg.], cia fûaim
so5?
Nim-thâsa a samail acht manid talani iinir.id-rôc ■* (.i. ro
bris), uô manid 5 in Lcuidan timchella^ in ndomon adchomaic
a crball do thôcliur in betha tar a chcnd^, nô barc mac Duind
Désa ro gab tir. Dirsan nâptar hc bâtar^ and ! Bâtâr comaltai
carthanaciia9 diind. Bâ inmain in hanlag'°: nisn-âigfimmis ■'
innocht.
IS and ranic Co;/aire co mbôi hi'- taichthi na Bruidni''.
)6. « Liken thon that, 0 Conaire », says every one: « what is
this noise ? »
« / knoiu nothing like it nnkss it be the carth thaï has broken,
or the Leviathan that sur rounds the globe^^ and strikes with its tait
to overturn the ivorld, or the barque of the sons of Donn Désa that
has reached the shore. Alas that it should iiot be they who are
1. rolaiset armgrith 7 torcratar for lar na Bruidno, Eg. rolaisct g*ith co
mbatar ar lar Bruidne Da Dc/gïe, St.
2. Samalta Ictso so, Eg.
3. cid in fuaim atdcûalamar, Eg. Cid so, a Chonairc, ol a muindter, 7
cia samail in fuaimsea? St.
4. niaHib talam dluges ar do, Eg. Ninitha a ishamail, ol Conaire^ manip
talam ro mebaid, St.
5. mawib he Eg. manib. St.
6. timccllas Eg. St. timchcl.i YBL.
7. do chor in betha dar cend, Eg. darachcnn St.
8. nach iat ata, Eg.
9. carthacha YBL. Bâtir comalta cartantach, St.
10. fiallach n-isin, Eg. Batar immain in hàWach ann, St.
1 1 . -âigsiwmiSjLU. -âgJimis,Eg. -aigJîinis,\'BL. ni faighmisni inocht damtis
iat, St.
12. ar faigthi na bruidne, St.
15. bruidne YBL.
14. Cf. the .Midhgardhsormr, the world-serpent, « whosecoils gird round
the whole Midgard ». In old kcLuidic translations of legends Ln'iathan is
rendered by Midijgardiisoniir, Cleasbv-Vigfusson.
Tlic DiStnution oj Dà Dcrgas Hostcl. 55
Ihcrc ! Bclovt'il Joslcrbrolbcrs ofour oiun wcrc ihcy ! Dcar lucrc ihc
champions. IVe shottld iiol hâve feared thein tonight. »
Thcii came Conaire, so thaï he luas on ihe green of Ihe Hostel.
57. Intan vo clu'iahi' Mac cecht in fothrond-, atar lais
roptar ôic tancatâr co a muint/r3. La sodain forling 1 a gaisced
dia cobair. Aidblitliir Ico bid> torandchlcs tri a'7 a chluiche oc
forlâim^ a gaiscid". Ni bai bàa di sodain de sin^.
jy. When Mac cecht heard ihe tnniiiltnoiis Jioise, il sceiiied ta
him that icarriors had attacked his people. Thereat he leapt o}i lo his
armoiir to help them. Fast as the thunder-feat of three hiindred
did ihex deem his gaiiie in leaping to his îueapons. Thereof there
iras no profit.
58. IN barc iarom i mbatar maie Duind [Désa], ba inte bôi
in caur mârthrclmach andiaraid inna brainc9 na barce, in léo
uathmar andsa, Ingcél Câech mac ui G';/m(7/c ''^. Lethithir
damsecbi ind oensùil bôi asa étun. 5(r/;/ m^7/c imlesain inte'%
Bàtar duibitliir degaid'-. Meit chori cholbtbaigt''? cechtar a da
glûne '-I. Méit chléib bùana cechtar a da dordn '>. Meit mulaig
forgut^^ mella a dromnia. Sithithir^7 cuing n-ûarmedoin ^^
cechtar a dd lurgan.
1. ronchuala YBL.
2. foidtrom St. fothronn YBL. In LU. this sentence ends j 56, and Atar
lais, etc. begins § 37.
3. andar laiss ropa bidbaig no ecnâmait tancatâr dochum a munt/Ve, Eg.
4. gabais St.
5. Indar léo ba, St.
6. a cuiclige oc forlaimm, YBL.
7. cuiclige ic urtôcbàil a gaiscid, Eg. a cui[cllige a[c] gabail a arm, St.
8. Eg. St. and YBL. omit this sentence, which was, perhaps, a mar-
ginal remark.
9. imbraine YBL. St.
10. CoHma/cne, St. Co;mw/Vni YBL.
11. indi, Eg. imblesan inti, YBL.
12. Ba duibitliir déga hi, Eg. 123^' 1. Batû/' dubithir dethaigh, YBL.
13. méit core hi rachad colptach, Eg.
14. glûn Eg. glun St. gluine, YBL.
15. adbrond Eg. dornn St.
16. muUaig ar gut St. for gad, YBL.
17. sithir St.
18. n-imechtraid, Eg. n-iarmedoin St.
56 WliitUy Slokis.
Gabsat t;a [iarsin na .111. curaig ocus — Eg.J na côic mili
cet sin, 7 dcicli a7 cacha' mili, hi T/acht Fuirbthc-.
;cV. Kinv in thc bcnv of the ship wherein werc Doini (Désa's)
sons ziuis thc champion, grcally-accoi4ticd,iL'rathful, thc lion hani
and au'J'id, Ingccl tljc Onc-cycd, orcat-grandson of Conniac. Widc
as an oxhide was thc single eye protruding froni his forehead,
ivith scvcn pupils ihcrcin, which wcrc hlack as a chafcr. Each of
his knccs as big as a stripper's caldron ; cach of his tzuofists was the
si-^e of a reaping-basket : his buttocks as big as a chccse on a wilhe :
each of his shins as long as an outcr yokc.
So after that, the thricc fifty boats, and ihosc Jivc thousands
— with icn hundrcd in rccry ihousand, — landcdon the Strand oj
Fiiirblhc.
59. Luid tra Con^m* cono. muint/V isin mBrudin, 7 gab^/V
càch a suidc' is'tig, ctcr gess-i 7 nemgess); 7 gabsat [LU. 86*]
na t/i Deirg a suide 5, 7 gahais Fer caille cona mine a s[h]uide.
/f?. Then Conaire with his people entcrcd the Hostel, and cach
took his seat within, both tabu and non-tabii. And the three Rcds
took their seats, and Fer caille with his swine took his seat.
60. Tosn-dnic^ Da Dergae iarsin/, t/i .111. ôclàch^, 7 fotol-
b^rrad9 co dais a da chûlad (or cach fir dib, 7 gerrchochoU co
mell a ndâ ldrac'°. Berdbroca^' brccglassa impu: tri .111. mag-
lorgi^ ndraigin co fethnib^» iarind '-» ina laniaib.
1. in cach YBL. St.
2. Muirbthcn, Eg. F«;bthcn St. Fuirbtcii YBL.
5. imdaid Eg. shuidi YBL. inad St.
4. nemgheis YBL.
5. suidiu YBL. perpcram
6. Tostanic YBL.
7. IS ann sin im»/orrodosn-:inic Da Derga, Eg. Dothact Da Derga cucu
istech iar»m, St.
8. tri coecat oclaech a lin St. tri cacctaib oclach, YBL.
9. fothalberrad St. fotalbcarrad YBL. Cf. fotal scéith Lcc. 55-' 15.
10. gerrcochaill impu co mellaib a laracc, Eg. 125^^ i. gerrcochall com-
nieilaîb allaarg impe, St. gerrchochaill co mcil a da larcc YBL.
11. berrbrocca YBL. Berrbroca St.
12. màtlorc Eg. Tri A. maglorg St. t/i caecait niaglorg, YBL.
15. cona fethanaib, Eg. co ccndaib St. co fcithnib, YBL.
14. iairn YBL. St. YBL.
Thi Destruction of L\i Pcrga^s Hostcl. 57
Fochcn', a phopa Gi;/airc ! i'or se. Cid icymiia fer n-Uvcnd
(iothaistis- latt, ros-biad ' tailtc [tbdcisin, Eg.]
60. Thcrcaftcr Dît Dcrgn came lo ihciii, irith Ihricc fifiy icar-
riors, cach of thcni haviug a long hcad ofhair lo ihc holloiv oj bis
poils, and a shori cloak to thcir hiilforks. Sfeckh'd-gnrn drawcrs-^
ibey u'ore, and in ihcir haiids wcir ihricc fifiy grcat clubs of thoni
iL'ilb hands ofiron.
« Wclcome, O niastcr Conairc! » ijiioth hc. « Thoiigh ihc hiilh
of thc nicn of Eriti -wcrc lo coiiic wilh ibcc, tbcy ibcniselvcs ivould
bave a wclconic. »
61. INtan > bâtar and rt);/accatar a|n]n'^' ôenbandscail do
dorus na Brudw", iar fu;nud ng/r'ne, oc cuinchid al-leicthc
issa tech. Sithidir claideb [njgarmnai^ cechtar a da lurgan.
Bâtâr dubithir druim ndail9. Brat riabach rolômar impi ^°.
Tacmainged" a fés ichtarach cor-rici a glûn. A béoil for k{i]th
a cind.
61. Wben ibcy ivcrc tbcrc tbcy saw a lonc woiiian coiuing lo ibe
door of tbe Hostcl, aflcr siinset, and seeking lo hc Ici in. As long as
a ivcavcr's beam luas cacb of bcr iiuo sbins, and ibcy lucrc as
dark as ibe back of a stag-beeilc. A grcyisb, luooUy manlle sbc
u'ore. Her hiver bair nsed ta rcacb as far as bcr hncc. Hcr lips
zvere on one side of ber head.
62. Tothdet co tard ^- a lethgûalaind fri haursaind in taige, oc
1 . IS niochen duit, Eg. Phochen Y13L. IS ann asbtvt Da Dcrga, Focen, St.
2. tisad St.
3. rosmbiadfaindsea YBL. ros-biathfaindsi, St.
4. See Zimmcr, KZ,, XXX, 84.
5. Amfl/, Eg.
6. inni Eg. co facatar in. YBL.
7. in n-6enmnai cechndiriuch dochum dorais na Erw^we, Eg.
8. ngarmnai YBL.
9. Ba duibithir dega cech n-all 7 ccch n-àgi di, Eg. 7 badir duibith//- de-
gaid. St. batar dubithir dethaich, YBL.
10. Araili arait mûscaidi breclachtna impi co/;a imlib iarnaidi si imtronini
fri imtecht si aduar f;i anad ctcliig (ri airechtai a aitlii ocnbruitt na araitc
sin, Eg. iijb I — i25''2.
11. Rasoiched imw/orro Eg. tacmaicead YBL. Ro soiched St.
12. Toct c[o]tarat Eg. Luid co tard, St. tothcit co tard YBL.
^8 Whitley Slokcs.
admilliud iiul rig 7 n.i mf/ccocin ro Ixitarimbi isin tig. Ésseom
fcisin ataraglastar ' (.i. ro aicill) astig-.
Maith', a banscal •, or Conaiir, c'id atchî di'ind massât
fissid > ?
Atchiusadaitsiu^, \n\morro, olsisi, noco n-érnâba7 ceinn^nd
câriia dit asindâitlii tudchad9rtr/.'/ 'na mbt'rat'^éoinina crobaib.
Ni bu doclicl cclsammàr'', a ben, or ésseom'^, ni tLicliélas'>
di'in dog/r's '•', Cia do chomainm-siu. or se, a banscal ? '5
Cailb, or sisi.
Ni fc/'c/aid anma son'^\ ol Conrt/;v.
« lichc (.i. ni dorcha .i. is foll//.f) it ili mo anmand'"
chcna'«, [ol si — YBL.]
« Cade iat-srJc ''-^ ? ol Coiuiirc.
« Ni anse n, or si-°: « Sanion, Sinand, Seisclend, Sodb,
[Soéglcnd-', Samloclît-- — Eg.] Caill, Coll, Dichôem-^, Di-
chiûil, Dithim -■♦, Dichuimnc, Dichruidne->, Dairne, Dârine,
1. sic YBL. leg. ataragJndastar? roboi ica accallaim Eg. aicillestar hi, St.
2. asin tig amach 7 ashvt fria, St.
5. maith sin YBL.
4. maith sin a ben St. Maith sin a banscaL YBL.
). cid dai dùn? indat tîssid? Eg. inda fisid YBL. 7 indat fisid St.
6. duidseo YBL.
7. conach ernaboi H.
8. cern LU. ccrr YBL. cacr H. St. cJcr Eg.
9. co na tirnàba c;icr na carna dit asin tigh hi tai hinocht, Eg. asin taig
hi taudchud YBL. asin tig ataei H. asin tigsa hi tanacais St.
10. ambtrat H. ina mbcrat. St. a mbr/tae YBL.
1 1 . carsam Eg. carsamar St. celsamar YBL.
12. ol seiscm YBL
13. celmainigos, Eg.
14. Sce Appcndix § 61.
1 5. Cia do chomainmsco, a banscal, ol Conaiie ? YBL.
16. ni forciad n-anmu son cm YBL.
17. Éché it ilimdoi mo annionnasa H. hé hc, ar sisi, at ili imdha mo an-
mandsa ol sisi, St.
18. Ni (orcraiil. Nach mô on cm? ol Co/wire. Maith aili at ili imda mo
anmandso chena, ol sissi. Eg. 117-1 i.
19. Cit n cisidi, YBL. Cadi iat scn St.
20. ol sisi YBL.
21. Saiglend YBL. Saigicd St.
21. sain locht H. samlocht YBL.
23. Dichcni, St.
24. Dichuil. Dichim YBL.
2j Dicruithnc Eg. Dicurumac YBL.
The Di-stniciioii of Ihi Dngas h'ostcL ^9
Dcnuiinc', Hgcm, Agam-, lùlianiiic, Gnim, Cluichc, Cctluir-
dani, Nitlî, Ncmain S Nôcnneii'», Badb, Blosc, B[l]oâr,
Huae. 6e Aife la Srutb, Machc, Mcdé, Mod>.
F(V- ôen choiss 7 ôenhiim 7 ôcn anail r[och]achain ^' doib
insin uil[e] o don/5 in tige".
[Tungsa na dei dia n-adraiin nad epur ainm dib rit ct/V gar
cian biasa bifus, Eg. 171' i — 117' 2].
62. Shc Cil nie and pu l oiic ofhcr sbouhh-rs agauist thc ihuvposl of
//.'(■ hoiisc, castiiii^ Ihc evil eye^ on ihc kiiii^^ ivui ihc yoiilhs who siir-
nmndcd hini in ihc Hostel. Hc hiinsclf addrcsscd hcr froin luilhin.
« Wcil, O li'oiuan y>, says Conaiic, « if ihon art a ivi:{ard,
zcbal si'i'sl ihon for us ? »
« Trnly I sec for ihcc », sbe ansiucrs, « îhat ncithcr fclh nor
Hcsh of thine shall cscapc from thc place into luhich thon hast conic,
save îuhat hirds luill hcar a-way in ihcir claws. »
« It was not an evil oincn -wc forchoded, 0 zuoinan », sailh he:
« it is not thon tbat aliuays augurs for us. What is thy natne, 0
luoman? »
« Cailb » , she ansii'crs.
« Tijat is not niucb of a nanie », says Conaire.
« Lo(i. e. notdark, i. e. numifcsl), niany arc niy naines hesidcs. »
« Which be they ? » asks Conaire.
« Easy to say », quoth she. « Sanion, Sinand, etc. ^°.
On one foot, and (holding up) one hand, ami (brealhing) one
breath she sang ail that to iheni from the door of ihe hoiise.
1. Der. Uaine St.
2. Ag. Eg. Agam St.
3. Ncmaind Eg.
4. Nocndcn Eg. YBL. Nocndhcn St.
5. Aftcr Bloar Eg. has : Uac Arhuath Soc arath. Srod, Mâcha. Mcdc,
and H. has Uath Meiti mod. H. hUaith. Medc. Mod. YBL.
6. rochachain YBL. rochan si, St.
7. For 0 dorus in tige Eg. has: 7 filet na hili huiii annumd sin ainni dib
sein bas maith letsu. frecartsa duitsiu. coccrtsa liùatsiu Eg.
8. As to the evil eye, in Ireland, see Irische Texte, IV, 523.
9. The cern, car, caer, câer of the MSS. give no satisfactory nieaning.
Read ceinn, whence a'K«/ (gL scaniae) Arm. 176'' 2, and cf. Cymr. ccnii,
ON. l)iiina « membrane, fihn ».
10. Compare the strings of mystical names in the charm against thc
chiid-steaHng witch, éd. Gaster, Fottdore, XI, 133, 145, 149.
6o Whitley Stokes.
« / swcar l'y thc goih îchoni I adore », (siiys Conaire), « Ihat
I irill ciill tbcc by uonc of Ihese uamcs ivhcibcr I shall be hcre a
long or a short t'nue. »
65. Cid as àil dait ? ol douaire.
A n-:is ail daitsiu dam), or sisi.
Is gess danisa, ol Conaire, dam ôcnmnà" do airitin iar
fuin///^grcnc'-.
Cid gcss, or sisi, ni ragsa co ndeclia' (.i. co fcrur ;/() co
rucur) mo aigidecht di ràith^ isind didchi-sc innoclit.
Apraid tria, ol Conaire, IvVthair dam ocus'i tinnc di immach,
7 mo fiiidcll-sa, 7 anad im-magin aile innoclit.
Ma dothanic^ ém dond rig, or sisi, co[na talla iï\r, Hg.]
praind 7 lepaid ôenmnâ inna tliig, fogébthar" 'na écmais o
neoclî aile ocd mbia ainech^, ma rô scàig coible9 na flatha fil
isin Brudin.
« IS fcochair^° in frecra », ol Conaire. « Dos-lcic " ind, cid
gess [LU. 86^J damsa. »
Bûi grain môr ïoraïb iarsin dia haccallaim na mnà 7 mithau-
raras'-, acht nad tl'tatàr cmi bôi dôib^'.
6]. « fVhat dost thon désire? » sa\s Conaire.
« That li'hich thon, too, desirest », she answered.
1. H inscris: 110 aoinfir.
2. da airithin iar fuin ng/v'nc YBL.
5. co coniailliur Eg. co tomliur St.
4. m'ocilioigt-^:/;/ anorcuinich H. m'oigidec/j/latsa doraith, St. m'aididecht
diraith, YBL.
). co H.
6. donanuic H. dodanic YBL.
7. Ma ro scaith |leg. sc>iich] conna talla fair proinn do aeiimnai tio lepaid
bes fogebthrj/'. St. niadroscaich YBL. (leg. marodscaig).
8. adetar na aill o nach ailiu oca mbiad ainech YBL. adetar nach aill o nach
ailiu oca mbia oinech H.
9. coiplithi, H. enech St. coibl/1/0 YBL.
10. fracchair H. f/echuir YBL.
11. Icicid St. Rcad nos-Icic, or (as in Eg.) uos-Jéicid.
12. mithaurassa, YBL. Boi grain mor fbraib iarsin 0C//5 miturrusa athli
acalnia na mna forru, Eg. 1 ij-» 2. Boi grain mor 7 uamain orra t/ia irlabra
na mna, 7 ro tliirchan mor do micelniaine. St.
15. H omits this sentence.
The Destruction of Dâ Dcrga's Hostel. 6i
« 'Tis a tdbii of mine ^>, sciys Couaire, « /() receivc ihe coiiipauy
of oiie ivoiiian afler smiset. »
« Thoiiirh it he a labu »^ slje replied, « / will uot i^h^ tiiilil
niy i;;uesling coine al oiice^ Ihis very nigbl. »
« Tell her » , says Couaire, Ihal an ox and a bacon-pig shall
he iahen ont lo her, ami niy Jeavings : pravidcd ihat she stays îo-
night in some otber place. »
« If in soolh n, she says, « // h as be fa lien ihe king noi to hâve
room in his house for the vieal and bcd of a soUlary zvonnin, ibey
ivill be gotien apart jrom hini froni some one possessing generosity
— ifthe hospitality of the Prince in ihe Hostel bas departcd. »
« Savage is the answer ! » says Couaire. « Let her in, though
it is a tabn of mine. »
Great loathing ihey felt after that front the îuoman's converse,
and ill-foreboding ; but they htew not the cause thereof.
64. Gabsait na dilvrga iarsin tir, 7 dollotar^ co mbdtar oc
Leccaibcind slébe. Bithobéle^ tra in Bruit/c;;. Is aire ask'rthea^
« hxnden » di, ar is cosmail (ri béolu fir oc cor bruidtv/. Nô
« hruden » .i. bruth-en .i. en bruthe inte 5.
64. The reavers aflerwards laiided, aud fared forth till they
were at Lecca cinn slébe. Ever opeii mis the Hostel. Why it ivas
called a Bruden luas because il resembles the lips of a niatt
bloiving(?) a fire(?). Or bruden is front bruth-en, /. e. en
« luater », bruthe « of flesh » (broth) thereiit.
(To be cotiliitned).
Whitley Stokes.
1. Cf. doraith St. H. Cf. ni dessetar da râitli LL. 96^2.
2. Gabsat na dibtTgaig tir 7 luidsct, St.
3. Bith-ocbclcn St. Bidobcla YBL.
4. atberar YBL St. atperar H.
$. For this § Eg. lias only : Lotar \miiioiTo na dib^ga co nibJtar oc
Lcccaib cind slcibe d'indsaigid na Briiidni. The second etyniology of /'n///f//
does not occiir in the othcr copies, and is certainly an interpolation in LU.
LE VERS A RIME INTERNE
DANS LES LANGUES CELTIQUES
SES LOIS, SON ORIGINE
Depuis la publication de mon article sur la Métrique du
moyen-breton (Revue Celtique, avril 1900), la comparaison de
la métrique du gallois, du breton et du comique avec celle de
l'irlandais, ainsi que l'étude de la poésie rythmique latine,
m'ont amené à des vues plus générales et plus précises sur les
lois du vers à rime interne et son origine dans les langues cel-
tiques (celtique des Iles Britanniques).
Les lois de ce vers, au lieu d'être propres au gallois et au
breton-moven, soûl les uiêincs dans toutes les langues celtiques,
en faisant des restrictions pour le comique où elles ont éga-
lement existé mais où elles n'ont laissé que des traces:
1° La coupe principale du vers ou de la longue ligne, ou
mieux la syllabe finale du premier membre doit rimer avec la-
syllabe accentuée, la pénultième en brittonique, du mot final
(tvpe cyi^i^hanedd lusg), ou avec la syllabe finale portant, elle,
un accent secondaire (cywxdd deuair hirion) ;
2° Si la syllabe finale du premier membre ne rime pas avec
la syllabe accentuée du mot final du second membre, il y a une
seconde rime, le plus souvent dans le second membre, parfois
aussi dans le premier membre (loi propre à l'irlandais et au
gallois) :
Si cette seconde rime fait défiut, elle est compensée de dif-
férentes fliçons : les membres i et 3 des deux grandes lignes
riment ou allitérent entre eux, ou le mot final rime avec le
Le Vers à rime interne J.ins les langues celtii]nes. 6]
premier membre de la longue ligne suivante ou du vers sui-
vant, etc. Ces compensations ne sont pas restreintes à l'irlandais;
on les trouve dans certains types de systèmes gallois, et il y en
a des traces en comique ;
3° La rime interne a d'abord été une rime finale.
Le vers i\ cyughancdd Insg, rapproché du vers breton et d'un
type de vers irlandais, nous donne la clef de l'histoire de la
rime interne. Ce vers, comme le vers breton, mit rimer, quelle
que soit la longueur du vers, la syllabe finale du premier membre
(primitivement accentuée), ixicc la pénultième accentuée du
vers :
neu'm rodes o'i luD | heb olunias
Cf. breton :
Da gouzoLit scIer [ a liuy ve queniERet
La rime de la syllabe du premier membre se fait avec la
finale à accent secondaire (cyzuydd dciiair bin'oii) :
Gallois :
Hael Mordaf, hael mawrdec Nûr | haclach, gretvolach GrùffuT
L'iandais (s. Paul, II, ro, Irischc Tcxlc, I, p. 316) :
Fuachaid-sem fri Irega f\L j a rose anglése cômlAN
fuachimm chein fri fcgi fis | mu rose reil cesu l'mdis
Cette rinie suffit : si elle n'existe pas, il en faut une autre.
Gallois (type cywydd odliaidd; Livre Noir, poème II) :
Brcuduid a uelun neithuiu | ys ccluiT ae dclioglho
Irlandais (Irische Texte, I, p. 29, vers 21) :
Ni bu sanct Brigit suanach | ni bu Ih'arach im scirc Dô
Quand le troisième membre du distique à grande ligne (ou
le troisième vers du quatrain) ne rime pas avec les autres, on
a l'équivalent exact du type gallois dit En^lyn unodl cyrcJr.
Poème du ms. de s. Paul de Carinthie (Goidelica-, p. 176):
Mac Diarmata dil damsa | cid iarfachta nf insa
a molad maissiu niaa;niiî I lûaidfidir laediB limmsa.
64 J. l^oth.
ce qui donne en quatrain :
Mac Diarmata oil damsa
Cid iarfachta ni insa
A Molad Miiissiu MaasniB
lûaidtidir làediB limmsa
Cf. gallois (Dosparlh Ed. Daf. aiir, XXVII) :
Hvnyg hir loyw ci hystlys
Gwymp ci llun yn ci llaes-gr\'S
Gwynlliw cwvn gwcnndronn iawn
Gwvniliw cigi.wvN pan ddyfrys.
Le distique de longues lignes de 14 syllabes avec se:; diverses
modifications de rime interne est l'origine de toutes les va-
riétés de vers de 7 syllabes que l'on rencontre en moyen-irlan-
dais. Parmi ces variétés, je signalerai seulement le quatrain à
rimes alternées :
Sruama scrba scimLiDE
focliasracliaib dosfEMED
muada nierda mcirBLiGE
isnalasrachaib iened '
Ordonné en deux distiques de longues lignes, c'est l'équi-
valent du type comique de la Pascon agan ArJuth :
Sruama serbe seimLiDE | fo chasrachaib dosfEMED
Muada merda meirbLiGE | isnalasrachaib îened
Ici le principe de la rime des membres i et 3 du distique de
grandes lignes est appliqué à l'intérieur des petites lignes du
vers : serha et merda des vers i et 2, chasrachaib et lasrachaih
des vers 2 et 4 riment entre eux.
Cf. comique : dans la Pascon, les quatrains se composent de
longues lignes :
Ena un lowarth esE | ha ynno navn io parvs
Dcn marow rag rccevE | bytli newyth nyn io usijs
Corf lesus Crist yntrcthE | thcn logell a ve degvs
Hag a hcvs tlie wrowcthE | ynno ef a ve gesvs
I. Saltdir na raini, p. 120, 8169.
Le Vers à rime interne dans Ls Liniiues cclli.jues. 65
L'ctudc des divers tvpes de rime nilcnic montre claire-
ment qu'elle ii d'abord été une rime finale: elle unissait la
syllabe tinale accentuée du premier membre de la (grande ligne
avec la syllabe accentuée du second membre.
On a eu peut-être d'abord ainsi à la coupe une rime mono-
syllabique accentuée, et à la finale une rime dissyllabique ou
trisyllabique. Il était impossible de conserver cette rime dissyl-
labique ou trisyllabique ; en effet, la coupe rimant, on eût été
condamné par la loi de la rime finale dans les deux grandes lignes
du distique et dans toutes celles de la laisse galloise à la même
rime et au premier membre et à la finale. Il fallait ou sacrifier
la rime de la pénultième ou de l'antépénultième du mot final
avec la finale accentuée du premier membre et se résigner par
conséquent à la rime d'une finale accentuée (premier membre)
avec une finale non accentuée et à accent secondaire (deuxième
membre), ou se contenter de la rime avec la pénultième et
avoir une autre rime finale. C'est la première alternative qui a
été adoptée en irlandais et en gallois dans le type cywydd deiiair
birion; c'est le second type qui a persisté dans la cyngJjanedd
liisg et le vers moyen-breton. Enfin, il y avait un autre parti à
prendre : c'était de ne pas faire rimer du tout la finale du pre-
mier membre avec le mot final. Mais la loi des deux rimes
était déjà établie ; on lui donna satisfaction en faisant rimer
la coupe avec un autre mot que le mot final. Dès lors, la rime
interne qui de fait existait du moment que la rime de la svl-
labe finale n'était plus celle du premier membre de la grande
ligne se développa encore davantage. Les membres de la grande
ligne arrivant bientôt à l'indépendance, devenant des vers, la
loi desdeux rimes fut appliquée dans les vers comme elle l'avait
été dans les grandes lignes.
Les Irlandais ont porté les lois de la rime interne dans la
poésie latine chrétienne :
Conclamantes Deo diGNUM | hvmnum sanctac Mariac
ut vox pulsct omnem aurem | per laude.m vicariam
OpporrexAM dédit cura.m ] aegrotanti hotnini'.
I. W. Meyer, Liulus de Antichrislo (Sitzungsbcr. der phil.-philol. und
hist. Cl. d. K. b. Akad. der W. 1882, p. 64): cette poésie est de l'époque
du vieil-irlandais.
Revue Celtique, XXI l. 5
66 J. Lotli.
Cl. Hymne de Colman {Goidelica^, p. 122, 22) :
Rcgem regum rogamus ! in nostris sermoK'iBUS
Anacht Xoc a lucliti.Acii | diluvi tcnipoRiBUS.
L'exemple latin précédent de rime interne est le seul que
W. Meyer ait rencontré dans la poésie latine du vi*-' au xi*^ siècle.
Il établit ' que si les Celtes n'ont pas inventé la rime, c'est
chez eux qu'elle s'est développée. Ce sont les Irl ndais et leurs
disciples qui ont notanmient implanté hinme dissyllabique sur
le continent. W. Meyer avance que c'est chez les Irlandais que
l'on trouve les plus anciens exemples de prose rimée (dans
YAntipbonariiiDi Beiichorciisc): c'est une erreur. La prose rimée
existe dans Gildas, dans le De Excidio et dans VEpisîola : il y a
de très nombreux membres de phrases rimant. Un passage de
la fameuse lettre au consul Agitius (il a fallu une forte dose de
naïveté pour en accepter l'authenticité) me fait l'effet de deux
vers de 10 à 11 syllabes allitérant et rimant aux membres i
et 3 : de plus, la coupe du deuxième vers assonne avec la finale
de ce vers {De Eiicid., X\'I1) :
Repclkint nos | barbari ad marc
Repollit nos I mare ad b^irbaKos
Quelle est l'origine du vers à rime interne ?
Thurneysen {Revue Celtique, VI, p. 309 et suiv.) me paraît
avoir raison quand il fait venir la métrique irlandaise, telle
qu'elle apparaît dans son type de beaucoup le plus commun,
la longue ligne de deux membres de sept syllabes, de la poésie
rythmique latine populaire. Le point de départ pour lui est le
tétramétre trochaïque catalectique populaire, fondé non sur la
quantité des syllabes, mais sur leur nombre et l'accentuation:
César Gallias subcgit ] Nicomcdes Caésarem
Eccc Caesar nunc triûmphat 1 qui subegit Gâllias
Nicomedcs non triûmphat | qui subcgit Czêsareni.
Cf. Hymne de Secundinus :
Auditc omncs amantes | deum sancta mérita
I. Ibid., p. 63.
Le Vers à rime interne iUins ItS langues celtic]ues. 67
Le type originaire aurait subi deux modifications princi-
pales :
i" Les deux longues lignes sont liées par la rime qui d'abord
est trisyllabique.
Hymne de Cuchuimnei :
Ciintemus in omni di'c ] conciiicntcs ràric
Conclamantes Deo Jigxum | ymnum sanctae Mariac
Le grand scadna en est la reproduction très exacte.
2" Le nombre des syllabes des deux membres devient égal
par la chute de la syllabe accentuée devant la césure. Le schéma
primitif
devient :
Ce vers ainsi modiiié aurait encore subi d'autres modilî-
cations qui, en effet, peuvent servir à expliquer certaines es-
pèces ou variétés de vers irlandais, mais qui pour la compa-
raison avec les vers brittoniques ne sont pas essentielles.
L'important au point de vue brittonique est cette seconde mo-
dification. Elle explique en effet partaitement le genre de la
cynghanedd liisg qui, parti de la longue ligne de 14 syllabes,
aurait envahi tous les vers du brittonique '. C'est bien le type
du tétramètre trochaïque catalectique latin modifié, avec son
nombre exact de syllabes, avec sa loi d'accentuation des finales,
qui est devenu le modèle du vers le plus répandu en Irlande,
en Conwiiailks anglaise, en Bretagne armoricaine, et qui a
laissé en Galles un type très particulier et très caractérisé de
mètre : celui de la cynghanedd liisg et vraisemblablement du
cywydd deuair hirion. La rigueur dans le nombre des syllabes,
la préoccupation, par-dessus tout, de l'accentuation et du
nombre des syllabes du mot final, sont des traits sûrement
étrangers à la métrique indigène celtique. Il y a d'autres
preuves irréfutables de l'origine latine de ce vers. La longue
I. Il v aurait, au point de vue du nombre des syllabes, une objection sé-
rieuse à faire à ce système; mais elle n'est pas insoluble. On y trouvera
réponse dans le tome II de ma Méliique galloise.
68 J. Loth
ligne de 14 syllabes d'origine hitine ou de contcxtnrc latine,
n'avait naturellement pas l'aH'itération : on s'est contenté de
faire rimer les syllabes accentuées du mot fmal des deux mem-
bres. Or, tout justement, le vers moyen-breton, qui reproduit
exactement le type latin, e-^t totalement dépourvu d'allitération.
Il ne connaît que les deux rimes, primitivement finales, la
rime de la césure principale avec la pénultième accentuée du
mot final. Le comique, qui n'a guère que le vers de 7 syllabes
et la longue ligne de 14, n'a pas du tout de cyni^haiiedii : l'al-
litération lui est inconnue (il y a des traces, dans ses strophes,
de l'ancienne rime interne). En gallois, le vers à cynghanedd
lusg, l'équivalent exact du vers moyen-breton, se contente
aussi de la rime de la finale du premier membre avec la pénul-
tième du second : // se passe, comme l'ont remarqué les mé-
triciens, d'allitèraticn. Le cyiuydd odliaidd, Venglyn iinodl cyrch,
quatrains qui sont, eii réalité, deux longues lignes de 14 syllabes,
se passent également de toute cyngbanedd autre que la rime
interne. Il n'est pas jusqu'au style lyrique qui ne soit, en gal-
lois, ditîcrent dans ces deux derniers tN-pes.
Je ne fais que résumer ici des lois et des conclusions que le
lecteur trouvera développées et documentées au tome II de
ma Métrique galloise, en ce moment sous presse.
J. Loth.
NOTES SUR LE VANNETAIS
I . PARCHH-MHUTT
L'article Piirchciiiincr ' de mon Glossaire iiioyoï-bnioii, 2" éd.,
contient une double erreur dans ces mots: « parchemin ...,
parchemcuit (lis[ez] -eiiil) ... l'A. ». Le dictionnaire français-
vannetais que Cillart de Kerampoul a signé Monsieur l'A***
porte parche-ineiitt^ ce qui est exact et signifie littéralement
« membrane de mouton ».
Le mal vient de ce que je n'ai pas tenu compte de la répé-
tition du tiret devant -incult, qui se trouve au commencement
d'une ligne. L'auteur observe régulièrement cette sorte de
distinction entre la coupe accidentelle des syllabes, dans un
mot unique, et celle d'éléments distincts, dans un mot com-
posé ; ainsi on lit, à la même page, Lei- \ nein et Gitinérr-er- \
-Grœss, bien que la majuscule rendit ici la précaution super-
flue. Il est à souhaiter qu'on se serve encore du même procédé
typographique, toutes les fois qu'une précision rigoureuse a sa
raison d'être. Un témoignage linguistique ne peut que gagner
à être exprimé nettement. C'est, d'autre part, le devoir de
celui qui veut s'en servir, de commencer par l'interpréter wcc
le soin nécessaire (cf. Gloss., v. picol, 1. 7-10).
2. pouRCÉ; rit; gloestrk.
Dans sa réédition du dict. van. -franc, de P. de Châlons,
M. Loth ajoute à l'article « bourçè, chercher »: « Cillart:
I. Rectifié à un autre point de vue, Mémoires de la Société de Linguis-
tique de Paris, X, 327.
70 /•-. Krnaiilt.
pourcé et houiré ». Il y a Ki une méprise. Le dict. de l'A. porte
« Poiircc .. éll .. boiircé » ; ce qui, d'après une convention de
l'auteur expliquée clairement par lui p. xviij {cî. s. v. cabakr)
et suivie dans tout le cours de son livre, signifie que le verbe
poitrcé, chercher, fait au participe passé pourcéétt, et au présent
de l'indicatif mé hoiircc, je cherche; comme le synonyme qui
précède: « Classquc ou Classqucin .. éll .. glassquc » fliit mé
oJassquc (pour mé a gJask, avec mutation initiale).
Il v a aussi dans le même dict. de Châl. un article <^ pourçéein
ou poitiré, chercher » (éd. Loth, p. 74). Le dict. franc. -van.
manuscrit de Chai, porte: ne oitra meit pourcein IroekuQAnt
fait que chercher midi à quatorze heures); eheJcé é pomrier un
ailoiié en ur clnirrat focn, c'est chercher une aiguille dans une
charretée de foin; poiirsuiucin, pourcéein, poursuivre; bel é pel...
é pciiirsiiin' en affer' man, il a été longtemps à la poursuite de
cette affaire; ema e pourcéein, (il y a longtemps qu')il poursuit
(cette charge) ; er poursuiiiein a ver, on le poursuit. Il est donc
probable que l'auteur a renoncé à l'opinion qu'il a eue d'abord,
sur l'existence d'une forme radicale commençant par b. Cette
opinion pouvait elle-même être suggérée par l'expression qu'il
emploie, bourcé eu Uni, vers le feu, et qui vient de *de boitreé,
cf. Gloss., 509.
Le P. Grégoire de Rostrenen donne en vannetais: chercher,
clasq, part, clasqei ; chercher avec diligence et exactitude,
pource, p. pourcet \ pourcéein, p. pourceel.
S:iuï pou rs ni uein et poursiiiii', les formes vannetaises se ratta-
cheraient mieux au v. franc, porseer, porsier, pourseer, pourssaier,
poursaxer, etc., posséder, variantes de posscer, qui paraissent
d'ailleurs influencées par poursuivre, c(. pourssuer, posséder.
Dans des notes prises autrefois sur l'exemplaire du dict.
van.-fr. de la Bibliothèque Nationale, j'ai écrit bourcé sans cé-
dille; ce qui semble appuyé par le renvoi que M. Loth a fait
sous la même forme, p. 74 de son édition.
Une autre méprise de celle-ci se trouve au mot ril, qui est
traduit « source ». J'ai lu « course », ce qui, en tout cas, est
la seule bonne traduction. De même gloeslre, p. 39, ne veut
pas dire « veau », mais « vœu », comme je l'ai lu — ou cru
lire — dans le texte. Cf. Gloss., xix.
Notes sur le Vannct.ns.
3. RAQUER ; RAYENN.
La réédition de Chàl. donne, à son ordre alphabétique, le
mot « nii^iicr, pàti, pratéau, l'issue d'une maison ou d'un vil-
lage » ; une note avertit que l'original iporte rag)icr. Il eût fallu
ajouter que cet article se trouve entre riingL-iii et raloiiére. En
réalité, c'est sa vraie place; on doit lire raquer, cf. GIoss., 559.
La note qui suit, dans la seconde édition de Châl., invoque
avec raison un argument semblable pour changer royenu, rayon
d'une roue, en rayciui; seulement, dans la citation de l'A., au
lieu de raycen-rott il faudrait raiccnn-rotl, rûyéiin-rolt et reyann-
rott. L'a est indiqué aussi par l'étymologie, du vieux franc.
ray, rais, cf. rayon, enrayer. Grégoire ne donne en van. que
rayen, ce qui montre qu'il ne s'est pas laissé tromper ici par
la fiiute d'impression de Châl.
Moins bien inspiré à « issue, sortie d'un village, espace at-
tenant au village », il a ragmer et rûi^iurr; ce dernier repro-
duisant évidenmient le ragnér de Châl., et ragucvr n'étant sans
doute qu'une correction conjecturale du même, comme l'a été
plus tard *ragiiér.
4. DIMEX ; STERT.
La compétence du P. Grégoire, pour le dialecte vannetais,
était à cent piques au-dessus de celle des autres lexicographes
qui ont, jusqu'ici, prétendu embrasser l'ensemble de la langue;
Cillart a eu tort de dire, dans sa Préface, que « ce Gros Dic-
tionnaire n'est d'aucune utilité pour ceux qui veulent ap-
prendre le Breton de Vannes ». Le savant capucin n'a pu, tou-
tefois, échapper complètement au sort commun qui condamne
tout auteur de dictionnaire à copier ses devanciers avec plus
ou moins d'intelligence, selon que, dans cet aride et délicat
labeur, son attention et son esprit critique se trouvent plus ou
moins en éveil. Une -de ses méprises à ce sujet est déjà si-
gnalée et expliquée dans ledict. de l'A., cf. Rev. Ce! t., XI, 359.
72 !•'. Lrnault.
Lisant, p. )7 du livre de Châl. : « dimen, dimeigneu, fia)i-
çaiîles, iiymcn, mariage », il a pris hymen pour un mot breton,
et il a donne en van. : himen « himen ou himénée » ; hymenn
« mariage » ; Cillart fait observer que dans la copie hymen
était en italique, et par conséquent français. La réédition de
M. Loth, qui ne reproduit ni ne mentionne cette faute, a une
erreur d'interprétation amenée par la même cause, à l'art. « stert
etrain, serré, pressé » ; il faut lire, non « stert crean », qui vou-
drait dire « serré fort » (?) mais « stert etrain », c'est-à-dire
étreiul (Gloss., 652).
Le quiproquo du P. Grégoire sur IjyDien tient aussi en partie
à des préoccupations étymologiques: ce mot, devenu pour lui
celtique, lui sert à expliquer /;/ peito le franc, hymen, et à
décomposer expressément le van. moins fantastique dimenn
(s. V. mariage). Des préventions de ce genre se produisent
chez Cillart de deux façons différentes.
La plus inoffensive consiste à émettre, en passant, des ré-
flexions comme celle-ci: « Suc Sah... (Où va-i'on chercher une
antre origine du mot François .?)». Mais il ne s'en tient pas tou-
jours là ; il lui arrive encore de prendre à son compte, en les
adaptant plus ou moins à son dialecte, et sans citer de garant,
des assertions du P. Grégoire relatives à de prétendus mots
bretons d'autrefois (âls, alias); par exemple: amni, secours,
amnyein, secourir; ritt, gué; dinass, palais; magie, macule,
mots dont les deux derniers ont fait illusion à M. Loth, mais
qui ne sont autres, je crois, que le gall. amivyn, rhxd, dinas,
magl (Etudes vannetaises, III, 5 ; Gh^ss., xiii, xiv).
Voici d'autres cas semblables: « Terre ... (Ter: Tét : Tit :
At : Ar: E'r, ne subsistent plus que dans leurs composés.) »,
l'A.; = « (àls. Ter. tir. tit. at. ar. er. Ces mots ne subsistent
plus dans l'Armorique, que dans leurs dérivez, et composez... »
Gr., cf. Gloss., XXIV. Grégoire ne donne aucun mot pour du
vannetais ancien ; mais par suite de la disposition de son dic-
tionnaire, les mots d' « ancien breton » s'y trouvent d'ordi-
naire suivre immédiatement ses citations du dialecte de Vannes;
il n'en a pas fallu davantage pour engager Cillart, qui le con-
damne en bloc avec une injuste sévérité, à lui faire de ces
emprunts de détail si peu justifiables.
.\otes sur le WviiietiUs. 75
Il fait cette remarque, s. v. perdrix : « (On a dit, Perd ri) »;
cela vient de T « als. pcrdris. pctris » de Grég., qui ne s'ap-
puie certainement pas sur un vieux texte vannetais.
Dans « Suit Sinm: autre-tois, SitafJ. » l'A., nous avons
un simple écho de « àls. siiajf » Gr. En écrivant ainsi le mot
qui était en moyen breton soûff, Grég. le rapprochait instincti-
vement du tVanç. plutén que du van., qu'il a écrit siiaii, soéii.
Après avoir rendu, dans son dictionnaire, « noue, noë »
par ftondrcnn, l'A. donne au Supplément: « Noue ... Pâture
acouatique, bourbeuse, No, f. », et renvoie à marais; ce mot
est traduit par Goab, puis No. f. , avec cette remarque : « On
n'entend plus ce dernier que chez les Galots ». Nous devons
conclure de là, non pas que Cillart a trouvé no dans un texte
vannetais quelconque, mais qu'il a attribué au gallo ou haut-
breton no (noc) une origine celtique; question toute différente,
et sur laquelle son opinion n'a aucune valeur.
Il y a dans son œuvre de nombreux exemples de bretoni-
sations arbitraires amenées par une raison différente, et dont
il livre franchement le secret, p. xix de la Préflice : « Lors-qu'il
y a périfrase ou description, en Breton pour rendre un nom,
on pourra aussi le bretonniser. Ex. à la page 427. Chacelas
Chacelacc ». A l'endroit désigné, il avait mis rcssin douce ha
quénntratt (raisin doux et précoce). Il n'est pas toujours facile
de distinguer les mots qu'il a empruntés de cette façon.
). STAIRE.
« Staire, étoile; pi. stairi »; cet article de Châl. a donné
lieu à la mention de Grég.: « Étoile. ... (Van. ... siér. p.
stéry) »; M. Loth l'a reproduit simplement ; je me suis con-
tenté aussi de citer cette assertion, Gloss., 653. Elle est pour-
tant fausse. Un examen attentif de cette page 653 montre
qu'en van. ster, pi. stcri, veut dire « rivière, fleuve » ; et que,
si ster n'est pas impossible au sens d' « étoile», c'est seulement
au pluriel.
Ceci est confirmé par Châl. lui-même, qui a un article
« siiren, astre, étoile ... [^iX.^^siir, slirét, stirenneii ». Son dict.
74 £". ErnauU.
nis. ne donne que ces formes, aux mots aslrc, étoile, et traduit
par sicr l'idée de « rivière », à ce mot et à « rive ». C'est aussi
ce qu'il a voulu dire dans l'art, staire de son dict. imprimé, où
étoile a pris indûment la place de riuicrc.
Ceci prouverait, au besoin, que si dans le métier de lexico-
graphe il faut être bon copiste, un talent si estimable et si
rare ne sutlit pas encore.
6. DiniIJHIN; DISLRFIMANTT.
1 . Le Lexique étymologique des termes les plus usuels en breton
moderne, par M. Henry, donne le cornouaillais dihila (par
/ mouillé), s'égrener, en ajoutant: « mbr. dis-hil-ya, ... d.
cymr. dilnl «sans enfants »... Conjlecture] Ern[ault]»; avec
cette note : « Mais ce verbe n'a en vannetais que le sens « ef-
filoquer, dégueniller », ce qui rend douteuse l'étymologie par
bil (Lotlî) » .
Dishilxa est écrit dans mon Gloss. en capit.\les; il fait donc
partie, comme c'est expliqué p. 4, des mots « qui ne se trou-
vent pas dans des documents du moyen-breton, mais qu'on
peut attribuer à cette époque par suite de leur étymologie ... »;
cf. p. VIII : « ces mots ne sont pas là au même titre que les
autres, et je n'ai pas toujours essayé de rétablir par conjecture
la forme qu'ils avaient en breton moyen ; aussi sont-ils dis-
tingués par les caractères typographiques ".
Ce genre de méprise est fréquent dans le Lexique, cf. Revue
critique, XXXIV , 219. Il rappelle les lapsus gaulois qui échap-
pent de temps en temps aux plumes les plus avisées ; ainsi,
Rev. Cclt., XXI, 302, « le nom Rhenogcnos et un vers de Pro-
perce », au lieu de « * Rhenogenos, nom auquel un vers de Pro-
perce paraît faire allusion » ; ici, d'ailleurs, à côté du mal se
trouve son remède: la référence. Cf. la remarque malheureuse
sur Glûno-màros (lisez *Glunotnaros), dans la Dissimilaiion
consonantique de M. Grammont, p. 37, 38.
2. Ainsi l'assertion qu'on lit, Gloss., 180, est celle-ci : dis-
hilya, égrener, dishilha, dihilha, s'égrener, attestés seulement
en bret. moderne, sont plus anciens, et composés comme le
Xotes sur le Wwnctais. 75
gall. lUhi/, sans postérité. Quelles formes avaient habituel-
lement ces mots en bret. moyen ? Si j'avais voulu les rétablir
par conjecture, j'aurais pose * ci ishilynff cl *dihilyaf[.
L'étvmologie qui est la raison d'être de cet article dishilya,
n'est pas donnée comme conjecturale. Est-ce un tort ? On ne
l'a pas encore montré.
3. D'abord l'objection qui v est faite n'est point exacte. Le
verbe en question a en van. un autre sens que « effiloquer,
dégueniller », puisque dans V Histoer a vuhc Jesus-Chrouisî, Lo-
rient, 18 18, p. 90, hint c gueniérai mar à hluchen ac on dihiliai
itré ou dehorn cit ou daibeign, veut dire « ils prenaient des épis
et les égrenaient entre leurs mains pour les manger » (= saint
Luc, VI, i). On peut passer de l'idée d' « égrener » à celle
d' « effiloquer, dégueniller » ; le van. présentant les deux sens,
il faut, pour décider de la priorité, consulter les autres dialectes.
Ceux-ci montrent aussi deux significations; l'une est comme
en van. « égrener », et « s'égrener » : on dit par exemple en
petit trécorois disilhan ra 'n ît, le grain tombe du blé trop
mûr. G. Milin a ajouté sur un dict.' bret. -franc, de Troude
cette note, qui constate l'usage du Léon : « darc co an ed,
di^illa a va, le blé est mûr, il s'échappe de l'épi grain à grain ».
Le témoignage du P. Grég., qui donne avec le même sens les
formes disbilyû (Léon), dishilio (Cornouaille), dishilian (Tré-
guier) est donc justifié, et confirmé en outre par le texte van.
contenant cf/7;///fl/ (sans doute d'un infinitif *if//;///V/;/). Cf. au
fig. é ti::ilJont (les biens) se dissipent, Sauvé, 334; Moal, 37.
L'autre sens de dishilya est, d'après Grég., « tomber en dé-
cadence » ; d'où le dérivé disbilyadur, dépérissement, perdition,
dégât, dissipation ; ce sont des synonymes de disherya et disJx-
ryadur. Or il y a tout lieu de croire que disherya dérive de
disbear, dishar, sans hoir, sans héritier, cf. van. disérenianll,
déshérence, etc., Gloss., 179; Mil. ms. porte: « en den disijer
(h muette) eo, ou disJjer eo, il n'est pas marié, c'est-à-dire il est
sans héritier ». Je persiste à croire que l'explication de tous
ces faits a lieu aussi bien que possible en admettant un mot
breton */;//, graine, race, = gall. /;//, mot qui a donné en
v. bret. le nom Hilian, selon M. Loth (Chresloniathie Ivet.,
137), mais est resté seulement en composition avec di-, dis-,
76 E- Einaiilt.
comme cchi est arrive à plus d'un autre : et. J/V-;/('5, misère,
Gloss., i6) ; dyvalau, laid, i88 {malô, beau, H. de La Ville-
marqué, Dict. de Gon. v. divalô est purement hypothétique);
(ligiini't\, « (paroles) qui, d'ordinaire, ne sortent pas de notre
bouche, en bien ou en mal », i68, etc. Ce dernier, que Troude
donne comme de l'île de Batz, a dû lui être appris par Milin.
Celui-ci a écrit sur un exemplaire du dict. bret.-fr. : « Ce mot
est de l'Ile de Batz » ; sur un autre, il a ajouté à l'explication
de Trd. : « paroles peu communes et qu'on ne comprend pas
trop (I. de B.) syn. divoa:^ ». Le Siippl. aux dict. hret., Lan-
derneau, 1872, porte, p. 84: « Etranger. Estren, digeuve:^^ »^
forme plus régulière, donnée aussi par M. du Rusquec.
7. DIHEEIN.
Dihéein « distinguer pour séparer » Ch. vis, = dihaicin
le~cii cid er pott « éplucher des herbes pour le pot, cf. dibaiàdur,
action d'éplucher ainsi, dihaiour, éplucheur, l'A. Ce mot a, je
crois, gardé le correspondant van. du cornou. eii:;^, mou,
amolli, pet. tréc. hci'i, fade, gall. hazvdd, facile, etc., Gloss.,
226. Dihéein lc~t'ii, àt*diheu:^iff lonsou, est proprement « net-
toyer des légumes en ôtant ce qui est fade » ; comme en pet.
Trég. divreinah ciiii aval veut dire « ôter la partie pourrie
(breut) d'une pomme ». Pour le traitement phonétique, qui
est très régulier, on peut comparer le van. hegué, hcgucc, pai-
sible ; capable d'endurer, dolent, =^ gall. hygawdd, irascible,
Loth, éd. de Châl. 102, même racine que le bret. moy.
citeu:, regret, Rcv. Celt., XIX, 201.
8. FORHEIX; HELLET; HELHUS; DIH.VLPaL; HAMPREH^l.
I. D'ordinaire, un composé suppose des formes simples an-
térieures; mais il y a aussi des mots simples qui sont rede-
vables à des composés plus anciens, soit de leur forme, soit de
leur sens, soit des deux à la fois.
Le van. forhcin, priver, sevrer, que le Lexique rapporte au
.\otis sur U- Vannetais. 77
léon. fors, cas, estime, du tV. force, est bien plutôt extrait de
diforheiii, distinguer, discerner, trier, séparer, mettre à part,
bas-van. diforc'h; ci. Loth, éd. de Ctiâ!., 24, 36 ; Rev. cril.,
XXXIV, 222.
Le bret. mod. rahvel, séran à égrener le lin, est tiré par
M. Henrv de la même origine française que r'uiiia, riùv'ut, ra -
cler, gratter, Gloss., 366; mais les voyelles sont différentes.
Ranvel, ranf en pet. Trég. (Rev. Celt., IV, 165) se rattache à
raiiva, ranvat, sérancer, Trd., « part, passé ranvet » Mil. iiis,
extrait de dirahva, diranvat, id. Trd., diranva, égrener (des
épis; une plante), Gr., pet. Trég. diraùvet, amaigri, qui a l'air
faible, tatigué, =^ v. fr. dcraïuer, déchirer, démembrer, italien
dira marc, ébrancher.
2. Un exemple vannetais du même procédé est beIlcf-011 d'cr
schct, je suis mort de soif, Choci^c iichiic a i^aïuicinicii, Vannes,
1829, p. 125, pour *l.k'! bit, cl. dciir hcibits, eau qui altère, qui
laisse altéré, 127, de dibcibct, cf. dibclbct c c qiicrbcl, il a tant
marché qu'il n'en peut plus, Châl., diJh'lbcin, essouffler, dibcl-
bcd-on (je suis essoufflé) l'A., moy. bret. dibclcbnl, -cbajj
« estre laz comme chien qui baaille », mod. hcdc diclc'bal, à
perte d'haleine, Gr., etc., = '^di-scli^-, « chasser jusqu'au
bout, forcer, réduire aux abois », Mcni. de la Soc. de Liiig.,
XI, 108; ou au sens neutre « perdre la poursuite, s'arrêter de
chasser », Lexique, v. diélc'ba. Aux formes voisines que j'ai
étudiées à ce propos (cornou. dibelkeiii, pet. tréc. dicbelpah,
être essoufflé), il faut ajouter le van. dibaJpdl e bra cr bi, le
chien est essoufflé, il a la langue hors de la bouche, Buléon
iiis. Ce mot doit être composé de balpeiii, lapper, Châl. iiis,
cf. Annales de Bretagne, XIV, 545.
3. Il est clair aussi que le van. baniprein en esqern dibaniprel
« remboeter, remettre un os disloqué dans sa boëte natu-
relle » Gr., vient de dibanipreHi, « deboeter, disloquer » Gr.,
dihampréd, disloqué, dianipradnr, rupture, dislocation, divaiii-
hrein, diamprein, démembrer, Châl., bret. moy. diucniprajj,
disloquer, démembrer, Gloss., 12, cï. le synonyme auseih itn
asqorn diauset, etc., Gr. ; mais ici le sens du nouveau verbe
simple est l'opposé du composé de di-.
4. Des composés de dis- donnent lieu à des formes simples
78 E. Etnanlt.
où 1.5"- reste attaché, et qui ont quclquctois le sens négatif:
van. siniiiit'iii Qt disscniniein, égrener, cf. scloeret é, (la jument)
a pouliné, et ilisrloerein, éclore, Gloss., 605.
D'autres ont le sens du simple primitif, qui se trouve ainsi
augmenté d'un s- prothétique: pied et spleil, attention, soin,
Gloss., 497, cf. dispicd, abject, dispict, vil, bas, méprisable,
misérable, displedded, dispicd nre:^, abjection, displedôny, displc-
dadiir, viJeté, bassesse, Gr. Le Gonidec a décomposé distonna,
« enlever de dessus la terre l'herbe et les racines que la herse
entraîne et accumule » en di -\- stonn « ce que la herse en-
traîne », et M. Henry a proposé de tirer ce dernier du v. franc.
cstoulc, éteule, chaume. Mais on ne peut séparer sionn du
gallo tonne, gazon, van. toiinen, id., etc., Gloss., xviii, xix,
698, 699. xMil. nis remarque qu'à l'île de Batz le verbe est
distona, et le nom sto)ien (au mot stonn, stonn « mauvaises
herbes que la herse entraîne dans un champ qu'on laboure »
Trd.), tonden, en haut Léon tonen (au mot tonncn « couenne,
peau épaisse d'animal, peau de la tète de l'homme, ... surface
dure et sèche d'une terre délaissée en repos pendant un long
temps » Trd.).
E. Erxault.
SUR LA PRONONCIATION DU GAULOIS
Dans le Grundriss de Brugmann, t. I, 2' éd., p. 378,
M. Thurncysen a introduit la note suivante : « La transfor-
mation de m en spirante nasalisée était pcttl-clrc panceltique.
Cf. le Ki\}.').vivi Hpcç de Strabon à côté du nions Ceneniia ou Ce-
henna de César (Holder, Sprachsch., col. 880). On doit aussi
tenir compte des variantes graphiques Diibno- et Diiiniio-rix
(jbid., 1358), car elles peuvent indiquer un son intermédiaire. »
iM. H. d'Arbois de Jubainville s'est formellement prononcé
contre cette hypothèse dans un fascicule récent des Mémoires
de la Société de Linguistique de Paris (t. XI, p. 324 et suiv.).
Il objecte en particulier à M. Th. la présence actuelle de la
consonne /// pure, ou d'une simple voyelle nasalisée dans de
nombreux noms de lieu français : Liuiours de Lemausus, Ar-
genton d'Argentontagns, etc.
Sans prétendre trancher le différend, nous voudrions attirer
l'attention sur quelques faits dont il n'a pas été fait état dans
la discussion.
1° Il est nécessaire de ne pas établir tout d'abord un lien
trop étroit entre les exemples plus ou moins assurés d'« aspi-
ration » du gaulois et ceux que présentent les autres langues
celtiques, tant que l'étude de ces faits n'aura pas été poussée
plus loin ni traitée d'ensemble d'une manière méthodique. II
est bien évident que dans toutes les langues celtiques (le gau-
lois mis à part) les causes et les etiets de ces phénomènes sont
essentiellement les mêmes, mais trop de détails restent en-
core obscurs. La tendance générale à l'aifaiblissement des
consonnes a pu être entravée dans chaque langue par des
raisons qui lui sont spéciales, en particulier par la nature et la
8o /,. Durait.
place de l'accent dans les mots simples et dans les mots com-
posés. Il est à remarquer, notamment, que pour le d, la seule
consonne gauloise dont l'artaiblissement soit clairement, bien
que très sporadiquement, noté par l'écriture, la lettre K n'ap-
paraît qu'à l'intérieur de mots simples, jamais comme ini-
tiale d'un second terme de composé; on pourra s'en rendre
compte en parcourant la liste de Holder, Sprachsch., I,
col. 121 1. D'après cette analogie, un mot formé comme Ar-
ilcnlo-)iia^us aurait donc pu garder intacte son /;/ initiale sans
qu'on pût rien en conclure pour la prononciation de m dans
d'autres positions : l'exemple de Lcniausiis >->- Liiiiours est
sans aucun doute plus probant.
2" Toutefois, il n'est pas sans exemple qu'un m ait succédé,
dans la forme actuelle d'un nom de lieu, à un son (ou com-
binaison de sons) voisin de celui auquel remontent tous les
substituts modernes de l'ancien ;// dans les langues gaéliques
et brittoniques, c'est-à-dire ;// spirant (i' |ou w] nasal). On a,
en eftet, dans le nom de Sûiiil-Bi'rlnvni-dt'-Coiinniiiges (Haute-
Garonne), ancienne capitale des Coniioiae, un exemple au
moins du passage à /// d'un son plus rapproché de nv latin
que de )u, puisque les Romains le notaient par nv. 11 est à
remarquer que la capitale des Coiiiietiae portait le nom bien
gaulois de Lugdniutiu, et que selon saint Jérôme {Contra Vi-
gilanliuDi, 54), ils faisaient primitivement eux-mêmes partie de
deux peuplades gauloises, les Vettones et les Arcucui. M. An-
toine Thomas, qui a traité du nom de Saint-Bertrand-de-Com-
minges dans ses Essais de philologie française, p. i et suiv., et à
qui nous empruntons ces renseignements, considère que le nom
de Connenae est purement latin (cf. le nom commun cojiuenà);
mais les Connenae eux-mêmes seraient des Ibères, qui au-
raient accommodé à leur mode de prononciation le groupe nv;
or, en basque, nv latin devient ;;//// (conuentus ^->" gonientii).
Mais ce peut aussi bien avoir été des Celtes qui auraient pro-
noncé dans Connenae (latin ou non d'origine), leur m spirant;
puis, par suite des progrès de la romanisation, ce son aura été
remplacé plus tard par un son proprement latin. Toujours est-
il que si nous ne connaissions pas directement le nom ancien
du pays de Comenge, c'est, à coup sûr, Coinfnijenicus et non
Sur la prononciation du Gaulois. 8i
Couuiiiiciis que nous songerions à restituer. Ce pourrait être
un indice que Vm de Leniaitsus, Argcntomagus ne s'est pas né-
cessairement toujours prononcé comme )ii latin'.
3° Avant d'arriver à des hypothèses moins incertaines, nous
voudripns ajouter une remarque au sujet de l'altération du d
en gaulois. Ce d a disparu en français propre, dans la plupart
des cas, comme a disparu le d latin intervocalique. Il serait
intéressant de rechercher si c'est vrai également dans la partie
du domaine roman où le d latin est resté intact. Il ne faudrait
pas perdre de vue, d'ailleurs, dans cette recherche, que la
phonétique des noms de lieu n'est pas nécessairement celle des
noms communs, pour différentes raisons, dont la plus simple
est que le nom d'un lieu peut être le seul exemple survivant
d'un fait de phonétique restreint à un domaine peu étendu,
et dont les effets ont disparu dans tous les autres mots, qui
ont pris la forme des parlers voisins. — Y a-t-il quelque
chose à tirer à ce point de vue de la forme espagnole Laceva
de l'ancien nom de lieu Adcha (Holder, s. v.) ? Il est probable
en tout cas que le ^ gaulois se rapprochait sensiblement de s
ou de tSj et que, par suite, il aura pu, dans certaines conditions
qui restent à déterminer, se confondre soit avec le c roman
devant e, soit (suivant les régions) avec d'autres sons latins.
4° Revenons à la question de Vm. L'alternance v(b)/>}i se
rencontre, non seulement dans Cei{einia/Ki[j.\j.t'tzv , Dulmo-j
Dumno, mais aussi, comme chacun sait, dans le nom du dieu
BorvojBormo, identifié à Apollon, et dans ses dérivés-. Les
deux formes se rencontrent dans des inscriptions trouvées en un
même lieu à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire) : il semble donc
d'une méthode peu sévère d'y voir des variantes dialectales.
D'autre part, Bourbon-Lancy est appelé Aqiiis Boniwnis par la
Table de Peutinger. On se trouve donc en présence d'un son
noté indifféremment v ou lu, et représente aujourd'hui en
1. M. A. Thomas a l'obligeance de me signaler une forme gasconne co-
uteneitsa « convenance » qui prouverait que l'exemple de Coiiiinges n'est pas
isolé, et qui affaiblirait encore les arguments qu'on peut tirer, au moins
pour la Gaule méridionale, des formes comme Liiiioiirs, Argentan, etc., par
laprononciation non spirante de m.
2. Cf. Holder, Altcelt. Sprachschat{, t. I, col. 489-494.
Revue Celtique, XXJI. 6
82 L. Duvau.
français dans Boitrho)t-L:[ncy, Bon rbon-ï Archamh:xu\t, Bour-
/'o;;?/r-les-Bains, par un b qui indiquerait un son plus proclie
de b ou de v latin (cf. curuus 3^-^ courbe, scruirc ^^^ servir')
que de m latin.
5° On remarquera que le son en question, dans Ceuenna,
Diihio-, et dans les cas obliques de Borbo est toujours voisin
d'une nasale. Nous pensons que cela indique que l'influence
d'une nasale se faisait sentir sur les syllabes avoisinantes, et
qu'un groupe schématique tel que *bama ou * vama passait à
*ma))ia (màmà) ou r'aiiia (r'àiiià). C'est par une action de
ce genre que doit s'expliquer sans aucun doute la forme me-
buirÇ-^r-m Dievioria) du vieil-irlandais, mod. meabhair, mais gaé-
lique meonihair; dans le dialecte et à l'époque où cette forme
a été d'abord écrite, un b (bh) proche d'un m ne pouvait se lire
que ;;//; ; la notation ;;//; nécessaire pour lainb (làv) pouvait
sans inconvénient pour la clarté être remplacée par bh quand
le mot contenait une autre nasale.
Nous rappellerons, à ce propos, que M. John Rhys a émis,
il y a quelques années^, au sujet du vieil-irlandais Jiem (irl.
mod. ncamJ)) une hypothèse qui n'a pas, à ce qu'il semble,
attiré l'attention autant qu'elle le mérite. Il est tentant de
rapprocher avec lui luin du vieux slave nebo (ciel), et du
sanscrit imbhas « atmosphère, ciel, etc. » (gr. v£ç:c). Le rap-
prochement usuel du vieil irlandais nem et du sanscrit namas
« courbure », n'a guère d'autre mérite que d'expliquer « pho-
nétiquement » 2 la présence de Vm : je serais plutôt tenté de
voir dans cet ni, avec M. Rhys, le résultat d'une action pro-
gressive de la nasale initiale d'un primitif *}ieb-os'^ : les exem-
1. Tbc Outliiies of the Pboiiology of the Maux Gadic, p. 35.
2. Rappelons qu'en bonne phonétique les adjectifs français « haut »,
« froid » sont inconciliables avec les adjectifs latins altiis ctfrigiJus : pourtant
qui voudrait les en séparer? On pourrait multiplier ces exemples à l'infini.
3. Ce qui pourrait plaider en faveur du rapprochement traditionnel, c'est
moins un argument phonétique qui le fait que le groupe le plus voisin du
celtique avec le latin, le germanique a peut-être emprunté son nom du
« ciel » à un ordre d'idées analogues à celui du skr. iiainas : v. h. ail.
hiinil, est en effet quelquefois rapproché de gr. xaiXîOsov, u.iÀaO-ov « toit,
plafond ». Mais cette étymologie de hitiiiiis n'est pas de celles qui s'im-
posent, et, fût-elle certaine, ce ne serait encore qu'un indice. Le latin cae-
liiDi, littéralement « creux », pourrait aussi entrer en ligne de compte.
Sur la prononciation du Gaulois 83
pies sporadiqiies Je nasalisation par contiguitc ne sont rares
dans aucune langue. Dans iioii ou son prototype celtique, elle
aura pu être flivorisée par un faux rapprochement avec nemed,
gaulois v£;rr,-::v,qui n'a pas nécessairement la même origine,
et où 1'/// peut être « phonétique ».
6° Enfin Vhésilation graphique entre b et m dans Duhno-j
Duviiio- n'est en aucune foçon comparable à la substitution
phonétique de w à un ancien /' (p) dans le latin soiinnis^. Elle
nous semble indiquer aussi presque nécessairement l'existence
en gaulois d'un son intermédiaire entre ceux que représentaient
les lettres v et ni de l'alphabet latin.
Si ce son spécial a réellement existé, comme les indices re-
cueillis plus haut semblent le prouver, ce ne pouvait guère être
qu'un V nasal ou, subsidiairement, un v accompagné d'une
nasalisation de la voyelle ou des voyelles adjacentes: les ori-
gines phonétiques et les notations graphiques de ce son mè-
nent nécessairement à cette conclusion.
Louis DuvAU.
I. Méiii. Soc. Ling., t. XI, p. 327.
BIBLIOGRAPHIE
Arthur Le Moyne de La Borderie. — Histoire de Bretagne, tome
premier, 1896; tome second, 1898; tome truisième, KS99. Rennes,
Plihon et Hervé; Paris, PicarJ.
Cette œuvre monumentale est le digne couronnement d'une
vie consacrée tout entière à l'étude de lu Bretagne sous toutes
ses foces : histoire, littérature, art, monuments, coutumes. Il
était impossible d'aborder un sujet aussi étendu et complexe,
souvent aussi épineux avec une préparation plus scrupuleuse
et une érudition mieux informée ; de plus, jamais historien
n'a été plus sincèrement épris de son sujet. Aussi l'œuvre de
M. de La Borderie, si bien accueillie dans le monde savant,
a-t-elle été l'objet, en Bretagne, d'un concert unanime d'ap-
plaudissements et a-t-elle provoqué un redoublement de sym-
pathie et d'admiration envers l'auteur déjà si populaire dans
toute l'étendue de la péninsule armoricaine. Nous avons salué
en lui notre historien national. On a senti que l'auteur s'adres-
sait surtout à ses compatriotes : c'est une histoire de la Bre-
tagne racontée à des Bretons par le plus patriote des enfonts
de la péninsule armoricaine. Et je n'use en m'exprimant ainsi
d'aucune métaphore : cette histoire a été racontée, professée par
l'auteur lui-même à la Faculté des Lettres de Rennes devant
l'auditoire le plus nombreux et le plus vibrant qui ait jamais
été réuni dans notre grand amphithéâtre. Ainsi s'expliquent
le ton de l'auteur, l'allure du récit, certaines f-uniliarités d'ex-
pressions, parfois aussi certaines exagérations oratoires dont il
est assez surprenant qu'on ait pu se choquer quand on connaît
la genèse de l'ouvrage ; de là encore des digressions assez fré-
Bibliographie. 85
quentcs qui amusent ou reposent le lecteur sans nuire sérieu-
sement à l'intérêt général. Le patriotisme ardent de l'auteur
contribue aussi à donner au récit une chaleur communicative
sans qu'on puisse dire qu'il ait jamais sérieusement nui, je ne
dis pas à son impartialité, mais à sa clairvoyance.
L'époque préhistorique laissée de côté, l'histoire de la Bre-
tagne se divisait naturellement en trois périodes : 1° les ori-
gines bretonnes; 2° la Bretagne duché; 3° la Bretagne pro-
vince.
Les deux premiers volumes vont de l'époque gauloise à
l'année 995 et ont ainsi pour objet principal l'établissement
des Bretons en Armorique, et la formation de la Bretagne ar-
moricaine, formation définitive à la fin du x*^ siècle. Le troi-
sième va de 995 à la bataille d'Aurai (1364). Le quatrième
ira de l'année 1364 à la réunion de la Bretagne à la France
(1532). Le cinquième aura pour objet la Bretagne province.
On a reproché à l'auteur de n'avoir rien dit de l'époque
préhistorique. Il a répondu d'avance à cette critique dans son
Avertissement : il écrit non la préhistoire mais l'histoire de Bre-
tagne. On peut regretter jusqu'à un certain point qu'il ne
nous ait pas donné un résumé clair et substantiel de ce que
l'on sait sur cette époque ; non pas des théories si nombreuses
et si peu appuyées qui éclosent journellement dans ce domaine,
mais de ce que nous apprennent les fouilles et découvertes si
nombreuses de nos chercheurs et de nos sociétés archéolo-
giques. La tâche de l'auteur, il est vrai, était déjà assez lourde
pour qu'il ne s'embarrassât pas d'études sans rapport direct
avec l'histoire de Bretagne et qui n'eussent peut-être abouti
actuellement à aucun résultat bien appréciable.
L'ouvrage débute par une topographie très détaillée de la
péninsule armoricaine. Au chapitre des montagnes, l'auteur
me paraît avoir oublié un massif indépendant de hautes collines
qui partent de Plouray et s'étendent sur le canton de Guéméné
et une partie de celui de Gouarec bordant la rive droite du
Blavet. En revanche, il me paraît avoir exalté outre mesure la
colline de Sainte-Barbe du Faouët « dont les rochers touchent le
ciel » (p. 27) : Sainte-Barbe n'a pas plus de 170 mètres d'alti-
tude. Il est vrai que la situation est des plus saisissantes ; tous
86 Bibliographie.
ceux qui connaissent ce paysage pardonneront à l'auteur cet
accès de lyrisme.
Je retrouve, p. 5, une vieille connaissance: l'étymologie de
Hoiiiit, et Hœdic, qui signifieraient la Cane et le Petit Canard.
L'auteur écrit Houat, ce qui est exact, mais Hoadic, ce qui est
faux. On prononce Houat et Hçdic. Houat, au y." siècle Hoiat,
représente Siata de l'époque gauloise et Hedic ou Edic, vrai-
semblablement Alica ÇArica dans les textes).
Au chapitre Forets, nous trouvons une description détaillée
de la grande foret centrale de Bretagne, dont une des parties
conserve encore le nom de Brocéliande. M. de La Borderie
l'étend à l'ouest jusqu'aux Montagnes Noires. Il y a en effet en
Paul un village de Brecilien; en Priziac, un autre du nom de
BreceJien. L'auteur ne doute pas que ce ne soit le même nom.
C'est possible, mais point certain. On prononce certainement
Breselien, le nom du village de Priziac, en partie situé dans
Saint-Tugdual (canton de Grimené-sur-Scorff), et il me semble
bien que bre est pour breu, colline.
PERIODE GAULOISE ET GALLO-FOMAIXE
La période gauloise et gallo-romaine occupe une place con-
sidérable dans le premier volume. L'auteur définit le territoire
des cités de l'Armorique, en décrit les monuments : c'est un
excellent répertoire de ce que l'on sait sur cette période de
l'histoire de la péninsule. Cependant l'auteur nous paraît avoir
accepté trop facilement l'autorité de certains écrivains juste-
ment estimés mais dont les affirmations ont souvent besoin
d'être contrôlées, par exemple, celle de M. Desjardins en ce
qui concerne les Aulerci et la participation des cités armori-
caines au soulèvement général provoqué par Vercingétorix.
Les Aulerci qui, en 57 av. J.-C, avaient donné des otages
aux Romains avec certaines cités armoricaines seraient les ^m-
bivariti ou Abr'nicatui. Les Aulerci étaient divisés en quatre
groupes : Aulerci Eburovici, Aulerci Cenomanni, Aulerci
Brannovices, Aulerci Diablintes. Les trois premiers groupes
durent envoyer des contingents séparés à Vercingétorix (Caesar,
Bibliographie. 87
De Bello Gall., VII, 75). Les Aulcrci Diablintcs n'étant pas
mentionnés à part sont évidemment compris parmi les cités
armoricaines qui elles fournissent en bloc 30,000 hommes:
de ce nombre étaient, dit César, les Curiosolites, Redones,
Ambibarii, Caletes, Osismii, Lemovices (lisez Lexoviî), Unelli.
Pour le contingent à fournir à Vercingétorix, M. de La Bor-
derie reproduit l'erreur de Desjardins. Cette erreur vient de
ce que Desjardins qui cite les meilleures éditions de César a,
en réalité, adopté le texte de Frigellius: tria milia universis ci-
vitatihus que Oceanum atiingiint. La leçon XXX universis civi-
tatibns est aujourd'hui universellement adoptée.
Pour la lutte des Vénètes contre César, l'auteur préfère la
version de Dion Cassius à celle du général romain. Or, dit
un critique, César y était en personne. L'argument n'est pas
sans réplique : accepte-t-on toutes les affirmations de Napo-
léon l" ou de ses généraux au sujet des batailles auxquelles' ils
ont assisté ? Tous les critiques sont d'accord pour reconnaître
la valeur de Dion Cassius, la loyauté de ses informations. Plu-
sieurs soutiennent que pour la guerre des Gaules il a eu à sa
disposition des sources aujourd'hui disparues et contempo-
raines de cette guerre. Il faut reconnaître cependant que cette
opinion aujourd'hui paraît peu probable après les travaux de
Melber, un des plus récents éditeurs de Dion Cassius ^
La capitale gauloise des Vénètes aurait été à Locmariaker,
mais elle aurait été transférée par César à Darioritum, donnée
par Ptolémée et la Table Théodosienne comme capitale des
I . Melber, Der Berichl des Dio Cassins iïbcr die gallischen Kriege Casars
(Festgruss an dicXLI Vcrsammlung Deutscher Philologcn and Schulmàn-
ner von dem LehrerkoUegium des K. Maximiliansgymnasiums in Mùnchen).
Melber établit en ce qui concerne certains épisodes saillants de la guerre
des Gaules (la guerre contre les Helvètes, contre Arioviste) que les diffé-
rences entre le texte de César et celui de Dion Cassius proviennent de dé-
veloppements littéraires ou d'erreurs facilement explicables : il semble bien
que Dion Cassius ait résumé de mémoire le récit de César. Pour la lutte
contre les Vénètes, le récit de Dion Cassius est plus logique. Il a très net-
tement vu quelques invraisemblances dans le texte de César et les a fait dis-
paraître, mais en y regardant de près, il n'y a qu'un fait qui paraisse lui
appartenir en propre : il nous dit que Brutus arriva de la Méditerranée à
l'aide de César avec des vaisseaux rapides. Dion a amplifié: César dit
simplement qu'il fit venir des rameurs de la Province romaine et y recruta
des matelots et des pilotes.
88 Bibliographie.
Vénètes. Or Darioritum est certainement Vannes, comme le
reconnaît d'ailleurs M. de La Borderic. Dès lors, je ne vois
aucune raison sérieuse pour supposer que César aurait de parti
pris déplacé la capitale. La situation de Locmariaker est, à
certains points de vue, préférable à celle de Vannes. Comme
cette bourgade est à l'entrée du golfe du Morbihan, on con-
çoit très bien que les Romains s'y soient installés et en aient
fait un point important d'observation. Le nom de Locmariaker
est à ce point de vue significatif; le nom le plus ancien est
Caer (Cart. de Red., 856: Chaer plebs ; Cacr). Après la
création d'un sanctuaire à Marie, la paroisse prit le nom de
Locmaria-Kacr (en 1572 Locmaria-cn-Ker, c'est-à-dire Loc-
maria in Castro). On sait que Caer représente très exactemeftt
le latin castra. C'est ainsi que Chcster, aujourd'hui encore, en
gallois, s'appelle Cacr.
Sur Blabia, l'auteur me paraît avoir adopté une théorie in-
soutenable. La station des Djilitiiiii Carronerisiuni, Blabia (A\i///.
dignit. imp. Occid., XXXVII, éd. Otto Seeck, p. 204) serait
Blavet, c'est-à-dire Port-Louis. La ressemblance, dit l'auteur,
est à peu près égale de part et d'autre. Il y a, au contraire,
identité complète entre Blabia (Blavia) et Blavc près Bor-
deaux, et simple ressemblance avec Blavet. La forme bre-
tonne vannetaise, Blawcc'h ou Blàzccc'h (plus anciennement
* Blazcelb), remonte à Biavitto-. A priori, déjà, il est bien in-
vraisemblable que deux des provinces du Tractus armoricanus
et ncrvicaniis, c'est-à-dire VAquitauia prima et sccunda, fussent
dépourvues de toute station militaire, ce qui serait le cas dans
l'hypothèse de M. de La Borderie. Mais il y a, outre l'identité
de nom, d'autres raisons positives de placer Blabia à Blaye.
D'abord, le vers d'Ausone ^ :
Q.ua glarea trita viarum
Fert viilitarem ad Blabiam.
Dans l'Itinéraire d'Antonin -, le castrum Blautum (Blavium),
est placé entre Burdigala et Tamnum. Ce texte est d'accord
1. Epist., X, 15.
2. Anton. Itiner. ed Wcsseling, p. 458.
Bibliogr.iplne. 89
avec la Table de Peutinger ', Grégoire de Tours-, Annales
Mettenses 5. La nécessité d'une station militaire dans la zone
de Blaye saute aux yeux. Sidoine Apollinaire, alors à la cour
wisigothique de Bordeaux, nous montre les pirates saxons en
pleine Saintonge-i. Une des raisons qui me paraissent avoir, à
son insu, influé ici sur le jugement de l'auteur, c'est qu'il ne
paraît pas avoir nettement distingué l'Armorique gallo-romaine
à partir de Constantin de l'Armorique gauloise. C'est ainsi
que, p. 220, à propos des incursions des pirates saxons, il met
la Saintonge au sud de l'Armorique, tandis que ce pays au
v'' siècle en taisait partie intégrante. De même, p. 215, nous
lisons : « Les cités armoricaines, c'est-à-dire les villes et
peuples compris entre la Seine, la Loire et l'Océan, du moins
la plupart d'entre eux, se voyant abandonnés par l'Empire,
essayèrent de se défendre eux-mêmes. » Or ceci se passait
en 409. Il est démontré, au contraire, qu'ici il ne s'agit pas
seulement de ces cités, mais de celles qui s'étendaient de la
Garonne à la Seine, s'étendant sur les cinq provinces de
l'Aquitaine, i""^ et 2% la Lyonnaise sénonaise, la 2" et
y Lyonnaise >.
Je retrouve, p. 229, l'assertion d'après Zosime que les Bretons
insulaires en 409 auraient chassé les magistrats romains, asser-
tion que j'ai reproduite moi-même dans mon travail sur
les Mots latins en britionique. Comme me l'a fait remarquer
M. Ferdinand Lot, Fustel de Coulange a expliqué de la façon
la plus satisfaisante ce passage de Zosime. Les magistrats
chassés avaient été nommés par l'usurpateur Constantin.
P. 99 Kerroman, sur la rivière d'Etel, appelé dans une
charte villa Romanorum, prouverait l'existence d'établissements
romains dans ces parages. Romani, Ronianus eussent donné en
breton Ruven ou Ruveun (gallois Rhiifain, Rome, Rhufaïun =
Rçtnàniis). Il y a 6 ou 7 Kerroman dans le Morbihan.
1. Tab. Peuting., Segm. I. A-I, éd. Desjardins.
2. Greg., De Gloria Conf., cap. XLVI.
3. Ad. ann. 735 ap. Pertz Mon. Germ. hist. script., I, p. 325.
4. Epist., VIII, 6.
5. Cf. J. Loth, De vocis Aremoricae nsque ad sexlum post Christum natiim
saeculiiiii forma atque siguificatioiie, p. 35-38, 48-49.
90 Bibliographie.
P. 124. Yitmhi n'auiMit aucun rapport avec Civitas ; on
aurait fait au xiii*^ siècle sur velus Civitas un calque à forme
bretonne: Co::^-GueOi1et ou Qiicodct; le premier mot serait
breton mais non le second : ce serait un calque assez gauche
du latin Kivilat, et s'il a tourné en Guéodcl, c'est pour le rap-
procher du nom même Yatidet. En réalité, Kcodct, en cons-
truction Geodct, représente sincèrement et régulièrement le
latin Civiiatem et est identique à la forme galloise r/ît'^oi ;
Yodet en est régulièrement sorti (forme intermédiaire argcodel).
Cela ne fait d'ailleurs que confirmer les conclusions de l'auteur
qui signale à cet endroit un établissement romain de grande
importance. Il y avait un castcUum qui a donné son nom à la
région (PouhasicI, pngus rastclli).
Sur la question de Vorgium, \^organium, il est difficile de
ne pas être d'accord avec l'auteur pour n'en faire qu'un seul
et même lieu. J\vgiui}i-Vorganium est sûrement Carhaix. Il
en est de même pour la question si controversée de Coriso-
pitiini et CuriosolitHDi dans la Notilia Gallianiin : CuriosoJittim
est la bonne leçon explicable peut-être par l'existence réelle
d'un Corisopitum à la place où est Quimper. Quant à ce Co-
risopitum le problème ne me semble pas d'une solution f^icile.
Je serais presque tenté de reprendre une des hypothèses que
j'ai proposées dans mon travail sur V Emigration bretonne et de
croire qu'il n'a jamais eu de Corisopitum que dans une version
fautive de la Notitia. Les évêques de Quimper trouvèrent le
titre (ÏOsisiiwnses pris par les évêques de Léon et ne voyant
plus dans la péninsule aucune appellation qui ne fût déjà la
propriété d'un évêque de la province, auraient été chercher
dans la Notitia la dernière dont ils pussent encore disposer : les
Curiosolites n'ayant pas formé d'évêché, ayant disparu comme
cité, leur erreur perd de son étrangeté, quoique je ne me dis-
simule pas qu'elle soit quelque peu irrévérencieuse pour la
science archéologique des pasteurs de la Cornouaille. Si on
admet l'existence de Corisopitum, on se heurte à une sérieuse
difficulté. La ville romaine paraît s'être appelée Civitas aqui-
loiiia^ ; dès lors on ne comprend pas pour la même cité ro-
I. Hist. de Bretagne, p. 109.
Bibliographie. 91
inainc à la nicnîe époque deux noms différents. L'objection
perd de sa valeur si on admet avec l'auteur que le nom de Co-
risopitum a été importé par des émigrés bretons. Pour M. de
La B. il l'aurait été par une cohorte de Cornovii stationnée à
Ponte-Aelii dans le voisinage d'un Corisopifiiiu insulaire. Mal-
heureusement la forme même de ce nom est douteuse. La
plupart des critiques ont préféré Corslopitiuii, par exemple
Hùbner, Liscr. Brit. lat., VII, 464, 3)'. On peut objecter en
outre que si Corisopitum est importé parles Bretons insulaires,
on ne comprend pas facilement qu'il ait été abandonné par
eux presque aussitôt pour le nom de Kemper. Il est vrai que
le changement de nom peut provenir d'un déplacement de la
cité : elle se serait déplacée de Locmaria, par exemple, au
confluent même du Steyr et de l'Odet. C'est probablement ce
qui est arrivé à Quimperlé. Le nom ancien et breton à^Anaiiroi
a été laissé pour celui de Kemper-Elé {con?i\XQm de l'Ellé et de
l'Isole).
LES BRETONS INSULAIRES ; LEUR EMIGRATION EN AR.MORIQUE
L'auteur adopte la thèse que j'ai soutenue dans mes Mots
latins au sujet du latin de Grande-Bretagne : c'est que le latin
était en somme la langue de l'administration et de l'Éghse
et qu'elle a, on peut dire, disparu avec les légions. Personne
d'ailleurs aujourd'hui ne soutient que le latin ait été la langue
courante de l'île. Les plus disposés à exagérer dans ce sens se
bornent à prétendre que le latin a pu vivre encore quelque
temps après le départ des Romains dans quelques centres de
culture latine. Cependant récemment, Mommsen s'est auto-
risé de deux passages de Gildas pour soutenir que le latin était
non seulement la langue de Gildas mais même celle des conci-
toyens (c/m) auxquelles son œuvre s'adresse ^ Gildas dit en
1. Corstopitum serait Corbridge ou Corclmler. Corslo- eût donne vrai-
semblablement Cors-ceastiret probablement Corcheskr ; de même pour Cor-
bridge. Corisopitum, si 1'/ avait sa valeur à l'époque de l'invasion anglo-
saxonne, fût sûrement devenu Cyr-ceaster.
2. Mon. Germ. Hist Aitct. Antiquies, XXII, p. 9.
92 Bibliographie.
parlant des trois vaisseaux sur lesquels les premiers envahis-
seurs saxons abordèrent dans l'île: tribus ut lingua ejus leaenae
barbarae, id est, Saxoniae cxprimitur, cyiilis, nostra longis na-
vibus (De Excidio, éd. Stevenson et Pétrie, § 23.
Dans le second passage {Epistola, éd. Stevenson, § 32),
Gildas explique le nom de Cunoglasos: Cuneglase, romana lin-
gua, Lanio fulve. Le second passage ne prouve rien : Gildas
écrit en latin : dans quelle langue donnerait-il la traduction du
nom breton, si ce n'est en latin, la langue qu'il écrit, celle de
l'Eglise? Quant au premier, il pourrait facilement s'expliquer
en interprétant nostra, ce qui est légitime, par nohc langue à
nous clercs ci lettrés, la langue de l'Empire, ou même simplement
la langue dont je nie sers dans cet ouvrage. Mais l'illustre his-
torien ne se doute pas en nous invitant à prendre le passage
à la lettre qu'il nous fournit la plus éclatante réfutation de sa
théorie. En effet, longa (navis) a été adopté par les Bretons in-
sulaires dans le sens de vaisseau. Le mot propre encore au-
jourd'hui, en gallois, est Hong, substantif /tw////H. Gildas dit
en réalité qu'en saxon le vaisseau s'appelle cyula, en britto-
nique (dans notre langue) longa (navis) ' : à l'époque de Gildas,
lloncr était lon^ra.
Pour la date des grands mouvements d'émigration des Dum-
nonii, Cornovii et des Bretons de l'Ouest, l'auteur les fliit
coïncider avec la poussée des Saxons sur ces différents peuples.
Malheureusement, le texte sur lequel il s'appuie, la Chro-
nique anglo-saxonne est pour cette époque un fondement rui-
neux. Quelle que soit l'idée que l'on se fasse de la formation
de ces annales, on est aujourd'hui d'accord pour convenir que
pour l'époque qui précède la conversion des Anglo-Saxons, le
fond de la chronique est plus légendaire qu'historique. Si
Hors er Hengist ne sont pas des personnages fabuleux -, le
1. M. de La Borderie, I, p. 270, fait remarquer avec raison que le ro-
mana îingiia du second passage suffit à expliquer et rectifier le premier.
2. C'est la théorie de Kemble, Thr Saxons ht Englami, 2*= éd., revue par
Walter de Gray-Bircli, mais des critiques de grande valeur (MùUenhof,
Bc'owiitf, p. 60) soutiennent l'existence réelle de Hengist et de Hors : ce
sont des surnoms (Hengist, étalon; Hors, cheval) de personnages réels.
Pour la composition de la Chronique anglo-saxonne, v. Ten Brink, Ges-
clnciHc der Engi-Litter.; cf. Ebert, Atlg. LÏtt., 111, p. 249.
Bibliographie. 9J
chroniqueur qui nous fait aborder Port à Portsmoutli a vrai-
semblablement pris le Pirée pour un homme: port dans ce
mot paraît bien le latin poilus devenu courant en brittonique.
Hengist et Hors abordent en Kent avec Irois vaisseaux; Aelli
en Sussex avec trois autres ; comme le dit Kemble, cela rap-
pelle étrangement l'émigration des Ostrogoths, Visigoths et
Gépides sur trois vaisseaux à l'embouchure de la Vistule. Le
meurtre des chefs bretons par Hengist est raconté exactement
de la même façon par Vidukind et d'autres des Vieux-Saxons
en Thuringe^
Quelle est la date des premières émigrations ? M. de La B.
les fait commencer vers 460 en se fondant d'abord sur le fait
que les Saxons n'auraient commencé la lutte avec les Bretons
insulaires qu'en 455, puis sur la chronologie de certaines vies
de saints.
La lutte avec les Saxons paraît avoir commencé plus tôt, ne
serait-ce que d'après ce passage de Prosper Tiron, à l'année
441-442 : Brillannia usque ad hoc tempus variis cladibus even-
libusqite latae in dicionem Saxonum rediguntur. L'histoire de l'ile
depuis le commencement du v^ siècle jusqu'à cette époque
présente peu de dates sûres. C'est une période troublée, de
luttes contre les Pietés et les Scots, de guerres civiles. On
peut admettre que les premiers établissements des Germains
ont eu le caractère que leur attribue Gildas. Connus depuis
longtemps des Bretons par leurs pillages, ils auraient été admis
sur la côte Est comme alliés et même pris à solde par certains
rois comme auxiliaires contre les Pietés et les Scots ainsi peut-
être que contre certaines tribus bretonnes. La première in-
vasion des Saxons dans l'intérieur au témoignage de Prosper
I. Quelle que soit l'opinion que l'on ait sur la formation et la valeur de
la Clnoinqtie, un point reste sur, c'est que la chronologie de ce recueil pour
la période d'invasion ne peut être prise au sérieux. Lappenberga démontré
que pour les traditions du Kent, la chronologie repose sur un nombre my-
thique, 8 et un multiple (période de 8, 16, 24, 40 ans). Kemble a remarqué
quelque chose de semblable dans les traditions du Wessex. II est probable,
comme il le dit (The Saxons, p. 32), que les généalogies des rois anglo-
saxons étaient arrangés par séries de 8 noms, en y comprenant le dieu
Woden. Pour la date des invasions germaniques du début, la Chronique
suit Bède.
94 Bibliographie.
Tiron a eu lieu vers 409-410 (Britannia Saxoniim inctirsiom
dcvastata). Il est également certain que, vers 428-430, les
Bretons eurent à lutter contre eux ainsi que contre les Pietés
et les Scots, d'après la vie de saint Germain d'Auxerre'. La
date de ce voyage nous est connue par la Chronique de Prosper
d'Aquitaine (à l'année 429). Cette date est d'autant plus frap-
pante que d'après VHistoria Brillonuin l'arrivée des Saxons au-
rait eu lieu en 428. L'Historia donne bien 347 (pour 397)
comme la date de l'arrivée des Saxons, mais elle se corrige
elle-même en disant que 40 ans s'écoulèrent depuis la mort de
Maximus qui arriva en 388-. Quant à la date de 449 donnée
par Bède elle est sans valeur comme l'a établi Thurneysen>.
11 est vraisemblable que les Saxons, en admettant la victoire
de r Alléluia vers 430, réussirent à prendre pied sur la côte
est, à cette époque, ou peu après, et furent renforcés par de
nouveaux contingents d'envahisseurs. C'est entre 430 et 441
que les tribus germaniques, au prix de luttes sanglantes, se
seraient emparées d'une portion notable de l'île. Les premières
émigrations ont dû se produire vers cette époque, et avoir vite
pris des proportions considérables. La présence d'un évêque
breton au concile de Tours en 461, celle de Riothamus avec
12 000 combatlants en Gaule en 469, sont très significatives. Il
est très vraisemblable que Riothamus ne vient pas directement
de l'île, mais que ce sont les Bretons émigrés en Armorique
qui ont constitué cette armée. Les émigrations ont dû con-
tinuer jusqu'à la grande victoire du mont Badon (peu avant
ou après 500) qui rejeta les envahisseurs sur la côte est. Elles
ont dû reprendre quelques années après lorsque les efforts
des tribus germaniques se portèrent plus au sud-ouest. Je
montrerai plus bas à propos de la taçon dont s'est tait l'éta-
1. Vita S. Germ., I, 28.
2. Au chapitre lxvi VHistoria Br. ncuis dit que les Saxons vinrent en
Bretagne sous le consulat de Félix et Taurus, c'est-à-dire en 428. Comme
le fait remarquer Anscombe {Archiv Jïir Celt. Lexicographie, 1900, I, 4 Heft,
p 515, note i), la date de 597 est celle de la Passion de J.-C. ; en prenant
celle de l'Incarnation, on aurait 428.
3. Ces questions ont été discutées avec beaucoup de sagacité par Tliur-
ne3'sen dans son article : JVann siiul die Geniianen nacl} England gekommen
(Englische stuJien de Kolbiiig, 1896, p. 163).
Bibliographie. 95
blissement des Bretons en Armorique qu'il est nécessaire, si
on veut le comprendre, d'admettre qu'ils étaient en plus ou
moins grand nombre déjà installés dans la péninsule au sud-est
jusqu'à la Mlaine, et au Nord jusque sur une portion notable
du territoire des Redones à la fin du v' ou tout au moins dès
les premières années du vi' siècle.
Les vies des saints même les plus anciennes ne peuvent
fournir que des dates approximatives. D'abord il est probable
que le compui des Bretons émigrés a dû être assez longtemps
celui de l'île. Il y a là évidemment une source de confusions
et d'erreurs. Mais ce qui rend surtout la tâcbe du critique des
vies des saints fort délicate, c'est que presque toutes les vies de
saints ont été rédigées plusieurs siècles après la mort du per-
sonnage dont elles donnent la biographie. Les interpolations,
les erreurs historiques même n'y manquent pas ; mais on y
trouve aussi des faits certains, de grande importance, puisées
aux sources les plus respectables. M. de La B. a mis en pleine
lumière la valeur historique de la vie la plus ancienne de
saint Samson, de celles de Paul Aurélien, Winwaloe, Tutwal,
Malo, etc. Il s'est efforcé d'établir un synchronisme sérieux
entre ces différentes vies. Il y a dépensé autant d'ingéniosité
que de science. Y a-t-il toujours réussi ?
Un des problèmes les plus difficiles dans ce sens, c'est le
synchronisme entre les vies de S. Brieuc, Winwaloe et Tutwal.
Brioc se trouve en rapport à son arrivée en Armorique avec
un chef émigré qui porte le même nom que celui auquel a
tout justement affaire S. Tutwal. Si c'est le même, il fliut re-
jeter ou la vie de S. Brieuc ou celle de S. Tutwal. S. Brieuc
aurait en effet reçu la prêtrise de S. Germain d'Auxerre,
c'est-à-dire vers 428-430 ? S'il a passé 40 ans dans l'île avant
d'émigrer, il n'a pu le faire que vers 470-480. A son arrivée
en Armorique il rencontre Riwal. Or le Riwal de la vie de
S. Tutwal émigré, lui, du temps de Clothaire. Si on admet
le témoignage de la vie de S. Brieuc, il faut qu'il y ait eu
deux Riwal. C'est ce qu'admet logiquement M. de La B.
Dans sa préoccupation de séparer les deux personnages, il leur
a donné deux noms différents, en quoi il a tort. La vie éditée
par Dom Plaine à laquelle il renvoit (Anal. BolL, II, p. 181,
96 Bibliographie.
182, 185) ne connaît que Rigital, forme du x'^ siècle très régu-
lière de Riwal. Il y a dans la vie de S. Brieuc des interpo-
lations et des invraisemblances: par exemple, le pays de Brioc
aurait été païen. M. de La B., qui voudrait étayer le plus
solidement possible l'autorité de Thagiographe, fait naître
Brioc à Coria Otadenorum, au Nord, dans la Valentia où les
païens ne devaient pas manquer. Il est cependant manifeste
que la Coriliciana rcgio, patrie de Brioc, est Ceredigion ou le
pays de Cardigan (v. gall. Cerdiciawn pour un plus ancien
Coroticiaiun, du pays de Corot ic). Le monastère Landa Magna
est probablement Llanfaiur. Le culte de Brioc est répandu en
Galles, Cornouaille et Armorique (Llan-d\friog en Cardigan :
Tyfriog = *To-Brioc; S. BriavcJs, en Gloucertershire, etc.;
gallois Briafael := * Brioiiuiglos = Brigomaglos, nom complet de
Brioc), et Brcoc en Cornouailles.
A part deux ou trois faits importants, il n'y a pas grand'chose
à tirer de la vie de ce saint.
Pour l'époque de Winwaloe, fils de Fracan, fondateur de
Landevennec, M. de La B. réfute de la fliçon la plus péremp-
toire l'opinion qui rabaisserait jusqu'au viii'' siècle l'époque de
ce saint (I, p. 325-326; cf. Annales de Bret., IV, p. 295-364).
La vie de Winwaloe écrite au ix^ siècle suffirait à l'établir. Son
père Fracan a émigré à une époque où les Saxons sont maîtres
de l'île de Bretagne, ce qui est un peu -vague, mais il est pro-
bable, d'après le contexte, que l'hagiographe vise le milieu
du v^ siècle ^ J'ajouterai que le culte de Winwaloe est très
ancien parmi les peuples brittoniques. Trois paroisses de
Cornwal portent son nom : Gimwalloiv (Winwaloe), Lan-
Dewednac et Tozvednac, c<^s dernières dédiées à S. Winwaloe :
Lan-devenec signifie le monastère de To-iuinnoc, nom hypoco-
ristique de Win-zuaJoe.
Pour le vannetais, le premier émigrant, d'après M. de La B.,
aurait été Caradauc Brech-hras (vers 465), sur la foi d'un
sermon prêché à Vannes au xii'' siècle. Quant aux relations
de S. Patern, évèque de Vannes, avec Caradauc, elles auraient
été révélées aux Gallois par des Vannetais fuyant les invasions
1 . Sur la date de la mort de Winwaloe, v. Aual. BolL, VII, p. 248, note.
Bibliographie. q-j
normandes du ix*^ siècle. C'est plutôt l'inverse qui s'est pro-
duit. L'histoire de Caradauc Breichhras est essentiellement une
légende galloise : la forme même du nom est galloise, La vie
de S. Patern, comme le reconnaît M. de La B. lui-même, est
un tissu de fables '.
Pour les Cornovii, il \' aurait eu deux groupes d'émigrants :
le premier aurait quitté les bords de la Tyne (Corisopites et
Cornovii de Pons-Aelii) vers 470-475; les autres seraient
venus du territoire véritable des Cornovii, des bords de la
Severn, vers 509-510, sous la pression des envahisseurs
saxons. Ce sont de pures conjectures. En réalité, nous ne sa-
vons rien de précis au sujet de la façon dont a pu se taire
l'émigration des Cornovii, émigration considérable, puisque
les Cornovii forment incontestablement avec les Dumnonii le
groupe breton armoricain le plus important. La réalité même
de l'émigration du premier groupe repose uniquement sur
l'identification de CorisopitiiDi (Quimper) avec une ville insu-
laire, identification fort douteuse. Quant au second groupe,
a-t-il commencé son mouvement vers le sud seulement au
vi*" siècle? Ce peuple paraît s'être disloqué dès l'époque ro-
maine, à en juger par la présence de la cohorte des Cornovii
de Pons Aelii. On a trouvé aussi dans la région d'York, à Oli-
cana (Ilkley) l'épitaphe d'une Civis Cornovia (Ephemeris epigr.,
1890, n° 923). A quelle époque, à la suite de quels événe-
ments, les Cornovii se sont-ils établis à la pointe ouest du
territoire des Dumnonii, il est diflicile de le dire. Le nom de
Cornovia (Coniubia) apparaît pour la première fois, désignant
le Cornwal actuel dans une poésie de l'évêque Adhelm de la
fin du vil'' siècle. Les Cornovii sont englobés par la Chronique
anglo-saxonne avec les Bretons du Sud-Ouest sous le nom de
West-Wealas, Bret-Wealas. Ce n'est qu'à l'époque où les rois
de Wessex prennent pied sur le territoire même des Cornovii -
que l'on voit apparaître couramment le nom de Corn-weaJas
qui a donné Cornwal, lequel terme par fausse application à la
1. Cf. J. Loth, Vie de saint Teliau (Ami. de Brel., X, p. 71-73).
2. Les Cornovii sont tributaires de Wessex au ix^^ siècle; mais les éta-
blissements saxons sur leur territoire même ne paraissent guère antérieurs,
d'après les chartes, au x«= siècle.
Revue Celtique, XXII. 7
98 Bibliographie.
CornoLiaille armoricaine a été traduit par Coniu-GaUiac. La
distance du territoire ancien des Cornovii à la pointe des Dum-
nonii n'est pas bien grande ; par les Dobunni qui étaient vrai-
semblablement leurs alliés ou clients, à en juger par leur cité de
Duro-Coniùviuni, ils n'en étaient séparés que par une tribu
belge. Par les Dobunni ils avaient d'ailleurs accès à l'estuaire
de la Severn d'où il leur était facile de passer sur le territoire
domnonien.
Etaient-ils établis au début des émigrations sur le territoire
où nous les trouvons authentiquement à la fin du vu'^ siècle?
Le nom de Dumnonia a dû être un terme géographique, le
nom d'une région contenant des peuplades différentes. Il est
remarquable, en effet, que des noms de lieux de la Cornouaille
insulaire se retrouvent non en Cornouaille armoricaine, mais
en Domnonia. Si le Cbcnmcrch du Doniesdn\ hooh pour le
Cornwal a un équivalent Ouimcrch (au moyen âge Kcliiiiicirb)
dans notre Cornouaille, en revanche le pagus Tricnrins de la
vie de S. Samson paraît bien représenter notre Tirger (Tircor) ;
or on trouve dans le Donicûiay hook un Tricoi qu'il fout sans
doute lire Tricor; Ciihulian du Doniesday Bock panût bien iden-
tique à Ciihurieii près Morlaix. Quant aux nombreux noms de
paroisses communs aux deux pays, ils n'établissent qu'une
chose avec certitude, c'est que l'organisation paroissiale en Ar-
morique bretonnante et en Cornwal est la même et date à
peu près de la même époque; beaucoup de paroisses sont sous
le vocable de saints vivants au V-'-vi*^ siècle. La plupart n'ap-
partiennent pas en propre à la Cornouaille anglaise. Les rap-
ports ont été évidemment continuels et intimes entre les deux
pays pendant toute cette période. Voici les plus caractéristiques
de ces noms de paroisse ; tous leurs saints patrons sont ho-
norés en Armorique :
Altar Non
S. Austel (saint Austole)
S. Petroc
S. Brioc
S. Budoc (P/// vitthek, dans la Bciuuaiis Mcriasek; Budeaux,
en Devon)
S. Mcriadoc (patron de Camborne)
Bibliographie. 99
S. Clerc
S. Clcdcr
S. CorncJy (patron do Carnac)
S. Car en toc k
S. Corentinc
S. Doiiiiiiick (probablement à rapprocher de notre Sainl-
Domineuc^
S. Enodcr
S. Ervan {Envan, en Tréguier, est un nom donné indû-
ment à S. Yves)
S. Fcock (pour saiui-Vcoc , ci. Lan-veoc, Trciiicoc, Trcjf-
Machciic^
S. Gcrrans
S. Giilwal
S. Gunwallow (Winwaloe)
S. Giuiticar (cf. Plu-vii^)icr)
S. Gu'ithian (mieux Go^ian)
S. Kca (cf. Saint-Quay)
Landcii'cdnacb (dédié à S. Winwaloe)
LiixiiUcn (= Les Siilien; cf. Plusulicii)
S. Mcicaii (cf. S. Meen ; PJoeven, au moyen âge, Ploe-
Mccrnen
Petrockstoiu
S. Michael en Carhais
Paul (cf. Paul, près Carhaix)
Perran (cf. Loc-Pe~raii, Port-Louis)
S. Sampson
Sithney (cf. Gutsseny pour Giuic-Sc~iii)
Toiuednach (dédié à S. Winwaloe)
S. Tiidy
S. JVcnn (cf. Saint-Guen)
S. Winnoiu {sanctus Winiaviis, honoré en Armorique).
Il semble que le nom des Cornovii n'ait remplacé pour le
pays qu'ils occupent le terme de Durnnonia qu'après la con-
quête du Devon par les Saxons. Ce qui est frappant, c'est qu'on
ne remarque en Cornwal aucun grand établissement religieux
ayant des apparences d'antiquité et exerçant en pays britto-
nique une grande influence et une grande action, comme c'est
100 Bibliographie.
le cas pour le pays de Galles. Tout y parait importé et en
quelque sorte de fraiche date. Si les Cornovii étaient établis
sur la pointe de la Domnonia au moment de l'exode, ils de-
vaient létre depuis assez peu de temps.
Le point capital à relever, c'est que le breton armoricain
forme avec le comique un groupe absolument intime vis-i-vis
du gallois. Le nom breton des deux Cornouaille, KcrnèiO,
gallois Cernyw, comique Kcniow, remonte exactement à Cor-
novii ou Carnôvja.
Le sud du pays de Galles a dû entrer pour une part impor-
tante dans l'émigration à en juger par les vies de saints et aussi
par le nom de Léon, vraisembl iblement importé de Caer-Leon
ar Wysc. Les monastères gallois ont joué un rôle considérable
en Armorique. C'est d'eux que sortent les fondateurs de mo-
nastères de la péninsule et non de la Cornouaille. Le nom na-
tional des Gallois (sing. Cyiiiro :=* Conibrox, plur. Cyiiiry =
Coiihrogcs) semble avoir appartenu à un groupe émigré en
Cornouaille armoricaine. Un des comtes de Cornouaille porte
le nom de Diles Heiijiior Ccnihre (Diles, le porte-parole des
Kciiibir)' : Kenibrc représente 1res exactement le gallois Cvinry.
Les Bretons du Nord de l'ile doivent-ils compter parmi les
émigrants ? Ils n'ont guère envoyé authentiquement et tardi-
vement que saint Ivi -. Saint Gildas de Ruys, d'après son
hagiographe, viendrait à'Arechila, pays de Strat-Clut, nom in-
téressant Ç'' Are-clôl(i) \ mais cette vie pourrait bien avoir con-
fondu deux personnages différents : le saint armoricain et
l'auteur du De Excidio Britmuiia et de VEpistola. Le nom au-
thentique du saint armoricain ne peut être en aucune façon
Gildas. Gildas eût donné Giolas. Si ÏJ long est pour è long
représentant ei, ai vieux celtique, on eût eu en vieux-breton
Givehas, en breton moderne, en vannetais et cornouaillais
Goneotas. Que si on suppose une voyelle tombée entre Geil et
tas, on aurait en tout cas Goiiellas et non Gweltas (avec il con-
sonne): cLgih'lef, voir, et au contraire i^^one, sauvage = veido-.
1. Cf. J. Loth, Oncstoiu., p. 115.
2. C'est le patron de Logiiivy, de Pontivy, et Saint-Ivy-Church en
Wilkshirc.
Bibliographie. loi
La forme du ix'-'-x'-' siccle Gn'cltas du nom du saint de Rluiys a
dû amener l'identification des deux noms et par suite des deux
saints. De plus, il me paraît dilHcile que le Gildas du De
Exciiiio sorte du nord ; dans son Epistola, il nomme Constan-
tinus roi de Damnonia, \'orteporius roi des Demetae; Maglo-
cunus, que nous savons avoir été roi de Gwynedd. Le pays
d'Aurelius Conanus ne nous est pas sûrement connu. Celui de
Cunoglasos est probablement le pays de Galles : c'est le Cinglas
des généalogies galloises du ix'' siècle prétendu descendant de
Cuneda^ Le Jéremie insulaire paraît ne connaître que l'ouest
et le sud de l'ile.
Nous n'avons aucune indication nette au sujet des Bretons
établis dans le Vannetais. Pour eux, non plus que pour les
Bretons de Riothamus, on ne peut même recourir à une con-
jecture plausible. Il est évident que les premiers émigrants ont
dû venir du sud-est. Si nous n'en avons pas d'indice dans les
noms de lieux, c'est que tout ou à peu prés a disparu dans la
zone insulaire, devenue anglo-saxonne. Les chartes anglo-
saxonnes ne peuvent guère nous renseigner, les premières étant
du début du vii^ siècle. Le dialecte de Vannes est très différent
des autres et paraît à priori indiquer un courant différent
d'émigration ; mais les différences ne sont pas, en général,
très anciennes et sont loin d'être fondamentales, sauf en ce qui
concerne l'accent. L'accent lui-même d'ailleurs a évolué de-
puis l'époque romaine.
De quelle façon s'est opéré l'établissement des Bretons en
Armorique ? De la f.içon la plus pacifique, d'après M. de La
Borderie. Il ne nie point qu'il n'y ait pu y avoir quelques ti-
raillements entre les émigrants et les indigènes; mais ceux-ci
étaient peu nombreux; la péninsule était a peu près déserte;
les forêts en occupaient le centre, et le pourtour avait été dé-
vasté de fond en comble par les Saxons. Que les côtes aient
eu la visite des pirates germains, Saxons, Frisons, au V-' siècle,
cela n'est pas douteux; mais il est vraiment excessif de leur
attribuer une destruction à peu près totale du pays: rien n'au-
torise à le supposer. Les ruines d'édifices gallo-romains que
I. J. Loth, MubiiiOi^ioii, II, p. 507.
102 Bibliographie.
l'on rencontre en si grand nombre seraient leur fait, d'après
M. de La B. A mon avis, beaucoup sont dues au temps. Comme
les Francs, comme leurs frères du pays de Galles, les Bretons
avaient peu de goût pour les villes et caslra gallo-romains. Les
chefs Bretons les plus connus ont leur Us ou résidence seigneu-
riale entourée de fossés et de retranchements au milieu de bois
ou d'endroits isolés d'une défense facile. Ce que le temps n'a
pas abattu et le hasard détruit est tombé pendant les guerres
entre Francs et Bretons, les guerres intestines des tribus bre-
tonnes ou des princes bretons dans la même tribu, que nous
savons avoir été fréquentes et sérieuses, et vraisemblablement
aussi à la suite de luttes entre indigènes et Bretons. Quant aux
forêts, si elles étaient plus considérables qu'aujourd'hui, c'est
une grave exagération que de les montrer couvrant tout le
centre de la péninsule. La forêt dite centrale elle-même était
composée de très nombreuses et vastes clairières, comme en
font foi un nombre de noms de paroisses d'origine gallo-ro-
maine: l'évêché de Saint-Malo n'est-il pas pour une grosse part
formé par le fameux Pa^^iis-trans-silvam ?
C'est en vain qu'on objecte à l'auteur le témoignage si
formel de l'évêque de Vannes, Regalis. Lorsque Weroc eut
fait sa paix -.wnc Ebrachaire (vers 590) et eut quitté Vannes,
l'évêque entouré de son clergé et des habitants du pays (pa-
ireusibus) expliqua ainsi sa conduite au représentant du roi des
Francs: « Nihil nos nostris dominis culpabiles sumus, nec
unquam contra utilitatem eorum superbi exstitimus, scd in
captivitatc Britanuonini posili crravi jiigo snhditi snniiis. Selon
l'auteur, la ville de \'annes étant possession tranqueet formant,
à cette époque, la limite du vannetais breton, les plaintes de
Regalis ne prouveraient rien: ce sont des Gallo-Francs qui
parlent. On pourrait objecter que ces Gallo-Francs sont sim-
plement des Gallo-Romains soumis aux Francs plus direc-
tement que ceux qui restaient au milieu des Bretons mais
qu'ils étaient de même race, de même religion qu'eux. Weroc,
maître de la zone de \'annes, a traité les GalIo-Romains de
cette zone comme lui ou ses prédécesseurs avaient vraisembla-
blement traité les indigènes avec lesquels ils s'étaient trouvés
en contact. Il ne faut pas ici invoquer entre les Bretons et les
Biblioompliic. \o]
Gallo-Roniains dWrmofiquc des liens de parenté que Thistoire
peut jusqu'à un certain point établir mais qui n'existaient plus
visiblement : les deux groupes ne parlaient pas la même langue ;
les païens étaient nombreux encore en Armorique tandis que
les émigrants étaient sûrement chrétiens. Les Bretons d'Ar-
morique sont une race violente, belliqueuse, aguerrie, exces-
sive en tout, comme les Gallois, au témoignage de Giraldus
Cambrensis. Les meurtres, les pillages, les guerres civiles, les
excès de toute sorte sont aussi fréquents dans leur histoire que
les traits d'héroïsme moral. Ils n'hésitent pas à réduire en es-
clavage les Gallo-Romains des pays de Nantes et de Rennes.
Le christianisme de leurs ennemis ne pèse pas plus à leurs yeux
que celui des Scots pour Coroticus d'après VEpistohi de Patrice,
que celui des Angles pour Catwallon, au témoignage de Bède .
Nomenoe l'a suffisamment prouvé. Comment supposer par
conséquent qu'ils aient eu le moindre égard pour des popu-
lations à moitié païennes ? Le témoignage d'Ermold le Noir
vient à l'appui des paroles de Regalis et les éclaire d'une vive
lumière. On peut accorder qu'il puisse y avoir quelque exagé-
ration, dans les plaintes dont il s'est fait le complaisant écho,
mais il n'a pu les inventer; ce sont bien les Armoricains mêlés
aux Bretons qui parlent. Ils nous montrent les Bretons ac-
cueillis par eux parce qu'ils sont chrétiens; puis peu à peu
s'emparant des terres de leurs bienfaiteurs, les traitant avec
liauteur et dureté et enfin non contents du sol qu'ils ont in-
dûment accaparé, se jetant sur le rovaumemême des Francs^
D'ailleurs, même sans ce commentaire, les paroles de Regalis
sont décisives. L'explication de M. de La B. n'a en effet
quelque valeur que si on admet avec lui que Vannes n'est pas
englobé dans une zone occupée par les Bretons, que si Vannes
forme effectivement la limite du territoire des Bretons. D'après
lui, les Bretons n'auraient occupé le \'annetais oriental jusqu'à
la Vilaine que fort tard. Ils n'auraient commencé à s'y glisser
qu'à partir de 799 et ne s'y seraient solidement établis que
plus tard : c'est après la fondation de l'abbaye de Redon qu'ils
auraient pénétré dans la péninsule de Guérande (II, p. 31-32,
I. Ap. Pertz, Mon. Genn. hisl. script., II, p. .^90.
104 Bibliograplnc.
619). Un fait historique cependant semble contredire cette
théorie : c'est que quand saint Félix, évêque de Nantes, va in-
tercéder en 579 pour ses ouailles auprès de Weroc, il le trouve
à Aula Quiriaca qui est sûrement Guérande, ou dans les en-
virons. Il est vrai qu'on peut admettre que l'occupation n'a
été que momentanée. A détaut de témoignages historiques di-
rects, nous avons un moyen infoillible de trancher la question :
c'est de consulter les noms de lieux. Les noms de f midi en -ac
ont été surpris par les Bretons en pleine évolution romane;
cette évolution qui les a amenés à -é dans la Bretagne française
s'est arrêtée à -ac dans la zone bretonnantc. Aqiiiniacns a
donné Acii^m' dans le Rennais et Ai^uiniac dans le \'annetais.
Les Bretons les ont trouvés sous la forme -aco-, -iaco-. Pour
qu'ils les aient trouvés sous cette forme, il faut qu'ils aient oc-
cupé les f midi dans la seconde moitié du V ou dans le com-
mencement du VI'' siècle au plus tard. Dès le milieu du
vi^ siècle, ils les eussent trouvés sous la forme -i^ii^o-, -iago- ou
même -ego-, -iego-. Ces noms nous seraient arrivés, par con-
séquent, sous la forme -<"\' ou -/ et non sous la forme -ûc^. Or,
ces noms en -ac sont très nombreux tout justement dans le
Vannetais oriental et dans la partie du Nantais au delà de la
A'ilaine occupée par les Bretons. Il est donc sûr que dans toute
cette zone, à l'époque de Regalis et même plus d'un siècle
avant, les Bretons dominaient ou tormaient la classe domi-
nante. Là, comme ailleurs, comme dans le Vannetais occi-
dental, les indigènes étaient mêlés aux émigrants et ne se sont
fondus que lentement avec eux. Ici encore les noms de lieu
sont nos meilleurs témoins. Près de Guérande est le gros
bourg de Saille. On y parlait breton il y a peu de temps.
Saille est. anciennement Saliacitiii. Pour que ce nom ait évolué
I. J. Lotli. Moh laliiif, p. 2) et suiv. Un autre argument tout aussi dé-
cisif, c'est qu'au vi^ siècle révolution qui transformait les sourdes intervo-
caliques en sonores et les sonores en spirantes était achevée. Dés $^8, lùviitii
est devenue loita (Yonne) (Scluicliardt, Ton;/., I. p. 121). Or, les noms
gallo-romains des territoires en question ont encore la sourde intacte, ainsi
que la sonore.
Pour a devenu e (lï), cf. Meyer-Lùbke, Giminiunie des langues roiii., l,
p. 571.
Bihliograpliic. 105
d'une façon romane, il tant que en pleine occupation bretonne
on }• ait parlé roman. Il en est de même de Séné qui est au-
jourd'hui en pleine zone bretonnante, sur le golfe du Mor-
bihan. Le nom français des habitants est Sctia<^o, en breton
Séiiet^^du', nom évidemment formé sur Scnacuni, Beiiic, près du
Faouët, est vraisemblablement identique à Beniay et suppose
BcniacuDi; Rai cm' près Pontscorff paraît identique à Rtulcnac
dans le Morbihan français. Mais, dira-ton, comment les
Francs ont-ils pu laisser s'établir dans un pa3's qui leur était
directement .soumis et qu'ils surveillaient jalousement une
population dont ils avaient les plus graves raisons de se méfier?
La réponse est des plus simples. En admettant avec moi que
les émigrations bretonnes ont commencé dès 430-440, peut-
être avant, et qu'elles ont dû être dès cette époque très consi-
dérables, comme en fait foi le nombre des combattants de
Riothamus, on se l'explique sans peine. Les Bretons aban-
donnés par l'administration romaine, tout en ayant conscience
de leur nationalité, se souviennent peut-être néanmoins qu'ils
ont été les sujets de Rome; Ronie jouit encore à leurs yeux
d'uncertain prestige administratif et religieux. Forcés d'éniigrer,
ils se portent sur un pays d'empire abandonné à lui-même. Leur
établissement n"a donc pas le caractère violent de celui des Saxons
dans l'île. L'administration romaine qui n'a plus guère d'action
directe sur la péninsule ne peut concevoir d'ombrage de la
présence de sujets d'empire sur ce point. Ce serait plutôt pour
elle un appui que ces nouveaux venus aguerris par cinquante
ans de guerre, et l'appel d'Anthemius à Riothamus le montre
bien. Les Bretons, de gré, de force quand il le faut, s'étendent
bientôt sur la plus grande partie de la péninsule. Dès la fin
du règne de Clovis, ils ont pris pied sur le territoire des évê-
ques de Rennes, comme en fait foi l'épisode des prêtres Lovo-
catus et Catihernus. Nous avons vu qu'à la même époque ils
avaient, au Sud, franchi la Vilaine. Quand les Francs se pré-
sentent comme légitimes représentants et héritiers de l'admi-
nistration romaine dans la péninsule, c'est-à-dire à la fin du
règne de Clovis, ils sont en présence d'un fait accompli : ils
ont à gouverner une population mixte de Bretons et de Gallo-
Romains également et théoriquement sujets de l'empire. Ni
io6 Bibliographie.
les uns ni les autres ne songent à repousser une autorité qui
leur parait légitime : nous avons des témoignages concordants
d'auteurs mérovingiens et d'hagiographes bretons que les
Bretons reconnaissaient l'autorité des rois Francs, et que ceux-
ci, de leur côté, admettaient la suprématie des Bretons dans
les territoires occupés par eux. Même dans le Vanneta's
oriental, il est clair que la classe aristocratique, possédante,
est bretonne. Ce n'est qu'au cours du vi" siècle que les
Bretons, mus par le sentiment national, poussés par un
besoin d'extension qu'ils ne satisferont que par la conquête
définitive des pays de Rennes et de Nantes, engagent ou-
vertement contre les Francs une lutte qui ne se terminera
que par la victoire décisive de Nomenoe à Ballon sur Charles
le Chauve.
Il me semble que M. de La B., dans sa conception de
l'émigration bretonne, a été quelque peu, à son insu, in-
fluencé par ses idées personnelles et qu'il a transporté au
v^-vi'= siècle son idéal de la société et de la nation bretonne,
idéal très noble d'ailleurs et qui n'a jamais été peut-être com-
plètement atteint. Chaque bande d'émigrants lui apparaît
comme ordonnée en une sorte de théorie parfaitement réglée :
c'est l'union fort désirable et ici réalisée du trône et de l'autel,
en prenant ces termes comme des symboles des pouvoirs civils
et religieux. « Le pion j dit-il, c'est proprement et primitivement
la petite colonie formée par la bande bretonne émigrée, s'éta-
blissant au sortir des barques fugitives dans un coin désert de
l'Armorique sous la direction d'un brave guerrier, chef Icin-
porel, d'un pieux moine, chef spiriliicl de cette petite société
formée sur la terre d'exil par la communauté du malheur
(I, p. 281). » La fusion ou au moins l'union dans les mêmes
sentiments patriotiques des deux éléments ethniques de la pé-
ninsule, les Gallo-Romains et les Bretons, il les place trop tôt;
elle ne s'est guère réalisée pleinement qu'au x' siècle.
Les institutions civiles et religieuses des Bretons émigrés
sont exposés avec grands détails et d'une fliçon en général
concluante. La question des évêchés avant Nominoé est
traitée magistralement. Peut-être pourrait-on trouver que
l'auteur accorde une suprématie excessive avant Nominoé à
Bibliographie. 107
Dol : la supériorité du siège de S. Sanison me paniît avoir été
plutôt morale qu'effective ^
Sur une seule question à laquelle Tautcur me parait attacher
une importance excessive, je suis d'un avis nettement opposé.
D'après lui, le pion (plchs) serait une institution particulière à
la Bretagne, une des conséquences les plus remarquables de
l'établissement des Bretons en Armorique. On ne trouverait
rien de semblable ni en Cornouaille anglaise, ni dans le pa\'s
de Galles. Le pion, colonie bretonne, d'après le passage cité
plus haut, a à sa tête un machticrn, qualifié souvent, dans le
Cartulaire de Redon, de priiiccps pleins. Ce mactiernaî est une
dignité héréditaire. Toujours, d'après l'auteur, le mot plcbs
dans les cartulaires de Redon et de Landevenncc n'aurait rien
de commun avec la plehs ecclésiastique mentionnée dans les
conciles du ix'' siècle, qui n'était autre chose que l'archiprétré
ou doyenné rural-. Cette institution décrite au tome I est ex-
posée àSQC de grands détails au tome II (p. 246-247, cf.
p. 142, 176). Ce sont les mêmes vues générales, mais avec
d'importantes restrictions: p. 246, l'auteur reconnaît qu'il y
a des prcsbyter pleins, et cela dès la première moitié du
ix^ siècle. Il y aurait toutefois entre la plehs de nos cartulaires
et la pkbs ecclésiastique cette différence que la plehs bretonne
ne correspond pas toujours, comme la plehs ecclésiastique, à
un doyenné rural au moyen âge. Ce n'est pas là une différence
essentielle : ne voyons-nous pas qualifier, dans le Cartulaire
de Redon, de plehs, en territoire non bretonnant, en plein
ix^ siècle, des paroisses comme 'fur rie (Thourie, près Rhetiers)
qui n'ont jamais formé de doyenné rural ? Le iiiachliern est-il
un personnage si spécial à la Bretagne ? Est-ce également un
caractère spécial à la Bretagne que la plehs ait désigné d'abord
une circonscription civile? La question des paroisses rurales
en Gaule a été traitée tout dernièrement de la façon la plus
claire par M. Imbart de La Tour 5. Il ressort de ce travail très
documenté que les premières églises ont été fondées dans le
1. Je crois l'avoir démontré dans mon travail sur V H migra lion Ivetouiie,
p. 205-212.
2. Tome I, p. 281, note 2.
5. Les paroisses rurales dans l'ancienne France (Rc\uq historique, 1896-1898).
io8 Bibliographie.
viens ou caslnim par le grand propriétaire, laïque ou clerc;
dans Yager cccksiae par l'évcque; dans les loca deserla, par des
moines ou des reclus. Les prêtres qui desservent ces sortes de
paroisses sont soumis d'abord à un simple patronage laïque ;
puis ce patronage se transforme en propriété. L'église rurale
devient rcs privaia; l'église baptismale peut être donnée,
vendue, achetée. Au ix"^ siècle, \q viens piiblicits, la paroisse de
l'archiprêtre, tombe entre les mains d'un grand. La sujétion
est générale : comme l'évêché, comme l'abbaye, la paroisse a
son seigneur. Au viii"' siècle, le droit de propriété est nette-
ment établi : le doniiniis devient le senior. Peu à peu la circon-
scription laïque et la circonscription ecclésiastique, le domaine
et la paroisse (plebs ou paroehia) se sont confondus. Ce que
M. Imbart de La Tour a constaté en Gaule, d'autres l'ont
constaté en Angleterre : Taylor a établi que les limites des
inanors anglais décrites dans les chartes correspondent exac-
tement aux paroisses ^ En Bretagne, c'est la même histoire.
L'église est fondée par un chef ou un évêque, par exemple
Plescop, près Vannes (Plebs cpiseopi) fondé par l'évêque de
Vannes. Elle l'est dans un viens comme PIondalnw:^cau, appelé
en breton Gnitalvi^é (*\icus Telmedovius), ou dans un easlrnm
comme Plongaer, attenant à Carhaix (Pion Caer =^ pJebCastri) .
Les moines fondent des kuvi; les solitaires des loe. Les Mar-
tyria eux-mêmes se retrouvent dans les Mer:^er (les Merthxr
gallois). Comme ailleurs, la paroisse devient la propriété d'un
grand : qu'il s'appelle niaehliern, cela ne change rien à l'affaire.
La même chose se produit en Galles, au témoignage de Gi-
raldus Cambrcnsis. Le maehticrn d'ailleurs est non seulement
appelé prineeps plebis, mais même senior. Il peut y en avoir plu-
sieurs dans la même paroisse. Il y en a qui semblent représenter
l'autorité centrale, bretonne ou franque: Portitoe et Uuorbili,
dans une charte de 830, portant le titre de vassi doininiei-.
1. An analvsisofthc Domcsday Survey ofGloucestershire, Bristol, 1887,
p. 4).
2. Cf. J. Loth L'Emi^r. biit., p. 218-220, Maehticrn 3i pris en gallois le
sens de chef, roi. En breton, si on lui donne le sens précis de représentant
du chef, SOUS-CHEF, il a, semble-t-il, son vrai sens : il paraît composé de
mach, caution, et de tient, chef.
Rihliogiaphie. 109
M. de La Bordcric invoque à rappiii de sa théorie le carac-
tère des noms composés où entre le mot pion : ce qui prouve,
à son avis, que le pion a été formé par un chef avec son clan
ou sa clientèle, c'est que ce terme général de ploN est réguliè-
rement suivi d'un nom de chef, par exemple Ploii-Fnii^uiii.
Or, ces noms prouvent tout justement le contraire et suiliraient
à ruiner, sans autre preuve, toute l'argumentation de l'auteur.
Ploii (hlcH, plu, pic) est parfois suivi d'un nom commun:
Ploii-Magoar, Ploii-Mogiicr, le plehs de la muraille (Maccria) ;
Plen-nieiir (Plchs iniit^mi); Plcii-hihan (Plcbs parva), Plounc-
Vi'Z (Plcbs nova); Pkmguerucau (Plebs Coniovia) ; Plou-gaslel
(Plcbs CastcUi); Plongiicr (Plebs Castri) ; Plelan, PoiiUan (an-
ciennement Ploclan): Plcbs Lannae: lanii, monastère); Plcscop
(Plebs episcopi); P lobanalec (Plehs aux genêts'). Pour les autres
composés de pion, le nom suivant ploii est, presque toujours,
///; noni de saint, ce qui suffit mieux que toute autre preuve à
démontrer le caractère essentiellement ecclésiastique de la
plebs. Je n'excepte même pas Plon-Fragan. Fracan, en effet, à
tort ou à raison, a ceint l'auréole, comme le prouNe Saint-
Frcgan en Léon. Voici une liste de ces composés :
Plon-gnenonal (S. Goiival, mieux Cononal est son patron)
Plestin (Plebs lestin : S. Justin)
Plcngnenenc, Plogonncc (S. Concc)
Plcumelcnc, Pluinclec (S. Maeloc, S. Melcc)
Ploeruiel ; Plonar~cl (S. Arthmael)
Ploncour, Plounconr (S. Enewor)
Plonbe-^rc (Plebs Pétri)
Plocrdnt (S. Iltut)
Ploncdern (cf. Lannedern ; S. Edcni)
Plombée (S. Iii:{ec ; S. ludoc)
Plougonhn (S. Coulm, S. Columba)
Plouignean (S. Winniaw ou lunaw)
Plonniiliau, Plntnelian (S. Meliau)
Plonnevcnler (S. Neventer)
Plocvcn (Ploe Mcguen : S. Mewen)
Pludual (S. Tutwal)
Plnherlin (S. Iserninus)
Plumandan (S. Maudan : d. Laii-vandan)
I 10 Bibliographie .
Phimcriial, Pliiinaugal (S. Maelcat)
Pliimieur (S. Maioc, M(\k:d. Lanveoc)
Plusiilicn (S. Sulicn)
Pln::jinct (S. Dunôt)
Phivigner (S. Gzuiiigtier)
Ploiigiiicl (S. Kicl : Chichis, un des comgagnons de S. Paul
(Aurélien)
PkdcUa{c) (S. Teliau)
Enfin, l'origine mcnic du mot est significative: la forme la
plus ancienne est ploib qui est devenu, suivant la composition,
phk'ii, ploHCii, plan, plo, pieu, plu, pic; ce mot représente exac-
tement plçbc. Il désigne en Léon plus spécialement les gens de
la campagne, par opposition à ceux du bourg (gwic). Dans une
glose du x"^ siècle, le mot i'rn-hIobioii (ploebion) désigne les
gens attachés à la glèbe. En Galles et en Cornouailles, le mot
qui a parfois (chez les poètes gallois) le sens de nation,
peuple, a couramment et n'a plus que le sens de paroisse. Dans
la liste des paroisses (plivxfau) de Galles publiées par la Myv.
Archacology, plusieurs noms de paroisses sont précédés du mot
phuxf exprime ou indiqué par P. Dans un texte comique, la
Beiuuans Meriasek, la paroisse de Buthec (Bô^ec) est dite Plu
(plou) Vutbek. On peut se demander pourquoi le mot plou
est resté attaché au nom qui le suit, en Armorique, tandis
qu'il en reste séparé en Cornwal et en Galles. La raison en
est qu'en Cornwal et en Galles, le mot plou (phvyf et plu) est
d'un usage courantdans le sens de paroisse, tandis qu'en Armo-
rique il n'est plus depuis longtemps emplo3'é. Le composé
syntactique intermittent est devenu un composé véritable et
permanent du jour où on n'a plus eu conscience de la valeur
du premier terme. Le fait, en Armorique même, n'est pas
sans exception. Plusieurs /)/^^^.f ne sont pas caractérisées par la
présence de plou.
A ces considérations, j'ajouterai quelques critiques ou re-
marques de détail.
Tome L — P. 241. Le royaume de Rhegeil serait dans le
Nord de l'île. Il est sûrement dans le Sud (Revue Celtique,
1900. P- 335)-
Bibliographie. 1 1 i
Ibid., note 4. Stitit-CliiXii est une mauvaise lecture: il faut
Strat-Clut (Cl ut = Clôia). Riivoiioc ne peut être Relii^oiiiitiii :
c'est un dérivé de /?//c'(7îc'// ; au w"^ s\cde RiiiiKiiiii =■ *Roiiiâiins,
un des fils de Cunedda; c'est un district bien connu du pays de
Galles. — Scllavir représenterait Selgovae : ScUovir n'a jamais
existé. — Le royaume d'£/t/<v/ : je suppose qu"il s'ag\\:d'Eic}d!ii,
du Gododin : ce nom ne peut venir d'Itiiiui.
P. 4, 245 et 455. M. de La B. distingue entre les noms de
Cuinbrie et Cambriae : Camhrie, c'est le pays de Galles ; Cum-
hric, la Bretagne du Nord, plus spécialement le Citmherland.
Les deux noms sont identiques ; tous lesdeux viennent de Com-
brog-es (mieux *Coiiibivo;-Js ou *Coiiibrogia). On ne trouve
Cambria qu'au moyen âge
P. 306^ note 2. M. de La B. a raison de rejeter l'étymologie
qui fliit venir Laiigiiciix et Trcgumix de Laii-Giielhciioc et
Tref-Gttcthenoc . En revanche il a tort de tirer Guchiic de Trcf-
Giichnc, de JVocduc, Gu'i\iic : Laii-guchuc, Trcf-giicbuc sont pour
Lnii^acor, Tref-Gacoc. Le saint est Caioc, *Ceoc (Revue Celt.,
P. 313. P()/~rt/ (Plounevez Porzai) viendrait de Po)\-Coct.
Por~ay représente Por-oed et Porlhoe^, pluriel de portb, portus '.
P. 338. Dunniouia viendrait de dounni, profond, et de iieint,
plur. de nanl, vallée. C'est une étymologie de lettré faite sur
dxfnein, forme galloise régulière de Dunuumia.
Gherent (lisez Gereiiit^ se serait distingué à la tête des
Dumnonéens(5 19-520) contre les Saxons: suit ime citation de
M. de La Villemarqué, Bardes Bretons, p. 4, 3, 7, 11. Cette
citation est un contre-sens. Le Gereint dont il s'agit est pro-
bablement le roi de Dunmonia auquel Adhelm écrit au com-
mencement du VIT' siècle.
P. 344. Au lieu de Careiikhial, lisez Garent mail, mieux
Garant mail = *Caranto-maglos. C'est le même nom que le
Carautmael (pour Garant. fael) de l'élégie de Gxnddylan.
P. 361. Briac a donné son nom, non seulement à Bourbriac,
Sainl-Briac, mais encore à Lopriac (Loe-Briac) en Kervignac et
Lopriac en Langonnet (Morbihan).
I. J. Loth, Cljiest., p. 226.
I I 2 Bibliographie.
P. 371. Lavocalus ne signifie pas cjni se bat connue un lion :
c'eût été dans ce cas Lcvocalus. Lou est à rapproclier de go-lou,
lumière.
P. 374. Liban ne peut être identifié avec lairn ; iaïun est la
forme galloise du breton actuel eeun qui peut remonter à une
forme vieille-bretonne *iôn. lahan représente bien lohanms;
lahan a donné lann, Jean ; Yahan est encore usité en haut-
vannetais.
P. 395. Cacr-Hacs. Cacr est due à une tentative étymolo-
gique. On prononce Cacr, Kcr, tandis que partout on pro-
nonce Carcs, Carèxs ou Carcs. Ce nom se retrouve dans plu-
sieurs villages du Morbihan, dans Carhays (Cornouaille an-
glaise). Le second terme aes est le nom de deux paroisses du
pays de Galles: Yr Acs fach, Yr Acs fnvr (Myv. Arch, 2"= éd.,
p. 749): c'est évidemment un nom commun. Quant à car,
cf carmacs (le terrain, domaine aux parents : prononcez ra/Tw).
P. 498. M. de La B. a raison de foire de saint Ivy le patron
de Poutivvet de Loî^uivy, et de repousser l'usurpation de saint
Devv, suffisamment favorisé d'ailleurs. On prononce en effet
Pondivi et Logivi; si Diwx était le second terme, on aurait
Pontivi et Lot ivy. (^Lotiiy existe ; cf. Lantivy pour Nant-Dcici,
comme Lancarfan pour Nant-Caifan).
P. 569. Il est sûr que le patron de Lancieux (Lan-sicii) est
le disciple de S. Brieuc, appelé dans la vie de Brioc {AnaL
BoU. Il, p. 186-187) Simaus et par surnom Sinionis. M. de
La B. corrige avec raison Simaus en Siviaus (mieux Siuuia-
vus^. Siviavus est la forme hypocoristique, Si-morus pour
Siîoo-nwrus, la forme pleine. Quant à Sicu, il remonte plutôt à
*Siwôc (cf Brioc et Brioniaglos).
P. 568. Conober serait distinct de Cuno-nwr, l'un signifiant
Cono, le Court, l'autre Cono, le Grand. Conober serait Conoo
ou Canao, le comte de Vannes, l'allié de Chramne. Conober
peut être une forme de Cononior, due aux Francs, par fausse
étymologie franque, d'après des noms comme Rici-nier ; le b
n'est pas une difficulté. Il est sûr que -ber n'a rien à faire avec
berr, court. Quant à Conoo, c'est peut-être la forme hypocoris-
tique de Couo-mor. Au point de vue historique, il semble qu'il
faille séparer d'abord Conober de Conoo; ils meurent à des dates
Bibliographie. 1 1 5
différentes ; et, en outre, de Conohcr aussi bien que de Couoo,
on devrait séparer Gwcw/t)///.s- : ce dernier, comme le fliit juste-
ment remarquer M. de La B., est chef du Poher et usurpateur
de la Doinnonia, mais il ne possède pas le vannetais breton.
Tome II. — Page 5. M. de La B. remarquant que dans un
acte de 801 concernant Langon, sur la Vilaine, il y a des si-
gnataires portant des noms bretons et des noms germaniques,
en conclut que les deux races, Francs et Bretons, commen-
çaient à se mêler sur cette limite. Or, en principe, dans le
Cart. de Redon, toutes les personnes qui ne portent pas de
noms bretons portent un nom germanique: en conclura -t-on
qu'il n'y a plus en Armorique que des Bretons et des Francs ?
Il n'est pas douteux que la grande majorité des personnes à
nom germanique ne soient des Gallo-Romains, en Armorique
comme dans la plus grande partie de l'ancienne Gaule. Par
analogie, il est très vraisemblable que bon nombre d'individus
à nom breton ne l'étaient pas de langue.
P. 11-12. La demeure de Morman, l'adversaire de Louis le
Débonnaire, aurait été Minc-Morvon en Langonnet. C'est bien
peu vraisemblable. La dernière bataille se livre en Priziac et la
guerre se termine dès que l'EUé est atteint. Il est donc certain
que le fort de la résistance était le vannetais occidental et que
Morman est un chef de Broweroc. Dès lors, il est singulier que
sa principale demeure soit en Cornouaille. Il y a des positions
en Priziac qui répondent mieux que Mine-Morvan à la des-
cription d'Ermold. En outre, Witcar, le moine franc était,
d'après le récit, voisin de Morman, ce qui tendrait à prouver
que la résidence habituelle du chef breton devait être plus à
l'Est. Quant au nom de Mine-Morvan, il ne prouve pas
grand'chose. Morvan est un nom fort répandu; il y a un
Mane-Morvan en Lignol, des Kennorvan, des Vilk-Morvan, un
peu partout.
P. 67. L'auteur reproduit le fameux tribut de Nominoe du
Barzaz-Breiz. En note, il nous apprend que M. de La Ville-
marqué avait trouvé dans la soi-disant version populaire de
ce chant, non Nomenoiou, mais Navinc'ou ou Navinoti. Pour-
quoi dans ce cas avoir écrit Nomenoiou? Il est de plus assez
Revue Celtique, XXII. 8
1 14 Bibliographie.
étrange que M. de La Villcmarqué ne sût pas exactement s'il
a entendu N(ivi)u'on ou Naviiion. A mon avis, il n'a entendu
ni l'une ni l'autre. Niiiiûnoc ou Noniïnoe est un dérivé de
Nûiinn ou Noiinn (vieux-gallois Kuiiiin, devenu AVi'y;;), et il
a évolué en Ncvcnoc^.
P. 99. M. de La B. a bien raison de se refuser à suivre l'abbé
Duchesne dans ses fiintaisies linguistiques qui transforment
Rcstcrcahius en Bcrloaldus, et Scvcrinus en Scrgius. Rcstovahius
est peut-être à lire Rcito-valdus, qui représenterait Reilhical,
nom bien breton (forme vieille-brittonique *RcctuvaJos).
P, 130. M. de La B. lit Caiu dou pont dans une charte de
837-85 I et y voit du français : le champ du pont. Le texte porte
Camdonpont . Une graphie dou pont, à cette époque, paraît en
outre peu vraisemblable.
P. 177. Le mot trifocaliuni (Cart. Red., App., p. 354,
charte de 833}, sorte de siège, est glosé par le breton isiomid.
Il faut sans doute lire iscouiid, qui répond exactement au gallois
ysgeniydd et esgeiiiydd, traduit par Lhwyd par banc.
P. 192. Le ran serait le chef-lieu du domaine. Cette inter-
prétation me paraît contredite par les chartes. Ran équivaut à
villa et représente un domaine plus ou moins étendu, comme
il ressort d'ailleurs des textes cités par l'auteur, p. 223 (cf.
p. 205).
P. 262. Saint Bern aurait été tiré par les Bretons de Paicru :
c'est impossible. Palcni a donné partout Padarn ou Pedern.
Quant à Bcrn ou Barn, Mcrn ou Main, on le trouve, comme
l'auteur le dit justement, dans divers noms de lieux.
P. 265. Au lieu de Ruilcit, lisez Rivilcn.
P. 278. Ar^iviu est dans la charte Arthuuiu.
P. 289, 401. lec'b est très inexactement transcrit par Icrh.
Il eût mieux valu abandonner ce terme employé à contre-sens.
P. 390. Lesncvcn n'a rien à faire avec Evcn, comte de Léon.
Le mot est composé de Les et Neven = Nùniiii : Nonicnoe est
un dérivé de ce nom.
J. LOTH.
(A suivre.)
I. J. Loth, Chrest., p. 223.
CHRONIQUE
SOMMAIRE: I. Le " Dialogue des Vieillards », nouvelle édition par M. Wliitley Stokes
— 11. Les Ciirmind G<2delica dt^\. A. Cannichael. — III. Esquisse d'une grammaire
du vieil irlandais, par le P. Hogan. — IV. Recueil des noms gaéliques de plantes,
par le même. — V. «• Le peuple Gallois », par MM. John Rhys et David Brenmore
Jones. — VI. " Histoire de l'île de Man «, par M. A.-\V. More. — VII. « Gens
de Bretagne », par M. Olivier de Gourcuff. — VIII. Poèmes d'Egan O'Rahilly pu-
blics par le Rev. Patrick S. Dinneen. — IX. .. Contes irlandais » traduits par
M. G. Dottin. — X. Premier volume par M. G. Bloch de l'» Histoire de France »
entreprise par M. Lavisse. — XL « Histoire illustrée de la France », par MM. le
vicomte de Caix et Albert Lacroix. — XII. Le celtique dans le « Dictionnaire gé-
néral de la langue française ». — XIII. L'édition du T'Un bn Cnailngi, par
M. E. Windisch. — XIV. Concours pour deux prix offerts par la Caledonian mé-
dical Society. — XV. Poésies lyriques de Geoffroy Keating. — XVI. Poèmes irlan-
dais publiés par M. T.-O. Russel. — XVII. Valeur phonétique des syllabes prétoni-
ques dans le Tain du Livre de Leinster. — XVIII. Le roman de Tristan et Iseut. —
XIX. Saint Samson en Angleterre. — XX. Le folklore du Pays de Galles et de l'île
de Man. — XXI. Les Celtes dans Paulys Realaicyclopaedie. — XXII. Les Celtes
dans un nouvel ouvrage de M. 0. Schrader. — XXIII. Le celtique dans le Thé-
saurus linguae latinae. — XXIV. Les Velauni dans les Inscriptiones graecae ad
rem romanam pertinentes. — XXV. Noms propres d'origine celtique dans les
chartes de Saint-Benoit-sur-Loire. — XXVI. Les monnaies de Lusitanie. — XXVII.
Les noms de lieu ligures, gaulois et gallo-romains dans les provinces rhénanes sui-
vant M. Cramer. — XXVIII. Une inscription gauloise(.^) découverte par M. Plicque.
I.
Il vient de paraître une livraison nouvelle du .savant recueil dû à la colla-
boration érudite de M.M. E. Windisch et Whitloy Stokes. Elle contient le
« Dialogue des Vieillards » ou mieux « avec les vieillards », AcaUamh na
senôrach, 438 pages, in-8, et forme la première partie du tome IV des
Irische Texte ' .
Le « Dialogue des vieillards » part d'une conception merveilleuse : un peu
avant la fin du iii^ siècle de notre ère, trois batailles meurtrières avaient
détruit presque complètement la milice à la tête de laquelle s'étaient illustrés
Oisin ou Ossian et Find, son père. Vingt guerriers seulement, les deux
héros Ossian et Find, plus dix-huit autres moins célèbres, avaient échappé
à la mort, et ces vingt hommes vivaient encore quand, près d'un siècle
et demi plus tard, saint Patrice vint évangéliser l'Irlande. Ils devaient
I. Librairie S. Hirzel à Leipzig.
I i6 Chronique.
avoir alors, les plus jeunes environ cent soixante-dix ans, les plus âgés
deux cents. C'étaient donc des « vieillards » comme dit le titre. Cailte se
convertit au christianisme et accompagna Patrice dans une longue excursion
en Irlande, lui racontant les légendes qui se rattachaient à chaque localité
quelconque, montagne, forteresse, forêt, lac, source, etc.
M. Whitley Stokes n'est pas le premier éditeur de ce document qui a déjà
été publié avec une bonne traduction par M. Standish Hayes O'Grady en
1892 dans saSilva Gadelica, p. 94-233 du tome 1 (Irish Texls) et p. 111-265
du t. II (Translations and notes) K Mais des quatre manuscrits, incomplets
chacun, qui nous ont conservé cette vieille composition chrétienne,
M. O'Grady n'a connu qu'un seul, qui date du xv^ siècle, et il a reproduit
ce ms. avec une telle négligence qu'on peut dire qu'il n'y a presque aucune
ligne sans au moins une faute de copie. M. Whitley Stokes s'est attaché à
nous donner un texte exact, avec les variantes des mss., et aussi complet que
possible. Sur les 8005 lignes que comprend le texte édité par lui, i 147,
si j'ai bien compté, c'est-à-dire plus du huitième, manquent dans l'édition de
M. Standish Hâves O'Grady. Quant à la traduction, M. Whitley Stokes ne
la donne que pour les passages laissés inédits par M. O'Grady; pour le reste
il renvoie au livre du savant irlandais, un des hommes qui connaissent le
mieux sa langue nationale. M. Whitley Stokes se borne à signaler, quand
il y a lieu, quelques erreurs quant au sens précis. Le volume se termine:
1° par des notes, qui contiennent les corrections à la traduction de
M. O'Grady et un supplément aux variantes données au bas des pages ;
2° par quatre glossaires, le premier des choses, le second des noms de per-
sonnes, le troisième des noms de lieu, le quatrième des mots irlandais, qui
se trouvent dans VAcallanih, et qui manquent dans le dictionnaire irlandais
de M. Windisch, hische Texte, t. I, p. 337-869; cet index des mots irlan-
dais a soixante pages et paraît contenir environ deux mille mots. Cette li-
vraison nouvelle des hische Texte est appelée à rendre de grands services
aux celtistes.
II.
Les Ccirmina Gadelica de M. Alexandre Carmichael sont de courts poèmes
gaéliques d'Ecosse, recueillis par l'éditeur dans la tradition populaire; cet
ouvrage, imprimé sur beau papier, format in-4, a paru en deux volumes,
xxxii-359 et xi-350 pages2. Le texte néo-celtique est accompagné d'une tra-
duction anglaise en regard. L'auteur a divisé ces petits morceaux en cinq
séries: 1° invocations, achaine; 2° saisons, aimsire; 3° travaux, oibre; 4° in-
cantations, uihe; 5° mélanges, measgain. Suit, sous le titre de notes, un dic-
tionnaire des mots que l'auteur a considérés comme les plus intéressants et
sur lesquels il a pensé avoir quelque chose à enseigner à ses lecteurs.
L'ouvrage se termine par une liste de deux cent seize noms, ces noms
1. Cf. Revue Celtique, t. XIV, p. 207.
2. Norman Macleod, 25, George IV Bridge, Edinburgh.
Cliion'uiuc. 117
sont ceux des Highlandcrs sous I.i dictcc desquels M. Carmiehacl a écrit
les poèmes qu'il publie.
Ces poèmes, composés la plupart sous l'influence du christianisme, ne
contiennent pas beaucoup de réminiscences de la vieille littérature payenne.
Il y en a cependant quelques-unes. Ainsi, t, I, p. 8, on attribue à une nou-
velle mariée « la beauté d'Emer », c'est-à-dire de la femme du héros épique
Cûchulainn, « la tendresse de Darthula », la Derdriu irlandaise, cette sym-
pathique veuve de Noise, fils d'Usnech, « le courage (?) de la robuste
Medb », la célèbre reine d'Ulster, épouse d'Ailill; mais dans le même cou-
plet on dit à la jeune femme qu'elle a « les vertus de Brigite », la fameuse
sainte irlandaise, et « la foi de Marie », la mère de Jésus. La fête payenne
et jadis druidique de Beltene, i^r mai (Glossaire de Cormac dans Tbree
irish Glossivii's, p. 6, cf. p. xxxv), a inspiré une invocation à la Trinité,
t. I, p. 182, et une prière à Marie, t. I, p. 186. La superstition payenne du
nombre neuf est associée au nom de Marie et de son fils divin qui fut « lavé
par sa mère dans neuf rayons du soleil », t. I, p. 52, 54, 56 (cf. les neuf
vagues du tome II, p. 90, qui sont identiques aux neuf vagues de la préface
à l'hymne de Colman dans le Liber hymiionun: Goidelica, p. 121, 151 ; The
irishLiBER hymnorum, I, 25; II, 13). C'est dans une barque, sur le sommet
de la vague, que le chrétien écossais, une fois mort, gagne son dernier sé-
jour; cette barque est celle sur laquelle le Condla du paganisme irlandais
partit, enlevé à son père par la déesse de la mort (Windisch, Kitr:{gefasste
iriscbe Grammatik, p. 121); mais, au lieu d'une déesse, c'est un ange qui
conduit le chrétien écossais, t. 1, p. 92. Une recette pour fabriquer un
philtre amoureux est payenne, elle consiste à prendre au cimetière trois os
d'un vieil homme ' et à les réduire en cendres, mais c'est le dimanche qu'il
faut faire cette opération magique, et le choix de ce jour est inspiré par le
christianisme.
L'index final ne ren%'oie pas aux textes qu'il explique. Il est facile de voir
par là que le vieil auteur, malgré son zèle, est un débutant et n'a pas
grande notion des lois qui s'imposent à tout ouvrage d'érudition. Exemple:
à la page 304 du tome II, un article de cet index est consacré au « fils de
la mer », mac ai: Lir. Après avoir vu cet article, je me suis rappelé avoir lu
précédemment le texte gaélique qui, dans l'ouvrage de M. Carmichael, con-
cerne ce personnage mythologique si connu. La page 304 du tome II ne
renvoie pas à ce passage; j'ai perdu beaucoup de temps à le chercher,
jusqu'à ce qu'enfin j'ai retrouvé au même tome, p. 122, 123 « les neuf
sources du fils de la mer » tiaôi tohaiche Mhic-an-Lir . Le fils de la mer est
le dieu Manannan de la mythologie irlandaise (Tbree irish glossaries, p. xxxiv,
xxxv, 5 1 ; Griiitm library, n° 4, The voyage o/Braii, p. 44 et suivantes, etc.).
Un des articles intéressants qui manque à ce glossaire est celui que l'auteur
aurait dû écrire sur \tfalh-fith ou fith-fath, c'est-à-dire sur l'incantation qui
rendait, croyait-on, la personne invisible. Une formule de cette incantation
I. L'emploi magique des os est mentionné par la glose du Senchus Mor,
Ancient Latvs and Iiisli tûtes of Ireland, t. I, p. 180.
I i8 Chronique.
a. été publiée par M. Carmichael, t. II, p. 25, une plus ancienne a été con-
servée 'çixx\c Liber Hy))iuorum (Goidelica, p. 149-156; Iiische Texte, I, 52-58;
The irish Liber Hymnorum, I, 133-135; II, 49-5') où e'I^' s'appelle en
latin Lorica, en irlandais /ij(7/;y/a(/rt, notation au xie siècle du fath-filh ou
fith-fath de M. Carniicliael.
A propos de cette incantation, M. Carniicliael raconte la légende écos-
saise suivant laquelle la mère d'Ossiaii était tantôt femme et tantôt biche. On
peut consulter sur cette légende Campbell, Leahhar lui Feiiiiie, t. I, p. 198-
200; on y trouvera cité un collaborateur du nom de Carniicliael, l'auteur
du livre que nous annonçons ici ; à son tour, M. Carniicliael renvoie à
Campbell, mais sans nous dire la page. Cette légende a été suggérée par le
nom même d'Ossian, en vieil irlandais Oissin, diminutif de oss, cerf. Le
héros portant un nom qui veut dire « petit cerf», naturellement l'idée est
venue que sa mère était la femelle d'un cerf, une biche ; l'explication par
une incantation, y;//;-/a//;, a été imaginée après coup. Toutefois le héros à
lâchasse, rencontrant une biche qu'il veut tuer, qui l'arrête en lui disant:
« je suis ta mère », qui le conduit dans une grotte où elle redevient femme,
une mère avec son fils qu'elle fait manger et boire, c'est le sujet d'un joli
récit que les conteurs écossais, traduits par M. Carraichael, ont fait avec
talent.
Le but que je me propose par mes critiques n'est pas de déprécier l'œuvre
du laborieux auteur; je crois au contraire avoir montré par quelques exem-
ples l'intérêt qu'il oflfre pour les Celtistes.
III.
Sous le titre de Oullines oj the Grammar of Old-irish xvith Text and Voca-
hulary, le Rév. Edmund Hogan S. J., fellow of the Royal University of
Ireland, a publié une grammaire abrégée du vieil irlandais avec textes et
glossaires '. La grammaire, 48 pages, consiste principalement en paradigmes
et en nomenclatures de mots rangés dans l'ordre des parties du discours.
Elle me paraît en général fort exacte. Voici quelques observations. P. 8,
note, l'auteur parle de iut, notation de l'article devant 5, sans ajouter qu'alors
s ne se prononce pas, est iiiorlificata, einorliia (Grammatica cellica, 2^ éd.,
p. 44, 211, 215; Windisch, Kurigefaste hische Grammatil:, p. 41, § 172);
son silence est motivé ; en efîet, dans le ms. de Milan, comme on peut le
voir chez Ascoli, Ghssarium palaeo-hiheriiicum, quand l'article se termine
par un t, Vs initial du mot suivant n'est pas pointé; pour qu'il soit pointé,
c'est-à-dire annulé, il faut que l'article soit terminé par à. Ainsi: au datif
singulier dint-sruth et oc-ond-sruib-siii, p CCLXXVIII, int-sainriud et ind-
sainriuth, p. ccxxvil ; au génitif singulier iiit-srothocliiid-srotho, p. CCLXXViii
qui se trouve aussi dans le Priscien deSaint-Gall, 35 b (Gr. celtica^, p. 52).
Toutefois la règle est contredite dans le ms. de Saint-Gall pour int-sillah
I. Dublin, The Gaelic Leaguc, Saly, Bryers and Walker, 1900, in-8,
vu- 158 pages.
Chronique.
119
avec s pointée. 25.7, et ind-iillab sans point sur Vs, 26 a (Gr. Celtica-,
P 212).
P. 10, il me semble difficile d'admettre que bctho soit le vocatif singulier
de /'///; « monde » ; et que/«/5 « île », adaii; « nuit » soient des thèmes en /
comme sûil « œil »; betho est un génitif singulier, quant à inis « lie »,
adaig « nuit », ce sont deux de ces thèmes en ;V, dont Biigit, identique au
sanscrit brhan, est un type curieux, et qui sont étudiés par M. Brugmann,
Grundriss, t. II, p. 315-519, 526, 573, 741. Le P. Hogan exagère beaucoup
les conséquences de la doctrine exposée par M. Thurneysen, Zeitschiift de
Kuhn, t. XXVIII, p. 146. Il y a été entraîné par une erreur de la Giamma-
lica celtica, 2^ édition, p. 250, 252, où le génitif inse, iriseo « de l'île », le
datif inis « à l'île » sont placés parmi les thèmes féminins en /.
Les textes imprimes aux p. 50-75 sont empruntés aux Anakcta Bollaii-
diana, t. II, p. 218-258, aux p. 96-116 du tirage à part contenu dans la
!■■<= livraison des Documenta de S. Patricio, publiée parle P. Hogan en 1884
et aux p. 135-159 de la 2= livraison. Le glossaire est la reproduction
exacte de V index et ghssarium hibcrnicum qui termine la seconde livraison des
Documenta de S. Patricio, 1889; il renvoie aux pages des i""*: et 2"'=
livraisons, pages qui dans la grammaire dont nous rendons compte portent
des numéros différents. A l'usage de ceux des lecteurs de la Revue Cel-
tique qu\ voudraient se servir de la Grammaire du P. Hogan, nous donnons
la concordance suivante que nous avons écrite sur notre exemplaire :
Outlines
Outlines
of the
of the
Documenta
Grammar
Documenta
Grammar
P. 96. .
50
P. 109.
. 65
97. .
SI
no.
. 64
98. .
52
III.
• 65
99. .
53
112.
66
100. .
54
115.
• 67
ICI. .
55
114.
68
102. .
• 56
115.
. 69
105. .
57
116.
70
104. .
• 58
135-
71
105. .
59
156.
72
106. .
60
137-
73
107. .
61
138.
74
108. .
62
139.
75
Aux pages 76-79 sont réunis des extraits du ms. de Wûrzburg. On peut
y relever quelques fautes d'impression. Ainsi, p. 76, 1. 24, au lieu dcdùnn,
lisez dunn a à nous », leçon de la Gr. C.^, p. 996, et de M. Zimmer, Glossae
hibernicae, p. 74; mais il y a une meilleure leçon, celle de M. Whitley
Stokes, TIk old irish Classes, p. 69, 274 (I» ad Corinthios, XII, 27. Wb. 12 b
12), duini « de l'homme ».
1 20 Chroni.jiie.
P. 76, 1. 3 3, au lieu de ulliiii, lisez allii « il est » ; il s'agit de Wb. 31 c,
15; Ad Tituni, II, II; Wliitley Stokes, p. 185-, Zimmcr, p. 187.
P. 77, 1, I, au lieu de ropad, lisez robad « serait », Wb. 3 c 28; fld Ro-
manes, VII, 10; Zimmer, p. 17; Whitley Stokes, p. 14; Gr. C.^, 445.
Le P. Hogan a pour règle de séparer les uns des autres les mots dont la
réunion forme chaque composé syntactique, quoique ces mots ne soient pas
séparés dans le nis. On ne peut blâmer ce procédé dans un livre élémen-
taire; il fiicilite au commençant l'intelligence du texte; mais il est bon ce-
pendant que le commençant sache en quoi le ms. diffère de l'imprimé: on
arrive à ce résultat par l'emploi de la petite barre horizontale qu'on appelle
en français division ; c'est ce qu'a fait le P. Hogan en un cas, p. 76, 1. 3,
fù-alaile (lisez fri-alaik) « envers l'autre » et en trois cas, p. 77, 1. 24, 2)
et 35, co ngni-som frhn-sa « il coopère à moi », adib moga-si « vous êtes
serviteurs vous » ; mais partout ailleurs dans ces deux pages rien n'indique
que les éléments de chaque composé syntactique, séparés l'un de l'autre
dans l'imprimé, soient réunis en un seul mot dans le ms.
Ces quelques critiques de détail ne m'empêchent pas de féliciter le
P. Hogan de son utile publication.
IV.
On doit au même auteur le volume intitulé Luihhleahhrân ', titre qu'on
pourrait traduire « petite nomenclature botanique » ; c'est un recueil des
noms gaéliques de plantes usités tant en Irlande qu'en Ecosse. Il est di-
visé en deux parties, chacune par ordre alphabétique. La première partie
donne les noms gaéliques suivis chacun de la traduction anglaise, la seconde
les noms anglais accompagnés chacun de la traduction gaélique.
C'est le travail le plus complet qui existe sur le sujet. Il est tellement
complet qu'on y trouve même quelques mots étrangers à la matière spé-
ciale dont il s'agit ; ainsi, p. 9, hrô, génitif hrcoi « meule de moulin »,
probablement parce que les meules de moulin sont posées sur une char-
pente en bois, et p. 27, deanam « faire » parce qu'on dit « faire une vigne ».
D'autre part certains renvois à la bible manquent un peu de précision ;
l'usage est de citer le verset. Le P. Hogan ne cite ordinairement que le cha-
pitre; exemple: « le champ des semailles et de la moisson », aimsear an
t-iioïchuir agiis an fôgiiiar. Genèse, VIII; pour trouver le numéro du verset,
22, il faut parcourir le chapitre VIII delà Genèse, du verset i au verset 22,
ou, ce qui est plus court, ouvrir le Focloir gaoidhilgc-sacs-bearla de Thomas
de Vere Coneys à la page 323, au mot siokuir, et on y lit le renvoi complet,
c'est-à-dire le n° 22 du verset, que le P. Hogan, ou plus exactement ses
collaborateurs, MM. John Hogan et John C. Maclean, par économie de
temps et d'encre, ont laissé au fond de leur écritoire.
I . Un volume in-i 2 de xii-i 37 pages, Gill and Son, Dublin ; David Nutt,
Londres; Oliver and Boyd, Edinburgh.
I
Chronique. i 2 1
Il y a dans ce livre beaucoup de choses intéressantes. Il est étrange, par
exemple, de voir que Conaiie, nom d'homme bien connu, serve à désigner
deux végétaux, le solitaire et l'osier. Le nom, d'homme Gorman est de
même un nom de plante. Le nom français du persil subsiste intact en Ir-
lande, on dit en anglais parsley.
L'ouvrage que MM. John Rhvs et David Brcnmore-Jones ont intitulé 77;('
urlsb pcople ^ est parmi les publications celtiques de l'année 1900 une de
celles qui méritent le plus d'être lues. Elle est divisée en treize chapitres:
I. Ethnologie antique du Pays de Galles; II. La question picte; III. La Bre-
tagne romaine; IV. Première période de l'histoire des Cymry; V. Histoire
du pays de Galles depuis Cadwaladr jusqu'à la conquête normande; VI. Les
anciennes lois et coutumes du Pays de Galles; VII. Histoire du pays de
Galles de 1066 à 1282; VIII. Histoire des lois et des constitutions du Pays
de Galles depuis 1282; IX. La propriété foncière dans le Pays de Galles;
X. Mouvement religieux; XI. Progrès de l'enseignement; XII. Langue et
littérature du Pays de Galles; XIII. État actuel des campagnes dans le Pays
de Galles. Appendix A. Liste de Cautrcvs et de Cyiincih ; B. Syntaxe pré-
arvenne du celtique insulaire ; G. Liste des seigneuries réunies pour former
des comtés ou ajoutées aux comtés existant par le statut 27 du roi Henri VII.
D. Note sur les lois galloises.
Il y a deux points sur lequel je ne partage pas les doctrines de M. Rhys
qui sont soutenues dans ce livre avec grand talent.
La première est que les Pietés, c'est-à-dire, comme on le voit par une
carte placée en face de la page 75, les populations de la partie septentrio-
nale de la Grande-Bretagne dans la Géographie de Ptolémée n'étaient pas
celtiques, mais avaient une origine préaryenne. Ces populations portent
chez l'auteur grec, 1. III, c. 3, § 8, 9, les noms suivants: 'E;:lo'.o'.,
Kc'p't)V£;, Kocwvî;, Kapvovscy.ai, Ka'.prjvoi, Kopvaoû'.oi, KaXrjoovtoi, A^zâvrai,
Ao-jvo'., Sac'prai, Oja/.oijLâyo'., O'jsv'zwv:;, Ta;^aÂO'. 2. On ne peut contester
que les noms de Kopvaoj-.o'. et i];j.£pTat ne soient celtiques. Kopvaoû'.o'. est le
nom d'un peuple breton habitant le centre de l'Angleterre moderne et chez
lequel était une ville qui portait le nom celtique Dêva, Arjoûa, § 11, au-
jourd'hui Chester, bâtie sur la Dee, autrefois Dcva (§ 2), « divine », rivière
homonyme de la ville. Quant à Smntai, tout celtiste connaît le nom de la
déesse Ro-smerta, parédre du Mercure gaulois. Or les KopvaoJio'. et les
ilaipTa'. sont les deux peuples qui habitaient le plus au nord de la Grande-
Bretagne. Chez les Ta;X«Ào'. se trouvait une ville appelée Dêvana^ Ar)oûava,
1. Londres, T. Fisher Unwin, Paternoster square, un vol. in-8, xxvi-
678 pages, avec deux cartes.
2. La citation est faite d'après l'édition donnée à la librairie Didot par
Charles Mùlleren 1883, p. 93-95; cf. édition Wilberg, 1833, p. '07'> ^'^i-
tion donnée par Nobbe chez Tauchnitz, 1843, ^ ii-i5> t- h P- jo, 71.
122 Chronii]ue.
aujourd'hui Abcrdcen, sur une rivière du nom dc Dt'va, Ar/jja, la Dec
(§ 4). La ville et la rivière portent des noms celtiques. KaXr.oov.o-., nom de
la plus connue de ces peuplades septentrionales, dérive d'un thème kalcdon-
auquel on a aucune raison pour refuser une origine celtique surtout quand
on a sous les yeux le passage où Dion Cassius, XVI, 5, nous donne le nom
évidemment celtique du Calédonien 'ApY^vTo-/.o;o;, dont le second terme
est une forme masculine du celto- latin troxa, signifiant en celtique « pied »,
c'est-à-dire l'extrémité la plus basse du membre inférieur, et désignant en
latin la « hanche >•, c'est-à-dire la partie la plus haute du même membre.
I^e français « cuisse » qui est le même mot a pris un sens intermédiaire, de
même l'allemand hàchse.
Je ne crois nullement aux conséquences tirées du droit successoral attribué
au neveu fils de la sœur, droit qui serait une survivance de la matriarchie
primitive et préaryenne. En Angleterre, on a préféré la descendance fémi-
nine de Jacques II à sa descendance masculine, serait-ce de la matriarchie?
Jules César a pris pour héritier C. Octavius, petit-fils de Julia, sa sœur?
était-ce de la matriarchie ? Tibère était le beau-fils d'Auguste, était-ce de la
matriarchie? Les filles, d'abord exclues de la succession chez les Francs, v
ont été admises par l'effet de l'affection du père; voir à ce sujet la formule
CXXXVI de Rozière, Recueil gcncral des formules, t. I, p. 174; Marculfe, II,
12 (éd. Zeumer, p. 85); le droit qui appelle les fils seuls à la succession y
est qualifié d'hnpiclas; de là le droit des femmes aux couronnes royales au
moyen âge et dans les temps modernes.
Mais revenons au droit celtique. Les neveux par les femmes héritaient
en droit irlandais, les témoignages à ce sujet ont été étudiés par moi ail-
leurs trop longuement pour que je les expose ici ' . Quand il a été question
d'élire un roi chez les Pietés, on a pu quelquefois prendre le fils de la sœur
par préférence au fils du roi défunt; le fils de la sœur devait être souvent le
plus âgé, le plus expérimenté des deux. Dans la notion primitive, le droit
héréditaire absolu n'existait pas pour les rois : reges ex nobilitaie ... sumuiit,
comme dit Tacite, Geniiauin, chap. 7 ; on choisissait primitivement qui l'on
voulait dans un certain groupe aristocratique. Cf. ci-dessus, t. XVI, p. 120.
Je ne crois donc pas qu'il y ait dans les avantages accordés au neveu fils
de la sœur un effet d'un usage préaryen qui aurait dans la famille donné
aux femmes pietés la supériorité sur les hommes.
duand le bâtard est désigné par le nom de sa mère, il est inutile de sup-
poser pour expliquer ce fait une survivance de la soi-disant matriarchie
préaryenne.
Le roi épique d'Ulster, Conchobar, était bâtard comme le fut au xi^ siècle
de notre ère un personnage historique, Guillaume le Conquérant, duc de
Normandie et roi d'Angleterre ; on crovait savoir qui était le père de Guil-
laume, le père de Conchobar était théoriquement inconnu, sa mère seule
était connue, on le surnommaii « fils de Ness », ttiac Nessa; Ness était le
nom de sa mère. J'ai plusieurs fois rencontré un ancien officier qui avait
l. Cours de littérature celtique, t. VII et VIII.
chronique. i 2 ;
joué un rôle secondaire dans les aventures de Napoléon III avant 184JS; il
s'appelait Aladenise, c'est-A-dire « fils à la Denise » ; j'entends parler sou-
vent d'un Monsieur Alapetite, c'est-à-dire « fils à la petite », cela veut dire
« fils de père inconnu » ; il n'y a là aucune trace de matriarchic. C'est sim-
plement le souvenir d'une bâtardise remontant à plusieurs générations. Le
nom de famille noble « de Bastard » a la même origine.
Fir Doniininii « hommes de la déesse Domnu », nom de peuple, serait
encore aux yeux de M. Rhvs une trace de matriarchie primitive. En trou-
verons-nous une aussi dans Roiiianus, Romain, dérivé de Roma, (iea Foiiia,
'dans 'AOrjva'.oi, nom d'un peuple, qui adorait la déesse 'AOr)v?, ?
Suivant M. Rhys, l'usage néo-celtique de commencer la phrase par le
verbe est d'origine préarienne. J'ouvre César, De bello gallico, et livre l'^r,
c. 6, § I, je lis : Eraut oninino itiuera duo; c. 9, § i : Relinquebatitr tiiia pcr
Scqtianos via; la phrase dans ces deux exemples commence par le verbe,
c'est l'ordre néoccltique. Au début du livre I", César suit l'ordre français
en commençant par le sujet: Gallia est omnis divisa iit parles 1res; k la
Gaule est tout entière divisée en trois parties ».
Quand la chute des finales a fait disparaître la distinction si claire que
ces finales établissent entre les différentes fonctions des mots, on a remédié
à cette perte en déterminant la fonction des mots par leur place dans la
phrase ; en français on commence par le sujet dans les propositions princi-
pales quand elles ne sont pas interrogatives, par le verbe dans les propo-
sitions principales interrogatives quand le sujet est un pronom ; on peut
mettre le verbe avant le sujet dans les propositions subordonnées, quand le
sujet est un substantif; on dit « Pierre veut », « veut-il? », « ce que veut
Pierre ». En néo-celtique, c'est toujours le verbe qui commence. Le phé-
nomène est moderne, sans racines dans le passé comme le phénomène
français. Dans le Book of Deir (Whitley Stokes, Goidelica, 2" éd., p. 108
et suivantes) presque toutes les phrases commencent par le sujet : prenons
la première phrase : Colum-cille octis Drostân, mac Cosgreg, a-dalta, tan-
gator, « Columba et Drostân, fils de Cosgrach, son élève, allèrent » ;
l'ordre des mots est le même qu'au début du De bello Gallico et que dans
l'usage français : Gallia est omnis divisa in partes très « La Gaule est tout
entière divisée en trois parties ».
En gallois et en irlandais on a aujourd'hui la règle qui veut que i'adjectif
se place toujours après le nom ; mais en vieil irlandais il en peut être au-
trement : adjeclivum Jlexionis expers saepius praeinissiim invenitur sid)stantivo
(Gr. C2., p. 918). La règle actuelle est donc moderne, encore n'cst-elle pas
absolue, puisque l'adjectif possessif précède le nom. On cherche donc à tort,
dans cette règle, une survivance d'une langue préarvenne.
Je ne conteste pas qu'il y ait eu en Grande-Bretagne et en Irlande une
population préaryenne, mais je ne puis voir dans les phénomènes que je
viens de signaler des traces encore persistantes de l'influence exercée par
cette population sur les conquérants aryens.
Enfin M. Rhys prétend qu'une partie des populations celtiques de la
Grande-Bretagne appartenaient au rameau goïdéHque à l'époque de Ptc-
1 24 Chronique.
Icmce. Les Xovanlae, NojâvTat (1. II, c. 5, 5 S) auraient été Goïdc-ls, tandis
que les Trinovanlcs, Tp-.vojavtc; (§ 11), étaient brittons; je ne vois pas bien
pourquoi cette différence: le nom d'une des villes des Xm-attlag, Lucopibia,
Aojzo-'.oia, proteste par son p contre la thèse de M. Rhys; ce p, étranger à
l'alphabet goïdel, ne peut être que britton.
M. Rhys corrige en Dumnonii le nom des Damnonii, Aa[j.vov;o'. de Pto-
!émée (§ 7), c'est, suivant lui, le même peuple que les Dtninionii, Ao'ja-
vclvioi, du § 1 3 ; je ne conteste pas cette identification, pas plus que l'identité
des Dnmiwuii avec les Fir Doiiitian des textes irlandais; mais la question
pour moi est de savoir s'il est vrai que les Dtiinnouii aient été Goïdels,
comme iM. Rliys le prétend. S'ils étaient Goïdels, comment se Aiit-il qu'avec
le nom de DoiiDionia ils aient apporté dans la Bretagne française un dialecte
breton ?
Si j'ai tant insisté sur les points sur lesquels je suis en désaccord avec
M. Rhys, c'est à cause de la grande valeur de tous les travaux de ce savant
confrère et de la légitime autorité qui s'attache à eux; mon but n'est pas
de déprécier l'excellent et savant ouvrage sur le titre duquel son nom figure
avec celui de M. David Brvnmor Jones.
VI.
L'histoire de l'île de Man, A historyof the isleof Man, par M. A. W. More 1 ,
est un livre bien fait, mais dans lequel la partie celtique est presque tout
entière une conclusion tirés de textes irlandais, comme le dit l'auteur, p. 80:
Tbe ft'citlar history of the isîe of Man diiring the celtic period is an absolute blank,
there beiiig no triistuwlhy record of auy event luhatez'er before the incursions of
the Northmen, L'histoire de l'île de Man ne commence qu'en l'année 798
avec les premières incursions normandes. Les Normands s'y établirent
comme conquérants vers la fin du ix^ siècle et en restèrent maîtres jusqu'en
1266, année où le roi de Norvège vendit l'île de Man au roi d'Ecosse; puis
Edouard I'-'', roi d'Angleterre, s'en empara en 1290 au plus tard. La plus
grande partie de l'ouvrage de M. More est l'histoire de l'île de Man sous la
domination anglaise.
VIL
Gens de Bretagne, par Olivier de Gourcuff-, critique théâtral au Pays, ré-
dacteur en chef de la Revue de Bretagne, est une collection de morceaux de
littérature, les uns en vers, les autres en prose, qui n'ont aucun rapport
avec l'érudition celtique.
1. Londres, T. Fisher Unwin, Paternoster Square, 2 vol. in-8, xi-vi-
1026 pages et une carte.
2. Paris, E. Lechevalier, 59, quai des Grands-Augustins, un vol. in-8
de xv-564 pages.
Chronique. 125
VIII.
La Irish Ti'xt Society continue ses utiles et intéressantes publications. Elle
vient de faire paraître un volume de poésies jacobites: Dâiita Aoilhagdin ûi
Rathailk « TJk' poeins ofEgan O'Rahilly » ', auteur qui écrivit de 1696a 1726.
Ce volume se termine : 1° par un appendice formé de poèmes également
jacobites, mais dus à d'autres auteurs; 2° par un glossaire des mots rares.
Ces mots ne sont pas tous inconnus, tel est atiias qui désigne les soldats
anglais dans un vers de la page 6 :
Fâ smait naiiiaid is ai'iias is méirleach
L'Irlande est « sous la domination d'ennemis, de soldats mercenaires et
de voleurs ».
L'éditeur traduit awa^ par « mercenaries ».
On trouve ce mot à la page 94 où il s'agit d'un Irlandais qui a pris parti
pour les Anglais conquérants. Cet Irlandais est mort et enterré.
L'auteur s'adresse à la pierre qui recouvre le cadavre de cet ennemi :
Féd ghoile ta, a reaiiiair leac, aiiius tar Sionnainn thâinig
« Sous ton ventre est, o très grosse pierre, le soldat iinrcenaire qui vient
d'au delà du Shannon ».
L'éditeur traduit ici aiiiiis par reprohate, reprouvé. Il vient de le mettre en
enfer (p. 92) :
ta se a n-iffrionn dà phianaid
idir sgata diabhal d.i ghriosadh
Le malheureux hérétique est mort subitement :
« il est en enfer à peiner
« entre troupes de diable à griller. »
Amas est un mot étudié par O'Donovan dans son supplément à O'Reill)',
1877, p. 571. O'D. le traduit par soldier, mercenary soldier, cf. Windish,
Irische Texte, t. I, p. 563, au mot amos. Un des plus anciens exemples de
cette expression est le génitif pluriel nan-amiis glosant le mot satilitiiiii pour
salellitiiin au vers 4) de l'hymne Alttis prosator attribuée à saint Columba
(J.-H. Bernard et R. Atkinson, The irish Liber hyninoriDn, t. I, p. 75 note;
Whitley Stokes, Goidelica^, p. 69). Dans ce texte, ainiis désigne les com-
pagnons de Satan. Cependant le sens n'est pas « reprouvé », il est « satel-
lite, soldat ».
Ce volume est intéressant pour qui veut étudier la langue littéraire e t
I. London, David Nutt, Long-Acre, 57-59, un vol. in-8 de lxii-
364 pages.
1 26 Chronique.
l'état d'esprit des Irlandais à la fin du xvn« siècle et au commencement
du XVIII^'.
IX.
M. G. Dottin vient de réunir en un volume ses traductions françaises de
contes irlandais '. Elles avaient déjà paru dans les Annales de Bretagne. Ces
contes ont été recueillis en Irlande par un savant bien connu, M. Douglas
H\-de. Ils sont au nombre de trente-cinq, tous fort intéressants. Voir, par
exemple: p. 177-184, ce qu'est devenu dans l'opinion populaire moderne
le Cailte du « dialogue des vieillards » ; voir aussi, p. 189-190, comment
s'est transformée la légende de la biche mère d'Oissin ou Ossian. Des
femmes prennent la forme d'oiseau, p. 164-165, comme dans le Serglige
Conciûainn. Finn mac Cumhail etCûchulainn apparaissent chacun dans ces
récits populaires, l'un aux p. 145-148, I7)-I77, 179, 180, 182, 184-190,
l'autre aux p. 160, 161. Il est curieux de voir comment, p. 11 5-1 18, a été
transformée la légende épique qui fait enlever par Diarmaid la femme de
Find.
X.
Le tome I^"" de VHistoire de France entreprise par M. Lavisse 2 vient de
paraître. Il a pour auteur M. G. Bloch, professeur à l'Université de Lyon,
chargé de la conférence d'histoire ancienne à l'école normale supérieure.
Son sujet, ce sont les origines, la Gaule indépendante et la Gaule Romaine.
Les ouvrages vieillis d'Amédée Thierry sont dans ce volume mis au courant
de la science moderne. On ne peut regretter qu'une chose, c'est l'absence
de renvoi aux sources. Les textes mis aux bas des pages par les deux Thierrv
conserveront longtemps encore une valeur à leurs livres arriérés. Mais
celui de M. Bloch me paraît sur tout point représenter l'état actuel de l'éru-
dition historique. Il n'y aurait, ce me semble, à y critiquer que des détails
accessoires, comme, p. 65, Boadicée, pour Boiidicca (Tacite, Annales, 1. XIV,
<^- 315 35) 57; Agricûla, 16); p. 190, Carpenloracle pour Carpentorate ou
Carbantorate (Corpus inscriptionum latùiarinn, t. XII, p. 147), et Cenielenum
pour Cenienelnni (ibid., t. V, p. 916). C'est pour la grande publication
entreprise par M. Lavisse un excellent début.
XI.
Le second volume de VHistoire illustrée de la France par le vicomte de
Caix et par .\lbert Lacroix a pour sous titre « La Gaule Romaine » î. Il a
1. Contes irlandais traduits du gaélique par G. Dottin. Paris, Welter,
in-8, vi-276 pages.
2. Paris, Hachette, in-8, 456 pages.
3. Paris, Paul Ollendorf, in-8, xvi-372 pages, volume orné de 312 gra-
vures et de 16 cartes.
chronique. 127
les qualités comme les dcfauts du tome le"" dont nous avons rendu compte
l'année dernière, t. XXI, p. 1 15. Il se lit facilement; de nombreuses images
l'agrémentent, mais parmi ces images il y a un choix à faire: les unes re-
produisent exactement des monuments antiques, d'autressont ou des œuvres
d'imagination ou des copies inexactes. Sont œuvre d'imagination la gravure
qui fait face au titre et qui représente Auguste et les députés de la Gaule
réunis à Lyon, les gravures où l'on voit des Romains construire un pont
sur le Rhin (p. 89), un druide du haut d'un dolmen appeler les Gaulois à
la révolte (p. 120), Plautius et son armée opérer leur descente en Grande-
Bretagne (p. 123), etc. A la page 67, la reproduction du dieu cornu du
musée de Cluny, fig. 47, n'est pas exacte, la légende est cernvnnos avec
double H et non cernvnos avec n simple (Corpus inscriptioniim latinaruni,
t. XIII, p. 467), et cette faute a pénétré dans le texte, p. 65, col. i.
Comme lapsus analogues, citons, p. 46, Ageiidkuin « Sens », pour Age-
dincum (C. /. L., t. Xlli, p. 445), Belisana, p. 64, pour Bclisama (Revue
Celtique, t. III, p. 159), Boadicée, p. 135, pour Boudlcca. Ce qui est plus
grave, c'est la confusion: d'Autun avec Bibracte, p. 109; de Nancy avec
Nasium, p. 46 ; c'est d'avoir présenté Epona comme une déesse de l'abon-
dance, protectrice des champs, p. 70, cf. p. 65, et d'avoir ignoré la relation
qui existait entre elle et les chevaux (Revue Celtique, XVI, 355-356); c'est
d'avoir, p. 125, dans une carte, mis les Scotts dans la Grande-Bretagne, à
l'extrême nord, au premier siècle de notre ère. Ce livre, grâce aux images,
plaira plus à certaines personnes que le volume plus scientifique de M. Bloch,
qui, par son format en apparence petit in-quarto, paraît sortir de la même
officine que les savants et peu amusants in-quarto de Tillemont ou que
ceux de l'Institut de France.
XII.
Le Dklionnaire général de la langue française ' , commencé par MM. Adolphe
Hatzfeld et Arsène Darmesteter, vient d'être terminé par M. Antoine
Thomas. Les deux premiers auteurs sont m.orts, et le monument littéraire
qu'ils ont entrepris semble être une stèle funèbre élevée sur un double tom-
beau. Les dernières livraisons qui portent les nos 29-32, contiennent un
Traité de la forvuttion de la langue française. Les § 3 et 4, p. i i-i 3, sont con-
sacrés à l'élément celtique. C'est écrit avec prudence; cependant j'y ai lu
avec étonnement le gaulois hrolta. Il faudrait crotta (Fortunat, Carmimi,
1. VII, c. 8, vers 64). L'irlandais correspondant, crotou mieux no//, dont le
double / est établi par le dérivé croltichthcr, glosant le latin cilhariiatur de
la vulgate h ad Corinthios, c. XIV, v. 7 (ms. de Wùrzburg, fol. 12 c,
glose 45; Whitley Stokes, The old-irish glosses, p. 71 ; Zimmer, Glossae hi-
bernicae, p. 78). La variante chrotta de trois mss. de Fortunat (édition Léo,
p. 65, note) est due à la prononciation franque du c initial, comme l'ont
I. Paris, Delagrave, in-8, xxviii-2272-300 pages.
1 28 Chroni(]ue.
fort bien vu M. Schadc, Altdeutsches WôrUrbuch, 2^ édition, t. I, p. 426,
et M. Holder, AUceltischcr Sprachschati, t. I, col. 11 76 (cf. Windisch,
Irische Texte, t. I, p. 454; \Vhitlc\- Stokes, Urkelliscber Sprachschati, p. 99).
Ainsi le français « rote » sans gutturale initiale est dû à la prononciation
franque chrotta ou *hiotla du celtique crolta. La gutturale initiale comme
le double /, sont confirmés par le gallois crwth (Silvan Evans, Dictiouary
of the JVehb Laugiiage, 3c partie, p. 956, 937;]. Rhys, Lectures oti u'eish
Pbilology, 2e éd., p. 61, 114, 116, 127).
XIII.
Nous sommes heureux d'annoncer que l'impression du Tain bô Cûailngi,
par M. Windisch est commencée. Elle comprend une traduction allemande
et un texte irlandais en regard. On sait que l'analyse de M. Zimmer, couvrant
trente-trois pages de la Zeitschrift de Kuhn, t. XXVIII, p. 442-475, a pour
base deux mss. seulement, le Lebor iia h-Uidre, et le livre de Leinster. La
traduction de M. Standish Haycs O'Grady comprenant chez Eleanor Hull,
The Ciichtillin Saga, les 117 pages, 11 1-227, ^ ^'^"^ ^^^'^^ d'après un manus-
crit de l'année 1800 i, copié lui-même sur un ms. de l'année 1730. L'éta-
blissement du texte a été fait par M. W. sur une base plus large que la pre-
mière de ces deux publications et plus solide que la seconde. L'impression
atteint la page 184, correspondant : 1° à la p. 450 de M. Zimmer, la hui-
tième de son analyse, 2° à la p. 157, la quarante-septième de M. O'Grady.
La traduction, p. 184, s'arrête à la p. 69, col. i, 1. 21, du Livre de Leinster,
c'est à-dire à la dix-septième page sur cinquante-deux. On sait que le texte
commence dans ce ms. à la page $5 et finit à la page 104. Il semble que
près du tiers de l'ouvrage de M. Windisch est passé sous la presse.
XIV.
Je suis prié d'insérer l'annonce suivante signée de M. S. Rutherford
Macphail, M. D. et datée de Rowditch, Derby, 15 novembre 1900:
Through the generositv of His Excellency the late Dr. R. H. Gunning,
the Calcdonian Médical Societv hâve pleasure in announcing Two Prizes,
of the value ofTwENTV Pouxds and Ten Pounds respectively, for Essays
on some Celtic subject — Ethnological, Historical, Philological, or Mé-
dical, under the foUowing conditions : —
I . The Essays shall be written in English.
2 The compétition for thèse Prizes shall be open to ail comers.
3 . Within the range of Celtic subjects indicated above, competitors will
be allowed perfect freedom in choice ob subject. The Committee
suggest the following as suitable titlcs : —
(a) « Ancient Médical Manuscripts — Gaelic or Irish. »
I. British Muséum, Additional 18748.
Chronique. 129
(h) « The Origin, Languagc, Social Habits, and Traditions of
the Insular Picts. »
(i) « Tlic Influence of Scenerv and Climatc on tlu Music and
Poetr}- of the Highlands. >>
4. The judgment of tlie Assessors and Sub-Coniniittee shall be hnal.
5 . The successfiil Essavs shall become the property of the Society, and
shall be publishcd in the Calcdoiiian Médical Journal.
6. Essavs sent in compétition shall bear a motto only, the name and
address of the writer to be enclosed under seal.
7. Essavs to be sent undcr cover to the tindersigned by ist Januaiy, 1902,
endorsed « Celtic Prize. »
Voir la signature et l'adresse plus haut.
XV.
Geoffroy Keating, né vers 1570 et mort en 1650, est surtout connu par
son histoire dTrlande, Fortis feasa air Eirin, « Connaissance de science sur
l'Irlande », dont il y a des traductions, mais dont on attend encore une
édition complète dans le texte original irlandais. On a de lui deux traités
de piété: « Clef au bouclier de la messe », Eochair sciatli an aifrionn; « Les
trois dards de la mort », Tri hior-i^baoithc an bhâis, le dernier publié avec
un glossaire par M. Robert Atkinson en 1890 {Revue Celtique, t. XI, p. 376).
On savait qu'en outre il avait lait des vers: Harris, The hislory of the ivriters
oj Ireland, 1764, p. 106, mentionne de lui deux poèmes; O'Reilly, Tran-
sactions of the Hiberno-celtic Society, vol. I, part I, 1820, p. cxcix, en signale
trois. Deux ont été publiés en 183 1 par James Hardinian, Irish Minstrelsy,
or Bardic Kemains of Ireland \ dans cet ouvrage, l'un de ces poèmes est accom-
pagné d'une traduction en vers anglais, t. II, p. 218-221, l'autre est resté
sans traduction, t. II, p. 378-380. Enfin deux poèmes de Keating ont été
édités postérieurement.
La Gaelic League vient de donner à Dublin un recueil aussi complet que
possible des compositions poétiques de cet auteur : Dânta, anihrjin is caointe
Seathrûin CèitinK L'éditeur signe Eoin Cathmhaolach mac Giolla Eoin. Il
a réuni dix-huit pièces, dont douze inédites.
Il reconnaît que deux de ces compositions poétiques, les n"s 1 1 et 13,
peuvent émaner d'un auteur différent de celui auquel il en donne la pater-
nité, et il v en a une troisième que je crois attribuée par erreur à Keating,
c'est le chant d'amour qui porte le n°4, p. 21, et qui a été publié avec tra-
duction en vers anglais par Hardiman, t. I, p. 290-295 ; llardiman, t. I,
p. 364, indique un auteur qui n'est pas Keating.
Cinq autres pièces étaient connues jusqu'ici :
Le no I avait été publié au 1. 1, p. 88, d'une traduction de Keating, His-
toire d'Irlande, qui a paru à Dublin en 1859.
I. Dublin, 1900, un volume in- 12 de 225 pages.
Revue Celtique, XXIl.
1 50 Clnoniqiic.
Le n" 2 est clicz O'Rcilly, p. cxciv, le n° 4 des œuvres de Keating, et
a été édité par Hardiman, t. II, p. 218-220.
Le no 3 est cliez O'Rciily, le n° 6 des œuvres de Keaiing.
Le no 7 est chez O'Reilly le no 5 des œuvres de Keating, et, sauf la
strophe IX, il a été imprimé par Hardiman, t. II, p. 378-380.
Le no 9 est mentionné par Harris, p. 106, sous le titre de An Elegy on
Ihe Dcalh of the Lord Decies.
Le no 1 1 a paru dans le Gaclic Journal, no 37, p. 68.
Je n'ai pas eu le talent de retrouver dans le volume dont je rends compte
la pièce que Harris intitule : A Burlesque on his servant Symon.
L'éditeur débute par une étude sur le mètre des vers, il donne l'indication
des mss., les variantes qu'ils offrent; il termine par un glossaire des mots
intéressants et par deux index, l'un des noms de lieu, Tnatre des noms de
personne.
Cette publication mérite des éloges.
XVI.
La Revue Celtique a reçu de M. T.-O. Russel un recueil de poésies lyri-
ques irlandaises, intitulé : Fior ChLiirseach na h-Eireaun, « The true harp
« of Erin, a collection of some most popular folk-songs and short poems
« in the irish language together with many, which hâve never before been
« published, with an Appendix '. » Les morceaux publiés sont au nombre
de 75. La plupart du temps l'auteur ne donne aucune indication bibliogra-
phique; par exemple pour la pièce par laquelle il débute, p. 1-2, il dit
qu'elle est de Cearhhallan, c'est-à-dire de Carolan, mais sans ajouter qu'elle
a été publiée en 183 1 par Hardiman, Irish Miiistrelsy, t. I, p. 74-77, avec
une traduction en vers anglais. Il nous apprend que la pièce par laquelle
il termine, p. 133-136, se trouve dans le Livre de Lismore, mais il ne dit
pas qu'elle a été donnée plus exactement par M. Whitley Stokes, Anecdota
Oxoniensia, « Lives of Saints from the Book of Lismore », p. 16, avec une
traduction, p. 164. M. T.-O. Russel prend avec les vieux textes irlandais
les mêmes libertés que M. Standish Hayes O'Gradv.
XVII.
Un jeune anglais, M. Edmund Croby Quiggin, bachelor of Arts, âgé de
vingt cinq ans, ancien élève du Gonville and Caius Collège à Cambridge,
aujourd'hui lecteur pour l'anglais à l'Université de Greifswald, a eu la
bonne idée de suivre les cours de M. H. Zimmer à cette Université et a
dédié à son savant maitre une thèse de doctorat 2. L'objet principal de cette
1. Dublin, Gill and Son, 1900, in-12, viii-136 pages.
2. Die lautliche Geltung der vortoniger Wôrter und Silben in dem Book
of Leinster Version der Tdin hô Cuahige, Greifswald, Julius Abel, 1900,
in-8, 62 pages.
Chronique . i ^ i
tlicsc est l'ctiido des syllabes prctoniqucs dans le texte du 7^!/';/ hô CuaiJngi,
tel que nous l'a conservé le Livre de Leinster.
L'auteur commence par poser en principe ceci, c'est qu'à la date où lut
écrit le Livre de Leinster, xii'-" siècle, la mutation des sonores /', ni, d, g en
spirantes se produisait déjà, quoiqu'elle ne fût pas encore notée.
M. Zimmer a publié, il y a environ sept ans, dans le t. XXXII de la
Zeitschift de Kuhn, p. 198 et suivantes, la onzième de ses études celtiques,
Keltisclx Shidien, où il traite la question de savoir à quelle date ont com-
mencé les mutations des consonnes en irlandais, non seulement les muta-
tions des quatre sonores dont nous venons de parler, mais par exemple
celle de r/"qui s'est transformé en une simple aspiration puis a disparu. Il
est évident que ces changements se sont produits dans la prononciation
avant de s'opérer dans l'écriture. Une notation qui représentait la pronon-
ciation de l'époque où les Irlandais adoptèrent les caractères latins avec leur
valeur phonétique du temps, vi'' siècle de notre ère, se maintint tradition-
nellement par une sorte de routine, malgré les modifications successives de
la prononciation.
Le premier exemple que donne M. Zimmer est emprunté à la vie de saint
Columba par Adamnan, mort en 704, t. II, c. 8 (édition Reeves, p. 114,
Metcalfe, p. 134). Adamnan est mort en 704. Donc, pense M. Zimmer, dès
le VIF siècle, le nom écrit au génitif par Ptolémée, Bou-ojîvoa fl. II, c. 2,
§ 6, éd. MùUer, t. I, p. 79, 1. 4), par Bède, 1, IV, c. 4, Boii-finde (seconde
édition de Bède par Holder, p. 172) se prononçait au nominatif /ioew^. A
cette thèse il y a une petite difficulté, c'est que nous n'avons pas le ms. au-
tographe d'Adamnan. Le plus ancien ms. existant, celui de Schafthausen,
est de la main d'un certain Dorbbeneus (éd. Reeves, p. 242, cf. p. xiv,
381). Reeves suppose que ce personnage serait identique au Dorben i das An-
nales d'Ulster (édition Hennessy, t. I, p. 162) et des Annales de Tigernach
(éd. Whitley Stokes, Revue Celtique, t. XVII, p. 223), qui serait mort en
712 (?) après avoir été abbé d'Ia (lona, mieux lova) pendant cinq mois; il
en conclut que le ms. de Schafthausen est du commencement du viii^ siècle.
Ce ms. peut être sensiblement postérieur.
M. Zimmer affirme que i?oi'»rf est l'orthographe d'Adamnan mort en 704,
et qu'elle remonte au vii': siècle ; nous n'eu savons rien. Il n'y a pas de
preuve de la chute de l'/médial dans le nom de cette rivière avant le livre
d'Armagh, ix^ siècle (Whitley Stokes, Tlie iriparlite Life, t. II, p. 3 10, 334,
333 ; Hogan, Mouumenla de S. Palricio, p. 65, 91, 92). M. Zimmer a donc
eu parfaitement raison défaire prendre à son élève comme sujet d étude un
ms. dont la date est certaine.
M. Edmund Crosby Q.uiggin a divisé son sujet en trois sections : 1° mots
distincts prétoniques, non compris les prépositions, p. 8 , 2° prépositions
avant le nom, p. 22; 5° prépositions en composition avec le verbe, p. 36.
Il a traité ce triple sujet d'une façon fort intéressante. Il paraît conclure que
dès le xii« siècle l'irlandais se prononçait à peu près exactement comme
aujourd'hui. Je n'en suis nullement convaincu. Du xii= siècle au xix*", je ne
parle pas encore du xx^, il y a eu une transition et des degrés successifs.
1 3 2 chronique.
XVIII.
M. J. Bcclicr vient de publier une restitution en français moderne du
vieux roman français de Tristan et Iseut, \n^ siècle '. Cet ouvrage mettra
la masse du public lettré à même d'apprécier l'origine de cette célèbre com-
position. Le primitif auteur, Chrestien de Troves. est mort, paraît-il, entre
1195 et 1198. Il avait présente à la mémoire l'histoire de Mathilde, f:llc
d'Henri I'-'"', duc de Normandie, roi d'Angleterre, reconnue solennellement
héritière du trône par les prélats et les barons d'Angleterre le 25 dé-
cembre 1126, mariée à un époux peu fidèle, Geofroi Plantagenet, duc
d'Anjou, qui, du chef de sa femme, eut sur le duché de Normandie des
prétentions en partie réalisées. Chrestien savait auasi comment en 1152,
Henri II, fils de Mathilde, roi d'Angleterre, 11 54-1 189, était devenu par un
mariage duc de Guyenne, à la place du roi de France Louis VII, et cela
du chef dune fille seule héritière d'un duc précédent.
On connaît le distique beaucoup plus moderne:
Bella gérant alii, tu, felix Austria, nube.
Nani quae Mars aliis. dat tibi régna Venus.
II y a dans l'histoire de l'Europe occidentale deux périodes, celle du règne
de Mars est la première, la seconde est celle du règne de Vénus. Pendant
les périodes mérovingienne et carolingienne et au début de la période capé-
tienne. Mars a régné à peu près sans partage, de là est née la geste de
Charlemagne. Au xii^ siècle le règne de Vénus a commencé ; la « Table
ronde », telle que Chrestien de Troie l'a conçue, en est la forme épique et
romanesque.
De l'iiistoire de Mathilde, reconnue héritière du royaume d'Angleterre
en 1 1 26, provient une des idées fondamentales du roman de Tristan : Iseut
est héritière du roi d'Irlande, elle portera la couronne à son futur mari.
Tristan a gagné au péril de sa vie le droit au mariage et à la couronne ;
.soumis à son devoir comme vassal du roi Marc, ce qui est une idée féodale
française, il refuse la femme et la royauté; un philtre le contraint à prendre
la femme. La puissance du philtre est doctrine reçue, non seulement dans la
littérature grecque à laquelle le mot est emprunté, mais aussi dans la litté-
rature latine, témoin par exemple Ovide, Ars amatoiia, 1. II, v. 106-107 :
Non data profuerint pallentia philtra puellis :
Philtra nocent animis vimque furoris habent.
Chrestien savait-il en outre l'histoire de cette Athénienne qui fit mourir
un homme en lui donnant un philtre et que l'Aréopage acquitta lui tenant
compte de sa bonne intention? On peut consulter à ce sujet le traité apo-
crvphe d'Aristote, 'lIOv/.wv ili-^xkwi, 1. I, c, 16 (17) -.
1. Le roman de Tristan et Iseut, traduit et restauré par Joseph Bédier,
préface de Gaston Paris, Paris, P. Sevm et Rey, in- 12, 285 pages.
2. Édition Didot, t. II, p. 143.
chronique. i 5 ^
Mais il est inutile de faire intervenir ici le pseudo-Aristote. La littérature
latine suffit. On a dû dire à la reine Mathildc que si son mari la négligeait,
un philtre en était la cause, et cela a été pour elle une consolation. De là,
le philtre qui, dans le roman, ôte la liberté à Tristan et à Iseut. Inutile de
recourir sur ce point à une tradition celtique.
Il n'v a de celtique que quelques détails, par exemple « pays des vi-
vants », p. 99, en irlandais li'r iia m-beo (Windisch, Irische Texte, t. I,
p. 135). De même, la maison de verre située entre le ciel et la lune où
Tristan veut conduire la reine (p. 252), est la chambre aux brillantes fe-
nêtres où Mac Oc emmena Etain Echraide (Windisch, Irische Texte, t. I,
p. 150; H. Zimmer, Zeitschrift de Kuhn, t. XXVIII, p. 587). Le château
enchanté de Tintagel, qui disparait deux fois par an, est imité de celui qui
appartenait au magicien irlandais Cûroi, et qu'une incantation rendait inac-
cessible toutes les nuits quand le maître était absent (Fled Biicrend, § 80;
Windisch, Irische Texte, t. I, p. 295 ' ; George Henderson, Fled Bricreiid,
The feast of Bricriu, p. 102, 105).
Mais d'autres détails sont de provenance différente. Telles sont, sur le
navire, la voile blanche, signe joyeux de réussite, et la voile noire qui au-
rait annoncé Tinsuccès, p. 271, 279, 281 ; cette idée paraît empruntée à la
légende de Thésée. Thésée, montant sur un navire pour aller en Crète
combattre le Minotaure, emportait deux voiles, une noire, [As'Xav iiti'ov, qui
devait servir en cas de défaite, une blanche, î^t-ov Xsuzov, pour faire con-
naître de loin au retour la victoire (Plutarque, Thésée, c. 17,5 6-7).
Le jugement par le fer rouge, p. 177-187, est un usage fort répandu au
moyen âge, tant en Normandie que chez les Anglo-Saxons et dans les ré-
gions voisines. Sur cette coutume barbare on peut consulter le Glossaire de
Ducange au mot Ferrum condensa. Ce genre de preuve n'a nullement une
origine celtique.
Le fond du poème de Tristan et Iseut est franco-normand et féodal ; il
est ce qu'exigeaient les moeurs franco- normandes du temps; autrement il
n'aurait pu obtenir de succès à la date à laquelle il a été composé, et dans
le milieu auquel le destinait la langue dans laquelle il a été écrit.
XIX.
Les hagiographes et les biographes bretons racontent la vie d'un certain
Samson, gallois d'origine, qui aurait au vie siècle fondé l'évêché, puis ar-
chevêché, de Dol (voyez Albert le Grand « Les vies des saints », éd. Ker-
danet, p. 409-427; Lobineau « Les vies de saints », éd. in-fol., p. 95-109;
Levot « Biographie bretonne », t. II, p. 832-853). Saint Samson n'est pas
moins connu dans le Pays de Galles (voyez Robert Williams, A biogra-
phical Dictionary of eminent Welshiiieu, p. 468-469; Rees, An Essay on the
1. M. Zimmer propose de corriger demilhir « aussi noir » en deinilhir
« aussi rapide ».
I. Édition Havre, t. III, p. 444.
I 54 Chronique.
li'dsh Saillis, p. 228-229). On a de lui quatre vies latines dont la plus an-
cienne paraît être celle que D. Plaine a publiée en 1887. Il semble certain
que saint Sanison a existé, qu'il a fondé à Dol un monastère, qu'il en était
abbé, qu'il avait été sacré évéque; mais de là il ne se suit pas qu'il eût juri-
diction épiscopale sur un diocèse, surl'archidiocèse de Dol tel qu'il existait
au xviii'^ siècle. Mg"" Ducliesne, ce terrible homme, a fort ébranlé le trône
archiépiscopal de saint Samson (« Les fastes épiscopaux de l'ancienne
Gaule », t. II, p. 581-582). M. F. Duine a été en Angleterre recueillir les
traces laissées en ce pavs par le culte de saint Samson. De là une brochure
de 44 pages où il nous donne les résultats légendaires d'un voyage authen-
tique ".
-\X.
Nous recevons à l'instant, Ccltic Foiklorc, Wehh uni Mivix, par M. John
Rhvs. C'est une encyclopédie des traditions populaires du Pays de Galles et
de l'ile de Man^. On ne peut guère analyser cet important ouvrage. Il es:
divisé en douze chapities où sont réunies les légendes qui concernent :
1° les fées des eaux, 2° la vengeance des fées, 5° les fées à tout autre point
de vue, 4° le folklore de l'île de Man, 5° les traditions d'origine Scandinave
qui persistent dans le comté de Lincoln, 6° le folklore des sources, 7° les
victoires du monde aquatique, inondations merveilleuses, etc., 8° les lé-
gendes galloises concernant les cavernes, 9° celles qui prétendent expliquer
des noms de lieu, 10° les difficultés que présente l'étude scientifique des tra-
ditions populaires, iio la philosophie du folklore, 12° l'influence de la race
sur le folklore et le mythe. Vingt-quatre pages à trois colonnes d'index fa-
cilitent les recherches. Comme exemples des sujets divers traités dans cet
ouvrage, signalons les traces modernes des fêtes celtiques : du i^"" mai,
p. 20, 226, 295, 507-511, 517, 526, 546, 691 ; du ler août, p. 15, 256,
237, 512; du ler novembre, p. 202, 205, 224-226, 515, 516, 320, 321,
529, 686. Le nom du dieu Liii^ii-s, d'où Liigu-Juuimi, persiste en Galles
dans les composés plus modernes : Diii-IIe pour Diit-lleti, « forteresse » de
LttgK-s, et Xant-llc pour Waiil-lleii, « vallée » « ruisseau » de Ltigu-s, p. 345.
On peut reconnaître le nom du dieu Kodoiis^ -oitlis, en irlandais Nuada,
Nuadat, non seulement dans le Liidd 1= NiuiJ de la littérature galloise du
moyen âge, mais aussi dans le Ludgate de Londres, en gallois ancien
Porlh-hid comme nous l'apprend Geoflfroi deMonmouth, Historia Britoniim,
1. III, c. 20 5, où Lud est transformé de dieu en roi.
La place de ce nouveau livre de M. Rhys est marquée dans la bibliothèque
de tous les cehistes.
1. Saint Samson et sa légende. Rennes, Francis Simon, 1900.
2. Oxford, Clarendon Press, 1901, 2 vol. in-8, XLVi-7 18 pages.
5. Juxta portam illam quae adhuc de nomine ejus Porthlud britannice,
saxonice Ltidesgata nuncupatur.
Chronique. \ 5 j
XXI.
Le septième demi-volume de la nouvelle édition de Pai/lys Rcal-eiicyclo-
pacdie dirigée par M. George Wissowa, vient de paraître ; la partie celtique
V est fort bien traitée par iMM. Hùbner, Ilim et Mûnzer. M. Holder, Alt-
celtischiT Sprachschat:^ avait beaucoup facilité leur tâche.
XXII.
M. O. Schrader, professeur à l'Université d'Iéna, est l'auteur d'un livre
sur la comparaison des langues et l'histoire primitive, SprachvcrgJeicbinig
utid Urgeschichu-, qui a eu deux éditions, l'une en 1885, l'autre en 1890'.
C'est lui qui, en 1894, avec le concours du botaniste A. Engler, a (ait. pa-
raître la sixième édition de l'ouvrage si connu de Victor Hehn sur « les
« plantes cultivées et les animaux domestiques en ce qui concerne leur
« venue d'Asie en Grèce, en Italie et le reste de l'Europe », Kidturpflmtien
iiiid Haiishiere in ihren Uebergaitg ans Asien nach Griechenland tiiid Italien
sowie in das iibrige Europa^. La Revue Celtique, t. XVI, p. 255, a dit un
mot de cette édition. Le même auteur vient de publier sous une forme
nouvelle le premier des deux ouvrages dont nous venons de parler. Dans
cet ouvrage les matières étaient rangées dans un ordre méthodique ; au-
jourd'hui il nous les offre dans l'ordre alphabétique allemand. Il v aura
deux volumes, le premier, A-M, a seul paru 5. Les Celtes et les langues
celtiques occupent dans ce volume une place importante. L'auteur connaît
même la Revue Celtique, d'après laquelle il cite, p. 545, un article de
M. Collinet4. Cependant quelques articles pourraient être développés par
des indications celtiques qui font défaut. Ainsi, p. 255-256, M. Schrader
traite de l'amitié par le sang, Bhitsfreundschajt chez les Germains ; il ne
parle pas de cette amitié chez les Celtes ; il aurait dû lire au tome XXVIII
de la Revue de Kuhn, p. 463, cf. 456, ce que raconte M. H. Zimmer de la
Blutsfreuudschaft, ou Blutshruderschaft, de Cûchulainn et de Ferdiad. Sui-
vant M. S., p. 206, l'âne européen, originaire d'Afrique, est arrivé d'abord
en Grèce et en Italie, de là plus tard chez les Celtes et chez les Germains,
Il ne cite pas les passages d'Aristote « Génération des animaux » et « His-
toire des animaux >> qui établissent qu'au iv^ siècle avant J.-C, l'âne n'était
pas encore complètement acclimaté en pays celtique.
Dans son article sur l'exposition des enfants, il ne dit rien des Celtes ;
évidemment il n'a pas lu dans les Cojileuls du Livre de Leinster, p. 31, la
1. lena, Hermann Costenoble, in-8, xii-684 pages.
2. Berlin, Gebrùder Borntrâger, in 8, xxvi-625 pages.
5. Realkxikon der indogermanischen Alttrtum^knnde, Gruudii'ige eiiier Kultur-
und volkcrgeschichte Alteuropas. Strasburg, Karl J. Trubner, 1901, in-8,
560 pages.
4. Revue Celtique, t. XVII, p. 321-336.
1^6 Citroniju:.
traduction par M. Atkinsoii du joli rccit qui raconte comment CairpreCinn-
caitt fit exposer ses enf;ints. Il a étudié très sérieusement le savant livre de
M-. Whitley Stokes, Vikdtischer Sprachschati, on le voit par les étymologies
qu'il emprunte à cet ouvrage ; il cite les Irish Glosscs du même érudit ; il
s'est aussi servi du dictionnaire publié par M. Windisch au t. I des Irische
Texte, mais quand viennent les questions de droit celtique, on voit qu'il n'a
pas lu les Ancuut Laivs oj Ireland qu'il aurait dû citer ' par exemple à propos
de l'achat des femmes qu'on veut épouser, Braitl-kauJ, p. 109-110, cf.
Heiralb, p. 353 ; on peut signaler le même silence à propos du divorce, Ehe-
scheidiiug, p. 160-162 ; et cependant il est question de divorce dans le Seiichus
Mâr^. M. Schrader aurait dû aussi sur le même sujet consulter les lois gal-
loises K Il cite les livres de MM. M. Voigt et B.-W. Leist; je me suis trop
servi des écrits de ces deux savants pour ne pas approuver l'honneur qu'il
leur rend; mais ce n'est pas chez eux, c'est principalement dans les textes
juridiques irlandais et gallois qu"il faut étudier le droit celtique.
XXIII.
La première livraison du Thésaurus liiiguae latiuae, entrepris par cinq
Académies allemandes, vient de paraître à la librairie Teubner. On ne peut
qu'applaudir au zèle éclairé auquel nous devons cette savante publication.
Le celtique y tient une place, bien qu'on ne puisse guère v remarquer l'em-
preinte d'une œuvre originale à ce point de vue particulier. Dès la pre-
mière page la préposition irlandaise d, ua est présentée comme identique
au préfixe latin au- (par exemple dans au-fero); c'est la doctrine de
M. Brugmann, Grundriss, t. I, deuxième édition, p. 200, qui l'a empruntée
à M. Whitley Stokes, Urkellischer Sprachsch(il{, p. 22.
On aurait de ia peine à découvrir dans le nouveau Thésaurus beaucoup
d'additions importantes à V Allcellischer Sprachschat:( de M. A. Holder, à
moins qu'il ne s'agisse de publications postérieures à ce savant ouvrage.
On peut comparer, col. 46 du Thésaurus, les articles Aballava, Abellio,
avec les articles correspondants chez M. Holder, t. I, col. 5 ; l'article Abal-
lava du Thésaurus renvoie à un article de M. Hûbner, Paulys Realeucyclo-
paedie, t. I, col. 1 3, qui date de 1893 et qui est pac conséquent postérieur à
la première livraison de M. Holder, 1891 ; de même l'article ^/W//o, col. 65
du Thésaurus, renvoie au t. XIII du Corpus inscriplionuni latinaruni, tandis
que M. Holder dans sa première livraison ne parle que des recueils français
qui ont précédé ce t. XIII du C. I. L. encore en préparation en 1891. A
l'article Ahnoha de M. Holder, col. 8, le Thésaurus, col. 112, n'ajoute que
deux mauvaises leçons des mss. de Tacite; dans la 4^ édition de C. Holm,
1. Ancient Laws and Inslilutes of Irelaud, t. Il, p. 346; t. III, p. 314;
t. IV, p. 62.
2. Aucient Laws and Institutes of Ireland, t. Il, p. 562, 588, 592, 396, 400.
3. Aneient Laws and Institutes oJ IVales, édition in-folio, p. 38-40,
44-46, etc.
Chronic]uc. 1 37
t. Il, Tcubiicr, 18S3, p. 220, dcrnicre ligne, on trouve en note ces mau-
vaises leçons, les génitifs Arnobae ou Arbonae, dont je ne devine pas l'intérêt.
XXIV.
La première livraison des Inscriptioxes graecae ad res romakas
PERTINENTES ' donne à la page 1 1 , sous le n" 9, le nom de peuple à l'accu-
satif O'JiXaûviO'j:. Cette forme établit que veïaiinio- était le thème du nom
etlniique dont le nominatif pluriel Vehuni figurait sur le monument de la
Turbie, Alpes-Maritimes 2. Vdaiini par un seul / final au lieu de Velatinii
par deux i est une orthographe latine fréquente;. Le monument de la
Turbie date de Tan 6 avant notre ère et il n'y en a que des ruines. Le mot
Velainii est du nombre de ceux que nous ne connaissons que par Pline,
1. III, § 137; il ne se trouve point parmi les fragments de l'inscription qui
existent encore. Mais il n'y a pas de raison pour contester à ce sujet l'exac-
titude des éditions de Pline.
XXV.
Le premier fascicule du Recueil des chartes de l'abbaye de Saint-
Benoit-sur-Loire, par MM. M. Prou et A. Vidier vient de paraîtrez. On
y trouve quelques noms de lieu intéressants. Ainsi dans un testament de
l'année 651, Litmanis (p. 5) paraît identique au nom d'homme gaulois
Litn-wanis (Hokier, Altcelliscber Sprachschali, t. II, col. 249). Le UceUiis
viens du même testament, p. 6, porte un nom probablement identique au
premier terme de Uxdlo-dunuui chez Hirtius, De hello gallico, 1. VIII, c. 32,
40. Le terriloiiuni Folabrense dans des chartes de 893 et de 898, p. 89, 90,
tire probablement son nom d'un antique Voh-hriga, aujourd'hui Volesvre,
Saône-et-Loire, homonyme d'une ville d'Espagne, Vol'ohriga (Ptolémée,
i. II, c. 6, § 40) ou Valabrica, d'où le dérivé Valah icensis, C. I. L., II,
5561 5 ; M. Hùbner, p. 894 de ce volume, observe avec raison que la cor-
rection proposée par Miiller au texte de Ptolémée, Avo-hriga pour Voh-
brt'ga sera difficilement admise. Signalons encore, p. 69, d'après une charte
de 876, Isriiin fluvinni, masculin d' Isra, l'Oise, qui est au moyen âge une
va iante d'Isara (Holder, t. II, col. 74, 75); dans le même diplôme, un
autre nom de rivière Biirbuiicia, probablement un déiivé de la racine fléchie
BORV d où Borvo, -oiiis écrit Burbiine dans la légende d'une monnaie méro-
1. Paris, E. Leroux, iç.oi, in 8, 128 pages.
2. Corpus hiso iptioiriin laiiiiarinii, t. V, p. 906, 907.
3. Précis de la déclinaison latine par AI. F. Bùcheler, traduction de
L. Havet, p. 64.
4. Paris, Picard, 1900. in-8, 208 pages.
5. Comparez le nom de Valabrègue, Gard, écrit au xii« siècle Volobriga,
Folobrica, Germer-Durand, Dictionnaire iopographiqiie du département du
Gard, p. 2)2. Voyez aussi Revue Celtique, t. XIII, p. 280.
158 Chronique.
vingicnnc (Holùer, t. I, col. 632). Boledoiio dans une charte de 796, p. 24,
peut être un plus ancien Botto-dimiim, à conclure de Botlus (Holder, t. I,
col. 496).
XXVI.
M. J. Lcite de Vasconcellos a inséré dans les Procès -ver baux et Mémoires
du Couvris iitlcriialioiial de Xtiniisi)iali(]iie tenu à Paris en 1900, un article
sur les Monnaies de la Lusitanie portugaise. Une de ces monnaies est celle
à'Ehord, nom probablement ibérique, mais que l'on pourrait considérer
comme le féminin du gaulois f/jz/roi (Holder, AUceltischer Sjnachschalx^, t. I,
col. 1402). Une des villes dont parle M. L. de Vasconcellos, Baesuris, et
non Aesuris (Hùbner, Monunienta linguae ibericae, p. 135, no 180), a une
désinence ibérique, cf. Gracchuris {Wxxhnar^ ibid., p. 66, n" 65). Le nom de
ville Gracchuris est un mot ibérique dérivé du latin Gracchus, on peut le
comparer à Flavio-briga, nom géographique gaulois d'Espagne, dans lequel
le premier terme est latin.
XXVII.
M. Franz Cramer, oberlehrer au gymnase de Dùsseldorf, vient de publier,
sur les noms de lieu des provinces rhénanes. Rhkinische Ortsna.mex ',
une étude qui ne pouvait manquer de me sembler très intéressante, à moi,
car l'auteur paraît en général accepter mes doctrines, bien que suivant
M. E. Schrôder, Gôttingische gelehrte Anieigeii, octobre 1900, p. 783, mes
livres se divisent en deux catégories, les uns trouvant chez les gens compé-
tents une opposition qui ne comporte que quelques réserves, les autres
impitoyablement repoussés par tous les savants. M. Cramer adopte, par
exemple, comme M. Deecke, la thèse que j'ai émise sur la présence des
Ligures dans le bassin du Rhin, avant l'arrivée des Celtes.
Son mémoire est divisé en trois parties: 1° noms ligures (p. 5-20),
2° noms celtiques et gallo-romains (p. 20-113), 3° développements sur
cinq noms de lieu particulièrement intéressants (p. 1 14-15 5). Suivent les
index.
Un nom qui paraît bien liç^ure est près de Trêves, Kersch, au ix^ siècle
Carasco. La Thur, affluent de l'Ill. en Alsace, semble avoir le même nom
que la Dora Baltea et la Dora Riparia en Piémont: Dorp, plus au nord, ré-
gence de Dùsseldorf, est la forme moderne d'un plus ancien Dur-ipa, pour
Dur-apa, dont le premier terme a la même origine. L'ancien nom de la
Sauer en Alsace est Sura, également nom d'une rivière du département de
la Drôme. Saravus, nom de la Saar, paraît un mot ligure formé avec un
suffixe -avo- qu'on trouve également dans Taravo, nom d'une rivière de
Corse, et dont la forme féminine, -ava, apparaît dans Ausava, aujourd'hui
Oosbach, nom d'un affluent de la Kyll et d'un village près de Trêves.
I. Librairie Ed. Lintz à Dùsseldorf, un volume in-8 de 175 pages.
chronique. 139
L'auteur divise les noms celtiques et gallo-romains en quatre catégories :
i" noms celtiques conservés par la littérature antique, 2° noms latins at-
testés par la même littérature, 3° noms celtiques recueillis dans les docu-
ments postérieurs à l'empire romain, 4° noms latins relevés dans les mêmes
documents.
Parmi les noms celtiques nous citerons Birten, régence du Dûsseldorf,
qui serait un ancien Viro-diinuDi, un homonyme de Verdun.
Voici trois critiques: nous ne croyons pas que le suffixe -isco-, p. 61,
soit plus ligure que celtique. P. 53, note, M. Cramer paraît ignorer que
Betriacus ou Bediiacus (Pline, 1. X, § 135, Tacite, Histoiiae, 1. Il, c. 25)
est une mauvaise leçon pour Bebriaciis {Revue Celtique, t. XVII, p. 297).
P. 93, je ne crois pas qu'il existe un suffixe -giliiiii; la plus ancienne forme
de la finale dont il s'agit est o-ialiiin ; ialiun est le second terme de noms
composés, et la doctrine la plus vraisemblable paraît être celle de M. Thur-
neysen : -ialitin est identique au gallois ial « espace découvert », c'est un
synonyme de iiiagiis, champ.
XXVIII.
M. Mowat vient de me communiquer un mémoire de M. Plicque : Luc,
DIEU DE l'or chez LES G.\ULOis, qui a paru à Vichy en 1892. Ce que ce
travail au titre bizarre offre d'intéressant est l'inscription inexpliquée
APROXIOS
1ERE
. ESO
Elle se trouve sur une statue de Mercure avec l'inscription :
.MERCURIO
ET AUGUSTO
S A C R U .M
I! n'y a aucune preuve que ce Mcrniriiis s'appelât en gaulois Liigus. Quel
rapport y a-t-il entre iere et ieiirii, entre eso et Esiis ? Il est à désirer que le
monument soit étudié par un épigraphiste plus compétent que M. Plicque
POST-SCRIPTUM.
J'ai inséré, p. 79, un savant article de M. L. Duvau sur la prononciation
du gaulois. Il ne se suit pas de là que j'accepte ses conclusions. Dans un
prochain numéro je répondrai à mon érudit collaborateur.
Paris, le 29 janvier 1901.
H. d'Arbois de Jl'bainville.
PÉRIODIQUES
SOMMAIRE: I. Zeitschrift fâr celiische Philologie. — II. La Revue Bretonne. —
III. Studies and notes in Philology and Littérature (Harvard University). — IV.
Proceedings of the Royal Irish Academy. — V. Annales de Bretagne. — VI. Bul-
letin archéologique du Comité des Travaux historiques. — VU. Roinania. —
VIII. Transactions of the Devonshire Association for the Advancement of Science.
— IX. Journal of the Royal Institution of Cornwall. — X. An Gaodhal (The Gael .
— XI. Supplément! periodici ail Archivio glottoiogico italiano. — XII. Man. A
Monthiy Record of Anthropological Science. — XlII.Celtia. A pan-celiic Monthly-
Magazine. — XIV. Zeitschrift fur alte Geschichte. — XV. Zeitschrift fur deutsche
Wonforschung. — XVI. Zeitschrift fur vergleicliende Sprachforschung. — XVII.
Revue épigraphique. — XVIII. Publications of the Modem Language Association
of Air.erica. — XIX. Revue des études grecques — XX. Revue historique de Pro-
vence. — XXI. Revue archéologique. — XXII. The Journal of the Society of An-
tiquaries cf Ireland. — XXIII. The Journal of the Royal Socieiy of Antiquaries of
Ireland. — XXIV. Revue d'Ardenne et d'Argonne. — XXV. Feiz ha Breiz.
I.
Zeitschrift fur celtische philologie, t. III, deuxième livraison. —
Nouvelle édition par M. Whitley Stokes du morceau intitulé Cath Cairun
Coiiaill « Bataille de Carn Conaill », déjà publié par M. Standish Hayes
O'Grady; c'est en effet une partie des Mion-aiiiiala « Fragmentar}- Annals»,
615-710, que M. O'Gradv a données dans sa SUva Gadclica, volume de
textes, p. 590-415, volume de traductions, p. 424-4.19. La récension mise
au jour par M. O'Grady (p. 596-401 du tome I, p. 451-457 du tome II), a
été tirée par lui d'un ms. du xv^ siècle, British Muséum, Egerton 1782.
M. Whitley Stokes reproduit le texte inséré aux p. 11 5-1 17 du Lebor na
hUidre, écrit vers iioo, il donne les variantes du Livre de Leinster,
p. 276-277, xiie siècle, et du Livre jaune de Lecan, p. 152, xivc siècle.
Dans la bataille de Carn Conaill,. Guaire Aidne, roi d'une partie du Con-
nauglit, fut battu par Diarmait, roi suprême, fils d'Aed Slane; cette bataille
aurait été livrée en 649, suivant le fragment d'annales publié par
M. O'Grady; en 648, si nous adoptons la chronologie de William Hen-
nessy, Chroiiicum Scotorum, p. 91 ; en 643, si l'on en croit les Annales des
Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 260; en 642, si l'on préfère
la doctrine des Aimais of Clonniacnoisc, édition Murphv, p. loj. Il est parlé
Périodiijues. 141
de cette bataille dans les Annales de Tigernach, édition de M. Whitley
Stokes, Rivut- Celtique, t. XVII, p. 189, et à la p. 64 des fragments d'An-
nales publiés en 1860 par O'Donovan pour Vlihh Archaeoloç'ical ami Ccltic
Society. Le texte irlandais, édité par M. ^^'llitle\■ Stokes, est suivi d'une tra-
duction anglaise due à ce savant celtiste.
Édition priiiccps par le même de VAmra SeiuHii « Eloge de Senân »,
composition imitée de VAmra Choliiiinb Chilli « Eloge de saint Columba »,
que M. Whitley Stokes a publié dans le t. XX de la Revue Celtique. L'édi-
tion de V Amia Seuâin est donnée par l'érudit écrivain d'après le ms. H. 2.
17, col. 852-857, du Trinity Collège de Dublin, xvc-xvie siècle. Saint
Senan, fondateur du monastère à' luis Calhaig, aujourd'hui Scattery-islaud,
île du Shannon, comté de Clare en Munster, aurait vécu au vi^ siècle. Son
nom apparaît, sous la date des i^r et 8 mars, dans les Martyrologes
d'Oengus (éd. Wh. Stokes, p. lv, lvi, lx, cxli), et d'O'Gorman (éd. \Vh.
Stokes, p. 46, 50). Des vies de ce saint ont été publiées notamment par
Bolland (Mars, t. I. p. 761-778), par le P. De Smcdt {Acla Saucioiuui Hi-
herniae, p. 757-7)8), et par M. Whitlev Stokes {Lires of Saiuls froni the
Book of Lismore, p. )4-74, 201-221) '. Il est question de ce saint au futur
dans la Vie Triparlile de saint Patrice (éd. Wh. Stokes, p. 166, 206). Son
éloge aurait été composé au vii= siècle (?) par Dallan, auteur prétendu de
VAtnra Choluiiuh Chilli, qui paraît postérieur à cette date, ainsi qu'il semble
résulter d'un mémoire de M. Strachan (Revue Celtique, t. XVII, p. 41).
Mélanges extraits de mss. irlandais par M. Kuno Meyer. Le plus impor-
tant de ces extraits est un texte du Tochmarc Eniire la Coinculaind , où l'on
voit comment Cûchulaind devint l'époux d'Emer. Ce texte est celui du
British Muséum, ms. Harleyen 5280, fol. 27 a— 55 h, xv^ siècle. Dans la
Revue Celtique, t. XI (et non IX), p. 442-455, M. Kuno Meyer avait donné
un fragment important de ce morceau d'après le ms. d'Oxford, Bibliothèque
Bodlèyenne, Ravviinson, B. 512, xive-xv^ siècle, fol. 117 a— 118 a.
Etude sur la diphtongue au en irlandais et en gallois et sur le groupe shu
en gallois par M. Willy Foy.
Les diphtongues terminées en u dans les langues celtiques par M. E. Zu-
pitza.
A'o avec fonction relative en irlandais par M. Strachan.
Dissertation de M. H. Zimmer sur un passage corrompu du Tâin ho
Cûailugi, Livre de Leinstcr, p. 55, col. i, 1. 48.
Étude de M. E. Ernault sur les mots bretons get, gant, rak, meurhet, a,
da, douaren.
Mémoire de M. Nicholsonsur la langue des Pietés continentaux. L'auteur
T. Il était fils de Gerrchend et de Coimgell suivant la vie irlandaise éditée
par M. Whitley Stokes, d'Erchauus et de Coewgella dans la vie latine pu-
bliée par le P. de Smedt, Erchauus, en irlandais Erchan, est une forme hy-
pocoristique de Gerrchend. Senan serait du nombre des alii luulti qui avec
Ciaran, Columba, etc., ont formé le deuxième ordre des saints irlandais,
Haddan and Stubbs, Councils and ecclesiastical Documents, t. II, p. 295.
142 Périodi(jnes.
prétend y donner une traduction de l'inscription de Rom, publiée par
M. Jullian, Revue Celtique, t. XIX, p. 170-173. Je crois que M. Nicliolson
a été bien hardi et aurait mieux fait d'attendre.
Trente lettres adressées par Zeuss, auteur de la Giaiinnaticu cellica, à
Christian Wilhelm Gluck, auquel on doit un mémoire célèbre sur les
noms gaulois chez César. La première lettre concerne TétN^moiogie du nom
de lieu Lauriacitni, aujourd'hui Lorch, en Wùrtenbcrg et en haute Au-
triche: un appendice <à la lettre 10, traite de l'étymologie du nom de l'Oise
et de l'Isère, Isiira. Signalons aussi dans la dernière lettre ce qui est dit du
mot aiiilnuiiis.
Texte et traduction d'une satire irlandaise copiée par M. R. Henebry
dans le ms. Renehan 70 du Collège ecclésiastique de .Vlaynooth en Irlande;
ce petit poème débute par un singulier mélange d irlandais et de latin :
Aithnidh dhonih hoino re haoi,
« Je connais un hoiimic de science. »
Plus bas, nomen, capiit et rex. L'intérêt de ce morceau est dans les mots
étranges qu'il contient. Un glossaire copié dans le ms. les explique ; tel
owhal « poète ». Cet article est daté de Washington (cf. p. 118, 149).
Mémoire de M. L.-Chr Stern sur le subjonctif en gallois.
Suivent les comptes rendus critiques. Le premier, par M. J. Strachan, a
pour objet la traduction du Fled Bricreiid donucc par M. George Henderson
{d. Revue Celtique, XXI, p. IC9-110). Le second concerne le travail de
M. Rousselot sur « les articulations irlandaises « (cf. Revue Celtique,
t XXI, p. 130).
IL
La Revue Bretonne, numéro spécial publié à l'occasion des fêtes de
l'Union régionaliste bretonne de Guingarap, rend compte d'un concours
de poésie bretonne, où M. Emile Ernault, évidemment fort compétent, a
été pris pour juge. Les pièces couronnées sont imprimées avec traduction
en regard. Quelquefois elles valent mieux que la traduction. Ainsi:
Fouken dan avel digor,
En pehini on ganet,
Nag a wech dirak da zor
Bugel em euz c'hoariet !
C'est-à-dire littéralement :
« Chaumière au vent ouverte,
« Dans laquelle je suis né,
« Q.ue de fois devant ta porte
« Enfant j'ai joué! »
"Voici la traduction donnée par la Revue Bretonne:
« Chaumière ouverte à tous les vents, où je suis né, que de fois dans
« mon enfance n'ai-je pas joué devant ta porte ! »
Pciiodiqucs. 14:;
C'est le sens, mais c'est plat, reproche qu'on ne peut adresser au texte
breton.
III.
Studies akd Notes in Philology and Literature piihJished uiiâer the
direction oftbc modem Laugitage Defxirtiiteiits of Harvard Uiiiversily, vol. \'II,
p. 185-205. — Mémoire de M. Arthur C.-L. Brown sur la « table ronde »
avant Wace qni en parle dans son Brut terminé en 1155:
Fist Artus la Roonde Table.
Lazamon dans son B//// composé environ cinquante ans plus tard raconte
avec détails comment et pourquoi cette table fut fabriquée par un menuisier
cornouaillais. Elle fut ronde pour éviter qu'il y eut un haut bout et un
bout bas, c'est-à-dire de bonnes places à côté de mauvaises, et par consé-
quent des querelles causées par le choix de ces places. L'auteur pense que
Lazamon a emprunté cette légende à la tradition celtique et il en rap-
proche, p. 195, le texte de Poseidonios (Athénée, IV, 36), où l'on voit les
Celtes assis en cercle à leurs repas, /3cOr,vTai èv y.'jy.Xto; c'était la conséquence
de la forme circulaire des maisons (Strabon, 1. IV, c. 4. § 3).
IV.
Proceedings of THE RoYAL Irish Academy, vol. VI, no I, p. 36-78.
— Mémoire de M. J.-P. O'Reilly sur la colonisation milésienne considérée
en ses relations avec l'exploitation des minerais d'or. L'auteur possède en
géologie des connaissances qui me font défaut, il a beaucoup travaillé son
sujet, mais je ne puis adopter sa doctrine, puisque suivant moi les Milé-
siens arrivant d'Espagne appartiennent à la mythologie évhémériste et non
à l'histoire.
Annales de Bretagne, t. XV, n" 4. — Fin de l'étude de M. Ferdinand
Lot sur la Vita Merlini de Gaufrei de Monmouth (cf. Revue Celtique, t. XXI,
p. 257). Voici la conclusion : « Ce poème est fiiit de pièces et de morceaux,
« entre lesquels Gaufrei a eu peine à trouver un lien. Il n'est arrivé, et com-
« bien péniblement, à une certaine unité de composition qu'en déformant
« d'une part des poèmes gallois sur le barde Myrddin, aujourd'hui perdus, de
V l'autre les récits sur le fou Lailoken ». — ■ Notes d'étymologic bretonne
par M. Emile Ernault. — Mémoire de M. Baring-Gould sur les Cornavii, les
Otadini et la Bretagne armoricaine. — Chanson bretonne, Kloarek Saiit-Ger-
men, publiée par M. Vallée. — Suite des chansons bretonnes de la collection
Penguern, éditées et traduites par M. Pierre Leroux. — Je n'ai que du bien X
dire de ces articles, sauf celui de M. Baring-Gould qui, suivant moi, est de
la dernière faiblesse. Il reproduit cette vieille rêverie de savants, que le nom
144 Périodiques.
de la Cornouaillc anglaise provient de ce que le pays a la forme d"une corne,
comme si les noms populaires avaient pour base les canes de géographie, et
comme si le mot corn avait jamais signifié v cap » dans les dialectes brit-
tons (Robert Williams, Lexicon cortiii-hrilaiinicinn, p. 66 ; D. Silvan Evans,
DictioiHiry of Ihc luehh Ltingtidi^e, t. I, p. 875-877). M. Baring-Gould dit,
p. 548, que suivant le Glossaire de Cormac édile par M. Whitley Stokes en
1862, les Gaels se sont assujettis les Bretons jusqu'à la Corne; il n'indique
pas la page, c'est la page 29, article mogheiine, où la Cornouaille anglaise
est appelée Itr Brelan Corun, c'est-à-dire terre des Bretons Cornavi. Cornu
est un génitif pluriel, au génitif singulier nous aurions cuirn. Cornn est
dans le Glossaire de Cormac la notation irlandaise au génitif du gallois
Ci'rnyw =^ Con;(7i'/, originairement pluriel. Les Coinavi qu'on appelle en gé-
néral Cornavii par deux / avec une orthographe plus savante qu'exacte,
étaient non pas des Germains mais des Belges venus par mer du sud-
est, c'est-à-dire d'une région qui est depuis longtemps germanique, mais qui
à l'aurore de l'histoire ne l'était pas encore devenue. C'est à peu prés ce que
disent les Triades à ceux qui veulent comprendre.
T. XVI, no I. — L'épenthèse des liquides en breton par M. Emile Er-
nault. Suite des contes irlandais de M. Douglas Hyde par M G. Dottin.
Les airs des Gwerziou de Luzel par M. F. Vallée. Recherches dialectales
bretonnes, les noms propres de Plogoff par M. J. Loth. Tous ces articles
seront lus avec profit.
T. XVI, no 2. — Suite du mémoire de ^L E. Ernault sur les étymologies
bretonnes. — Note de M. J. Loth sur les Coruovii et la patrie de saint Pa-
trice. Il rejette avec raison l'hypothèse de M. Baring-Gould qui fait des
Cornovii des Germains.
VI.
Bulletin archéologki'.e du Co.mité des Tr.\v.\ux historiques et
SCIENTIFIQUES. — Année 1900, i^^ livraison, p. xxxiii: inscription prove-
nant de Cadenet (Vaucluse) ; c'est une dédicace inédite au dieu L.xnovalus;
p. 15, marque de potier, trouvée à Boulbon (Bouches-du-Rhône) : M. es-
svvivs EMPIVIVS. Sur le nom divin Lanovalus, voir Holder, Altceltischer
Sprachschal:;^, t. II, col. 142 (1897), cf. Rnnie Cdlique, t. XXI, p. 346. .\
Essuvius, comparez Esuvius, Holder, ihid., t. I, col. 1476-1.478.
VII.
Ro.\L\NiA, juillet 1900. — -Mémoire de M. F. Lot sur le roi Hoel de
Kérahès, Ohes h vieil harhè, les chemins d'Ahès. et la ville de Carhaix.
Dans le roman de Tristan et Iseut, le roi Hoel de Kérahès ou Carhaix, est
père d'Iseut aux blanches mains, rivale disent la blonde qu'un philtre
amoureux a fait l'amante fatale de Tristan. Suivant M. F. Lot, Ahès =
Osismi. Cette doctrine, exposée avec la science et le talent ordinaire de
l'auteur, paraît au premier abord fort séduisante. En Bretagne, Car-haix,
Périodiques. 145
nom dont la soconilc partie serait un ternie antique de géograpliie, consti-
tuerait un pendant au nom de ville gallois Car-marthen dont le second élé-
ment est identique au celto-roniain Mari-dumnn (Ma;;oouvov, chez Pto-
lémée, 1. II. c. 5, § 12; édition Mùller, p. loi, 1. 4; cf. J. Rhys, Early
Britain, 2<^ édition, p. 295). La chute de IV intervocalique ou son rempla-
cement par /; dans Ahes = Osisini, est conforme à une loi posée par la
Grauiinaticd Cflliai, 2c édition, p. 125. Mais bien que MM. Kûbler et Meu-
sel aient adopté l'orthographe Osisnii, il n'est pas certain qu'il ne faille pas
lire chez César, avec double s, Ossisiiii, comme nous l'apprend M. Holder
{AUcfllischer Spracbschati, t. II, col. 889), et \'s double se maintient en néo-
celtique {Gr. C-, p. 120-121). Si Ossisiui, 'Oi'a'j.io-, chez Ptolémée, est un
doublet d"Q(iT''(ov;; et A''Q.i-':a.'.v. chez Etienne de Byzance le double s
à'Ossimi =-- st, et aurait évidemment persisté. Une critique du mémoire de
M. F. Lot a été publiée par M. J. Loth dans la Roinania d'octobre et
M. F. Lot a répondu à son presque synonyme dans la même livraison.
VIII.
Tr.WSACTIONS OF THE DeVON'SHIRE ASSOCIA ITOX FOR THE .\UVANXE.\n;XI'
OF sciEN'CE, t. XXXII, p. 341-389. — Calendrier des saints de Devon et
de Cornwall dressé d'après les dates des fêtes d'églises, de chapelles, de
villages et d'après les dates des foires, par le Rév. S. Baring-Gould, qui a
mis en tête une bibliographie des martvrologes et calendriers du monde
chrétien occidental.
IX.
Journal of the Royal Institution' of Cornwall, vol. xlvi. — Le
Rév. S. Baring-Gould a publié dans ce volume un discours prononcé par
lui, en qualité de président, en une assemblée de la Société qui manifeste
son existence en éditant le recueil dont nous venons de donner le titre. Ce
discours a pour sujet les saints celtiques. Il en parle à peu près exclusivement
d'après les textes irlandais : Livre de Lismore, Silva Gadclica, Vie tripar-
ti te, etc.
Le même auteur a inséré dans ce volume un fragment d'un catalogue al-
phabétique des saints qui ont rapport avec la Cornouaille anglaise, y com-
pris la liste des églises et chapelles qui leur sont consacrées. Ce fragment
commence à la lettre D et finit avec la lettre G incluse. Le nom de chaque
saint est suivi d'une courte biographie, malheureusement sans indication
de sources.
X.
An Gaodhal. — Le récit épique irlandais « Aventures du grand jeune
« homme, fils du roi d'Espagne », An iiiacaonib niôr mac righ na h-Eas-
paiiie, dont l'impression, texte et traduction anglaise, avait commencé en
Revut Celli^uc, XXII. 10
146 Périodiques.
mai dernier, t. XIX, n" 5, p. 139 {Rn'ue Celtique, t. XXI, p. 252), vient
d'être terminé dans len» 12, du même volume, décembre 1900, p. 342-545.
Le no d'octobre contenait une pièce de vers écrite en irlandais par feu le
Rév. Eugène OGrowney, alhair Eogan O'Granihiia (d. Rexiie Celtique,
t. XXI, p. 429); c'est une traduction du chant américain « La bannière se-
mée d'étoiles ». The star st^atii^leJ Ixiuner, le drapeau des Etats-Unis d'Amé-
rique. Ce morceau étant destiné à être chanté, un supplément au n" de dé-
cembre nous donne la musique sur les paroles irlandaises. Le n" de jan-
vier 1901 donne à la p. 23 le portrait de M. Fred Norris Robinson, ancien
élève de M. R. Thurnej'sen, à Fribourg en Brisgau, et aujourd'hui pro-
fesseur de langue celtique à Harvard University, Cambridge, Massachusset.
M. Robinson va, parait-il, prochainement publier divers textes irlandais,
un au moins de ces textes concernera le roi Niall aux neuf otages, mort
au commencement du v« siècle après J.-C.
XI.
ScppLEMEXTi PERiODici all' Archivio glottologico itai.iaxo, Sep-
tième livraison'. — Mémoire de M. Ascoli sur les adjectifs pronominaux
cacb, cech ; uach, iiech. Ce savant mémoire est dédié à M. \\'hitlev Stokes à
l'occasion du soixante-dixième anniversaire de sa naissance (cf. Revue Cel-
tique, t. XXI, p. 250-251).
XII.
M.^N, A .MONTHLY Record of Axthropological Science, publication de
VAuthropoIogical Institute, 3, Honover-square, Londres, no i, janvier 1901.
— Note de M. J. Rhvs sur la superstition des puits miraculeux dans l'Ir-
lande moderne.
XIII.
Celtia, a pax-celtic Monthly-Magazin'e. — Commencement d'un
dictionnaire anglais-irlandais-gaélique d'Ecosse-mannois-gallois-breton. —
Texte et traduction par M. T.-O. Russel du passage du Livre de Leinster,
p. 126, où il est raconté comment débuta dans la vie Moran Mac Maen.
XIV.
Zeitschrift fur alte Geschichte herausgegcbeii von August Hettler,
t. I. — Mémoire de M. F. -P. Garofalo sur les Tétrarchies des Galates.
L'auteur admet avec M. Perrot, Revue Celtique, t. I, p. 179-192, qu'au
temps de saint Jérôme, 546-420, on ne devait plus parler gaulois en Ga-
latie. Je n'en suis pas tout à fait convaincu ; cf. Bloch, dans VHistoire de
France de Lavisse, t. I, p. 588, et Cramer, Rheinische Ortstmnien, p. 21.
I. Turin, Ermanno Loescher, 1900, in-8.
PirioJiijiies. 147
XV.
Zeitschrift fur Deutsche W'ortforschuxg. liera usgegeheii von Fried-
rich Kluge, t. I, p. 65. — Suivant M. Eduard Wôlfflin, le plus ancien
exemple de docca « cloche », se trouve dans la vie de saint Cokimha par
Adamnan, 1. III, c. 51; par conséquent celte mention date probablement
des dernières années du vii^ siècle ; c'est la confirmation de la doctrine de
M. Kluge {Etxntoh^ischcs Wociicrhiich, 5e édition, p. 141, 142, au mot
Glockt'), qui croit que ce mot est d'origine celtique, mais n'a pu en découvrir
d'exemple antérieur au viii'-' siècle. M. E. Woelfflin ne donne pas exacte-
ment son renvoi à la vie de saint Coiumba ; au lieu de c. 31, lisez c. 23 (édi-
tion Reeves, p. 234 ; Metcalfe, Pinkertoii's Lives, t. I, p. 204). Le mot docca
se trouve aussi dans la même vie, 1. I, c. 8 (Reeves, p. 33 ; Metcalfe, p. 89).
Clocca paraît être le terme propre pour désigner les cloches à main, de forme
carrée, emplovées dans les monastères irlandais et importées de là sur le
continent. — P. 150-193, les noms de la semaine: 1° à Babylone etNinive,
par P. Jensen ; 2° chez les Sémites, par Th. Nôldeke; 3° chez les Grecs,
par A. Thumb; 4° chez les Albanais, par le même; 5° chez les Romains,
par Gundermann ; 6° chez les Celtes par R. Thurneysen, qui traite le
sujet avec sa compétence ordinaire; 7° chez les néo-latins, par W. Meyer-
Lubke. — P. 238, mémoire de O. Schrader sur les mots anchorngo et hrâca.
De la comparaison du mot gaulois hnlca « culotte », avec le mot anglo-
saxon broc, vieux Scandinave hroh, vieux haut allemand bnioh, même sens,
et avec le latin siiffragincs « jarrets » = * sub-frâg-in-es, c'est-à-dire ce qui
est sous le croupion, *frâg, il résulte qu'il a existé une racine pleine indo-
européenne bhnlg, dont la forme réduite, développée par intercalation d'//,
se trouve dans le latin, frango. Elle a été employée pour désigner le vête-
ment qui couvrait l'articulation la plus haute du membre inférieur. Le
nom indo-européen était *bhrâga, mot apporté probablement avec le vête-
ment dans l'Europe orientale par les Scythes et transmis par eux aux Ger-
mains avant la première substitution des consonnes. Après cette substitution,
ce mot devint en germanique brâka, prononcé broc, brâk par les Anglo-
Saxons et par les Scandinaves. C'est la forme que les Gaulois adoptèrent
avec le vêtement. Le vieux haut allemand brnoh représente un étage plus
récent du développement phonétique; comparez les bnigoubra^ des Bretons
avec ^' breton égal /; haut allemand.
XVI.
Zeitschrh-t fur vekgi.f.ichi;xde Spr.\chforschung .\uf dem Gebiete
der indoger.\i.\nischex Sprachen, t. XXVII. — Savant mémoire de
M. R. Thurneysen sur le verbe celtique, 1° la particule ro, p. 52 ; 2° le dé-
ponent et le passif en r, p. 92; 5» le prétérit en /, p. 11 1.
1 48 Périodiciues.
XVII.
Revue lpigraphiciue, publiée par M. Espcrandicu, n'' 99, octobre, no-
vembre, décembre 1900. — P. 151. Dédicace au dieu gaulois Bdiniis. Elle
a été trouvée à Gréasque, Bouches-du-Rliône. C'est une des traces épigra-
phiques peu nombreuses du culte de ce dieu en Gaule. En dépit d'Ausone,
Professores, V, 7-14, les inscriptions ont surtout offert son nom hors de
Gaule, voyez HolJer, Altcellischer SprachscJjal-, t. I, col. 571-573. —
P. 133 154. Deux dédicaces, deo anvalo ou anvallo par un gutuater.
Elles ont été récemment trouvées à Autun. Le dieu Aitvahts ou Anvallns
était inconnu, on n'avait jusqu'ici rencontré que le nom divin dérivé écrit
au dti\\{ Anvahniiacii. Pour les exemples du gaulois \iX\msi g ut uater, voyez
Holdcr, t. I, col. 2046. La seconde des dédicaces nouvellement décou-
vertes est faite par le gutuater Norbaneiiis Thalhis dont le gentilice Korha-
neiiis est dérivé de Norba, -aiios, nom de la ville de Narbonne, avant qu'elle
fût conquise par les Gaulois, qui l'appelèrent *Xarhti, -otios, d'où le latin
Xarbo, -ouis. La première forme, Norba, est attestée par Hécatée de Milet,
cité par Etienne de Byzance (Holder, t. II, col. 689). — P. i ?6-i4i. Dieux
de la Gaule par Allmer, suite: Maires Kemetiales, Detis Neriiis, Kert.,
Nymphae.
XVIII.
PlBLICATIOXS OF THE MODHRX LaNGLAGE AsSOCI.\TION OF A.MERICA,
vol. XV; New séries, vol. VIII ', p. xxxi-x.\xix. — Lettre de M. Charles
P. Monaghar, secrétaire de Vlrish Hhlorkal Society of Maryhiiid, à Balti-
more; cette lettre est intitulée: TheRcvival of the Gaelic Laiiguage. L'auteur
considère comme base de ce renouvellement les efforts faits par la Society for
the Preservalion of the Irish Langiiage, fondée à Dublin en 1877, puis les
travaux du Rév. Eugène O'Grawney, né en 1863, dans une partie de 1 Ir-
lande où personne ne parle irlandais, et qui tout jeune se prit d'amour pour
la vieille langue; il apprit l'irlandais au collège de Maynooth où il entra
en 1882 et où il resta six ans. Devenu prêtre en 1869, il fut à la tète du
Gaelic four lia], comme co-directeur à paitir de cette date, comme seul di-
recteur à partir de 1891. En 1894, déjà malade, il alla chercher un climat
plus doux en Arizona, aux confins de la Californie, où il est mort en oc-
tobre 1900. La Revue Celtique a parlé de ses livres. A côté de la Gaelic
League de Dublin qui publie deux journaux : Au claidheauih soliiis « L'épée
de lumière », et le Gael c fonnial, il v a une Gaelic League d'Amérique pré-
sidée par le Rév. Richard Henebry, élève de M. Henri Zimmcr, le célèbre
professeur de Greifswald. Le Rév. Richard Htnebry est professeur d'ir-
landais dans la chaire fondée à l'Université catholique de Washington par
I. Baltimore, in-8, igeo, vii-491-LXXXi pages.
Périodiques. 1 49
VAncienl Ordcr of Hibeniiaus, association de pauvres gens qui ont souscrit
50000 dollars ou 250000 francs, et Miss Mary Moran, de Baltimore, a
ajouté 10 000 dollars, 50000 francs.
XIX.
Revue des études grecques, t. XIII, p. 450-465. — Mémoire de
M. Francesco P. Garofiilo, intitulé « Observations sur les Galates ou Celtes
d'Orient ». C'est un bon résumé de ce que les auteurs anciens nous appren-
nent sur l'invasion des Celtes en Grèce et sur leur passage en Asie.
XX.
Revue HisTORia.UE de Provence, fe année, no i. — M. Clerc traite
« Des Ligures dans la région de Marseille ». Il s'est trop servi de mes écrits
pour que je puisse porter sur son mémoire un jugement impartial.
XXI.
Revue archéologique, année 1900. — Dans la revue des publications
épigraphiques relatives à l'antiquité romaine par MM. Cagnat et Bcsnier,
on trouve mentionnés quelques noms celtiques intéressants. Ainsi, dans le
numéro de septembre-octobre, des inscriptions trouvées dans l'empire d'Au-
triche, vallée de la Leitha, nous donnent les noms de personnes suivants:
Oclo Mai^iiricis, Bussiiro Attiiae lihertiis, Suadrii Adnaini, Venisa Domioiiis
_/[;//«], Gaura Domioiiis J\ilia], Aiiuca Civnhrissae J[Uia], Belatiisa Caiiti ]\i-
bertiis] Boins, Comalus Verciovi /[iliiis]. Une inscription de Koengcn W'ùr-
tenberg offre les premières lettres simiel du nom géographique Stniielocfiiiia,
une autre les dernières médiales iiieloceiies du dérivé Siimeloceiwnsis. Le nu-
méro de novembre-décembre nous présente un nouvel exemple du nom
d'homme Ulattius trouvé en Italie à Acqui, près de Turin, et reproduit
une inscription lue sur une plaque de bronze au castcllum de Laugenheim
dans le limes qui délimitait la Rétie septentrionale, on y trouve mentionnée
la cohors prima Bit[urigiim\.
XXII.
The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Irelakd,
5<= série, vol. X, part. 3. — Exploration par M. S. A. d'Arcy de deux habi-
tations lacustres près de Clones. L'auteur v a trouvé des objets: joen pierre
probablement néolithique, 2° en bronze, 5° en fer, une épée de fer, ce qui
paraît indiquer une occupation très prolongée depuis les temps les plus
anciens jusqu'à une date relativement récente, attestée notamment par un
soulier de cuir. — Mémoire de M. Marcus Keane sur la belle cloche qui
aurait appartenu à saint Senan et qui remonterait au w^ siècle, si on en
croit la tradition. — .Mémoire de M. J.-C. Buckley sur la croix monunien-
ijo Périoiiic]iies.
talc de pierre dite de saint Tola. — Note de M. Stewart Macalister sur les
dernières lettres de l'alphabet ogamique, elles tireraient leur origine des
voyelles romaines o, v, i, e, a.
XXIII.
Revue d'Ardewe et d'Argonxe, no de novembre 1900. — Notice par
M. P. Collinet sur les inscriptions romaines du département des Ardenncs;
inscription inédite où nous trouvons le nom d'homme A/t'j5/c//5 déjà connue
par une inscription de l'empire d'Autriche en Carinthie, voyez Holder, Alt-
cellisclhT Spiacbscbati, t. II, col. 576.
XXIV.
Feiz ha Breiz. — Parmi les questions dont cette revue s'occupe, il y en
a deux qui peuvent être de la compétence de la Revue Celtique et qui en
tout cas méritent qu'on en parle à nos lecteurs.
Je recevais il y a quelques jours la visite d'un jeune bachelier d'ensei-
gnement moderne, qui une fois sorti du collège s'est mis à apprendre le
latin. Il est fils d'un instituteur communal non congréganiste. Son père,
qui en fait de langue ne savait que le français, se trouva un jour mis à la
tète d'une école primaire rurale dans un groupe de population qui ne parlait
que breton. Les enfants, ne comprenant rien, n'apprenaient rien. Il se mit
bravement à étudier le breton, il fit sa classe en breton et ses élèves furent
en grand nombre reçus au certificat d'études. Mais un jour vint un ins-
pecteur, qui rappela ce maître au règlement. « Vous devez faire votre classe
« en français, l'emploi de toute autre langue vous est détendu. » L'insti-
tuteur voulut résister. 11 fut envoyé avec avancement dans une commune
où tout le monde parlait français et où son breton ne pouvait plus lui servir
à rien. Il y a de cela une trentaine d'années.
Je ne suis pas instituteur primaire. Je professe en français; et j'aurais
bien de la peine à faire autrement ; mais quand je me trouve en face d'un
élève anglais auquel le sens d'un mot français échappe, il m'arrive quel-
quefois de lui dire le mot anglais et je ne crois pas commettre un crime.
je penche donc à croire que les auteurs de Fei\ ha Brci:^ ont raison lorsqu'ils
demandent que le maître puisse se servir du breton pour expliquer les lois
de la grammaire française aux petits Bretons qui ne savent pas le français.
Il y a un point sur lequel je ne puis partager les idées qui paraissent do-
miner chez Messieurs les auteurs de Feiz ha Breiz; c'est qu'il faudrait im-
poser aux Bretons une orthographe uniforme, comme l'Académie l'a fait
pour le français. Mais pour avoir une orthographe uniforme, il serait préa-
lablement nécessaire de parler et d'écrire une langue unique. Le français
est le dialecte parisien que Paris capitale a imposé à la France entière. Or
il v a en Bretagne plusieurs dialectes et aucun n'a le droit ni le moyen
d'écraser les autres. La Bretagne, d'ailleurs, ne possède pas un groupe de
littérateurs bretons qui puisse avec une autorité incontestée, comme l'Aca-
Périodicjues. 1 5 1
demie française, exercer la contrainte morale que cette Académie a jusqu'ici
pratiqué victorieusement sur tous les Français lettrés. La plupart de ceux
qui raisonnent sur l'orthographe breton ne n'ont pas plus de titres scienti-
fiques que de titres littéraires. Savent-ils seulement pourquoi ker sécrit si
souvent par /.• barré, et non par c comme ils le voudraient. Je l'ai dit dans
le t. XXI de la Rn'in- Celtique, p. 256. Le prétexte pour rejeter la lettre A-
est que la lettre k est germanique !!! Et l'alphabet grec? et l'alphabet latin?
et l'inscription gauloise de Novare, la plus ancienne inscription celtique
probablement qui existe? et les monnaies gauloises? Mais trancher une
question sans étude préal.ible est plus commode que de l'étudier. Étudier
est si ennuveux 1
Paris, le 5 1 janvier 1901 .
H. d'Arbois de Jub.\inville.
/.(■ Proprii'lairi'-Géraiit : Veuve E. Bouillon'.
Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert.
C E LT I C A
I. — Cai.edoxium monstrum
Au deuxième livre de son beau poème consacré à l'éloge de
Stilicon, Claudien représente les diverses nations de l'Empire,
que l'heureux général a délivrées de la terreur des Barbares,
venant le prier, dans le temple même de Rome, d'accepter
le consulat (400 ap. J.-C). Chacune de ces nations person-
nifiées est décrite et le poète lui prête un discours. L'Espagne
porte une couronne d'olivier et une robe pailletée de l'or du
Tage; la Gaule, tenant deux javelots à la main, se distingue
par sa chevelure blonde et le torques qui orne son cou. Puis
c'est le tour de la Bretagne tatouée :
Inde Caledonio velata Britannia monstre,
Ferro picta gênas, ciijus vestigia verrit
Caerultis Océanique tvstnin mentitur amictus ' .
Ces vers sont d'autant plus intéressants que l'art antique ne
nous a conservé aucune figure personnifiant la Bretagne. Il en
existait cependant, témoin cette dédicace de York : Britanniae
sanctae P . Nikomcdes Aug(iistoruiii) ii(oslronini)libertiis^, et cette
autre du Noricum : \N]oreiae re\g(inae) c]t Britannia(e)^. Mais
les images que consacraient ces dédicaces ont disparu. Les au-
teurs des articles Britannia, dans le Lexicon de Roscher et dans
1. Claudien, De laiidib. Stilich., II, 247. Le V(aiicanus) 2809 a Calidonio,
le Mediceus a Calcedonio (Claudien, éd. Jeep, t. I, p. 23g.
2. Corp. inscr. lat., Vil, 252.
5. Ibid., III, 5300.
Revue Celtique, XXII. 1 1
1 54 Salomon Riin.uh.
la Rcal-Eucyclopadie de Pauly-Wissown, ont bien rappelé ces
inscriptions et quelques autres (dédiées aux Britannac maires
et au Gcuiits ternie Brilannicae), mais n'ont pas mentionné à
cette occasion les vers de Claudien.
Le passage cité ofîre une dillîculté qui a tort embarrassé les
commentateurs : qu'est-ce que le luouslre calédonien dont est
voilée ou revêtue la Bretagne ? What ihal calcdonian nionster
was, écrit Camden', / ani iitlerly ig)iorant. Sur quoi Gough,
l'éditeur de Camden, met en note cette observation ridicule:
A very Utile attention to ihe ivbole passage vouid hâve toJd
M. Camden that Claudian meanî ihe men and not ihe beasts of
CaJedonia and ralled iheni monsiers in ihe same sensé that an
European niight speak of the présent Cherohees or Sonih-sea savages.
Il est difficile de pousser plus loin la déraison! — Dans l'édition
Variorum de Claudien donnée par Lemaire, on lit: Ouidnani
intelligendnm sit per Caledoniuni monstrum, non salis constat.
Barihins ignolam fera m fuisse putal. El poterat sane tnonstri aligna
species fingi, CaJedoniique maris proprium haheri, quuni tota sep-
ienlrionalis plaga niiraculorum plena ah Romanis existimaretnr
(Tac, Ann., II, 24). Le commentaire rappelle ensuite que
Juvénal (X, 14) qualifie la baleine de Britannica et que,
d'après Burmann, une note sur le manuscrit de Leyde porte :
monstro, id est cete. Mais comme Li déesse Bretagne est vêtue
d'une robe bleue {caerulus ... amiclus\ la dépouille d'une ba-
leine pouvait tout au plus orner sa tête, ce qui n'est pas aisé à
concevoir. Heinsius a voulu lire vallata Britannia ponto, conjec-
ture à rejeter ainsi qu'une autre, proposée parle même savant:
vectaia Britannia monstro. Gesner et Burmann ont pensé qu'il
s'agissait de la dépouille d'un ours et ont rappelé, à ce propos,
le vers de Martial {Spect., 7), seul témoignage de l'existence
de l'ours en Calédonie :
Xtiila Caledouio sic pcctora praebuit iirso.
Mais le commentateur se demande avec raison si un ours
peut bien être qualifié, même en poésie, de monstrnm.
Il me semble que l'explication cherchée doit partir de ce
I. Camden, Britiuniia, éd. Gough, t. III, p. 367.
Cr!ti(\i. 1^5
principe que ClauJien voulait être compris, sans qu'il fût
besoin de commentaires, par les lecteurs de son temps.
Nous avons donc à nous demander ce que les mots Calc-
doniiiin inoiistriini devaient signifier le plus naturellement pour
eux.
Le nom romain de l'Ecosse, Calcdonia, se présente souvent,
dans les meilleurs manuscrits, sous la forme Calidonia. Même
dans l'unique et médiocre manuscrit de VAgricola de Tacite,
on trouve plus fréquemment Calidonia que Caledoiiia^ ; Nen-
nius (c. 56) écrit encore Silva Cclidonis. M. Rhys pense que
la désignation indigène pouvait être Calido, génitif Calidinos,
d'où Caildoin dans Di'inchaildcn ou Diinhdd, et en brythonique
ancien Calido, génitif Calidonos, devenu Cch'ddon dans Coed
Ceh'ddon, la forêt calédonienne-.
D'autre part, la Calédonie était surtout connue des Romains
par l'épaisse forêt qui en couvrait une grande partie, Cale-
doniim silvae^^, Calcdonii liici'*, silva CaJidoniac^, salins Cali-
donius^. L'armée de Septime Sévère, dans la campagne qu'elle
y fit, s'avançait en abattant des arbres?. Ptolémée appelle cette
forêt KxKr^zir.z; opj\j.i:; elle s'étendait probablement de l'ouest
du district de Menteith, dans les environs de Loch Lomond, à
travers le pays entier jusqu'à Dunkeld'^.
Florus dit que César poursuivit les Bretons dans les forêts
calédoniennes, Calcdouias scciiiiis insilvas9. Or, c'est à peine
si César a passé la Tamise; donc, pour Florus, Caledonius était
simplement synonyme de Britannicus. Cette extension du sens
de Caledonius est presque de règle chez les poètes romains de
l'époque impériale. Ainsi Valerius Flaccus parle de YOceanus
1. Hùbner, art. Calcdonii dans Pauly-Wissowa, Real-EncycL, p. 1348. Je
rappelle qu'un des meilleurs manuscrits de Claudien porte, au vers cité,
Calidonia.
2. J. Rhys, Early Brilain, p. 283.
3. Eumène, Paiieg. Constant., 7.
4. SU. Italie, III, 597.
5. Pline, Hist. Nat., IV, 102; Florus, III, 10, 18.
6. Florus, I, 17, 3 : Martian. CapclL, VI, 666.
7. "TXa; TJav'ov, Dion, LXXVI, 13.
8. Rhys, Early Brilain, p. 225.
9. Florus, III, 10, 18.
1 ^6 Salomon Reinach.
CalcdouÏHS '; Stacc écrit, dans un passage où il est évidemment
question de la Bretagne insulaire en général :
Ottanta Calaloiios atlollct gkvia cainpos!^
Martial flut même de Cakdoiiitis une simple épithète de
Britanuus :
Quinte, Caledoiiios Ovidi visiire Britatiiws. . . î
De même Claudien, dans le Oiiaîrièmc consulat d'Honorins,
dit du comte Théodose :
lUe Caîedoiiiis posiiil qui castra pruiiiis... a
Or, nous savons par Ammien i\Iarcellin> que le comte Théo-
dose n'a guère dépassé Londres, où il avait son quartier général.
Il résulte de ce qui précède: i° que l'expression Cakdûniuvi
monstrum devait éveiller, tout d'abord, l'idée d'une forêt ha-
bitée par des animaux sauvages ; 2° que cette forêt n'était pas
proprement le Saltus Calcdonius, mais une région beaucoup
plus vaste, assimilée poétiquement à toute l'île de Bretagne.
L'édition de Stace que j'ai sous les yeux imprime Calxdo-
iiios ... cainpos. Ce n'est là qu'une bévue; mais la confusion
de la Calédonie et des champs de Cahdon, célèbres par la
chasse de Méléagre, doit être très ancienne. Ainsi s'explique,
comme je l'ai conjecturé il y a dix ans^, la légende rapportée
par Solin/, d'après laquelle Ulysse aurait abordé en Calédonie
où un autel, portant des lettres grecques, attestait son passage.
Pour justifier l'existence, dans le nord-ouest de l'Europe, d'un
pays désigné par un nom hellénique, il était naturel que l'au-
teur suivi par Solin — peut-être Pythéas ou Timée — fît
intervenir Ulysse, le grand voyageur, dont on signalait aussi
des souvenirs en Germanie, à Asciburgium ^, et à l'extrémité
1. Val. Flacc, Argon., I, 9.
2. Stace, Silves, V, 2, 142.
3. Martial, X, 44, i.
4. Claudien, De IV Cons. Honor., 27.
5. Ammien, XXVII, 8.
6. Revue Celtique, 1890, p. 165.
7. Solin, XXII, I.
8. Tacite, Geriu., 3.
Ccltica. 157
de l'Armoriquc, où l'on disait qu'il avait évoque les morts ^
Un antiquaire anglais, Powell, n'hésitait pas à écrire, en 1770,
que les Romains avaient appelé Calidoiiia les parties boisées
de la Bretagne en souvenir de la forêt de Calydon-. Ce rap-
prochement de noms est trop facile pour n'avoir pas été tenté
fort anciennement.
Le sanglier envové par Artémis pour dévaster les champs de
Calvdon en Étolie était bien un moiistruiii, puisqu'il fallut,
pour en venir à bout, toute une armée de héros. Il me semble
évident que le public lettré du temps de Claudien devait en-
tendre, par Calidonium nionstntiii, un sanglier de taille énorme;
il y avait là comme un jeu de mots érudit qui ne pouvait offrir
d'ambiguïté pour ses lecteurs.
On se figure fort bien la Bretagne personnifiée portant sur
sa tête, comme un voile (velala), la dépouille, c'est-à-dire la
hure d'un sangfier. L'emploi du nom d'un animal pour dési-
gner sa dépouille était familier aux poètes latins; témoin Sé-
nèque, qui dit d'Hercule: Armatus venit leone et hydrâ^, pour
signifier qu'il porte la peau du lion de Némée et celle de
l'hydre de Lerne.
Le sanglier, totem et emblème des Celtes continentaux, est
également un animal sacré et symbolique en Bretagne. Il est
fréquent sur les monnaies insulaires, en particulier sur celles
des Iceni-t et au revers des pièces de Cunobelin 5 ; ailleurs, il
apparaît souvent à l'état de synibole accessoire. « Iii the Irans-
niiilalions luhich the txpes sa fréquent I\ umlenuentj dit sir J. Evans,
the boar is often joitnd occupying the place of soiiie olher adjiinct.
It occtirs heneath the horse, or above his back, or eveii supplaiits the
horse or bitll. » Sur une monnaie de style barbare, le même
numismate a cru reconnaître la partie supérieure d'une en-
seigne surmontée d'un sanglier^, type qui se trouve sur les
1. Claudien, In Rufiii., I, 124.
2. Arctjaeologia, t. 11(1773), p. 241.
}. Sénèque, Herc.fur., 46.
4. J. Evans, Tfie Coins of Uk Ancient Brilons, Londres, 1864, p. 120,
126, 24s. 266, 322, 523, 331, 352, 354, 401.
5. Ibid., p. 121, 222; cf. pi. XII, 4.
6. Evans, T/je Coins, etc., Supplem., Londres, 1890, p. 447 (pi. K, no 13).
I 5 s S-ilomon Riinacli.
pièces gauloises de Dubnorix et des Aulerques Eburovices ',
ainsi que sur un bas-relief de Metz-. Plusieurs statuettes de
sangliers en bronze, certainement de fabrique indigène, ont été
recueillies à Hounslo\v3. Un sanglier (silhouette gravée) dé-
core le milieu du grand bouclier découvert dans la rivière Wi-
tham4. Dans le nord de l'Angleterre, on trouve souvent des
sangliers sculptés en relief sur des stèles: citons un autel de
Cilurnum, avec un sanglier au galop >; une pierre de ^'indo-
lana avec l'inscription leg. XXV(akria) v(iclri.\) et un san-
glier^; un autel d'Amboglanna avec dédicace des soldats de
la même légion au dieu Cocidius et l'image d'un sanglier au
galop'; un autel d'Ebchester, avec dédicace Dco Viiiri et, sur
les tranches, un oiseau d'une part, un sanglier de l'autre^;
une stèle de Mayport avec dédicace de la XX^ légion et san-
glier au galop9; une autre de Netherby, sans autre sculpture
qu'un sanglier au repos devant une stèle'". En commentant ce
dernier objet, Bruce fait observer que le sanglier était l'em-
blème de la XX^ légion et ajoute: Wriiers of ihe ïast ceniiiry
regarded it as an einhJcin of Caledonia. Ces vieux archéologues
n'avaient sans doute pas tort. La XX" légion, cantonnée en
Bretagne depuis l'époque de Claude'% peut bien avoir eu, dès
l'origine, le sanglier pour insigne, puisque le sanglier est aussi
un des vieux emblèmes militaires romains; mais il n'est pas
invraisemblable que son insigne se soit confondu avec celui
des Bretons indigènes, comme il figure sur des dédicaces de
légionnaires aux divinités du pays.
Alors que le sanglier est d'un usage si fréquent dans les
monuments de la Bretagne insulaire^ l'ours n'est mentionné,
1. Hucher, Art gaulois, pi. III et LXXIV.
2. S. Reinach, Catal. sommai re du Musée de Saint-Gci iiiaiu, p. 46
(iT^ II 566).
5. Franks, Proceedings of the Soc. of Aiitiqiiaries, 1865, p. 7 (25 mars).
4. Horae Feralc;, pi. XIV.
5. Lapidarium septentrionale, ï\° 114.
6. Ihid.
7. Ibid., no 574.
8. Ibid., no 666.
9. Ibid., n° 892.
10. Ibid., no 787.
1 1. Voir l'art. Legio du Dict. des Antiq., p. 1088.
C<7//(\! .
i$9
en relation avec ce pays, que dans le seul vers cité plus haut
des Spectacles de Martial. Il semblerait donc préférable de re-
connaître un sanglier dans le CaIcdo)iiiiin iiioiislnuii de Clau-
dien, même si nous n'avions pu alléguer, à l'appui de cette
opinion, la vraisemblance dune confusion très ancienne entre
la Calédonie et les champs de Calydon.
II.
Ux Dieu au mailllt i.\iiîi:rbh
Il a déjà souvent été question, dans la Revue Cellique, du
dieu gaulois au maillet, depuis
le mémoire initial de M. de
Barthélémy, qui fut comme le
parrain de ce dieu % jusqu'à
celui où j'ai établi, à la suite de
M Michaelis, que le dieu au
maillet s'était appelé Sucellus,
du moins dans une partie de la
Gaule-. Je ne reviendrais pas
sur le sujet si je n'avais qu'à si-
gnaler quelques exemplaires
nouveaux de ce type, dont il
existe encore nombre de spéci-
mens inédits dans les collections
provinciales et privées. Mais
celui que je veux faire connaître
aux lecteurs de la Revue se dis-
tingue de tous ceux dont il a été
question jusqu'à présent par
deux caractères également cu-
rieux : il a été découvert en Dane-
mark et il est imberbe (fig. i).
Le Danemark et la partie mé-
ridionale de la Suéde ont fourni un certain nombre d'objets
\ 'M
n
j^
^^^X
FlG. 1.
Dieu'au maillet découvert en
Danemark.
1. Revus Celtique, 1870, p. i et suiv.
2. Ibid., 1895, p. 45.
i6o Soloinon Remach.
— statuettes et vases de bronze, monnaies, verreries — qui
sont évidemment de fabrication romaine-. Pour nous en tenir
aux statuettes, je crois que la liste suivante, disposée par sujets,
n'est pas loin d'être complète:
Zcus. Partie supérieure d'une figurine représentant Zeus en
marche, type rare, découverte à Fionie (^Aarbogcr, 1900, p. 67).
— Buste de Zeus trouvé au Slesvig {Mém. de la Soc. des
Antiq. du Nord, 187 1, p. vi, i).
Mars. Statuette du type connu dit Mars ullor, de Sélande
(Montelius, Temps préhist. de la Suède, fig. 220). — Autre
Mars d'un tvpe plus rare, de Fionie {Mém. de la Soc. des Antiq.
du Nord, 1 871, pi. V, 2).
Vénus. Statuette du type connu dit Yènus geni tri. x, d'Œland
(Montelius, fig. 214). — Vénus demi-nue, de Fionie ÇMéni.
de la Soc. des Antiq. du Nord, 1871, pi. III).
Éphèhc nu debout [Apollon?) Statuette de Fionie (Méni.,
1871, pi. I).
Ephèbe nu assis (Mercure?) Statuette de Langeland (Jbid.,
pi. VI, 2).
Génies. — Deux génies demi-nus, le premier tenant une
patère, découverts l'un dans TUpland (Montelius, fig. 213),
l'autre au Jutland {Mém., 1871, pi. II).
Lare. Statuette du type romain connu, trouvée à Fionie
(Aarboger, 1900, p. 75).
Prêtre imberbe ou prétresse, avec couronne radiée, du Jutland
{Mém., 1871, pi. VII). Imitation barbare d'un modèle clas-
sique.
Homme debout tenant une rame, statuette du Jutland (Mém.,
1871, pi. VIII). Les traits et la chevelure bouclée de ce per-
sonnage rappellent beaucoup les bronzes gallo-romains de style
indigène.
Taureau. Statuette d'Œland (Antiquités suédoises, fig. 370).
Sphinx. Statuette de Sélande (Mém., 187 1, pi. V, i).
De ces quinze statuettes, il n'en est aucune dont on puisse
I. Montelius, Temps préhist, en Suède, trad. S. Reinach, p. 153.
Cfltica . 1 6 1
affirmer qu'elle provienne d'Italie ; les meilleures ressemblent
aux produits courants de l'art romain provincial. L'une d'elles
(l'homme avec la rame) est probablement gallo-romaine; une
autre (le prêtre radié) est barbare, sans qu'on puisse suggérer
une provenance. En tous les cas, la rareté de ces figurines suf-
firait à prouver qu'elles sont des objets d'importation, au même
titre que les verreries et les monnaies romaines; l'hvpothèse
d'une fabrication locale de statuettes de bronze ati Danemark
est absolument inadmissible.
A ces quinze statuettes est venu s'ajouter, eu 1900, un
exemplaire du dieu gaulois au maillet, découvert à Fionie, qui
a été publié dans les Aarboger par M. Blinkenberg^
L'attitude et le costume sont absolument conformes à ceux
des nombreux petits bronzes représentant le même dieu que
j'ai énumérés et figurés en 1895 : le bras droit abaissé, le bras
gauche élevé, le corps vêtu d'une blouse serrée à la taille par
une ceinture nouée, un manteau agrafe sur l'épaule droite et
retombant sur le dos. Grâce au bronze de Pernaud, seul intact 2,
et aux bas-reliefs, nous savons que le bras gauche levé tenait
la hampe d'un maillet et que le bras droit abaissé tenait un
vase. Dans l'état où se présente la figurine de Fionie, on ne
pourrait pas placer un vase dans la main droite; cela s'explique
sans doute parce que la main a subi une torsion, apparente
même sur la photographie.
Ce qui est absolument nouveau, c'est la physionomie du
dieu. Alors que tous les exemplaires signalés jusqu'à présent,
au nombre de plus de cent, sont barbus et donnent la même
impression que le Jupiter Sérapis de l'art classique?, le dieu au
maillet de Fionie est un éphèbe souriant, d'un type voisin de
ceux de Mercure et d'Apollon.
Comme tous les dieux au maillet ont été découverts en Gaule
ou en pays celtique, il semble évident que celui de Fionie est
sorti d'un atelier gallo-romain. S'il est imberbe, contre l'usage
constant, c'est que l'atelier en question destinait cette figurine
1. Aarboger, 1900, p. 75.
2. Bronzes figurés, p. 138.
3. La divinité de la stcle de Nolay est certainement féminine : c'est la
parédre du dieu au maillet {Bron:(es figurés, p. 171J.
i62 Salomoii Rciiuhli.
à un pays où le dieu du tonnerre était conçu comme jeune,
tandis que la Gaule, comme l'Italie et la Grèce, scie figuraient
sous les traits d'un homme fliit ou d'un vieillard.
La découverte du vase de Gundestrup, de fabrication indu-
bitablement Scandinave, très différent de tous les produits
gallo-romains ^ nous a fourni la preuve que plusieurs concep-
tions mythologiques de la Gaule romaine se retrouvaient dans
la mythologie du Nord. Il y a, toutefois, une différence im-
portante et de même ordre que celle que nous avons signalée:
le dieu accroupi, à cornes de cerf, est imberbe sur le vase de
Gundestrup 2, alors qu'il est barbu dans les monuments gallo-
romains 5.
Les archéologues qui se sont occupés avant moi du dieu au
maillet, notamment M. Gaidoz^, ont insisté sur l'analogie de
ce type avec celui du dieu Scandinave Thor. S'ils ont raison,
l'assimilation a dû être faite dès l'époque romaine; les Scandi-
naves auront reconnu Thor dans le dieu tonnant des Gaulois,
comme une autre de leurs divinités, dont nous ignorons le
nom, dans le dieu gaulois cornu et accroupi, Cernunnos. Mais
si le Thor Scandinave était conçu comme un éphèbe, les
images du dieu au maillet fiibriquées en Gaule ne pouvaient
convenir aux habitants du Danemark ; on comprend, dès
lors, qu'ils en aient commandé une variante imberbe à leurs
fournisseurs gallo-romains ' .
Mais Thor était-il conçu sous les traits d'un éphèbe ? Dans
la mythologie germanique de date récente, la seule dont nous
ayons quelque connaissance directe, Thor est un dieu jeune,
pourvu d'une barbe rousse^. On peut douter que ce dernier
1. Xordiskd Fortidsiiiinder, t. II (seule publication complète).
2. Jlnd., pi. IX.
5. Broit:j:s fyiiirs, p. 185 et suiv.
4. Revue ai chéol., 1890,1, p. 172, 176.
5. L'existence de ces « fournisseurs gallo-romains » est mise hors de
doute par la découverte, faite au Vestmanland, d'un vase de bronze avec
dédicace à Apollon Grannus (Montelius, op. laitd., fig. 212), comme aussi
par celle de plusieurs objets émaillés de fabrique gallo-romaine (Montelius,
op. laiid., p. 160).
6. Mogk, ap. Paul, Griiiidriss, t. I, p. 1092: « Von grosscm IVuchsc, schô-
ih'iit Aiitlit~, jun^ ... ïdvraU ahcr viit rotciii Barlc. » L'identification de Thor
avec Jupiter et Hercule ne nous apprend rien sur son tvpe pli\-sique; tou-
Ccltica.
165
^
trait soit primitif; on peut aussi foire observer que l'art an-
tique ne prête jamais de barbe aux dieux juvéniles et que,
par suite, alors même qu'un Danois eût « commande » en
Gaule un dieu ait maillet jeune, mais barbu, l'artiste n'aurait pu
le satisfaire sans créer un type, comme celui de Jésus adulte,
dont l'art gréco-romain n'offre pas d'équivalent. Sur le vase de
Gundestrup, il y a des
personnages barbus et des f -^^^ ' i'^^^'f.'ê j
personnages imberbes; les
premiers sont tous des
vieillards, les seconds des
hommes dans la force de
l'âge. Même le dieu qui
lutte avec un lion, repro-
duisant le motif classique
d'Hercule qui combat le
lion de Némée, est im-
berbe. Il semble donc
qu'à une époque anté-
rieure aux textes qui nous
restent, les hommes du
Nord aient considéré la
face imberbe comme un
attribut de la force et de
l'activité divine. Evidem- i- •'
ment, ce ne sont là que i
des hypothèses; je de- ^^-
mande seulement qu'on
veuille bien reconnaître
l'importance du nouvel élément qu'introduit la découverte de
la statue de Fionie dans la question du Thor germanique
et de ses rapports avec le Sucellus gallo-romain.
Par la même occasion, je crois utile de présenter à nos lec-
teurs un bas-relief du musée de Besançon, de provenance
M '-l
lljs-rclit't dii Mu^ce Ue r
an (,011.
tefois, lorsqu'on lit dans Adam de Brème (IV, 26): Thor citm sceplro Jovcdi
simulare videlitr, on pourrait conclure de là que l'analogie entre les deux
dieux tenait moins à leur apparence qu'à leurs attributs. Mais que vaut un
texte d'Adam de Brème r
164 SAlomon Reinach.
comtoise imprécise, qui a été publié par M. A. Vaissier sous
ce titre un peu singulier: une figuration inédite des dieux Mânes
(tig. 2)'. Il s'agit d'un groupe comprenant, à gauche, une
femme drapée qui tient un vase, à droite un homme en blouse,
le bras gauche levé et tenant un vase dans la main droite. La
comparaison de ce bas-relief avec celui de Sarrebourg^ prouve
que le couple représenté est celui de Sucellus et de Nanto-
svelta. Les deux mêmes personnages, non plus debout, mais
assis, paraissent sur une stèle découverte en 1895 ^ Vertillum
par la Société archéologique du Châtillonnais 5.
Salomon Reixach.
1. Mè)ii. de la Soc. d'éinid. du Doubs, 1895 (t. X), p. 545.
2. Bien gravé dans le Guide illustré du Musée de Saint-Germain, fig. 52.
3. Rev. archt'ol., 1900, I, p. 142. — Voici la liste des dieux au maillet,
dont j'ai eu connaissance depuis la publication des Bronies figurés où j'en ai
dressé la liste : Ch:r(?) Musée de Bourges. Statuette de bronze, Méni. de la
Soc. des A ni il], du Centre, t. XXI, pi. III, p. 11. — Côte-d'Or. Bas-relief de
l'ancienne collection Baudot de Panv-la-ville, au musée de Beaune. Femme
assise tenant une corne d'abondance, à côté du dieu barbu assis tenant vase
et maillet. Moulage à Saint-Germain, n° 55058. — • Bas-relief, décrit plus
haut, de Vertillum. — Statuette de bronze trouvée à Nuits, vendue à Dijon
avec la collection Baudot, aujourd'hui chez moi. ■ — Marne. Terre cuite
blanche de la collection Habert à Reims : partie supérieure de la statuette
d'un dieu barbu tenant un maillet. On en a signalé de semblables à Bourg
et à Cologne (Bull, de la Soc. des Antiquaires, 16 mai 1900; Rev. arch.,
1900, II, p. 461). — Haute-Saône. Statuette en bronze au Musée de Chalon-
sur-Saône; le dieu tient les deux bras abaissés. — Savoie. Partie supérieure
d'une statuette de bronze trouvée à Viuz (Marteaux et Le Roux, Foie ro-
maine de Boutac a Aqiiae, Annecy, 1901, p. 41, fig. 4). — Alsace-Lorraine.
Stèle de Sarrebourg au xMusée de Metz, avec Sucellus, Nantosvelta et un
corbeau (Rev. Celtique, 1S95, p 45). — Suisse. Statuette de bronze à la
Barfùsslerkirche de Bàle (Musée d'antiquités).
THE DESTRUCTION OE DA DERGA'S HOSTEL '
TOGAIL BRUIDNE DA DERGA
(LU., Facs. 86" 7^
6). Bâ mor in tene adsûithe- oc Co?/air//; cach n-aidche3,
.i. tore caille. 5('r/;^ ndoraiss ass. Intan doniscide (.i. ro berthi)
crand asa thôib ba met 4 daig lidairthaige cach tob no théiged
asa thâib for cach ndorw5 5. Ro batdr sccht carpait deac di
charptib Conairc fri cach ndor//j- don taig, 7 ba airecnai (.i. ba
folh/i) dond aes bâtar oc fcrcsin ^^ o na long;?//; in tsoillsi môr
sin tria drochu ~ na carp^?/.
6^. Great luas the firc zubich ivas kiucUed hy Conaire every nî^^ljt,
to wit, a tore caille « Boar of the Wood ». Scvcn outlcis it had.
When a log zuas eut ont of its sidc cvcry flaïuc thût used to corne
forth at each oiitlet was as big as the bhi:;;e of a (burning) oratovy.
There were seventeen of Conaire' s chariots at every door of the house,
and by those that were looking fro)n the vessels that great light
ii'as clearly seen through the wheels of the chariots.
1. V. p. 9.
2. See KZ. XXX 99. no atàithea, Eg. atsuidc H. atothca St.
3. n-oidchi H. n-aidchi YBL. 9)b22.
4. meitYBL.
). intan immorro no gluàisthca crand assa thôib, ba meitithir dam nder-
taighi cccli tobf (52V) no téiged dar ccch ndorus de, Eg. INtan d!/5nisguiti
crant asa taob ba met doigh ndart/Vi gacli top noteigcJ for gach ndor2/5 don
tig, H. ba meit daig ndartaigc, St.
6. ba forréil do aes na faircsena Eg. don aes na deiccsin YBL. ba liecnai
do aes na forcsinoi, H. ba hairecnae do aes na deicsin, St.
7. droc/;/a, H. triaasna drochu YBL. t/ia dorcha St.
i66 117, ///()■ Slokrs.
66. Sam^ikc l.it, .1 Fir rogain ! ior Ingcél, cisi suillsc mor
SLlCLlt ' ?
Noconom-tha- a samail, for Fer ïogaiii, acht man\\) daig '
do n'g. Ni tuca-t dia and innoclu in fer sin. Is liach a orguin>.
Cid allé (.i. dno) libsc a rtathi//.v^ ind fir sin Iii tir Ewjui ?
ol Ingccl.
IS maith x^iiUbitts, or Fer ivgaiii. Ni tliaudchaid " ncl dar
grcin 0 gabais '^ flt2//j/ ;/.s- [.i. f/i rc loe — Eg.] o medôn erraig
comédon ïoganiairj 7 ni taudchaid9 banna driichta di féor
co medon lai, 7 ni fascnann '° gaeth '' chairchech cethrae'^ co
nonae, 7 ni fcrrûich '> mac tire [ni — Eg.] ina t'iaith achl^^
tarage) tîrend'^ cacha indse '7 o cind hWadiic co araile. Ocus
atat secht maie thire i ngialnai '^ fri fraigid ina thig-seom fri
comét '9 ind rechtasin, 7 ata ci'il-aittiri iarna chûl .i. Mac locc,
7 is lie taccair-° tara cliend lii tig Co7/aire. IS ina flaith atdt na
tri bairr (or Eri)id À. barr dias 7 barr scoth 7 barr messa^'.
IS ina ^aith as chombind la cach ferguth aTaûe-ociis betis téta
m(';;dchrot, ar febas na câna 7 in tsida 7 in châincomraic fail
1. cia soillsc mor sût Eg. cisi saillsi mor suut. St. sugul H.
2. Nimtha so H. Nimtha St.
5. Nocliomthasa a shamail mani daig YBL. Xochonamtliasa a samail
acht menib dalg, Eg. minap doig H.
4. nir leirge Eg. ni thuctha YBL.
5. ar is mor liach a olcc do dénamh, Eg. H. omits. is liach a bith, St.
is liach YBL.
6. Cinnas a flathi/oa libsi? Eg. cisi turc»/ ta flatha, H. cid ahé libsi a
tlaithi//ia St.
7. tainic St. taudchad YBL. thudchaid Eg.
8. rogab St.
9. thuited St.
10. fascna»/ LU. fiiscnan YBL., St. fiiasgnànn, H. gluaisind, Eg.
1 1. gaemgaeth YBL.
12. cairchechji] erboU mil[i) inniii, Eg.
13. marbann Eg. foruicli YBL. forruich H. (= for-ro-fich), furaich St.
14. OUI. YBL. H.
I). darag Eg. taroigh H. ag St.
16. on chind YBL.
17. indise YBL. hindsi H. innisi St.
18. hi ngialluigecht Eg. i ngiallus St. a ngiallnoi H. ingiallnai YBL.
19. imcoimet St. coimet YBL.
20. ag tâgair H. tacras adal St.
21. In YBL. Eg. H. and St. this sentence iollows tlie next.
22. achele St. araili YBL.
Thf Pcftnicticn of Dd Drrg^.'s Hostfl. 167
scchnon ' na hEiv//(/. Ni thucca dia and innoclit in ter sin. Is
liach a orgain-. [ Is croeb triaiia blàtli — Eg.J Is mucc rcmi-
thuitî mess. Is nôidiu'» ar âis. Is li'ach garsecle^ dô! »
Ba hé mo lith-sa, for Ingcél, co mbad se no beth and'^', 7
robad orgain fo araile insin". Ni bu ** andsu9 limsa indâs '" mo
ath^7/> 7 mo mathr7/V 7 mo sccht ndcrbrathir" 7 ri mo tiiuathi
doratM^-sa duibsi '- ria tuidecht i n-athchor na dibf/gae^'.
IS fïr, is fir ! or in t-âes '4 uilc rô bâtar immalle frisna d\her-
gachu.
66. « Canst thon sav, O Fer rogaiii, what ihal ^^rcat ligbt
yondcr rcscmhics ? »
« I cauuot Jiken it lo aiigbt », niisiucrs Fer rogain, « iiiiless it
he ihe fire of a king. May God not br'uig thaï inan there lonight !
' Tis a pitv to destroy him ! »
« What then deemest thon », sa\s Ingcél, « ()/" ihat iiian's reigii
in the land of Brin ? »
« Good is his reign », rcplicd Fer rogain. « Siucc Jje assnnicd
the kingship, no clond has veiled the snn for the space of a day front
the middle of spring to t!)e niiddle of antninn. And not a deiudrop
fell front grass till niidday, and luind luonld not touch a beast's
tail nntil nones. And in his icign, front year's end to year's end,
no u'olf has attacked anghl save one bullcalf of cach byre ; and to
niaintain this rtile there are seven luolves in hostageship at the side-
1. sethnu YBL. sechnén Eg. scthnoi H.
2. turhrôd Eg.
3. remituii, H. remetuit YBL. rc tuitim mesa St. ria n-ithi mcasa H-.
4. noedead St.
). garsccle YBL. H. garscclc Eg., with ther interlined. garsecLa St. gair-
seicle H^. garséle LU.
6. comad he no tocrad and hinocht Eg. bid hc dochorad and YBL.
combad he no tecmad ann, St.
7. Ba hé mo Ht sie, bit he docoraJ ann. Bâ hé orcniii fon ailiii dùn H.
Ba argain mâr à chele hi, St. Ba he orgain fon aile YBL.
5. nipo Eg. ni ba St.
9. ansu YBL. andsa LU. liindsa St.
10. indasYBL. andas LU. oldas St. oldâs Eg.
11. nderbraitlire St. ndcrprait/;/ i H.
12. ortap^///si hmbsoi, H.
13. ria taidecht inn athchor ndibeirgi YBL. 96» i. ria taidecht in atlicor
ndibcrge, St. ria :.o\gecJ}t ind athchMr ndipcrge H.
14. in t-aes denma Eg. in t-aes demna 7, St.
i68 Whilley Slokes.
luall in bis hoiisc, and hchind ibis a fiiribcr scciirily, cvcii Mac-
locc, and 'lis be tbat pleads (for ibeiii) in Conairc's bouse. In Co-
naire's rcign arc îbe ibrce cnninis on Erin, namcly, croivn of corn-
cars, and croiun of flawers, and crawn of oak niast. In bis rcign,
loo, cacb man decms tbe otber's voicc as inelodions as tbc sirings oj
lu les, hecause of tbc excellence of tbe laïc and tbe peace and tbc
goûdiuill prevailino ibrougbout Erin. May God not bring tbat man
ibère tonigbl ! 'Tis sad to destroy bim. 'Tis « a branch through
its blossom », 'Tis a swine that falls before mast. 'Tis an in-
fant in âge. Sad is tbe sbortness of bis lifc!
« Tbis zvas niy luck » says Ingcél, « tbat he should be tbere,
and tbere sbould be one Destruction for anolbcr. Il were not more
grievous lo me tban my fatbcr and my motber and my seven bro-
tbers, and tbe king of my countrx, luboni I gave up to you before
coming on tbe iransfer of tbe rapine. »
« 'Tis truc, 'tis truc ! » say tbe evildoers ivbo ivcrc along witb
tbe reavers.
67. Toscurethar ^ bedg na dib^rgaig a Tracht Fuirbthen-, 7
dobcrat cloich cach fir léo do chur chairnd, ar ba si deochair
lasna5 fianna hi tossuch ettv orgain 7 maidm n-imairic. Corthe
no cl"ilantais4 intan ba 'i maidm n-imairic. Card^ mwiorro îo-
chcrtitis" intan ba^ n-orgain [LU. 87^] Carnd ro laiset9 iart)///
intan sin, uaire ba orgain. Hi cianfoc//i on tig^° on, ar na (or-
chlôtis 7 na haiccitis^' on tig^-.
1. Toschuirther YBL. Doscuirether Eg. T/«cuirethar H. Tucatar St. The
« na dibergaig » seems to hâve been a gloss which has crept into the text
(Strachan).
2. fuirbthîn YBL. fuirbthe Eg.
3. donitis na St. boi lasna H. no bith l.iisna H2.
4. "dccrtais St. no clandaiti's YBL. no clandaidi's H.
5. ba YBL. bad LU.
6. carn YBL. carnn St.
7. focherd.iitis YBL. fo:heirditis Eg. foardis H. focertais St. focerda-
tais H2.
8. ba YBL. St. Eg. H. bad LU.
9. Lisat YBL. St. H. lâsat Eg.
10. trâigh Eg.
11. arna forclostis 7 na hacatais, H. arni fo/cloitis 7 arna haiccitis, St.
arna forclostais 7 na aiccitis YBL.
12. arna fcrcloistis 7 na f.iicitis on bruidin, Eg.
Tlic Dcslniction of Lhi Dirga's Hostel. 169
6y. The reavers iiiake a siart froin the S Ira ml of Fuirbtbe, ami
briii^ a sfone for each man to make a cairn ; for this luas the dis-
tinction which ai frst the Fians inade hetiucena « Destruction » and
a « Rout ». A pillar-stone they iised to plant luhen there would be
a Rout. A cairn, hoiuever, they uscd to make zvhen there luould be a
Destruction. At this time, then, they niade a cairn, for il luas a
Destruction. Far froni the house lu.is this, thaï they niighl nol be
heard or seen therefroni.
68. Ar Jib hit|h]aib dorigset a carnd .i. ar ba bcs carnd la
dib/rg, 7 da;/t) co fintdis a n-esbada oc Brudin. Cach oen 110
thicflid sldn ûadi no btvad a cloich asin charnd, co forerais im-
morro clocli[a] in lochta no niair[b]titis occi, conid assin ro fes-
satdr a n-esbada. Co)nd cd àrmit éolaig in tscnchassa rcz/id fer
cach clochi lil hi Carnd leca ro marbnit dona diU'rgaib oc
Brudin. Conïd din charnd sin atbt'rar Leca i n-Uib Cellaig'.
6S. For two causes they buill their cairn, natnely, (Jirsl) since
this was a cusloni in marauding , and, secondly, thaï ihey might
find eut their losses al ihe Hostel. Evcry one thaï luould conie safe
froni il would tahe his stone from ihc cairn: ihus the stones of ihose
that were slain would be left, and ihcnce they would knoiu their
losses-. And ihis is luhat men ski lied in slory recounî, that for every
stone in Carn leca there was one of the reavers killed al the Hostel.
From that cairn Leca in Hiîi Cellaig is (so) called.
69. Atdither tore tened la nwccaib Duind desa do brith ro-
baid do Conairiu. Con'id hi sin céttenddl robaid dorigned, 7
comd di adainter^ cech tendal robaid cosindiu.
IS ed armit fairend aile co mbad i n-aidchi samna no irrtha
orgain Bvudne, 7 conïd din tenddil ùt lentar tendal samna o sin
cosudiu, 7 clocha hi tcnid samna-t.
1. Cellaib LU.
2. Cf. the Persian practicc dcscribcd by Procopius, cd. Dindorf, pp. 97,
98; and sce The Academy iox August 25, 1894, p. 134.
5. adairtcr LU.
4. YBL., Eg. H. and St. omit §5 68 and 69, and the verbal forms shcw
tliut thèse paragraphs are latc interpolations.
Revue Celhqiu, XXII. 12
lyo Whiiliy Slokes.
6^. A i<. hoar of a firc » is hindled hy ihc sons of Doun Désa to
giveiuarning to Conaire. So that is ihefirst warnins^-heacon that bas
been made (in Eriii), ûiuI froni it lo ihis dn\ cvcry luarning-heaam
is hindled.
This is îvbat oihcrs rccounl : that il was ou the cve o/samain
(All-Snints-dnx) thc destruction of the Hostel luas wrought, and
that froDi yonder bcacon the beacon of sa.màm is foJloiued from that
to this, and stones (are placed) in the samain-/;r.
70. Doronsat ' iarom na dib^Tgaig comarli bali in ro Idsat-
a carnd'.
Maith, tra, or Ingccl f/'isna hcolchu, cid as ncsam 4 dûn
sund ?
Ni anse, Brudeii ûi Dcrgac ^ rigbnugad'^ Wcrcnd.
Bdtar dôcho7 ém tir marhi do saigid a céli^ don briidin sin
innocht9. Basî comarli na ndibt'rgach x^roni nech [do chor Eg.]
ûadib do déscin '° àûs cinnas ro[m|botii and ''.
Cia ragas and do deicsin in tigi P^^ [ol càch ''].
Cia no ragad, or Ingcél, acht mad mcssi, l'iair^-^ iss mé
dliges fiaclui.
70. Then thc rcavers franicd a coiinsel at the place where they
had put thc cairn.
1. Dogensat YBL. Dogensot H. gniset St.
2. bali irrolsac YBL. uaili rolasit H. doronsat St.
3. in cardd, Eg.
4. neasom YBL. nesa St. iss nessam Eg.
5. Bruiden hui da Dergae YBL.
6. Brui(/(v; Da Derga, n'gbruidin rigbrugad, Eg. Britden hùi Derga ri-
bruigew H. Bruiden hui Da Dergx rigbrugaid YBL. Bruiden Da D<Tgae rig-
brugad, St.
7. doichi (pL of doich), YBL. dochai H. Ropud doich lind Eg.
cS. a chéle YBL.
9. Ropud doich dind, ol Ingccl, fir maithi dochum a ccli don Brudin
sin hinocht, Eg.
10. deicsin YBL. dechsain na bruidni St. desgin na br/d/ne H.
11. cinnas robâs isin Bruidin Eg. cind/« romboth and YiîL. cinnuj rom-
both innti H. cinn»i robas innti St.
12. don faircse inti Eg. do dfecsin na b/»dne IL
13. ol cauch H.
14. huairi YBL. uair St. H.
The Pcstnution of Dd Deiga's llostel. 171
« prdl, ibi'ii », says Iiii^cél ta tbc guides, « ivhal is ncarcsl to
us hcrc ? »
« Eas\ (io sn\) : thc HosUl oj Hua Dcrga, chicf-hospilaUcr of
Erin. »
« Good uwn iiidecd » (saxs IngccI) « lucrc likclv Io scck ihcir
felloivs at that Hostel louigbt. »
This, theti, zuas the counscl of ihc rcavers, Io sciul oiic of ihciii
to see hoiv things zuere therc.
« IVho will go there to espx Ihc bouse? » sa y s cvcrxonc.
« fVbo sbould go )), sûvs LigrcI, a but I, for 'lis I ibai uni cn-
titled to dues. »
71. Tothcit' Ing(v7 do tlioscébd forsin Brudin cosin sech-
tmad (//(' cosin très) mac imlessan na hôensûla ro bôi asa etun
do chomm//i" a ruisc isa tech do admilliud ind rig 7 na mac-
côem ro bdtar immi isin tig, conda-dercacha- t/îa drocliu > na
CAvpat.
Ro rdthaiged'i ianvii as[in]tig' anall Ingcél. Docuirethar^'
bedg on tig" iarnd rdtliugud.
ji. Ingcél îvent to reconnottre the Hostel luith one of tbe seveii
(or one of tbe three) pupils of the single eye wbicb stood oui of bis
forehead, to fit bis eye into ihe bouse in order to destroy tbe king
and the youihs lubo zuere around bini Ibcrein. Aud Ingcél saiv
tbem througb the zuheels of tbe chariots.
Tben Ingcél zuas perceived froni the bouse. He nialces a si art
from il after being perceived.
"ji. Téit cor-rdnic na dibivga bali hir-rubatdr^. Fochress9
1. Tact H. Tct H2. Totheit YBL. Do tâet Eg. Luid St.
2. coro dercca Eg. co«dodfrcacha H.
3. drochtai H. dorchu St.
4. Rathaiger St. Rathuiger Eg.'. rathaigeth H.
5. asin tig YBL. St. Eg. asin tigh H.
6. Tacuiretliar YBL. Toc(ulredar St. Tocurelliar Eg. Tocurcthar Eg.'.
7. bed[c) de on tig amach St. Eg.'.
8. i mbatar St. Eg.' i rabatar YBL.
9. focreas YBL. Eg.' Focerd H.
172 W'hitlty Stokes.
cach cûaird imm alailc don dib/>g' fri citsecln ^ in sccoil^ Ai-
rig na diLv;gac hi tirmedôn na cuardae-^. Batàr hésidc Fer
gér5 7 Fer gel 7 Fer rogel 7 Fer rogain 7 Lomna druth 7
l)igCL'l Caech. Sesiur^ im-medon na cuardae'. 7 luid Fer ro-
gain dia [t'jrithchomarc^.
y2. He luenl till be reached the reavers iii the stead luherein ihey
zuere. Each circle of thein luas set nround another io hear the tidings
— the chiej's of the reavers being in the very centre of the circles.
There zvere Fer gér and Fer gel and Fer rogel and Fer rohain and
Lomna the Buffoon, and Ingcél the One-eyed — six in the centre
of the circles. And Fer rogain luent to qnestion Ingcél.
73. Cinnas sin, a Ingceoil ? îor^ Fer rogain.
Cip indas, ïor Ingcél, is rigda in costud : is [sjli'iagda '° a
sséselbe", is flaithemda a fûaim '-, Cia bé, céin co pé'5 ri and,
çébatsa ^-^ a tech issinni non-dliçrim '5. Dothaet cor mo di-
hergà ^^ de.
Foracaibsemne '7 tri làim daitsiu ^'^j a Ingceoil, ft'rdat co-
1. din dibeirg YBL. Isi annsin dorônsat na dibergaich tri cirrchaill dib
imm Inghél, Eg.
2. heistecht YBL. eithseir/j/ St.
3. dona dibiTCiicl}taib frisna hetsichtaip ina sq'V, H.
4. cuarta YBL. Si. cûartoi H. him-medôn na tri circhull, Eg.
5. gair St. YBL. H. St. and Eg. omit Fcrgor.
6. seisiur doib YBL. seisir doib St.
7. cuarta YBL. St. drcail, Eg.
8. [f Jreisncis, Eg. ritchomorc Eg.'
9. uar H.
10. shiagdo H.
1 1. in shéissilbe Eg. a séselpe H.
12. in toirmm, Eg.
13. bé fo na be, YBL. St. be fo na be, H. be fo nâbe Eg. ' cia beith cinco
rab Eg.
14. gebassa YBL. gebasa St. gébatsa Eg. gebotsai H. gebat Eg.'
I). isin ni notdligim H. is inni dlegmait St. sinni dlegmaitEg.' is inni no
dligim YBL. is in ni dligim St.
16 dib<Tgi YBL.
17. Faracbaisemne YBL. forfacboigsimne em H. Faracbamarne St. Fora-
chaibsem Eg. Fo;facbamairni Eg.>.
18. deitsiu YBL.
The Dcstnution of Dd Dcrgas Hostel. 173
m.iliae Conairi'-. Nadn-iurmdis- orgain co fcsmais cia no beth
inni >.
Qs/^, in dcrcacha-SLi a tech 5 co maith, a Ingm)/7 ? for^ Fer
regain.
Ro là mo sùil-sc lLiathchuaird7 and, 7 gebait^ im fiachu
amal atà.
7^. « How is ihai, 0 Ingcél? » asks Fer rogaiu.
« Hoii'evcr il be », nnswers Ingcél, « royal is ihc ciistoiii (?),
hostfitl is thc liiniitlt : kiiiglx is the noise thereof. Wheiher a king be
there or not, I ici II îakc the hou se for tuhal I hâve a right lo. Thence
my ttirn of rapine conieth 9.
« We hâve left it in ihy hand, O Ingcél! » say Conaire s fos-
terbrolhers. « (But) -we shonhl not ivreah the Destruction till lue
knoiu u'ho may be the rein . »
« Question, hast tijou seen the honse ivell , O Ingcél ? » asks Fer
regain.
« Mine eye cast a rapid gla)ice aronnd it, and I will accept it
for nix dues as it stands. «
74. IS deithbrr diiit", a Ingm)/7, ciâ no" [LU. 87''] gabtha,
ol Fer rogain : ar n-aiti uli tîl and^-, ardri Hen';/(/, Co)ianc
mac Elersct'l/'). Ces/, cid atchondarc-su '•i isind foclùi ^'> féinnida
in tige fri enech [in] rig'^ isind Icith anall? »
1. ar tri comalui Conaire Eg. fcrdnt comaltai Conaire, YBL.
2. nat n-iûrfamais H. nad n-irniais St. nadniurmais YBL. nad iûrmaiss
Eg. nach n-iurmuis Eg. '
3. nob'ad inti, Eg. no ueitli innti, H. no bcth indti YBL. nobc/h indi St.
4. G'sc H. Eg.
5. in ro dcrcaissiu in tech, Eg.
6. uar H.
7. luathcuairt St. H. Ro lamusa illuathcuairt Eg.i lûathchu;iirt Eg.
8. gObat Eg. gebotsai H. gcbait St. gcbat Eg'.
9. Hère Zimmer wo'.ild (needlesslv, I tliink) amend the Irish, KZ.
XXVIII, 566.
10. dait YBL. om. Eg.
11. ro YBL.
12. ar n-aitirc fil and, St. ar n-aitine til ann Eg. YBL. Eg.'.
13. £/irsceoil YBL. Et/Vscéoil Eg.
14. C^5c cit ata)«naircisie, H. G's/ cid attho/zarca^siu YBL. cesc cid at
coHnaccaiss Eg.
IS- ochlai Eg. (ochlu YBL. St. fochioi H. fochiai H. 2 foclai Eg.'.
16. îor aghaidh in righ. H.-, f/i heinech rig diii leitli anall Eg.'.
174 \VlntU\ Stokcs.
J4. « Thon maycsl luell acccpl il, O Ingccl », saith Fer rogain:
the fosierfather of us ail is thcrc, Erin's averking, Conaire son of
Eterscélc. »
« Question, u'biil snwesl thon in 0)e chninpioii's high seal of ihe
hanse, fticing tlje King, on ihe opposite siâe ? »
Imda Chor.\u7/c G);/dlo\gas
7). Atchondarc and, ol se, fer gormainech mdr : rose nglan
ngléorda lais: deitgen eôir [eomard aicci .i. se niamda né-
manda']: aiged fochâel forlethan |leiss, Eg.] lin-folt find ^
forordae fair : ion\ |cain, Eg. | choir imhi5, milech airgit inna
brut 7 claideb ôrduird-* inna Idim : sciath co côicroth > 6ir
fair 6; sleg côicrind" ina lâim : côinso^ choir chain chorcorda
lais, os é amulach^, ailmt'/minach in fer sin.
Ociis iarsin cia acca and ?
TJh' Rooni of Cor mac Condlo)igas.
jj. « / saiu flk're », says higcél, o a inan of noble countenance,
large, icith a clear and sparkling cye, an evcn set of teeth, a face
narrow beloiu, hroad ahave. Fair, flaxen, golden hair itpon hiin,
and a proper fille t around il. A biooch of silver in his niantle, and
in his hand a gold-hilted siuord. A shield luith five golden circlcs
npon it : a five-barbed javclin in his hand. A visage just, fair,
rnddy he halh : he is also beardless. Modest-niinded is thaï niaii ! »
« And after that, ichoni saicest thon there? »
1. sic Eg. dcittgen coir eomard comgel, St. dcitgcin coir comart coni-
gcl Eg. I.
2. Li'nfoltt finn fota, Eg. linfolt find YBL. St. Eg.i. lind folt LU. linfolt
finn H. Hr-.
3. foirtchi coir for a bullu H.-.
4. ôrduirnd, Eg. orduirn YBL. ôirduird LU. orduirnii H. St. Eg.>.
5. cùicriud, Eg. cocroth H.
6. for a muin H.
7. coicrennach, Eg.
8. cainsiu Eg. côinsi, H. cainso St. cainsi YBL. cuindsi H.^. cainsioEg. ^
9. amulchach YBL. St. H.-, amulcach Eg. H. Eg.'.
The Destruction of Dd Deigas Hostel. 175
Imda \6i clli ChORM(7/C
76. AtA'//narc and triar fcr^ fris aniar^ 7 t/iar f/is anair, 7
t/iar ara- bélaib ind iîr chetnai. Atar-let^ is ôenmathair 7 ôcna-
thair dôih [a nonbur — Eg.]. It é comâesa, comchore, co-
malli, cosmaile uli. Cùlmongae fo/'aib. Bruit ûanidi impu uli.
Tanaslaide-^ ôir iima mbraw/7;. Cùarscéith chvcdiiniac foraib.
SIega druimnecha iiasaib>. Calg^' dct il-làim cach tir dib. Ôen-
reb léo uli .i. gabaid" cach fer dib rind a claid//' ctcr a dd mér
7 imda-cuiret immâ mer, 7 nodd-sinet^ na claid/A a n-c')cnur
iar sudi'^ Samailti lat insin, a Fir rogain? or Inga'7.
Thi RooDi of Conuac's niuc coiiiradcs.
jê. « Thcre 1 saiu thrce men to ihe zuesl of Comme, and thrce lo
ihe east of him, and thrce in front of the sa me man. Thou zuonldsl
deem that the nine of theni had one mother and one father. They
are of the sanie âge, eijually goodly, eqnally beantiful, ail alike. Thin
rods (?) of gold in thcir manih's. Bent shields of l>ron:^e they bear.
Ribhed javelins above the m. An ivory-hilled siuord in the hand of
each. An unique feat they hâve, to luit, each of theni takcs his
sword's point betivcen his iivo fingers, a)id they twirl the sivords
round iheir fingers, and the suvrds afterwards extcnd iheniselves
by îhemseJves. Liken thon that, O Fer rogain », says Ingcél.
77. Ni anj-é^ damsa a samail, ior Fer rogain. Cornvrc Con-
dlongas '° mac ConcUohair insin, laech as dech fil iar^' ci'il
1. YBL. Eg. and H. omit.
2. ar Eg. Eg. I.
5. andar latso, Eg. 115M. .A.ta lat, YBL. St. Ada-lat H. Eg.'.
4. Dcilgi, Eg. tanj5luidhe H. tanaslaidhi YBL. gô^" 2. tanasslaidc St. ta-
naeslaidca Eg.'.
5. huaistib Eg. huastu YBL. Sleg druimnecli huasa, St. slcg druiniiiccli
os detcolg Eg. '..
6. Calgae Eg. cale YBL.
7. gabuis Eg. gaipith H.
8. imdosinet St. nadosinead YBL. nota sinit H. uo do sinct Eg.'.
9. intan lecaitt huaidib, Eg. iar suidiu, St. YBL. H.
10. Conloing« St. conloingcsu Eg.
11. for Eg.
176 Whithy Stokcs.
sct'ith hi tir Hcrciid . IS ailm<';;mnach in mac^ sin. IS fail ni atâ-
gethar- innoclu, is làth gaile ar gaisced. is bri[u]gu ar tre-
b[th]achas5. ISé^in nonbor ucutfilî immi-scom, na tri Dùn-
gusa 7 na tri Dôelgusa 7 na tri D[i]ang»5a6, nôi ccli7 Cor-
maic G)«longas maie Conchohair. Ni rubutar firu riam ^ ar a
ndochur 7 ni ros-anachtatar riam ar a sochur9. IS niaith in
lâech fiiil etorru .i, Corm^c CondlongiZ5'°. Tongu a toi//gr5
mothiiath", totiiâetsat //ô/ndeiclicnbuir la Cornwc inna chct-
churnscliu, 7 tothâetsat nôi ndcclienbair là nuiint/V, cenmothâ
fer cechairm dôib 7 fer cech firdib, 7 roindiid'^ Cornirtc com-
gnim în cach n-ôenfer ar dor/zinaBruidne, 7 maidfid'3 biiaid
rig nô rigdamnae nô airig dibergae, 7 immaricfa ek'id do [féin,
Eg.j cid crechtach '-i a muinttT uli^>.
jy. « Easyy), says Fer romain, « for me to liken theui. Il is
Conchobar's sou, Comme Comihvigas, the besl hero hehimi a shieîd
in the land of Erin. Of modes t miiid is thaï boy! Evil is ivhal he
d rends tonigbn^. He is a champion of valour for feat s of arms: he
is an hospitalier for househohiing. Thèse are yon nine ivho surround
him, the ihree Di'ingusses, and the three Doelgusses, and the three
Dangusses, ihe nine comrades of Corniac ConJongas, son of Con-
1. fer YBL. St. Eg. H. EgJ.
2. isfail madagetar innocht YBL. mad gocth. innocht Eg. is fael mado-
getar indot/;/ H.is fail madageth<r;- inoclit, St. is fail madogetlKj;- innoct.
Eg.'.
3. trcbtachas Eg. trebtach//5 St. trebthochus YBL. trebthach«i H. trcab-
tachus Eg. ' .
4. iat dano Eg. is iat a nonbor Eg.'.
5. iuWet H.
6. na tri d6elg//5a 7 na tri diangi/.';a 7 tri àngiisa Eg. na tri Dung/«a 7 na
tri Diilgwa 7 na tri Dang/wai, Eg.'.
7. coemchéli Eg.
8. ni rubatar riam firu, YBL. ni rubatar firu riam St. riipatur H. rubad«r
H. 2. rubutar Eg. '.
9. Oin. Eg.
10. Om. Eg. Conloinges St.
11. a toingend mo thuatlia YBL. a tong mo tliuath, St. Eg.'.
12. raindtjd YBL. Eg. roindfi St. roinnfi H. roindfiu Eg.'.
15. muirfid Eg. muidtid St. maidfid YBL. maoiihfi H.
14. cithat crechtnaigthe H. cid crechtaigthi YBL.
15. Eg. omits a muintcr uli
16. Cf. S 105
The Destruction of Dâ Derga's Hostel. \-j-j
chobar. Thc\ bave ncvcr slain nicii ou accouiit of tbeir iiiiserv, and
they mx'cr sparcd thcm on accotiul of thcir prosperity. Gocd is tbe
herowhois aniong thciu, cvoi Cormac Coudlongas. I swear u'hat
niy tribe s-wcars^, ni ne times toi will fa II b\ Comme in bis Jirst
onset, and ni ne finies ten wil! fall by bis people, bcsides a nian for
each of tbeir zceapons, and a manfor each of iheniselves. And Cor-
tnac luill sbare proivess ivitb any man before ibi Hostel, and be
will boasi of victory aver a king or croivnprince or noble of tbe rea-
vers ; and be biniself will cbance to escnpe, iboiigb ail bis people
be li'ouuded ».
78. Mairgiuras in n-orgain-sa! for Lomna drûth, cid adâig ^
ind ôcnfir sin, Corm^r Conà\ox\gas mac Concohair. ,Ton-
g//sa a toingt'.s") mo thiiath**, for 5 Lomna [Druth — Eg.]
mac Duind Désa, mad messi conised mo chomarli ^ ni aid-
lébthai/ ind orgiin cid daig^ ind ôenfir sin namma, 7 ar a Ic-
chet9 7 ar a febas ind Idich.
yS. (( Woe to bini icbo sball lureak tins Destruction ! » says
Lomna Dri'itb, « eveii becaiise of tbat one man, Cormac Condlon-
gas, son of Concbobar. « / sivear ivbai my tribe siuears »^ says
Lomna son of Donn Désa, « //'/ coitld fulfil my counsel, tbe Des-
truction u'onld not be attemptcd zuere it only because of tbat one
man, and because of tbe bero's beauty '° and goodness! »
79. Ni ch//mthi" [a tarmescc — Eg.], (or Ingcél : néla fe-
1. i. c. his tribal god, or, pcrhaps, liis tribal totem. (( The Baperi areconi-
monly called Banokii, tliey of tlie porcupinc. Tlieir great oath is tiiat of ka
iioku « by the porcupine ». because the niajority of them sin^, to use the
consecrated phrase, intimating that they feast, worship or révère that ani-
mal ». Folklore, XII, ^2.
2. foddigEg. daig YBL. H. dJig St.
5. Tung a toing, Eg. Tongusa <i toing Eg.'.
4. thuatha YBL.
). uar St. H. cl Eg. or Eg.'.
6. condrissed in comarli, Eg.
7. aidlipthcr H. aidlebthai St. haidlebthai Eg.'.
8. fodJig, Eg.
9. lôechdacht Eg. leichetYBL. oé*» 28. lecct H. leicet Eg.'.
10. ara lechet .i. ara cainii LU. 20» 2g.
11. cunià YBL. 96'' 29. Eg.'. cuimci Eg. comci H. cumchi St.
178 Wliitley Stokcs.
mid ' dof();tec;it -. Fir rigér ngûasfes î da //grûad ngabair géb-
thair f/is la lugi Fir rogain ruidfes. Ro gab do gutb maidm
fc'rtsu, a Lonmac, ol Ingcél : at drochlaech-su 7 rot ctar-sa4,
Néla fémid doforterfff .
A[t] nibia basa lecht bas brisccm lurgu mais for traig5
maitne [LU. 88-^] do thig duind matin moch imbàrach.
AssLi éc ernbais ar thromsluaigthig^ coddet co teinnet co
dered mbctiia.
Ni aisncbat sin na senchaid[i]7 dul damsa ônd org^////, co-
rom-mé^ nosn-6rr9. »
75?. « h is not feasible to preveut il y>, says hif^cél: « clonds
of lueahness corne to you. A keen crâeal icbich ivill cndanger two
chceks of a fioal luill hc opposed hy the oaih of Fer rogain, luho luill
riin. Thy voice, O Lomna », says Ingcel, u haih taken breahing
upon thee: thon art a ivorthless warrior, and I hiow tbee. Clonds
of lueahiess corne to you.
to a lord' s bouse early lomorrow iiiorniiig.
Easier ... deatb on a beavy-bost-house ... to the ivorld's end.
Neither old nien nor hislorians sball déclare thaï I quitted the
Destruction, until I sball zureak it. »
80. Na haitlibéT ar n-einech'°, a Ingm)/7, ïor Gér 7 Gab//r
1. feimmid YBL. femdith H. feimmid St. fcimig Eg.
2. dotecat St. dothecat YBL. dotegat H. dot(cc)ut Eg. '.
3. nguanfeas St. nguaisfeas YBL. nguaisfis H. nguainfes Eg.'.
4. rotetatar YBL. St. rotfetat(zr H
5. Atiiibia bas lechtoi bus brisgim lurcoi manaisi tri traig, H. Atnibia
basa lecht bas brisce lurcu mais for traig, St. Atmbia bas". lecht bas brisceam
lurcu manais for traig YBL. Atmbia basalecht brisgem lurgu mas for
traig, H2. Atmbia bassa lect bas b(riscem) lurcu mais for traig, Eg.'.
6. tro sluaigthib St. tromsluaigib Eg.'. Asse cernmais ar tromsluaig
tic U.2.
7. ni faisnebot sin nait senchji/ei, H. ni aisncbet sin na seanchaid YBL.
ni aisnebat sin naid senchaid Eg. ' .
8. from co-rop me
9. gurumme nosnoirr Eg. ' . For the various readings of Eg. see Ap-
pendix § 78.
10. Na bcn aithbiT ar ar n-enech, Eg. IL-, na aidbtr ar n-ainech YBL. St.
The Dislniction ofûà Drr^a's Hostd. 179
7 Fer rogain. lurthar ind orgim niani ma în taiam Jiùe\ co-
nonro-nwrbtharni- uli occi.
A;/go 5 dam), is deithlv/' daitsiu, a Ingccoil, ïor Lomiia-^ mac
Diiind Desa. Ni daitsiu a domaine na org;n'5. BrVa cend rig
ala-thûathe lat hartbe^ alailc, 7 toernae " as do thriur derbra-
ihiir assind ovgiiiii À. JngccI 7 Ecell 7 Dartaid na dibcrgae.
Sa. « Reproach not our boiiour, O hii:;ccl », say Gér and Gabiir
ami Fer rogain. « The Destruction shall be wroughl uiiless tbeenrih
break under it, iintil al! of us are slain therebw »
« Trulx, theu, thou hast reasoii, O Ingccl », sa\s Loonia
Driith son of Donn Désa. « Xot to thee is the loss caused by the
Destruction. Thou wilt carrx off the head of tlje king of a forcign
country, with ihy slaughter of another ; and thou and thy brothers
(will) cscape froni the Destruction, even Ingccl and Ecell and the
Yearling oj the Rapine. »
81. IS ansu damsa imworro, ïor Lom;w drûth. Mairg damsa
n'a cach, mairg iar câch! h^ mo chendsa cetna9 imc[h]oi-
cert[h]âr and in[n]ocht iarsind uair'° ewr fertsib carpat a\i'^ i
comraicfét diabolnâmait^- .i. focicherthar insin Bruidin^5 co fd
thri 7 dofoichfrthrtri4 eisse^5 co fathri. Mairg no thet^^, mairg
1. midroe St. Eg.'. mani maidc in talam Eg.
2. cononrobarbtharni LU. ai/ionrommarbtharni YBL. St. nocorom-
niartharsa Eg. coiionromàThtlmrncH. cowonromarbtarni Eg.'.
3. Is go, Eg. Angoi H.
\. Lonnas druth YBL.
3. Ni duitseo a doirlhi/n' nô domaini inna airgni sca hinocht, Eg. ni
duidsiu a domaine na hohcne YBL. ni daitsiu a a domaine na hoirgne St.
6. la airtbi YBL. lat artbe Eg. lat airtbe St. lat airbiu Eg.'.
7. docrnaba Eg. taerna YBL. tocrna St. to erno Eg.'. doernabô. H.
8. IS hé Eg.
9. ccto- H. céta St , .c. YBL.
!0. cétab^tarand iarnuâir Eg. ceta imchoichertthar YBL. ceta imcoichertar
Eg. I . imchoicerthar St.
11. ffrstip carpot airm H.
12. diabol namat LU. diabolnamaid YBL. 96''.49, na diabulnâmait Eg.
ij. isin mbruidin YBL. St. Eg.'. lafithir isin liiBruidin Eg.
14. cuirfithir Eg. no foicerthar St. Eg.'.
13. esti YBL. H. eisi St. eisti Eg, esli H.
16. tlicit YBL. tcit St. Eg.'. teit 7, Eg.
i8o Whitlcy Stokes.
lasa tiagârS niairg cos' tiagar! It|t]roich- nothiagat, it[t|r6ich
citssa. tiagat > !
Ni fil ndd rô damsa, ol Ingchel, inid-^ mo maihnr 7 mo
aihar 7 mo sechl nderbrathrt;> [7 ri mo thuaithe — H.] orta-
bair-si limsa. ni fail ni ndd ïàeliisa o sin inond^.
Cid finbarc totessc^ treu/, ol Gcr 7 Gab//r 7 Fer rogain,
iLirt[h]ar lat ind orgain innocht.
Mairg dos-b^Va^ fô lamaib nàmat », ïor Lomna. Ocus cia
acca and iarsin ?
Si. « Harder, haïuever, it is for me «^ sa\s Lomna Dii'ith:
« zL'oe is me hefore every one ! zvoe is me after every one! 'Tis m y
head that will he first tossed about thre tonight after an hour
among the chariot-shafts, where dcvilish foes luill vieet. It will be
flung into the Hosiel thricc, and thrice will it be flung forth. Woe
(to him) that cames ! woe (to him) with whom one goes ! woe (to
hiiii) to u'hom 0}ie goes ! IFretches are they that go ! wretchcs arc
they to zuhom they go ! »
« There is nothing that luill come to me », says Ingcél, « in
place of my mother and my fathcr and m\ seven brothers, and the
king of my district, whotn ye destroyed with me. There is nothing
that I shall not endure henceforward. »
« Though a ... shonld go through thein », say Gér and Gabur
and Fer rogain, « the Destruction will be ivrought by thce
tonight. »
« Woe (to him) who shall put them under the hands of focs ! »
says Lomna. « And whom sawest thou afterwards? »
1. tiagthar YBL. t'aghar Eg
2. troich H. troig YBL.
5. IS troich téit, is troich cos" tiagar Eg. (i)troich teit itroig cusa tiagar
YBL. cossa tiagar St. gusA tiag»r H 2. ana. (ti)agair Eg.i.
4. hi n-inad. Eg. indi St. inid YBL. iniit Eg.'.
5. nderbraithir YBL. ndcrbrathiJ/V St.
6 Ni fail ni' nad fôel».'>'a osin himach cid niôr a domain duinne na airgni,
Eg.
7. doteist'J trt7u (?) \BL. tôesad trcothu, Eg. treot, H. toteissfi/trcut St.
Eg.'.
8. Iss niairg dalta diles deirbc;idi dobiVa fo lamaib a nâmat n-allma-
rach. Es. maire dobt'ra fa laniu namutt, Ea;.'.
The Destruction of Dâ Dcr^a^s Hostd. i8i
Imda \a Crutuxecii ixso
82. Atrcz/narc and iiiidae 7 t;iar [adboliiK'ir, Eg. | indi, t/'i
dondi'ir mor.i, tri criiind-bt'ntha fi'raib, it he |cc')iri — Eg.]
comlcbra f('/' cul 7 étun '. tri gerr-chochaill diibac impu co
ulni -. cciniiidi ' tlna ior [s]na cochlaib. Tri claidib duba dimôra
Ico, 7 tcora dubboccôti luisaib, 7 tcord dubslcga Icthanglassa
uassaib. Rcmithir-* inb/V cairi c/'and cachae dib. S:\mctillc lat
sin, a Fir rogû in
The RooiJ! of ihc Picis, tins.
S2. « / siTii' auothcr rooiii thcrc, u'ilh a hiii^c trio in it : thrcc
brùwn, big mcn : three round heads of hair on iheni, even, cqnaUy
long at napc and forebead. Three short bhick coivls aboiU iheni
(reaching) to their elboivs : long hoods were on the eoiuls. Three black,
hiige s'U'ords the\ had, and three blach shieJds ihey bore, ivith three
dark broad-green javelins akn'etheni. Thich as ihespit of acaldron
■was the shaft of each. Liken thon tJnit, O Fer rogain ! »
83. IS andsa damsa a samail. Ni.s-fct/o'sa> i n-Hevind m
t;iar sin, acht manid lié in t/iar ucut di*^' Cruithentûaith dodeo-
chatar for longais asa tir condi\-ûl7 hi tcgloch Conairi. It é a n-
anmand : Dubloingcs mac Trebiiait 7 Trebudit mac hiii
Lonsce^ 7 Curnach mac m Faich9. Tri lâich ata dech gaibthe '°
gaisced la Cruîh3)itûaith in triar sin. Dofaethsat^' nô/ ndechen-
bor léo ina chétch//mscliu, 7 dofiieth fer cech airm léo^^ cen-
1. Hère there is a lacuna in Eg. down to 5 97-
2. ulnib YBL. huilind St. huill;// H.
3. 7 ccndidi YBL. 7 cennide H.
4. reimir. St. Eg.'. remitir YBL. rcimithzVH.
5. ni fetar St. Eg.'. ni kdursa YBL. ni fhcti;?-.sa H.
6. manid iat in triar ùt do St. minad iatt in triar ucud di H.
7. condofilct H. coiidoCû Eg.'.
8. Loingsigh, H. Loinsce, St.
9. Fiaich YBL. H. St. Eg.'.
10. A Middlc-Irislî corruption of "'(///'/<', prcs. ind. relative plural of^aW;//.
Sec Strachan, CZ. H, 488, IIL 413.
11. Totaetsot H. dofoethsat Eg.'.
12. dathaed fer cach airm doib, YBL. dolaeth fer gach airm doib, H. do-
foeth fer cecli airm doib Eg. '.
i82 Whitlcy Stokcs. -
motha a fer fessin, 7 rt^nraindfct comgnim f/'i cach triar ' isin
BrLi(////_, 7 maidtît- biuiiJ rig> ;/(> airig dibrrg[e], 7 immaricfli
élôd dôib iarsin cid at ci'ccluaig4. Mairg iiiras in n-orgain cid
daig in trir sin namma! »
Tongz/do dia tongé^ mo ihiuith, mad ino choniarle dogncthc
and ni iurthaî ind orgaiii, (or Lomna Dn'ith.
Ni c//mcaid^, for Ingccl : ncla fcniid dofortccat". Fir ngcr
[njgûasfes 7r[l.]^. Ociis cia acca and iarsin ?
Sj . « Hard it is for Die (lo find) ihcir Ukc. I kiiou' iiot in Erin
thaï trio, uiilcss it be \on trio of Pictland, luho zvent into exile from
iheir country, and arc (naw) in Conairc's houschold. Thèse are
thtir imnies : Diddonges son of Trchùat, and Trchi'tal son of Hûa-
Lonsce, ovd Curnach son of Hi'ia Fâich. Tl}e ihree zuJw are hest in
Pictland al ta^tng arms arc tbat trio. Ninedecads ici II f ail at their
hands in their Jirst cncounter, and a nian luill fall for each of thcir
lueapons, hesides cm for each of themsilvcs. And thcy luill share
prou'css with evcry trio in the Hostcl. Thcy wiîl boasi a victory aver
a king or a chief of the reavers; and they luill aftcrwards escape
though luounded. Woe to hini who shall lureak the Destruction,
though it be only on acconnt of fhose three ! »
Says Lomna Drnth: « / szaear to God luhat ni\ tribe swears,
ifmy counsel luere taken, the Destruction luould never be zurought. »
« Ye cannot », says Ingcél: « clouds of zueakness arecoming
to you. A keen ordeal which zvill endanger, etc. And zi'hnni sazuest
thon there afterzvards ? »
1. n-oinfer H. Eg.'. n-ocnfer St.
2. maeidfit H.
5. H inserts: no riglidamn.ii, St. no rigdamna, Eg.' no rigdamnai
4. crechtnaig YBL. creo'nndiVtheH. crechtdnaig. St. cid crechtnaigh Eg.'.
5. sic YBL. St. Eg.'. hiurfuithe H. iurfaitho LU.
6. cuimce H. cumg?e, St. c»mgai YBL. cuingaid H.-, chumcai Eg.'.
7. dotccat St. dothecat YBL. dotegat H. dotegait H. 2. tatecùt Eg.'.
8. nguaisfeas yrL YBL. fir nger ngua(is)fes da ngruad ngabair gcbthair
fris la luigc Fir romain ruidfes. rogab do guth maidm fortsa, a Lomna, ar
Ingcct. at drochlaechsu rotctatar neUt femid dotccat yrL St. Fir nger nguais-
fes etc. H. 2. fir ngcr nguainfes etc. Eg. ' .
The Destruction of Dâ Dcroj's Hostel. 185
[Imda \a Cuslf.wach]
84. |LU. 88''] Atrh(';/narc and inid.ii 7 n(i;/borindi '. mongae
findbudi fcraib, it c conialli - uile. Bruit brccliga ' impu, 7 noi
tinne cctharchôire c//mtachtai uasaib. Bâ Icôr suillsc isind rig-
thig a cumtach lil h'rsna tinnib cetharchôrib hisin. Sam^/V/c-i
lat, a Fir rogain.
Ni anse damsa a sxm.ail, ïor Ver wi^nin. NJ»bor CMilcanach
insin doroachtâtàr5 co Conaire ar a airscélaib a Si'd Brcg.
It é a n-anmand: Bind, Robind, Riarbind, Sibc^\ Dibc ",
Deichrind^, Umal, Cumal, Cial]glind9. It é c//jlennaig ata
dech fil isin domon. Dofoethsat'" nôi [lijdeichenbtJr Ico, 7 fer
cech airm, 7 fer cech hr, 7 maid/à/ cach fer dib" buâid rig '-' nô
airig dib^rge, 7 immaricfa clûd d6ib'> iarom asind orgain, ar
bid imguin friscdth'^ imguin f/iu. Gênait 7 ni génaiter'5, ûair
is a sid'^ dôib. Mairg iûras in n-orgain cid dâig ind nonhulr
sin [nammà] !
Ni cz/nicid'/, îor Ingcél. ncla {ciiiDiid àofovtecat. Ocus iarsni
cia acca and ? »
77';' Rooni of ihc Pipers.
S^. Therc I hebehl a rooiii luilh iiiiie iiien in it. Hair fair and
yellow was on thein : they ail are equally beautifnl. Mantles spec-
1. inti YBL. innti H. innti II.-.
2. comailli YBL. comailliu EgJ. comaillc comcrotha, H.
3. brcclaf/j/na H. St. brcic liga YBL. brecligdai H. 2. breclachtai Eg.'.
4. Samail YBL. 97^ 35.
3. dorochtatar St. YBL.
6. Nibe H. YBL. Ribe St. Ribi I-g.i.
7. Tibe St. Dibi H. Tibi Eg.i.
8. Dcchrid St. Deichrid Eg.'.
9. Ciallgrinn YBL. Cialglind St. Eg.'.
10. Doihoetsat St. dothaedsad YBL Totaetsat H. Tothocths.u Eg. 1.
11. For 7 fer ... dib H. lias: ina o'/cuinnsgle 7 niaoidtit
12. H inscris : no righdamnai : St. m rigdomna;, H. 2 110 righdanilina,
Eg.' 110 righdhamhnac
13. H. inscrts : cidat crechtnaigûû
14. sgaiho H. scaitEg.'.
15. genither YBL. genaitlit-r Eg.' gcnfaitlicr H. 2.
16. sidhuib H. sidaib St.
17. cumgc H. c»mgid St. c«mcit Eg.'.
1 84 Whitley Stokei.
hied with cohmr ihey luore, and abave thcm ivere ninc hagpipes,
four-iiined^, ornaviented. Enoiigh lighl in the palace were ihe orna-
nicnt on those four -tuncd pipes. Liken ihou theni, 0 Fer romain. »
« Easy for nie to liken theni y), says Fer romain. « Those are the
tiine pipers ihat came to Conaire out ofthe Elfmoiind of Bregia, be-
caiise of the noble taies about him. Thèse are their names : Bind,
Robind, Riarbind, Sibè, Dibè, Deichrind, Uniall, Cumal, Ciall-
glind. They are the best pipers in the world. Nine enneads will
fall before theni, and a nian for each of their lueapons, and a nian
for each of theniselves. And each ofiheinivill boast a victory aver a
kifig or a chief of the reavers. And they will escape from the Des-
truction; jor a conflict with theni will be a conflict ivith a shadoîv.
They u'ill slay, but they will iiot be slain, for they are out of an
elfmound. Woe to him luho shall wreak the Destruction, though it
be only because of those nine!
« Ye cannot n, says Ingcél. « Clouds of ivcahiess come to
xou »^ etc. « And a fier that, zvhoni sawest thon there? »
Imda t//^sig teglaig CoUAUii
85. Atchon?/^7;r and imdai 7 ôenfer inti. Mael garb - ïor
SLiidiu'. Cia4 focerta iniach fi'aduball ftv a mail 5 ni fochriched^
ubuU dib îor Idr, acht no giuglad" each ubuU (or a finna. A
brat rolômar taris isin tig. Cach n-imresain bis isin tig im
SLiidiu nô ligi^is in[n]a réir tiagait9 uli. Dof6ethsad^° snat|h]at
isin tig ro ccchlastai a totim intan labrasbcos. Dubc/;rand môr
uaso, cosmail fri mol mulind cona sciathaib 7 a chendraig" 7
a irmtiud^-. Sam^/7/t' lat, a Fir rogain, insin.
1. This seems to refer to the tuning ofthe chanter, of the two shortcr
reed drones, and ofthe longcst drone, four in ail.
2. hgarb St.
3. sic YBL. siiiu St. Kg.', suidi LU.
4. o YBL.
5. muil YBL. St. môil H. nihuil Eg.'.
6. foichread YBL. foicridh H. Eg.'. foichred St.
7. rogiulflJ YBL. no giulad H. St. no giugbJ Eg. '.
8. luide [Icg. luige) H. ligca Eg.'.
9. thiaga/7 H. tiagat Eg.2.
10. Dia faetsad, H. Dia foetsat, St. dia foetsadh Eg.'.
1 1. cendairg Eg. ' .
12. irmitiud St.
Tlu Dtstiuctiori of Dû Deiga's Hostel. 185
77.'i' Rooiii of Couairc's Majordomo ' .
S). " Thcrc I saw a ivoiii zrith oiir iinvi iii il. Roni^h cropl
hair iipoii hiiii. Thoii^h a sack of crah-applcs shoiihl Ir /linii^ 011
his bt'ihi, iiol one of thciii icoiild fall ou thc Jloor, but cvcry applc
wouhi slick ou his hair. His flcccy inaulic tuas ovcr hiin iii ihe
housc. Evcrx quancl ihcrciu ahoul scal or hcd coincs to his décision.
Shoiild a necdlc drop in ihc housc, ils fall luoiihi hc hcard 'when he
spcaks. Abùve hiui is a hu^c black Irce, likc a uiillshafl, luith its
pûddlcs and ils cap(?) and ils spikc. Likcu ihoii hint, O Fer ro-
main ! »
86. Ni ause damsa 611. Tuidle- U\ad insin, rcchtaire te-
ghiii; CoiL\ir\. IS écen aurthuasacht a brQlk'' ind tir sin: fer
fo//nic suide 7 lige * 7 biad do chach >. IS i a lorg theglaig foil
ûasa. Feis libsi^ in fer sin. Tong/< a tougcs7 mo thûath, bit lia
[a] mairb leis na horgni^ andâte^ a mbi. Tothàethsat '" a thri
comlin" lais, 7 dofiieth féin and'-. iMairg iuras ind orgai)i'\
7 r/.
Ni c/zmcid '•*, (or Ingccl. Nek fem/J dofor/m//. Cia acca and
iarsin ?
S6. « Easy for uic is ihis. Tuidh' of Ulaid is hc, ihc steward of
Couaires househohi. 'Tis nccdful to hearlrii to ihe décision of that
niau, ihe man thaï ru les seat and bed and food for each. 'Tis his
household staff that is above hiui. Thaï man zvill fght îcilh yon. I
1. Cf. thc \VeIsh/)t'« -/('//«.
2. Taidlc YBL. ()j^ i St. Toigli H. TaidleaEg. '.
3. brctlii YBL. bretliri H.
4. luighe H. luigiu Eg.'.
5. H. adds: isin tig, F.
6. flicth lipsi, H. feth libsi YBL. tx^d libsi, St. foed libsi Eg.'.
7. toingti H. toinges St.
8. orgain, St.
g. oldait H. andata YBL.
10. Dotaelsat H. totoctsatt Eg. '.
11. chomlond. St. YBL.
12. 7 dotliactli and fodcisin YBL. 7 dotaet anii fodesin H. 7 tctoetad and
fadeisiti Hg.'.
15. H. inscrts : cit daig ind hr sin.
14. ciiunicait St. c/micait Eg.'.
Revue Cellitjuc, XXU. 13
i86 Wliitley Stokes.
siuear ivhal ni\ Iribc swcars, thc dead al iJ)c Destruction (slain) hy
hiiii will hc iiioir niimcrous ihaii thc Jiv'nig. Thricc bis iiiinibcr
u'ill fall h\ hiiii, and hc hiniscif will fall thcrc. Woc to him who
shall wrcak thc Destruction ! etc.
« Yc cannot », sa\s Im^ccl. « Clonds of wcakiicss coinc upon
you. What saïucsl ihoii ihcrc aftcr ihal? »
Imda Maie œciit cathmiled Con.WRE.
87. Aiconiiarc :ind imJac n-aile 7 tn'nr indi. tn muil' mi-
drccht-. nioah^ dib in mael medonach. Mûad-blosc bnicnacli,
bairend-chorp'K bàirncch, bcimiicch, balc-buillech 5 benas ar
m)/cétaib hi caih-c[h|omlond. C/andsciâth odoriarndac^'fliirco
mbilchotat"co7;dùalaf();'sa*^ talla certchossairccthri ndrong ndc-
chenbair ndedbol for atairsciu tharlethair'^. Taul fair fortrcnd,
fodomain cairi '° choir chutr//mmae cct[h]ri^' ndam, tollchri'iis
toUv/bud '- im cheth[e]ôra '5 mucca midisi inna midchrôes môr-
thaltu. Atàt f/ia di n-aircliind n-airidi dî noc chûicsesscliuracli
cuti7/;/'/niae dingbàla tri ndrong ndcchcnbair '^ [LU. 89^'! ccch-
tar a dd trènchoblach.
Gai laiss gormrûad glacthomside (or a chrund comaccmaic.
Ro saig iar traig (or clethi A';/id tri talmain tairissidar. Foriarnd '>
fliir diibderg, drûchtach. Cclhri traigid tronithomsidi''' cter a
dan(ao)g imfàebair'7.
1 . môil H .
2. midrech St. Eg.'. mirdeacht YBL. midre(7.'/ U.-.
3. nioam YBL. H. Eg.'. môam St. moom H.-.
4. Bairennchoir l\.-.
5. H adds: lais
6. iarnaidi St. iani.u YBL. iariuiidi H. iarnaidc Eg.'.
7. coihat LU. chotut St. YBL. codât H.
8. forsna YBL.
9. tarrlethinV H. thairlcthair. St. lairlctair Eg.'.
10. core côi[r] coUnlKjyc H. choiri YBL. coiria Eg.'.
11. ccitheorai H. ccitliri YBL.
12. thoUbc/biid, St. tolllv/botli H.
15. cetlieora YBL. ccthcorai H. tcorai Eg.'.
i.\. H. adds ndcdbi;/-
15. Fail iarn, H. fiiil iarnn, St. Eg.:.
16. trethoimsidi YBL. trctoimsidc St. trotomsidc Eg '.
17. it(T a dana ogh iinthaebuir YBL. eter a di n-ua^ des n-imfa'.-b«/r H
iter a da naug imfaebair, St. itt/- a da n-ug iniibebair Eg. ' .
The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 187
T/iclia traigcd tronithoinsiJi in[ii|a ■ chiid////' glondbcimncch
o cliibdc[ijs co iarndord -. Tadbat tûidic tcnridi t()/c)snac 'l'ech
Midcluïarda o clcithib co talniandae^
Trcnccosc adchiii '. [Bccc] nach imrala> l'iathbàs oc ini-
caissiû'^ in trir sin. ni fail ni bas dccmaicci ~.
Dias niâel and sin ini fer co folt""^. Dà loch ini sliab ">> : da
seclii"'im rolaig'': dà nôine'- hina de dclgib scîach ior roth-
chomlai'' occaib, 7 is cosniail limsa fri côelglais'i n-usci'»
f()/-sa"^ taitni grian 7 a trcba;/'" ûadi sis, 7 scchc i n-ecr//.s' '*^
iarna chul, 7 turi '9 rigthaige co ndeilb làgin nu')ir uassac.
Dagcre cuinge sesrige a c/'and fil indi-°.
Samaillc lat sin, a Fir rogaiii}
The Rooiii of Mac ccchi, Coiiaiir's haltlc-soldicr.
Sy. Therc I bchehi niiolbcr rooni luilh a Irio iii il, thnr Ini/J-fu-
rioiis-^ nobles: ihebiggest of theni in ll.'e niidcile, irrx iioisw.., roek-
hoiiieii, (lu^ry, sniiling, dealiii^ strong bJoivs, zvho beats niiie Ijiiii-
dredin battle-coufliel . A wooden shield, dark, covered zuilh iroii, he
bears, wilh a hard ... ri ni, (n shiehl) -u'hereon woiild fil lik' proper
liller ofj'onr troops of len zueaklini^^s on ils ... of ... lenlljer. A ...
1. ina H. inna St.
2. iarnorn YBL. iarndornn, St. iTiarndornn M. hiardornn Eg.'.
3. talmain St. Eg.'.
4. trcn a ecosc atciu H.
5. Bec nac/;amraloi H. Becc nach imrala YBL.
6. imchaisin St. H. Eg.'.
7. dccmuccu, St. Eg.'.
8. fuit YBL. St.
9. YBL. 97'' 51 iiiserts: do drumcla tuindi tulguirmi. Ainl St. dadrumchhi
tiiindc tiilguirme.
10. scchid St. scichi H. 2. scichid Eg. '.
11. Ni uil ni bus decmaici dip indas in dias macloi sin imon (cr co folt.
Da loch im ral((/V, da shcichi(/ im hsl/o/' H.
12. noi H. noeinc Eg.'. YBL. noci St.
13. for rothconiloi rigthigc. H.
14. cloenglais St. caelglais YBL.
1 5. n-7/5cide H.
16. f>isi H.
17. srcban IL St. Eg. ' . trcban YBL.
18. in incchrus St. in inccras Eg.'.
19. tauri YBL. St. tairiu Eg.'.
20. inntci H.
21. inid-rccht lit. « of half-furics ».
1 88 Whitley Stokes.
hoss Iht'iroii, thc cicplh of n cnhhvii,Jjl lo cooJc four oxcn, a hoUaw
iiiaîv, a forçai boiliiii^', with four swiih' in ils iniJ-iiuiu' j^rrat... At
bis lu'o siiioolh siilcs tire two fivc-thwnrlcd hojisjil for thrcc parties
of teii in cach of bis iivo slron^ fJeels.
A spear be batb, blne-red, band-fillinf^, on ils puissani sbaft.
Il sirelcbes nloiii^ ibe ïujII on ibe roof and resis on ibe j^roiind. An
iron point upon il, dark-red, drippin^. Fonr auiply-incasurcd feel
helween ibe two points of ils edi^e.
Tbirty ainply-nieasiired fcet in bis dcadly-slrihini^ sword front
dark point to iron bill. Il sbews forlb fiery sparks zcbicb il! a mine
ibe Mid-coiirl House froin roof to i^ round.
('Tis a) sirong countenance tbat I see. A swoon froin borror al-
niost hefell mewhilc staringal ibose tbree. Tbere is notbing strangcr.
Two tare bills zuere tbere by ibe nian witb bair. Tiuo loiigbs
b\ a niounlain of tbe ... of a blue-fronted luave : two bides by a tree.
Two boats near tbeni full of tborns of a lubile tborntree on a circular
board. And tbere seems to me (somewbat) like a slender stream of
waler on ivbicb tbe sun is sbining, and ils trichle down front it,
and a bide arranged bebind it, and a palace bouse-posi sbaped like
a great lance above it. A good weigbt of a plougb-yoke is tbe sbaft
tbat is tberein. Liken iboii tbat, 0 Fer rogain!
88. Ni rt//^t' limMi s.xmail, [ior Ver rogain. — H. Eg.^] M</c
cecht mac Snàidi teichid ^ insin, cathmilid Conairc maie Eiers-
ceoil. IS maith in lâech Mac cccht. Inn.i thotam 5 chotulta ro bôi
flicn inna imdai intan atrlio^/narciiissiiH. In dias mael im fer
co toit' atr('//narcsu, it c a dà glun imma clicnd. In da loch
im sliab'' aicondarc^ [ann, St. | at c a di sùil imma srôin. In di
sechi^"^ im rolaiii9 aicondarc it c a dà n-o imma chend. In dà
1. damsoi H. damsaSt. Hg.'.
2. tlieiched YBL. mac snoidti sciclicd H. tcged St.
3. toihom. St. tatham H. totliuiii Hg.'.
4. atcondairccsu. St. atiho/marc siu YBL. dtcoinvircaist: H.
5. fuit St.
6. Tàlaig H.
7. adchondarcaisi YBL.
8. seichid St. seicid Eg.'.
9. shliab H.
Thi- Destruction of Dû Dcrfia's Hostcl. 189
côicscis[c//;'ach ' — YBL.] (or rothchomlae- atcoiidarc at c a
(Ji hrôic f('/' a scfath'. In côelglais • uscn at("('//d^7;r r('r[s]a taitni'^'
g/lan 7 a ti\l\i//7 l'uidi sis iss é brccht/ad^ a claid/7' siir^ In
tseclic i n-ccriis "■■ atn);/d(//r lîl iarna clu'il is î truaill a claid/7'
insin. In tnri rigthigi AUwidnir is i a làgin soin sin da;/(>, 7
cressaigtili " sconi in gai sin co comraicct a da n-ind, 7 do-
léice aurchur a riada'-di intan as n-ail dô. Is maith in laecli
Mac ceclit ! '^
SS. « Eiisx, iiit'sci'iiis, to liki'ii hiiii ! That is Mac cccht son of
Snaide Tcichid ; Ihc hatlle-sohiicr of Coiiairc son ofEtcrscc'l. Good is
thc hcro Mac ccchl ! Siipine bc luas in bis rooui, in bis slccp, ivbcn
tboii bcbcldcst bini. Tbc liuo harc bills ivbicb ibou saïucsl hy tbe inan
witb bair, tbcse are bis tiuo knecs by bis bcad. Tbc hvo longbs hy l/jc
moiintain ivbicb tbou saïucst, ibese arc bis two eyes hy bis nosc. Tl.'c
tîuo bides by a tree ivbicb tboii sawest, tbcse are bis two cars h\ bis
head. Tbetiuofive-tbwarted boa t s on a circnlar hoard, lubicb iIjou
sau'cst, tbese are bis two sandals '4 on bis sbicld. Tbe slcndcr slrcani
of luater lubicb tbou sawest, lubereon tbc s un sbincs, and ils Iricklc
doiun froni it, tins is t])e flichcriug of bis sivord. Tbc bide lubicb tbou
sau'cst arrangcd hebind bini, tlmt is bis sword's scahhard. TIk pa-
lace-bousepost lubicb tbou. saïucsl, tbat is bis lance; and bc hran-
disbes ibis spear till its two ends niccl, and Ijc burls a u'ilful (?)
cast of it wben bc pi cases. Good is tbe bcro, Mac cecbt ! »
1. cuicsescumc/; H.
2. for rothcomloi rigthigi H.
5. H. inserts: in[d.i| dromclo tuinnc tulguirmc A\.cou>iarcaiscA\. iat a da
mhalaigh core cutromoi tarsnoi a gn/^e dergi dathaillc.
4. claenglais St. Eg.'. chaelglais VBL.
5. uisgithi H.
6. frisi taitnc H. fc/sataitnc St.
7. sreban H. Eg. '. trebain, St.
8. mbrechtrad St. mbrcctradh Eg.'.
9. insin St. Eg.'.
10. inn ineoas Eg. '.
11. i. e. crcisaigilh -I- /, literallv <f brandishes it ». So cressaigtti-e and gaJ}il:-
ai. In ni cliotl-ai 7 ni loingtli-e 1 92 infra, the affixed pronoun seems in the
nom. sg.
12. a riara St. a riara YBL. 98». a riarai H. Eg.'.
15. YBL. 98a 5 adds : IN da drumcla thuindi tiilguirini atciiondaircw and
it iat a da malaig choiri ciiulriimae tarrsnii a gnuisi dcirgi dathailli.
14. Hencc we may suppose that the /'; de or .sandal iicrc rcfcrrcd to was
lastencd to thc foot by fivc transverse straps or thongs.
190 Whitley Stokes.
89. Tothàctsat ' se clict ina chctch/miscliu hiis, 7 fer cach
airni dô, ccnmothà a fer fodessin -, 7 roy/rainti^ comgnim
Oi cach n-ôenier isin Bviuliii, 7 niaiclfid buâid rig-» uô airig di-
h(Tgi ar dovus Brud//c. Cktis iminàricia élùd dô cid c/echt-
naij^the^. Ociis intan iinmàricfa dt'/' tuidccht f'/aib asin tig/,
bit lir bc)|ni|niand ega 7 fér fer faicli'.lii 7 rcnna ninie f »/• leth-
chind 7 ior letliclocind 7 càipfc/' n-incindi 7 f'r cnàmradach^7
dâisse do ior n-apaigib combrutib9 laiss iarna scàiliud do lô na
fuithairbi'".
S(j. « Six ]}it)idrcd will fa II h\ hini in bis fusl ciiroiiiitcr, and
a man for cach of bis ivcapons, bcsidcs a nian for binisclf. Ami
bc u'ill sharc prawcss luilb cvcry oiw in Ibc Hosicl, a.id be will
boasl of trinnipb avcr a king or chief of thc rcavcrs in front of tbe
Hosicl. Hc U'ill cbancc lo cscapc ibougb luonndcd. And irbcn bc
sball cbancc lo conic npon you oui of ibc bouse, as nunuious as
bailsUvics, and grass on a grccn, and slars of bcavcn will hc \our
clovcn bcads and skulls, and ibc dois oj \our hrains, your boncs
and Ibc bcaps of your bou'cls, crusbcd hy bini and scaltcrcd ibrougb-
oul ibc ridgcs. »
90. Techit" iarom dar téora fuithairbi '- la crith 70111011
Maie cecht.
Gabsait na haittiri eiorro aOi.si'3 .i. Ger 7 Gab/<;' 7 Fer ro-
oain.
1. dotactsat H. Tothactsa[t] St. Totoctlisat Eg.'.
2. fesin H. fodcisin Bg.'.
5. conroinnfc St.
4. 7 maoithfith bùaith rig no rigdamnoi H. 7 maidli biiaid ng 110 rig-
danina, St. 7 moidfid buaidh rig (no rig)danniai Eg.^.
5. crechtach St.
6. 7 intan immàricla clûd cid crcclitnaigtiic LU.
7. 7 intan imaric/i? do tuidct/.»/ foraib isin tig, VBL. 9S-> 10. 7 intan inia-
ricfoi dô toidiv/;/ (onùh aniach asin tigh, H.
8. cnaimrcthach YBL. St. H. Eg.'. cnanibruglu H.-.
9. combrutliaib YBL. combruithib St. miono mionbruidlitci, H. com-
bruiti IL^.
10. fuithribi YBL. \\.-. tuthuirbip IL fLiithrib St. tuitiibiu Eg.'.
11. Teichsitt H. Tcigsit St. YBL. Tcigsid l'g. : .
12. foitli;ibi YBL. St. futhurbe H. fuitnbca Eg.'.
15. afVit(h)isi YBL. alVithisilL
The Destruction of Dâ Dt7t,M'5 Hostel. 191
Mairg iuras in n-ovi;ni)i ' ! (or Lonina dndh. F/'iscichset (or
cenna dib.
Ni ch/nncid-, (or Ingcél : ncla feniiii/(/ dofor/fVr// >.
Ango [LU. S<)^] d:\iio, a Ingccoil, (or Lonina mac Duind
Dm : ni deit ntà a domai//t' na org;/t'. Mairg damsa ind or-
gain, ar bid hc cctchend rosia i mBriu//;/ mo ciiend-sa.
IS andso-* damsa, or IngaV, is i mo orgain doruidcd and.
Ango da//(', (or Ingccl, atm-bia basa lecht bas briscem a[n]d>
yrl^. Ociis iarsin cia acca and ?
90. Thcn zuith trcinbliiig ami tcrror of Mac cccht Ihey flce over
three riiigcs.
Thc\ took thc plciigcs aiiioiig ihcni aga'nP, cvcii Gcr aiui Gahur
and Fer regain.
« Woc lo bini ihat shall ivrcak ihc Dcstntclion! » says Lomna
Dr ni h : « your heads luill départ front you. »
« Ye cannol », says Ingcél : « cloiids of weakness are coining lo
you » etc.
« Trtie indeed, O Ingcél », says Lonina Drilth son of Donn
Dcsa. « Not unto thec is tbc loss caused by the Destruction. Woe is
me for the Destruction, for tbcfirst head tbat zvill reacb tbc Hostel
lui H be mine! »
« 'Tis barder for me », says Ingcél : « 'lis my destruction tbat
bas been ... tbere.
« Truly tben », says Ingcél, « tnaybe I sball be the corpse tbat '
is frai lest tbere y>, etc.
And afterivards wboin sawest tbou tbere? »
1. YBL. adds: cid daig ind ocnlir sin. St. adds : cideg ind ocnfir sin.
Eg. 1 adds: gid daigh in ocnfir sin, Kg '. H. adds : cith dcg ind oinfliir sin
nama 7 ara leceth 7 ara fcb»5.
2. ciiimge H. c;micid St. YBL. ciniick Eg. '.
3. dotccat St. totecutEg.'.
4. annsu YBL.
). bas briscem lurcu mais YBL.
6. ni dct domaine na horcne. Mairg 7rL IS annsai damsai is mo ccndsai,
is mo cendso ccta-imcliocc/tar ann iarsan uair cUr fc/stip carpul ait a com-
ruicfu d'ydhtilnâmait À. lociceiuir isin mhriiJiii co bho tri 7 dofoc<?rtliar esti
co bo t/i, etc. H. and (with trifling variations in spclling) St. and Eg.' ut
supra.
7. sec i 46 supra, p. 47.
192 Whiilcy Stoka.
I.MDA Tii wac G'//.\iKi-; .1. Obai.l 7 Obi. in 7 Corp/t
91. Auviiddic and iiiui.ic 7 t/iar inti .i. tri niÔLthôchiig, 7
t/i bruit sirccdai impii. 'l'éor.i hrctiiassa ôrdai inna mbrattaib.
Tcora monga ûrbudi tc'raib. Intan folongat abairbthiu ' tac-
moing in mong orbudi dôib co brainc a n-inidac. Inbuid co-
)iôc\\n a rose - rc/zôcaib in toit ^ n';/nàch isliu rind a n-i'iac '.
Cassithir rethe copad. Côicroth 6ir') 7 caindcl rigthigc ùas cach
ae. Nach duni fil isin tig artaccssi^ S'-"-''' 7 r^iiîiii 7 brctliir.
Sanirt///(' lat [sin| a Fir n^v//// |ol IngccY — IL]
The Rooni of Coiinirc's thrcc sons, Oball and Ol'lin and Corpir.
pi. « Thcrc I Ih-I.h'ld a rooni ivilh a Irio in it, la ivit, thrce
iendcr siripJings, wcar'uh^ thrcc silkcn nianlh's. In ihcir manllcs
ivcrc ihrce golden hrooches. Thrce golden-ycllow niancs wcrc on
ihcni. When ihcy nndcrgo hcadcleansingf?) Ihcir gohkn-yelloiu
niane reaches thc edge of thcir haunches. When ihey raise their cyc
il mises Ihe hair so ihnl it is not hiver than thc tips of their cars,
(and it is) as cnrlv as a rani's Ijcadf?). A... of gold ami a
palacc-fiainbean above cach of tijcni. Every onc icho is in thc honse
sparcs tljcni, voice and deed and luord. Liken tijou that, O Fer ro-
gain ))_, says Ingcél.
92. Rochi 7 Fer rogain co mbo Hiiich a brat (or a bélaib^,
7 ni hctas'' guth assa chind co t/ian aà haidchi.
A bcccu'", or Fer rogain, is deithbi'r dam a ndognîu !
Oball 7 Oblini 7 Corpn Findmôr^', tri maicrig Herend insin.
1. abairbtc H. abairbtiu H.- Eg. '. aiiibarthiu Eg.
2. riisco H. riisca Eg.'. roscc Eg.
5. rofolt YBL. folu fandclcclitach forôrda Eg.
4. a n-o H.
5. cuic roith n-oir, \lg.'. .u. roith ôir Eg.
6. ardoccs H. artaceisi YBL. Eg.'. artaircisi Eg.
7. Ro chich St.
8. See the Acallam iia Senôiinh (Ir. Tii\te, IV), U. 1521, 1952, 2859,
3266. 3579, and cf. the Iliad, IX, 570: oîjovto o: oi/.yjrs: /A) -.t..
9. fêtas YBL. etas H. hct»j- Eg.
10. bccco YBL. becoi H. bccu St. Eg.'. bcclui LU. baechu Eg.
1 1. Corp/i' nviic YBL. Corpri musc St. Coirprc musc St. Carp/v Mûicc Eg.
The Destruction of Dâ Dergas Hostel. 19;
Ron-ni.iirg masa fir in sccl ', ordat maie Duind Dc.ut. IS
niaith in t/iar lil isind- imdài. Gnâsa ingcn nir/cd.icht Ico,
7 c;idc bràthar, 7 gala iiiathganina, 7 brotha Iconiaii \ Cach
ôen bis ina ngnàis 7 inna Icpaid ni clunlai 7 ni loingthc ' [hi
sâniaij co ccnd nomaidc, iar scarad iViu asa > n-ingnais. It niathi
ind aie ina n-âcs! Dothâetsat^ tri dechenbâir la cach n-ai dib
ina cctcliuniscle7, 7 fer ccch airm, 7 a tri fir fcssin. Ociis do-
fâeth in très fer dibseoni and. Mairg iuras in n-orgain fôbitbin
in t/ir sin*^ !
Ni c/zmcid, fcT Ingct'/; ntla (ciiiiiiid t\ofo)tccat, ~c. Ociis cvi
Ail a iarsin ?
5?2. Fer romain ivept , so ihat bis niant le in fronl o/ hini becaine
moisi. And no voiee was gotlen ont of bis bead till a ibird of ibe
nifiht (bad passed).
« O Unie oiies », saxs Fer roi^ain, « / bave t^ood reason fv
u'bat I do! Tbose are ibree sons of Ibe king of Friii : Oball and
Ohline and Corpre Findinor. »
« // ^^rieves us if ibe laie be trite », sax Ibe sons of Doiin Désa.
« Good is ibe trio in tbat rooni. Manners of ripe niaidens bave
tbey, and bearts of brotbers, and valours of bears, and furies of
lions. Wbosoever is in ibeir conipanv and in tbcir coueb, and parts
front tbeni, be sleeps not and cals not al ease lill ibe end oj uitte
days, front lack of ibeir coinpanionsbip. Good are ibe youlbs for Ibeir
âge! Tbrice ten luill fa II bx eaeb of Ibeni in ibeir Jirsl encounler,
and a nian for eaeb lueapon, and ibree inen for tbeinselves. And
one of ibe ibree ivill fall ibere. Becatisc of ibal trio, ivoe lo biin tbat
shall lureali tbe Destruction ! »
« Ye cannot », says Ingccl : « cloitds of lueakness are coiiting lo
y ou etc. And wboni saïuest ibou aflcnuards ? »
1. Romairg masarsccl VHL. Ronniairg niasa iir a mbitli and, Eg.
2. isinii YBL. isin H. St. insind LU.
}. leomain YBL. brotha loiina leoman Eg. Hcrc anotliL'r Licuna in W.
4. loi//gi hi s.ima; YBL. loiigje hi sanic'E St. ni longai hi sainiea Eg.'. ni
fOKtuil 7 ni loing for congain cridhc, \\.-. ni cotail 7 ni loing i s.ime Eg.
). ara YBL. St. ar ihgnas Eg.
6. Totoctsat St. Totactsat Eg.'. Totactlisat Eg.
7. cétcumschu St. Eg.'. cetc/nnscH YBL.
8. 7 dothoct dias dib and. Mairg iiirrt^ in n-orcHm cid fobith na deisi
sin! YBL. 983^2. 7 totoctsat dias dib ann. Mairg etc. St. Eg.'.
194 Whitley Slokcs.
ImDA NA l'OMORACH
93. Atù';/d</;c and inidac 7 t/iar inti .i. t;iar ùatlimar anc-
targnaid trcclicnd'.
T;i fothucht foniôrach nad ndclb duinc nduiiicgin
f('ra ndrcich du|a|ichni- diulatliar
rodalcr lond lathrastar
laiiohcnd t/i lorg linliaclach
o urbél co ûac >
rcchtairc miiad-* muintcr ccr/; cétglonnaig
claidib t/'i slûag sclgatar
rosélt ar5 borg mbùrcdach^'
BrLu///t' Da Dergae turchoniruc.
Sàmaillc lat [sin,] a Fir rogahi.
The Rooiii of ihc Foniorinns.
<)). I hchcld ihcre a room wilh a trio in il, lo icit, a trio hor-
rible, iinbcard-of, a triad oj champions, etc.
Likoi ihoti ihat, O Fer roijain?
94. Is aiidsa damsa a samail on. Ni fet///'sa di feraib Hc-
rcnd nach di feraib betha, manip c/' in triar thuc^ Mac cecht a
tirib na l^'omôre ar galaib ôcnfer9. Ni f/ith do Fom6rib'° fer
do chomruc (ris, co tucc [LU. 90*] in t/iar sin l'iadib, awda-
til hi tigG'//a/re hi ngiallnae nar' coillet ith na blicht i nHcrind
1. trecheann YBL. trccenn Hg.i. trcchcnn St. = trcchcng, as to which
sce Fcl. Oeng. Sep. 16 and gloss. I leavc untranslated the rcst of this para-
graph, as I understand only a few words of it. In the ms. the nine Unes
are not divided. AU save tlie fifth end in a trisyllable. For the readings of
Eg. see Appendix.
2. duaithni YBL.
5. aua St. Eg.2. uoe YBL. This scems to mean that the Foniorians had
three rows of teeth cxtending from mouth to ear.
4. niuaid YBL. St. nuiaidh Eg.'.
y. ar YBL. rosehar St.
6. brog mburcthach, St. Eg.i. borg nibuireadach YBL.
7. nianid ial St. mainidh iat Eg.'.
8. Hère relativity is expressed by « aspiration » of the /. dasfiic Eg.
9. enlir YBL. ar galaid oenfer St.
10. Li Fonioiri YBL. Eg.'. la Fornore St. Eg.
Titc Dcsliiiction of Da Dcrga's Hostel. 195
tar a câin tcchta ccin bes' Coiiiiirc hi llaithi/^f-. IS dcithlvr cid
grain a n inkuissiip. T/i Uiirg fiacal ' o lu'ii diarailiu inna
cind». Dam co tinniii iss (-i/ niir(.i. cuit) cacli lir dib, 7 is ccna
in niir shi dobcrat inna nibcolo co tcit scch a n-inilind sis.
Cuiinni chnània (.i. ccn ait intib) uli in t/iar sin. To//<;//'^' a
toing('.uno ihiialh bit lia a niniairb Icn na org/zc" andàta a nibi.
Toth[o]ctsat^'^ .vJa'/lacch Ico inna cetch/niiscli^, 7 fer ccch airni,
7 a t;iar fcssin, 7 màidlït bûaid rig iià airig dibfrgi. Ociis ni
bâ mô ;/() 6 mir //ô 6 dùrnn jiô o lùa^" mair[b]fcs cach fer léo.
Dâig ni léicttr airm léo isin tig, uaire is in n-giallnai " 1/i
tVaigid atà[a]t'-, arnâ dcrnat midcnom issin tig. Tongii a tongc.f
mo th//<///.'^ dia mbeth^j gaisccd ft^raib arnonsligfitis cot/lan'i.
Mairg iun?^- in n-org^?/// fo ndaig ! ni comrac fri scguinni'j.
Ni ch/nncid, for IngaV^ 7rl. Octts iarsin cia acca and?
<?^. « 'Tis hard jor me la likcii ihal (trio), Ncilhcr of ihc iin'ii of
Eriti iior of ihc mcn of thciuorld^^ do I kiioiu il, iinlcss il hc iIk Irio
thaï Mac cccht brought ont of Ihe land of ibc Foinoriaiis l'y dinl of
duels. Kot oiic of the Fomorians was fourni to fighl hini, so hc
broiighî aiuay thosc thrce, and they are in Conairc's bouse as sureties
ihat , u'bilc Conaire is reigning, the Fomorians destroy neither corn
nor niilk in Erin beyond ibcir fair Iribute. Well niay iheir aspect
bc loatbly! Three roivs of teetb in tbeir heads from one car to ano-
ther. Anox luilba bacon-pig, this is the ration of eacb of ibem, and
that ration which they put inlo iheir months is visible till il comes
1 . tar in cain tet7;/ai ccn mbcs Eg. 1 .
2. flaitlî YBL. rigi. St. richiuEg.'.
3. n-imchaisco YBL. n-imcisiu St. n-im:aissi W.-. n-imchaissin Eg.
4. fiaclai YBL. Eg.'. fiaclai St. d'fuiclaibh H. 2.
5. 6n chlùais co 'raile ina cennaib W.-. ônn 6 co araile Eg.
6. Toingim St.
7. ond orgiiin YBL.
8. Totôethsat St. Totoettsat Eg.i.
9. Cf/chunscléo, St. ci'/cliuinnscleo Eg. 1.
10. Ocus ni ba mo mir na dorn no lau YBL. 7 ni ba mô mi'r ina dorn na
lau St.
11. giallu YBL. is i ngiallai St.
12. ataat St. YBL. l'^g.'.
13. Toingim do dia a toingcs mo thuatha dia mbcith YBL.
14. Eg. ' adds: an tsluaigh
15. scganna YBL. seguinne St. Eg.'. scgunnu l:g.
16. i. c. the Continent of Europe.
196 • Whiliy Slokcs.
doivn piist tht'ir iinirls. Bodics oj bouc (i. e. icithoiit a joint in
iheiii) ail ihosc thrcc havc . I siucar u'hal in\ Iribc siuears, more u'ill
hc killcii by iheni ni thc Dcslritclion ihiin ibosc ihcy Icavc alivc.
Six hundrcd zvarriors ivill Jall by ihciii in ibcir Jirsl conjlict, atid
a nian for each of iheir iveapons, and onc for cach of ihc ihrec ihem-
selvcs. And tbc\ ivill boast a trinniph ovcr a king or chicf of Ihc
rcavcrs. Il luill noi be niorc tban wilh a bilc(?) or a bloiv or a kick
ihtit cach of Ihosc nuii ivill kill , for no amis arc allowcd theni in ihc
hoitsc, sincc thcy arc in « hoslai^H'ship al Ihe ivall » lest thcy do a
niisdecd ihcrcin. I siucar ichal ni\ Iribc siccars, if lhc\ had arnionr
on Ihcn, ihcx îvonld shix us ail bal a Ihird. ll'oc lo hini ihat shall
îurcak Ihc Dcslritclion, bccausc il is noI a combat a_i^'aiiisl slni^-
gards (?)
(( }V cannot », says higccl de. » And u'honi saivcst thon ihcrc
a fier thaï? »
Imda Muxri;mar (.1. Maie Gkrrcixd) 7 Birdkrg waic Ruaix 7
Mail y\aic Thlbaikd
95. Atcondr//r and inidiie 7 triar indi. Tri dondtir môra,
tn dondhr/Ttha forai b : buind^ cholbthae remrae léo, remithir^
medon fir cach bail dib : t/i dondfuilt chassa fcraib co remor-
chind. Téora lenna brecderga impu, tri duibsccith co tûag-
milib ôir, 7 tcora slega coicrindni 5 ûasaib, 7 cliùdcb^ dct [il-
laim YBL.] cach fir dib. IS si rcb dogniat dia chidbib : tb-
cherdat 5 i 11-ardae, 7 focherdat^ na trualli ina ndiaid, 7 noda-
samaigeM/-/ isna trua////' riasiu thdirset talmain'"^. Fochcrdât
da/w na trual// 7 na daidbiit ina ndiaid, 7 atethdt9 na tru[a]l//
a)//da-samaigt'/rtr^'' impu a n-ocnur riasiu tâirset t^hnain. Sa-
mailtc \at si)i, a Fir rogaiii.
1. buinni. St. buindiu Eg.'. aie bondcolbthat; Eg.
2. rcimithir Eg. rcmir. St. reiniir Eg.'.
5. cuicrinde, St. cuicrindi YBL. Eg.'.
4. colg, St. colg.i Eg. cloidib YBL.
5. foscerd.id St. foscerdat YBL. toscertat Eg.'. focertat Eg.
6. foscerdat St. Eg. foavtat YBL. foscertat Eg.'.
7. nadasamaiget YBL. notasamaiget St. nodosàmaiget 1-g. rotasamaiget
na cLiif///' Eg. '.
8. talam YBL.
1.). adcthat St. Eg.'. atcthat VBL.
10. ûwidasa'iiaigc/ YBL. ci?»idsaniaigct St. conidh saniaigit Eg.'.
The Di-stniction of Dd Dcrgas Hosttl. 197
Thi' Rooni of Mtiurcniar son of Gencl)cnn ' ami BirJcnr son oj
Riian ivhl Mal son of Tclbami.
<;/. (^ I hclh'Jd a rooni ll.hir, luilh a Irio in il. Tiircc l'iown,
hig men, n'ili) lljrtr l'io'wn ih'iuis of sijort i.uiir. TI)iiJc caif-boltonis
(ankli's?) lijt'\ ijihi. As tljick as a nuvi's waist was eacl) of li.iciy
litnhs. Tljirc hraïun and cnricd niasses of Ijair upon lljeni, ivitlj a
ihick head : lljree cloalcs, rcd ami spccldcd, lljcy icoir : lin ce l>iad'
sJjïeids îuilJj ciasps(?) of i^oid, and lijree Jive-harhed javeiins; and
eaelj Ijad in hand an ivory-iniled sword. Tins is fijc feat tiny per-
forni witl) tijeir sivords : lijey tljroiv tijon Ijigij up, and lik'y lijroiv
ti)c scabbards after tijeni, and lije swords, l>eJ'ore reacinng tije
ground, piace tljeniscivcs in iIjc scabbards. Tl)en tijcy ti)row tije scab-
bards (Jirsl), and li?c swords after iijeni, and tije scabbards nieel
tije swords and piace tijonseives round lijeni before lijey reacij lije
ground. Liiien tijoii timt, O Fer rogain ! »
96. Ni anse damsa n samaii. Mal mac Tclbaind 7 Muinre-
mor mac Gerrcind- 7 Birdcrg mac Rûaiii'. Tn rigdaninae,
tri Idith gaile, tri Idich ata dcch iar cûl gascid i n-Her/;/i/. To-
thaetijsat-i cet lâech Ico ina cctchwmscliu, 7 cônroindfct > com-
gnim fri car/; n-ôenfer isin Brudin, 7 mïidjit buaid rig nâ airig
dii'erge, 7 immdricfa clûd dôib iarom. Nipu orta*^ ind orgr//;/
cid dâig in trir" sin.
Maii'lg] iuras in n-org<^//// ! (or Lom;/(7t': ba tcr|i| biuiid a
n-anacail oldâs hiuiid a ngona. Cénmair noda-anscJ ^, mairg
noda-géna9 !
Ni CMmthi'°, (or IngrJ/ 71'. Ocns cia acca and iarsin ? »
1. a compound likc P^ayjzisaÀo;.
2. Geirrgind YBL. Ergind St. Eirrgind Hg hnincind Et:
3. Ruaid YBL. St. Ru.iid Eg. Ruai'dli Eg.V
4. Tothoctli YBL. Totoet St. Eg.i. Dotdcth Eg.
5. fO)/araiiidfct YBL. conrainlet St.
6. Nib iurlha YBL. horta St. Eg.i.
7. triair St.
8. 110 da;/iscd St.
9. nodagcna YBL. nodogcna LU. nodogcnai Eg.'.
10. cuimgi St. cumchi YBL. cînncitEg.'.
198 WhitUy Stokes.
<)(). « Easy for me to likoi ihciii ! Mal son of Telhaud, ami
Mniucmar son of Gcrrccnn, and Biiilen;; son- of Riian. Thrcc
crown- prince s, three champions of valonr, ihree herocs thc bcsl hchind
wenpons in Erin ! A biindred bcrocs u>iU fall by iheni in iheir first
co)ijlict, and ihey luilJ share prowess zuilh evcry man in thc
Hoslel, and ihey luill boasl of thc victory avcr a kini^ or chief of
ihc reavers, and aflenuards they tuill chance lo cscape. The Dés-
ir nclion should nol be larought euen because ofthose three. »
« I^Foe lo him that shaJI wreak thc Destruction! » says Lonina.
« Bel ter ivere the victory of saving ihem ihan the victory of slaying
Iheiit! Happx he -who should save iheni! Woe to him thaï shall
slay Iheni ! »
« // is nol feasible » says Ingcel, cic. « And aflenuards whoni
saïuesl ihou ? »
Imda C('//aill Chekxaig.
97. Auvndarc and i n-iindac ch/niitachtac fer as chdinem"
do laechaib Hcreiid. Brat caschorcra^ iinbi. Gilithir sneclitae
ind-ala grûaid [LU. 90''] do, brccdergithir sion'> a ngri'iad n-
ailc'K IS glasidir buga ind-ala suil. IS dubithir drLiim> ndâil
in tsùil aile. Méit cliab^ bûana in dosbili fînd fo/orda? fil fair.
Benaid^ braini a da imdac (.i. a da Icss). IS cassidir rethe
coppad^>. Cia dofo/te'" miach di chnoib dcrgfuiscib'^ ïor a mul-
lach '- ni foichrcd cnoi dib for lar '^ [aclit a tbssugud ' t ar dro-
1. cai'mem Eg. caime YBL. cainemh Eg.i.
2. corcra YBL. corcrai Eg.'. cass corcra Eg.
5. sian sleibe St. sian slebhiu Eg.'. sian YHL.
4. Gilit/j/r snechta ccchtar a da grûad indara fccht, in fecin aili brccc-
dcirgithir sian sleibe, Eg.
5. druimmni Eg. druimnc Y1^)L. druimni St. druininca E-g.'.
6. cliab Eg. cleib St. Eg.'.lcg. cliicib, as in [' 58. or Mcitithir cliab
7. finnbuidi fc/orda Eg. dosbile lînd fororda fuilt St.
8. co mbcnand f / i braincc na imdad, Eg.
9. cocmcoppad Eg. copad, St. YBL.
lu. no dortaithea Eg. ma dodortce St. cia doratt tliai Eg.'.
11. donna der[g]f<iisci Eg. divgiuiscib YBL. dergfuiscuib St. dorciuiscthib
Eg.'.
12. a muWach a diinn cleclitaig chassbuidi Eg.
13. ni rosscd cnù dib lar Eg.
14. Eg. iossiidug
The Destruction of Dâ Dergas Hostel. 199
hiib 7 ar clecluaib 7 ar claidinib in fuilt sin — Eg-]- Claid('A
ôaluirn ina hiim. Sciath crôdcrL:; ro brcccad do seiiimi7;///aib '
lindruini et<T cclannu- ôir. Slcg t'ota [tromni, Eg. | trcdruini-
necb : reinithir> ciiing n-imccbt/aid 1 a craïul tîl indi'». Sa-
miiillc Lu sin, a F/V roi^^iiiii.
The RooDi of CoiiiiJI Ccniarb.
5?7. There I bchehi in a dccoraied rooni ibejhiirsl man of Erin's
hcroes. Hc worc a tiifted purpk cloak. White as siityiu was one of
bis cheeks, thc olher ivas red and spechled lihc foxk^lovc. Bluc as
hyacinlh -was one of bis eyes, dark as a siagbcctk's hack was ibe
olbi'r. Tbc busby bead offair i^oldcn bair^ upon bini was as large-
as a vea ping-basket, and it toucbes tbecdgcof bis banncbcs. Il is as
ciirly as a rani's bead. If a sackfui of red-sbelled nuls were spilt on
ibe crown of bis bead, not one of ibeni woii/d fill on îbe floor, bal
reniai n on fbe books ainl plaits and szuordlels of ibal bair. A gohl-
billed szL'ord in bis band : a blood-red sbield wbicb bas been speckled
ivilb rivets of wbite bron:^e belween phites of gold. A long, beavx,
tbree-ridged spear: as tbick as an on 1er yoke is ibe sbafl ibal is
in il. Liken ibou ibal, O Fer rogain ! »
98. Ni anse danisa on a saniail, ar rofctartar" lir Hcrend
an ngein sin^. Comûl Ccrnach mac Amorgcin insin. Dorcc-
maing immalc"? fri Conaire ind inbuid-se. IS c charas Conaire
sech cdcb, fobitli a cliosmailiwja f/is ar tcbas a chrotha 7 a
delba'° [isa dcnma, Eg.]. IS mâith in lacch fil and, Coir.xll Ccr-
naeb. IN scîath crôdcrij sin fil ar a durnd '' ro brecad do sem-
1. semandaib YBL. St. lisemunuib Hg.' scmm;uiiinib fi'rglana Eg.
2. cclanda YBL. Hg.' (ex aith-dainia}), cdann'm Kg. cclannu St.
3. rcmir St. rcimithir YBL. 99* i. rcimhir Eg.'.
4. n-imechtair YIÎL. St. n-imcctair Eg.'. n-oill in^ect/aiii Eg.
>. in cranJ comtliL'nd colgdirecli fil inti, Eg. a crand lil innti, St.
6. literaliy « thc lair golden bush (ilos) of a great trcc (bile) ».
7. Rotctatar I:g. roteatatar YBL. rofctatar St. rofcatatar Eg.'.
K. in fer sin .i. Conall côcni Cernât/; mac allait Amargin Eg.
9. Darrccniaing immalcith St. dorrecmaing inimaillc Eg.'
lu. dciba; YBL.'dcalbac Eg.'.
II. ina durnn, Eg. ara durn, St., ara druini YBL. ior a durn Eg. '.
200 Wliitley Stokes.
majinaih findruini ' conld brcc, ro nôesiged ainm dô - hi Ullii
A. m Bricriu Coz/aill ChcvnaigK
Tongit a toing« mo thualh «, bid iinda brôcn dérg[fola]
tairse innocht ar doi7/.s- [na] Brudm'. In tslcg druimncch ^ sin til
ûasa bidsochaidi forsa ndâilfc deoga tonnaid'' innoclu ar doriis
I na]Brud/;f 7. Atâ|a]t scchl ndoruis asin*'' tig 7 arricfa9 CoiiâW
Ccniûch b[e]ith for car/; doriis dib, 7 ni bia a thcsbaid ar '" nâch
dor//.f ". 'ïuihi'u'lhsdt trier'/ la Coz/all ina clictch//mscliii'-, cen-
motiia ter c:\ch airm, 7 a fer fcssin, 7 conrâi//////'' A'wgnini f/'i
car/; n-ocn isin BrLu////'+, 7 intan immaricfa tuidecht '5 do f(';aib
asin tig'^^ beit lir bommand cga [7 fer for faithchi 7 reiina
nimi, Eg. Eg.'] for Icthchind 7 îor lethclo/r/m/ '" 7 fer cnâma
fô déis a claid//', 7 immaricfa élûd dô cid créchtacli. Mairg
mvûs in n-orgain (odi'iig ind hr sin namma ! '^
Ni cumgid'9, for IngrrV. Nék 7r. Orz/jr iarsin cia àcca}
1 . fi'nddruinc St.
2. a hainm da«o St. Eg.'.
3. Eg. adds: Ainm aili di and, Lâmtapad Co«aill Geniaig ara t/icci ozus
ara atlilaimc gabair 7 imniivthir in sciath sin Conaill Curiniig^.
4. Toing/w a toing^'^^ me thuatha YBL.
5. fadcsin St. fadcissin Eg.'. drùchtach Eg.
6. tondaig YBL. tonnaigh Eg.'. tromneimi tonnaig, Eg. tonda H.-.
7. St. adds: Da Bcrga, Eg. Da Dcrga, and Eg.' Da Dircai.
8. isin YBL. for St. Eg.'.
9. Atat .uii. ndorais foruig. immaricfa, St Eg.'. Atat .uii. ndorais fo;sin
mbruidin 7 aricfao, Eg.
10. as St.
11. ni bad tesbaid as cac/; ndor//5 YBL. ar ccch ndûr»5 Eg.
12. cetchunnsclco YBL.
I 5 . comrainnfe St.
14. St. inserts: 7 maid//(/ buaid rig 110 rigdamna ;/t) airig dibirgc, and so
Eg.i, with trifling changes.
15. élud St. Eg.'.
16. Toethsatt .ccc. la Coj/all ina cctcuindscli ccinmot.it a brathbcimend ar-
chena, ocus primlaech cer/;airmm di armaib, oc»^ mâidlïd echt n-ard do nach
n'g 116 rigdomna iiô airig dib^ga, 7 intan doficfa himmacli roindfid comgnim
f/i cech n-ocnlcr isin Bruidin, Eg.
17. Adcr h'tbiloicind St. has: 7 caip f;ir n-incliindi 7 far cnaimrothacli, taisi
do far n-apaigib combruithib lais iarna scailiud do (ona fuithribc. Mairg etc.
So Eg.' with tritling changes. For thc corresponding passage in Eg. see
Appendix.
18. St. adds: fo;- Lomna Druth, friscichfet |leg. -set] far cenda dib
19. c7/mcid YBL cumcit Eg.'.
The Destruction of Dd Dert^a's Hostel. 201
(jS. « I:as\ for me to likeii hitii, for ihc mai of Eriii kiioiu thaï
siion. Thaï is Coiuill Ccnitirh, son of Ai}iori^cu . Hc bas chauccd lo
/'(• tiloiii^ u'ilh Couairc al ibis l'niic. 'Tis bc ifboiii Coiiairc loves
bc\ond cvcr\ oiic, bcraiisc of bis rcscinhUtnce to biiii in oooducss of
for m and sbapc. Goodl\ is ibe bero ibal is ibere, Conall Ccrnacbf
To tbat bloodrcd shicJd on bis Jisl, zvbicb bas becn spccklcd wilh
rivets of wbite bron:^e, ibe Ulaid bave given a fanions uanie, to
U'it, tbe Bricriu of Conall Cernacb.
[Anolber naine for it is Conall Cernacb's Lâmthapad, becanseof
tbe ijuickness and rcadiness luitb irbicb tbat sbield of Conall Cer-
nacb is sei::^ed and luielded^ — Eg.J
/ siuear lubat my tribe swears, plenteons luill he tbe rain oj
red hlood over it to-night before tbe Hostel ! Tbat ridged spear above
biiii, inany zvill there bc nnto wboni to-nigbt, before tbe Hostel, it
u'ill deal drinks of dealb. Seven doonuays there are ont of tbe bouse,
and Conall Cernacb ivill conlrive to be at each of tbeni, and front
no doorzrax will he be absent. Three huudred u'ill fall by Conall
in bis first confiict, besides a iiian for eacb (of bis) vjeapons and
one for hiniself. He ivill sbare prowess ivitb every one in tbe Hostel,
and u'hen be shall happen to sally tipon \on froni tbe bouse, as
nunierous as hailstones and grass on green and stars of heaven will
be yoiir half-beads and cloven skulls, and yoiir bones under tbe
point of bis siuord. He luill succeed in escaping ibougb wounded.
Woc to him tbat sball wrcak tbe Destruction, were il but for tins
Vian only! »
« Ye cannot y), says Ingccl. « Clouds etc.
And after tbat lubom sawest thou ? »
Imda Conaire fkssin
99. kiconàarc and imdac, 7 bd cdimiu - a c//mtacli oldâta'
imdada in tigi olchcna. Scolbrat ' n-airgdidi inipe, 7 c//intaigc
isind imdae. Ata);/d^//r t;iar n-inni. In dias ini[ni|cclit;ach di'b,
lînnadiblinaib,rt';/a foltaib7 ajni |brataib>, 7 itgilithirsncchtac.
1. As to Conall CcnvâcWs Làmlbapacl, sec also LL. i07-'3.
2. cainiu YliL. coimiii Eg.'.
5. oldàat, Eg. oldata YBL. St. oKiaata Hg.'.
4 scol YBL. St. Eg.'.
5. mbrataib YBL. St. mbruta Eg.'.
Revue Cet tique, XXII. 14
20 2 Wliitlcy Stokes.
RiidiuJ roàhiiiul fo ^ri'iad ccclit;ir n-ac. Môctluklach etorro
iin-nicdon. l^riith 7 gnini riiirccli lais 7 comarli sciicliad'.
lîrat at(('»narc iinbi, is cubes onis- cco cctamain. Is [s|ain dath
7 ccosc cacha liùari tadbat' fair: dildiu cacli dath alaiUii. At-
aviddirroiU n-ôir isin brut ara bclaib, adcomaic lu'ia snicch cô
a iniHnd-t. IS cosmail f/i tùidlig) n-ôir fc/losctlii dath a fuilt.
D'i^' ncoch atcondiiir de dclbaib bctha is i delb as aldcm dib.
Aicoiidarc a claid'7' n-ôrduird" occo this. Ro bôi airthcr*^ làmc
din ch'idiiih Oia truaill ancchtair. A n-airt/.vr làmi9sin fer 110
bid i n-airthiiir \)iô\ 11-iarthar — Rg.] in tigi tis ccbad '° frigit"
tVi foscod in claid/7'. Is binni[u] '- bindfogrogod '5 in claid/A ol-
das'-i bindfog//;' na c/olcnd n-ordac [LU. 9 r^] fochanat ccol
isind rigthig.
The Kooiii oj Conairc Jjinisclf.
()(). Thcrc I hcJk-hl a rooiii, iiiorc l'citulifitlly ikcoratcd than thc
olber rooiiis of ihe bouse. A silvery cnrlain around il, ami (there
ivere) ornaments in ihe rooni. I heheld a trio in it. The ouler luv
of theni ivere, bolh oJ ihem, fair, luith their hoir and eyelashes ; and
ihey arc as hright as snoiu. A very Jovely bhish on ihe cheek of
each of ihe t-wain. A tender lad in the uiidsl hciween ihem. The
ardour and energy of a king bas he, and ihe counsel of a sage. The
nianlle I saw around hini is even as ihe misi of Maydax. Diverse
are ihe hne and setnhiance each niomcnl sheivn npon ii. Lovelier is
each hne lba)i ihc oiher. In froni of hini in the iiuinth' I hehehi a
1. hsenchad Eg.'. For the varions readings of Eg. in 11. î-6 see Ap-
pendix § 99.
2. cosmail is, Eg. coibcs 7, Y15L. ciibcis 7, St. Eg.'.
3. doadob.intar Ivg.
4. Eg. adds : ro soich in roth sin.
5. taidiig Eg. tuidlig YBL. St. tuidligh Eg.'.
6. Do YBL.'
7. n-orduirn, YBL. ndorduirn, St. n-orduirnn Eg.'. ôrduirnd Eg.
8. fot airthcr Eg.
9. in t-hed làimi Eg. in t-artliiv lainii YBL.
10. dobcrat Eg. gebad YBL. St. gcbadh Eg. '.
11. in frigliit VBL. in 0 igit Eg. fnggit St.
12. bindiu, YBL. St. binniu Eg.
13. tindfogrugud Eg. binfogliraid St. binntog/aidh Eg. '.
14. inda Eg. oldas Eg.'.
Ti e Destruction ci Dâ Dergas Hostcl. 20^
îC'Ik'cl of golii iL'hich rcachcil fioni his chiii la bis uiivcl . The colour
of bis bair u'iis lilcc tbc shccn of snicllcil i^ohl. Of ail ibcîvorld's
foniis tbtil I Ik'bi'hi, this is ibe iiiosi hcaiilifiil. I saiv bis i^ohlcii-
bilicd i^liiivc liou'ii hcsidc biiii. A fon'iviii's Iciit^lb of ihc suvrd -mis
oitlsidc tbe scabhard. Tbal forcmm, a iiutii doiun in ibc froiil of
ibc bouse coiild sec a flcsbivonn hy ihc sbadoîc of ibe sword ! Swcclcr
is ibc tiu'lodioiis souuding of Ibe sivord ibnii ibe nieJodioiis souud of
ibe s^oldeii pipes ibal accowpany m 11 sic in ibe palace. »
100. IS and asLv/tsa^ f('/' Ingù7, ac a dcscin- :
a. Atchiu flaitli n-drd n-airegdae
asa' bith buillcch bùredacli
bruclitas rôimsc robortae ^
rcchtbruth càin-cruth ciallathar.
/'. Atchiu clothrig costodach)
cotngaib inna clicrtraind choir chonichctbiiid ■'
o c/;/'und co fraig fo a suidi[u|7.
c. A[t]chiu a mind findflatha'^
a'//id in rccht ruirech rathoi'dan9
ruithcn a gnius[e] comdctac (;/(' comdcntae) ".
d. Atchiu a da" ngrûaid'- ngormgchi'5
con\à fri fùaniun tînd fuinechdae
fo/'dath s6erdath'4 sncchtaidc
di dib si'iiHb scllizlassaib
1 . adbfrtsa Eg.'.
2. oca deicsi[n] YBL. oca dciscin Eg. oca dcicsiii St. occa docsiu Eg.'.
5. os Eg. St. Eg.i. as YBL.
.}. romsi robarta Eg. roimsc robartai YBL. roimsi robi/;tai Eg.'.
5. costudach Eg. costadacli Yl^L. Eg.'. costadhach St.
6. comchcthbiiid LU. conicctfaid Eg. comcctbiiid St. comhcctbiiid Eg.'.
7. fo suidiu, lig. Eg.i. fo suidhiu YBL. fo suidiu St.
S. Atchiu a mind (inn flathcmon Eg. Atchiu a mind (înd fl. Eg.'.
9. rathordaiii Eg. rathortan Eg.'.
10. a gnùisi cocmdatac Eg. a gnuisi coimdeta;, YBL. a gnuisc comdeta;,
St. a gnuisi conidetac Eg. ' .
1 1 . nda LU.
12. ngruad YBL. St. ngruad Eg.'.
15. a da hgrùad ngclcoraa Eg.
14. socrda Eg. forda; sacrdath St.
204 Whitley Stokes.
ghnun a rose robuga '
teinniu a cluiinscliu - câintocLid >
it('r clcthchor 1 ndiib nJoLlabrat >,
r, Atchîu [a] ardroth n-imnaissc''
imm a chend [coir] cocorsc
coind fri fultu fr\ihccnns7
f('/'dath n-6rda n-ollmaisse
til ûas a Kvrad buidcclias^.
/". Atchiu a brat nerg9 n-ildathach
nôitcch 1° siric srethchisse
sluind ar delbthor ndîmaisse "
dind 6v aiu'derc ail[i]bcnd'^
alathûaith ndronaicdi '>.
g. Atchiu delg n-and oUadbol
de ôr uili intlaisse
lassaid'-^ ar luth hmésci
lainne o chuaird corcorgemniach
càera crethir comraicthe
1. glaini a rose ruibnigc no robuige Eg. gloiniu a rose robuidi YBL.
glaiiiiu a rose robuide St. robiiidca Eg. ' .
2. ehuindsi Eg. cluiindscliu YBL. caintocaid Eg. '.
5. chaintiieud YBL. c;iintoceud Eg.
4. clcchtclior St. eloehtcor Eg. eleeteor Eg. '.
5. dôel abraitt Eg.
6. a ardrotli n-immaisi Eg. artrot n-imnaissi Eg.'.
7. f/ithceriis Eg. St. Eg.'. frithcchr»5 YBL.
8. fail uas a barr buidceliass Eg.
9. ndf'rg YBL. ndt-rg Eg. n-erc St. ndereEg. '.
10. nothcch YBL. noothceh St. nocthoach Eg.'. noetceh Eg.
11. de sluind ar dclbthor ndcnnniaissi Eg. i;c->i. sluinn ar ddbaetlw
n-innmaise, St. sluind ar dclbthar ndiinaisi YBL. sluind ar dealbthrt/n-ind-
maisi Eg.'.
12. ailibenn Eg. ailibeand YBL. dian ôr aurderg ailbenii. St. dia nor
aurderg Eg.'. diannor aurdrcie ailbcand YBL.
15. alatuâithc dronaiedc Eg.
14. lasfaid Eg. lasaid YBL. St. Eg.'.
15. laind a euaird eorrgommaeh Eg. lainne a ehuairt choreairgeniaeh
YBL. lainde a cuairt coreairgeniniaeh, St. laindc a euairdd coreairgemaeh
Ep.i.
77/ (■ Destruction of Dd Dcrga's Hoslel. 205
(V;/gaib ar drcich ndcndniaissc
et(V a dâ gclgûalannchor '.
/;. Atcliiu-a Icinc ligdac linidc
iOiiïd f/'i srcband sircchtach ^
scâthderc scco dcilb ildat[h]aig4
ingclt SLiL/ > sochaidc
cot[n]gaib^' ar mcit muincnohor/
s6erth//5 ar néim imdenam^
ôr9 t/i siric srethchisse
o adbrund co urgluuc'^.
/. Atchiu a chlaidr/' n-orduirn n-intlaisse
iiia tindiiich'' tindargit"
aisncid'' ar cheirr côicroth
cotnd f/'i cruâid n-aurdairc n-ai,st(T'^.
y. Atchiu 'i a sciath n-ct/oclit ii-âilcnda
f^iil lias '^ drongaib dimes
tréih//r di 6r oiblcch
ar th//r'" scéo bil banbruth
fiTOsnai litli ^^ li'iachct.
1. a da gelgûalaind choir LU. 91' 22. a da gelgualaind choir St. a da gel
guallannchôr Eg. a di gcigualainn choir Eg.'. Cf. osa gel giialaitdcbor LL.
72M7.
2. atcondrtrc Eg.
5. sirrectacli Eg. Eg.'.
4. illathaig Eg. illdathaig St. Eg.'.
5. suiU YBL. suile St. Eg.i. sûhi Eg.
6. cotiigeib Eg. cotagaib St. cotgaib YBL. Eg.'.
7. muinechor Eg. muinencor Eg ' .
8. imdenuni YBL. imdénum Eg. imdcnani Eg.'.
9. oir YBL. St. ôir Eg.'. oui. Eg.
10. co urgualaind nô co a urglune YBL. co aurgkiinc St. Eg.'. co ur-
guailH 110 co hirgluni Eg.
11. inntiuch Eg. intiuch St. aintec Eg. '.
12. find argit tU. findargait Eg. findarcit Eg.'.
15. aishdeith YBL. St. aisndcich Eg.'.
14. to«id fri cernao cruaid casra aissnéid ar chcirnd côicroith Eg. ro;;id fri
cuairdd n-aurdairc n-aist?V St. co«id f; i cruaid n-aurrdric n-aister YBL. coind
f/i cuaird n-urdairc n-aisttv, Eg.'.
1 5 . alcoiidarc a sciath nétrocht nâclcnda Eg.
16. huasa YBL. St. St.'.
17. ara thul Eg. ara ur YBL. ar tliaur St. ar tuar Eg.'.
18. frisnài hi hth E<î.
2o6 VVhitUy Stokes.
k. Tiiri di ôr ' intlassi
hini rig fris dcss dingabar
iVi tricth tailc taurgaib-
r();/id fri cernu crûadchassa 5
t/'i cet chorac-» comlâna
iiasind rurig rathruanaid >
f/'i boidb hi liibrôi b(Vtas| a] '^
is[inj Brudin brôntig/ a[t|cliiu.
AtchÎLi fl^/V/; w-ard.
« 100. « Thcn », (jitoth Iiii^cél, « / .uiitl, gi^x''^o "' ^•'"" •'
a. / sec a high, statcly prince, etc.
h. I sec a fanions ici iig, etc.
c. I sec bis ivhite prince' s diadeiii, etc.
d. / sec bis tivo hJue-hrigbl cbeeks, etc.
e. / sce bis bigb icbcel ... round bis bead ... ivbicb is over bis
yeJloiv-cnrJy bair.
f. / see bis niantle red, inany-coJonred, etc.
g. / see ibereiii a biige hroocb of gold, etc.
h. / see bis beauliful lineii frock ... froni niikie lo hnee-caps.
i. / see bis sword golden-bilted, inlaid, its in sciihlhird ofivbite
silvcr, etc.
']. I see bis sbield hrigbt, cbnlkv, etc. ^.
k. A loiver of inlaid gold, etc.
loi. ^7. Ro bôi iar('/;/9 in môethôclach ina chotlud'°, y a
1. diôrda Eg. di ôr St.
2. fri tech tailcc taurcabair Eg. Cri t/iath tailc taurgaib YBL. f/i trieach
tailc taurgaib St. fri triccli lailc taurcaib Eg.'.
3. cornu crûadchassa, Eg. YBL. cornu cruadclussa St. cernai cruad-
cassa Eg.>. cronu crûadchassa YBL.
4. coire côre, Eja;. coirrc conilana YBL. courai conilanai Eg.'.
5. rathrunigli YIJL. radrunaid St. raith rûanaid Eg. rathrunaigh Eg.'.
6. i nibroo Iwthasa Eg. lii nibrai bertas Eg.'.
7. isin bruidin brôntaigh Eg. isin bruidin brontig, YBL. brontaig St.
nibrontuich I:g.' .
8. For sonic unluckv guesswork purporting to bo a translation of the
wholc of this pic-ce, sec O'Curry's ^ianllers tiiid Ciislonis, III, 142.
9. Hcre F bjgins, and H recommences with Kol'oi.
10. in maethôghzi:/; ani/a sin Es:.
The Destruction oj Dà Dcrij^a's Hostel. 207
chossa i 11-iiclu ind-aKi lir 7 a cliciul i n-iiclit araile. Don'usaig^
lAivni assa chotlud, 7 at/(M'acht, 7 ro chacliain in laid-sc :
« Gâir Ossair (.i. eu C();/aire). assir- cluiiiiall. goingair 00c
ini-nuillach Thuil Gossi?. gdcth ûar tar lâcbiu 1 cslind. adaig
do thogail n'g ind adaig-sc^.
!'. Cotlais af/idisc 7 diuchtrai.s ass, 7 canais in rctoric-se^':
[LU. 91''] « Gâir Ossir (.i. nicssan Ccz/airc). ossar" chu-
mail, cath ro[n]dlom^. docradv» tûathe. togail '" Bruidni.
broncha tianna. lir gûiti. gôith " imômain. imôrchcr slcg.
sâcth ccomluind. ascuir tige. Tcniuir las. Ic/ba u-aniuil.
conigné'- cdiniud Coiiairc. coil ctiia. litli ngala//d. gair cgem.
orgain n'g Hcnv/^/. carpait hi cucligi '^ doch/aitc'i rigTemrach.
[fessa[it] guil gairc. Gâir Ossair — Eg. |
c. Asbivt in tresfecht''.
Domm-drtas'6 imncd., ininicd siabrai slùag fàcn. falgud
ndmat. comrac fer for Dothrai. doc/;niite rig Temrach. i
n-oitid ortac. [fessât guil gdre. Gair Osar — Eg.]
San"i(//7/(' Ict, a Fir ro^aiii^ cia ro chdchain in laid sin.
1. Co ro d/iiid Eg. doriussaig YBL. Doriiirsuid H. St. Doriursaidh F.
2. osar YBL. osair H. ossar F.
5. im muallach tuili goissi YBL. i nuiallach tuil gacisi H. iin-muUach
tuil goisi, F. immullacli thuil goisi St.
4. facbur.YBL. faep»/- H. focbur, F. Facbar St.
5. Gair Osair inso Osair cauniall goin gair ooc hi nuillucli thuil géissi
gaeth huar tar iocbar cislind adaig do togail ng ind adaig sco Icssat guil
gaire. Gair Ossair Eg.
6. co clos ni arithisc, YBL. F. Co clos ni afritliisie IL Roraid doridisi Eg.
co clos ni arithissi St.
7. osair IL Osar Eg.
8. ro;;dloni Kg. YBL. H. St. F.
9. dcorad YBL. doerath F. dacrath H. d('crat Eg.
10 tail F. H. YBL. Eg. St.
1 1. gô'itQ gocth Eg. goite goit F. guiti goith YBL. goitc gacth IL
12. Ont. Eg. coignc H. F. congnc St.
15. a cuicligiu F. hi cuicligi YBL. St. acuiohdlic II.
14. drochuiti, H. dochruiti F.
15. YBL. 99'' 34 inserls: Gair Osair, Osair t:«nioll conibaig anrad oie inn
orcain, orcuin iurthar, orta c«/-aid, clacntar lir, fadbaidlhcr laith gaili bui-
read iroiiithrcsa toigebthar gairi. Aiid H. inscris: Gair Ossair, osair comoll,
combaid anradh, oie ind orcuin, orcuin iurt/;rt/-, ortai curaid, clacntar fir,
facnt(/r fir, ladbuilhi-r laith goili, gair in trcsoi, toccpthar gair.
16. Domtarfas H. Domarsad YBL. Domiarfàs Eg.
2o8 Whitlcy Stokcs.
10 [ . a. Noïc ibc icudcr icanior luas asiccp, luilh bis fect in thc
lap ()/ OHC of thc iîvo iiicii and his hcad in thc lap oj thc othcr.
Then hc au'oke ont oJ his slccp, and aiosc, and chantcd this lay :
« Thc hoii'l of Ossar (Condirc's do<;)... cry of ivarriors on ihc
snmniil of Toi Gcissc ; a cohi irind ovcr cdgcs pcrilous : a night
lo dcsiroy a kiiii^' is this ni^^hl . »
b. Hc slcpl airain, and aiuokc tljcrcont, and san:^ this rhctoric ;
« Thc hoii'l of Ossar (Conairc's hipdoi^)... a bat tic hc annoiin-
ccd : enslavcnicnt of a pcoplc : sach of thc Hostcl: niournful are thc
champions: nicn wonndcd: ivind of tcrror : hnrling of javclius:
trouble of n)ifair fi^bt : n'rcck of Jjouscs : Tara icaslc: a forcii^n bc-
ritai^H' : likc (is) lanicnliiii^^ Conairc: dcstrnclion of corn : fcast of
amis: cry of scrcains : destruction of Erins l<i}ii^ : chariots a-lot tcr-
ing: oppression of tbe king of Tara : hunentations will ot'cr-
come iaugbler: Ossar' s boivl. »
c. Hc said thc third tinic :
« Trouble hath hecn sbcwn to nie: a ninltitudc of cives: a host
supinc : focs' prostration: a coujlict ofnienon thc Dodder' : oppress-
ion of Tara' s liing: in youlb b: ivas destroyed: lamentations -will
overcome laughter : Ossar' s Ijoiul. »
« Likcn thon, O Fer rogain, hini lubo ha'; siing that lay. »
102. a. Ni anse cLimsa a s;ni]ail, i'or Fer rogain: ni ésce ccn
rig^ 6n \mniorro: is c ri as anem 7 as ordnidcni 7 us chàinem'
7 as chumachtonH thànic i ndomon uli>. Is hc ri as bhitliem
7 as minem 7 as becda^ dodanic7 .i. Co/zaire Môr mac Eters-
1. A small river ncar Dublin, which is said to Iiavc passcJ througli tlie
Brudeii.
2. rige Eg. riga YBL. righo H. rig. St.
5. câcmem Eg. coinem F. chaincni YBL.
4. CLimaclitacha Eg. cuiiKn/.'/achamh F. ciiinachtachom YBL. St. cumta-
c/;/acham H.
5. riam. Isc in mor mâllau môerda f/i muintir 7 f/ia cairdiu. IS 0 ini-
morro in t-agarb ccennais fria naimthib [leg. nàinitib] 7 cchtrannaib i
nhiuiir catha 7 comlaind, Eg.
6. bccdam H. bcgda F. becdœ YBL.
7. tanic a ndoniii/i riam H. is c da»o ri as ccndsa 7 as mîniu 7 is bccmt'H-
wnaigi tàraill tal///(i/«, Eg.
Tlic PcsHiiction of Dâ Der^a's llosicl. 209
ceôil, is c tll and, ardii Hcnv/d uli '. Nicon tîl locht and- isind
fir sin, ct('/- cliriith 7 dcilb 7 dcchclt, ctivnicit 7 chôrac 7 c[hjii-
tr///;;mac, L'(tci-) rose 7 toit 7 gili S etrr gâis-i 7 alait;> 7 erla-
brae, ère/- arni 7 cirriud 7 ccosc, ctrr ani 7 inmuid 7 ordan,
et(V ci'i^nas 7 «^aisciud^' 7 ccni'l.
/'. Màr a ôitiu ind tir chàldac t('/baith 7 (('y/idralà ar i;nini
ngaiscid. Màd dia ndcrsaigtluT^ a bruth 7 a gai o bcit tianna
fer nEn'//(/ 7 Alban dô ar tliig, ni iurtiiar ind orgiiin ccin bcs
inni'>. Totliôctsat '" se clict la Conairc riasiu rosia" a àrm, 7
totiiôetsar sccht '- cet lais ina chctcliz/niscliu iar saigid '> a airm.
Tong« '-^ do Dia a toingt'.s'i mo zhiialh, niani gabthar dcog de
céin co bcth '^ nâch ^7 aile isin tig chenaertf/;/ é a ôenur, [no gé-
baJ som in Bruidin conas-toirsed cobair — Eg. | tanairs^J •'^ in
ter 6 Thuind Chlidna 7 o Thuiiui Essa Ri'iaid, sibsi ocon
c. Atat -" nôi ndorais td/sin-' tig, 7 dotaeth-- a'7 lacch lais
1. Eg. inscris: Ni fil nacli loclit nô nacli aiiiin isind [1 |ir sin do ncocli is
ailbéim aiccenta do chî/rp diiiniu o bond co a baithiss acht ro dcaiscaig do
cet/; deilb duiniu, Eg.
2. Ncchantuil tra loclit na anim Eg. Ni tuil locJil isind <ir sin H.^
3 . ociis roscc 7 jngili Eg.
4. gnais H.
5. alaid St.
6. ctzV crgna ocns crodacht, Eg. 'Wcr crgna 7 gaiscc*/ St. \Xcr gnais 7 gais-
ciud YBL.
7. Môr aicci in iir sin, nialla in dcgduini Icnniaigi |lcg. Icnbaide), Eg,
8. ndcrsaigti'y F. YBL. St. n-cirsuigtc/- II. dcrscaigthcr LU.
9. inti YBL. innti H. intiu H. Mad andsidc invnoi 10 dia n-éirgc a bruth
7 a Icrg, cia no bcitis fianna VicrciDi ixciis Alban i mBruidin, 7 seissium a
lioenar, nochon-iurfaitis ind argain ccin no bclh som istigh. Mairg iun(5
ind argain ccin bes inti, Eg.
10. Dotuetsat F. Dothoetsat YBL. St. Totactsat H,
11. rosoa YBL. St. laid F. riachtain H.
12. se YBL. ui. F. .uiii. Eg. se cet eli H.
13. rochtain Eg. riachtam H. soigid F.
14. Tungu YBL.
I j. tongihi H. toi/zg F.
16. ce ni bt'/h F. ceni beth YBL.
17. nech St.
18. darnarscd Eg. tairsed F. St. tanairst'i/ YBL.
19. YBL. omits sibsi etc. H. lias ; tairsit in ier a Tig Duinn 7 o Tuind
Tuaide 7 Clidhna 7 Esa Ruaid.
20. Ata YBL.
21. asin YBL.
22. dothoeth YBL. dotaetsat H. tothoet St. dofoeth Eg.
2 10 Wliitley Stokes.
ccch dorais ', 7 intan ro scàig do cliâcli is'tig airlv/t a gascid is
and fochichcr som - ar gniin n-aithcrgaid ', 7 diamairi-* dô'
tuidccht^ f()/aib asin tig, bit lir bommand/ ega 7 fer (or fagthi^
for lethchind 7 ior Icthchlocind 7 ior cnàinired fo fâcbur a
chlaid/7'.
li. IS dochu liinsa nimmaricfa dô niidccht asin tig9. Is in-
main laissconi in dias lîl imbi isind inidae '° .i. a dà aiti, Dris
7 Snithi. Tothôctsat'- tri côccait hiech la ccchtar de'- i ndor//^
na Brud//t''>^ 7 ni bâ sire t/aigid" ùaid ille 7 innond [airm —
H.] hi tôetsat.
e. Mairg iun/.v in n-orgain '> cid dàig na dessi sin 7 na
Hatha lîl etorro f.i.] ardri Henv/J, Co/niire [Mér] mac Htcrs-
ceôil. Bâ'^ lîach dibdud na ilatha sin, [LU. 92^] for Lomna
Drûtlî n\ac Duind désa '7.
/. Ni c/micid, for Ingcél: néla femmid doforfecat 7rl.
g. IS deithbtT duitsiu, a Ingceoil, for Lomna [Druth —
YBL.] mac DLii[n]d Désa. Ni dàit '^ aui a domain na orgnc'9,
1. gachiv dor/(/.s dip H. cach doi7//5 YBL.
2. fodchicher seom YBL fodcichersom St. H. fotcicher som F.
3. n-;ikticrgaib YBL. St. nait/;fAgiiib H. n-aithcrraig LU.
4. diambarich H. dia/niiairi St. diawmairi F. diaiiiari YBL. for <//(7 n-im-
luari, s. conj. sg. 5 oi iiiiiiiariciin.
5. do LU. YBL.
6.. tiiidccht YBL. thuidecht LU. St. toigfc/;/ H.
7. is ann raga som ar gnim n-atheraig a gaisc/'J, oc//i dia tecmad do
tuidect l(i/aib ammach asin tigh bat lir bommanna, etc. Eg.
8. H. inscris : 7 rcndo nime: St. 7 rcnna nimc : F. 7 rendai nime
9. toidhtv/;/ fo/uib asin tig amach H. tuidecht do isin tig YBL.
10. imdaid Eg.
11. Dofoethsat, Eg. Totaetsat H. Dothoctsad YBL. Tothoetsat F.
12. kisin ccr/;/ar nde, H.
13. ar dor/(j- niBra/'i/nc H.
14. sircm troig H.
15. ind orcain F. ind orciiiii H.
16. bid H.
17. For thc rcst of this § H lias only : Ni ditsi dom((('//e na horcne. Maire
damsai ria cach (MS. ciach) is maire iaroach. is mo cennso 7rl. Agtis iarsin
cia aco ann? St. bas: ni deit a domain na borgne. Muilhfe bûaid rig no
rigdanina 110 airig dilwgiv. Is annsu damsa ini?»o;/o, (or Lonina Druth.
^L^irg damsa ria cach, mairg iar cach, ar is mo ccnn-sa ccta-inichoicerthar
ann iarsind iiair (iWr fcrtsib 7rl.) 7 iarsin cia acca and? Sic F.
18. duit Eg. dcit St.
ic). hoirgnc. Ncla f. Eg.
Tlic Destruction of Dd Der^ds Hoslel. 21 i
ar bcra ccnd rig ahi-tluuitlie lat, 7 doernaba tessin. IS andso
damsa chcna, ar bid nie cota '-ortàbthar ior Brudin -.
h. Ango da//(', f^v Ingû'7, adfia basa ledit bas brisciuiii>, jr.
OiKS cia acca and iarsin?
102. a. « E(tsy for iiic lo likcii hiiii », says Fer roi^diii. « A"('
« conlJict luilhoul a king » tins. Hc is thc inost splcmiid ami noble
and Ik'iiulifiil and niighty king tijat ijas conic iiilo thc luijoic world.
Ht' is lijc niildcsl and gentlcst and most pcrfccl king t/ja! Jnts coiiic
toit, n'en Conairc son of Etcrsccl. 'Tis Ijc lijal is avcrking of ail
Erin. Tivre is no dcfcct in llml inan, lubclhcr iti forni or sJiapc or
vcstnrc : 'w/k'l/.h'r in .s"/-(' or Jilncss or proportion, u'hctljcr in cyc or
hair or hrigJjtncss, u'Ijclhcr in wisdoiiror skill or cloqucncc, wljctlk'r
in ZL'capon or dress or appcarance, zulk'tJjcr in splcndonr or abun-
dance or dignity, u'/jcther in knowJedge or valonr or kindrcd.
b. Great is thc tcndcrncss of ibe slccpy simple man lill be bas
chanccd on a deed of valonr. (But) if bis fury and bis courage be
azuakened luben tbe cbampions of Erin ami Alba are at bini in t/jc
bonse, tbe Destruction luill not be ivrougbt so long as be is tberein.
Six bnndred icill fall by Conairc before be sball attaiti bis arms,
and sevcn bundred -will fall b\ biin in bis Jirst coiijlicl after at-
taining bis arms. I s-wear lo God lubat iny tribe siucars, unless
drink be takenfrom bim, tboiigb tbere be no one else in tbe bonse,
but hc alone, be luonld bold tbe Hoslel unlil belp luould rcacb it
iL'hich tbe man would prépare for bim froni tbe Wave of Clidna-^
and thc Wave of Assaroc > (lubilc) ye (are) at tbe Hoslel .
c. Nine doors tbere are to tbe bonse, and at eacb door a bnndred
warriors luill fall by bis band. And lubcn cvery one in tbe bonse
bas ceased to ply bis lueapoti, 'tis tben bc ivill resort lo a deed of
arms. And if be cbancc to come npon yoii ont of tbe bonse, as nn-
merous as bailstoncs and grass on a green luill be yoiir balves oj
beads and yonr cloven sknlls and yonr bones iinder tbe edge oj bis
sicord.
1. cena LU.
2. for ar ... Briiidin YBL. has muithfi ri. isansu ri.
3. YBL. 100» 20 adds : kirga niaiiais
4. in thc bay of Glandorc, co. Cork, Rcv. Cclt., XV, 438.
). at Ballyshannon, ce. Doncgal, Rev. Cclt., XVI, 33.
212 W'hitlcy Slokis.
J. '77.S iiiy opinion thaï hc ivill not chance lo gel ont of the
Ijoiisc. Dear lo hini are ihe livo ihal arc zuith hini in the rooni, his
lu'O foslerers, Dris and Snilhe. Thrice Jifty icarriors luill Jall he-
fore each of iheni in front of the Hostel, and not farthcr that a fixH
froni hini, on Ihis side and that, ici II they (too) fa/l.
e. « IVoc to hini u'ho shall lureak the Destruction, ivere it oiily
becausc of that pair and the prince that is betiueen thein, the over-
king of Erin, Conaire son of Elerscél ! Sad luere the qitenching of
that reign! » says Lonina Dri'ilh, son of Donn Désa.
f. « Ye cannot w^ says Ingcél. « Cloiids ofiveakness are coniing
to yoii ))^ etc.
g. « Good cause hast thon, 0 Iiigccl », says Lonina son of Donn
Désa. « Not unto thee is the loss caused hy the Destruction : for
thon îuilt carry ojj the head of the king of another conntry, and
lliyself u'ill escape. Hoiuheit 'lis hard for nie, for I shall he the
first lo he slain al Ihe Hostel. »
h. « A las for nie! » says Ingcél, « peradvenlure I shall bc
the fr ailes 1 corpse, etc.
And luhoni saïuesl thon afierwards ? »
Imda na culchometaide
103. « A.u-on<\arc and da fer dcac îor cliathaib airgJidib im-
môii n-imda sin [in rig — Eg.J immdciuiird. Mongii findhudi
foraib. Lente glassa^ impu. It é comaldi, comchrôda -, com-
dclba. ŒùM) co [n-eltaib — Eg.] dét '- il-laini car/; tir dib, 7
nis-tcilget4 sis tier, acht it é3 cclilasca^ iil [ina Idmaib 7] im-
mon imdûi^ sin immàcuaird. Sumaille let sin, a F/V rogani.
The Rooni of Ihe Reargiiards.
10). There I saiu tiuelve inen on silvery hardies ail aroiind ihat
1. lene glas, YBL. léintc glassa Eg.
2. chôme; otha YBL. corne» otha H. St. Hg.
3. i(i//det YlîL. St. awdctt F. co «-imdorn dct H.
.). ni Iccait lîg. nis-teilcct YBL. St. nistulcil H. nistclcolt, F.
3. acht hed YBL.
6. echalsea St.
7. Sic Eg. YBL. inna lamwaib St. ina laini IL inna lamlia F.
8. inidha H.
The Destruction of dâ Derga's Hosicl. 21 5
rootn of ihc kiiii^. Lii^hl ycllow Innr idis on Ihcin. Bhic kilts thc\
luorc. Eijiiiilly bcaitlifitl wcrc lhc\, djnally Jmnly, cqually shapcl\.
Au ivorx-hiJtcd sword in ciirh nutii's hiiihl, and ihcy ûisl thcni noi
d&wn ; but il is ibc horsc-rods in tljcir hands thaï arc ail roioid Ihe
rivin. Likcn thon ihat, O Fer rogaiii. »
104. Ni anse damsa 6n: comctaide rig Tcmracli andsin ^ It
é a n-anmand : tri Luind- Liphc, 7 t/i Airt Atha cliaili, 7 vi
Biidir Bûagnige' 7 t/i Trenfir Chûilne». Tong// a toingw mo
thiialh, bât ili mairb occo immon mBruJ/// >, 7 immâricfa clud
dôib ass cid at crechtnaig//;/. Mairg luvas in n-orgain fodcig
inna buidn[c] sin. Ociis iarsin cia acca and?
104. Easy for me (lo say). The hing of Taras gnardsnieu are
their. Thèse are their naines : three Londs of Liffey-phiin : ihrcc Arts
of Ath cliath (Dublin): ihree Buders of Biiagnech : and thrcc
Tréniers of Ciiilne (Cuilenn ?). I s-wear luhai niy Iribe sivears,
(slain) ihat niany will be ihe dead by iheni around the Hoslel .
And they will escape front it allhongh they are woniuled. Woe lo
hiin who shall ivreak the Destrnclion (were it only) bccause of thaï
band ! And aftenvards ivhoni saïuest thon there? »
LÉ TRI FLAITH M(7C COXAIRE ASA SAMMAIL SO
105. Atcondarc and mac brecdcrg i mbrut chorcra, ata oc
sirchôi^ isin tig. Baie hi fail in tricha cet gabthai cach fer a
ucht i n-iicht. Atâ iawm 7 cathâir glas airgdidi fo a suidiu" (or
lâr m tige [ocns se, Eg.| oc sirchôi'^. Angô^ d-Mio it brônaig a
1. coiiietaidi n'g Ere//» insin, Eg. cometaighe rig Tcniracli iiinsiii H.
2. Luirg, Eg. Luin Eg.
3. Bu.iidhnigi Eg. Buaidiiighi F. Buaidncidlii YBL. l'iuiidlinighc U. Buai-
dnigc St.
4. Cûailcni H. Cuilnc St. Eg.
5. Tonga do Dia tongi/it mo tuath, bid lia iiiairb na horcnc, II. Tong»
yrl. bit lia a mairb yrl. VPjL.
6. sirciiiu Vl'L. sirchûi St. Eg. sirchôi H.
7. catliair glassairgit tbe, Eg. cathair glas argidi fo a suidhiu YBL.
8. ingo YBL. St. F. Oui. H.
2 I 4 Whitlcy Stokes.
thcglach occ a clôistin'. Tyi fiiilt fo/sin mac sin : it c t;i fuilt
(')ii .i. folt ûani- 7 folt corcorda? y folt fc'/orda. Nocon fet//;sa-»
indat il<:;nc dochuirth(V> in toit fair nô indat [in tri gncc —
Eg.] fuilt '^' failct fair. Aihl ro fctar7 is f[:i]il ni adagcZ/wr in-
noclu'"^. Atr('//d^//r t/i côcctu mnc f()/'9 cathàirib argdidib immi,
7 ro bdtàr .xu. hon-sinmc "Ml-lâim in mnic brccdc[ijrg '= sin,
7 delg sciath a cind'- cach'5 sinini dib, 7 ro bàmârni .xu.
feraib'-* 7 ar côic sùili dcc dcssa do chàcchad dô'^, 7 in sccht-
mad mac imblcscn ro boi im chind-sa do chaechad do'^', ol
Ingrt'V. Samaillc \et si/;, a Fir rogai)i ?
Lé fri flaiih son of Conairc, whose lihencss Ibis is.
10 j. There I Ivhchi a vcd-jrcchlcd boy in a pur pic cloah. Hc is
alîuays awailîng in thc bouse. A slcad lubercin is ibc (king of a)
cantred^'î, zuboni eacb man Iakcs fvoiii bosoiii lo hosoni.
So bc is li'ilb a bine silvcry cbair inidcr bis scal in ibe niidsl of
ibc bouse, and be ahways a-ivailing. Tru/x tben, sad are bis boiise-
bold Jislening to bim ! Tbree beads of bair ou ilmt box, and ibese
1. Is bronach in toglacli ic a clôistin sin, Es;, it bronaicli a tcglach oc a
cillais YBL. At brônaig a icglacb oc a cluais H. it bronaig a tcgiacli occa
chinais, St. at bronaich... chluaiss, F.
2. uainidi YBL. uainidhc H. luianidc Eg. hnainide St.
3. buidicorcrai YBL.
4. Ni cou fetarsai H. Nocho n-ctarsa Eg. nochanfctarsa St.
5. docuirithiV St. dochuirithcr YBL. docuircthar Fg. H.
6. fo indat tri fuilt YBL. fa andai t/i fuilt H. fi inda tri fuilt, St.
7. forrosfetar YBL.
8. is fil ni adagen ... i»nocht YBL. Dofuil ni atagcre hinocht, Eg. is
fael madogctar Anocht H. is fil ni nvidigelbar St. is fil niagcn innochd F.
9. fo YBL. St.
10. bondsimmni Eg. bonsibne YBL. .u. bocsimni diV luac/.vo H. bocsibnc
St. bogsibne F.
11. breccdeirg Eg. brecdc/Vg H.
12. sciach i cind sciach YBL. sgi.icli a cinn, H. sciacli hi cind F.g. sciach
i cind ccch hsibnc dibh F.
13. cccha Eg. ca(7;a St. gâcha H.
14. sic St. This may bc addcd to Pcdcrsen's list of instrumentais uscd wi-
thout possessive pronouns, Cclt. Zeitsch., Il, 379. ro bamairne .xu. iir, Eg.
ro uabmairni .u. fir dcg, H. robamarn(i| ar .u. teruibh doacc, F.
I ) . ro coechastar Eg. do coechai/ doa F.
16. ros-côcchastar Eg. do coecha./ doa F. do chaechad dô, St.
17. The Irish hère is obscure, and probably corrupt. For tricha cet, cf.
S 138.
The Destruction oj dâ Dcrga's Hostcl. 215
are thc threc : (;ircii hair and piirple hair aud aJl-^oIdcn hair. I
kiiOîL' ;/('/ u'helhcr ihey arc maux appcar'auccs u'bi'ch ihc hair rc-
ceives, or lubclhcr ihcy arc thrcc hinds ofhair ivbirh arc (iialiirally)
npon hiiii. But I IciiLnu ihal evil is ihc ib'uh^ bc drcads toiiigbl '. /
l'cbcld ibricc Jiftv boys on silvcrn cbairs around hiin, and ibcrc
u'crc fiflecii bulrnsbcs in tbc band of ibiil rcd-frcckled boy, ivilb a
iborn at tbc end of cacb oJ tbc riisbcs. And we luerc fijtccn nicn,
and oitr fijtccn rigbl cycs ivcrc blindcd by bini, and bc blindcd onc
of tbc scvcti piipils U'bicb iras in niy bead » saitb Lh^ccl. « Hast
tbou bis libc, O Fer roi^ain ? »
(To bc continued).
W'hitlev Stokes.
I. Cf. § 77 supra.
DE QUELQUES NOMS DE LIEUX FRANÇAIS
D'ORIGINE GAULOISE
(S^ SCI h) 1 .
ABEILLAN
AbeiUau, nom d'une commune de THérault, n'est pas men-
tionné avant 1059, où l'on trouve caslrmii de AhcUuo, forme
manifestement fautive pour AbcUano. Le /' provençal postule
nécessairement un p primitif. Nous sommes donc reportés à un
type *Ap)liiniiis, du gentilice Ap'iliiis, donné par Holder.
ADISSAX
Il V a dans l'Hérault une commune appelée Adissaii, dont le
nom n'apparaît qu'en 1323, sous la forme Dcyssanuin, et un
hameau appelé L'Adissc, souvent ccx'\t La Disse, qui figure dans
le cartulairede Gellone. depuis le commencement du ix*^ siècle,
sous la forme Adiciaumu. Ces deux vocables actuels ont ma-
nifestement la même étymologie -. Le d médial remonte né-
cessairement à un /, ce qui nous reporte à un type latin * At'i-
cianus ou *Alîlliiinus. Je ne trouve pas de gentilice exactement
correspondant dans Holder, qui donne Aicttius, Alissius,
Alitla et Alillo.
1. Voir Rn'ih' Celtique, XX, p. i et 45S.
2. Le dcpl.Kcment de l'accent tonique qui a transformé la forme proven-
çale Adissa, accentuée sur la finale, en Adisse est très récent ; la toponymie
méridionale offre beaucoup d'exemples analogues.
De quelques noms de lieux français. 217
ARCISSAS
Arcissc est le nom J\ine commune de l'Isère et d'un hameau
de l'Orne, commune de Corhon. Il y a dans l'Eure-et-Loir un
hameau dit Arcisscs, commune de Brunelles. Un hameau de
la Creuse, commune de Bosmoreau, s'appelle Arcissas et cette
forme figure dans le cartulairc de l'abbaye du Palais dès le
xii^ siècle'. On a identifié Arcissc àc l'Orne avec la villa dite
Arsicius àins le polyptique de l'abbé Irminon-. La constance
de l'orthographe du cartulaire du Palais me fait croire que la
forme primitive de Arcissas est * Arcicias et qu'il a existé un
£:entilice Arcicitis à côté de Arsiciiis.
BALLEDENT
M. Holder enregistre les noms de lieux Balalcdo, Balatûninni
et BaJatonna. Il fluit certainement y ajouter * Balatenno, nom
primitif d'un chef-lieu de commune de la Haute-Vienne dit
aujourd'hui Ballcdcnl et au xii'-" siècle Biihidcn', Balladcn-^,
Baladent'^. La même désinence se retrouve dans Scrotouio,
aujourd'luii Sardciit (Creuse).
BAZELAT
La commune de la Creuse qui porte aujourd'hui le nom de
Ba^elat est appelée en 1257 Bah^ac'^. Il faut rapprocher ce
1. Bibl. nat., nouv. acq. lat. 225, fol. 15 et suiv. Aujourd'hui l'ortho-
graphe flotte entre Arcissas et Arsissat; la carte du Ministère de l'Intérieur
porte Archissas, forme fautive.
2. XII, .|), éd. Longnon, p. 172.
3. Cartul. d'Aureil, charte CXXVII.
4. Ibid., charte CCCXX, et Leroux, Molinier et Thomas, Doc. hist. con-
ceriiaiil la Maiche et le Limousin, tome I, p. 137.
5. Cartul. d'Aureil, charte CXXIV.
6. Arch. de la Creuse, H 238.
Revue Celtique, XXII. 1 3
2i8 A. Thomas.
nom de celui de Bala:^', près de Vitré (Ille-et-ViLiine), Le
type commun ne peut guère être que * Btihiliiiciis\ d'un gen-
tilice hypothétique *BaliUiiis. On trouve Balai iilla comme
nom de femme, à côté de Belalulla, qui est plus fréquent. De
même que l'on a Cintius m Ciiiliillus, on peut supposer *5rt-
laliiis à côté de BaJatuUus.
BENASSAY
Le nom de B-juassav (Vienne) apparaît dès 889 sous la forme
Bcnaciacuni. Il est impossible de le confondre avec Banna-
ciaco, qui ligure sur des monnaies mérovingiennes du vii'^ siècle
et qui a pour correspondant actuel Banassac, nom d'une com-
mune de la Lozère et d'un hameau de la Creuse, Banassat ,
nom de deux hameaux de la Creuse, etc. Il faut supposer un
gentilice gaulois *^f'//(/(7'//.s, qui fait songer au fameux lac Bc-
naciis de la Cisalpine.
BLAUDEIX
iM. Holder a relevé chez Strabon et Etienne de B3'zance le
nom d'une ville de Phrygie dite Wi.xjlzz. Le caractère gaulois
de Blauâûs est confirmé par l'existence, dans la Creuse, d'une
commune du nom de Blaiideix, autrefois siège d'une comman-
derie de l'ordre du Temple. Blaudcix est écrit BJaudcis en
1282 -. Je ne vois pas d'autre type possible que *Blaudiscits
pour rendre raison de cette forme. Presque tous les noms de
la Creuse qui se terminent aujourd'hui en cix doivent remonter
à d'anciens types gallo-romains en iscus. Je me bornerai à citer
Le Joiirdaiicix, commune d'Arrènes, au xu'' s\ic\c Jordanisiutii
et, en roman, Jordamsc'^.
1 . A distinguer de BaJadilia^o, mentionné dans la cliarte 4 du cartiilaire de
Conques et identitîc, sans aucune vraisemblance, avec Baniac par l'éditeur.
2. Arcli. delà Haute-Vienne, fonds de Tévèclié de Limoges.
3. Cartul. de Bénévcnt, Bibl. nat. lat. 171 16, fol. 95. — Cf. ci-dessous
les articles InJrois et XalcchiS.
De (juehjiics noms de lieux français. 219
CHAMBEZON
Cha}}ibe:^m est le nom d'une commune de la ILuite-Loirc,
canton de Blesle, arrondissement de Brioude. La forme la plus
ancienne qui nous soit parvenue de ce nom est Chaiiibedoii,
qui tigure au xii^ siècle dans le cartulairc de Sauxillanges^ Les
textes postérieurs donnent Ojamlh^on et Chmnbe:(o, avec chute
de Vn finale en roman. Le type primitif peut être *Caiuhido-
iinni, *Canibedonuni, *Camhidouc)n ou * Caiiibcdoiicin- ; mais la
saine phonétique interdit d'y voir soit Cambodnnuin, soit Cani-
bidoiiiiuni. Le même nom paraît se retrouver dans Chambéon
(Loire), qui tigure plusieurs fois dans le cartulaire de Savigny
sous la forme adjective Cciiiibcldoiiciisis, Cniiibcdoiieiisis.
CHAMBONCHARD
Cbawboiichnrd est le nom d'une commune du canton d'Evaux
(Creuse), située sur le Cher5. Adémar de Chabannes mentionne
le château de Chambonchard, castcUiiin Cainboiictircin K II est
évident que c'est un mot composé, dont le dernier élément est
le nom de la rivière du Cher sous sa forme indigène Char,
conforme à l'appellation gauloise Caris 'i. Le premier élément
est Caniboii, et non Cnjiibo comme le dit M. Holder, qui a un
1. Cf. Remania, VI, 263.
2. Cf. la forme Cervedoue (à l'ablatif) cmployc par Fortunat pour Ceivon
(Nièvre).
3. On trouve la forme francisée Chavibovcher dans une assiette d'impôts
de 1557 (Leroux, Molinicr et Thomas, Doc. hist. concernant la Marche et le
Limousin, II, 51).
4. M. Chavanon, p. 150, imprime Gn//'('/;a«(v;/ d'après le nis. latin 5927,
mais c'est une mauvaise leçon. Le ms. 5926 porte correctement Canl'on-
caretii. Une faute d'un autre genre a transformé le mot en Cambonearetn
dans la Chronique de Bernard hier, telle que l'a publiée Duplès-Agier,
P-4I- . .
5. Cette rivière prend sa source dans la commune de Chard (Creuse) et,
dans les premières communes qu'elle arrose, elle s'appelle le Char. Naturel-
lement, le d de Chard est une fantaisie cacographique.
2 20 A. Thomas.
article Caïuho-caris, et qui imprime Chamhouchard , au lieu de
Chanibonchard. Il ne m'appartient pas de décider si camhon
peut être un substantif et si Camboucaris peut signifier en gau-
lois « la courbure du Cher » ; toujours est -il qu'aux environs
de Chambonchard le Cher forme ertectivement un coude assez
prononcé du sud-est au nord-ouest.
CHANTREZAC
ChLViIrc'-nc, commune du département de la Charente,
figure dans la Chronique d'Adémar de Chabannes sous la forme
Canircc'hh'oisis cccJesia^. M. Holder enregistre *CanlriciiKiim,
où il voit une contraction pour *Canlariciacus ou * Cniilc-
riciacmii, dérivé d'un gentilice * Cantcricius non attesté.
Tout cela ne repose sur rien de sérieux. La forme vulgaire
Chant re:;j.ic, avec un ~ doux, prouve que la graphie attestée
Cantreciacum est pour *CanlreHaciiiii. Il faut donc admettre un
gentilice gaulois *G7////v//w5^ probablement dérivé de Cantrius.
On sait que Caiitrins se trouve sur mainte inscription.
Quoique ces inscriptions n'appartiennent pas à la Gaule,
M. Holder enregistre Canlrius et Caninis : je suppose qu'il a
ses raisons. A côté de *Cantrclius, il fout aussi admettre *G7//-
îriiiiiis, d'où Cbantrigné (Ma3'ennc), qui correspond à un an-
cien * Caniriniacns.
DARKAC
La forme romane primitive du nom de la commune de
Z)fl'///^zt(Haute-\'ienne)est Adciiiac-. Cette forme nous reporte
clairement à un type * Atc'nuuiis. Holder enregistre Atcrnos,
mais seulement pour taire remarquer que c'est un nom latin ^.
1. J. Lair, Études critiques. II, p. 145.
2. johanih's d'Aderuac figure comme témoin dans une donation faite
vers 1120 à la Maison-Dieu deMontmorillon, Bibl. nat. lat. 18599, p. 402.
3. On sait qu'une ville du Samnium portait le nom iXAteruuni et qu'il
y avait aussi en Italie un fleuve appelé Ateruus.
De (jiiel.jiits noms de lieux français.
221
C'est possible; en tout cas Atcruus a été en usage en Gaule
comme nom de personne, puisqu'un nom de lieu en dérive'.
ESSOUVKRT
Une foret de la commune de La Chapelle-Baton (Cha-
rente-Inférieure) s'appelle Essouverl. Elle est nommée, dans la
charte 313 du cartulaire de Saint-Cyprien de Poitiers, Exol-
venius silva. Il est difficile de ne pas voir dans * Exolvenios un
nom gaulois, dont le dernier élément serait venios, aune.
EYMOUTIERS, HAINS, HEM
Le nom de lieu celtique Ageiilitiii se retrouve aujourd'hui dans
trois noms de lieu d'aspect très différent : Le Bokij d'Hciii (pro-
noncé Lcbourdaii) dans la Creuse, Eymoiilicrs, dans la Haute-
Vienne ^, et Haiiis dans la Vienne. Holder n'a relevé que
Agcnti monasteriiim, d'où Eymouliers, autrefois Acniiiosticr.
Adémar de Chabannes veut parler d'Eymoutiers quand il dit
« monasterium Sancti Stephani Agenfense » ou, plus simple-
ment, « ecclesia Agento»i. C'est aussi Eymoutiers qui est ap-
pelé Ageiitum dans un acte du 8 août 959, publié par la Gallia
christ iana^. Au x^ siècle également, nous avons la forme
Agentiim, qui devient plus récemment Haeiititni, et, en langue
vulgaire, Aeiil, pour désigner Hai)is'>. Enfin Hem, dans la
1. Il est possible que Daruat, liaiiicau de Saint-Sylvain-Bas-le-Roc
(Creuse) ait la même étymologie que le Dainac de la Haute- Vienne. La
charte 112 du cartulaire de Brioude mentionne le nom de lieu Adaruaciis,
dont j'ignore la forme moderne.
2. 11 y a aussi un Eyvioiilicrs dans la Charente, mais je ne sais quelle en
est l'étymologie.
5. Édit. Chavanon, p. 158 et 172. L'éditeur a bien reconnu qu'il s'agis-
sait d'Eymoutiers à la p. 138, mais à la p. 172 il a cru que Ageiito désignait
Ahun {Ai^cdumim). Lcpieposilus Ainlensis qui figure dans une charte de 1 108
publiée par M. Altred Leroux {Chartes, chroniques et nicinoriaiix, p. 25) est
un prévôt d'Eymoutiers et non d'Aven.
4. Tome II, instr., col. 168-169!
5. Redet, D/c:/. top. de ta Vienne.
22 2 A. Thomas .
Creuse, est appelé, depuis le xiii' siècle, AhentuDi ', en latin,
utAhciil, en langue vulgaire. On trouve même Acntoisiseccksia
et eccicsia de Aenlo appliqués à Aycn (Corrèze), mais la forme
ordinaire est trr/t'5/rt de Acnno, qui remonte à AgennuniK
GORCE
Le nom de lieu Gorce est extrêmement répandu dans le
massif central de la France et déborde même un peu vers le
sud-ouest. Employé au singulier ou au pluriel, avec ou sans
article, écrit par r ou par s, francisé ou resté provençal dans
sa désinence du pluriel {Gorce, Gorse, Gorses, Gorsas, Les Gar-
ces, Les Gorceix, Lagorce, etc.), il s'étend sur plus d'une quin-
zaine de départements : Ardèche, Aveyron, Cantal, Charente,
Charente-Inférieure, Corrèze, Creuse, Dordogne, Gironde,
Indre, Haute-Loire, Lot, Lot-et-Garonne, Puy-de-Dôme,
Vienne et Haute-Vienne. Il a à côté de lui, comme diminutif,
Gonrsole, qu'on trouve dans la Charente, la Corrèze, la Creuse,
la Dordogne, etc. Le plus anciennement mentionné de tous
ces lieux serait Gorses, chef-lieu de commune du Lot, qui figure,
appelé Gorcias, dans une charte de 755, si ce document était
authentique; malheureusement le document a été fabriqué, au
xi^ siècle probablement, par les moines de Figeac, qui l'ont
mis sous le nom de Pépin le Bref. Il importe peu, à notre point
de vue. Il est certain que Gorce (avec un 0 ouvert) ne peut
venir que de *Gorcia ou *Gortia-i. Or, dans une partie de la
région sur laquelle s'étend le nom propre qui nous occupe
(Creuse, Corrèze, Haute- Vienne, Indre, etc.), on emploie
aussi le nom commun gorço, gorce, avec les sens de « haie vive,
haie sèche, buisson, lieu rempli de mauvaises herbes ou de
V
1 . Pouillc du diocèse de Limoges conserve aux archives de la Creuse ;
charte de 1282 aux archives de la Haute-Vienne.
2. Assiette d'impôt de 1477 aux Arch. nat. P. 1563, cote 1241.
3. Leroux, Chartes, chroniques et mémoriaux, p. 30, 51, 32, 34, 35, 36,
57. 58, 39. 40, 41, 42, 43. 44, 4), 46 et 47.
. 4. C'est ce que montre, par exemple, le - de hi forme Gor:^a, qui figure,
vers hi lin du xi^ siècle, dans la charte 259 du Cartulaire de Vigeois.
De quehjius noms de lieux franç<iis. 22J
décombres ». Il est évident que les deux séries n'en font
qu'une et il est probable que nous devons )■ reconnaître le
celtique *i^\vto-, allongé à l'aide d'un suffixe latin en *gorlia.
Mistral a donc raison, en somme, de rapproclier le limousin
^'•fn'iî du bas-breton ^'rt/'^ « haie »'.
INDROIS
Ulihirois est une rivière qui se jette dans l'Indre à Azay-
sur-Indre (Indre-et-Loire). Quelques-uns écrivent Indroye, au
lieu de Iiidrois- ; mais c'est une fantaisie moderne. Les an-
ciennes formes du nom de cette rivière sont : Audreis, Andro-
sitis, Audrisciis, Andcrisciis, Aiigerisciis, AiigeliscusK On sait
que le nom primitif de l'Indre est Anger-^: la bonne ortho-
graphe du mot français serait Aindrc, comme cc'uidrc, de cin-
gerc, ou l'ancien \cvhe Jraiiidir, de frangere. Il est clair que le
nom de VIndrois est dérivé de celui de V Indre au moyen du
suffixe iscus, iscos'». On peut inscrire sûrement Angcriscos dans
le Trésor du vieux gaulois. Il ne faut pas hésiter non plus,
il me semble, à voir dans ce suffixe iscos un suffixe diminutif
identique au suffixe grec ir/.::. Le rapport sémantique de In-
divis à Indre est manifestement le même que celui de Loiret à
Loire et de Peiitc-Crciise (au moyen âge Crosetd) cà Creuse, etc.
Que les celtisants fassent leur profit de cette très simple obser-
vation^.
LE MAINE, LE MANS
C'est à Jules Quicherat que revient le mérite d'avoir ex-
1. Le nom de la célèbre abbaye de Gor::^e, près de Metz, énoncé Gorlia
en 795, doit avoir la même étymologie.
2. Notamment La Grande Encyclopédie.
5. Mabille, Xolice sur les divisions territoriales de la Ton rai ne (Par i^, 1866),
p. 162.
4. Super Jlnviuni Angereni, Grégo'iri: de Tours, Vit. patruin, 18, i.
). La désinence iscus donne régulièrement en français ois et plus récem-
ment ais. Exemples: dais, anciennement dois, de discns.
6. Comparez ce que dit du suffixe iscos M. D'Arbois de Jubainville, p. 546
et suiv. de ses Recherches sur l'origine de la propriété foncière.
2 24 '4. Thomas.
pliqué pourquoi nous disons Ij: Mans, avec l'article, en par-
lant du chef-lieu de la Sarthe'. Le nom du peuple gaulois des
Cenonianiii est devenu Celoiiiaiini par dissimilation, d'où *Cel-
»iûiis, qui a dû être la forme romane primitive. Puis, la pre-
mière svllabc a été confondue avec le démonstratifs/ et rem-
placé par l'article la, le. Il n'y a pas à revenir là-dessus. Ce
que je veux faire remarquer, c'est que Le Mans remonte à Cc-
noiiumnis avec deux n, car si le type étymologique n'avait eu
qu'un seul ;/, il aurait abouti h* Le Mains. M. Holder a donc
raison d'instituer deux articles distincts dans son Altcellischcr
Spi-achschal~, l'un pour les Cciioiiiaiii de la Cisalpine, l'autre
pour les Cencmanui de la Transalpine.
Dans le texte de son Allas historique de la France, p. 102,
M. Longnon écrit: « Le nom vulgaire Le Maine ne dérive
pas du vocable latin Cenomaniciim, mais de la variante Ceno-
mania ». Je ne comprends pas pourquoi M. Longnon excom-
munie ainsi le suffixe icum, à qui l'on doit la formation de
tant de noms de provinces: Auvergne, Chalonge, Commin^e,
Médoc, Périgord, Rouer gue, Sain longe, U:^ège, Vcla\, de Arver-
nicuni, Calalaunicum, etc. Tous ces noms sont masculins à
l'origine et le sont restés, sauf Auvergne et Saintonge^. Maine
peut remonter à [Ceno]nia)iiiicuni, au même titre que domaine
à dominicuni. M. Longnon admet lui-même que Langoine,
que l'on trouve une fois, au xiii*^ siècle, pour désigner la pro-
vince de Langres, vient de Lingonicum, et que Touraine, pri-
mitivement Toroine, Toroigne, représente Turonicnm.
MUSSIDAK, MONCEAUX
Dans son Dictionnaire topographique de la Dordogne, lei»aron
1. Traite de la jonnation des noms de tit'iix, p. 24.
2. Sahitoiige, écrit Centonge, csl masculin dans les poésies de Bertran de
Born ; et je nie souviens d'avoir entendu dire /(■ Sabitonge dans la Creuse.
Pour l'Auvergne, l'ancien genre semble avoir disparu complét'imcnt de nos
jours.
3. Atlas, p. 95 et lOi. L'emploi de Touraine au féminin dans la Vie de
saint Martin de Peain Gastineau {Tote Toroinne, 6409) peut faire songer à
Turonia; mais l'hvpothèse d'un changement de genre, dû à l'apparence fé-
minine de la désinence française, est plus vraisemblable.
Di ijiulijiies noms de lieux français. 225
de Gourgues a eu la làclieuse idée de supposer que le lieu ap-
pelé Miilsùloiiiini dans la Fie de saint Géraud d'Aurillac pourrait
être Miissiiiiiii. Il a eu beau mettre un point d'interrogation ;
l'erreur a fait son chemin. J. Quicherat a transformé, par amour
de l'art, MulscJonitin en * MulscdnmiDi S et M. Meyer-Lùbke
lui-même ne doute pas- que * MiiJscduuuiii ait pu aboutir à
Mussidan. Or Miissidan est en ancien provençal Moissida, avec
l'accent tonique sur la finale, qui est devenu aujourd'hui dans
le patois local, avec déplacement d'accent, Moiiissido. M. Meyer-
Lùbke est aussi convaincu que moi, j'en suis sûr, qu'un d in-
tervocalique, dans la région du Périgord, provient infailli-
liclement d'un / primitif et que Mussidan ne peut que s'être
appelé, à l'époque gallo-romaine, *Moscitaun}u, * Moxitiinmii,
* MiiscUanuni ou *Mii.\îlanniiiK Comment s'appelle aujourd'hui
la localité que le biographe de saint Géraud désigne par le nom
de Mnlscdoiimn ? Il y avait en Limousin, au x^ siècle, un Miil-
scdoiiNiii, lequel est aujourd'hui Monceaux, orthographe bar-
bare qui a remplacé le Molsco du moyen âge. Ce Monceaux,
situé prés d'Argentat (Corrèze), n'est pas tellement loin d'Au-
rillac qu'il ne puisse se trouver en cause.
NALECHES
Nalèches est un hameau de la commune de Mouticr-Ro-
zeille (Creuse), dont le nom n'est pas mentionné dans les do-
cuments du haut moyen âge. La chute d'un a initial est si fré-
quente dans la région, qu'il est très vraisemblable que Nalèches,
en patois Naleichas, autrefois Naleschas, remonte à un type
* AuaJiscas, comme Naillal remonte à Aiialiacus, qui figure
sur une monnaie mérovingienne. Le suffixe féminin isca n'est
pas rare dans la Creuse. On peut citer notamment Barboncchas
(*Borkviiscas), La Faiiconècbe (* Falconisca), Fransèches (""Fraii-
1. Giry donne aussi « Mulccdonuiti pour Mtilccdiinnni n conmic nom An-
z\K:n àcMitssidtvi, dans son Trailc de diploiii., p. 383, d'après J. duiclicrat.
2. Die Iktivnnig im Gallischcn, p. 35 et 34.
3. Adcmar de Chabanncs tire du nom de Mussidan l'adjectif A/o.vci/cf--
lie lis is.
2 26 .4. Thomas.
ciscas), Goudeuaiche (*Gotoiiiscas), Goiiiurhcis (*Goiiiscas ou
* Aconiscas), Galcchcs (* Gai lisais), La Martiiicchc (* Mar-
tinisca) '.
REMENEUIL
Rciiicnciiil est un hameau de la \'ienne, qui n'est pas men-
tionné avant 1037. A cette date, il est appelé RomamcuJiis. Il
ne tant pas hésiter à reconstituer la forme primitive * Roiiia-
uoialitiii. C'est un intéressant exemple de la combinaison du
suffixe ialiiin avec le nom d'homme Romauus. L'affaiblis-
sement de la syllabe initiale 10 en rc se retrouve dans Le Re-
landais, quartier de Loudun, en 1278 Rolaiideys; dans La
Relandière, en 1402 Rollandeiia ; dans Le Remigeonx et La Re-
Diigêre, autrefois Romejos et Roinii^ere, du latin riimcx, combiné
avec les suffixes osas et aria ; dans Reinilly, autrefois Ro-
inillec, etc. Tous ces noms appartiennent à la Vienne.
A. Thomas.
I. Cf. D'Arbois de Jubainvillc, Rcihcrcbcs sur la proprie'lé foncière, p. ^47
et suiv.
SULLA POPOLAZIONE DELLE GALLIAE
NEL TEMPO DI CESARE
Non é inutile forse fermarci brevemente sulla questione del
numéro degli abitanti del regioni Galliche, o meglio délie
Très Galliae, che Cesare sottomise a Roma e poi alT impero
suo. Di taie importante e difficile questione si occupô giâ uno
dei piûdotti e geniali Maestri délia storia dell' antichità, /. Bc-
locb (nella sua classica opéra « Die Bevôlkerungder griech-rom.
Welt ))), il quale in un piû récente studio' ritorna sullo stesso
argomento per chiarire e confermare il suo sistema e le pro-
prie opinioni.
L'unica fonte cui dobbiamo sul proposito attingere, é ccrta-
mente Cesare, il solo che potesse avère materiale sicuro,
benclîé non privo talora di esagerazione. Prima di lui non si
potevano avère che notizic vaghe e incerte, com' é quella di Po-
sidonio (apd. Diodor. V, 25), che dâ per numéro massimo di
abitanti 200 mila e per minimo 50 m. per ogni cantone Cel-
tico-.
1. Die Bcvôlkerung Gallicns zur Zeit Cacsars, in rliciu. Miisciiiii. N. F.
LIV C1899), 5, pp. 414-445.
2. Qucste duc cifrc, tanto la massima qiianto la miiiima, si dcvono rifc-
rirc non ai soli capaci di portarc le armi, ma a tutti gli abitanti (d.
O. Hirschfelil, Die Haeduer und Arverner unter rôm. Herrscliaft, in Sit-
zungsbcr. d. Kôn. Preuss. Akad. d. Wiss. zu Berlin, LI (1897), p. 1101
\= Estr. p. 3I, n. I — e contro, Beloch mem cit., p. 415, nota), corne si
rileva, scnz' altro, dalla stessa espressione generica di Diodoro. — • La no-
tizia di Strabone (IV 2, 5 ; cf. i, n), che 200 m. siano stati i soli Ar-
verni combattenti contro i Romani nel 121 a. C, é, molto probabilmente,
derivata da erronea confusione con quella di Posidonio (vcdi Hirschfeld 1. c);
2 28 Francesco P. Garofalo. -
Scrveiidosi quindi dcllo scrittorc dclhi guerra Gallica, e pre-
cisaiiientc di duc o trc indicazioni, il Prof. Beloch vuole ri-
ccrcarc c dctcrminarc la popola/.ioiic Gallica in quel tempo.
La prima notizia si rifcrisce al censo degli Helvetii e socii
prima dcll' emigrazionc dcll' a. 58 c a qucllo posteriore alla
sconfitta di Bibracte dello stcsso anno (b. G. I, 29). La cifra
dci partent! era di 368 mila (263 m. Helvetii, ^G m. Tulingi,
14 ni. Latovici, 23 m. Raurici [s. Rauraci] e 32 m. Boii). La
cifra dei reduci era di iio mila. Il Beloch ' accetta la seconda
ma riduce di molto, fin sotto a 150 m., a 112 m. la prima
citra. Onde désunie il rapporte fra la popolazionee l'area, cioé
di 7, 5 circa, e di 6 o 6, 5 per kmq., secondoché si consideri
l'epoca antécédente o susseguente al niovimento Elvetico ; e
vorrebbe in ciô trovare un punto di appoggio per valutare la
popolazionc di tutta la Gallia, che sarebbe da 3 a 4 milioni e
piû. Ci é facile pcrô osservare, che se é ammissibile l'indica-
zionc su! numéro dei ritornati, non lo é meno l'altra sul nu-
méro degli emigranti. Nessun motivo serio c'impone di ridurre
taie cifra, giacché la grande differenza fra i due nunieri, fra
368 m. e 121 m. circa (o forse 130 m. circa)-, si puô spiegare
corne c inammissibilc e prodoua cvidentemcnte da arbitrario calcolo l'altra
dei 400 m. Arvcrni opposti a Ccsarc (IV 2, 5)
Del resto cosi interpretaiido rindicazione. per quanto generica, di Posi-
donio, non vi sarebbe molta differenza fra essa e le cifre date da Cesare suUa
popolazione degli Helvetii (Ycdi mio lavoro sugli Helvetii, 2^. ediz.,
1900, p. 48, n. 70) e su quella dei cantoni minori, alleati di questi.
1. P. 416. — Egli crede che 88 m. fossero i soli Helvetii ritornati, ma
non esclude che tutti i no m. dopo l'a. 58 dimorassero ncl territorio degli
Helvetii, cioé le genti dei cantoni affini, conie anche prima dell' emigra-
zione. Onde aumcnterebbe un poco la densitâ.
2. Cioé fra il numéro di tutti i partenti, e il numéro dei reduci, iio m.,
piû quello dei Boii superstiti clie andarono altrovc (forse circa 11 m.), e
inoltre forse quello dei Raurici rimasti che probabilmente non ritornarono
nellc sedi primitive (cf. mio lav. sugli Helvetii, p. 47, n. 60) e che si pos-
sono valutare a circa 8 m. Qiiesti numeri 1 1 m. e 8 m. circa si ricavano in
base al rapporto 1/3 fra il numéro dei partenti (356 m.) e qucllo dei re-
duci (110 m.) Helvetii e soci : cioé dividendo per 3 i 32 m. (numéro dci
Boii partenti) e i 25 m. (numéro dei Raurici partenti).
SulLi popolazionc delL' Galli.ic. 229
non soltanto pcr sconfitte e altre pcrdite, ma anclie pcr fuga
o per stanziamento iiltrove'. Pertanto il calcolo dovrebbc farsi
quanto ai soli Ilclvctii, suUa base di 263 m., o — supponcndo
corne abitanti nello stesso territorio i Tulingi e i Latovici —
313 m. iMa é del tutto incerto, anche se si ammetta la stesso
territorio elle il Beloch assegna agli Helvetii'; perché non si
sa se tutti costoro abitassero dentro quel confmi, ed é nioho
verosimile — teniito conto délie condizioni d'allora — che
molti siano venuti nell" occasione dell' emigrazionc, dalle terre
poste di ki dal Reno3. Se pertanto non si puô conoscere,
nemmeno approssimativamente, la densitd délie stirpi Elve-
tiche, tanto meno ciô piio valere per le Gallie in générale.
Neppure puô applicarsi il rapporto, che si ricaverebbe dal nu-
méro délia popolazione, la quale ritornô ad abitare in quel
territorio, cioé no m. o 94 m. circa o 86 m.-i; perocché po-
trebbe valere solo per il paese cui si riterisce, e non per le altre
regioni délia Gallia, ben diverse dalle terre degli Helvetii, che
non poco spopolate erano dopo l'a. 58.
In conclusione, la studiata notifia di Cesare, per qiianlo in se
siessa prc:^iosa, non puô in nessun modo, né da sola né insieme
con altre, giovare a risolvere la questione che c' intéressa.
*
* *
Altro fondamento alla determinazione délia popolazione di
tutta la Gallia si é voluto trovare nella lista dei continsenti mi-
1. Vedi mio lavoro, p. 48, 11. 65. Dove ho dctto che Cesare lia omcsso
ciô pcr ingrandirc il merito suo c far crcdcre che le pcrdite fossero deri-
vate da scontitta, corne l'intese Appiano (Celt. I, 3), che fa niorire circa
200 m. di qucsti barbari.
Nulla poi v'cra d'inipossibile che una si grande moltitudiiie di più di
300 m. si sostentasse nella marcia (cf. articolo nel Boll. di filol. classica, V
(1898), n"6, p. 136 sg. — Che in gran parte contiene opinioni accettabili).
2. Cf. perô mio cit. libro sugli Helvetii, p. 44 sg.
3. Cf. ibid.. p. 49.
4. 110 m. sono tutti i rediici. Ma da taie cifra si puû togliere quella dei
Tulingi e Latovici ritornati (1/3 dei 50 ni. Tulingi e Latovici partenti : V.
pag. précédente, n. 2). Cioé circa 16 m., ovvero quella anche dei Raurici
superstiti, se veraniente essi ritornarono nella précédente loro contrada (cioé
circa 8 m. — V. nota indicata). Onde rimarrebbero : 94 m. o 86 m. circa.
2^0 Francesco P. Carafalo.
litari, chc si dovcvano fornirc ail' cscrcito fédérale Gallico
nella générale sollevazione contre Cesare nell' a. 52 (b. G.
MI, 73 sg.), in connessîone con l'altra lista dei contingcnti
dellc popohuioni Belgiche ncl 57 (b. G. II, 4).
Quanto a quest' ultinia notizia di Cesare, osservianio, chc
qui c menzicMiato nel complcsso un esercito di piû di 300 m.
forniato non da tutti i 27 cantoni Belgici, ma da soli 1 5 o 20
circa confederati % e si dice che le for/e intere di questi popoli
erano maggiori, ciô ch* é ricordato espressamente per i Bel-
lovaci cd é sottinteso pcr quasi tutti gli altri -.
Da tali cifre molti hanno voluto « tout court » ricavare la
popolazione délie genti Belgiclie e da questa passare a fissare
quella di tutte le Galliche, cioc fondandosî sul totale 306 m.,
aumentandolo — in base al rapporto di 5/5 (cioé di
60000 : 100 000 per i Bellovaci) — a 510 m,, che sarebbe
l'insieme di tutti gli uomini armati, e poi — fondandosi sul
poco sicuro rapporto di 1/4 — desumendone la popolazione
totale degli abitanti, in piû di 2 milioni, e portandola final-
mente a poco meno di 3 milioni (con l'aggiunta di altre genti
Belgiche non menzionate da Cesare) > !
Secondo noi perô, le cifre date da Cesare — pur ammesso
che abbiano relazione solamente col territorio e con la popo-
lazione di ciascuna gente4 — non possono servire menoma-
mente come criterio fondamentale. Alcune sono evidentemente
esagerate (Cosi per i Nervii, i Bellovaci, i Suessiones)î, e
1. Se aggiungiamo i cinque dipendenti dai Nervii (b. G. V, 39)cqualche
altro sottomesso a uno dei maggiori fra i 15.
2. Cosi per i Nervii, chc in quest' anno stcsso compariscono in 60 m.
(b. G. II, 28), e benché quasi tutti distrutti (ibid.), sono ricordati piû
tardi (b. G. V e VI passim; e VII 75, 5). Ciô, s'intcnde, sempre secondo
Cesare.
3. Intorno aile opinioni degli scrittori, specialmcnte Francesi, suUa po-
polazione, cf. il lavoro del compianto niio aniico D"" H. MoUiàc di Lione,
Recherches sur l'évaluation de la population des Gaules et de Lugdununi,
Lyon, 1892, p. 22 sgg. Vedi anche G. Bloch, in Hist. de France di E. La-
visse, p. 54 sg.
4. Escludendo altre considerazioni — che non sarebbero poi assurde —
di prossimita maggiore o minore al luogo delLi guerra coi Romani.
5. Vedi Beloch, p. 425 sg., che giustamente spiega perché Cesare talora
abbia esagerato il numéro dei Nervii, e per conseguenza quello dei Bello-
Sulla popoliuionc dcUe Galliac. 231
nessiina é sicura. Oltracciô Cesare le rifcrisce non a tutte le
forze^ ma solo a contingent! ; e s' ignora il rapportotVa il con-
tingente e l'esercito intero-.
Manca inolrre di base la relazione che si é voluta stabilire
tra le cifre dei contingenti Belgici nel 57 e quelle di alcune
délie genti Belgiche nel 52 '.
Infatti le cifre dell' a. 52 han riguardo a una bcn diversa oc-
casione, a quella di aiutare WM'cingetorige in un teatro dis-
tante dai paesi Belgici in pro' di una causa che non li poteva
interessare quanto la difesa del proprio territorio, cinque anni
prima. Onde quelle sono meno elevate délie altre del 57, e
non v'ha ncssuna ragione per anteporle a qucste solo perché
fil fonicdo sceglicre le meno elevate. Anche le prime possono essere
fondate « auf von Caesar eingezogenen Erkundigungen » come
le altre; ciascuna ammissibile in relazione al proprio paese,
senza doversi capricciosamente confondere. Sul presunto rap-
porte di 1 : 3 tra i contingenti e tutte le forze militari, parle-
remo pii'i innanzi.
Eliminiamo percio anche questo secondo voluto punto diap-
poggio, e trattiamo dell' ultimo, consistente nelle indicazioni
del numéro dei soldati Galli nella grande rivolta dell' a 52.
L'illustre Prof. Bcloch comincia (p. 419 sgg.) dal riferire
le cifre secondo le migliori edizioni, scguendo, quasi dovunque,
il testo ch' é dato dall' ediz'. del Nipperdey e del Dinter t. Del
vaci e Suessioncs ; e mostra l'impossibi-lit i di fatto che qucsti trc popoli
avessero lante forzc.
La popolazionc dei Bellovaci, anche sulla base di 100 m. soldati, po-
trebbc creder.si e di molto infcriorc a 400 m.
1. Secondo l'opinionc del B. (p. 424) e di ahri prccedcnti (p. es. dello
Schayes, La Belgique et les Pavs-Bas avant et après la domination ro-
maine, Bruxelles, i85<S, t. I).
2. Il rapporto di 3 : 5 va per i soli Bellovaci (Caes.). Per altri in Caes.
non é detto. Onde cade tutto l'edificio costruito su quel rapporto genera-
lizzato.
5. Come fa il B. (425). Q.uindi sono inutili questa sua comparazione e la
tabella ivi posta.
4. R vittoriosamente il B. (422, nota) confuta il giudizio di O. Hirsch-
2^2 Francesco P. Garofalo.
rcsto pcr la qucstionc dclle cifre hanno poco interesse quelle
del testo, perché le cifre differenziano di poco '. La lista é
prescntata secondo la maggiore o minore importanza del con-
tingente, eccettoché in ultimo -. Si ha il totale di circa piû di
250 m.
Basandosi su tali dati, il B. vuolc da queste cifre ricavarc il
numéro délie forze complète, e da qucsto ultimo poi il nu-
méro di tutti gli abitanti >.
Per giungere a risultati sicuri — e sempre relativamente —
vuole trovare il rapporto fra il contingente e tutto l'esercito,
che crede sia di 1/3 (perché con lo studio di queste cifre di
Cesare e anche col paragone con la densitâ délia popolazione
délia vicina Narbonensis, vicne alla conclusione, che il rap-
porto medio debba essere di 1/3); e l'altro fra tutto l'esercito e
tutta la popolazionc, chelissaa 1/4. Onde présenta (p. 43 i sg.)
un quadro délie civitates del paese Celtico propriamente detto,
aile quali si riferiscono i predetti contingenti dell' a. 52 e che
divide in 5 catégorie secondo il contingente (da 35 m. a 5 m.).
Notata la popolazionc, determinata col metodo precedente-
mente accennato, e l'area rispcttiva di ogni popolazionc (de-
sunta dalla supcrhcie degli odierni départ, relativi, ciô che nel
complesso non é crroneo ed é quasi preciso), esponc, in or-
dine discendente, la densitâ média di ogni gentc» e in fine la
densitâ média di tutta la regione, che il B. fissa in circa 9, i,
per una popolazionc in média di 2780000 circa (la quale
cifra si puô ricavare anche moltiplicando le cifre dei contin-
fcld (1. c. in pag. i, n. i) che i suoi calcoli siano fondati sopra un testo
non privo di crrori e niale acconciato.
1 . Specialmente quanto ai Senones, li lascia al no 6 e li cancella al n'^ i >
perché erroneamente ripetuti (E anche cancella « sena Andibus »). Relati-
vamente ai Lemovices, egli, scgiiendo i più recenti editori, li conserva gius-
tanicnte al n" 10; e quanto ai Lexovii di n° 25, non si décide né a lasciarli
né a toglierli. Del resto anche una gente Lemovices era probabilmente Ira
le Aremoricae civitates, corne ha dimostrato Max. Dclochc [in Mém. de la
Soc. des antiq. de France, XIII (1856)].
2. Cioé al n" 29, per le Aremoricae civitates, che hanno un contingente
superiore a molti di quelli indicati prima (cf. Beloch, 421).
3. Cosi procède ora il B., e quindi più regolarmente che non ncUa sua
« Bevôlkerung ».
4. Non comprendiamo perché il B. usi la forma « Nitobriges » invece
di « Nitiobriges ».
SulLi popohizione Jelle Calliac. 25^
gcnti pcr 3X4 cosi e ottLiicndo, 2748 000) ^ Ne dcduce poi
chc le regioni piû popolose sono le prossime alla Pioviiicia,
quelle sitiuue al Sud-Ouest sino alla foce délia Garonna, verso
Nord lungo la Loire, la Senna fino al Pas de Calais ; e le
nieno, verso il Nord-Ouest, e il Nord-Est lungo il Reno.
Tutto cic) vale per la Celtica particolarniente intesa. Ma
anche per il Belgio e l'Aquitania il Beloch détermina la popo-
lazione. E in tutto stabilisée 5700000, di cui 4 1/2 milioni
perle Très Galliae (Cioé meno di 3 mil', per la Celtica pro-
pria, I 1/4 mil. per il Belgio, e 400 m. per l'Aquitania —
calcolata quest' ultima quantitâ sulla base di 10 per kmq.,
ciô ch' é verosimile, in relazione aile cifre ammesse dal B. per
gli altri paesi).
Tutta questa ricerca delProf. Beloch — fatta con la piû pro-
tonda conoscenza délia storia antica e anche délia tradizione
dei tempi successivi — mérita non poche osservazioni.
Le cifre dei contingenti — ammettiamo quelle date dal B.-
— hanno valore approssimativo, chi più 5, chi meno. Il rap-
porto sopracennato di 1/3 é stato ricavato direttamente(p. 423)
1. L'esenipio degli Edui, col. quale il B. (p. 429 sg. e 438 sg.) vuole
confermare il suo sistema, niostrando che le cifre dedotte col primo metodo
(5 700000) si avvicinano a quelle desunte dalla cifra degli Edui (6 1/4 mi-
lioni), ci parc dei tutto inutile ; poiché quest' altro calcolo é in sostanza
fondato sulla stessa base di 1/3 circa e di 1/4. Anzi é meno ammissibile la
média di io(?) pcr kmq., che si vuole applicare a tutte le Gallie solo per-
ché gli Edui erano nel centre délie regioni Galliche.
2. Anche su qucsto punto si potrebbe fare qualche osservazione. Cosi
quanto al contingente dei Raurici e Boii (ch' é fissato a 4 m. ciascuno nella
edizione dei Kùbler), non é necessario porlo a 2 m., anzi a cifra minore
(B., p. 422), in base alla proporzione fra il contingente degli Helvetii nel 52
(8 m.) e la popolazione degli Helvetii (265 m.) c dei Raurici e Boii
(52 m. -|- 25 m. := )) m.), prima dell' emigrazione dei 58. .\mmesso pure
un rapporte costante fra i contingenti dei 52 ela popolazione rispettiva (V.
innanzi), si deve tuttavia notare, che le osservate cifre délia popolazione
degli Helvetii, Raurici e Boii sono date per l'epoca antécédente ail' emigra-
zione dei 58, c che le cifre dei Raurici e Boii nel 52 potevano essere ben
differenti, perché non solo potevano riferirsi ai superstiti dei j8, ma ad
altri che si trovarono o loro si aggiunsero.
3. Comc quella degli Edui. — Che Cesare abbia dato notizie approssi-
mativo, si vede p. es. da ciô che agli Edui e agli Arverni dava la stessa
cifra, benché la loro popolazione fosse di quantit.i diversa. Non si pu6
quindi nulla aftermare sui rapport! di popolazione edi densitj fra questi due
grandi Cantoni (cf. Beloch, p. 430).
Revut Celtique, XXII. 16
2 54 Francesco P. Garofalo.
dalle cifrc relative agli Hclvetii; e indirettaniente (p. 427 sg),
dalla média presiinta délia popolazione délia vicina Provincia e
calcolando, che in base al rapporte di 1/2 si avrebbe il minimo
délia média c in base a quelle di 1/4 si avrebbe invece il mas-
simo (mercé esempi opposti di Cantoni pii'i popolati, cioé dei
Rutcni e Arverni, e di altri meno, cioé di quelli dell' Aremo-
rica), e che perciô non resterebbe che il rapporte medio 1/3.
L'argomento diretto non regge. Perocché la cifra del con-
tingente degli Helvetii nel 52, ch' é 8 m., cioé circa i/ii o
1/13 o anche 1/14 délia popolazione totale ritornata nel 58
(ch' é di 86 m. o di 94 m. circa o di no m. — V. indietro
pag. 3, n. 4), non piiô applicarsi con certezza agli altri con-
tingenti, i quali potevano variarc pcr tante ragioni'. In ogni
modo esso va da i/ii a 1/14 circa. Inoltre dalle cifre sugli
Helvetii non si puô conoscere il rapporte générale fra il con-
tingente e tutta la popolazione atta aile armi (che per gli Hel-
vetii é di circa 1/3 — cioé da i/ii X 4 a i/'i4 X 4), non
soltanto perché non é sicuro il rapporte 1/4 fra la popolazione
armata e Tintera (V. avanti), ma per la semplice ragione, che
qiiesto rapporte (1/4) Cesare l'attribuisce agli Helvetii prima
ch' emigrassero, non dope la battaglia di Bibracte, dopoché
certamente il rapporte dovette alterarsi-.
L'altro argomcnto, l'indirette, é in gran parte accettabile.
Qualche riserva c' é da fare solamente rispetto alla cempara-
zione con la densitâ di popolazione délia Narbonensis'; e del
reste il Beloch stesse ne tiene conte ^. Inoltre é da osservare
che non é sicure il rapporte 1/4, come era vedreme.
1. Vedi niio lavoro sugli Helvetii, p. 72, nota c.
2. Perché morirono in maggior numéro gli armati, etc.
5. Che il B. (}26 sg.) pone, in raftVonto di quella dell' Italia continen-
tale (che stabilisce in circa 2 milioni. — come egli dimostra anche studian-
dola neir epoca migliore dcU' Impero e durante il Rinascimento, e valu-
tandola con validissime cousiderazioni, desunte da profonde cognizioni sto-
richc e topografiche), in circa 12 per knu].; e in 15 quasi la densità délia
popolazione d,'lle regioni più fertili. Talc média dev" essere in générale su-
periore a quella dei cantoni délie Très Galliae.
4. Non escludendo la possibilit.i che, essendo o volendosi ammettere
maggiore la popolazione délia Narbonensis e dell' Italia, lo fosse pure
quella délie Gallie. Ma anche in tal caso la differenza nel totale non sa-
rebbe grande (Cioé fra 5 700000 e non più di 6 milioni).
Snlla popolazione licUc GaUiac. 235
Il rapporte 1/4 tm le cifrc dclP escrcito c di tutta la popo-
lazione, anche se valesse per gli Helvetii', non potrebbe am-
mettersi per tutte le Gallie. Anzi é preferibile il rapporto 1/3 -.
E la prova che il B. ha voluto trovare nclle cifre concernenti
gli AdiiatLici % dato pure che esista un rapporto fra gli armati
e tutti gli abitanti e che non sia piuttosto un rapporto del
tutto casuale^, non ha nessun valore, perché il rapporto é
non di 1/4, una di 1/3 >, e quindi potrebbe conferniare la
nostra opinione.
Concludendo, dopo di aver ridotto ad un solo i punti di ap-
poggio délia présente questionc, e questo mcdesimo circon-
dato da non poche restrizioni, possiamo aftermare, che i ri-
sultati ultimi, cui perviene il Belocii, se non sono e ncssuno
prétende che siano assoluti, nel complesso*^ non sono privi di
valore realmente scientitîco.
1 . Mentrc non c infondato il sospetto che Cesare stesso abbia ricavato
dalla cifra générale qiiesta, servendosi di questo rapporto 1/4 che si présenta
altrove (cf. mio libro sugli Helvetii, p. 49, n. 73).
2. Perché basta togliere 2/3 (fra donne, vecchi, fanciuUi...) trattandosi
di paesi bellicosi come le Gallie di allora.
3. Cioé 19 m., contingente rniiitare (b. G. Il, 4, 9) e 57 m. (=-^ 4 m. +
55 m. : b. G. II, 33), popolazione tutta.
4. Mentre non si puô affermare che 19 m. siano tutti gli armati (Caes.
II, 4, 9 dice che sono un contingente soltanto). Del resto s' ignora quanti
fossero gli armati fra i 57 m. rilugiatisi nell' oppidum (b. G. id., 29-33).
Il rapporto puô essere accidentalc.
5. Fra 57 m. e 19 m. (V. précédente nota 3). E non so perclié. il B.
(424. 427. 431, n. i) pone 1/4.
6. Sui particolari altre riservc dovremmo fare, oltre di quelle sopra es-
poste. Per alcune civitates il B. (p. 433) nota che la média é inammissibile.
Quanto alla valutazione délia popolazione Belgica, che il B. (p. 436 sg.)
fissa in 1 1/4 mil. (e forse iino a i 1/2) in tutto, calcoiando le contrade oc-
cidentali, piû popolate, in ragione di 13 perkmq.,e le altre in ragionedié,
si potrebbe osservare: Che Cesare (de b. G. II, 4 — per l'a. 57) da ai Belgi
contingenti assai piû elevati che non per l'a. 52, che, per quanto esagerati
siano e si vogliano ridurre, sono sempre — come sopra si é provato — su-
periori, forse del doppio, e devono preferirsi (In oltre il B. tra le varianti
délie cifre in b. G., VII, 75 preferisce le niinori : Cosi per i Nervii, Atre-
bates, Morini, Ambianij. Onde seguendo il metodo del B., dej^-esi elevare
la citra délia popolazione totale, ma — secondo noi — non di molto,
perché il rapporto fra armati e abitanti dev' essere di 1/3, non di 1/4.
2^6 Francesco P. Garofalo.
Si puo quindi valutare a circa sci milioni la popolazione di
tLitie le Gallic verso la meta del I secolo a. C, popolazione
elle aunientô sempre. Su taie sviluppo ulteriore promette
un' altra monografia lo stesso Prof. Beloch, ch' é certamente
une dei pochissimi veri cultori di siffatti studi.
Prof. Francesco P. Garofalo.
L'm IXTERVOCALIQ.UE EN CELTIQUE
Dans le Grundriss de M. Brugmann, t. I, 2^ édition, p. 377,
on lit, « § 418: Lois communes du celtique insulaire. i° m
« entre voyelles, et quelquefois en contact avec consonnes
« sonores, devient spirante bilabiale nasale : en vieil irlandais
« celte lettre nouvelle ne se distingue pas de 1'/» qui persiste
« sans changement ; en irlandais moderne apparaît m pointé,
« //■/, ou ;///; ; en gallois, comique, breton d'abord /;/, puis v (11),
« /, en breton depuis le xvii'' siècle Jiv (nv). La nasalisation a
« été abandonnée dans une partie du domaine linguistique,
« (Osthoff, Morphologischc Uiitcrstichiiiii^cii, t. V, p. 113). »
Le titre, Lois conniinfies du celtique insulaire, exclut le celtique
continental. Mais ensuite on lit, p. 378, remarque 2 : « Le
« passage d'w à nasale spirante était peut-être une loi géné-
« raie du celtique. Comparez le '/À\}.[j.vi:,^t opo; de Strabon au
« Cevenna ou Cehenna de César (Holder, Sprachschat:^, col. 880).
« De même la notation alternative Ditbno- et Dniniio-rix mé-
« rite attention car elle peut désigner un son intermédiaire
« entre b et ///. »
« C'est une communication de M. Thurneysen », qui est
en contradiction avec la thèse de M. Brugmann ci-dessus.
Je fais grand cas des travaux de M. Thurneysen qui m'ont
beaucoup appris, mais il y a quelques points sur lesquels je ne
partage point ses doctrines, et ici se trouve une de ces opinions
que ]r. ne puis accepter malgré les efforts de M. Duvau pour
la défendre (ci-dessus, p. 79-83).
KiiJ.[j.vni ne peut être cité puisque dans ce mot 1'/;/ est
double et que Vin double persiste dans les langues néo-cel-
tiques :
2^8 H. D'Arbois de Jnbainville.
irlandais, gallois, breton uunii = Dianima « mère » ;
irlandais moderne coiiiiiiiciisi^ ou coiinhnicasg, coimeasg, gallois
cyniniysg, breton kcmiiicsk « mélange » ;
vieil irlandais commcil, irlandais moderne coiiiiincd owcoimh-
méd, co'uiuncad ou coinihiiiéad « e^gal », gallois c\iuiuaiut, breton
h' nient « autant » ;
gallois rv/;/mrt<'//.; « nourri avec un autre ».
Le maintien de 1'/// double est une règle posée dans la
Granimalica ccUica, 2" édition, p. 41, 113. De deux m qui se
suivent dans l'intérieur d'un mot, le premier se change ordi-
nairement en //■/ ou nih en irlandais moderne, parce qu'il est
placé entre voyelle et consonne sonore, le second ni est une
consonne sonore.
Aujourd'hui 1'/;/ intervocalique s'artaiblit en îiv, en v ou en
h en breton, en /// ou ////; ^ hv ou v en irlandais, en v noté /
en gallois.
Mais les Gaulois prononçaient /// 1'/;/ intervocalique, et cet
m s'est maintenu intact en France dans .
Le Mans (Sarthe), Cenonianni;
Lemenc (Savoie), Lcmincum ;
Limoges (Haute-Vienne), Lemovices ;
Limours (Seine-et-Oise), Lcniausus ;
Nemours (Seine-et-Marne), Neniausus;
Nîmes (Gard), Nemansus.
Vermandois, nom de province, àc * FiTontandiwnsis, dérWc
de Veroniandid.
En Allemagne dans :
Marmagen (Prusse rhénane), Maycoinafnis ;
Neumagen (Prusse rhénane), Navioniagns ;
Nims, aflluent de la Moselle (Prusse rhénane), Neiiicsa.
Au rovaume des Pays-Bas, dans :
Nijmegen, Nimwegen^ Nimègue (Gueldres), Naviomagiis.
En Espagne, dans :
Osma (Alava), Uxania Barca ;
Osma (Soria), Uxania Argacla;
Sasamon (Burgos), Segisanio.
En Italie :
Lomello (Pavic), LannieUinn.
L'm inttnocdlitjiic en ccltii]uc. 259
Quand 1'/// iiitcrvocalique a disparu en français dans les
noms de lieu celtiques, c'est un //, plus exacienieiit une nasa-
lisation, et non lui v, qui l'a remplacé.
On peut citer un grand nombre de noms de lieu dont
-liiagiis est le second terme :
Argenton (Cher), Argciito-magus;
Cranton (Cher), Caraiilo-iiingns ;
Chassenon (Charente), Cassino-inagus ;
Ciran (Indre-et-Loire), Ciso-iiiagtis ; ''
Clion (Indre), Claudio-uiagus ;
Mouzon (Ardennes), Moso-magus ;
Nijon (Vosges), Novio-magiis ;
No}'on (Oise), Novio-magus ;
Nyons (Drômc), Novio-nmgus ;
Ron, dans Pon-d-ron (Oise), Ralo-iiuigtis ;
Tournon (Indre-et-Loire), Tiinio-iiiagHs;
auxquels il faut ajouter un nom de lieu où 1'/;/, comme l'/^dans
les noms qui précèdent, représente une simple nasalisation :
Riom (Pu\-de-Dc)me), Rigo-iimgiis.
Uni il la même valeur dans :
Reims (Marne), Reiiii,
qui, en breton, aurait donné roenv, cf. breton rocnv « rame »
du nom commun latin réunis; et dans :
Cambray, de Camaraciis.
L'/y/ s'est assimilé à l'w suivant dans Giiniimni, variante Ga-
runna « Garonne » {De hcUo gallico, 1. I, c. i, § 2, 7) ; dans
Rodnmna, Roanne (Ptolémée, 1. II, c. 8, § 11, éd. Didot,
p. 218, 1. 4), au moyen âge Rodanna (Longnon, Allas bislo-
riqne de la France, p. 196)'. Je crois ces mots d'origine ligure,
mais les Gaulois les ont adoptés antérieurement à la période
romaine.
L';/ s'est assimilé à 1'//; précédent dans Inlraiiinac, Hn-
trammes^.
M. Duvau, p. 80, pense que l'étude de Vin intervocalique
ne peut être séparée de celle du d barré en gaulois, il part donc
1 . Le français automne à'aiitoniiiiis se prononce autonne par deux it = nin.
2. Charles et 1-roger, Gesta Aldrki, p. 69, 100, 127, cf. p. xi, xvi.
240
H. D'Arbois de Juhainville.
de cette croyance que le d barré du gaulois est la notation
d'un d intervocalique, ce qui n'est nullement prouvé ; le plus
vraisemblable, à mes yeux, est que ce (/ barré est la notation
du groupe ss = Is, st. M. Rhys a proposé iis. Le d barré est
double dans vingt-deux des exemples donnés par M. Holder
{AUicUischcr Spnuhschal:^, t. I, col. 121 1, 1212); or, quand
les explosives sonores sont doubles, elles échappent à l'affiii-
blisscment appelé par Zeuss injcdio, Gr. Cell., 2'' éd.. p. 59,60.
M. Duvau dit aussi qu'il fout tenir compte de la place de
l'accent ; mais Neniansiis accentué sur la syllabe qui précède
Vin donne « Nimes », et accentué sur la syllabe qui suit Vin
il est de\enu « Nemours », toujours avec ni en français. Dans
Renii, « Reims », l'accent est sur la syllabe qui précède Vni,
à^wsCcnomanni, « Le Mans », l'accent frappe la syllabe qui suit
Vm. Uni gaulois dans les deux cas conserve une valeur nasale
en français.
Comminges, mieux Comminge =^ Convcnicum, allégué par
M. Duvau n'a aucun rapport avec la question. Dans Com-
minges Vni est double et non simple comme dans Le Mans,
Nîmes, Nemours, Reims, etc. Convenkinn dérivé du latin
Convenue est devenu successivement suivant les lois de la pho-
nétique locale * Conhcnicum, *Comhcnicnni\ * Commcnkitni,
d'où le plus récent Comminge, par abus Comminges.
Le changement du groupe mh en mm est une loi du gascon
et du catalan-.
Je n'admets pas que Bormo et Ki[j.[j.v>z) soient des mots cel-
tiques, je les crois ligures et j'ai pris cette idée chez K. Mùl-
lenhoff, Deutsche Altertiimskumie, t. Ill, p. 176, 180, 184;
Bcrvo et Cebenna sont pour moi des mots celtiques substitués
par étymologie populaire aux vocables primitifs. Borvo dérive
de BOR//, forme pleine fléchie de la racine pleine normale
BHER('y, d'où le breton hirvi (participe hervet) « bouillir », en
gallois beru'i, en irlandais moderne beaibhaim « je bous, je
1. Rufinus, episcopus ccdesie Combcnice. Souscription du concile de
Maçon de 58). F. xMaassen, Concilia aevi Mciwiiioici, p. 175, 1. i.
2. W. Mever-Lùbke, Grammaire des langues romanes, traduction Rabiet,
t. I, p. 447. '
L'm inteivoCiitiijiic en celtique. 241
fonds ^), où /'/' = // (compare/ la règle de la Grniiniiiiliùi irl-
tica, 2^ édition, p. 60, maintien du h entre r et voyelle).
MM. Thurncysen et Duvau prétendent que les doublets
dubno-, liuiiiiio « profond » s'expliquent par la prononciation i'
du A et de T/// dans ces deux mots; mais l'assimilation du h sous
forme d'ni, à 1';/ suivant n'est pas un phénomène spécial au
celtique. On le trouve dans d'autres langues où le changement
d'm en l'est inconnu. On trouvera les exemples chez Brugmann,
Gnnidriss, t. I, 2" édition, p. 661 : grec 73[;.viç « respectable »,
participe de -i'zt\).r. « je respecte, je crains », \):)y.z\).y.'. pour
^va:;j.a'. « je fais la cour à une femme », cf. le béotien 3^.vx
« femme » ; — p. 675 : latin scaiiii'uiii « banc, escabeau », cf.
scabellum, même sens; Saumiuiii, nom du territoire habité
par les Sahiiii ; ombrien tiriniin « in tahcniacnlo », cf. Irchcil
« versatur » ; — p. 692, vieil et moderne irlandais, comparez
l'irlandais inuà, génitif singulier de kni « femme »; dans xuiâ,
ni initial persiste encore aujourd'hui quand l'influence du mot
précédent n'exige pas son changement en /// ou ////; = v. Dans
l'irlandais moderne doiha'ni donibaiii « profond », en gaulois
diihno- dnnino, d'une racine diihub, dhub d'où le gotique
diups, l'anglais dccp, l'allemand licf, le lituanien duhus, V m est
devenu lii, nih = c' parce qu il est intervocalique. On doit ex-
pliquer de la même fliçon 1'///^ /;//; de l'irlandais moderne oiiiaii
omban « terreur », en gaulois obno- puis onino- (Brugmann,
Grnudriss, t. I, 2*^ édition, p. 518, 692).
Il ne faut pas confondre deux règles qui n'ont aucun rapport.
Dans plusieurs dialectes germaniques ))in primitif est devenu
bu, jn, comparez au grec z-.i\).y. « bouche », le gotique slibini,
l'anglo-saxon slefn, le vieux frison slifnr « voix », en allemand
slinune, Brugmann, Grnudriss, I, 2" éd., p. 383. Mais ici 1'///
est primitif, tandis que dans l'irlandais doi'nain Viii tient lieu
d'un b primitif indo-européen, comme dans l'irlandais iniià
ni remplace un b primitif celtique.
Je ne puis donc admettre l'exactitude de la doctrine de
M. Thurneysen telle qu'on la retrouve chez M. Brugmann,
Grundriss, t. I, 2"^ édition, p. 692 : « b dans le groupe celtique
« primitif bn, en indo-européen bn, bbn, gtni, est devenu en
« celtique primitif une spirante (c'est-à-dire v). En irlandais
242 H. D'Arhois Je Jubdiimlle.
« nous trouvons hi notation ;///;: lii-tloiiiiii)i « profond », de
« * dithni-, gallois moderne chvfu, même sens, gaulois Dubiio-
« /7.V, Diimno-rix, primitif * dhubiw; onniii « crainte » pour
« *obiio-, gallois moderne ojii, même sens, gaulois Ex-obnus,
« Ex-oinnus, primitif *()/'/;;w- ; ninà « de la femme » qui est
« le génitif de ben el qui tient lieu d'un primitif ij/nw5 », où,
en vertu qu'une loi celtique b est substitué à gn.
M. Brugmann parait croire ici que 1';// initial de muà se
prononce v, c'est une erreur. Cet m se prononce ///, comme
1'/;/ initial du datif singulier nniaoi, et du datif pluriel mnàibh
du même nom, bcn, aujourd'hui bcaii « femme », au nominatif
singulier. Ce fait suffit pour démolir la seconde thèse de
M. Brugmann et pour établir l'exactitude de la première, ci-
dessus, p. 237.
M. Duvau croit trouver une confirmation de cette seconde
thèse dans le rapprochement de l'irlandais ucni, ucamh « ciel »
en gallois nef, en breton [;/]('//"t', avec le slave ncbo « ciel » ;
mais ce rapprochement paraît n'avoir aucune valeur scienti-
fique : le slave mho « ciel » appartient phonétiquement au même
groupe que le sanscrit uàbhas « brouillard, vapeur », que le
grec v£s;ç « nuage », d'une racine nebh dont dérivent aussi
le latin nebnla, l'allemand nehel « brouillard » et le vieil irlan-
dais lu'l = * iieblo-s « nuage » ; c'est une expression empruntée
à la nature physique. L'irlandais ueni, ueaiiih, et les formes
brittoniques du même mot, tiennent lieu d'un primitif * nemos,
représentant une idée religieuse, qu'on trouve aussi dans les
notations sanscrite et latine du même mot, en sanscrit nâmas
« révérence, adoration », en latin ncmus « bois sacré ». Le
ciel et les bois sacrés sont également le séjour des dieux. Au
moyen âge chrétien on disait encore en Irlande qu'une des plus
anciennes populations de l'ile, les gens de la déesse Dana,
Ti'iatha de Danann, c'est-à-dire les dieux, étaient venus du ciel,
de niiii {Lebor na hUidrc, p. 16, col. 2, 1. 31), do iiiiii (Livre
de Leinster, p. 10, col. 2, 1. 12). De la même racine vient le
substantif gaulois ;7é'///('/o;/ « temple », en vieil irlandais noiicd,
et l'adjectif irlandais ucined « sacré, noble » (Brugmann,
Gntndriss, t. I, 2" éd., p. 374, 375, 377). Fid neimed « bois
sacré » (Whitley Stokes, Togail Troi, p. 19, 1. 732, 733) est
//m intcrioCiiliijiie en ccltiijiic. 245
la tniduction du latin iit'iiiiis, dans l'expression iiciiins Dianae
(Ovide, Fastes, 1. III, vers 261 ; Pline, 1. XXXV, § 52). Dans
Togiiil Tivi, c'est à Zeus qu'est consacré le bois sacré, et par les
mots : rncossciraii . . . fni)iciiuid do loib, ociis a dclb in dca i-sind
ibidnciuiud t.ill, l'auteur irlandais prétend rendre les mots
suivants de Dares Phrvi^ius, livre I\' : Arani Jovi staluamque
cotisccravil (jcà. Ferdinand Meister, p. 6, 1. 11, 12). Le sens
religieux de ncni, uoiicd est donc certain, il ne s'agit ni de
nuages, ni de brouillard comme dans le groupe de mots auquel
appartient le slave iicho.
Ainsi la thèse si savamment soutenue par M. Duvau ne m'a
pas convaincu.
H. d'Arbois de Jubainville.
CORRESPONDANCE
Mon cher Confrère,
En lisant, dans le dernier fascicule de la Revue Celtique,
l'article de M. J. Loth sur l'Histoire de Bretagne de M. de La
Borderie, j'y ai rencontré une phrase dont j'aurais à me plaindre,
si j'étais d'un naturel susceptible. « M. de La Borderie a bien
« raison de se refuser à suivre l'abbé Duchesne dans ses flni-
« taisies linguistiques qui transforment Rcstùvaldus en Bci-
« loaldus et Sevcriniis en Sergius. » Ces paroles médiocrement
gracieuses signifient, pour le public, que, m'étant aventuré
sur le terrain de la linguistique, j'ai considéré les noms Reslo-
valdus et Bcrtoahius, Scveriims et Sergius comme pouvant être
dérivés les uns des autres, par les transformations ordinaires
du langage.
Ce serait en effet de la haute tantaisie.
Mais en est-il ainsi ? Est-ce cela que i'ai prétendu ?
Je pourrais me borner à renvoyer M. Loth à mes Fnsles épis-
copiiiix, t. II, p. 26S et suiv., où je me suis exprimé assez
clairement, je crois, sur le cas de Restoald ou Bertoald. Mais
puisqu'on ne ma pas compris, faute peut-être de m'avoir lu,
il sera bon de revenir en quelques mots sur cette question.
Festinien, archevêque de Dol par la grâce du prince breton
Nominoé, mais désireux d'obtenir du pape Nicolas, avec le
pallium romain, la contirmation de cette situation irrégulière,
adresse une demande à Rome, en alléguant des précédents.
Suivant lui, le pape Séverin aurait jadis consacré comme ar-
chevêque un de ses prédécesseurs appelés Restoald, et le fait serait
Correspondance. 245
consigné dans les G<'.s7(7 pontijîcuni, c'est-à-dire dans le Liber
poitificalis. Le pape répond qu'il y est allé voir et que la vie de
Séverin ne contient rien de semblable.
On jugera comme on voudra de la légitimité de Festinien
et de ses prétentions. Mais je pense que ce prélat était en pos-
session de sa raison et qu'il n'aurait pas allégué au pape un
livre aussi connu à Rome que les Gcsta pontificmii s'il n'avait
pas trouvé dans ce livre au moins l'apparence d'un argument
en sa faveur. Il est vrai que les Gesla poulificiiiii ne parlent
jamais ni de Dol, ni de la Bretagne armoricaine. Mais on y
trouve la phrase suivante : Hic ordinavil Bertoalditin Britanniac
arihicpiscopiini. Il s'agit ici, non d'un évéque de Dol, mais d'un
évéque de Cantorbéry ; mais ni le texte, ni le contexte ne per-
mettent de distinguer entre les deux Brctagnes, et Festinien a
pu croire qu'il mettait la main sur un de ses prédécesseurs.
Quelle qu'ait été sa sincérité réelle, je demande à M. Loth, et
là est toute la question, s'il connaît dans le Liber pmtificaJis un
autre texte auquel puisse être rapportée l'allégation de Fes-
tinien.
Comme je suis sûr qu'il n'en trouvera pas et qu'il ne
voudra pas taxer Festinien de folie, je conclus qu'il sera de
mon avis.
Seulement le texte relatif à 1' « archevêque de Bretagne »
ne se trouve pas dans la vie de Séverin, mais dans celle de
Serge P"". Le pape Nicolas a eu raison de dire qu'il ne trouvait
rien dans la vie de Séverin. Il faut donc admettre ou que son
secrétaire a lu, dans la lettre de l'évéque de Dol, Severinus au
lieu de Sergius, ou que Tévéché de Dol avait confondu ces
deux noms de papes.
Cette confusion, qu'elle se soit produite à Dol ou à Rome,
est la carte forcée. Ai-je besoin d'ajouter qu'elle n"a rien à voir
avec une transformation linguistique ?
Quant à Bcrtoald changé en Restoald, il est possible que la
faute remonte à la correspondance originale ; il est tout aussi
admissible qu'elle soit le fait de quelque copiste des temps
postérieurs, ou même de quelque éditeur. Je n'en saurais rien
dire, car nous n'avons point encore de texte critiquement établi
des lettres de Nicolas I".
246 Correspondance.
En somme il n'y a ici que des cacographies de copistes ou
des lectures incorrectes. M. Loth peut l'admettre, sans crainte
aucune pour les bonnes traditions de la linguistique, dont je
vénère en lui un dépositaire éminent.
Agréez, etc.
L. DUCHUSNE.
BIBLIOGRAPHIE
J'ai fait paraître en 1899 un volume intitulé: La civilisa! ion
lies Celtes et celle de l'épopée hoinériquc. M. Salomon Reinach a
publié la môme année dans la Chronique des Arts et de la Cu-
riosité un article très bienveillant sur cet ouvrage. Dans cet
article l'auteur a fait un certain nombre de critiques que je
crois devoir porter à la connaissance des lecteurs de la Revue
Celtique'. M. Salomon Reinach est un archéologue trop émi-
nent pour que, lorsqu'il s'agit d'archéologie, je ne croie pas
qu'en un grand nombre de cas il ne puisse avoir raison contre
moi.
« P. 56, M. d'Arbois étudie le rôle des chiens de guerre
chez les Gaulois et ajoute qu'ils sont inconnus à la littérature
homérique. Sans doute ; mais ils sont bien connus de l'art
gréco-ionien, qui reflète les traditions de Tépoque homérique;
on les trouve figurés sur les sarcophages de Clazomène et sur
beaucoup de vases archaïques. (Voir la Revue des Etudes grec-
ques, 1895, P- ^75-) Il y ^ 1-^ "J"^' analogie de plus entre le
monde proto-hellénique et le monde gaulois.
« P. 174, M. d'Arbois dit que « Lucain atteste la notoriété
en Gaule de ce dieu qu'il appelle Teutates. » On a démontré,
au contraire, dans la Revue Celtique, dirigée par M. d'Arbois,
que le Teutates de Lucain est un dieu local et qu'il est cité
comme tel par le poète romain.
« P. 232, l'auteur se trompe complètement quand il dit que
les Celtes du temps de César inhumaient leurs morts; ils les
brûlaient et c'est pourquoi nous possédons si peu d'objets de
I. Ce sont exclusivement les critiques que j'ai cru devoir réimprimer ici.
248 Bibliographie.
cette époque. On a découvert des traces d'incinérations cel-
tiques en Picardie, en Normandie, au mont Beuvray et dans le
Gard. A la même page, M. d'Arbois dit qu'à l'époque néoli-
thique l'usage dominant a été l'incinération: c'est exactement
le contraire de la vérité. L'incinération ne se répandit en Gaule
qu'à l'âge de bronze: elle tendit à disparaître pendant le pre-
mier âge du fer, revint en honneur au second âge du fer et
s'etiaça définitivement vers le m'' siècle après J.-C. M. d'Arbois
a eu tort de citer à ce sujet feu Jules Quicherat, alors que le
témoignage de ses propres yeux, au cours d'une promenade
rapide au musée de Saint-Germain, aurait suffi à le renseigner
exactement.
« P. 325, M. d'Arbois combat l'identification des vierges
gauloises de Sena avec Circé et ses compagnes — identification
qui a été proposée dans la Revue CcUiqiic, t. X\'III, p. i —
en disant que Circé n'est pas vierge. Sans doute, au sens phy-
siologique du mot ; mais Circé n'est pas mariée et les filles de
l'ile de Sena, qui ne le sont pas davantage, se montrent tout
aussi hospitalières que Circé envers les étrangers. Pomponius
Mêla, le seul auteur qui nous parle d'elles, atteste qu'elles
ne rendent d'oracles qu'à leurs amants (dcditas navi>^antilu(s).
C'est du moins ainsi que je comprends le passage.
« P. 341, De ce que le bouclier gaulois était très grand, il
ne résulte nullement qu'il fût « très lourd », car il était en
bois, avec une simple armature de métal.
« P. 367, M. d'Arbois hésite à croire que les Gaulois eus-
sent des armes de fer en 390, à la bataille de l'Allia, parce
qu'aucun texte ne l'affirme. Mais on n'a vraiment pas besoin
pour cela des textes. Nous connaissons quantités de sépultures
gauloises contemporaines de la bataille de l'Allia et même an-
térieures ; or, on n'y rencontre jamais d'armes de bronze.
« P. 374, l'auteur trouve « inutile d'insister sur le collier
dont se parait le guerrier gaulois et qui, en Grèce, était réservé
aux femmes. » Il aurait flillu, au contraire, insister sur cette
question du torques ; si les textes grecs et latins du iv^ et du
iii^ siècle avant J.-C. l'attribuent aux guerriers gaulois, les
tombes gauloises du vi"' et du v"' siècle prouvent qu'il était ex-
clusivement porté par les femmes. Je crois que les Gaulois n'ont
Bibliographie. 249
adopte le torques comme ornement viril qu'à l'imitation des
Htrusques, gens etiéminés.
« En terminant, je dois dire que le beau livre de M. d'Ar-
bois ne doitdécourager personne de traiter à nouveau le même
sujet. Il y a encore bien des analogies entre l'industrie grecque
la plus ancienne et l'industrie celtique qu'il n'a pas eu occa-
sion de signaler. Ces analogies sont surtout frappantes dans la
décoration dite géométrique, dans l'emploi des fers à cheval
concentriques, etc. Il est probable que plusieurs d'entre elles
sont de simples rencontres, comme la ressemblance qu'on a
récemment observée entre une graviu'e sur os de renne décou-
verte en France et un très ancien vase trouvé à Athènes ;
mais avant d'exprimer une opinion à ce sujet il faudrait pos-
séder un tableau complet des analogies accidentelles ou autres,
et c'est là un travail bien digne de tenter la plume d'un ar-
chéologue sachant manier la plume et le crayon. »
Mon devoir comme directeur de revue était de porter à la
connaissance des lecteurs de mon livre, autant qu'il m'est pos-
sible, cette savante contradiction. Cependant il y a quelques
points sur lesquels, en qualité d'auteur, je garde mon opinion K
H. D'A. DE J.
I. Et moi aussi. — Salomon Reixach.
Revue Celliijue, XXII. 17
CHRONIQUE
SOMMAIRE: 1. Mort de M. de La Borderie. — H. de M. Emile Htibner. — III. Car-
tulaire de Gorze. — iV. Le tyran Domiiianus. — V. Mémoire de M. Strachan sur
les temps passés en vieil et moyen irlandais. — VI. Monnaie de Verica, fils du
roi breton Commius. — VII. Version galloise inédite d'epities de saint Paul. —
VIII. Les anciens forts d'Ecosse. — l.X. La légende de saint Brendan. — X. La
collection Morel.
I.
Les études celtiques vieiineiit de fliire une grande perte par la mort
presque simultanée de M. Arthur Le Moyne de La Borderie et de
M. Emile Hùbner.
M. Arthur Le Moyne de La Borderie, décédé le 17 février dernier à
Vitré, Ille-et -Vilaine, avait atteint l'âge de 75 ans. Il devait à sa fortune
inie position indépendante. Il a consacré à l'histoire de la Bretagne près de
cinquante ans d'une vie laborieuse. Le couronnement de cette carrière scien-
tilique a été son Histoire de la Bretagne, trois volumes grand in-8, 1896-
189g, contenant: 1° iv-592, 20111-556, 3" iv-617 pages. Malheureusement
cet ouvrage est inachevé ; il se termine à l'année 1 564. Deux autres volumes
devaient le suivre: t. IV, 1564-1532; t. V, 1532-1789.
Il a été précédé d'un grand nombre de travaux moins considérables dont
nous allons citer quelques-uns :
Annuaire historique et archéologique de Bretagne, année 1861, in-i2, xx-
248 pages. Le principal article « Notions élémentaires sur l'histoire de Bre-
tagne » depuis les origines jusqu'au ix<-* siècle, première partie, a 154 pages.
Nous citerons aussi un autre article : « Anciennes divisions ecclésiastiques
de la Bretagne », 14 pages.
Annuaire historique et archéologique de Bretagne, 1862, in-12, XXVIII-
2)2 pages, comprenant la suite: 1° des « Notions élémentaires » jusqu'au
ixe siècle; 2° des « Anciennes divisions ecclésiastiques ».
Le Carlulaire de Redon, réponse à quelques critiques de M. de Courson,
1865, in-8, 38 pages.
Géographie gallo-romaine de l'Arniorique. Diahlintes, Curiosolites et Coriso-
pites, in-è, 1881, 33 pages.
Études historiques bretonnes. L'Historia Britonum, attribuée à Nenuius, et
Chronique. 25 1
/'Histori.i Britannica luv?»/ Gt-o/Z/w i/i' A/o/;;//o»//.', 1883, in-8, 131 pages. Cf.
Reviw Celtique, t. VI, p. 118.
Etudes historiques hrelotines. Les deux saiiils Caïadec, légendes latines iné-
dites, 1S85, in-8, 51 pages. Cf. Revue Celtique, t. V, p 501.
Etudei historiques bretouues. Les véritables prophéties de Merlin, 1885, in-8,
81 pages. Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 126.
Vie inédite de^aint Malo écrite au ix<= siècle par Bili, publiée avec notes et
prolégoinèues par le R. P. Fr. Plaine O. S. B. — Autre vie de saint Malo
écrite au i\^ siècle par un anonyme, publiée avec notes et observations par Arthur
de La Borderie, 1884, iii-8, 177 pages. Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 384.
Inauguration du monument élevé îi D. Lobiueau ... Relation de la céré-
monie. Eloge historique de Dom Lobineau, 1886, in-8, 71 pages.
Histoire de Bretagne. Critique des Sources. Les trois vies anciennes de saint
Titdual, texte latin, commentaire historique, 1887, in-8, 134 pages. Cf. Revue
Celtique, t. X, p. 233.
Etudes historiques bretonnes, deuxième série. Critique hagiographique, S. Clair
et S. Yves. La grande guerre de la succession de Bretagne au xive siècle, 1888,
in-8, vi-257 pages.
Recueil d'actes inédits des ducs et princes de Bretagne (\i^, .\ii^', .\iue siècles),
1888, in-8, 326 pages.
Cartulaire de l'abbaye de Landevennec, 1888, in-8, xi-218 pages.
Essai sur la géo^^raphie féodale de la Bretagne, 1889, in-8, 195 pages.
Histoire de Bretagne. Critique des sources. Saint Maude\, texte latin des deux
vies les plus anciennes, etc., 1891, in-8, 71 pages. Cf. Revue Celtique, t. XII,
p. 411.
La Bretagne et son histoire. Leçon d'ouverture du cours d'histoire de Bretagne
professé à la Faculté des Lettres de Rennes (4 décembre iSc/o), 1891, in-8, 2opages.
Histoire de Bretagne. Critique des sources. Saint Goulven, texte de sa vie
latine ancienne et inédite. Publié avec notes et commentaire historique, 1892, in-8,
250 pages. Cf. Revue Celtique, t. XIII, p. 410.
Histoire de Bretagne. Critique des sources. Saint Hervé, texte latin de la vie
la plus ancienne de ce saint publié avec notes et commentaire historique, 1892,
in-8, extrait des Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord,
t. XXIX, p. 251-304. Cf. Revue Celtique, t. XIII, p. 410.
M. de La Borderie est l'auteur de l'introduction en soixante-seize pages
du volume intitulé: Monuments originaux de l'histoire de saint Yves, 1887,
in "4, Lxxvi, 315 pages. Cf. Revue Celtique, t. VIII, p. 395.
Tous les ouvrages dont je viens de parler sont arrivés dans ma biblio-
thèque ex dono auctoris. J'avais été condisciple de La Borderie à l'École des
Chartes en 1850. Q.uoiquc nous fussions du même âge, j'étais en première
année et lui en troisième. Nos relations, commencées sur les bancs de
l'école, n'ont pas cessé depuis. Cependant il ne m'a pas envoyé tous ses
livres. En voici qui ont un intérêt au point de vue celtique et dont je ne
connais que les titres grâce à des catalogues : Les Bretons insulaires et les
Anglo-Saxons du V<^ au VI'^ siècle, 1873, in-12, 272 pages. — L'Imprimerie
en Bretagne au XV<^ siècle, 1878, in-4, 1 54 pages. — Correspondance historique
2^2 Chronique.
des Bèui'dictius bretons, 1880, in-8, 528 pages. — Éludes bretonnes. Gtldas et
Merlin, 1884, in-8, 584 pages. Cf. Revue Celtique, t. VI, p. 410. — Archives
du bibliophile breton (Histoire de l'imprimerie en Bretiiijne nu XV h siècle),
1880-1885, 3 vol. in-8 de 200 pages chacun.
Sorti de l'École des Chartes le premier de son cours en 1852, La lîor-
derie était devenu correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-
Lettres en 1883, membre libre de la même Académie en 1889. Il a dirigé
la R.tuie de Bretagne et de Vendée, il a présidé la Société des Bibliophiles
Bretons. Il a fait gratuitement un cours d'histoire de Bretagne à la Faculté
des Lettres de Rennes. 11 laisse un des modèles les plus honorables du
savant désintéressé. Je regrette vivement que la mort ne lui ait pas laissé
le temps, non seulement d'achever son histoirt de Bretagne, mais aussi
d'accomplir une promesse qu'il m'avait faite, c'était de publier un recueil
complet des textes hagiographiques latins concernant la Bretagne.
II.
M. Emile Hùbner, mort à 67 ans, le 21 février dernier, était professeur
de philologie classique à l'Université de Berlin. Ses principaux ouvrages ont
au point de vue des études celtiques une importance fondamentale. Ce sont :
Inscriftioiies Hispaniae latinac, formant le t. II du Corpus inscriptiouum
latinarum publié par l'Académie de Berlin, un volume in-folio, 1869, avec
un supplément, 1892, le tout contenant cv, 1224, 48 pages.
Inscriptiones Hispaniae christianac, un volume in-4, 1871, contenant xvi,
120 pages.
Inscriptiones Brilanniae latinae, formant le t. VII du Corpus inscriptionum
latinarum, publié par l'Académie de Berlin, un volume in-folio, 1875, con-
tenant XII, 2, 345 pages.
Inscriptiones Britanniae chrislianae, un volume in-4, 1876, contenant
XXIV, TOI, 5 pages.
Exempta scripturae epigraphicae latinae a Caesaris diclatoris morte ad aetatem
Justiniani, un volume in-folio, 188), contenant Lxxxiv, 458 pages. On y
trouve en grand nombre des noms d'homme d'origine celtique.
Mouunwnta linouae ibericae, un volume in-folio, 1895, contenant cxi.iv,
264 pages. En dépit du titre, un certain nombre de noms d'origine celtique
figurent dans ce volume, aussi important pour l'histoire des populations cel-
tiques que pour celle des populations ibériques en Portugal, en Espagne et
dans la France méridionale. Cf. Revue Celtique, t. XV, p. 137.
III.
M. A. d'Hcrbomez vient de publier sous les auspices de la Société des
Antiquaires de France en exécution du testament d'Auguste Prost le Car-
tulaire de Gorze, ms. 826 de la Bibliothèque de Metz. On peut y signaler
quelques noms celtiques ou gallo-romains: p. 120, Modover = * Mogto-
briga = *Mogeto-bri(;a, aujourd'hui Moyeuvre, Alsace-Lorraine, ancien dé-
partement de la Moselle, arrondissement et canton de Thionville; p. 43,
Chronique. 255
vilhiiu luvnitu' Quittciaco, Quincy, Meuse, arrondissement et canton de
Montmédy; p. 93, Patriniago que l'auteur suppose être Prény, Meurthe-
et-Moselle, arrondissement de Nancy, canton de Pont-A-Mousson, etc. Un
nom ligure est Biiriasctis, p. 201, avec des variantes celtiques, finis Biiri-
ciaga, villa Biiriago. p. loi, 204, 445, aujourd'hui Buret, commune de
Walville, Alsace-Lorraine, ancien département de la Moselle, arrondis-
sement de Metz, canton de Gorze. Dorniiicuin, p. 175, 185, — qui, suivant
l'auteur, p. 494, serait Dornot, Alsace-Lorraine, ancien département de
la Moselle, arrondissement do Metz, canton de Gorze, — peut être aussi
uu mot ligure.
IV.
Feu De Witte, membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles-
Lettres, a publié en 1S62 un volume in-4 de 202 pages et XLIX planches,
intitulé : Rixhcrches sur les eniperctirs qui ont régné dans les Gaules au troisième
siècle de l'ère chrétienne. Ces empereurs sont au nombre de cinq : Postumus,
258-257 ; Victorinus, 265-268; Marins, 267; Esuvius Tetricus père et
EsuviusTetricus tîls, 268-273. A cette liste il fout ajouter Domitianus, 262;
on vient de l'apprendre grâce à une note lue par M. Babelon à l'Académie
des Inscriptions dans la séance du 29 mars dernier. N'ayant pu assister à
cette réunion je prends dans le Journal Le Temps le résumé de la lecture de
M. Babelon :
« M. Babeton communique une notice due au colonel Allottede la Fuye
qui relate la découverte d'une monnaie de bronze du tyran Domitianus,
contemporain de Gallien et de Tetricus. Cette découverte a été faite par
M. Félix Chaillou dans sa propriété des Cléons, canton de Verton (Loire-
Inférieure).
« Ce Domitianus était devenu populaire parmi les soldats, à la suite de sa
victoire en lUyrie sur Macrien.
« Il était alors lieutenant d'Aureolus, général de Gallien, et aucun texte
ne nous affirmait qu'il eût pris la pourpre. La nouvelle monnaie trouvée aux
Cléons, Loire-Inférieure, met ce fait hors de doute; elle nous atteste égale-
ment que ce nouvel Auguste fut proclamé par ses soldats probablement en
Gaule, peu après l'an 262. Son pouvoir dut être aussi éphémère que celui du
forgeron Marius. »
La victoire remportée sur Macrien par Domitianus est mentionnée deux
fois par Trebellius PoUion, Gallieni duo, c. 2, §6; Tyranni triginta, c. 13.
De la communication faite par M. Babelon il résulte qu'il y- a un
sixième nom à ajouter aux cinq noms d'empereurs gaulois mentionnés par
M. De Witte.
V.
Dans la séance tenue le i^r février par la Philological Society, M. Strachan
a lu un mémoire sur les temps passés en vieil et moyen irlandais, notam-
ment sur la différence entre asrubart et asherl, le premier ayant le sens de
plus-que-parfait, le second celui de parfait. C'est la doctrine de MM. Zimnier,
Revue Celtitjuc, XXII. 1 7 .
2 54 Chronique.
Thurneysen, Sarauw. Le prétérit, asbert « il dit », est le temps de la nar-
ration (cf. Revue Celtique, t. XXI, p. 130; t. XXII, p. 147).
VI.
Le 21 février, en séance de la Société de Numismatique de Londres,
M. Grueber a communiqué une monnaie d'argent du chef breton veric(a)
c(o.\i.Mii| FJiLivs] ornée au revers d'une tète laurée semblable à celle c'es
monnaies de l'empereur Tibère. Cette monnaie a été trouvée en Angle-
terre, près de Challow, Berkshire.
VII.
L'archidiacre D. R. Thomas, de Saint-Asaph, va publier par souscription
une version galloise des épitres à Timothée, Titus et Philémon, écrite au
XYi"^ siècle par l'évèque Richard Davies.
VIII.
Dans la séance de la Biitish Archaeological Association tenue le 5 avril,
M. Patrick, secrétaire honoraire, a donné lecture d'un mémoire de Miss
Russel sur quelques forts de pierre brute en Ecosse. Un de ces forts est celui
de Craig Phadraig. Ce fort serait identique à celui de Loch Ness où saint
Columba alla faire visite au roi des Pietés. Il ne présente pas de traces vi-
sibles de vitrification.
IX.
La légende de saint Brendan est en ce moment le sujet d'une conférence
hebdomadaite de M. G. Paris. Nous en parlerons dans une prochaine li-
vraison.
H. d'Arbois de Jub.mnville.
Paris, le jo mars 1901.
X.
Le Musée Britannique vient d'acquérir, à Reims, une très importante
collection d'antiquités gauloises, dont une partie était exposée au Petit Pa-
lais en 1900. M. Morel, qui l'avait formée en explorant les tombes gauloises
de la Champagne, en a fait connaître autrefois les principaux monuments
dans un bel album en couleurs intitulé : La Champagne souterraine. Par
l'acquisition delà collection Morel, le Musée Britannique comble une lacune
très regrettable dans ses riches séries archéologiques et s'assure désormais
le second rang (le premier appartient au Musée de Saint-Germain) pour
l'abondance et l'importance des monuments appartenant au second âge du
fer gaulois.
Salomon Reinwch.
Paris, le 26 avril 1901.
PÉRIODIQUES
SOMMAIRE: I. The Journal cfihe royal Society of Aniiquaries of Ireland. — II. Mé-
moires de la Société royale des sciences de Bohème. — III. Boleiin de la Real
Academia de la Historia. — IV. Entre camarades. — V. Sitzungsberichte der K.
Académie der Wissenschaften in Wien. — VI. Folklore. — VII. Celtia. — VIII.
Analecta Bollandiana. — IX. Romania.
I.
The Journal of the Royal Society of AxTiatARiES of Irelakd,
vol. XXXI, première livraison, 31 mars 1901. — Mémoire par M. Thomas
J. Westropp sur les restes préhistoriques observés par lui dans le Gare nord-
ouest. Il s'agit de forts construits en pierre. Je ne saisis pas bien le sens
que l'auteur attribue.au mot préhistorique, quelle date approximative veut-
il indiquer par cette e.xpression? — Nouvelle lecture proposée par M. Rliys
pour l'ogham de Gigha : og.ma maq.i tigerxi. Le nominatif correspondant
à maqi tigenia serait le gallois mechdeyiii, le breton niachtiern, dont le premier
terme, racine mak, n'aurait pas été développé au moven du suffixe -uo. Te-
gernacus pour *tigeruacits, en irlandais Tigernach ', serait la forme hypocoris-
tique de maqos tigerni. — Essai par M. H. -T. Knox d'une identification des
noms de lieu mentionnés dans les collections de Tirechan. L'auteur com-
mence par une exposition de ses idées sur la chronologie de saint Patrice ;
je ne puis les admettre puisque notamment je ne crois pas que ce célèbre
apôtre ait été à Rome. Q.uant aux noms modernes qu'il propose, je n'ai
aucune opinion. — Extrait de Froissard concernant le purgatoire de saint
Patrice.
II.
Mé.moires de LA Société royale des Sciences de Bohème, classe des
sciences PHILOSOPHId'.ES, HISTORiaUES ET PHILOLOGIQ.UES, I9OO. — LcS
origines romanes. La première personne du pluriel en gallo-roman par
M. F. Geo Mohl. D'où vient Vo de « chantons » ? le latin canUlmits exige-
I. Cf. Rhys, Lectures on ■^•ehh philohgy, 2« édition, p. 209,211, 385, 386;
Hùbner, Inscriptiones Britaimiae Christiauae, n°^ 34, 58.
2^6 Périodiques.
rait une autre voyelle. Cet o est emprunté à la première conjugaison cel-
tique : * Iwioiiiosi, * beromos ou *beromo « nous portons » ; *canoniosi, *ca-
nonius « nous chantons » • ; c'est une faute de latin commise par une partie
des Gaulois ; comparez la faute pot-csti pour pot-est dans la tablette magique
de Chagnon signalée par M. JuUian, Académie des Inscriptions, 1897,
p. 177-186.
M. Molli reconnaît la désinence gauloise de la première personne du
pluriel dans une partie de l'Italie septentrionale, même au sud du Pô jus-
qu'à Rcggio ; elle fait défaut dans la Provence latinisée de bonne heure et,
ajouterons-nous, plus ligure que gauloise ; cette désinence est générale dans
le français du nord.
Il y a quelques points sur lesquels je me sépare de l'auteur.
Je distingue les Taurisci gaulois des Tautini ligures.
Je considère comme très puissante l'influence des écoles romaines en
Gaule. Le succès dans ces écoles était pour l'aristocratie gauloise la condi-
tion sine qua non de l'accession aux fonctions publiques, c'est à elles qu'est
dû le rapide triomphe du latin sur le gaulois; et, les nobles gaulois n'ayant
pas l'habitude de faire manger les domestiques à la cuisine, les domes-
tiques se sont bientôt fait honneur de parler le langage des maîtres. La vanité
a sur l'homme une si grande influence! M. Mohl allègue la persistance du
polonais malgré la conquête russe, mais le polonais a une littérature écrite
dont elle est fière; la Gaule n'en avait pas ; et les Romains, meilleurs psy-
chologues que les Russes le sont en Pologne, n'ont pas comme les Russes
commis la faute de prétendre imposer en Gaule leur langue par la force et
comme une sorte d'humiliation en provoquant ainsi la résistance. Les Gau-
lois se sont fait honneur de savoir parler latin, de connaître la langue de la
civilisation et de la suprématie politique. L'histoire de la Gaule à ce point
de vue doit être comparée à celle, non de la Pologne, mais des populations
payennes de la Sibérie.
III.
BoLETiN' DE LA Re.\l Academia DE LA HiSTORL\, t. XXXVIII, 2= Cahier,
février 1900. — Édition par le P. Fidel Fita des canons inédits d'un concile
tenu à Oviedo vers l'année 900. On y voit apparaître un évéque siégeant in
Britavia (p. 116); il s'appelait Teodesindiis qu'il faut corriger en Rudesindus
(Ganis, p. 50, 51). Il s'agit du siège épiscopal breton d'Espagne bien connu
des celtistes. On a jusqu'ici admis que le titre d'episcopiis Britoniensis avait
disparu en 683 ; il survivait plus de deux cents après. Rudesindus portait
aussi le titre d'episcoptis Dumiensis (Espana Sagrada, t. XVIII, p. 66-70, 313).
IV.
Entre Camarades publié par la Société des anciens élèves de la Faculté
I. M. Mohl écrit à tort hcrouie, canome; cf. Brugmann, Grundriss, t. II,
p. 1354.
PnioJi<]ue.s. 257
tics Lettres de rUnivcrsilc de Paris, 1901. — De qiulques faits dinlluencc
consonantiqiie à distance en gaélique par G. Dottin. Intéressants exemples
i" de dissimilation, 2" d'assimilation, 3" d'interversion, tels i" rt/(;/7(' pour
alailt- (' autre », 2»^ diudadh en dialecte de Munster pour dingadh « glousser » ;
^'^ coisrcihiid, du latin coiisccrulio avec cliangement de suliixe; béarla, forme
moderne de /v7/v « langue ».
V.
SlTZUNGSBERICHlE DES KaIS. ACADEMIK DER WlSSENSCHAFTEN IK WlHN.
Philosophisch-historische Classe. Tome CXLIII. — L'accent en gaulois
p.ir Wilhelm Mever-Lùbke. AL Thurneysen. un des savants qui, en ces
dernières années, ont fait faire aux études celtiques le plus de progrès, a
émis Popinion que le celtique primitif accentuait l'initiale de tous les sub-
stantifs. Cette doctrine paraît être celle qui a prévalu depuis. Je ne l'ai jamais
admise. Suivant moi, la syllabe accentuée en celtique primitif est celle qui
est devenue finale dans les langues modernes ' ; le dialecte breton du van-
netais a seul conservé l'accent primitil ; l'accent irlandais sur l'initiale, l'ac-
cent breton et gallois sur la pénultième sont tous deux relativement mo-
dernes. Nîmes de Xcimxusus, Gap de Uapinciiin conservent, non l'accent
gaulois, mais l'accent ligure-. Traitant le même sujet, mais au point de vue
exclusif du gaulois, M. W. Meycr-Lùbke arrive à cette conclusion que le
gaulois nous est connu trop incomplètement pour permettre l'établissement
d'une règle certaine, mais qu'en cette langue les noms composés accentués
sur la syllabe finale du premier terme, comme Vidû-casses a Vieux », Bilû-
l't^es « Bourges », conservent probablement l'accent indo-européen, qu'en
général les noms de lieu gaulois portent l'accent sur la pénultième quand
elle est longue, sur l'antépénultième dans le cas contraire. Aux exemples
réunis par M. Meyer-Lùbke on peut ajouter la forme moderne, Ccnlnlc, du
nom d'homme gaulois Cintiilliis.
Le savant romaniste dans le cours de son mémoire adresse à M, Holder
et à moi quelques critiques qui ne me semblent pas justifiées.
Ainsi il prétend qu'il n'existe aucune raison pour considérer comme long
le second a d\4lirbates. C'est que M. Meyer Lùbke ignore le rapprochement
du thème gaulois alreba- avec un thème irlandais de la seconde conjugaison
dont \'(i final est primitivement long : alreba (habitat, possidct, coiilinel),
1. Sauf quelques voyelles hystérogèncs.
2. Ou peut-être ibère. M. J. Lcite de Vasconcellos me fait observer que
le nom du grand fleuve d'Espagne, l'Ebre, est en latin Hibc rii s (LuaVin, Si-
lius Italiens, Claudien, Avicnus); or, de l'espagnol Ebro, il résulte que ce
terme géographique latin était accentué sur l'antépénultième, quoique la
pénultième fut longue. Ebro d'Hîbirùs est la résultante de la même loi que
Gap de Uapiiiciiiii et que Nîmes de Nemaiisiis. L'orthographe grecque "l'^r,-,
au génitif 'I^>rj;or, ne peut être alléguée: quand il s'agit des régions occi-
dentales de FFurope, la notatipn latine est toujours plus exacte que la no-
tation grecque.
2)8 Périodicjucs.
Grannnalica ccltica, 2^ cd., p. 554<i et note; utichat (habitant), ibidem,
p. 10 a.
Il reproche à M. Moldcr de donner Dcvoiia comme forme primitive de
Dii'ona « Cahors », c'est, dit-il, une assertion sans preuve. Mais il est par-
faitement clair que les Gallo-Romains ont dans un certain liombre de noms
remplacé par la prononciation latine la prononciation gauloise du même
mot. C'est ainsi que Boilio-iassiS est devenu Badio-iasscs, Baiocasses « Bayeux ».
Divona est le même mot que Dèvaiia, d'où Aberdeen en Ecosse ; cf. Divo-
diirnni pour Dcuo-diiruin par l'inHuence du latin dii'us. D'ailleurs le Aojr.'ova
« Cahors » de Ptolémée, 1. II, c. 7, ^9, éditions donnt-es chez Dido»,
p. 204; Tauchnitz. p. 100; Baedeker, p. 134, par Mùller, Nobbe et Wil-
berg, doit être corrigée en Ar,ojova ^=- Divona, correction nécessaire au Bi-
bona de la Table de Peutinger.
Je persiste à croire que 1';/ de -diinnn dans les noms composés est long.
Le gallois dir « fort, certain, sur », qui employé substantivement signifie
« force, certitude » et le breton dir « acier » supposent un celtique primitif
dûio-. C'est le gallois (/«;• qui vient du latin diiius. Dora, traduisant oslcinn
pour 05////»/, dans le dictionnaire d'Endlicher, est excellent. Mais Isarnodoi uni
« porte de fer » dans la vie de saint Oyand écrite au vi^ siècle '■ est sans
valeur, puisque cette traduction date d'une époque où l'on ne parlait plus
gaulois. Isarno- lui-même est germanique et non gaulois: le breton hoinint
« fer )) exige un primitif (Va; //o-. Le changement de diiiuni en doruin n'est
pas plus étonnant que celui de dfiniini en doniini ; cf. Diiro-storuni et sa va-
riante Do/o^/o; /////, Holder, t. I, col. 1586.
Au sujet de ce mot dnuiini M. Meyer-Lùbke a peine à comprendre qu'il
soit traduit tantôt par « montagne », tantôt par « forteresse ». S'il était aussi
bon archéologue que grammairien, il saurait qu'en grand nombre les for-
teresses gauloises étaient situées sur des montagnes, en sorte que la confu-
sion des deux sens « forteresse » et « montagne » était toute naturelle.
La note i de la page 6 contient au moins trois erreurs: caiant et dechant
ne peuvent être irlandais, dechinad, aujourd'hui dcachnilhuih, vient non de
dccemctos, mais de *dcknjnuitos, plus tard *dckanialos.
VI.
FoLK-LoRE, t. XII, no I. — Mémoire d'Hléonor Hull sur les tabous ou
geasa du vieil irlandais. C'est un travail d'ensemble sur un sujet qui, me
semble-t-il, n'a été que partiellement traité jusqu'ici.
I. Saint Ovand, Entendus, mourut en 516 ou 517 {Bibliotheca hagio^ra-
phica latina, publiée par les Bollandistes, p. 401); cf. Bruno Krusch, Siiip-
tornin rciiini nuTovin^^icariDn toniiis III, p. 126. On trouve à la page 154 le
texte dont il s'agit: Ciii vetiista pai;atiitas ob celebii latent claiisuramqiie foi lis-
siniani stipt'rtiliosisfinii tenipli Gallica lingua Isanordoi i, id est feriei ostii, in-
didil nonieu. La GùUiea lingua f\t: l'auteur est le burgunde.
Périodiques. 259
VII.
Celtia, mars 1901. — Le 7 février dernier, le D' Maclean a fait à l'Uni-
versité de Glascow un exposé de l'histoire des études celtiques depuis cin-
quante ans. Il m'y adresse une critique parfaitement fondée quand il dit que
j'ai eu tort de négliger l'Ecosse dans le relevé de mss. irlandais que j'ai
publié en 1883. J'ignorais alors quelles richesses possède en fait de manus-
crits irlandais la patrie de mon docte critique. Depuis, bien des savants
m'ont reproché cette lacune. Je regrette de n'être pas allé visiter la biblio-
thèque des avocats d'Edimbourg. Mon Essai d'mt catalogue de la littérature
épique de l'Irlande, qui a été imprimé à mes frais et avec lequel j'ai perdu
de l'argent, est incomplet. — Suite du dictionnaire anglais-gaélique-man-
nois-gallois-breton : d'ackuoiuledgiueiit à adjective. — La partie gaélique du
Livre de Deir, 3e édition, par M. T.-O. Russell. Une traduction anglaise
accompagne le texte. C'est une reproduction de celle de M. Whitley Stokes
{Goidelica, 2^ édition, p. 106-121), à de très légères variantes près. — Vo-
cabulaire gallois-breton par M. F. Vallée.
Avril 1901. Suite du dictionnaire anglais-gaélique, etc.: à'adjoiu à
advertiser. — Continuation du vocabulaire gallois-breton de M. F. Vallée.
— Errata de M. T.-O. Russel à son édition du Livre de Deir. — Intéres-
sants articles bibliographiques.
VIII.
An-.\lect.\ BoLi.ANDi.WA, t. XX, fascicule i. — Ordinairement j'évite de
rendre compte de livres que je n'ai pas reçus soit en don, soit moyennant
payement. Je fais exception pour le mémoire de iM. Ludwig Traube, Per-
loiia Scotorum que je trouve annoncé aux p. 103-106 de la livraison dont je
viens de donner le titre. Péronne, aujourd'hui petite ville de France du dé-
partement de la Somme, eut une abbaye irlandaise qui paraît avoir duré
du milieu du septième siècle à l'année 880. L'irlandais saint Fursy, abbé
et fondateur de l'abbaye de Lagny, fut enterré à Péronne entre les années 641
et 642. Saint Foillan, frère de saint Fursv, devint abbé de Péronne avant
632. Vers 673-691, on y trouve l'abbé irlandais saint Ultan ; entre 673(?)
et 706 l'abbé irlandais Cellanus.
IX.
Ro.MAS'lA, t. XXX. — Deux mémoires de M. Ferdinand Lot : I. Nou-
velles études sur la provenance du cycle arthurien, relations d'Arthur avec la
Cornouaille anglaise, le Pays de Galles et l'Ecosse. II. Le cri de la bête
dans le Daniel du Stricker.
Besançon, le 17 avril 1901.
H. d'Aubois de Jubainville.
ERRATUM.
P. 45. 1. 9 et 14. (//( lieu tic Lazanioii. liici Layamoii.
Le Proprichiiit'-Gcrûiil : ^'eLlvc E. Bouillon.
Chanres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert.
L^ELÉMENT GAULOIS
DANS LA LANGUE FRANÇAISE
Feu Arsène DARMESTETER
LES ROMAINS ET LES GAULOIS
Des peuples d'origines diverses habitaient le pays limité par
la Méditerranée, l'Océan, les Pyrénées, les Alpes et le Rhin:
c'étaient au Nord et au centre les Belges et les Celtes, deux
grandes tribus de la famille gauloise; au Sud-Ouest, entre les
Pyrénées, l'Océan ci la Garonne, les Aquitains ou Ibères qui
s'étendaient antérieurement jusqu'aux Cévennes et au Rhône.
Entre le Rhône et les Alpes étaient les Ligures qui de l'autre
côté des Alpes possédaient le Nord de l'Itahe, la Gaule Cisal-
pine. Les Ligures étaient d'origine gauloise^, les Ibères
n'étaient pas indo-européens. Enfin, sur les côtes de la Médi-
terranée florissaient des colonies grecques dont la plus illustre
était Marseille. Sur les bords du Rhin, au Nord-Est, les Ger-
mains faisaient des incursions dans la Belgique. Marseille et
son territoire, les Ligures, les Ibères, les Celtes, les Belges
formaient autant de peuples divers, indépendants, se subdivi-
sant en une foule de peuplades et de cités ayant leur auto-
I. Mûllenhoff les croyait Anariens. Suivant d'autres ils sont indo-euro-
péens, probablement du groupe italiote. — Note de la rédaction.
Rivue Cdliqut, XXII. i8
262 Feu Arsène Darmesieter.-
nomie, en guerre les unes avec les autres, et quelquefois unis
pour combattre des ennemis communs. \'ers l'an 60, en
dehors de la Narbonnaise, on comptait 60 États différents,
9 dans l'Aquitaine, dans la Celtique 14, entre la Garonne et
la Loire, 22 entre la Loire et la Seine (la Seine comprise),
dans la Belgique 15. Chez les Aquitains ou Ibères, c'étaient les
Ausci qui avaient la prcdominence politique avec Elimberris
pour capitale (plus tard: Augusta Auscorum). Dans la Gaule
centrale, les Arvernes et les iî!duens se disputaient l'hégé-
monie, et plus tard les .-Eduens et les Séquancs; dans la Bel-
gique, les Suessiones.
Quelques-unes de ces peuplades, en très petit nombre,
avaient des rois héréditaires ; la plupart formaient des répu-
bliques aristocratiques où le pouvoir appartenait aux prêtres
(druides) et à la noblesse (équités). Celle-ci avait sous elle
une troupe nombreuse de clients et de serviteurs (ambacti) ;
elle se donnait un magistrat, chef suprême nommé à l'élec-
tion : tel était le Vergobret des iî!duens. Quant au peuple.
César nous le montre réduit à une condition voisine de l'es-
clavage, sans droit ni participation aucune aux affaires. « Ac-
cablé du poids des dettes et des impôts, victime des violences
de l'aristocratie, il reconnaît lui-même sa servitude et subit
de la part des nobles une autorité semblable à celle que les
maîtres exercent sur leurs esclaves « (B. G., VI, 13). Nous
reviendrons sur cette situation du peuple, situation qui nous
expliquera bien des choses lors de la conquête.
Nous ne dirons rien de la religion, des moeurs et des insti-
tutions des Gaulois avant la conquête. Leur civilisation était
assez avancée. Ils habitaient dans des cabanes de planches et
d'osiers, formaient des villages ouverts ou des villes enceintes
de murs de pierres. S'ils ignoraient l'art d'aménager et d'orner
leur intérieur, mangeant à terre, assis ou couchés sur des peaux
de bêtes sauvages, ils aimaient briller au dehors, parant leurs
vêtements et leurs armes, portant des épées et des boucliers
ciselés et dorés, des bracelets et autres bijoux. Ils préféraient
la chasse à l'agriculture, surtout dans le Nord, entretenaient
des pâturages et s'adonnaient spécialement à la charcuterie.
Toute l'Italie se fournissait de jambons et de viandes salées au-
L'élément gaulois dans la langue française. 26^
près d'eux. C'étaient les premiers charcutiers du monde. La
tradition de cet art a été conservée par leurs descendants
d'Arles, de Bayonne, de Lyon, de Troyes et de Mayence. Ils
exploitaient les mines, travaillaient les métaux et surtout les
métaux précieux. Les Romains introduisirent chez eux la vigne
qui y prit une merveilleuse extension.
Quelles étaient les langues parlées en Gaule ? César en re-
connaît trois, comme il reconnaît trois peuples, la langue des
Aquitains, celle des Celtes ou Gaulois, celle des Belges (B.
G., I, i). Pline admet la division de la Gaule en trois peuples :
de l'Escaut à la Seine, de la Seine à la Garonne, de la Garonne
aux Pyrénées (IV, 17, 105), De même, Pomponius Mêla
(III, 20). Ammien Marcellin, au iv^ siècle, reproduit le té-
moignage de l'historien grec Timagène, qui vivait au i^'' siècle,
et rapporte qu'autrefois la Gaule était divisée en trois peuples
différents par les institutions et les lois, comme par la langue
(XV, II, i). Mais Strabon, le géographe grec si judicieux et si
exact, remarque expressément que seuls les Aquitains dif-
fèrent essentiellement par l'aspect physique et par la langue
des autres habitants de la Gaule : ils ressemblent bien plus,
dit-il, aux Ibères qu'aux Gaulois, et quant au reste des habi-
tants de la Gaule, ils ne se ressemblent pas entièrement entre
eux par leurs usages et leurs idiomes; mais que les différences
qui les séparent sont petites (Strabon, IV, i, i)! Tacite (Agri-
cola, II) dit que les Bretons ressemblent beaucoup aux Gau-
lois et que leur langue n'est guère différente de celle qui do-
mine dans les Gaules.
En effet, les travaux les plus récents de l'érudition, les re-
cherches de MM, Roger de Belloguet, Zeuss, d'Arbois de
Jubainville, etc., ont mis hors de doute ce fait qu'en Gaule
régnaient deux langues, celle des Aquitains ou Ibères, aujour-
d'hui l'euskara ou basque, et celle des Gaulois, parlée avec
des différences dialectales plus ou moins sensibles par les
Belges et les Celtes.
Les Ibères, sortis vraisemblablement de l'Espagne, avaient
occupé le Sud de la France, et peut-être tout le littoral de la
Méditerranée jusqu'au Nord de l'Italie, car on a retrouvé leurs
traces et un souvenir de leur passage dans l'onomastique an-
264 l^eu Arsène Darmesîcicr.
cienne de hi vallée supérieure et des rives du Pô (voir surtout
l'inscription alimentaire de Felcia). Du moins leur présence
est établie sûrement dans la région transgaronienne à l'époque
romaine, et de nos jours encore entre l'Ebre et l'Adour; elle
est encore visible à l'époque de l'arrivée des Romains, dans le
Roussillon et le Bas-Languedoc, où même de nos jours, la to-
ponomastique des vallées du Tech, du Tet et de l'Agly en ont
conservé quelques souvenirs. Ces Ibères sont les Basques et
n'appartiennent pas à la famille indo-européenne.
Quant aux Ligures ou Liguses, A'.vjsr, ils étaient sûrement
indépendants des Ibères : partout où la tradition historique
les représente comme occupant les pays sans s'être mêlés aux
Ibères, on ne rencontre aucun des radicaux caractéristiques
iliouiri (= ville), propres aux pays ibériens, radicaux que le
vocabulaire géographique ancien fait figurer dans la compo-
sition des 46 noms pour l'Espagne, l'Aquitaine et le Rous-
sillon (voir la liste donnée dans les Comptes Rendus de la
classe de philosophie et d'histoire de l'Acad. des Se. de
Vienne, LXVII, 365-6). On n'en trouve pas la moindre trace
dans l'onomastique du pays génois, la patrie même des Li-
gures, c'est-à-dire la région où ils se sont pour toujours établis.
Les témoignages de l'antiquité classique nous les montrent
également établis dés le vi'^ siècle^, et même dès le ix"-" siècle
avant J.-C. (Hésiode), établis sur la rive droite du Rhône, et
par toute la Provence, d'où sans doute ils auraient refoulé les
Ibères vers l'Ouest dans le Languedoc. Les Celtes resser-
rèrent leur domaine entre cette région et la Provence.
Les noms géographiques des Ligures dont la forme est cer-
taine, s'expliquent facilement parle Gaulois. Il paraît donc que
les Ligures sont une branche de la famille gauloise, et c'est
comme tels qu'ils sont aujourd'hui considérés'. L'éminent phi-
lologue de Milan, M. Ascoli, demande au gaulois l'explication
de nombreux phénomènes linguistiques des dialectes du Nord
et de l'Italie, dialectes parlés par les descendants des Ligures.
Quant aux Gaulois, Galli, TxXKy., FaXâ-ra'., nous n'avons pas
ici à parler de leur origine ni de leurs migrations. Disons seu-
I. Doctrine contestée. — Note de la rédaction.
L'élément oaulois dans la langue française. 265
lement que des derniers travaux qui leur ont été consacrés, il
semble résulter que leur établissement en Gaule était relati-
vement récent, et qu'ils dataient de 5 ou 6 siècles au plus.
D'où venaient-ils ? A quel rameau de la grande flimille indo-
européenne appartenaient-ils ? On ne peut répondre à ces
questions.
Nous allons maintenant faire rapidement l'histoire de la
conquête de la Gaule par les Romains. Cette histoire est néces-
saire pour comprendre comment la Gaule perdit si vite sa langue
pour devenir romaine.
En 154 avant J. -G., des Ligures ayant attaqué les établis-
sements marseillais d' Antipolis et de Nicia, Marseille, amie et
alliée de Rome, envoie au Sénat une députation pour lui de-
mander aide et secours. Les députés s'en retournent avec trois
commissaires : Flaminius, Popilius Lenas et L. Pupius,
chargés d'examiner la situation du pays. Les Ligures s'oppo-
sent à leur débarquement à Agytna (Gannes ?) et blessent
Flaminius. Alors le consul Q.. Opimius à la tète d'une armée
tranchit l'Apennin et ks Alpes, bat les Ligures, et donne aux
Marseillais une partie de leur territoire.
En 125 les Ligures reviennent à la charge. Le consul Fulvius
Flaccus d'abord seul, puis, en 124, aidé du consul G. Sextius
Galvinus, leur fait subir plusieurs défaites. La métropole des
Salluvii, tribu ligurienne, est détruite et Sextius fonde un
castellum auquel il donne le nom d'Aquae Sextiae; ce fut
plus tard une ville, Aix (122). G'est en 122 que se place
donc le premier établissement romain de la Gaule transalpine.
Teutomalius, roi des Salluvii battus, va se réfugier chez
les Allobroges qui venaient d'ailleurs de dévaster le territoire
des ^î!dui « alliés du peuple romain ». Les Romains déclarent
la guerre aux Allobroges qui réclament le secours de leurs
patrons les Arvernts et de leur roi, le riche et puissant Bituit.
Domitius Ahenobarbus et après lui Q.. Fabius Maximus écra-
sèrent les Gaulois au confluent du Rhône et de l'Isère, et
30000 légionnaires firent périr plus de 100 000 barbares. Les
Allobroges et leurs voisins terrifiés se soumirent et la Nar-
bonnaise fut conquise. Une colonie romaine fut établie à Nar-
bonne, Narbo Martius en 118 et des généraux revêtus de l'im-
266 FLuAi:>èiu Diimitstetti.
perium curent la provincia de la Gaule transalpine, c'est-à-
dire le commandement militaire de cette région, sans que
celle-ci fût bien délimitée à l'Est, au Nord et à l'Ouest.
Vers l'an iio, il y avait en Narbonnaise: i. Une seule co-
lonie romaine, Narbo Martius Atacinorum ; 2. Des castella ou
praesidia, çpcup-.a, avec garnison romaine à Aquae Sexticie, à
Tolosa, et probablement dans quelques autres lieux; 3. Mar-
seille et ses colonies qui avaient leur autonomie, en qualité de
foederatae populo romano. 4. Les villes, bourgades et terri-
toires des Salluviens et des Ligures sujets et dedititii du peuple
romain, 5. Enfin, \d. provincia, c'est-à-dire le gouvernement
militaire à circonscription mal déterminée, des préteurs ro-
mains.
En 102, la terrible invasion des Cimbres et des Teutons
vient s'arrêter et succomber sous les coups de Marius, dans la
vallée d'Aix.
Les peuples de la Narbonnaise, terrifiés par cette invasion,
reconnaissent dès lors en Rome une protectrice qu'ils appren-
nent à respecter.
Nous passons rapidement sur l'histoire de la Narbonnaise
de l'an 102 à l'an 59, époque du consulat de César.
Les propréteurs se suivent régulièrement. En 83, Valerius
Flaccus triomphe des Celtibères et des Gaulois; il donne à plu-
sieurs Gaulois le titre de citoyens romains, entre autres au
gaulois Caburus qui devient C. Valerius Caburus et dont le
fils, C. Valerius Procillus qui parlait latin et gaulois, servit à
César d'interprète dans ses rapports avec l'allemand Arioviste
qui parlait aussi gaulois (B. G., I, 47, 53).
Pendant la guerre d'Espagne, où Pompée combat Sertorius,
les Gaulois de la Narbonaise se soulèvent et s'enrôlent dans
le parti de Sertorius. Pompée, pour récompenser Marseille de
sa fidélité, ajoute au domaine que Rome lui avait déjà attribué
sur la rive gauche du Rhône, Arelate, Avennio, Cabellio, etc.,
des terres enlevées aux Helvii et aux Volcae Arecomici sur la
rive droite du fleuve. Fonteius est laissé comme proconsul de
la Narbonaise, et il y commet des exactions dignes de Verres.
Cicéron le défend et le sauve. On voit dans ce plaidoyer de
Cicéron comment les Romains s'insinuaient et pénétraient au
L'élément gaulois dans la langue française. 267
milieu des Gaulois : « La Gaule est remplie de négociants ro-
mains et de citoyens romains. Aucun Gaulois ne fliit d'atiaires
sans eux ; il ne circule pas en Gaule une seule pièce d'argent
qui ne soit portée sur les livres des citoyens romains (Pro
Fonteio, 4) K
En 6r, nouvelle défliite des AUobroges qui avaient fait une
incursion dans la Gaule Narbonnaise.
En 60, les Suèves d'Arioviste franchissent le Rhin et atta-
quent les iEduens, alliés des Romains : cette lutte amène une
conflagration générale qui menace la Narbonnaise.
La Gaule alors était divisée en deux fédérations ayant à leur
tète, l'une les vEduens, et l'autre les Arvernes, avec les Se-
quanes comme alliés. Ces peuples se disputaient le protectorat
de la Celtique quand les Arvernes et les Séquanes engagèrent
comme mercenaires des Germains. 15000 passèrent le Rhin,
mais attirés par la fertilité et la richesse du pays d'autres arri-
vèrent et ce fut une véritable invasion. Les ^Eduens voulurent
les arrêter : ils furent écrasés. Mais les Séquanes, vainqueurs
iwcc les Germains des ^îiduens, furent plus maltraités que les
vaincus, car Arioviste leur imposa ses hordes, s'empara de leurs
terres et les traita en peuple conquis.
Les choses en étaient là quand César reçut du Sénat en 59
la Narbonaise et la Cisalpine avec la Gallia comala, c'est-à-dire
la Celtique et la Belgique à conquérir.
Les Romains distinguaient alors la Gallia iogata, ou Gaule
Cisalpine, Gaule Ligurienne, tout à tait romanisée à cette
époque, hOallia bracata ou Narbonnaise, et la Gallia coiiiata,
comprenant le reste de la Gaule, c'est-à-dire le pays compris
entre le Rhin, l'Océan, les Pyrénées et la Province ou Nar-
bonnaise.
La situation était fiivorable. Dans la Gaule chevelue s'opé-
raient alors de grands changements. Dans chaque cité, dans
chaque bourg, dans chaque famille, dit César, il y avait deux
partis. Les druides et les nobles, en effet, se sentaient menacés
dans leurs privilèges par les sourdes révoltes du peuple qui ré-
I . Gaule dans ce texte signifie la province de Gaule transalpine où la
Gaule barbare n'était pas comprise. — Note de la rédaction.
268 Feu Arsc'ic Daimestcter^
clamait sa part de liberté. De nouvelles républiques se for-
maient livrées à tous les orages que soulevaient les ambitions
rivales. Vers le temps du consulat de César, un chef arverne
avait péri sur le bûcher pour avoir tenté de rétablir la royauté
proscrite, et en ce moment trois nobles chez les Helvètes, les
Séquanes et les ^îiduens conspiraient la chute des nouvelles
institutions démocratiques.
Aces déchirements intérieurs s'ajoutait l'anarchie. Tous ces
peuples étaient rivaux, chaque année la guerre éclatait quelque
part. Ces peuples n'avaient point de communauté d'intérêts,
et partant il n'existait point pour eux de patrie gauloise. La
patrie était locale, était de la cité, non du pays, ce n'était pas
la Gaule.
César exploita habilement ces divisions et cette anarchie,
qui lui venaient si bien en aide.
Les Helvètes flitigués des continuelles incursions des Suèves
voulaient émigrer sur les bords de l'Atlantique, César les re-
foule dans leurs montagnes, marche ensuite contre les Suèves,
les met en fuite et force Arioviste à repasser le Rhin. En une
campagne ()8), il avait terminé deux guerres formidables.
Mais les Belges effrayés du voisinage des légions romaines,
votent la levée en masse. Les ^Eduens et les Rèmes, trahissant
les Belges, passent aux Romains qui viennent facilement à
bout d'une armée désorganisée par la trahison. La coalition est
dissoute; César dompte ensuite ces peuples les uns après les
autres, les Suessions, les Bellovaques et les Ambiens se sou-
mettent immédiatement. Les Nerviens luttent héroïquement,
et finissent par être écrasés. De 600 sénateurs, il en sur-
vécut trois; de 60000 combattants, 500. La Belgique était
domptée. Pendant ce temps, Crassus avec une légion sou-
mettait la Celtique. Dès la seconde campagne la Gaule pa-
raissait soumise (57). César quitte la Gaule laissant sept lé-
gions au nord de la Loire, pour surveiller l'Armorique, et une
légion dans le Valais pour ouvrir une route entre la Celtique
et l'Italie. Mais l'Armorique se soulève, César revient de l'Il-
lyrie écraser les Vénètes dans une formidable bataille navale.
Leur noblesse périt dans les supplices, la population fut
vendue; d'autres peuplades à l'Ouest firent leur soumission et
L'elc ment gaulois dans la langue française. 269
les légions romaines victorieuses parcoururent la Gaule en-
tière, des Pyrénées à la mer du Nord.
L'année suivante fut signalée par des campagnes en Ger-
manie et en Bretagne ; César voulait isoler la Gaule et montrer
qu'elle n'avait rien à attendre de ses voisins. La guerre parais-
sait finie : elle n'avait pas encore commencé. Les peuples, en
effet, avaient jusqu'ici combattu séparément, chacun pour sa
patrie locale. Ils comprirent que l'intérêt de chacun était l'in-
térêt de tous.
Un premier soulèvement, dirigé par l'Eburon Ambiorix, le
trévère Indutiomar et le Sénonais Accon, entraîne le Nord et
l'Est de la Gaule, sauf les ^Eduens et les Rèmes traîtres à la
cause nationale.
Malgré la soudaineté du soulèvement, César et ses lieute-
nants Q. Cicéron et Labienus triomphèrent des Gaulois, Indu-
tiomar périt dms une bataille, Accon, vaincu et fait prisonnier,
fut exécuté. Ambiorix seul parvint à s'échapper. Mais ce soulè-
vement n'était que le prélude d'un autre plus vaste encore. Il
partit du pays des Carnutes, tous les Romains établis à Cena-
bum furent égorgés, et le même jour la nouvelle en fut portée
par des crieurs jusqu'à Gergovie, chez les Arvernes. Un jeune
noble, Vercingétorix, se fit investir du commandement mili-
taire, provoqua la réunion d'un conseil suprême des villes
confédérées et entraîna les Arvernes et le centre de la Gaule
qui jusqu'ici étaient restés étrangers à la lutte.
Nous n'avons pas à raconter cette lutte épique où le génie
de Vercingétorix parut un instant triompher de César, et qui
finit par la tragédie d'Alesia (5 r). Je veux seulement faire re-
marquer que dans ce vaste soulèvement de la Gaule, un tiers
encore des habitants s'abstint, les nombreuses peuplades de
l'Aquitaine, celles de la Belgique rhénane et, dans le cœur du
pays celtique, les Rémois, les Lingons, les Trévères et les
Bellovaques.
La chute d'Alesia fut le signal de la soumission. Les der-
niers mouvements, ceux de l'agonie, chez les Bituriges, les
Carnutes, les Cadurques, furent rapidement et cruellement
réprimés. La conquête de la Gaule s'acheva au milieu des mas-
sacres et des carnages. La plus grande partie de la noblesse,
270 Feu Arsène Darnustcter.
une bonne partie de la population avait succombé. Mais Rome
s'étendait maintenant jusqu'au Rhin, à la mer du Nord et à
l'Atlantique. « Durant huit années de guerre, dit Plutarquc,
César avait forcé plus de 800 villes, subjugué 300 nations,
vaincu 3000000 de combattants, dont un million avait péri
sur le champ de bataille, et un million était réduit en eschv-
vage. »
La Gaule domptée par les armes, il passa aussitôt une année
à la gagner et à lui faire oublier sa défiiite (50). Point de con-
fiscation, ni d'impôts onéreux, point de mesures violentes et
vexatoires. La Gaule chevelue fut réduite en province romaine;
mais les villes conservèrent leurs lois et leur gouvernement,
et le seul signe de la conquête fut un tribut de 40 millions de
sesterces. En 44, il la divisait en trois parties, la Narbonnaise
confiée à Lepidus, la Belgique confiée à Hirtius et la pro-
vince centrale confiée à Munatius Plancus.
Quelques années après, Marseille prit parti pour le Sénat et
Pompée contre César. Réduite par Trebonius, elle se rendit,
à la merci du vainqueur qui, en lui laissant sa liberté, détacha
d'elle plusieurs de ses colonies, Agde, Antibes, Arles, pour en
faire des colonies romaines, fonda le Forum Julii (Fréjus), port
nouveau dont la prospérité fut fatale à l'ancienne cité pho-
céenne, et qui devint une des grandes stations navales de
l'Empire et le premier port militaire de la Gaule. Marseille ne
se releva pas de cette malheureuse guerre, et bientôt la répu-
blique déchue se consola par l'étude des lettres, et, après avoir
été la rivale de Carthage, se fit la rivale d'Athènes.
Auguste acheva l'œuvre de César.
Mais avant d'étudier les mesures décisives par lesquelles
Rome assura la romanisation de la Gaule, il est nécessaire de
se rendre compte de l'état moral de la Gaule après la conquête.
Ce n'est pas sans étonnement qu'on voit César, aussitôt
après la conquête, lever une légion tout entière parmi les
Gaulois de la Narbonnaise, la légion de FAlouette, et appeler
à siéger au sénat des Transalpins qui changeaient ainsi la saie
et les braies de leurs ancêtres contre le laticlave romain. Cf.
Cicéron, Famil., IX, 13 : « in urbem nostram est infusa pere-
grinitas, nunc vero etiam bracatis et transalpinis nationibus.
L'élément gaulois dans la Lwgue française. 271
utnullum vetcris leporis vestigium appareat. » Un changement
si subit est tait pour surprendre. Mais deux considérations
permettent de rendre compte d'une révolution si rapide.
On est revenu des théories de H, Martin et d'Amédée
Tliierrv, voyant dans les Gaules une puissante nationalité
dont tous les membres se reconnaissaient comme frères, comme
enfants d'une même patrie. Pour les Gaulois, la patrie n'exis-
tait pas ; c'est Rome qui lui apporta cette notion.
Ce que le Gaulois aimait, et entendait défendre, c'était son
pagus, son coin ; les divers peuples de la Gaule pouvaient être
confédérés, unis par une certaine communauté d'intérêts; ils
ne se sentaient pas frères. Les liens qui unissaient les tribus
gauloises étaient trop lâches et trop souvent rompus. Dans la
dernière et terrible guerre de l'an 53, on put croire un instant
qu'avec Vercingétorix ces efforts généreux, malheureusement
trop tardifs, étaient la marque d'une certaine communauté de
sentiments, et que la patrie gauloise venait de naître ... pour
mourir. Mais un examen plus froid et plus impartial des faits
nous permet d'affirmer qu'il n'y avait guère autre chose
au fond de ce soulèvement de la Gaule, après six années de
guerre, que lintérèt trop évident d'une action d'ensemble, et
que cet intérêt avait seul resserré les liens de tous ces peu-
ples, avait converti les clientèles en ligues et réuni la masse
des guerriers dans une confédération qu'ils auraient dû juger
depuis longtemps nécessaire. Que de difficultés, que de dis-
cordes n'avaient pas jusqu'alors paralysé l'action simultanée de
toutes les forces de la Gaule ! On employa tous les moyens
pour aviver, rapprocher, enflammer ces éléments étrangers ou
rivaux : la force et la violence, comme l'éloquence et la per-
suasion. On montra les menaces de l'esclavage pour les femmes
et les enfiints, de la mort pour les hommes ; on imposa une
discipline redoutable qui frappait de tortures et même de
mort les hésitants et les incertains. Les chefs gaulois font
appel aux intérêts privés et personnels, jamais à la patrie gau-
loise. Le mot patrie ne paraît pas.
Si grand que fût cet effort, si beau que fût le spectacle de
cet héroïsme, on ne peut oublier que ce tableau avait ses
taches. Partout César trouva des défections dont il sut tirer
272 . Feu Arsine Dannesteter.
grand parti, les Ediicns en Celtique, les Lingons et les Rémois
en Belgique. Par toute la Gaule éclataient ces luttes intestines
qui, renversant les rois héréditaires, amenaient l'avènement
d'une aristocratie jalouse dont les membres se disputaient le
pouvoir même en face de Tennemi, comme le vergobret Liscus
et Dumnonix, ou trahissaient leur pays comme le druide Di-
viciac, comme Viridomar et Commius. Le Carnute Tasgetius
et le Sénon Cavarinus sont comblés des bienfaits de César,
Vertiscus, Andebrogius et Iccius livrent les Rémois au gé-
néral romain; le Trévère Cingetorix, l'iîlduen Convictolitavis
demandent son secours contre les leurs. L'Arverne Epasnactus,
l'Helvien Donnotaurus se dévouent à sa personne. L'Arverne
Vertico devient l'espion de Q. Cicéron. Dans la lutte dernière
un tiers de la Gaule reste tranquille et refuse de combattre. Ni
les nombreuses peuplades de l'Aquitaine, ni celles de la Bel-
gique rhénane, ni dans le cœur même du pays celtique, les
Rémois, les Lingons, les Trévères, les Bellovaques n'envoient
de contingent à Alesia. Il n'existait en Gaule rien de compa-
rable à ce lien puissant et sacré qui s'appelait à Rome patria.
Il n'y avait pas une patrie gauloise, mais des patries gauloises.
Or ces patries locales, Rome, après la conquête, eut l'art su-
prême de les conserver, bien mieux, de les développer. Chaque
peuple était attaché à sa cité, Rome en agrandit les droits, en
fit de véritables communes à peu près indépendantes et, révo-
lution bien plus profonde encore, supprimant l'aristocratie et
son gouvernement oligarchique, appela le peuple à la libertés
Déjà Vercingetorix avait senti le besoin de briser l'esclavage de
la plèbe gauloise, et de lui assurer une part dans le gouver-
nement local; et ce sont ces principes démocratiques qui lui
avaient assuré un concours, jusqu'ici inusité, de populations si
diverses. Le peuple, après la conquête, devint libre chez lui,
sous l'administration bienfaisante de Rome. Voilà pourquoi il
salua avec joie un état nouveau qui répondait à ses besoins et
à ses instincts. Liberté, indépendance, égalité communales.
I. Est-ce exact? Le gouvernement romain assura en Gaule comme ail-
leurs la prédomincnce de l'aristocratie. L'aristocratie se jota par intérêt dans
les bras des nouveaux maîtres. ■ — Note de la rédaction.
L'élément gaulois iians la langue française. 27 j
voilà ce que les Gaulois avaient voulu détendre les armes à la
main, voilà ce que Rome leur assura, a\cc les bienfaits d'une
civilisation supérieure, et les avantages d'une paix profonde.
Voilà pourquoi la Gaule se trouva si facilement soumise, et
moralement conquise. Elle comprit rapidement les avantages
de ce nouveau régime, et, dépouillant volontairement et pour
jamais son caractère national, se précipita avec ardeur dans la
voie nouvelle que Rome lui ouvrait.
Quand les Espagnols tirent la conquête du Mexique ou du
Pérou, ils eurent facilement raison de peuples à demi bar-
bares, et absorbèrent rapidement les populations. Et cepen-
dant après la conquête, il se trouva des hommes assez attachés
à leur ancienne patrie pour en conserver le souvenir, en écrire
les annales, fût-ce en langue espagnole. En Gaule il n'y eut
rien de pareil. L'oubli de l'ancienne patrie fut immédiat et ir-
rémédiable. Nul ne songea à conserver les chants des ancêtres,
à raconter seulement l'histoire de la lutte.
En 27, Auguste convoqua à Narbonne les députés de toutes
les nations gauloises, fit rédiger dans cette assemblée un dé-
nombrement général qui servit de base à la répartition et à
l'assiette des impôts et promulgua des mesures décisives pour
effacer en Gaule les restes du passé et l'assimiler au reste de
l'Empire. Les vieilles fédérations furent brisées, les clientèles
de peuple peu a peu détruites ; les divisions naturelles de race,
de sang, de topographie firent place à des divisions administra-
tives arbitraires. La Narbonnaise était suffisamment disciplinée
à la domination romaine ^, elle ne fut point touchée, mais la
Gaule chevelue fut partagée en trois provinces nouvelles :
l'Aquitaine, la Lyonnaise et la Belgique.
L'Aquitaine s'étendait des Pyrénées non plus jusqu'à la Ga-
ronne, mais jusqu'à la Loire et aux Cévennes. La Lyonnaise
s'étendait entre la Loire, les montagnes du Forez, le haut
Rhône, la Saône, la Marne et les collines qui séparent la
Seine de la Somme; la Belgique était comprise entre ces col-
I. Strabon, parlant des Cavares, de la Narbonnaise (I. IV, c. i, § 12):
(i.£TaxE'.[jL£vO'j; ~o -Àc'ov c!; tov ttôv Pfij'j.a'''jjv tj-ov /.xi trj yÀoiTTr) /.a! xoT;
p;0'.;, T'.và; oï y.x: -r^ noX'.tiia.
274 ^^" ^^rsîne Darmesieier.
lines, la Marne, la Saône, le Rhône, les Alpes, le Rhin, la
mer du Nord et la Manche. La Narbonnaise, enfin, s'étendait
de Toulouse à Genève, bornée par les Pyrénées, la Méditer-
ranée, les Alpes, le Rhône, les Cévennes, la haute Garonne.
Les trois provinces, si bizarrement taillées, et la Narbon-
naise, furent divisées en 60 cités qui avaient chacune sous leur
dépendance plusieurs pagi ou cantons et la plupart des petits
peuples furent réduits à la condition de simples cantons, su-
bordonnés à la cité voisine.
Les vieilles cités gauloises qui avaient joué un rôle dans la
guerre contre César et qui avaient formé comme les centres
des mouvements populaires, Gergovia, Alesia, Bratuspantium,
Uxellodunum, restèrent en ruines et disparurent si bien qu'au-
jourd'hui même il est difficile d'en reconnaître les traces. A
quelque distance de ces villes, on en construisit d'autres pour
les taire oublier : Augustonemetum (Clermont) s'éleva près de
Gergovia, Caesaromagus (Beauvais) près de Bratuspantium,
Noviodunum descendit dans la vallée de l'Aisne et devint Au-
gusta Suessionum (Soissons). Augustodunum (Autun) se sub-
stitua à Bibracte (Mont-Beuvray), Augusta Auscorum (Auch)
à Elimberris. Les capitales des Trévères, des Lémoviques, des
Turons, des Andes, se nommèrent Augusta Treverorum,
Augustoritum (Limoges), Augusta Turonum, Juliomagus
(Angers), et toutes ces villes, avec des noms romains, reçurent
des colons romains.
Auguste se garda bien d'étaWir l'égalité par toutes les par-
ties du territoire; au contraire, il fonda une habile et savante
hiérarchie de privilèges et des conditions diverses qu'il se ré-
servait de modifier selon ses intérêts et ses plans. Il y eut
d'abord des fédérés ou alliés qui avaient conservé toutes
leurs institutions et ne devaient guère que le service militaire.
C'étaient les Marseillais, les Voconces dont les chefs-lieux
étaient Vasio (Vaison) et Lucus Augusti (Luc, près de Die);
les iEduens, frères du peuple romain, les Carnutes dont les
vainqueurs semblaient avoir respecté l'opiniâtre défense ; les
Rèmes et les Lingons qui étaient récompensés de leurs dé-
fections.
Venaient ensuite les libres ou autonomes qui, saut le paie-
L't'lt'meiit gaulois dans la langue française. 275
ment d'impôts, se gouvernaient librement, comme les fédérés.
Tels étaient les Nerviens, les Suessions, les Silvanectes, les
Leukes, les Trévères, les Meldes, les Santons, les Bituriges,
les Arvernes.
Le reste des peuples de la Belgique, de la Lyonnaise et de
l'Aquitaine, était réduit à la condition de sujets provinciaux;
pour la noblesse, cette situation était inférieure, pour le peuple
supérieur, à celle qu'ils avaient dans la Gaule indépendante.
Au-dessus de ce triple degré, s'élevaient, surtout en Nar-
bonnaise, les colonies romaines et les colonies de droit latin et
italique. Sous Auguste, les habitants de Narbonne, de Béziers,
de Fréjus, d'Orange et d'Arles jouirent du droit de citoyens
romains, ainsi que Lyon, capitale de la Lyonnaise nouvelle-
ment construite sur l'emplacement du bourg gaulois de Lugu-
dunum. Aix, Valence, villes de fondation récente, Toulouse,
peut-être Carcassonne, Carpentras, Cavaillon, Nîmes, furent
des colonies de droit latins : Vienne des Allobroges, Augusta
des Tricastins (Saint-Paul des trois chcâteaux), Augusta des
Auskes(Auch), Lugudunum des Convènes(Comminges), Apta
Julia (Apt), Alba Augusta (Aps près Viviers) furent grati-
fiées des mêmes privilèges sans recevoir de colons italiens dans
leur sein. Le droit colonial et les institutions italiennes se ré-
pandirent ainsi d'abord dans la Narbonnaise, puis dans les
autres provinces. Il entrait dans la politique des Césars de
faire désirer aux peuples gaulois cette transformation comme
une précieuse ftveur, et de faire briguer aux particuliers le
titre de citoyen romain comme un objet de haute ambition.
Le ministre et le gendre d'Auguste, Agrippa, contribua plus
que personne à l'œuvre de rénovation. Il sillonna la Gaule de
routes et éleva ces indestructibles chaussées dont nous admi-
rons encore les restes épars, et qui entamèrent les vieilles et
impénétrables forêts gauloises. Sur le forum de Lyon s'éleva
un milliaire où aboutirent les routes de l'Italie et d'où parti-
rent quatre grandes voies lancées vers le Khin, le Pas-de-
Calais, l'Atlantique et les Pyrénées. La plus ftmeuse de ces
chaussées était celle de Lyon au Pas-de-Calais qu'elle attei-
gnait à Gessoriacum (Boulogne-sur-Mer). De ces quatre
grandes voies, dont la direction était combinée pour leur faire
276 Feu Arsène Darmcsicter.
traverser le plus grand nombre de cités possible, se détachaient
une multitude de rameaux secondaires qui multipliaient les re-
lations entre les diverses parties du pays. A ces grandes artères
s'ajoutaient les rivières dont le cours était remonté ou des-
cendu par des milliers de bâtiments.
Ce progrès matériel, si prompt, si énergique, dut frappe''
les Gaulois. Avec leur rapide intelligence, ils comprirent les
avantages inappréciables de cette savante et puissante réorga-
nisation; et le mouvement intellectuel suivit bien vite ce
progrès. Ils briguèrent l'honneur de devenir romains. Ils
quittèrent leurs noms gaulois pour prendre des noms romains.
On voit telles inscriptions où le personnage porte un nom
romain tandis que son père a encore un nom gaulois, par
exemple l'inscription de Cenabum, qui est du i" siècle, Lucius
Cornélius Magnus, Atepomâri filius, civis Senonius, curator
Cénabensium (Rev, ArchéoL, 1865, I, p. 408-411). L'em-
pereur Claude constate que les Gaulois sont déjà moribus, ar-
tibus, affinitatibus nostris mixti (Tacite, Annales, XI, 24; cf.
Senèque, De benefic, VI, 19), et il accorde aux nobles Gaulois
le jus honorum qui leur permettait d'entrer au Sénat, en leur
imposant toutefois strictement l'usage du latin (Suétone,
Claude, XVI). Galba et Othon suivirent cet exemple et ac-
cordèrent le droit de cité à divers peuples. Caracalla acheva
l'œuvre de ses prédécesseurs en donnant le droit de cité à tous
les sujets de l'Empire (Digeste, I, v, 17 ; Novelle, LXXVIII, 5).
La Gaule est couverte d'inscriptions latines élevées par des
personnages portant les noms de Julius, de Claudius, de Fla-
vius, c'est-à-dire les noms des empereurs qui leur avaient
accordé le jus civitatis.
Dès le premier siècle de l'empire, on voit nombre de Gaulois
chargés de fonctions publiques civiles ou militaires. Auguste
nomme le gaulois Licinus, un affranchi de César, procurateur
des Gaules; ce procurateur se lit détester par ses compatriotes
pour ses exactions.
Julius Africanus de Saintes est tué comme complice de Séjan
en 3 I ; Valerius Asiaticus de Vienne, mort en 47, avait été
deux fois consul. C. Julius Vindex, propréteur de la Lyonnaise
sous Néron, descendait d'une fomille rovale de l'Aquitaine.
L'élément gaulois dans la Lingue française. 277
A cette époque, on voit jouer des rcMes politiques à Pom-
peius \'opiscus de \'ienne, nommé consul par Othon, Anto-
ninus Primus appelé Bec dans sa jeunesse, de Toulouse, séna-
teur et commandant de la j" légion de Germanie, le Ba-
tave Julius Civilis, préfet de cohorte et revêtu du droit de
cité, ses amis les deux Trévères Julius Classicus et Julius
Tutor, Julius Sabinus de Langres, qui avaient également
des commandements militaires importants dans l'armée ro-
maine. « Vous avez, en commun avec les Romains, les
charges et les avantages du gouvernement, dit Cerialis aux
Gaulois, vous commandez vous-même le plus souvent nos lé-
gions; vous gouvernez ces provinces et d'autres. Point d'ex-
clusion, de barrières pour vous » (Tacite, Hist., IV, 74). La
Gaule déjà sous Tibère ou Néron était déjà si romaine qu'une
garnison de i 200 hommes suffisait à la garder (Josephe B.,
II, VI, 4), alors qu'en Bretagne il fallait deux légions, en Ger-
manie sept. Les soulèvements partiels tentés ça et là par des
patriotes restaient sans écho pu étaient combattus par les Gau-
lois eux-mêmes. Les ^Eduens combattirent contre le Boien
Maricus, et Civilis trouva contre lui les Séquanes. Les mou-
vements militaires des iiT" et iV siècles en Gaule n'ont plus
rien de gaulois et ne représentent aucune aspiration vers une
nationahté celtique; ils provenaient d'un particularisme gallo-
romain.
La Xarbonnaise avait été la première à devenir romaine et
elle l'était déjà au moment de la conquête. Parmi des cen-
taines d'inscriptions latines, on n'a trouvé jusqu'ici que très
peu d'inscriptions gauloises et encore une partie sont écrites
en lettres grecques.
Strabon remarque que les Cavares qui habitaient entre
l'Isère et la Durance ne se distinguaient des Romains ni par la
langue, ni par le genre de vie, ni par leur gouvernement'.
Pline dit de la Narbonnaise qu'elle était plus véritablement
l'Italie que la province (III, 4, 3 1). Mais les autres provinces,
et en premier lieu l'Aquitaine, suivirent bientôt. La civilisation
et la langue latine y pénétrèrent à la suite des légionnaires et
I . Voir plus haut la note de la page 273.
Revue Celtique, XXII. 19
278 Feu Arsène DiUmesteter. .
des commerçants romains. L'Aquitaine de bonne lieure fut re-
nommée pour la pureté de son langage.
Un des moyens les plus puissants fut la fondation d'écoles.
Dès le premier siècle les écoles de la Gaule sont célèbres et
plus florissantes que dans toute l'autre province de l'Em-
pire. Je ne parle pas des écoles de la Narbonnaise, Marseille la
seconde Athènes « magistra studiorum » (Tac, Agricola, 4),
Narbonne, Arles, Vienne. Mais dans les autres provinces,
Lyon avec ses célèbres concours, Besançon, Autun, Bordeaux,
Auch, Poitiers, Reims l'Athènes gauloise (vestrac Athcnae Du-
rocortoro. Fronton).
De ces écoles sortirent des lettrés et des savants. Juvénal
vante la Gaule féconde en avocats (Sat., VU, 142; XV, m).
Les femmes et les entants lisaient des vers latins à Vienne (Mar-
tial, VII, 87) ; Pline se vantait que ses œuvres fussent connues
de toute la Gaule (Epist., IX, 2). La jeunesse gauloise se
livre aux études libérales (Galliarum soboles liberalibus studiis
operata, Tacite, Annal., III, 43). Quant aux écrivains, on peut
citer L. Plotius le Gaulois qui enseignait à Rome (Cicéron,
ap. Suétone, De rhetor., 2; Quintil., Inst. Orat., IL 4 fin),
Antonius Gnipho « nec minus gr;uce quam latine doctus »
dont César et Cicéron entendirent les leçons (Suét., Gramm.,
7), P. Valerius Cato, loué comme professeur et poète (ibid..
Il), le célèbre acteur Q. Roscius. D'Atax (dans l'Aude) était
P. Terentius Varro Atacinus, l'auteur d'ouvrages didactiques
et traducteur des Argonautiques d'Apollonius de Rhodes, loué
par ses contemporains Horace, Ovide, Properce, et plus tard
par Velleius, Pline, Quintilien et d'autres. Le poète éîégiaque
Cornélius Gallus est de Fréjus, Trogue Pompée est un Vo-
conce, Domitius Afer est de Nimes. Julius Africanus si vanté
par Quintilien est également Gaulois. Je ne parle pas des écri-
vains des siècles postérieurs qui sont très nombreux. Voyez
Martial, Epigr., VII, 88; VIII, 72; IX, 100. Suétone, 111.
Gramm., III, Calig., XX; Juvenal, Sat., I, 44; Ausone, Pro-
fessores.
Ce qui prouve la rapidité avec laquelle la Gaule devint ro-
maine, c'est le nonibre considérable de monuments, cirques,
théâtres, villes, tombeaux, inscriptions dont se couvrit le sol.
L'élément gaulois dans la langue française. 279
et cela dès le premier siècle. La Gaule est après l'Italie la plus
riche des provinces de l'Empire en monuments épigraphiques,
en inscriptions. Non seulement les grandes villes, mais les
plus petites cités nous en présentent, et les fouilles contempo-
raines ne cessent d'en mettre au jour, même dans les coins les
plus déserts et qui semblent aujourd'hui les plus abandonnés,
dans les vallons les plus retirés de nos montagnes. La plupart
de ces monuments datent du premier siècle de l'ère chrétienne.
Sous Auguste, les 60 cités de la Gaule décrètent l'érection
d'un temple gigantesque au confluent du Rhône et de la Saône
(à la pointe de Perrache), temple dédié à Rome et à César Au-
guste, devant lequel s'éleva la statue colossale de la Gaule
entourée des statues des 60 cités (Strabon, IV'; T.-Live, Peri-
ochae, 87). Cet enthousiasme se communiqua partout. Aux
villes de terre et de bois succèdent des villes de pierre et de
marbre. De toutes parts s'élèvent comme par enchantement
des forums, des basiliques, des aqueducs, des temples, des
thermes, des cirques, des amphithéâtres, des arcs de triomphe,
des chaussées. La Gaule se revêt d'une splendeur monumen-
tale qu'on a peine à rêver. L'excès va si loin qu'Auguste et Ti-
bère sont forcés d'instituer des ciiratores auprès des conseils
des cités, pour veiller à leur budget et les empêcher d'aller à la
banqueroute.
Tout nous montre que la Gaule se résigna à sa défaite, en
prit immédiatement son parti, oublia sa nationalité pour s'as-
similer avec toute l'ardeur et la furie de sa nature, à Rome.
Dès le premier siècle, la Gaule était la plus riche, la plus belle,
la plus puissante des provinces de l'Empire.
Q.u'advint-il de la langue ? Rome eut-elle besoin de mettre
en œuvre ses moyens habituels pour faire disparaître le gau-
lois, ces moyens auxquels fiit allusion saint Augustin quand il
dit que : « Opéra data est ut imperiosa civitas non solum
jugum vcrum etiam linguam suam domitis gentibus per pacem
societatis imponeret, per quam non deesset, imo et etiam
abundaret interpretum copia » (Civit. Dei, XIX, 7).
Voici le sens de ce passage. Saint Augustin dit: La diversité
des langues rompt la société des hommes. Deux hommes,
obligés de demeurer ensemble, s'ils ne parlent pas la même
28o Feu Arsène Darmcstcter.
langue, seront plus étrangers l'un à l'autre que deux animaux.
Mais, dira-t-on, Rome n'a-t-elle pas tout foit pour imposer le
latin à l'Empire, ou du moins pour qu'on eût abondance
d'interprètes ? Oui, mais pour arriver à ce résultat, que de sang
versé ! que de guerres! Et ce n'est pas fini, puisqu'il y a tou-
jours des barbares à combattre, et que d'ailleurs l'étendue de
l'empire produit des guerres civiles.
Cf. Plutarque, Questions platoniques, X, § 3 : "Q: zz/.v. ;j.5
•/pwv'ai.
Cf. Valère Maxime, II, 11, 2. Magistratus vero prisci quan-
topere suam populique romani majestatem retinentes se ges-
serint, hinc cognosci potest, quod inter caetera obtinendae
gravitatis indicia, illud quoque magna cum perseverantia cus-
todiebant, ne Graecis unquam nisi latine responsa darent.
Quin etiam, ipsos linguae volubilitate, qua plurimum valent,
excussa, per interpretem loqui cogebant, non in urbe tantum
nostra, sed etiam in Graecia, et Asia, quo scilicet latinae vocis
honos per omnes gentes venerabilior ditîunderetur.
Pline l'Ancien, III, 6: [Itnlia; haec terra] numine deum
electa quae, ... sparsa congregaret imperia, ritusque molliret,
et tôt populorum discordes fcrasque linguas sermonis com-
mercio contraheret ad colloquia, et humanitatem homini daret,
breviterque una cunctarum gentium in toto orbe patria fieret.
Voir dans Tacite, Agricola, 21, comment les Romains
cherchent à romaniser la Bretagne: « Agricola voulut que
ces peuples dispersés, sauvages, et par eux-mêmes toujours
prêts à la guerre, prissent dans les plaisirs le goût du repos et
de la tranquillité. Il les excite par des exhortations particu-
lières, par des secours publics, à construire des temples, des
places, des maisons, louant le zèle des uns, réprimandant la
résistance des autres. L'émulation produit les elîets de la con-
trainte. Il cherche à polir par une éducation libérale les fils
des principaux bretons. Il vante leurs dispositions naturelles,
les met au-dessus des talents acquis des Gaulois; et ces peuples
qui naguère dédaignaient la langue des Romains, se passionnent
pour leur éloquence. Ils se parent de notre costume, portent
la toge, adoptent insensiblement toutes les délicatesses d'une
L'clcnunt gaulois dans la langue française. 281
vie dissolue, bains, portiques, repas somptueux. Les igno-
rants, ils appelaient civilisation ce qui était une partie de leur
esclavage ».
Les écoles, les tribunaux, le service militaire, qui incorporait
les Gaulois dans les légions romaines, l'administration des
cités et des municipes qui devaient se faire en latin, langue
officielle, tout cela trouvait une aide puissante dans l'enthou-
siasme avec lequel la Gaule allait au-devant de Rome.
Remarquons d'ailleurs que les Gaulois n'avaient pas de litté-
rature écrite. Sans passé auquel ils puissent se rattacher, sans
présent qu'ils eussent à pleurer ou à regretter, ils pouvaient
facilement oublier leurs langues, pour apprendre celle de leurs
vainqueurs. Enfin, sous le nouveau régime, qui donna des
droits importants aux villes et abandonna les campagnes;
celles-ci se dépeuplent pour aller accroître et multiplier les
villes. Cette transformation profonde fliit pénétrer jusqu'au
plus profond des couches de la nation l'esprit romain, l'admi-
nistration romaine, la langue romaine.
(La siiilc à nu prochain numéro.)
THE DESTRUCTION OF DA DERGA'S HOSTEL ■
TOGAIL HRUIDNE DA DERGA
^LU., Facs. 92" 541
106. ]>liaiisc dcimsa on a sûiiuiil. Ro chi- Fer rogain co tarlaic
Il dcni fola [dara grûaidib 5 — Eg. |. Dirsan do ! ol se, iss ed gein
n-im[m]arbaga fil la firu Herciid fn fini Alban ar gart 7 cruth
7 dcilb 7 marcachas. Is liach [a guin — H.], is mucc remitcit-»
mess, [is nôidiu ar aeis. H.]. Damna flatha as dech ' tânic
Hfr///(/ ^' insin. Nôidiu/ G);/aire maie Etfvsccoli .i. Lé fri^
rîaith a ainm. Scrht9 mbliadna fil i[n]na des. Ni indôig'^ lim
cid trii ddig " na n-ilgne[e] filet forsind fuit fil foir, 7 inna
ndath I LU. 92''] n-écsamail docorethar |in folr] tair'-. IS é a
sainteglaclî som sin, na t/i côicail maccôem fil imbi.
Mairg iuras in n-org<//;/, ior Lomna, cid fôbithin in maie sin !
Ni c//mcid'5, ïor Ingrc/ : nehr fc'//////id doforUrat 7 ri. Oiiis
iarsin cia acca and ?
1. V. p. 9, 16).
2. 10 chich YBL. Roichi St. Ro ci 1".
5. Sic Eg. H. bas: Ro chi Ftr rog(j//( co mbo lliuch a hrat ara bcl(//7'.
4. riaiu; Eg. remetuit F. YBL. St. rcmiluit 11.
5. is fcrr Eg.
6. taiiic a tir nErenn H. taiw/r tir nHrind YBL. tanicc tir nEvciiit Eg.
7. maccnâidiu Eg. luiidiu F. YBL.
8. fer F. YBL.
q. ocht Eg.
10. Thefacsiniilc lias luindcig. ni hindoig, Eg. Ni hindoigh H. ni indoic F.
1 1. djg Eg. diag LU. YBL. diag St.
12. daig na n-ilgnc docuiritlicr an folt Aiir H. dicg na n-ilgnc docuirigh-
th/V in foit fair, St. diag na n-ilgna; doch(/;> in iolt fair YEL. F.
n. cums;! H. F>. cluinicid St. cuimcitt 1-.
The Destruction of Dâ Dergas Hostel. 285
w6. « Ens\' for me to likeii hiin ! » Fer romain wepl lill he sbed '
bis tears of hlood aver bis cbeeks. (( Ahis for bim ! », qiiolb be. Tbis
cbild is a « scion of conteiilioii » for tbe iiieii of Brin ivitb ibe iiien
of Alba for bospitalily, and sbape, and for ni and borseniansbip.
Sad is bis slangbter ! 'Tis a « switie ibaf i^ocs hefore ma si », 'tis
a habe in âge! tbe best crozun -prince tbai bas (cver) come inio
Erin! Tbe cbild of Conaire son of Etcrscél, Lé fri jlaitb is bis
naine. Seven years tbere are in bis ai^e. It seems io me very likely
tbat be is misérable becanse of tbe maux appcarances on bis bair
and tbe varions bues tbat tbe bair assumes upon bim. Tbis is bis
spécial bonsebold, tbe tbrice fifty lads tbat are around bim.
« IVoe », says Lonina, « to bim tbat sball lureab tbe Destruc-
tion, luere it (only) becanse of tbat boy ! »
« Ye cannot », says Ingcél. « Clouds of lueakncss are coniijig
on you, etc. And after tbat wbom saivest tbou tbere? »
Imda xa nDalkman.
107. Atcondarc and sessiur arbélalb na himdaJ- cctna.
Monga rîndbudi fcraib: bruit l'ianidi > impu^: deilgicréda5 i
n-aurslocud a mbrat. It é Icthgabra^ am^//7 CbonaW Cernach.
Focheird cach fer [dib, Eg.] a brat immdraile, 7 is lùathidir
rothàn rhbûaled 7 : is ing inda-àirthct do sûil ^. SAmaille Ict sin,
a F/r rogain.
Tbe Kooin of tbe Cnpbcarers.
loj. Tbere I siiw six meii in front of ihe samc room. Fair
1. literally « yieldcd », tartaic, (xon\ to-air-ro-lcic.
2. na imda Eg. na himdha, St. na hinidiie H. n.i himdadh F. na nini-
dad LU.
5. huaini aille Eg. huainidi YBL. uainidi H. uainidhiu T.
4. impaibh F.
5. delga cocmu creduma Eg. dclcni credai H. deilgo creduma, St.
6. Ic/hgapra H. lethghabar .i. lethcch H. 3. 18, p. 532. Ictgabrai F. Ict-
liglc'ore Eg. Cf. Icthgobri supra S 5 ' •
7. mbuaileth YBL. mbualeth St. nibuailt'i/ H.
8. is ing indarthe'id do sûil a n-imclôechmôd Eg. is ing in doarthet do
shuil YBL. is ing inda airtcth do (sûil) F. Is ing ni daarthcth St. is ing in
doairthct do hsiiil H.
284 Wlinlry S'okcs.
yellaw mancs upoii thcin : grccn iiiaiitles ahoul thon : tin brooches al
ihe opcning of their nianlles. Half-horscs (centaurs) are îhey, like
Coiuill Ccrnach^. Each of thcni throius his nianîle round anothcr
and is as siuift as a niill-u'beel. Thinc c\c can hardly foUaiu theiii.
Liken thon those, O Fer rogaiii ! »
108. Xi ^7;/.sv damsa on. Se cldlcnKiin rigTcmra- insin. .i.
Can 7 Brôen 7 Banna?, Delt 7 Drucht 7 Dathen. Nis-dér-
ba;zd-* dia ndail ind reb sin, 7 ni ck'ii a n-intliucht ocà ndâil.
It matin ind ôic fil and. Tothôelhsat a t/i chumlundî léo. Con-
râinfet^ comgnim f/i cach scscr7 isin Briuf/n^ 7 aslûifet airib^,
Liaii"? is a sîdib ^° dôib. It é dalemain ata'" dech fil i nHcrind
insin '-. Mairg iun7j- in n-orgain fo ndeig sin !
Ni ch//mcid'3j ïor Ingcél. Ncla "jr. Or//.f iarsin cia acca and ?
loS. « This is easyfor me. Those are the King of Tara's six
cuphearers, nameJy l'an and Broen and Banna^"^, Deltand Drueht^'i
and Dathen. Tbat feat does not binder theni front their skinking,
and it hlunts not their intelligence thereat. Good are ihe warriors
that are there ! Thrice their nuniber luill fall by theni. They luill
share prowess with any six in the Hostel, and they zvill escape from
their focs, for they are ont of the elfmonnds. They are ihe best cup-
bearers in Erin. Woe to hini that shall ivreak the Destruction
(ivere it only) bec an se of thon ! »
« IV cannot », sa\s Ingcél. « Clonds etc. And afier that,
u'honi saii'csl thon livre ? »
1. the ôcnmarcacl) of the storvof Cûchulainn's dcatli, Rcv. Celt., III, 185.
2. rîg Ere»;; Eg. rig Temrach YBL.
3. Buan 7 ^reg 7 Banno, H. Huaini 7 Broen 7 BanJu, St.
4. Nis-tairmmescand Eg. nis derban YBL. St. H.
5. coinh'ii Eg. H. coimiin F. an t;ic//nikind YBL. a tri chomhn St.
6. conroindfct Eg. conrainfet YBL. a);;roinnfit H.
7. -sesiur YBL. sesir St. F. scissiur Eg. set7;/ H.
8. ragait fein ass, Eg. aslûifet toraib, St. asloifit airib H.
9. huaire YBL. St.
10. sid Eg. sidaib YBL. St F. sidip H.
11. adad YBL. loo^' 13. adda St. ada F.
12. Ocus is fat sin dalemain is ferr fîlett in Her///;; Eg. 120-^2.
1 3. cumgi H. Eg.
14. i. e. Froth and Rain and Drop
15. i. c. Dew
Tlie Dfstnulioii of Dâ Diiga's llostJ. 285
Imda TuLciiiwi- DRunii.
109. At("(';/d<?/v ;ind borrôchicch arbclaib na imdac' cctnae
ivr hir in tige. Athis niàili tair. l-innithir canacli slcbc cach
tiiina âsas t/iàna chcnJ. Unasca- ôir immà ô^ Brat brecligda
inibi. A'(i/ claid/7' ina l;iim4 y nôi scéith airgdidi 7 ;/('/ n-ubla
ôir. Fcclicird ccch ai dib i n-ardac, 7 ni thuit ni dib i'or làr, 7
ni bi aclnôen dib ior a bois, 7 is c//mma oais timtliirecht bcch^
il-lô^ ànli cach ae sech araile SLias[7 anuas/.] Intan bâ hanem^
dô atf('//narc//3"9ocon chlis^", 7 anv// dorcchachasa" fochartatàr
gritlî '- inimi co mbâtarft)y lar in tige uile.
IS and asbiTt ind flaith^3 fil isin tig frisin clessamnach. Co-
tràncamniar ôr' bat mac bec ^4, 7 ni râla do cless n-airiut'> cosin
nocht.
Uch, uch, a phopa chain Co/w/Ve, [ar se, — Eg.] is deithbrr
dam: dom-recacha ^^ sûil féig andiaraid, fer co trian '" maicc
imp-»]lisen foraicce dul nôi ndro[n]g '^. Ni méti dosom a ndéi-
1. himdad YBL. himda St. himdadh I-". imdad Hg. himdi;i II.
2. Unascach St. F. H. luuuiscacli H'.
5. huîc YBL. St. F. o II. oib Hi. Eg. oniits.
4. lamaib YBL. St.
5. andar-Iat is tîmthircclit bcich, Eg.
6. il-la« YBL. St. a Ic) IL i loa F.
7. sic H.
8. hanem H. haincni F. iiaineam St. n-ancm YBL. hani LU.
9. Intan ropa ânem do, Eg. Ata';;«arcsa intan ba n-anem do atclionnar
csa, YBL. adconnan'sa F. Atco/zarcsa Eg. St. atai«narcso H.
10. chlius YBL. St.
11. rodercusa fair Eg. dorrccocliasa YBL. dorrecachasa St. dorccach/zia H.
dorrccacassa F.
12. focerd airnigritli YBL.
13. HiiEg. flfl///; YBL.
14. o ropo mcicc bccca sind dibli'nib Eg. o bini mac YBL. Codorancaniar
o bi mac, H. Cotrancamar o bi mac. St. F.
I). ni torchair do clcss huait, Eg. ni raloi do des aiiit, IL ni râla do cics
n-airit YBL. ni raba do clés n-airiut F.
16. rom-dèice Eg. romdcici H'. Domrccacai F. donnecacliai IL
17. triun YBL. F. Eg. H^.
18. atamro«aircc tria fithissib .ix. ndrong, Eg. foraice dol nui nd/ong, H.
foraicce dul noindrong I'. St. f<i/aiccc dul noi ndrong YBL. atanirc/znairc
tria lithisibii (.i. conairj nui ndoroch (.i. roth), IL.
286 Whiiley Stokes.
csin [Hieg il.J aiidiardid sin. Fichit//' catlia de, or se. Ro-
fcssar co de bratha- bas n-olc ar dorHs Bruid/zc.
The Rooni of Tiilchinnc thc Juggler.
lo^j. « Therc î hchehi a grcat champion, in front of thc sanie
rooni, on thc fJoor of thc housc. Thc shamc of baldncss is on him.
Ul)itc as luountain cotlon-grass is cach hair that groivs throiigh his
hcaii. Earrings of gold around his cars. A mantle spéckkd, coloured,
hc ivorc. Ni ne siuords in his hand, and ni ne silvcrn shicids, and
ninc appics ofgold. Hc throivs cach of thcin upivards, and none of
thcni falls on thc gronnd, and tljcrc is only onc of thcni on his
pal m; cach of thcni rising and falling past anothcr is just likc
thc viovcment to and fro of becs on a day of bcauty. WJjcn hc
ivas swiftest, I behcld him at thc fcat, and as I iooked, they uttered
a cry about him and they ivere ail on thc house-floor. Thcn thc
Prince luho is in thc housc said to the jugglcr : « IVe hâve corne
togcihcr since thou luast a Utile boy, and till tonight thy jugg-
ling na'cr failcd thcc. »
(c Alas, alas, fair inastcr Conairc, good cause havc I. A kccn,
angry cyc Iooked at nie : a inaii with the third of a pupil which secs
thc goingof the ninc bands. Kot much to him is that kccn, lurathful
sigJjt ! Bailles arc fought with it n, saith he. « // should be knoiun
till doomsdax that iherc is cvil in front of thc Hostcl. »
iio. Gabais 'wxoin na claid/'/// inna làim3, y na scéith-^ airg-
didi 7 na ub/^p ôir, 7 fochartatar^' gi'iîli i'^ibi dorise/ co mbâ-
târ fo/-lâr [inj tige uile. Dorât im-moth^ anisin, 7 ro léicachles
n-iiad9, 7 asbtTt: A Fir cbaille, comérig! nd laig a slige''^,
1. tîcliithcr YBL. ficit/r H. Fechaitrr Eg.
2. RofcsaithtT co dcred riibratha, Eg. Rofessar co dcred bratha, St. ro-
fesar co deired mbràtha, F.
3. Gabais iarum a clcsa .i. na claidib Eg.
.|. sgiatba F.
5. hiiblai YBL. hiibloi H.
6. focertat Eg.
7. arithisc YBL. aOitisi H. arithisi F. doridise Eg.
8. a mod Eg. im-motlwr YBL. St. a motug»(f H. imon teach F.
9. a clesa huad Eg.
10. aslcig YBL. aslig H. St. F.
Tiie Destruction of Dû Dcrga's HostcL 287
slii^airdbi do nuiic. Fiii|n]t.ii cia tail ar doviis tige do .iinli//.? '
ter mBriiid//i-.
Atà- ;uid, or se, Fer Ciuilngi % | l'er lei,| 1-er gar, Fer
rôgel, Fer rôgaiii. Dlonisait gnim nad lohur, logud > CoiiLiirc^
o loic nif/rcaib Duind Dcsa, 6 côic comakaib" carthachaib [Co-
naire, Eg.J
SAmniltc lat s/;/, a F/V roi^aiii. Cia ro chàchain in hiid se?
iio. Tlk'ii hc îook thc swords /;/ /;/.v haiid, and Ibc silvcrn
shields and thc applcs of gold ; and agaiu lln'y uticrcd a cry and
lucre ail on thc floor of the house. That ania~cd h'un^, and hc gave
cn'cr his pla\ and said :
« O Fer caille, avise! Do not ... ils slanghler. Saerijiee lh\
pig ! Find oui n'ho is in front of thc house to injure ihc nuii of
thc Hostel. »
« Therc », said hc, « are Fer Cualngi, Fer lé, Fer gar, Fer
rogel, Fer rogain. They hâve announeed a deed zchieh is not feeblc,
thc annihilation of Conaire h\ Donu De'sa's Jive sons, l'\ Conaire's
fivc loving fosterhrothers. »
« Lihen thou ihalj O Fer rogain! IVho has chanled thaï lay ? »
iir. Kl anse linisa a s:\mail, or Fer rogain. 'Faulchinne^
rigdriith "^ rig Tcwj-ach : clessamnach Con.iirc insin. Fer comaic
[LU. 93] '' môir in fer sin. Tothôetsat tri nt>//biiir ina chétchum-
scli'- leis, 7 a)//rainfe"' comgnim ir'i cach n-ôen'-+ isin Brudin,
1. malins LU. ani!i//j Eg. YBL. ainilcs H. F. aimli«.v St.
2. AtMU H.
5. Cuailgc YBL. Cuailngnc F.
4. sic YBL. H. F. Fer 10 St. l-g.
5. logad F. loghudh YBL. mat//J H.
6. Dlomsat gnim laisct ar logLid Coiniiit do marbad Lg.
7. comdaltaib St. F.
8. lit. put him (dornt, rectius darat) into stupor (iiiotl), Ml. 6ii^ 9).
9. Taulchaine. St. YBL. Taulchinc F. Tuilchinne Hg. Taulchaini H.
10. rigdruith YBL.
11. In tliis and thc ncxt page of LU. thc wiiting is in onc coliimn.
12 C('/chumscliu St. cc/cuinscliu F.
13. ro«raindi YBL. comrainfc Eg. toaroinnfî H.
14. fri g((c/j n-aoinftv H.
288 Whitley Slokes.
7 imoKiricLi' clûd do ass cid crechtnaigthc. Cid ni chena ni bu
ortai- ind orgtiin cid fobithin ind tir sin.
Céinmair noda-ainsfr^J ! (or Lomna.
Ni c/micid », (or Ingccl-*. [7 iarsin cia accai and? — F.].
///. « Easy for me lo likcn him », says Fer rogain. « Taul-
chinm the cbii'fjuggler of ihe King of Tara; he is Conaire's con-
jurer. A man ofgreat migbt is that iiian. Thrice nine will fall by
him in bis first encounler, and be will sbare proiuess luitb every
one in ihe Hoslel, and he luill chance to escape therefrom though
îuounded. Whai then ? Even on account of this man (onl\) the De-
struction shoiild not he wronght. »
« Long live heiuho should sparc him! » says Lomna Dn'ith.
« Ye cannot »_, j-^fv^ Ingcél, etc.
I.MDA XA MUCCIDI 5.
112. Ati"()//narc t/iar i n-airthiur in tige, tri dubbc/vthae
fcraib : tri forti ûanidi impu : tri dublcnna tairsiu: tri gabiilgici
uasaib hi tôib fraiged : se dubassi dôib ar crund. Cia sût, a
Fir rogain ?
« Ni anse, ol Fer rogain : T/i nuiccaidi ind rîg sin, Dub
7 Dond 7 Dorcha : t/i brathir, tri maicc Maphir Themrach.
Ccinmair nudn-ains('(f, mairg nodn-géna^'! ar bà mô bùaid a
n-anacail oldas a ngona.
Ni c//mcid, (or (Ingcél etc.)
The Room of ihe Szuineherds.
112. « / beheld a trio in the front ofthe honse : thrce dark crouni-
tufts on them : three grcen frocks around fheni: three dark mantles
over thon : three forked . . . (?) ahove iheni on the side of the ïuall.
1. imniarawic yrl. YBL.
2. Facs. LU. mbuorta. Nirbo ort.-c St. nibo ordctai F. (ihe c writtcn
over the /). nibo orta; YBL. imaricli 7 ri. nibo H, u'/j/V/; ciidslicre.
^ céin nodaainS('(/ LU. cenmair nodnanSt'<f YBL. mongcnar nodanst'i/
Eg. iii''2. nodnainsed F.
4. add\?>L. neh( yrL
S- §§ 112-125 ai'e omitted by YBL. F. St. and § 112 is omitted by Eg.
0. Icg. noda-ainscd, niairg noda-gcnad.
The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 289
Six hlack gmivcs the\ had ou thc nidslK Who are yen, O Fer
roi^aiii? »
« Easy to sa\ », aiiswers Fer roulai 11: « the ihree siuincherds of
the kiuî^, Diib and Doiui and Dorcba : ihrec brothers are tbey, three
sons of Mapher of Tara. Long lire he ivho shonld protect iheni !
woe io hini who shall s!a\ theni ! » for gréa 1er ivoiild he the
tritimph of protect ing thein than (the tiinniph) of shixing theiu ! »
« IV cannot », sa\s higcél, etc.
Imda xa x-arad x-airegda.
113. Atfo//narc iriar n-aili ara mbelaib : téora bnna ôir îor
airthiur a cind : teora berrbrôca impu de lin glas imdentai di
ôr: tri cochlini corcrai impu : tri broit chrédumi ina Idim.
Samail[te] let sin, i\V\r rogain.
Ros-fetar, ol se. Cul 7 Frccul 7 Fcrcul, tri p/iniaraid ind
rig sin, tri cornais, tri maie Sidbi 7 Cuinge. Atbcla fer cech
airm leo, 7 conrainfet buaid n-echta.
The Rooin of the principal Charioteers.
II). « 7 heheld anotber trio in front of thein: three plates ofgold
on their foreheads : three short aprons tbey -luore, of grey linen em-
hroidered zcith gold : three crinison capes ahont theni : three goads
of bron:^e in their hands. Liken thon that, O Fer rogain ! »
« I hiow thent », he ansiuered. « Cul and Frecul and Forçai,
the three charioteers of the King : three oj the saine âge: three sons of
Pôle and Yoke. A inan unll perish hy each of their îueapons, and
ihey will share the triuinph of slaughter. »
Lvida Cnusawm \uiicc Coucobmk.
114. Aiconnarc imddi n-aili. Ocht//r claidbcch inti 7 màeth-
oclâech eiurro. Mdel dub fair 7 belra formend leiss. Co»tùaset
des na Brudni uli a ai;/delg. Aildem di ddinib hc. Cdimsi imbi
7 bratgelderg. Eo dirgit inna brot.
Rofet//»-sa sin, ol Fer rogain, A. Cuscraid Mend Mâcha
macc Co;/chobair fil hi ngialnai lasin rig. Achometaidi \muu)rro
I. Some part of thc house or its furniture = craund siiiil 'j 115.
290 WliitUy Stokes.
in t-ocht///' fil imnii .i. da l-hmJ, da Cli/////main, da Aed, da
Chrimthan. Convômïet comgnim fri ccch n-ôen isin Brudin, 7
immaricfa clod dôib ass f;'i a ndaltai'.
The Rooiii of Cuscrad son of Conchobar.
114. I beheJd auolhcr rooiii. Thcrein wcre cight swordsmen, and
aniong îhcm a stripling. Black haïr is on hiin, and ver\ stammcr-
ing speech has he. AU thc folk of ihe Hoslcl listen to his counsel.
Handsoniest of mcn he is : hc zvears a shirt and a hrighî-red
nuvilh', ivith a brooch of silver thcrein. »
« / knoiv hini », sa\s Fer rogain : « 'tis C usera id Menu of
Annagh, Conchobar's so}i, zvho is in hostageship ivith thc king.
And his gnards are those eight (siuordsnien) around hini, naniely,
huo Flanns, iwo Ciunnmins , two Aeds, two Crinithans. They will
share proivess luith every one in the Hoslcl, and they u'ill chance
to escape froin it luith iheir fosterling. »
I.MDA XA FOARAD.
115. Atrhc);/narc mî//bur {or craund siûil dôib. N6i coch-
leni impu co lubun chorcnii 7 land ôir for cind cach ae. Nôi
mbruit inna himaib. [Samalte — Eg. ii6''2].
Ro[sJfet///-sa sin, ol Fer rogain. Riado, Riamcobur, Riade,
Buado;/, Bûadchar, Buadgnad, Eirr, Iner-, Argatlani — nôi n-
araid foglomma la t/i primaradu ind rig. Atbela fer ccch-ai
dib, 7r.
The Rooni of the Under-charioleers.
II). I beheld ni ne mcn: on ihe niast icerethey. Nine capes they
îuore, ivith a piirple hop. A plate of gold on the hcad of each of
ihem. Nine goads in their hands. Liken thon. »
« I knoiv those y> , quoth Fer rogain : ((Riado, Riamcobur, Riade,
Buadon, Bûadchar, Buadgnad, Eirr, Ineirr, Argatlani — nine
charioteers in apprenticeship luith the three chief charioteers of the
king. A nian luill perish at the hands of each of theni, etc.
1. For the corrcsponding passage on Eg. 116^ i sce Appendix 5 114 It
is followed bv a description" ofConaire's threc wizards.
2. Ineirr Eç.
The Destnicliori of Dà Dergas Hostcl. 291
Imda \.\ Saxan'acii.
116. Aicoiinarc isind Icith atudid din tig no//bur. Noi
monga forbaidi foraib. Noi camsi fogarti impu. Noi lenn;u ocr-
erai tairsiu ce» delgae indib. Nôi manaise. Nôi cromsccith
déirg l'iasaib. [Samalthe, Hg. 117' i].
R//^-fetaniar, ol se, .i. Osait' 7 a da chomalta, Osbrit -
Lamfota 7 a dà chomalta, Lindas 5 7 a da chomalta, tri rig-
domna do Saxanaib sin file/ ocond n'g. Co/;rainfet in lucht sin
buàid ng[n]ima, 7rl.
Tl.h' Rooni of ihe Enc^JisJjDicii.
116. « On ihc iioiihcni sidc of thc bouse I behehl }iiuc iiicii.
Nine very yclloiu mânes lucre on Ihcni. Niiie linenf rocks somewhat
short luere round them: nine pur pic plaids over them luithout
brooches thtrein. Nine broad spears, nine rcd cnrvcd shields above
them. »
« We knozu them », qnoih he. (( Os-wald and bis two foster-
brothers, Osbrit Longhand and his two fosterbrothers , Lindas and
his tîvo fosterbrothers. Three crown-princes of England who are
zi'ith the king. That set will sharevictorious prowess, etc.
Imda \a Riterf.d.
117. Atcondarc triar n-aili. Teôra mdela foraib, tri lenti
impu4j 7 tri broit hi forcepul. Sraigell il-laim cachae. [Sa-
mailte jr\. Eg.].
Kus-ktursa sin, ol se. Echdriiim, [LU. 94] Echriud, Ech-
rûathar, tri marcaig ind rig sin .i. a thri ritiri. Tri brathir iat,
tri maie Argatroin'. Mairg iiiras in n-orcain cid fodaig in
trir sin !
1. Ozaltt Eg.
2. Ozbriit Eg.
3. Ouït Eg.
4. tcora Icni hi cestul fri gelcnes dôib ]lg.
5. Argatroir Eg.
29 2 Whitley Stokes.
The Rooin of ihc Equcrries.
I ij. « / behcJd another trio. Threc cropt heads of hair ou tbeni,
ihree f rocks ihey luore, and ihrce niant les îcrapt (aroiind thcni). A
■iuhip in the hand of cach. »
« I knoiv those », quoih he (Fer roi^ain). « Echdruim, Echriud,
Echrùathav, the ihree horsevien of the kin^, that is, his three eqiwr-
ries. Three brothers are they, three sons of Ar^atron. Woe to h'un
luho shall ivreak the Destruction, ivere it (onlx) hecause of that
trio.
I.MDA XA mBrEt[h]eMAX.
ii8. Kiconnarc triar n-aili isind imdaiocaib. Fer cdin rogab
a mdelad hi cetad'. Di oclàig leis^ co mongaib foraib. Téora
lenda c;/mmascdai impu5. Eo argit i mbrot cacchnai dib. Tri
gascid ûasaib hi f^aig. SamaiH let sin, a Fir rogain.
R//i-fetar son, ol se. Ferg»^ Ferde, Fer fordae, 7 Domaine
Mossud, t7'i brithemain ind rig sin. Mairg iuras in n-orcain
cid fodeig in trir sin ! Atbéla fer cacha? dib.
The Rooni of the Jndges.
II S. I beheJd another trio in the rooni h\ theni. A handsome
[leg. bahi^ nian icho had got his baidness newiy. B\ him weretiuo
young nien with mânes npon theni. Three niixed plaids they vjore.
A pin of silver in the niant Je of each of them. Three suits of
arniour above them on the luaJl. Liken thon that, O Fer rogain ! »
« / knoiu those », qiwth he. « Fergus Ferde, Fergus Fordae and
Domaine Mossud, those are the king's three jndges. Woe to him
li'ho shall zvreak the Destruction luere it onl\ because of that trio !
A man will perish by each of them . »
1. fer nioel rogabad [leg. rogab a] moclad lii cétud, Eg. iiCi^» 2.
2. da ôclach ieiss Eg.
5. tcora caimsi impii co tcoraib lannaib ciimascdai Eg.
4. Samailte Eg.
The Dcsinu'ticn of Ihi Deri^a's Hostcl. 293
Imdûi na C/utiri.
1 19. Axiviidnrc mnhur n-aile tViu anair. Nôi monga crdeba-
cha cassa fcvaib. A^('/ mbroit glassa luascaig impu. Nôi ndelce ôir
ina mbrataib. Nôi tailge glano ' ininià lama. OrJnasc oir im
ordain cach ac. Auchuimriuch- n-6ir 'm o3 chach lir. Muince
aircit im brdgit cach ae. Nôi mbuilc co //-inchaib ôrdaib uasib
hi tVaig .i. //ô/ flesca findarcit inna lamaib. [Samailte Eg.].
Ro[s]fet//;'sa sin, ol se. Noi crutiri ind rig insin [7 a iiôi
cniite ùasaib, Eg.]. Side 7 Didc, Dulothe 7 Deichrinni, Caii-
mul 7 Cellgen, Ol 7 Olenc 7 OlLh6i4. Atbela fer cach ac Ico.
The Rooiii of thc Harpcrs.
Il Cf. « Ta ihc east of ihein I hchchl aiiolhcr ciuicad. Nhie
hranchy, ciirly mânes upon theni. Niiic gre\, floaliiig(?) iiiaiitles
ahout them : ninc pins of gokl in ihcir manllcs. Nine ri)igs of
crxstal round thcir amis. A thunihring of gold round cach nmn's
ihunih : an car-tic of gold round cach nian's car : a torque of silver
round cach nian's throat. Nine bags luith gohien faces abovc them
on ihe wall. Nine rods of luh'ite silver in thcir hands. Liken thon
(them). »
« I knoiu thosc », quoth he (Fer rogain). « They arc ihc king's
nine harpers, luilh thcir nine harps above them: Side and Dide,
Dulothe and Deichrinnc, Caumul and Cellgen, 01 and Olcne and
Olchôi. A man luill perish by each of them. »
Imdai na Clesamnach
120. Atcondarc iriar n-aile isind airidi. Teora caimsi hi
foditib (.i. hi cenglaib) impu. Sciatha cethrocairi ina5 kimaib
co tclaib ôir (oraih 7 ubla airgit, 7 gai bic intlassi leu,
Ros-fet//rsa, ol se. Cless 7 Clissine 7 Clessamun, tri cles-
1 . glan/ife Eg. 1 1 7^ i .
2. eo comrach Eg.
3. i n-6i Eg.
4. Si'gae, Dige, Dcgrimc, Emul, Caumul, Ccltgen, Olac, Olcliac, Olc-
nac, Eg.
5. MS. in ina
Revue Celtique, XXII. 20
2Q4 !!'/;///()' Stokes.
samnaig ind rig sin. Tri cornais, tri dcrbrathir, tri maicc
Naffir Rochlis. Atbéla" fer cach ae léo.
The Rooni of ihc Coujiircrs.
120. « I saiv nnolhcr Irio on ihc dais. Three bedgowns girt about
thon. Four- cor ncrcd shichls in iheir hands, luith bosses of gold
npon thon. Applcs of silver ihey had, and small inlaid spears. »
« / hnoiu Ihcin », saxs Fer rogain. « Cless and Clissinc and
Clcssamun, ihc king's ihrcc conjurcrs. Thrcc ofihc sa nie âge are ihey :
three brothers, three sons of Naffer Kochless. A man zuill perish by
each of theiu.
ImDAI Tri X-AXMHD IXD RIG.
121 . Atcondarr triar n-aili hi comfocràib inidai ind rig fcssin.
Tri broit gornia impu 7 tcora caimsi co ndergintlaid tairsiu.
Arrocabtha a ngascid ûasaib hi fraigid.
R?/j'-fet//rsa sin, ol se .i. Dris 7 Draigen 7 Aittit, tri anmed -
ind rig, tri maicc Sccith foilt. Atbela ter cach airm léo.
The Rooin of iIjc three Lanipooners.
121 . « I beheld anotber triohard by the rooni of thelung himself.
Three bine niantles a round theni, and three bedgoiuns ivith red in-
sertion over thcm. Their anns had been hung above theni on the
luall. »
(( I knozu those »_, quoth he. « Dris 7 Draigen 7 Aittit (a Thorn
and Branible and Fur:;e »), the king's three lanipooners, three
sons of Sciai h foilt k A nian will perish bx each of their lueapons. 0
Imdai na mBadb.
122. Kuondarc triar nocht lii cléthi in tigi. A tôesca fola
trethu, 7 sîvAJiemain a n-airHg ara mbraigti.
R//jr-fet^rsa sin, ol se: tri ernbaid iiagboid : triar orgar la
cach n-aim insin.
1. Atbéba LU.
2. leg. anmid ? anmeda ?
^. Sciachfolt?
The Dtsiniction of Dd Derga's Hostel. 29^
The Room of the Baâhs.
122. « / hchcld a trio, nakcd, on thc rooftree ofihc ho use : thcir
jets of blood (comiiig) through thcni, ami thc ropcs^ of thcir sianî^i)-
ter ou tlk'ir lurJcs. »
« Those I know n, saith Ijc, « ihrcc ... of awfui bodiiig. TIjosc
arc tl)c thrcc timt arc siaugijtcrcd at cvcry tiiiic. »
Imda \a Fulachtori.
123. Atcotidarc triar oc dcnam fulochta i mhcrrbrckaib in-
tlassib. Fer tind liath, 7 di oclaig 'na farrad.
R//jr-fet/</'sa sin, ol Fer rogaiii. Tri primfulachtore ind rig sin
.i. in Dagdae 7 a da daltae .i. Séig 7 Segdae da mac Rofir
Oenbero. Atbéla fer la cach n-ae dib, 7r.
TIjc room of thc Kitcljciicrs.
12). « / bei}cid a trio cooJa'iig, in sljort inlaid aproiis: a fair
grey man, and tiuo yoiiths in his conipany.
« / hiùiu îJjosc ))^ qiioth Fer rogain : « tJjey are tlk' King's three
chicf kitcheners, namely, tljc Dagdae and his two fosterlings, Séig
and Segdae, the tiuo sons of Rofer Singlespit. A nian will perish by
each of the ni »_, etc.
L\IDA \A FiLED.
124. ktcondarc triar n-aili and. Téora landa ôir tar a cend.
Tri broit bric impu : teora camsi co ;idergintlaid : teora bret-
nassa ôir inna mbrattaib : teora bunsacha uasaib hi fraig.
Rofetwrsa sin, or Fer rogin : tri filid ind rig sin .i. Sui 7
Rodui 7 Fordui: tri cornais, tri brathir, tri \waic Maphir Ro-
chétail. Atbela fer cech fir dib, 7 congeh:\. cach dias bûaid
n-oenfir etorro. Mairg xwras ind orcain! 7r.
I. With thcse ropes C. H. Tawney comparcd thc Homcric r.i^py.-' ôXsOpoj
II. 6, 143 : Od. 22, 41 : cf. also the Anglo-saxon Dha feowere f<cgcs râpas,
« the four ropes of the doomed man ». Saloinon and Saturn, cd. Kemble,
p. 164, uridheiie lucel-hlencan « twisted chains of slaughter », Elcne 47.
296 Wliitlcy Stokes.
124. « / behcld anolhcr trio ihere. Threc plates of gold over their
heads. Three speckkd niant les abotit iheni : three Uncn shirts with
rcd insertion : three golden hrooches in their niant l es : three ivooden
darts ahove theni on the wall. »
(( Those I Jciioiu y>, says Fer rogain: « the three poets of that
king: S ni and Rodai and Ford ni : three of the sanie âge, three bro-
thers: three sons of Maphar of the Mighty Song. A inan will per-
ish for each of iheni, and every pair ivill keep belween them one
nian's victory. Woe to hini zuho shall zvrcah the Destruction ! » etc.
[LU. 95-^]. Imda xa Foschometaidi.
125. Kuondarc and dà ôcldech ina sessoni os cind ind rig.
Da cromsciath 7 da bendchlaidiub mara occo. Lenna di/'ca im-
pu: deki lindairgit isna brataib.
Bun 7 MeccLin sin, ol se, da chometaid ■ ind rig in sin, da
macc Maffir Thuill.
r/.'(' Rooui of the Servant-guards.
I2J. « There I beheld izuozuarriors standing over the king. Tivo
curved shields they had, and lico great pointcd siuords. Red kilts
they wore, and in the mantles pins of ivhiic silver. »
« Bole and Root are those », quoth he, « the king' s tivo gnards,
tiL'O sons of Mafer Toll. »
Imda na Cometaidi ind Rig.
126. Ammdarc' nonhàr i n-imdae and arbelaib na imdai
cetnae. Mongae findbudi (oro'ih. Berrbr6ca5 impu, 7 cochléne
brecca 7 scéith béimnecha foraib. Claid/b4 dét il-lâim cach fir
dib, 7 cach fer dothdet isa tech folôimetâr^ a béim cosna claid-
bib. Ni lomethar'^ nech dul dond imdae cen airiasacht dôib.
Sa.mailte \at sin, a Fir rogain.
1. MS. chometaib
2. Hère F. YBL. and Eg. recommence.
3. Bernbroga YBL.
4. claidbi YBL. claid/7' co »-eltaib Eg.
5. folaimtis, Eg 120'' 2 foloimmetar St. F. foloimetar YBL.
6. laimather Eg. lomethar F. lometar YBL. lamaither H'.
The Destruction of Dû Dergas Hostcl. 297
Ni anse damsa on. T;i Mochniatnig Midi, tri Biiageltaig '
Brcg, tri Sostaig- Slcbc Puait. N(';/bor comctaide ind rig sin^
Tothikisdl iiôi ndechcnb.iir léo ina cetc/miscl///, yrl-^. Mairg
ÎLiras in n-org(//// fô ndcig sin !
Ni c//mcid. ior Inga'7. Nf'A/ iciiimid, 7 ri. Oc us iarsin cia
Accn aihi ?
The Rooiii of ihc Kiui^'s GuardsDieii.
126. « / hehehl iiiiie iiieii iii a rooiii ihcrc in front of thc saine
room. Fair ycUow nianes iipon îbcni: short aprons thcy luore and
spottcd capes : they carricd smitincr shiehis. An ivory-hiltcd siuord in
thc hand of each oftheni, and îvhoever enters ihe honse they essay lo
sniitc hini luith thc siuords. No onc dares to go to the room (of thc
King) u'ithoiit thcir consent. Liken thon thaï, O Fer rogain ! »
« Easy for nie is thaï. Thrce Mochnialnechs of Mealh, three
Buageltachs of Bregia, ihrec Soslachs of Sliab Fnait, thc nine
giiardsmcn of that King. Nine decads luill fait by thcni in their
firsl conflicl, etc. IVoe lo hini thaï shall ivreak the Destruction hc-
cause ofthcni (only) !
« Ye cannot », says Ingcél. « Clouds ofweakncss etc. Ami luljoin
saivest thon then ? »
Imda Nia 7 Bruthxi .1. da foss mési Conxnu.
127. Atcondarc imdae n-ailc u-and 7 dias indi. Itc damdab-
cha 5 balcremra. Berrbrôca^ impu: it é gormdonna/ ind fir.
Culmonga cumvi foraib; ité aurarda for étun. It lùathidir rotli
[mjbûali^ cechtar de sech araili, ind-ala hai9 dond imdai,
alaile don tenid. Samaille \at sin, a Fir roo^ain.
1. buaideltaig YBL.
2. Rostaig St.
5. YBL. and Eg. omit this sentence.
4. St. and YBL. add : 7 imrnariccfa elud F. adds : 7 immaricù clud jr].
). toirnidi Eg. i ^ob 2.
6. hernii broca E^.
7. donna gornia Eg. gormdonda YBL. gormdoniiai F.
8. roth mbuailc YBL. F. Eg. roth liibuailc St.
9. indara de Eg. indalaili YBL. indala de St. F.
298 WliitUy Slokts.
Ni anse damsa. Nia' 7 Bruthni-, da> foss mése-* Conairc
insin. Is i dias as decii fail5 i n-HenW im less a tigernïe. Iss
c'd fôrrra^' duinni dôib 7 aurarda dia fuit, athigid in/ tened^ co
mcnic. Ni lil isin bitii dias9 bas'° tcrr ina ndàn andàte. To-
th()('7^(7/ t/i nt'//bor Ico ina cétc»mscii, 7 rc)7?rainfet " conignim
fri cach, 7 \mm:\ricfa c\i(d dàih. Ociis iarsin cia acca and?
The Rooiii of Nia and Bnilhnc, Conaires iiuo luaiiers.
I2J. « There I beheld anothcr rooDi, and a pair was in it, and
they are « oxtubs », stout and thick. Aprons they zuore, and ihe mcn
were darkand broii'n. They had short hackhair on theni, but high
iipon Iheir foreheads They are as siuift as a watenuheel, each of
iheni past another, one of them to the (King's) rooni, ihe other to
ihefire. Liken thon those, O Fer rogain ! »
« Easy to me. They are Nia and Bruîhne, Conaire's iivo table-
servants. They are the pair that is best in Erinfor iheir lord's ad-
vantage. What causes brownness to them and height to their hair is
iheir fréquent hannting of thefire. In the ■ivorhi is no pair better in
iheir art ihan they. Thrice nine men will faïl by them in iheir Jirst
encounier, and they ivill share proiuess îuiih every one, and they will
chance to escape. And after that îvhoni sawest thon ? «
ImDA SeXCHA 7 DUBTHAIG 7 GOBXEXD .\U7/Vc LURGNIG.
128. Alcondarc imdae as nesani do'- Conair<^ : t/i primldich
inti : it c cctliatha. Teora Icnna dubglassa impu. Remithir'>
1. Niadh St.
2. Bruitne F. Bruithni St.
3. dm Kg.
4. du foss niessi \BL.
5. is iat sin dids is fcrr fil, Eg.
6. ibdera F. fodtva YBL. iotern Eg.
7. naYBL.
8. aithighit in teinid, F.
9. nisfil isin bith dis, YBL. nistilisin bith dis, St. Nisfil isin bith diass, F.
10. as Eg. St.
11. comraindfct Eg. 7 maidfit yrl. YBL.
12. St. inserts imnidœ. F. inscris imdai. Eg. oniits do.
13. Rcniir St. rcimir F. rcimithir Eg.
The Di'iinicticri of Dd Dcroa's Hostcl. 299
mcdôn Hr cach bail dib'. T/i claid/A duba dimôra léo, siathir^
claid(7' ngarmnae cach ac. No didlastàis tinnae ïor usciin. Ld-
gen môr il-laim ind tii" iiicdônaig, rôira scmmcnd trethe^.
Dagere cuinge sesrige a crand lil indi. Cressaigthc5 in fer me-
dônach in làgni sin*^, iiigi nd tiagat a huirc ecgi7 essi, 7 benaid
ah hurlond*^ f/ia bais co fd thri. Lonchorc môr ara mbélaib9,
méit chorc colbthaige^". Dublind ûathmar and : mescth^j béos
isin duiblinn isin'^
Mdd chian co tairi a fobdud [LU. 95^] lassaid ïor a crand^^.
Indar-lat is derc^^ tentidc bis i n-uacht//r in tige. Samailte lat
sin, a F/r roi^ain.
The Rooni of Seiicha and Diibihach and Gobai 11 soji of Litrguech .
128. « / bchcld thc rooiii that is iicxl lo Coiiairc. Tbree chiej
champions, in their first greyncss, arc therein. As thick as a nian's
ivaisî is cach of their iinibs. They bave three black swords, cach as
long as a weaver's beani. Thèse swords would split a hair on water.
A great lance in ihe hand of thc niidinost inan, with fifty rivets
throligh it. The shaft fbcrcin is a good load for thc yoke of a plough-
tcani. The midniosi nian brandishcs that lance so that ils cdge-
stiids (?) hardly stay therein, and he strikes the haft thricc against
his pal ni. There is a great boiler in front of theni, as big as a calfs
caldron, ichercin is a black and horrible liquid. Moreover he pi an-
ges it (the lance) into that black flnid. If its qiienching be delaycd
1. dia mballaib Eg.
2. sithidir Eg. sithigtir YBL. sithir St. F.
5. notescfaitis fuina i n-agid srotha, Eg. no dedhlaistis finda for usciu,
YBL. no dailastais finna îor usce, St. no do ilsatais F.
4. semand trca YBL scim)»t'//n crcdumai F. scn^nm crcduma St.
5. Cressaigis Eg. H'. Crcsaigthi YBL. cresaigthc St. cressaigthiu F.
6. nioirsin YBL. St. F. môr sin Eg. mair sin H'.
7. a huraicdi Eg. I2iai. a huirc cicgi YBL. a huirc ccgi St. a huirc
eci F. apparently synonvmous with soiiiiionl « rivets ».
8. haurlonn St. haurlond F.
9. ara bélaib Eg.
10. cholbthaigi YBL.
11. mescthar beos comt'nic in slcg mor isin dublinn sin Eg mescth".?
beo;<5 isin duibUnd sin, YBL. isi dublinn sin, St. isi dubhn isin F.
12. Mad chian air nadà fothrucud sin dublassoig [leg. dub-Iassaid] for
a crund, Eg. for a crunn YBL. St.
15. draicc Eg. drecc YBL. drcch St. F.
po Wliiiky Stokcs.
itjîaniescvi ils sbafl (and thcn) thon wouldsl suppose that there is a
ficry drai^oii in ll)c lop of tbe hoitsc. Likcn thon that, O Fer ro-
gain ! »
129. Ni anse. Tn laich ata dcch gaibtlic' gaisced i nWcxind
À. Sencha macc alaind- Ail^lla 7 Y)y\hthach Dôcl \]\ad 7 Goib-
ncnd mrtrc Lurgnig'. Ocus ind Luiii Clieltchair maie Uthidir-^
ft'rricht 5 hi cath Maigi T«red, iss i fil il-làim Y)và\)thig Dûil^
\]\ad. Is bés di ind reb sin [do dénam, Eg.] intan as apaig"
fuil namat do thestin^ di, is écen core co neim dia fdbdud9
intan f/isailtcrgnim gona duinc di'°. Manis-tairi sin", lassaid
ar a durnd, 7 ragaid tria fer a himorchuir no t/ia chomdid'-
(jiô chomsid)ind rigthaige. Mâd fûasma'^ dob^'Vthar di niairlîd
fer cacii'4 fiuisma'S 6 bethir ocond reib sin di on trâth coaraile,
7 nisn-aidléba'^. Ocus mi\à urcluir'7 mairfid n(i//bor cacha ur-
cliair^^, 7 bid ri no rigdomna nô aire '5 dibrrgae in nômad fer.
Tong» a tongt'5-° mo thi'iatli, bidsochaide ft^rsa ndailfe deoga
tonnaid-^ innoclit ar àorus \\x Brud;/(' ind Luin [sin] Celtchair
xwaic Guth/c//r--. Tong// do dia tong<'5-5 mo ihi'iath, doto[e]tJr7/
1. gabthaeYBL. gjibthiu F. (Icg. gaibtc?) atn Jech iîlct doneocli gabas. Kg.
2. uni. St. F.
3. Luirggnig, St.
1. (juithichair St. F.
). in Luinbà// Celtchair maie Guth/i/Zr fritli Eg. ind luin ba Ccltcliair
(with tid written over ac] maie Uitheochair fo/riclit, YBL. 101^34.
6. Dàil St.
7. as n-apaid YBL. is apaid F.
8. thestin Eg. testin YBL. tlicsin LU. thcsstin St. tcistin H'.
9. badad St.
10. dia bâdud intan is arithi guin duini di Eg. dia badud intan frisail-
teretc. F.
11. Mani fagba in gai sin a iVithalim ina Ibbairt ncimi Eg. I2i-^ 2.
12. coimtig Eg, choimt/> YBL. comtid St. comitid F.
15. lûasnad Eg. fuasma YBL. fuasmad St.
14. cacha St. cccli V.
\). lùasnaid Eg. fuasma YBL. St.
16. nisnaidliba'St. YBL. F.
17. aurchur St. YBL. inscris legt/w/ .
18. cac/; urchara, YBL. cach aurchora, St. ccch aurchara F.
19. airig St. F. YBL. acrcch Eg.
20. Tongusa a toing, St. Tong. a tong. mo tiniatlia YBL.
21. tonnaig YBL. tondaidh F.
22. Cuithechair St. Cuithichair F.
25. Tong do dia a toing, St. F.
Tlic Destruction of Dâ Dcrgas Hostcl. 501
chct lasin tn'ar sin ina cmcluotiscliii, 7 a);/râinfe ' comgnim-
f/i cach triar isin Briu/Zn innoclit, 7 iiiaid//J bûaid ri'g ;w airig
diKvt,'-<7f, 7 immaricfii elm/ dôib.
Mairg iunr.f in n-orgrt///^ fc/' Lomna Dn'uh, cid tôbitlnn in
t/iir sni
Ni c//mcid, îor Ingâ'7, 71'. Ociis iarsin r/(T am/ a//(/?
I2(). « iT^j'v /(' iVïV- Tbrcc hcrocs zcbo arc hcsl al i^rasping
iL'capons il! Eriii, namcly, Sciicha îhc bcaiitiful soti of AiliU, and
DiibthachChafcrof Ulaid, and Goihnenn son of Liirgnech. And ihe
Luin 0/ Celtchar son of Uthider, zuhich tuas foiind in thc battle of
Mag Tured, this is in thc hand of Diibthach Chafcr of Ulaid.
That fcat is usual for it luben il is ripe to pour forth a focinan's
blûod. A caldron fiill of poison is needed to qiiench il luhcn a deed
of manslaying isexpected. Unlesstbis coine to tbc lance, il fiâmes on
ils baft and will go tbroitgb ils bearer or ihc niasler of llje palace
(wberein it is). If it be a bloiu that is to be givcn ihcreby it luill
km a Vian al every bloiv, luhen il is at llmt fcat, front one hour to
another, thongb it may nol rcach bini. And if it be a casl, it zuill
km nine inen at every cast, and one of ibe niuc will be a king or
craïunprincc or chieftain of ihe reavers 5 .
« / sivear whal iny Iribe swears, tljerc -will be a imillilitdc iinlo
ivhoni tonigbl tJ)c Luin oj Celtchar will deal drinks of dent h in
1. conroïndie Eg. ro;;rainfcd VBL. ùi»rainfc St. F.
2. caingnini F.
5. This and the prcceding paragraph suggested thc tbllovving passage in
Ferguson's Coiiary :
« In hands of Duftacli is the iamous laiiii
Of Kchar son of Utcchar, whicli erst
A wizard of the Tuath De Danann brought
To battle at Moy Tury, and there lost:
l'ound after. And thcse motions of the spear
And sudden salhcs hard to be restrained.
Affect it oft as blood of enemies
Is ripe for spilhng ; and a cauldron then
Full of witch-brewage needs must be at hand
To qucnch it, when thc homicidal act
Is bv its blade expccted ; quench it not,
It biazes iip, cvcn in thc holder's hand,
And throLigh thc holder and the door-planks through
Fhes forth to satc itsclf in massacre.
So the spear ofDiomede •ixrr^-.y.: 1/ -y.'/.i'j.r^'zv/ , II., VIII, iii.
^0 2 Wliitlcy Stokes.
froiil of thc Hoslcl. I siucar to God luhal i)i\ Iribe swcars thaï, in
iheir first encounter, three hundred willfall by that trio, and they
luill sharc proiuess zvilh cvery three in the Hostel tonight. And they
luill boast of victory over a Jcing or chief of the reavers, and the
three luill chance to escape. »
« Woe ))^ says Lonina Dn'ilh, « to hini ivho shall lureak the
Destruction, were it (only) because of that trio ! »
« Yc cannot », says Ingcél, etc. « And aftcr that, ivhom sawest
thon therc ? »
Imda Tri N-AiT|ii|ECH Fer Falga.
130. Axconà.arc and imdac 7 tnar inti. Tnar fer îonrcn fe-
ramail^ fortamail nacha sella duini tairiselhar fri an teôra dre-
cha citchi. androchta-. ara n-imômon imcissin ûath. Imda-
tuigethar5 celt clithargarb iïnna connÀch. a chuirp imchdit
agrind arruisc4 roamnais. t/ia frôech finnu î ferb, cen étaige
imtuige co certsdla sis. La téora monga echda uathmara ségda^
co slissu. laich luind lùatar dàxàbiul bakbéimnechu fri bib-
dadu. bcim bûrit^ f/'i téora s//5ta iarndae9 con^c secht slabradaib
trediialachaib tréchissi, comx secht ccndphartib iarndaib^" a^^ cind
cacha slabraidé. trummithir tinni dcich [mjbrudamna^- cach
n-ae. Tri dondfirmôra. Culmonga duba echda ^5 foraib rosegat^4
a ndi sàil. Dâ ndagt/-ian'J damseichc'^'' [do chriss Eg.] im-me-
1. ow. YBL. Eg.
2. anrachta YBL. androchta l£g. 112* 2.
5. Imdotuighcdar F. imda guigcthar YBL. ociis ma tuigethar Eg.
4. imcaiihèr grinn a ruisc Eg. imclianag rind aruisc YBL. loib 2. im
chath agrind a ruisc, St.
5. finntad Eg. finna St.
6. slcga Eg. scgtha YBL. segta St.
7. luatha ar claidbiu Eg. luath ar claidbiu YBL. St F.
8. bcim buirid YBL. beim bruit St. bcim buirit F. Burait beim H'.
9. l'arnaidib Eg. iarn(z/Jhi H'.
10. iarnaidib Eg. iarnduib St.
11. ar Eg. i YBL.
12. dcgbruithc damna Eg. degbhruite domna H', mbruit damnae YBL.
deich brutlidamna; St. deich brutlidamnai, F.
15. culmonga tiuga bah cclida YBL.
14. no segat St.
15. Dagdocthan St. Dagduethan F.
16. rosegat an druib damda damshcithi YBL. rosagat a hdi sdil fil dà hdag-
trian damscchc Eg.
The Drsti action of L)d Dcrga's Hostcl. 505
don cach ae, 7 it rcmithir^ sliastac tir cech dubdrolom - ceth-
archoir tt'/'da-dLÏna>. ISs ct/ étach til impu, cclt + asas trcu. Ro
cessa trillse > dia cùlmongaib, 7 sithrogait^ ia[i]nKl sithrcmi-
thir" cuiiig n-iiiieclitair il-làini cach ae^, 7 slahrad'^ iarind'" a
cind cacha loirge 7 pistul iairnd [LU. 96^] a[s] sithremithir^^
cuing n-i'iarmcdôin'- a cind cecha shhraid^^, 7 atàt ina
mbruc'-t isin tig, 7 is leôr grain a n-imcisin. Ni fil isin tig nâ
beth ina toimtin'5. SAmailtc laf siii, a F/r rogaiu.
Tbc Kooni of îbc threc Maux Giants.
ijo. Thcrc I bcheld a ivoiii luilh a trio iii it. Thrcc iiicii iiiii^hty,
manly, ovcrlvariiii^, -which sce 110 onc ahidiiig at tbcir thrcc hidcoits,
crookcd aspects. A fcarfnl vic-w hccaiisc of the Icrror of îhcm. A ...
dress of roiigh haïr covcrs ihcm, so that tbcir bodies ... of tbcir sa-
vageeyes tbrougb a ... of cows' bair, ivilboiit garnicuts cmurapping
down to tbc rigbt bcels. Witb tbrcc iiiaiics, eqidnc, aufnl, majcstic,
doiun to (tbcir) sidcs. Fierce hcroes lubo ivicld against joemcn bard-
smiîing swords. A blaw tbey give luitb tbrcc irou fiails baving seven
cbains triplc-tzuistcd, îhree-edged^^, witb seven iron hiobs at ibe
end of every cbain : eacb of îbeni as heavy as an ingot of îen smelt-
ings(?). Tbrcc big brown men. Dark cquine hack-nianes on
tbcni, lubicb rcacb tbcir tivo beels. Tzoo good ibirds of an oxbide in
the girdle round eacb onc's luaist, and eacb qnadrangiilar clasp
1. remir, St. F. YBL.
2. ndubdrolam YBL. dubdrolani St.
5. foadûna YBL. foduna F. fosdûna Eg.
4. gelt Eg.
5. trf trillsi Eg.
6. isead rogoet, YBL. .i. sithrogait Eg.
7. sithrcmir St. YBL.
8. 7 ba sithreimithir cuiiig n-imcct/aid in màtlorg boi hi kiiin cac/; lir, Eg.
9. .ix. slabrad YBL.
10. iairn YBL. iarainn Eg. iariii St.
1 1. sithremir St. F.
12. n-airmcdoin Eg. 112IM. ... nicdoin F. n-ùanncdoin St. n-uarmcdoi«
YBL.
15. cacha slabraid YBL. St.
14. ataat inna mbrucc YBL. ataat inna brucc, St.
15. Sic Eg. YBL. foditin LU. Ni fil istig nad bcd inna fonitin,'St. ina
fomtin F. nad bctli inna foimtin YBL nacli bciti ina foimtin (.i. ina n-
oircill) H'.
16. cis .i. taebar H. 3, iii, p. 627.
;o4 Whitlcy Stokes.
thaï closes il as ihick as a inaii's ihigh. The raimenl that is round
them is the dress that graws ihrough them ' . Tresses of their back-
iiianes were spread, and a long staff of iron, as long and thick as
an outer yoh (was) in cach mans hand, and an iron chain ont of
the end of every club, and al the end ofevery chain an iron pestle as
long and thick as a middle yoke. They stand in their sadness in
the bouse, and enough is the horror of their aspect. There is no one
in the housc that u'ould not hc avoiding iheni. Liken thon that, O
Fer rogain! -»
131. Sochtais Fer rogain. IS andsa damsa a samail. Ni
fetwrsa [do feraib Erenn nach-] do5 feraib bctha manid hé in
triar aithech ucut ro anacht Cuchulainn hi forbais Fer Fdlga4
7 ro marbsat akcail lâech oca n-anacol, 7 ni relie > Cucu\ainn
ammarbad ar a n-ingantai^. At é a n-anmand in trir sin .i.
Srubdairi mrtc Dordbruige 7 7 Gmcliend^ Cind Maige 7 Fiad
sceme9 macc Scipe. [Ros-cendaig Conaive do Coïncau\ainn ar
gnoe. atat ina comair seom iarc;m — Eg.] Totoelhsal tri chét
léo ina cétchuHiscliti, 7 conrainfet '° comgnim fri cach triar i
mBrudi)!, 7 dia tLiidch[is]et ^' feraib immach bid intechta tria
criathar n-atha bar mbrûarlasin n-innis dofiurat^- cusnaih siis-
taibiarind^5. Mairg iuras in n-orgain cid fôbithin in trir sin, ar
ni hilach'f im ségond ^> 7 is cend arraic comrac friu.
1. i. e. the hair.
2. Sic Eg. Oni. YBL.
3. di feraib Heroiii nacli di St. di toraib }:ircnn na di ieruib bcthd F.
4. Failgc, St. Falgai YBL.
5. nir' Icig, Eg. ni ro lie YBL. nir leicc St.
6. n-ingantaige Eg. n-ingnatliaigi YBL. n-ingiiathchi, St. n-ingnaitli-
che F.
7. Dorndbraige Eg. Duini buidi YBL. Dorimbriiigc, St. Duirnn brui-
ghe F.
8. Conchend (rucht 7 sciidc) Eg. Co/zcenn St. Co«chenn F.
9. Fiad scimme Eg. Fiadh sccimhe F.
10. Cûnromd(et Eg.
11. tuidchisead YBL. tuidchiset St. tuidcisctt 1".
12. dotiurfatt F.
15. dia tîsat fo/aib liimacli ragthâit t/ia chriathar n-atlia for riibruirech
minaigthe dogcnat da bar corpaib immangcbat dûib na sùsta iariiaidhe,
Eg. lai^i — i2i''2.SoHi. with trifling variations.
14. sic YBL. Eg. armlach LU. facs.
15. segon St. F. socgond YBL. scgonn Eg.
Tlie Destruction of Dd Dcrgas Hostel. 305
Ni CMmcid, (or Ingccl. Nchr {nutnid dofortirnt. Ocits iarsin
cia iirra a»i/ ?
1)1. Fer rogain luas silcnt. « Hard for me to liken iheiii. I
hioiv noue (siich) of tbe world's nieii unless ihey be yoii In'o of
giants fo ivhotii Ciicbiilaiiui gave quarier at tbe bekaguermcnt of
tbe Meii of FaJga, aud luben tbcy were geltiiig quarter tbey killed
fiftywarriors. But Ciichitlaiiui luotild not let tbem be slain, because
of tbeir woiidrousness . Tbese are tbe liâmes of tbe îbrce : Srubdaire
son of Dordbruige, and Concbenii of Cenn maige, and Fiad sceine
son of Scipe. Conaire bongbt tbemfroin Ci'icbitlainn for ..., so tbey
are aloiig zaitb biiii. Tbree bitndred-u'ill fall by ibeiii in ibeir frst
enconnter, and tbey ivill sur pas s in prowess every tbree in tbe
Hostel; and if tbey corne fortb upoii you, tbe fragments of yon luill
be fit to go tbrongb tbe sieve of a coriikiln, from tbeiuay in wbicb
tbey ivill destroy you luiib tbe flails of iron. JVoe to biin tbal sball
wreak tbe Destruction, tboiigb it -were (only) on accomit of tbose
tbree ! For to combat againsl tbem is not a « paeaii round a sliig-
gard(?) » and is « a bead of ... »
« Ye cannot », says Ingcél. « Clouds of lueakness are coming to
you etc. And a f ter tbat, u'boiii sawesl tbou ibere? »
Imda Da Dergae.
132. Aicondarc imda n-aile and, 7 ôenfcr intc', 7 dd gilla
arabélaib 7 di moing ft'raib, indala haï- is dub, alailc 3 isfind.
Folt derg fcirsind laech 7 abrait deirg lais 4. Da ngrûad clïor-
corda lais. Rose roglas rochain occa ' 7 brat ûanidi immi.
Lcne gelchulpatach co ;/dergintlaid^ imbi 7 claideb ro ;/-im-
durnd7 dét^ ina laim, 7 arric airechtain9 cacha imdac isin tig
1. indi, F. Eg. 112^2. indti YBL.
2. indala nas St. indala noi F. indara mong Kg.
3. arali Eg. araili YBL.
4. da brai duba laiss, Eg. brat derg lais, St. abrat dcrc lais F.
5. ina chind Eg.
6. ndergindliudh Eg. ndergindliud St. F. ndergindled YBL.
7. imdénum Eg.
8. dét gen. sg. of a neuter dc't, Thurne\sen, KZ. 57, 42. j.
9. tairicc iVithalaim Eg. aricc arcchtain YBL.
5o6 WliitUy Stokes.
d\ lind 7 biud, ossé cossahich oc timthirecht in tslôig uli. Sa-
nwillc hit s/;/, a F/V n\s[ain. »
The Rooiii of Di'i Dcrga.
1)2. « Thcrc I heheld another room, luith one vian t hère in and
in front of hini iwo servants luith t-wo mânes upon them, one of
the tzuo dark, the other fair. Red hair on the luarrior, and red
eychrows. Tiuo riiddy cheeks he had, and an eye very bine and
heautiful. He ivore a green chmk and a shirt luith a zvhite hood
and a red insertion. In his hand ivas a siuord luilh a hilt ofivory,
and he supplies atlendance of every room in the house luith aie and
food, and he quick-footed ' /';/ serving the luhole host. Liken thon
that, O Fer rogain ! »
133. Rofet//rsa- inna tiru > sin. Da Derga insain : is lais do-
ronad in Brudd';/, 7 ôgabais4 trebad niro5 dunait a doirse riani
o dorigned, acht leth dia mbi in gdcth^ is fris bis in chomla, 7
o orabais trebad ni tuccad" a chairi do thenid^, achi no bid oc
bruith bid do fcraib W^xend. Ociis in dias lîl ara bclaib, dâ
dalta dosom in dd n\acc sin .i. dd macc rig Lagen .i. Muredach
7 Corpri. Ocits totoet/;.w/ tri deichenbair9 lasin triar sin ar do-
rits a tigi '°, 7 maid^J bûaid rig |n6 rigdamna — YBL.] nô
airig <X\hergac, 7 immaricfa el//J dôib ass iarsuidi[u].
Céin mair noda-ansct/ ! '' îor Lomna. « Bd fcrr bûaid a n-ana-
cail oldds budid a ngona. Bâtdr anachtai^^ ^id fôbithin ind fir
sin. Bd tûalaing a chomairgi in fer sin, {or homna Drûth.
1. incessant, O'Curry, M. and C, III, 149. Ctw-a/(/i7;sccmsacompd. of
coss « foot « and atach, dat. f. AUch, Trip. Life 540. cogn. with Lat. alacerf
2. 7 Roietarsain fer YBL. Ni aiisa. Rofetarsa St. Ni ansa. Rofetz/rsa F.
5. Rosfetarsa Eg.
4. rogab Eg.
5. Herc ends St.
6. acht in àonis o mbi'd in goeth, Eg.
7. tudchaid YBL. tucad Eg.
8. di thcnid YBL.
9. dofoetlisat V\ .x.
10. an tigi YBL. bruidni Eg.
11. nodoansed LU. cenmair noda-ainscJ YBL. 1011^49. Mairg iura5 in c.
f. i. Eg.
12. anachtae LU. Ociis ba coir a n-anaclnil uili, I:g. 112'' 2. Ba hangta
(.i. ba doi%) H'.
The Deslnictioti of Dà Dcrii^a's Hostel. 307
Ni c/micid, ïor Ingû'/. Nt'/rt' [ri.] Ocus iarsin cid acci and?
ijj. « / kiuKc those moi. Thaï one is Dà Dcrga. 'Tis by biin
that thc Hostel zvas huilt, and sinccit tuas built ils doors bave never
been shiit save on the sidc to ivhich tbe wind coi 11 es — ihe valve is
closed againsi it — aiid since he began botisekeeping bis caldron
was ne-ver taken front tbe /ire, but it bas been boiling food for tbe
men of Erin. The pair before hini, those tiuo yonths, are bis fos-
terlings, two sons of tbe king oj Leinster, naniely Muredach and
Corpre. Tbree decads ivill fall by that trio in front of their bouse
and they will boast ofvictory over a king or a chief of the reavers.
After this the\ zuill chance to escape from it.
« Long live he lubo sboiild protect thon! » says Loinna. « Bet-
ter were triumph of saving them than iriumpb of slaying them!
They shonld be spared ivere it (only) on account of that man.
'Twere nieet to give that man qiiarter », says Lomna Dri'ith.
« Ye cannât »_, says Ingcél. « Cloiids etc. And after that
li'honi saïuest thon there ? )>
ImDA \A Tri NlAD A SiDIB.
134. Ktcon^arc and imdai 7 triar indi. Tri bruit dergae
impu 7 téora léne- derga impu, 7 tri fuilt àerga foraib. Derga
uli con:x fiaclaib'. T/'i scéith derga ûasaib. Tri gai 4 derga
inallamaib. Tri eicii derga ina srianaib doib ar àorns Brud;/f >.
Sama/V/e \at sin, a F/'r rogain.
Y\\anse. Tri nia[id]^ dorônsat [LU. 96''] gôi i sidib. Is i digal
doratad foraib la rig side, a n-orgain co fa thri la rig Tem-
rach". IS é ri dedenacli lasa n-orgité'r, la ConairQ macc n-Ett'r-
sceli. Aslûifet airib ind^ fir sin. Do chomallad a n-orgni dode-
ochatdr, sech nigenaitt'rni génat nech. ()r//.narsin cia acc:\ anil }
1 . Nellai feimid yrl. St.
2. lente Eg.
5. derga a fiâcla Eg.
4. slega Eg.
5. ina srianaib leo ar doriis in tigi, YBL. ina srianaib doib for dorus
tichc F.
6. nid YBL. 102^5. Niaid F. niid Eg.
7. n-Erenn Eg.
8. na Eg. ind YBL.
^o8 Whitley Slokes.
The Room of thc ihree Champions froni thc Elfmoiinds.
1)4. Therc I behcld a room ivith a trio in it. Three red mantles
they luore, and three red shirls, and three red heads of hair werc on
them. Red were they ail (even) together luith theirieeth. Three red
shields ahove them. Three red spears in their hands. Three red
horses in their hridles in front of the Hostel. Liken thon that, O
Fer rogain ! »
« Easily done. Three chanipious who wronghl fahehood in the
elfmounds. This is the punishment inflicted upon them hy thc king
of thc elfmounds, to he destroxcd thrirc bx the King of Tara. Co-
naire son of Eterscéle is the last king b\ luhom they are destroyed.
Those menu'ill escape from yon. To fui fil their (oicn) destruction,
they hâve come. Bu! they zcill mit bc slain, nor will they slay
anyone. Ami a fier thaï u'hom sa-wcst thoii? »
Imda \'A xdorsaiki.
135. Auviidiire and t/iar ior hir in tige ocon doriis. Téora
lorga brehnccha^ (.i. tolla) inna Idmciib. IS liiathidir fiamain-
cachaedib timcluiil araile dochom in dorais. Bcrrbrôca ' impu,
it é breca, 7 bruit lachtnae léo^. Samaille \at sin, a Firrogain.
]si ansa: tri dorsaide5 rigTemrach insin .i. Echur yTochur
7 Tccmang'', tri maicc Ersand 7 Chomlad. Tothoethsat an"
tri chomlin^ léo, j convamn^ct bùàid tir ctarro^, 7 immârirfa
clud dôib cidat c;'éciitaig'°.
Mairg luvas ! ïor Lomna Druth.
Ni c//mcid », fc)r Inga7 7r. Oc us iarsin cia acca and?
1 . brofnecha YBL. brefncca (.i. slabradacha) H'.
2. fiamaib Eg. 122» i. fiamuiii YBL. H".
5. bc'rnbroca Eg. Bt'rrbroga YBL.
4. impa YBL. l'mpu Eg.
5. doirseore Eg. dorrsaigi YBL.
6. Ecur 7 Tecur 7 Tacmang Eg. Eclniir 7 Tochur 7 Teagmong YBL.
Ecar 7 Tocar 7 Tecmang, F.
7. a Eg
8. comhluind F.
9. Dofocth a tri comlonn, Eg. leo 7 atbcla fer bcraid ccch 1er bûaid fir
etarru Eg Dotho. a t7i chomlonn YBL.
10. crechtnaigli Eg.
The Destruction of Dd Derga's Hostel. 509
The Rooni of ihe Doonvards.
ij). Thcrc I hcheld a trio in tJ)c luidsl of ihc hotisc ai ibc door.
Threc holcd nniccs in thcir hands. Swift as a hare(?) luas ench of
iheni loiDid the othcr ioivards thc door. Aprons luere on ibein, and
tbey bad gray and spcckJcd ma n tics. Likcn îboii tbat, O Fer ro-
gain! »
« Easily donc : Tbrcc doonoardcns of Tara' s King arc tbosc, na-
niely Ecbur (« Kc\ ») and Tocbur and Tecniang, three sons of
Ersa (<■<■ Doorpost wj and Conila (« Valve «J. Tbricetbeir number
zL'ill fait by tbeni, and tbcy zui/l share a nian's triunipb aniong
tbcin. Tbey will cbance ta escape iboiigb luounded . »
« Woc to bim tbat sball ivreak ! etc., says Lonina Dri'itb.
« Yc cannot », savs Ingcél, etc. « And after tbat wboin saïuest
tboii ? »
Imda Fir chaille.
136. Aicondarc and ocon tenid airtheraig fer mael dub, co
^/-ôensûil lais 7 ôenchoiss 7 ôenldim, 7 mucc^ mael dubdôithe
laiss for tenid [7 si oc gréchaig — Eg.] 7 si oc sirégim, 7 ben
bélmar mar inna farrad. Samailtc \at siu, a Yir rogain.
Ni anse. Fer caille fona muicc, 7 a ben Cichuil-, Atàt a
didni > thechta lasin n-aidchi farridse^ innocht Co>iaire[YÏ Erenn
— Eg.]. Dirsan dond digid ruidfes etorro. IS di gessib ém
do Conaire Fer caille cona muic.
Mairg iuras in n-org^m! (or Lomna.
Ni c/micid, for Ingcél. Ocus iarsin cia arra a»J ?
Tbe Rooni of Fer caille.
1)6. There I beheld at tbe fir e in front a man luith black
cropt bair, baving only one eye and one foot and one band, baving
on tbe fire a pig bald, black, singed, squealing contimially , and
in bis Company a great big-moiitbed luoman. Liken tboii tbat, O Fer
rogain ! »
1 . Hère ends F.
2. Cichiul YBL. Cichail Eg.
3. aidnai Eg. aidmi YBL.
4. .i. marbaidsi Eg. fairraidse YBL.
Revue Celtique, XXI l. 2î
5 10 Whittey Stokes.
« Eûsily doue : Fer caille wilh bis pig and bis tvifc Cichuil.
Tbey (tbe wife and ibe pi^) are bis proper instruments on the ni^^bt
tbat ye destroy Conaire King of Erin. A las for tbe gtiest wbo will
run (?) hetiueen tbem ! Fer caille luitb bis pig is otie of Conaire' s
ta bus. »
« IVoe to bim zvbo sball lureak tbe Destruction ! » says Lonina.
« Ye cannot », qnoth Ingcél. « And after tbat, ivboni saïuest
tboii tbere? »
Imda tm M^7c mBaise di Bretxaib^
137. Atr();/d(7;r and imdac, 7 tri n(i;;bor inti. Monga find-
budi- toraib. it é comalli. Cochléne dub im cach n-ôenfer dib,
7 cenniud find for cach cochull, 7 cuircc 3 derg (or cach cen-
niud dib, 7 delg n-iarind '\n-aurs\ocud cach^ cochaill, 7 claid^^
dub dimâr5 f6 brut cach iir dib, 7 no didhistdis^ finna for usciu,
7 scéith co faebor chonduaU? fi'raib. Samailte lat sin, a F/r ro-
gain.
't^ianse. DibiVg tri macc mBaithse/ di Bretnaib insin. Totor-
ibsat tri nônhar léo ina céicbnniscliu, 7 fo^ràinfet*^ bûaid fir
ctorro. Ocns iarsin cia acc:\ and ?
Tbe Rooni of tbe tbree sons of Bâitbis9 of Britain.
I )"/. Tbere I hebeld a rooni ivitb tbree enneads in it. Fair yellaw
mânes upon tbeni, and tbey areequally heautiful. Eacb of tbeni wore
a black cape, and tbere was a wbite bood on eacb niantle, a red
tuft (?) on eacb bood, and an iron broocb at the opening of every
niantle, and'under eacb inan's cloak a hnge black sivord, and tbey
1. In F. thischapter cornes before the Fer caille chapter, § 136. Eg. omits.
2. findbindi(:)YBL. facs.
3. cuirrcc F.
4. cacha YBL.
5. claid/Z' duba dimora, YBL. claWt'/' di'mhor F.
6. dodlaistis YBL.
7. Xr'i meicc baitsi F.
8. coHraindfet YBL.
9. I hcre follow Zimmer (sôhne des Britton Bâithis, KZ. 28, 56 1). But it
is possible that bJilJjsc, or baise, may be gen. sg. of a conimon noun, not a
proper name.
The Destruction of Dd Dcrga's Hostel. 5 1 i
(tbe SiL'ords) ivoiiJd splil a hnir on lu.itcr. Thcv hoir shields zcith
scallopi'd ùii:;i's. Likcii thon thciii, 0 Fer rogaiii! »
« Easily donc. Thaï is tbe rohhcr-hand of ihc Ihrcc sons oj Bài-
ihis of Britain. Thrcc cnncads will fa II l'\ thcin in ibcir firsl
conflicl, and aniong tbcni lbe\ will sharc a nmn's tiinmpb. And
a fier tbat icboni saïuesi ibon ? »
Imda xa fursiri.
138. Atcondarc and triar forchuitbidi^ hî cind [in] tened. Tri
bruit odra impu. O- no betis fir Hen';/d i n-ck'nmagin, 7 ce no
beth colaind a math^zr nô athar arbclaib cachlirdib, ni foelsad ^
nech dib cen gàri impu. Côi hi fil in 4 trichoit cet isin tig ni
ermada[ir] > nech dib a suidi nach a lige lasin triar cuitbidi sin.
Nâch tan tosn-aidle sûil ind rig"^ tibid la cach ndéscin 7. Sa-
mailte ]at sin, a ¥ir rogain.
Ni anse. Màel 7 MUthi'^7 Admlithi9. Tri cuitbi[di|'" rig
Héretid ins'm. Atbéla fer la cach n-ae, 7 ro^rainfet" bûaid fir
ctorro. »
Mairg iura^ in n-orgain ! (or Lonina jw Oc us cia acca :\nd}
The Rooni oj îhe Mimes.
ijS. Tberc I bebeld a trio of jesters bard by ibe fire. Tbree dun
mantJes they zuore. If tbe men of Erin were in one place, cven
tbougb tbe corpse ofbis mothcr or bis father ivere in front of eacb,
not one could refrain froni laughing al theni. Wberesoever (tbe hing
of) a cantred is in tbe bouse, not one of tbe ni at tains bis seat on
bis bed hecause of tbat trio of jesters. Wbcnever tbe king's eye visits
tbeni it s miles at every glance. Liken tbou tbat, 0 Fer rogain! »
1. forcuitbidi Eg. 122^2.
2. Cia Eg.
5. foelsat LU. faelsad YBL.
4. Bail itat na Eg.
). crmais Eg. crmadair YBL. Icg. crmadadar?
6. Cec/j huair taidles sûil ind rig forrii Eg.
7. n-aiscin YBL.
8. Millti Eg.
9. Admillti Eg.
10. cuidbigi YBL.
1 1 . conroinnfet Eg. co?jraiiidfet YBL.
5 1 1 Wliitley Stokes.
« Easily donc. Mael and Mliihe and Admlithe — those are the
Jcing of Erins threc j est ers.' By each of the ni a man will perish,
and among theni îhey will share a man's triiiniph. »
« IVoe la hini ihat will wreak the Destruction! » says Lonma,
etc. « And a/ter ihat whoni sawest thou there ? »
[LU. p. 97*] Imda na xDeogbaire.
139. klconàarc :^n^\\\'idae, 7 triar indi. Tn bruit glaslûas-
cacha' impu. Cuach usce arbélaib cach lir dib, 7 popp do
birur- for cach cuach. Saxnailte lat, a F/V rogain.
Ni anse. Dub 7 Dond 7 Dobur Çnâ Dorchae), tri deogbairi
rig Temracb insiii .i. tri maie Lai 7 Aidchi. Ocns iarsiii cia
acca and ?
The Rooni of the Cuphearers.
/^5>. There I hehekl a rooni zuith a trio in it. Three grey-floating
niant les they wore. There was a ciip of ivater in front of each man,
and on each ciip a bunch of ivatercrcss. Liken thon that, O Fer
rognin !
« Easily donc. Black and Dun and Dark : thex are the King of
Tara' s three cuphearers, to luit, the sons of Day and Night. And
after that, whoni sawest thou there? »
LmDA NdlR TUATHCHAICH.
140. Aicondarc and fer tuadchdcch co sûil millethaig. Cend
mucce hiis for tenid os-si oc sirégim. Samailte lat sin, a Fir
YOgai}i.
fiance damsa a samail. Nar tùathcaech sahi, muccid Boidh
a Sid ar Fem/«3. [is é fil huas in tulucht. Eg.] Nach fled oc a
rubi4 riam dodôrtedî fuil occe^.
1. glasa liuiscacha Eg.
2. poipp bilair Eg. popp di birur YBL.
3. a sidib Eg. 122» 2.
4. roibi YBL.
5. dodrortad YBL. 102^52.
6. Nat7; fled oca rabi riam ni tcrna cin imdortad fola 7 cin âr cend, Eg.
The Destruction of Dd Derga's Hostel. 5 1 :
The Room of Nâr the Sqiiinter-zc>itb-thc-Ieft-eye.
140. « Thcir I hcheld a onc-c\cd iiiaii asquint ivith a ruinons
eyc. A su'ine's head hc had on the fire, contiuiially squcaling.
Liken thou that, O Fer rogain ! »
« Easy for me io naine the likc. He is Nâr ihc Squintcr luith
the left eye, the sicineherd of Bodh of the Elfnwuud on Fcmen ^,
'tis he that is over the cooking. Blood hath been spill at every feast
at zuhich he ha s ever been présent. »
141. Comérgid si'ias trâ, a fianna-, ïor Ingcél, dochom in
tige-
Cota-cirget iàroni la sodain na dibc/gaig dochom na Brud;/t'
7 fochartatar andord n-impi3.
Ta + chcin », ïor Connirc, cid so?
Fianna ar thig5, or G';/all Ccrnach.
Oie doib sund, ol Conïnc^.
Ricfaider/ a les innocht, or'*^ ConaW Cernach.
141. « Rise up, ihen, yc champions ! » says Ingcél, n and get
you on to the house ! »
With that the reavers marc!} to the Hostel, and made a miirniur
abolit it.
« Silence a luhile ! » says Conaire, « lulmt is this ? »
« Champions at the house », says Conall Cernach.
(( There areiuarriors for them hère »_, ansiuers Conaire.
« They lui II be needcd tonight », Conall Cernach rejoins.
1. A plain near Cashel, co. Tipperary. As to the eltking Bodb Derg, see
Dindsenchas, nos. 12, 55, 57. Rev. Coït., XV, 303, 451, 432.
2. fiannu YBL. 102» i.
3. focarthar andord n-impu, YBL. IS annsin dolotar inna dibcirg o Ses-
cend hUarbéoil .i. diberg tri ûa nDésa 7 dibtrg tri hua Conmac immingcel
do orgain Bruid;;t; Da Dtrga, co ndt'/nsat tri timchûarta dib im Bruidin.
IS annsin immorro tucsat a n-ilcha dibeirge os aird, Eg.
4. Costhid Eg. 122'' I.
5 \i anse, fianna ar daig Eg.
6. Fuilit 6ic dôib sunn, ar Conaire Eg.
7. ricfailer YBL.
8. for YBL.
5 14 Whilley Stokes.
142. IS i.irsin doUuid Lomna Dri'ith riasin slôg isin mBrii-
diii. Bensait in' dorsaire- a c[hjend de. Foc lires 5 [a cend —
Eg.] hroiii isin mBrud in co fii thri, 7 dorralad eiste co fa thri,
feib dorairgert^ som fessin.
142. Thcn wc'iit Lonina Dn'ith hcforc ihc hosl (oj reavers) inio
ihe Hoslel. The doorkeepers striick off bis head. Then ihe head
luas thrice fliing iiito ihe Hostel, and ihrice casl oui of it, as he
hi ni self had forctold.
143. Dothic iarom Gwaire imniach asin Bruid/;/, 7 drécht
dia muint/V lais, 7 ferait comlond frisin slôg, 7 '•> dofuitet se cet
la Co;/aire ria siu ro sassad^ a arm. Adaint^r" iarom in Brude»
co fâ thri, 7 dorrô-bdad anall co fa th/i. Ocus rodet ni iurtha
ind ovgain mani gabtha gnim n-aithergaib do Choiànc.
Dothâet Gwaire do saigid a harm iarsin, 7 gebid a crred
cathaigthe immc, 7 gabaid glés n-imbt'yta a arm ïorsnii diK'/-ga
fcsin mbudin ro bôi*^. Tofuitet^ dano se chét lais iar saigid a
airm inna chétc/nnscliu '°.
14). Then Conaire hiniself sallies oui oj ihc Hostel together
luith some ofhis people, and they fight a combat luith the hosl (oj
reavers), and sîxhundred fcll by Conaire before he could get to his
amis. Then the Hostel is thrice set on fire, and ihrice put ont front
thence: and it was granled thai the Destruction luould never hâve
been wrought had not ivork ofweapons been laken front Conaire.
Thereafter Conaire zvent to seek his anus, and he dons his ballle-
dress, and falls to plxing his weapons on the rcavers, logether with
1. na Eg. YBL.
2. doirrsidi YBL.
5. Focressa, Eg. focres YBL.
4. doralad cisti co fo thri feb ai/;drarngcrt YBL. iunas ro thairngir fo-
déin, Eg.
5. YBL. omits from DoIIjïc to slôg 7
6. rososa^if YBL.
7. Adandait/;rr YBL.
8. Gabais Conaire iar suidiu gless n-imbertha; airm forru, YBL.
9. DothuitYBL.
10. For the various rcadings of Eg. sec Appcndix ^ I45.
The Destruction of Dd Dcrgas Hostcl. 5 1 5
thc haud thai hehad. Then, afier gcttiug his anus, six hundrcd feJI
h hini in bis jirst cncouutcr.
144. Ro gab roiniiid ' tlvsna dihcrgae ^ iar sudiii. Atrubartsa
fribse, (or Fer rogaiii macc Duind Désa, o beit ' fianna fer n-
Érend 7 Alban do Connirc ar thig, ni iur//.w/-4 ind orgaiii
miiin millttv a bruth 7 a gai > Couairc.
Bid gar ûar^ dosom on, or na druid robdtâr immallc f/isna
dibtrgae". Bâ hé milliud son dobr/tatâr, rc/nd-ragaib roluigi ^
dige9.
144. After this ihe reavers were routcd. « / Jjave told yon »_,
says Fer rogain son of Donn Désa, « iJjat if tbe champions of thc
tnen of Erin and Alba attack Conaire at thc honsc, thc Destruction
wiil not bc tvrought unless Conaire' s Jury and valour be quelled. »
« Short ivill his tinie be »^ say thc iui:{ards along zvith thc rcav-
ers. This zvas the quelling they brought, a scantncss of drink
that sci:;cd hiui.
145. Dolluid Coiuiire issa tech iarsin, 7 r(7//arech[t| '° dig.
Deog dam, a phopa Maie cecht ! for Conaire'^^.
Ni hé ord ron-gab//j- liait cosse ^^ ém, for Mac cecht, ta-
bairt digi dait. Atàt dâlemain 7 deogbairi lat'': tuicet^4 dig
1 . Ragob ruiniud YBL.
2. dibergachaib Eg. 113'' i. dibtTgachu YBL.
5. cia no beitis fiânna fer nEre«« 7 Albati ic togail Bruidni for Coiiiiire,
ni iûrfaithea inn arg«», Eg.
4. iurthar YBL.
5. brigh, Eg.^
6. gair uair Y'BL.
7. dib^rgachaib Eg. dibcrgachaib YBL.
8. roluigi, YBL. Cf. luge do dig, Ir. Texte, L 138, liiglki À. tart, O'Cl.
9. conid é milliud dobtvtatar fair, ealscoth l'tad do thabairt cuici da admil-
liud, Eg.
10. conaitecht YBL.
11. Dolluid Conaire iarsin isin tecli, coind ann atbivt: A mo popa, a Maie
cecht, domforchedh deoch ! Eg.
12. co trjtsa Eg. cose YBL.
13. do[f ]ritlialiin im dig, Eg.
14. tabrat Eg.
5i6 VVhiiley Slokcs.
dait. In t-ôrd ron-gabLis[s]a ' luiit cosse [.i.] to imditiu o beit^
fianna fer nErt'n^ 7 Alban deit i[m]mon mBrud/;/. Ra^^a slan
l'iadib, 7 ni raga gai it chorpJ. Cuindig dig cot4 dâicmnu 7
cot dcogbairi').
14). Thi'i cafter Conairc entcred ihe house, ami asked for a
drink.
« A drink to nie, O niastcr Mac cecht ! » says Conaire.
Says Mac cechl : « This is not the order ihat I hâve hitherto
hadfrom thee, to give thee a drink. Tbere are spencers and ctipbear-
ers luho bring drink to thee. The order I hâve hitherto had froni
thee is to protcct thee zuhen the champions oj the nun of Erin and
Alba may be attacking thee around the Hostel. Thou wiJl go safe
froni thcni, and no spcar shall enter thy body. Ask a drink of thy
spencers and thy cuphearcrs. »
[LU. p. 97''] 146. IS andsin conMQchi^ Conairc dig co" a
dalcmnaib 7 co" a dcogbairib ro bâtar isin tig.
Nis-fil and chetus^, ol seat; ro dc)irtéa9 (orsna tenti ^° na
lennand " ro batar isin tig.
Ni fuaratar na deogbaire dig dô isin Dothrae (.i. aband), 7
ro bôi in Dothra iriasin tech.
146. Thcn Conaire asked a drink of his spencers and his ciip-
bearers ivho luere in the house.
« In the first place there is none », tJjcy say ; « ail the liqnids
that had been in the ho 11 se hâve been spilt on the fi r es. »
The ciipbearers foitnd no drink for hini in the Dodder (a river),
and the Dodder had floived through the house.
1 . rogab^ï^a do Liim Eg.
2. do imditin cia beit, Eg.
3. ni benfa gai na cloidiub frit corp, Eg.
4. ardo Eg.
5. Eg. adds : fuilet isin tigh
6. co«aitchecht YBL.
7. forEg.
8. chetam;« YBL.
9. ro doirted Eg. YBL. seems to bave dorrortadh
10. tondtib Eg.
I :. Icndann YBL.
The Deslnictiori of Da Dcrgds Hostcl. 317
147. IS and â'//aitccht Coiiairc dig aridisi ^ : Deog dam,
a data-, a Mnicc cecht ! is c/nnma dam ce bad é^ ce tiasur4, ol
atbcl5 chenae^.
IS and sin tn\ ro la Miuc cecht rogu di" lâthaib gaile fer
nErctid ro batâr isin tig, dus in bad imchomet ind rig bad de-
thiten dôib, uâ bâd chuingid dige dô^.
ISsé ros-frecair isin tig 9 Cc'//all Cernach — 7 ba lond la side
in comram, 7 bai fich do scch dog/r's iartain tVi Macc cecht:
Léic duinni cornet ind rig, or Co;/all, ocns eirgsiu do chuingid
na digi, ùair is cucut ronaitegar '°.
14/ . Theii Coiiaire agciin askcd for a drnik. « A driiik lo nie,
Ofostcrer, O Mac cecht! 'Tis cqiial to me whiil dcalh I sball go
lo, for iviylkKu I sball pcrîsh. »
Tbcn Mac cecht gave a choicc lo the champions of valonr of tbe
nien of Eriii icbo ivcre in tbe bouse, lubetber ibey cared to protect
ibe King or to seek a drink for bim.
Conall Cernach answered tbis in tbe bouse — ■ and cruel be deem-
ed thc contention, and aftenuards he bad ahuays a fcud luith Mac
cecht. — « Lcave tbe defence of tbe King to us, « says Conall,
« and go thon to seek tbe drink, for of thcc it is demanded. »
148. Luid" uTorn Macc cecht do chuingid nadige^-, 7 gabais
^. doridisi Hg. arithisc YBL.
2. dalta YBL. ammo popa chain Eg.
3. ccba te LU. cid Eg. cia bad c YBL.
4. tiasa YBL.
5. atbela YBL.
6. Acht is ciiiiia danih chcna cid hoc ti'asur, uair rachat chena licc do
thart 7 d'itaidh Eg.
7. dorât Mac cecht roga do, Eg. conaitechdd rogai di YBL.
8. dûs in bad cornet in rig dogéntâis nô dul d'iâraid uscc do rig Erciui,
Eg. 1 13'' 2. dus an bad comed ind rig doib no ba[d] cuindchid digi dondti
Conrt/Vc YBL.
9. Is he Irisrogart asin tig Conall Cernach. Comeddd ind rig duindi, ol
suidiu 7 YBL.
10. IS ed inviiono ro raid Co//all Cernach na fûigfed ri Vayuii hi tennta ce
ferad a cumiund aroen riss. Atbf^tatar da//o lucht na Uru'idiic o sein hi-
mach : Eircsiu d'iar;a/(i usci don rig, 7 gebmaitne in liiBriuV/in ociis comet-
faimit in ri'g, uair is cucut cunegair in t-usce, Eg. 1 1 3!^ 2. Aircsi do chuind-
chid na digc, huairi is chuccad chuindcgair, YBL. 102» 44.
11. LuideYBL.
12. do iarraid inn uisce, Eg. 113^2. do chuindchid na digi YBL.
5iS WIntley StokiS.
Ta- fri flaith nv/c Cona'ux fo nxail ', 7 in cuach [n]ôrdac Co;/-
///Vc i nilvy-|b]hdc- dam co tinni', y bcrt a sci'ath 7 a dâ gai 7
a claidc/^ 7 lv;t inlvr in chorc .i. inber iairnd ■^.
rarrumâi immach cucu >, 7 dobtvt mi/ nibulli dond inb///r
iarind ar dor//i na BrLid;/^', 7 tofuit''"' n('//bur cacha buille,
Dogni iaivm taenchles don sciath 7 facborchles don c\:\\Aiuh
imma chend, 7 tobcn fobart mbidbad furro, 7 tofuitet se ccl
lais ina chétch//mscliu, 7 tcit iar sligi cet tria budin sechtair7.
/^cS". So ibcn Mac cccht jaicd jorth lo scck ihe driuh, and hc
look Conairc's son, Lé fri flailh, uiidcr bis annpit, and Conaires
golden cup, in ichich an ox with a hacon-pig zuould be boikd ; and
he bore bis sbield and bis iwo spears and bis sword, and hc carried
ibe caidron-spil, a spit of iron.
He biirst fortb upon ibcm, and in front of ibe Hostel bc dealt
nine blows of ibe iron spit, ami ai every bloiu nine rcavers fell.
Tboi be ninkes a sloping feat of tbe sbield' and an edge-feat of the
sword about bis Jjead, and Jw delivered a hostile attack npon theni.
Six bundred fell in his first oiconnter, and after cnîting down hnn-
dreds be goes tbrougb tbe band ontside.
149. Imth//.ssa lochta na Brud/zr, iss ed chestnigt/;(T, sund
colléic.
Atraig ConiW Ceniacb 7 gebid a gaisced 7 imsôi dar dov us
na Brud;/6' 7 timchellaid a tcch, 7 dofuitet .ccc. lais, 7 di-
cluiind na dibtTg[a] da téora fuithairbi 6 Brudin seclnair, 7
nididid buàid rig, 7 tintaid i niBrud/// 7 se créchtach.
1. oscuill, Eg. ochsail YBL.
2. 7 nomberbth/i/e YBL. facs.
3. 7 b<';btha dam co tini ind, Eg.
4. 7 rue dano in indber n-iâraind ro boi fon n'gchoirc, ba samail do
séolcrund lunga, Eg. 7 hen inbt'r n-iaraind ro bai fond rigcori YBL.
5. doluid fuithib immach, Eg. Forr//ma chuca amach. YBL.
6. ro marb, Eg. dothuit YBL.
7. Ro delig iarsin f';ia indbtT ociis docûaid fa cumang a cLiidib, 7 dorôni
faeburcicss don chhiidib imma chenn, co ndeniai ai»air dô on Briiidin him-
mach, Eg. 125^1. Dogni iarz/m foebarchles don cMaidem immo chend
c«rro slecht co//ar riani on tig. Luid iar»m, etc. YBL. 103. YBL. and Eg.
pmit§§ 149-1)3-
The Dcst'iiction of Dd Dc/^ij'i Hostcl. 5 19
/^9. The lioings of the folk of tin- Hostcl, ihis is ivhnl is hcrc
cxiiiii i ncii , prcsi'iitly.
Cotiall Ceniach arises, and lahes his iveapoiis, and ivends over
thc door of îhc Hostel, and goes round the hoiisc. Thrcc hundred
fi'll by hini, and hc hnrls hack thc rcavcrs ovcr thrcc ridi^cs ont froni
the Hostel, and hoasts of trinniph ovcr a kiiii^, ami rclnrns^
iconnded, into thc Hostcl.
150. Tic Corm^rc Gwdlongas 7 a noi cèli malle f/is, 7 do-
berat a c«mscliu forsna d'ihera^a, 7 dothuitct ;/('/ ndcichcnbor la
Corm(7c 7 noi ndeicht';//w la muint/r^ 7 fer ccch airm, 7 fer
cech tir, 7 mâidid Cornwc lecht airig dibrr^'-^Tc, 7 immàric el//J
dôib cér'bot crechtaig.
1)0. Cor mac Comilongas sallics ont, and his ni ne coni rades
u'ith htm, and they deliver thcir onsels on thc rcavcrs. Nine cn-
ncadsfall by Cormac and nine enneads by his peoplc, and a nian
for cach lucapon and a man for each nian. And Cormac boasts of
the death of a chiefoflhc rcavcrs. They snccccd in escaping thongh
thex be ivonnded.
151. Tecait in triar Cruilhncch a Bi'udin sechtair, 7 ga-
bait gles immcrta a n-arm fd/sna dibc/'ga, 7 dofuitet //()/ ndei-
chenbo/' leo, 7 immaric eliid dôib ciar'bat crechuiig.
1)1. The trio of Picts sally forth froni tljc Hostcl, and takc lo
plying their weapons on the reavers. And nine enneads fall by thcm,
and they chance ta escapé thongh ihcx bc ■won}idcd.
151a. Tecait in nJ//bor c//jlennach immacii, 7 inirubat a
gnim fors n a >X\hcrga, 7 immaric el//(/ dôib.
/// a. Thc nine piper s sally forth and dash thcir (luarlike)
work on the reavers ; and (then) they sncceed in escaping K
I . Tliesc few words inspired the following p.issage in Ferguson's Co ■
nary :
It scemcd as carth and sky vverc sound alonc,
And cvcry sound a maddcning battlc-call,
So sprcad désire of fight tliroiigh breast and brain
3 20 WliitUy Stokes.
152. Cid fil aiiJ trd acht is fota f;'i haisnis, is tophliûin
mt'//man, is bùadrcd do chéttaidib, is cmilti//5 fri héstidip, is
imarcraid n-innisen tiachtain dar na nechib inundaib fo di.
Acht tancatâr iar n-urd lucht na BrLid;/6' immach, 7 ro fersatâr
a comlonna forsna d'iherga, 7 dotuitset leo amal ro ràdi Fer
rogain 7 Lomna Druth fri Ingcél [LU. 98-^] .i. notheiged lucht
cecha imdae hcus co fertdis a comlond, 7 imrulaitis ass iarsin.
Connach forcaib i mBrLu//;/ i farrad Connirc acht Corail 7 Scn-
cha 7 Dubtach.
1)2. Hoivheil thcn, but il is long to relate, 'tis lueariness of
niind, 'tis confusion of the sensés, 'lis tediotisness to hearers, 'tis
superfluity of narration to go over tlje sa nie things twice. But the
folk of the Hostel came forth in order, and fought their combats
ivith the reavers, and fell by them, as Fer rogain and Lomna
Driith had said to Ingcél, to wit, that the folk of every room luoiild
sally forth still and deliver their combat, and aftcr that escape. So
that none luere left in the Hostel in Conaire's company save Conall
and Scncha and Dnbthach.
153. Frisin môrbruth iarom, 7 fri met in ch('///laind ro ter
Conaire, dotic a môrthart itad, 7 aplis do thàm ar nach fûair
a dig. Ô'tbath iarom in ri dothjégat in triar lit a Brud/;z im-
mach, 7 nos-gabat sdebglés ndiKvge forsna dib<'rgaib, 7 im-
thiagat o Brud/// co crcchtach, aithbris[tc| 7 athgoite.
ij^. Noiu froni the véhément ardour and the greatness of the
contest u'hich Conaire had foiight, his great dronth of thirst attacked
hini, and he perishcd of a consumiiig fever, for he got not his
drink. So when the hing dicd ihose three sally ont of the Hostel,
and deliver a luily strolw (?) of reaving on the reavers, and fare
forth from the Hostel, luonnded, lo-broken and mainied.
And cvcry ;iim to feat of combat strung.
Forth wcin the sall\ iiig hosts : tlic hosts within
Hcard the enlarging tumuk from their doors
RoU outward ; and the chish and clamour heard
Of faUing foes before ; and over it,
Theyelhng pibroch.
Tlic Destruction of Dà Devras Hostel. ] 2 i
154. IMth//Jsa Maire cccht ïmniorro, luid srJe co rânic Ti-
p/ait Casra. Ba occns do' hi Crich Cûaland inna forrad, 7
ni fûair lâii a chûaich- iiui di usci .i. in cùach orda Conairo.
ron-uc ina kiim. Dorimchell 5 rigusiv'// Hciv;/J n'a matain .i.
Buas, Boand, Banna, Btvha, Ncim, Luac-*, Làigdac5, Sinand,
Siùr, Slicech, Sâmair, Find, Ruirthech, [Slànc, — Eg. | 7 ni
fûair Lin a chi'iaich di usci intib.
I )^. Tonching Mac cechi, hoivever, hc weiit bis way till hc
reached the Well of Casair, -which luas near him in Crich Ciialann;
but ofwater he foiind not thenin the jiill oj his cup, that is, Co-
uaires golden cup luhich he had hrought in his hand. Before niorn-
ing he had gone round the chief rivers of Erin, to luit, Bush,
Boyne, Bann, Barroiu, Neitn, Luae, Làigdae, Shannou, Suir,
Sligo, Sâmair, Find, Ruirthech, Slajicx, and in iheni he jonnd
not thefiill of his cup of luaier.
155. TorôchcU^ da;/c) primlocha W^rend ria matain .i. Derg-
derc, Loch Luimnig/, Loch Ri[b], Loch Febail^, Loch Mesca^,
hoch n-Erbsen9, Lor/; Laig, hoch Cûan, hocl.t n-Echach, Môr-
loch '°, 7 ni fûair làn a cuaich di usci" intib.
///. Then before morning he had travelled to the chief lakes of
Erin, to luit, Lough Derg, Loch Liiininig, Loiigh Foyle, Lough
Mask, Long Corrib, Loch Làig, Lich Cûan, Lough Neagh, Môr-
loch, and of water he fonnd not thcrcin ihcfull of his cup.
1. Hère LU. inserts a meaningless / w/w/. Eg. has : Luid iarom co rânic
Tibrait Casra bai hi comfocH5 do. For the first sentence of § 154 YBL. 103
has: Luid ia.riim ciir ranicc Tiprait chuirp bai i comfoc»5 do i Crich Cua-
\aiiii ina farrad, 7 in cuach (.i. Co«airi) ordai foa choimb, 7 ni fuair lan a
chuaich inde.
2. ni fuair banni usci Eg.
5. oi:«5 ro thairmcheall, Eg. 114»!.
4. Lùii, Eg. Lai YBL.
5. Luigde, Eg. Laigdai YBL.
6. Dorarmchell, Eg.
7. Loch nDcirgdeircc, Luimncch Eg. Dcrgderc, Luinmech YBL.
8. 0)11. Eg.
9. n-Orbsen, Eg. YBL.
10. Loch Môr, Eg. Marloch YBL.
1 1. lân a chuaich, Eg.
5 22 Wliiticy Stokes.
156. Luid^ co rânic Oaràn nGarad for Maig Ai. Atroa[s]-
sidé a dicleth n-airi, co tue lân a chûaich ass, 7 docer in mac
to a choiin.
Dodcochaid iar sudiu co taiiic Brudin Dà Derga: ria matain ^.
1)6. Hc zucnl bisway till hc rcachcd Varan Garad on Magh
Ai. Il conid noî bide itseJf froiii hini : so he broiight thenvnt thc
ftill of bis Clip, and Ibc boy fcU iindcr bis cavering.
After ibis bc wcnl on and rcacbcd Dit Derga's Hostcl bcjore
iiiorning.
157. INtan dodeochaid 5 i\Wc cecht triasin-' très fuithairbi
dochom'" in tige, is and ro bôi dias oc béim^a chind do Cbo-
jzaire. Benaid iaroni Macc cecht a chend dond-ala fîr adcho-
rnaic/ a chend do Conaire. Ro bôi da;;o in fer aile oc élûd ass
cossin chind ^. Docôemnacair9 coirthe cloche fo chossaib Maicc
cecht for lâr^° na Brud;/6'". Doléice'- dond fiur aile occ a
rabi a chend '5 tara choeldruim cor-roemid a driiim and ^4. Be-
naid Macc cecht a chend de iar sudiu ^). Dôrtais Macc cecht in
cûach n-usci inn airsci 7 im-méde Ctwaire^^. Asbcrt iaro/;/ cend
Comité iar tabairt ind iiscï ina médi 7 inna ersci :
« Maith fer Macc cecht, fô fer Macc cecht,
[maith loech hini-niaig, niaith hi tig — Eg.]
1. Luaide cor-mnicc hUaran uGaraid lii Moig Ai iar tarmcliell usced
E««K ria matain 7 a primloch .i. Dergderc (etc., as in § 155) YBL.
2. See Appendix § 157 for a fuUer account of this incident.
3. ro siacht Eg.
4. tarsin Eg. i23a2.darsan YBL.
5. boi dochum Eg.
6. ic buâin Eg. oc bcm YBL.
7. ro ben Eg. adcomaicc YBL.
8. Ro triall in fer ali elôd 7 in cenn lois. Nir'bo réid dosuni on inni
hi'sin Eg.
g. Adchomnaccair a chend do Chonaire. Adcomnaicc YBL.
10. ar dor;/5 iiô lâr YBL.
11. Tarraid Macc cecht arali coirthe dorala fo chossaib issin Bruid/w Eg.
12. Dolleci YBL.
15. oco mbai in cenn YBL.
14. doléic rôt n-aurchair don fir oca rabi in cenn co tarrhi dar a druimm,
co rodrôebriss a druini co riacht tahiiaiti, Eg.
I ). hûad iartain Eg.
16. Ociis raitais in cruach uisci ina airsciu (.i. in mcidhe) inti Cowaire H'.
The Dcstniction of Dâ Dcrg.x's Hostcl. 523
dolv/V dig, iviiôl rig, dogni cclu'.
[ciiiii tairnic fi an n a tùar
fôidis for lôeclui Hic
cai;/ selaig ar dor//.f tech niBriiidz/r diamla Fer le he.
rtwid fria Icth les sleg.
cain beinn - do Mncc ciaii clothach cecht.
Dia liibad i mbethu beind. Fo fer. — Eg.]
Luid Mcicc cecht iar sudiu iaroni i ndegaid in madma.
ij". Whcn Mac cecht lueiit across ihe third lidge towards the
house, 'lis ibère iverc tiuain slriking off Conaire's bead. Tbcn Mac
cecht strikes off the bead ofojie of the t-wo iiieii who wbo zuere bebead-
ing Conaire. The otber man theii was fleeing forth with (the
king's) bead. A pillar-stone cbanced to he (?) under Mac cecht' s
feet on the floor of the Hostel. He hitrls il at the iiian wbo bad Co-
naire's head (and drove it) tbroiigb bis spine, so limt bis back
broke. After this Mac cecht beheads biiii. Mac cecht tben spilt the
cup of water into Conaire's giillet and neck. Tljeii said Conaire's
head, after the water bad been put into its neck and gullct :
« A good man Mac cecht ! an excellent mon Mac cecht !
A good warrior without, good within,
He gives a drink, he saves a king, he dolb a dccd.
Well he ended the chanipions I foniul.
He sent a flagstone on the warriors.
Well he hewed by the door of the Hostcl . . . Fer lé,
So that a spear is against one bip.
Good should I be to far-renowned Mac cecht
If I zuere alive. A good man!
After this Mac cecht fol lowed the roiited foe.
158. ISs ed tra ârmit araile libair andso connx torchair^ acht
uathed mbec ini Cbonàwc .i. nônbor nammà-t, 7 ni môr ma
1. dobcir digh no rig. 7 doni eclid YBL
2. MS. bienn
3. Ni torchar tra, YBL.
4. .i. xu. fir Eg.
J24 Whitley Stokes.
doerna sccola[ng] indiscn scél dona fiannaib ro bàtdr ar tig
doib '.
ijS. 'Tis tins ihat soine hooks relaie, thaï but a very few fell
aroiind Coiiaire, naiiiely, ninc otily. And hardly a fugitive escaped
to tell the tidings to the champions who had becn at the housc-.
159. Baile ir-rabatâr rô/V mile cet 7 deich cet in cacii mili,
ni érna5 acht ôcnchoiciuir dib ass .i. Ingcél 7 a dâ bratiiair .1.
Echell 7 Tulchinne .i. Dartaid na diberca [in marg. .i. tri
maicc ui Chonmaic] [7 da Ruàd Rôircnd ro cètgonsat Conairc
-Eg.]
/j'5?. Where there had heen five thousand — and in cvery
ihousand ten hundred — only one set offive escaped, namely Ingcél ,
and bis tivo broîhevs Echell and Tulchinne, the « Yearling of the
Reavers » — three great-grandsons of Conniac, and the two Reds
of Roi ri II who had been the first to wound Conaire.
160. Luidiarom Ingcél i n-Albain iartain [LU. 98''] 7 gabais
rigi daresi a athar 6 rue buaid rig ala-thûathi leis dia thig.
160. Tbereafter Ingcél ivent into Alba, and received the king-
ship aftcr bis faihcr, since he had tahen home trinmph over a king
of another country.
161. ISs ed \mmorro is slicht il-lebraib ailib and, 7 is dochu
co mbad firiu. Cethracha nô côeca do thutim don lucht na
Brud;/('^ 7 téora cethraimthe do thutim dona dibtvgaib 7 a n-
dentrian namma do élûd ônd ortrain ■^.
1 . ni môr ma rocla fer innisti scél dona fiannaib ro bâtar ic dul for
Bruidhin Eg. 125b i.
2. literally : it is not much if. This is the best guess I can niake at the
meaning of a difficult passage. For another conjecture see Zimmer, KZ.,
XXVIII, 56? n.
3. térna Eg.tht'ma YBL.
4. YBL. omits §§ 160, :6i. Eg. has the following: Ro slaided tra iartain
in cath co comb.igacli fortrcn ferda feramail .i. o M(jc cecht 7 o Conall
Cernach vnac Amargin, co ro dithait 7 co ro dithlaiihrigit isin cath raôr iar
matin, co ro minaigit 7 co ro loiscit a longa .i. la Mijc cecht 7 la Conall hi
ndi'gail a tigerna. Mairg maidm 7 echtrann ir-rabi in diâsdegaid.
The Destruction of Dâ Dergas Hostcl. 525
. **
161. This, hùwcvi'r, is ihc irci'iisioii iii olhcr hooks, ivid il is
iiiorc probûbl\ trucr. Of thcfolk of thc Hostcl forly or fiftyfcU, and
of thc mivcrs thrcc foiirths and 0)ic third [Icg. fonrth?\ of thein
only cscapcd front thc Datruclion.
162. IXtan da;h' ro boi M(/("c cccht îor a àltaib isind aniiaig
cind ' in tres-ldi ft)//accai in mnai sechae.
Tadall- lat ille', a banscal, {or Marc cccht.
Ni laimim4 a dul, ol in ben, lat graain > 7 t'omun.
Ro bôi uair damsa di sudiu^', a ben, (or Macc cecht. [.i. mo
grain 7 m'omun ar neach, acht cliena ni agara so ni, 7 — Eg.]
Nod-gaibim7 for fir mo enig 7 mo taesaim^.
Adella in ben chuice9 iarom.
Nof/;i)7i fet/frsa, ol se, in [ba] cuil ba in corrmil bà in sen-
gân nom-gaib isin crecht.
Ecmaing ba mongach m(7/c thire ro bôi and rc;;/nici a dd
gualaind isin crecht '". Ro[n]gab in ben ar but", 7 dosrenga'-
asin crecht, 7 dobtvV hin a bel '5 jais ass.
Is sengan sentalman èni, or in ben, ani seo.
Tong// do dia toinges mo thûath, for Mac cecht, ni bu mo
limsa oldas cuil nô corrmil nô sengan sin.
[Ocns rongab Mac cecht in coin ar braigit, 7 ro buail a
dornn ina hedan g//r//j-marb d'aendornn — St.]
162. Now when Mac cecht was lying wounded on the haltle-
field, at the end of the third day, he saiu a luonian passing hy.
1. icind YBL. hicnd St.
2. Tadaill Eg. 123'' i.
3. chucam Eg.
4. Ni lamaini a dola, ol in banscal, lad grain YBL.
5. urgràin Eg.
6. amlaid sin Eg.
7. notgeibim Eg. nodngabaim YBL.
8. foesma, YBL.
9. Tic in ben 'na airad Eg. adochomb YBL.
10. Ni hed, ar si, acht mongach mie thire ata and coraice a di gua-
laind, St. YBL omits this and thc following sentence.
1 1. crball, Eg.
12. Rongab in ben hey ro sreng asin crecht he, 7 dobcrt in eu lan abeoil
leis ass, St.
13. crâis, Eg.
Revut Celtique, XXll. 22
5 26 Whitley Stokes.
« Corne hither, O woman! » sa\s Mac cecht.
« / dare not go ihus^ »^ says thc woman, ii for horror and fear
ofthee. »
« There was a iimc luhen I had this, O luonian, even horror and
fear of me on sonie one. But noiu thon shouldst fear noihing. I ac-
cept thee on ihe Iruih of my honour and my safeguard. »
Then the woman goes io hivi.
« 1 hiozu not », says he, « whether it is a jly or a gnat (?), or
an ant that nips me in the wound. »
It happened that it was a hairy ivoJf that was there, as far as
its two shoidders in the wound!
The zuoman sei^ed it by the tail, and dragged it out of thc
wound, audit takcs the fuU of its jaws outofhim.
(( TruJy », says the zuoman, « this is « an ant of ancient
land ». »
Says Mare cecht <( I swear to God what my people swears, I
deemed it no bigger than a f1\, or a gnat (?), or an ant. »
And Mac cecht took the ïvolf by the throat, and struck it a blow
on theforehead, and killed it with a single blow.
163. Atbath dano Lé fri flaith macc Conairc fo oxail Maicc
cecht, 7 ro leg bruth 7 aWus in miled hc.
16^. Then Lé fri flaith, son ofConaire, died undcr Mac cecht's
armpit, for thc warrior's heat and swcat had dissolvcd him -.
164. DoUuid Mrtc cecht iarsin, iar nglanad ind air, cind in
très lâi, 7 dosrenga Couaire lais (or a muin, co ro adnacht hi
Temraig hé, ut ahi dicunt. Doslui Macc cecht iarsin hi Conn-
achta (.i. ca chrich fessin) co ;;dcrnad a leges im-Maig Brén-
gair, con'id de ro len in t-ainm ammag do ingor Maicc cecht .i.
Mag mBrénguir3.
1. Cf. fl tuidecht Ml. Sj-^g.
2. Cf. the dindsenchas of Râith Cnâmrossa, Rev. Celt., XV, 353.
3. For this paragraph Eg. 125b i has onlv : Ro claid da»o Mac cecht ass
sin cia fofuair môr n-imnid and. Atbail iarum Mac cet"/;/ isind armaig act)t
becc YBL. Atbail iarHm Mac cecht achl bec isin armuig. Rucadar a cha-
raid leo hé da hicc 7 da leigis, gj/rba slan ancretach da eis, St.
The Destruction of Dd Dcvga's Hostel. ^27
164. Thcrcaftcr Mac cccht, havitiij clcniiscd thc shuii^'blcr, at Ihc
end of thc ihird day, set forth, and hc drai^i^ed Conaire -with bini
on bis hach, and buried bini at Tara, as sonie say. Tben Mac
cecht departed into Connaucrht, ta bis oiun coiinlry, ihat be iiiigbt
zL'ork bis cure in Ma g Bn'ngair. Wberefore tbe nanic clavc ta tbc
pla in front Mac cccbt's tnisery, tbat is, Mag Brén-gtiir.
165. Aslùi à.\no Conû\ Ceritacb oBrudin^ 7 docluiatar tri
côecait gai triasin laim i mbôi 111 sciath dô, 7 luid iarsin cor-
rànic tcch a athar, 7 Icth a scéith inna lâim 7 a claidt'/; 7 hru-
rech a da gai-. Forninic iarom a athair' i ndor//5 a liss hi
Talltin K
16). Noiv ConalJ Ccrnacb escapcd frotti tbc Hostel, and tbrice
fifty spears bad gone ibrough tbe ami wbicb upbeld bis sbield. Hc
fared fortb till be reached bis fatber's bottsc, luitb bal f bis sbield in
bis band, and bis sivord, and tbe fragments of bis tivo spears.
Tben be found bis fathcr before bis gartb in Taltin.
166. Lûatha coin dot-roiphnetar>', a m^ccan, for a athair
friss.
\ssed ron-bi, dochomruc fri ocu on, a senlaich, for G'^all
Cernacb ^.
Scéla lat d'idu na Brud;/é; Da Derga;? ol Amorgin: in béo
do thigern^ ?
Noc[hJon béo ïmniorro^ (or Conail.
1. Ro siaclit ass dàno Co«all Ccrnact}, Eg.
2. 7 bruircch a da gai, 7 a sciath ina le/aib fair 7 a chloidem YBL.
3. co tarrla dô in l-athair, Eg. i23tii. Fwranaicc iar?(m an t-athfl/r YBL.
4. For this and tlic preceding sentence St. has: IMtli?« Co;/aill Cernaig,
ni himlan ro bui sein on cathug«</, ar docuatar tn .1. gai gerrandach t/esin
laim i mbi in sciath aga coiighxà oca, 7 rainic roimc co tcach a athar tarcis
gâch uathbais 7 gach anforlaind fuair isin imargail, 7 is amlfl/(Z ro bai Co-
Hall 'man am sin, 7 \et\\ a sceith ina laim 7 a claideb t70m tortbuillech, 7
bruilech a da sleg snaisremar solwcendach, 7 fuair a athair a ndorï« a lis
a Tailltin .i. Amairgin.
5. rotreb(n]athar Eg. dodrefnadar YBL. ro thaithfncdar tu, St.
6. Ni hamla/Vi atu, ar Co/zall, acl}t is mail mo ceim tareis in cathaigthi, a
senlaich, ar se. St.
3 28 Wliitley Stokes.
Tonga do dia toingthe môrtlu'uuha Ulad ', is midlachda^
dond lîr dodcochaid ass i mbcthaid iar Bcbàil a thigcrna l[i]a
ndimtiu i mbàs.
Nidat5 bana mo chrcchta-sa, a scnlaich, ol esseoni'^.
i66. « Szuift are thc ivolves that havc Jniulcd thee, m\ son »,
saith bis father.
« 'Tis ihis ihat bas ivonudcd us, tboii old bero, an cvil conflici
witb warriors », Couall Ceruacb rcplicd.
« Hast tboii iben news of Dâ Derga's Hostel? » askcd Avwrgin.
« Is iby lord alive ? »
« He is not alive », says Conall.
« / sîuear to God lubat ibe great tribes of Ulaid swear, it is
coivardly for ibe iium wbo zuent tbereoiit alive, baviug left bis lord
witb bis foes in deatb. »
« My wounds are not wbite, iboii old bcro », says Conall.
167. Doadbat 5 a laim scéith do, forsa rabatâr t/'i côecait
crédit, \sscd adcoimced^ furri. In sciâth tni immar ditncstar"
iss ed ros-anacht. Ind lam dess \mniorro immarobrad îor sudi
cor-rici a dâ cutr/mimaj^, innâd rubic in sciath ocâ imdegail9.
Ro cirred iannn [LU. 99^] ind !àm sin, 7 ro hathciiummad 7
ro crechtnaiged 7 ro criat/;/ad, achd ù);/;icaibset na fcthi f/isin
corp cen etarscarad '°.
Ro fich ind 1dm sin innocht, a nwccain, ol Amorgein".
1. Toingim don di'a toingit Ulaid, ar Aimairgin, St.
2. midkicchda Eg. midlachto YBL. midlachdha St.
3. Nirsad, St.
4. for Conall YBL.
5. Ro thôcaib Eg. Tadbaid YBL. Tadhbud H'. 7 ro taisben St.
6. adcomaicc YBL. atconnairc St.
7. mar doidnestar St. imniarodidnestair YBL.
8. IN sciath t/a is ed ro imditncstar in làni sin, ar Cc)/;all. IN l.im dess
\mniono ro imbred fuirri side uair nat raibe sciath oca imditin, co fuilet tri
cet fercrecht fuirri, Eg.
9. In LU. the words iiuiàd nikc in sc.ath oc a niulcgail corne next aftet
etarscarad. St. has, after crechtnaiged : co na raibe acht a feiihc ag a cothir
gad a comlenmain in cuirp gan et^irarscarad [5/V!] acJ}t in t-inad i raibi in
sciath aga himdegail.
10. Eg. adds: na lame fris, and tluis ends tlio storv imperfectly.
1!. IS crcchtacli croslcdarthach atathar andsin anocht, a mc/c, ol Amair-
The Destruction of Dd Derga's Hostel. 329
Fir son, a senhiicli », ol Conall Ceriiach ; is sochaidc dia
tar[ajd ^ dcoga tonnaid innocht ar doras Bruid//<^-.
lûj. He sht'ivs hiin his shield-ann, whereon were îhrice fifty
luoHHiis : tbis is what ivas inflicted iipon il. The shicld thaï guarded
it is li'hat savcd it. But the right ann had been phiyed tipon, as
far as tivo thirds thereof, since the shield had nol been guarding il.
That ann ivas mangJed and mainied and zoounded and pierced, save
thaï the si news kepl it la the body luithout séparation.
« That arm foughl lonighl, niy son », says Aniorgein.
« True is that, thon ohi hero »^ says Conall Cernach. « Many
there are itnlo whom it gave drinhs of death lonighl in front of
the Hostel. »
168. IMth//.s- mvnorro na [njdihcrgach, cach ôen xerna dib o
Brud//; doUotar cosin car//d dond-rônsat isind aidchi rcmidco-
gaid', 7 b^rtatar cloich cach lir béogâiti leo ass. Coma. ta. ro
raârbad dib oc Brudin, fer cach clochi fil hi Carnd Leca.
Finit, iwien, Unit.
16S. Nou' as to the reavers , every one of iheni that escaped from
the Hostel zvenl to the cairn which they had biiilt on the night before
last, and they brought thereont a slonefor each man nol niortally
woiinded. So ihis is what they lost by death al the Hostel, a vian
for every slone that is (noiu) in Carn Lecca.
It endelh : Amen: il endelh.
(To be continued).
Whitley Stokes.
gin, St. Rofich ind lam sin indnocht îor ... a nwccain 7 ro tîched ùirx'x, ol
hmorgin, YBL.
1. tarad St. YBL.
2. Herc ends YBL. Bruignc da Berg. Coma c calh na maidne ar Bruidin
da Bergcoiiicc sin. finit. St.
3. Cf. ind iarmindedenach (gL pracposterans) ML 29a 7.
MELANGES BRITTONIQUES
Takip.
Ce mot qui glose cratère dans les gloses à Martianus Capella
n'a pas jusqu'ici, à ma connaissance, été retrouvé en gallois.
Or, il existe dans le Livre de Taliesin. Ce qui fait qu'il a
échappé aux recherches, c'est qu'il y est écrit en deux mots.
C'est ainsi que Silvan Evans, dans son Welsh-Engl. Dict., le
donne à cihcâd, divisé en tal cibedd.
Skene, Four anc. books, II, p. 153, vers 15 :
a gwin tal kibcd (lisez talcihcd)
o Rufcin byt Rossed
« et le vin des tonneaux depuis Rome jusqu'.i Rossedd. »
J. LOTH.
NOTES ÉTYMOLOGIQUES BRETONNES
I. SANAIL.
Dans son Lexique étymologique du iiioxen breton, M. Victor
Henry fait venir le breton sanal du français arsenal par conta-
mination. Il reproduit cette étymologie dans son Estratto dalla
niiscellanea linguistica in onore di Gra^iano Ascoli (Torino,
1901). Arsenal serait devenu sanal, les Bretons ayant pris ar
pour leur article. Dans ann arsenal, ils auraient vu un pléo-
nasme vicieux. Quant à la transformation de -al en -aille, ce
serait sous l'influence d'un français vulgaire arsenaille qui se-
rait attesté ? (M. Victor Henry dit : je crois, attesté?).
« La locution aurait été importée dans les campagnes par
des matelots, habitués à remiser à l'arsenal entre deux croi-
sières, comme le pêcheur dans son grenier entre deux saisons
de pêche, les engins de toute sorte dont le navire ou le bateau
était armé. »
La méprise pour ar- est d'abord bien invraisemblable. Le
breton possède bon nombre de composés avec prétixe ar- ; ce
fait ne s'est produit pour aucun. Peu vraisemblable aussi le
changement du suffixe; encore plus, le changement de sens.
J'ajouterai que le paysan breton ne met point dans le grenier
son attirail de labourage.
Enfin, ce qui tranche la question, c'est que sanal existe en
français.
Sanal représente la forme patoise de l'ouest senail. Ct. sena,
snà = senail, cenail, grenier à foin (Dottin, Glossaire des par-
ler s du Bas-Maine, p. 467). La forme correspondante dans
5J2 J. Lotli.
le Diil. de Godcfroy est choiail , qui a également le sens (\q gre-
nier, et ceiiait. Pour l'fl de sanal, ci. hancl =^ vend, etc.
Il me serait facile de relever dans le Lexique de mon savant
collègue d'autres méfaits de la sémantique pour laquelle, je
puis le dire sans qu'il s'en formalise, il a évidemment un
faible.
2. Bir.
Flèche. Phonétiquement, il est impossible de rattacher hir à
ber, broche, qui, métaphoriquement, en gallois, signifie lance.
L'étvmologie, dit le Lexique de M. \'ictor Henry, qui propose
de le rattacher à la racine de heiui ou à celle de ber, en est, en
somme, inconnue. C'est simplement le français vire, trait d'ar-
balète (Godefroy, Dict. de l'atic. franc. y C'est un synonyme
de vireion. Comme c'est la règle pour v initial français, il est
devenu b en breton : bisad) =^ visage; baiiel = venelle ; bilen =
vilain, etc.
3. AtreJ.
Gravois. M. Victor Henry suppose un bas-latin altrlluni
pour allrîluin. Tout d'abord, cette évolution dans la quantité
est suspecte ; de plus, les deux // eussent donné th : on eût eu
en moyen-breton a:^red. Enfin, allrltuni a le tort d'être inventé
uniquement pour atred. Aired ne peut être séparé du moyen-
breton airet : iut a drouc aireî, gens scélérats, comme le fait
remarquer M. Ernault, répond au français de maie airet. Atret
se dénonce clairement par sa forme comme un emprunt fran-
çais : c'est le français atrait (et atret)., qui, entre autres sens,
a encore celui de déblais.
4. Aloubi.
Empiéter, serait, d'après M. Victor Henry Çhwique êlxin.),
composé de rober, avec le changement de r en / et l'addition
d'un préfixe a-. A priori, cette hybridation est bien peu pro-
bable. Aloubi est le français alcber, se moquer de, duper. Le
.\olts ii)iiiologiijues bittonncs. 553
breton aloiihi a en effet le sens de s'emparer par violence on
ruse.
5 . Ao:{iU.
D'après le Lex. élyin. viendrait d'un bas-latin Ausaria. Au-
san'a eût donné ao:^er. Ao::^iïI représente exactement le français
populaire ù:;jllc\ cf. osillicr, branche d'osier.
6. Adarre.
Le breton adarre, de nouveau, n'a pas été signalé en gallois.
Il existe cependant, mais n'a pas été compris. Silvan Evans
ÇWclsb-eiigl. Dict.^ le traduit, avec hésitation il est vrai, par
Jlock of hirds {= adar -\- rbe). Le sens de de nouveau est tout
justement évident dans le passage qu'il cite d'un poète gallois
du xnP siècle Llyivarch ap Llywelyn (Myv. Arch., J, 292),
Gîcisc gzvyndeil g-wyeil gzuel adarre « Les branches revêtent
leurs feuilles blanches, forme nouvelle (forme qu'elles pren-
nent à nouveau). On pourrait même traduire : « les branches
aux feuilles blanches revêtent leur aspect de nouveau. »
Gwet =3 givedd. Il s'agit d'une description du printemps.
7 . Ae;^eji .
Vapeur, exhalaison, vent doux. ^f~ (léonard ca^) est donné
comme venant du français aise et rapproché du basque ai::^e,
vent, par M. V. Henry suivant en cela M. Ernault. Ce dernier
avait eu une meilleure idée en citant le gaëhque aikal, brise.
Le comique, en effet, tranche la question d'origine: eth est
traduit, avec raison, par Williams, Tpar puff, blast, brealh. Wil-
liams a le tort de vouloir l'identifier avec luheth. Il est pro-
bable que le mot est contenu dans le gallois aeihnen ou aethiuydd,
tremble, peuplier.
8. Auibil.
Qui va en tête (cheval). M. V. Henry pense à une conta-
5 j4 ■^- '^<'^''-
mination possible de la locution * cii-ibil a\'cc la locution fran-
çaise en cheville dont elle est la traduction et qui se dit dans le
Bas-Maine « des bœufs et des chevaux qu'on place en tête des
attelages ». J'irai plus loin. Amhil me paraît être simplement
un français en bille = en cheville. Le patois du Bas-Maine
connaît le diminutif de bille; c'est billet, cheville (Dottin,
Glossaire: biyet).
9. Ankelchcr.
Feu-follet. Suivant M. V. Henry qui reproduit l'opinion de
M. Ernault, ankelcher ne serait autre chose que le moyen-
breton c}iqnele:;j-, géante comique cnchinelhel ^=^*ancle-kenetlo-,
génération monstrueuse. Sans parler de difficultés phonétiques
réelles, cette identification du feu-follet avec un géant est bien
extraordinaire et des plus invraisemblables. Ankelcher me paraît
un composé et dérivé de kelc'h, cercle, circuit. Ankelc'her est
celui qui va de droite et de gauche, le circuleur, le rôdeur (pour
an-, cf. clasc et enclasc); cette étyinologie est confirmée par la
forme kcleroi, feu-follet, manifestement pour kelhercn : cf. kil-
loroH, avant-train de la charrue, mb. qiiilhorou pour kilc'h-,
= kelch-ioroi! .
10. Ai~.
Lit de rivière. On n'a donné aucune étymologie satisfii-
sante, phonétiquement, de ce mot. Ao^ peut, je crois, re-
monter à ab-sâ, même racine que dans ab-ona, *ab-ni, en pas-
sant par *ani-sa. Pour l'évolution, cf. naos &\ns pc-naos, gallois
naïus ; irl. nos = * nani-so-, * noni-so.
II. Argiid.
Sommeil léger. Argiid = *arc-coi-lo- ; cf. grec 7.:{-tt, ;
■/.:<.- [j.ii'i, taire coucher, faire dormir, assoupir; v.z'.^j.xz-^j.x:,
je me couche, je dors.
Notes itymologiijucs bretonnes. 3 5 5
12. Bûi::^ic.
Jaloux, mais dans un sens particulier: « comme une mère
Test de son enflmt, s'impatientant de son absence. On donne
cette épithète à celles qui caressent trop leurs enfiints ; on l'ap-
plique à certaines bètes. » (Le Pelletier). Ce mot serait d'après
M. Ernault, suivi par M. Henry, composé de gw- = va- et
ci\ic, dérivé de iw^, jalousie. Le sens de jaloux ne me paraît
pas dominant dans ce mot, et ce qui le confirme bien, c'est
que lh'i:(^ic s'applique à un cheval rc'lif, ombrageux. Le mot
breton est à rapprocher du vieil-irlandais hâes, irl. mod. baois^
Itist, concupiscence, levity (fantaisie, caprice); haés = *baisso.
La dérivation et l'évolution en bai~ic par le suffixe -ico- est très
régulière.
13. Broe:(.
Colère, emportement. Ce mot est à rapprocher du gallois
broch, fureur, emportement, et aussi écume: broch ='*bivc-co-;
broe^ = *broc-tâ.
Broch, en gallois, a un autre sens; celui de bruit tumultueux,
vacarme ; en ce sens, il serait à rapprocher de l'irlandais brosc,
tonnerre, grand hrmi ^*broc-sco.
14. Keved.
En vannetais, a le sens de quenouillée. M. Victor Henry le
fait sortir d'un français eschevete, en faisant disparaître es-, ce
qui est peu vraisemblable. De plus, eschevete est un ccheveau et
non une quenouillée. Je serais porté à supposer que hevcd est
brittonique et composé de com- et de *-ed, fil — * ete-, à com-
parer au gallois cd-af, vieux-gallois etem.
15. Cohu.
Halle. On compare ce mot au gallois cychiuyf, se mettre en
mouvement. Or, la forme équivalente à -chwyf eût été, en
:; 56 J. Lotli.
moyen-breton chiueff, et aujourd'liui c'bwcv. Cohii est sûrement
le français cohue. Les formes de ce moment sont très variées.
En Haute-Corn. (Faoiiet) on dit cohi; en bas-vannetais covu,
covi. On prononce ailleurs cohiii (cohiui) et cohii. Pour les va-
riations de -il final, cf. avu, foie. Avii, en bas-vannetais, se dit
iiil'i et avu, ailleurs ail, ei'i, etc., etc.
i6. Neu^ ET ;/rt(,)^ (pc-naos).
Ces deux formes sont ramenées également, avec le gallois
naivs et l'irl. nés â *naiii-so, noin-so-. Neu^ doit être séparé de
naos. AV//~ représente le gallois iiaws pour * ^^uaïus, v. ïv\.(^iuîs,
habitude: gall. hy-gnaws, aimable (de bonne façon), de la
même racine que gnàth, gall. gnaivd. Naos, en revanche, avec
l'irl. lias, remonte a* uani-so-, *}ioiii-so. En gallois dans naïus,
les deux racines se sont confondues.
(A suivre.)
J. LoTH.
TESBANAT, CÉTBANIM
Dans le « Urkeltischer Sprachschatz » de M. Whitley
Stokes, traduit et augmenté par M. Adalhert Bezzenberger,
on trouve, p. 164, sous la racine hypothétique bail : « irlan-
dais tcs-banat, « deficiunt », cét-banim « ich verstehe ». Il me
semble qu'il est impossible de séparer iesbaiiat du substantif
tesbuith, tesbuid, datif tcsbaid, et les formes verbales teseba, ies-
bad, tesarbae, tesarbi (voy. Windisch, Wôrterbnch, sous iess-
buiih) ; ni cétbnniin de cctbaid, gallois canjod, et les formes
verbales celabue et citacobasa (Milan, LL, 6, 22). Va de la ra-
cine s'est donc développé d'un u, probablement par l'intermé-
diaire d'une; comp. robad [\ càik. àt robuth ÇA\e\., 103 1).
La racine, d'après mon opinion, est bu, sanskrit bhli, etc.
Quant au suffixe qui se trouve dans la conjugaison du verbe
au présent, c'est le même que dans le lituanien bi'i-iiii « j'y
suis, j'y reste » ; pribiï-nu « je suis présent », « j'assiste »;
subiinu « je suis en société ».
Des suffixes pas tout à fiit identiques, mais apparentés, sont
en sanskrit w, nu et ml, ni. Tandis que par exemple le latin a
sterno, la sanscrit a slrijoini et sinjàmi; comparez le grec weûy-
vj;j.'., Z-J.-/.-rj\}.'., etc. En pâli sambhnuâti avec l'accusatif signifie
la même chose que sambhavati en sanskrit, c'est-à-dire « par-
venir à, participer en », par exemple Mabà-Vaî^ga , VII, 2, 2 :
sainbhiiijâli kathinuddhâram ; le composé abhisambhiujâli ou
abhisiinibhiiijoti sigmÛQ « parvenir à », « atteindre », comme
en sanskrit abhisambhavali; le futur est abhisambhossaiii . Les
formes "bhuijâli et "bhuuoii sont usitées aussi en sanskrit
bouddhique. Childers, s. v. abbisanibbiifioli l'explique comme
:5 38 H. Kern.
un compose de /'/;/", parce qu'il ne connaissait pas le futur
abhisambbossaiii, ni la forme collatérale abhisamhhôti, ni l'ad-
jectif pâli durabhisambhava, où le dialecte du Mahâvastu a du-
rabhisambhiiua. Ce qui l'a induit en erreur, c'est Vn céré-
brale, mais le changement de la dentale en cérébrale n'est pas
rare en pâli, spécialement après un u ou o: par exemple sa-
kuHO, sakuni pour le sanskrit çakiina, çakuni ; sakkhuuâti, sanskr.
çaknoti ; oiiala, skr. avanata ; onita à côté à'onJla, skr. ava-
111 ta, etc.
H. Ki:rx.
B A R I N T U s
Geoffrey of Monmouth in his Fila Mcrlini ^ writtcn about
II 48 introduces Barintus as the pilot who stcered the ship in
which Arthur was conveyed to the Fortunate Isles. There is
no sign that Barintus is a monk, nor is the land to which he
is the guide a Christian paradise. The only point insisted on
by Geoffrey is that Barintus knew the waters and the stars.
It has been generally assumed-, without much reflexion,
that Geoffrey got his knowledge of Barintus from the well
known introductory épisode in the Navigatio Bmidann. A
careful examination of the two passages however seems to me
to lead to directly the opposite conclusion. In the Navigaiio
« saint )) Barintus is the head of a band of monks, and the
voyage to the Terra Reproiinssionis that hc undertakes, in Com-
pany with his « fiholus » Mernoc, is a reward for his piety.
Furthermore the most that can be said is that Barintus sug-
gests to St. Brandan the idea of a voyage : he gives no direc-
tions for the way, much less acts as a guide or pilot familiar
with the sea.
The Barintus épisode in the Navioaiio is useless for the
narrative, and obscure and incohérent in itself. It must be a
survival of something^, almost certainly therefore of some
1. Ed. Michel, 1837, p. 37. Édition Snn Marte, Die sagen von Merlin,
1855, p. 299, verse 950.
2. C. Ferdinand Lot, Annales de Bretagne, XV, 534.
3. Ed. Schrôder, 1871, p. 3 ff. ; Ed. jubinal, 1836, p. i ff.
4. Sucli is the opinion of Zimmer, Zlschr. fiïr deutsches Alterthum,
XXXIII, 314. Cf. de Goeje, Actes du S<^ Congrès des Orientalistes, I, i, 48.
^40 Ariliiir C. L. Bronn.
Celtic tradition. It sccms to me évident that Geoffrey in the
Fita Mcrlini lias drawn his notion of Barintus from some such
tradition and not from the Navigatio. Geoffrey could no doubt
fabricate a clever story, but it is asking too much to suppose
that he would hâve been at the pains to strip Barintus of iiis
ecclesiastical character and companions, associate him with
TaHessin and Arthur, who are not mentioned in the Navi-
gaiio, and invent for him a rôle as pilot which is in accord
with what probably must hâve been liis position in Celtic
legend.
We hâve an unmistakable indication of the existence ofa
Celtic tradition about Barintus. The life of Saint David,
\vhich was written in Wales thirty or forty years at least be-
fore the works of Geoffrey of Monmouth^ contains a curions
story which, while it agrées with the Navigatio in bringing
Barintus, hère called St. Barri- into relation with St. Brandan,
cannot possibly be a mère adaptation from the Latin legend.
The incident is in outline as follows : one day St. Barri bor-
rowed a horse from St. David, and rode it across the sea from
Wales to Ireland. Afterhe had gone a long wav he met St.
Brandan who « super marinum cetum miram ducebat vitam »
and the two saints conversed together.
Zimmcr in his important study of the St. Brandan legend,
has compared this incident to other incidents of a similar cha-
racter in the lives of St. David and St. Aidan, and has con-
cluded that Barri must hâve been originally represented as ri-
ding a sort of tîsh or « sea-horse » 3 . One naturally wishes to
know how such a surprising adventure came to be attached to
a saint. Zimmer contented himself with an unlikely sugges-
1. For this date see Phillimorc in Y Cymmrodor, XI, 128. The MS.
(Vespasian A, XIV, Cottonian, in the British Muséum) is a collection of
lives of Welsh Saints. It was published bv Roes, Lives of theCanibio brltisb
Saillis, Llandovcrv, 18)5, see pp. 152-155 (translation p. 455). The text of
the above incident has been also printed bv the Bollandists, Acta Satict.,
vol. I for March, p. 44, note d.
2. Cf. Zimmer, Kuhn's Zeit scbr if t, XXXII, 160.
5. Ztschr. fur deutsches Alterthinii, vol. XXXIII, pp. 507-509 (1889).
The life of St. .\idan is found in the same MS. as that of St. David.
Barinlus. ^41
tion % and ihe matter, despite its intcrest bas not sincc been
discussed.
I believe that to undcrstand the source of this adventurc
one bas only to read in tbe Irisb Sagas tbe accounts of tbesea-
god Manannân mac Lir. Hc is rcgularity represented as riding-
a « sea-borse », and be espccially frequented tbe waters be-
tween Wales and Ireland'. Tbis is precisely tbe scène of tbe
adventure of Barri and bis fellow saints. We seem tbcrefore to
be in tbe présence of a local tradition wbicb bas survivcd after
tbe pagan god, its original bero bas been forgotten-^.
Tbere is probably a spécial reason wby tbis adventure is
found attacbed to Barri. Barri or Barintus was, I venture to
suggest, in origin, like Manannân a sea-god 5 wbo in tbe
Welsb lives and in tbe Navi^alio bas been cbanged into a
saint.
To suppose tbat a pagan divinity bas been transformed by
later legends into a saint, is not as difficultet as it may at first
seem. Tbere is an excellent parallel in one of tbe Mabino-
gion, Braniuen daughter of Llyr, wbere we fînd tbe old sea-
god Bran, a giant wbo could wade tbrough tbe sea from
Wales to Ireland, called Bran tbe Blessed (Bendigeit Bran).
1. Namely, that the épisode originatcd in a misunderstanding by the
Irish of a Norse « kenning » according to which the early Vikings some-
times called a ship a « sea-horse » (1. c, p. 309).
2. In the SergUge Conculaincl, Windisch, Irische Texte, 1880, I, 225,
line 22, he is called the « horseman of the hairy sea ». Cf. Nutt and
Mej'er, The Voyage of Bran, I, loflF. ; thestory of Ciabhan in the Colloquy,
O'Grady, Silva Gadelica, I, 177 ; and the Second Battle of Moytura, Revue
Celtique, XII, 104: « groig maie Lir la maur-ainfini » ; [nunierous as]
« the Son of Ler's horses in a sea-storm ».
3. He was indecd tlic traditional lord of the Isle of Man, a place dimly
confused with the Otherworld, by the ancient Celts dwelling around the
Irish Sea. Sec Henderson, Fïed Bricrend, Irish Texts Society, II, p. 142.
4. Thus Odin's « Wild Hunt » survivcd with king Arthur as its hero.
See Freymond. Arlus KampJ mit devi Kat\enungeHïm , p. 378-9. (Fcstschrift
Grôber, Halle, 1899).
5. The idca that we hâve in Barintus a créature of the Otherworld is of
course not new. Henri Martin, Histoire, de France, Paris, 1857, I, 73 con-
jectured that Barintus was the Weisli Charon who conducted tlie soûls of
the dead to the underworld. He brought forward however no reasons for
his idea which seems to havc been simply an infercnce from the Vita
Merlin i.
Revue Celtique, XXII. 23
^2 Arthur C. L. Brown.
The Welsh triads explain that he was a saint and the introducer
of Christianity into Britain'.
Zimmer bas shown- that Barintus is essentially an epithet
or SLirname. It is the Irish Barrfind, somctimes writlen Finn-
harr, which means « fair-haired » or more Hterally « white-
topped ». A name more appropriate for a god of the hoary
sea would be hard to iind 3.
It seems highly probable then that Barintus was in origin a
god of the waters, and by conséquence for the early Celts a
god ofthe Land beyond the Waves, the Happy Otherworld.
He may hâve been a fellow deity to Mananndn4, or he may
hâve been a mère manifestation of that god, \vho, noted for
his dehght in shape shifting, probably had différent names
according to his différent appearances 5. In the Imram Brain^,
Manannan is called « the Fair Man » (Fer find) who rides
over the « white sea » (tind frismbein muir). In the Serglige
Concidaind, he is « the horseman ofthe maned » (or « hairy »)
« sea » (Marcach in Mara mongaig)/. Itisnotthen difffcult to
suppose that he may hâve been known by the epithet « Fair-
haired » (Barrind).
Barintus' character as a kind of sea-deity well known in
Celtic legend once admitted, the explanation of ail that we
are told about him \vorks out with convincing completeness.
In the Life of St. David, St. Barri's ride on horseback
1. See Loth, Les Mah'wogioii, I, 67.
2. Zlschr. fur dent. AUerthimi, XXXIII, 314.
3. The epithet « find » (white) is so anpropriate for a sea-god, that
Meyer and Nutt hâve suggested that the name of Mongan, the son of Ma-
nannan, cornes from « Mong-fiind » (white mane). Voyage of Bran, II,
29 note.
4. finnbarr occurs in theCo//o^Hv(0'Grady, Silva GadeUca, I, 199) along
with Lir and Teigue and in the Book of Fermoy (Todd, Irish MS. Séries,
R. I. A., I, I, 47) along with Manannan as the name of a chieftain ofthe
Tûatha Dé Danann.
5. For références to the shape-shifting habits of Manannan see Meyer
and Nutt, Voyage of Bran, I, 139, 198, etc. Mongan the reputed son of
Manannan was really only a rebirth ; the god under another name.
« Orbsen «, still another name for Manannan was noted by O'Donovan
(Translation of Cormac's Glossary, éd. Stokes, 1868, p. 114).
6. Voyage of Bran, I, 11.
7. See note above.
Bjriniiis. ^4^
across the sca is of course simply a survival of thc old sea-
god's power of riding the billows. The sea-horse has becn
partly rationahzed into an ordinary horse, permitted by the
miraculous power of the saint to tread the sea as dry hmd.
In the Navigalio Brciuiaui, the part phtyed b}^ Barintus is
quite parallel to that taken by Manannân, or by onc of Ma-
nannan's fellows, in many Cekic Otherworld taies. In thèse
taies there is regularily an Otherworld messenger, who sug-
gests to the hero the idea ofa marvellous journey. Sometimes
this mysterious visitor is a prince' of the Otherworld. Some-
times only an emissary- from such a prince appears. Once at
least 5 the hero is persuaded to set out, by the taie of a prc-
vious adventurer, who relates his expériences, somewhat as
Barintus does in the Nûvigatio.
The Barintus épisode, as it stands in the Navigatio, forms
no intégral part of the narrative. It is told quite in the mys-
terious style 4 ofa Celtic Otherworld voyage. One is justified
therefore in regarding it as a confused survival of some intro-
ductory incident like those just referred to.
Tn the Fita Merlini, Barintus, who steers the ship of Arthur
toward the Otherworld, appears to hâve been in origin then
1. In the Echtra Cormaic (Windisch and Stokes, Irische Texte, III, i,
193 ff.) Manannân, in person, lures away Cormac. In the Echtra Laegaire
(O'Grady, Silva Gadelica, I, 2)6-7) Fiachna himself invites Laegaire to his
realm, So Arawn cornes to meet Pwvli (Loth, Mabiiiogion, I, 27 ff.). And
Abartach, disguised as the Gilla Decair to lure awav Dermot (Silva Gade-
lica, I, 257 ff.).
2. e. g. the « Summoning damscl » in the Voyage of Bran (éd. Meyer
and Nutt, I, 2, cf. page 142).
3. In the Serglige Conciilaind (Windisch, Irische Texl:, I, 218 ff,) where
Laeg relates his journey in order to persuade CuchuHnn to set out. Cf.
Chrétien's Ivain, where it is the taie of Calogrenant, a previous adventurer,
that incites the hero to undertake his journey to the marvellous Fountain.
4. Mcrnoc knows beforehand of Barintus' approach (a conimon incident
in the Otherworld voyage, cf. Voyage of Bran, I, 50, § 62), the two em-
bark in a boat that awaits them, and that travels (there is no mention of
oars or sails) through a blinding mist to a marvellous land. Cf. the boat of
glass in the Echtra Connla (Windisch, Kiir:;gefasste Irische Grannnatik,
pp. 1 18-120), that of bronze in the Serglige Conculaind {Irische Texte, I, 210),
the self-moving boat connected with Mannannàn's land in the storv of Be-
cuma (Summary of the Book of Lismore by Todd, R. I. A. IrishMS. Séries,
I, I, 38) and thc mist through which Cormac journcyed to reach Man-
annân's « Fort » {Echtra Cormaic. Irische Texte, III, i, 195).
344 Arthur C. L. Bronn.
a sea-god, a lord of the Land bcyond thc Waves, who like
Mananndn in the taie of Ciabhan conducted the voyager thi-
ther^ Later when his mvsterious character was forgotten, he
was represented as a pilot, and this was the form of the le-
gend that Geoffrey knew. The rationalization of a sea-god
into a famous navigator, is a sufficiently natural process. \Ve
hâve for it one of the closest parallels imaginable. The thing
happened very earl}' to the £imous Manannân. In the Glossary
of Cormac ^ we read :
« Manannân mac lir, a celebrated merchantwho was in the
« Isle of Mann. He was the best pilot that was in the west
« of Europe. He used to know by studying the heavens, i. e.
« by using the sky, the period which would be the fine wea-
« ther and the bad weather, and when each of thèse two
« times would change. Inde Scoti [the Irish of course] et
« Brittones eum deum vocaverunt maris, et inde filium maris
« esse dixerunt, i. e. Mac Lir « son of sea », et de nomine
« Manandan the Isle of Mann dictus est. »
Substituting Barrind for Manannân, Geoffrey might almost
hâve had thèse words under his eye when he wrote? :
lUuc, post bcUuni Camblani, vuliierc lacsum
Duximus Arcmrum, nos conducentc Barintlio
/Eqiiora cui fiieraiit, et cœli sydera nota ;
Hoc rcctore ratis, cum principe, veninius illuc.
Paris, July 1901.
Arthur C. L. Browx.
1. In the Colloquy (O'Grad)', Silva Gadelica, I, 177). Manannân appears
to thc voyagers who are on the point of being ship-wrecked in a tempest.
He takes them upon a dark-grey steed, which he is riding, and conducts
them, and their boat, to Tir Tairngiri.
2. I employ O'Donovan's translation (éd. Stokes, Qilcutta, 1868, p. 114)
which is based on the tcxt of Stokes, Tbree Irish Glossarics, London, 1862,
p. 31. Where the original is in Latin I hâve allowed it to stand.
3. Vita Merlitti, éd. Michel, p. 57, verse 930 û.
CHRONIQUE
SOMMAIRE: 1, M. J. Loth, docteur de l'Université de Glasgow. — II. Comparaison
par M. S. Reinach devers de Ciaudien à des vers de Properce. — III. W. Rid-
geway, The early Age of Greece. — IV La légende de Lancelot du Lac étudiée par
M. Jessie L. Weston. — V. La femme de Bath, origine de ce conte par M. G. -H.
Maynadier. — VI, Mémoires de MM. Kuno Meyer et Baring Gould dans le Cym~
mrodor, t. XIV. — VII. Les jeux dans le [comte d'Argyle, ouvrage de M. Robert
Craig Maclagan. — VIll. Ktudes de numismatique, t. U, par M. Adrien Blanchet.
— IX. Le Borama traduit en irlandais moderne par M. T. 0. Russel. — X. Le roi
et l'hermite, par M. Kuno Meyer. — XI. La métrique galloise, t. II, par M. J. Loth.
— XII. Mémoire sur l'église celtique, par M. H. Zimmer dans le t. X de la Real-
encyclopaedie fur protestantische Théologie und Kirche, troisième édition. —
XIII. Mort de l'evêque d'Oxford William Stubbs. — XIV. Publication prochaine de
textes gallois. — XV. M. R. Atkinson, président de l'Académie royale d'Irlande.
— .XVI. Le second volume' du Keallexicon dcr indogermanischen Altcrtiimcr. —
XVII. Étymologies bretonnes, par M. V. Henry; Études sur les adverbes irlandais,
par M. R. Thurneysen. — XVIII. Annonce d'une publication prochaine de M.Tito
Zanardelli. — XIX. La plus ancienne inscription lapidaire romaine de la Gaule. —
XX. Nomination de M. Arthur C. L. Brown à l'Université de Wisconsin. — Post-
scRiPTUM. Le vallum Hadriaiii, et la Holy Island.
I.
L'Université- de Glasgow vient de décerner le titre de docteur en droit,
honoris causa, à notre savant collaborateur, M. J. Loth, doyen de la Faculté
des Lettres de Rennes.
IL
En séance de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le 5 du pré-
sent mois de juillet, M. Salomon Reinach a cité les vers 77-82 de Ciaudien :
De bi'llo Pollen ti 110 :
Aspice Roma tuum jam vertice celsior hostem;
Aspice quam rarum referens inglorius agmen,
Italia detrusus, eat, quantumque priori
Dissimilis, qui cuncta sibi cessura ruenti
PoUicitus, patrii numen juravcrat Histri,
Non nisi calcatis loricani ponere rostris '.
I. Edition donnée chez Teubner par Louis Jeep (1879), t. II, p. 7.
546 Chroniijui.
« Vois, o Rome, en relevant la tète, vois ton ennemi : combien sont peu
« nombreux les débris d'armée que sans gloire il ramène, chassé d'Italie.
« Quelle différence entre sa retraite et son arrivée violente, quand il
(( croyait que tout céderait devant lui ; lui qui avait promis par serment au
« dieu Danube, son père, de ne pas déposer la cuirasse avant d'avoir à
« Rome foulé aux pieds la tribune aux harangues ! »
Ce fils du Danube est le roi goth Alaric, battu par Stilicon à Pollcntia le
6 avril 402.
Le passage de Claudien, que nous venons de reproduire, doit, comme l'a
dit M. Salomon Reinach, être rapproché des vers 59-42 de Properce, IV,
10, où il est rapporté que le roi belge Virdomarus se vantait d'être fils du
Rhin :
Claudius a Rheno ' trajectos arcuit hostes,
Belgica cui vasti parma relata ducis
Virdumari ; genus hic Rheno jactabat ab ipso
Nobilis- erectis 5 fundere gaesa rôtis.
« Claude repoussa les ennemis venus des bords du Rhin sous les ordres
« d'un chef à la haute taille portant un bouclier belge: c'était Virdomarus,
« qui se vantait de descendre du Rhin, et qui, fier de cette noblesse, du
« haut de son char aux roues élevées, lançait des javelots. »
M. Max Rothstein, dans son édition de Properce (t. II, Weidmann,
1898, p. 304), remplace au troisième vers iî/;t'«o par Bremio et prétend que,
suivant Properce, Virdomarus se vantait de compter parmi ses aïeux
Brennus, vainqueur des Romains à la bataille de l'Allia. Le savant alle-
mand rapproche des vers de Properce ceux de Silius Italiens, IV, 1 50-1 31 ;
suivant Silius, Crixus, chef des Boit pendant la seconde guerre punique, se
disait descendant de Brennus, qui d'après lui avait pris le capitole :
Ipse tumens atavis Brenni se stirpe ferebat,
Crixus et in titulos Capitolia capta trahebat.
M. Max Rothstein suppose que ces vers de Silius Italiens, premier siècle
de notre ère, ont été inspirés par le passage précité de Properce, auteur du
1. Eridanuin, conjecture d'érudit, admise contrairement à la leçon des
manuscrits par M. Lucien Mùller dans son édition donnée chez Teubner
en 1864, p. 115.
2. Kobilis, correction à la leçon des mss. qui portent niobilis ; elle a été
adoptée par M. Lucien Mùller dans l'édition précitée et par M. Emile
Baehrens dans son édition donnée chez Teubner, 1880, p. 192. yobilis
complète la pensée exprimée dans le vers précédent.
5. Erectis, le mot que la plupart des éditeurs ont conclu des diverses le-
çons offertes par les mss., a été conservé par M. Lucien Mùller et rem-
placé arbitrairement part' veclis en deux mots dans l'édition de M. E. Baeh-
rens, par evectis, en un mot, dans celle de M. Rothstein.
chronique. J47
siècle prcccdont ; mais cette hypothèse, toute ingénieuse qu'elle est, ne
suffit pas pour ruiner l'autorité des manuscrits, dans lesquels on lit le nom
du fleuve, et pour permettre de substituer à ce nom de fleuve un nom
d'homme. Je crois donc être en droit de maintenir ce nom de fleuve, comme
je l'ai fait dans les comptes rendus de l'Académie des Inscriptions en 1889
(p. m), et comme l'a fait depuis M. Birt, Rhcinisches Muséum, 51, 528,
ainsi que le rappelle M. Max Rothstein dans un appendice au tome II de
son édition, p. 380. En se plaçant au point de vue de l'histoire littéraire, on
peut opposer au texte de Silius Italiens celui de Claudien, comme l'a fait
avec grande raison M. Salomon Reinach. M. Max Rothstein prétend que
Brennus était à Rome plus connu que le Rhin ; il oublie les deux passages
du Rhin par Jules César en 55 et en 53 ; les vers de Properce sont posté-
rieurs à ces deux faits militaires.
Je dois à M. Reinach une autre observation : Belgica paniia, bouclier
belge, s'accordant avec la mention du Rhin, nous autorise à reconnaître
dans les chars de guerre tirés des tombes gauloises de Champagne, c'est-
à-dire d'une partie de la Belgique antique, le modèle du char de Virdo-
marus. Les roues de ces chars avaient quatre-vingt-seize centimètres environ
de diamètre. Ces roues étaient donc hautes, eieclis, mettant la surface du
plancher du char à cinquante centimètres au moins au-dessus du sol ; nous
voj'onssurce plancher s'élever le grand corps du guerrier gaulois qui, do-
minant ainsi les petits fantassins romains, se met à pratiquer sur eux le jet
plongeant de ses ]di\' t\ox.s, fundere gaesa. C'est un premier tableau, auquel
succède celui de la défaite. Un coup de lance ou d'épée reçu dans le ventre,
fait couler des flots de sang sur la culotte rayée du guerrier gaulois ; le
Romain vainqueur lui tranche la tête, et, du cou de Virdomarus, tombe le
collier d'or qui l'ornait :
lUi virgatas maculanti sanguine bracas
Torquis ab incisa decidit unca gula.
m.
En 1891, ]a Rexnie Celtique (t. XIII, p. 406-407) a fait à son point de
vue spécial le compte rendu d'un savant ouvrage de M. W. Ridgeway: The
origin of metallic currency and lueight standard. L'auteur, alors professeur de
grec au collège de la reine à Cork, en Irlande, est depuis devenu, par un
avancement mérité, professeur d'archéologie à l'Université de Cambridge.
Je prends plaisir à le dire, bien que le compte rendu publié dans la Revue
Celtique, et dont je suis l'auteur, ne contienne que des critiques ; je le dis,
quoique de ces critiques je n'aie rien à retirer. M. Ridgeway vient de donner
au monde savant un nouvel ouvrage qui est comme le précédent fort ins-
tructif et qu'a imprimé la presse universitaire de Cambridge ; le titre est:
The caily âge oj Greece, t. I. Ce travail est divisé en dix chapitres, les deux
premiers consacrés à la période mycénienne ou période du bronze, les trois
348 Chronique.
suivants à une ctucio gcncrale sur la période homérique, celle du premier
âge du fer où l'emploi du bronze est encore fréquent. Après ces généralités
viennent cinq chapitres concernant chacun un sujet spécial : chap. vi, bou-
clier rond; chap. VII, inhumation, crémation, âme; chap. viii, fibule;
chap. IX, fer; chap. x, dialecte homérique.
Le chapitre iv, intitulé : D'où vinrent les Achéens? « Whence came the
Achaeans? » contient de nombreuses pages où les Celtes apparaissent, mais
l'auteur a pour principe de ne pas tenir compte des travaux des linguistes,
comme il le dit, p. 352 ; il est donc évident que je me trouverai souvent en
désaccord avec lui. Ainsi M. Ridgcway, p. 570, ne veut pas admettre que
nous appelions celtiques les langues des Bretons, des Gallois, des Irlandais
des Highlanders d'Ecosse, parce que, dit-il, un grand nombre des individus
qui parlent ces langues ont les cheveux noirs ; il est très douteux, ajoute-t-il,
que le terme de celtique puisse proprement s'appliquer au gaélique. Je suis
d'une opinion opposée. Cependant je ne trouve rien à redire à ce que
M. Ridgevvay raconte : i^ des Gaulois établis entre le Rhin et l'Océan,
p. 372, 573 ; 2° des Scordisci, des Gaulois de Thrace, de ceux d'Asie Mi-
neure, aux pages 578 et suivantes, sauf un point : M. Ridgeway prétend,
p. 373, 386, 593, que le Druidisme était une institution qui, sur le conti-
nent, entre le Rhin et l'Océan, avait précédé l'arrivée des Celtes ; or César
dit le contraire, disciplina in Britaiinia repcrta atquejude in Galliam translata
esse existimatur. Ainsi le druidisme a été trouve dans les Iles-Britanniques
par les Gaulois conquérants probablement vers le iii^ siècle avant J.-C. et
apporté par eux en Gaule.
je ne puis davantage admettre la confusion des Celtes avec les Cimbres
qui sont des Germains, comme nous l'apprennent : Jules César, De bdlogal-
lico, 1. I, c. 40, § 5 ; Pline le naturaliste, 1. IV, § 99 ; Tacite, Historiée,
1. IV, c. 73, et Gcrmania, c. 37. Cette confusion est faite par M. Ridgeway,
p. 390 et suivantes. Il ne se borne pas là. De ce que *ij.îar,a£v.o; s'est réduit
à u.îar|;ji6p'.o;, avec production d'un b, il conclut que y.'.|i.a£'p'.o;, vue siècle
avant J.-C. a dû se changer en x:;i.Cpo;, forme qui apparaît à la fin du
ije siècle avant J.-C. D'où la conséquence que les Cimbres étant Celtes,
les Cimmériens le sont aussi. Certains savants grecs ont en effet admis
l'identité des Celtes et des Cimmériens, mais de là il n'y a rien à conclure,
si ce n'est que ces savants grecs, moins bons archéologues que M. Ridgeway,
étaient de médiocres linguistes.
M. Ridgeway est professeur d'archéologie ; quand il parle d'archéologie,
il est dans son domaine. Ses comparaisons entre l'art celtique et l'art grec
sont pleines d'intérêt. Citons par exemple les boucliers ronds d'Angleterre,
d'Ecosse et d'Irlande (planches 86-91, 95, 100), qui sont rapprochés des
« boucliers ronds » ôlitJ.oi- ïj'-xj/.àoi de V Iliade.
La traduction du grec îjV.yy.Xo; par >.<. rond » n'est pas acceptée par tout le
monde ; elle paraît rejetée par M. Ebeling (Lexicon homericum, t. I, p. 500).
Elle n'est qu'à moitié acceptée par M. Buchholz (Honierische Realien, t. II,
p. 362), qui propose « rond » ou « ovale » ; mais M. W. Helbig, L'épopée
homérique, p. 403, admet la coexistence en fait du bouclier ovale et du bou-
chronique. 349
clier rond dans le monde homérique, et traduit cjV.jxXo; par ortie de cercles
ou de hvides circulaires.
Les planches du chapitre vni, affecté aux broches ou fibules, contiennent
de nombreux exemples de fibules trouvées en Grande-Bretagne, en Irlande
et en France, et par conséquent probablement celtiques.
Quant au chapitre vu « inhumation, crémation, âme », c'est un recueil
de notes fort intéressant à lire, mais il n'est pas rédigé; c'est dans le livre
de M. Ridgeway un défaut général, ici plus apparent qu'ailleurs.
Au résumé, il y a dans l'ouvrage de M. Ridgeway une grande quantité
de notions archéologiques importantes ; mais au point de vue linguistique
son travail est d'une excessive faiblesse; citons, pour finir, un exemple, c'est
une note de la page 244, où M. Ridgeway déclare que nous ignorons
quelle langue parlaient les Phéniciens, et exprime son regret qu'un grand
homme comme M. Mommsen ait cru que le phénicien était un dialecte sé-
mitique (Roemische Geschichte, 6'^ édition, 1874, t. I, p. 127 ; traduction an-
glaise, t. I, p. 136).
IV.
La Griiinn Library, publiée par la maison David Nuit de Londres, vient
de s'enrichir de deux volumes, tous deux intéressants au point de vue des
études celtiques. Le premier, le n" 12 de la collection, traite de la légende
de Lancelot du Lac; il a pour auteur M. Jessie L. Weston. Suivant
M. Jessie L. Weston, il faut dans l'étude de cette légende prendre pour
point de départ l'hvpothèse d'un lai breton, racontant le vol d'un fils de roi
par une fée qui habitait un lac ; cette légende mythique fut ensuite déve-
loppée à l'aide d'autres légendes qui originairement n'avaient aucune rela-
tion avec elle; M. Jessie L. Weston connaît les travaux des romanistes qui
se sont occupés de la légende de Lancelot et des légendes connexes :
M.VL Paulin et Gaston Paris, F. Lot. J. Loth en France, Foersteret Zimmer
en Allemagne, J. Rhys et A. Nutt en Grande-Bretagne. Son livre, peut-
être moins savant que celui de M. Ridgeway, est beaucoup mieux composé.
Le no 15 de la Giimm Library a pour objet le conte de la femme de Bath,
les sources de ce conte et les contes analogues, The IVife of Balb's Taie, its
Sources and Analogues. L'auteur du volume est un Américain, M. G. -H. May-
nadier, maître d'anglais à Harvard University. On doit à Chaucer, le cé-
lèbre poète anglais du xive siècle, une rédaction du conte dont il s'agit.
Dans ce conte, une vieille fée fort laide se fait donner un baiser par un
jeune homme et tout d'un coup se trouve transformée en une jeune et
jolie femme. D'accord avec MM. Whitley Stokes et Alfred Nutt, M. May-
nadier pense que la forme la plus ancienne de ce thème est irlandaise. Le
texte le plus vieux, où on le rencontre, est un poème en 324 vers de Cuan
^^o Chronicjuc.
hua Lothchain, mort vers l'année 1024 au plus tard '. Ce poème, qui com-
mence par les mots Temair Breg bah na fiaii « Tara dans la plaine de Breg,
demeure des héros » se trouve dans le fac similé du Livre de Leinster
publié par M. R. Atkinson, p. 35-3). La partie qui concerne la légende en
question commence à la p. 54, col. i, 1. 21. Dans ce poème le jeune
homme dont il s'agit est Niall aux neuf otages, noigiallach, plus tard roi
suprême d'Irlande, qui serait mort en l'an 405 de notre ère dans une expé-
dition en Grande-Bretagne 2. Eochaid, son père, roi suprême avant lui,
avait cinq fils, quatre mis au monde par sa femme légitime, Mongfinn, nom
qui veut dire « à la belle chevelure », tandis que le dernier, Xiall, né d'une
captive, était, par là-même, exclu de tout droit à la succession paternelle.
Niall donna un baiser à une fée vieille et hideuse que ce baiser transforma
en une jeune et charmante femme, et, grâce à ce baiser, il devint roi su-
prême d'Irlande au préjudice de ses qtiatre frères. M. Standish Hayes
O'Grady a publié et traduit une version de cette histoire en 1892 dans la
Silva Gaddica (t. I. p. 528-330 ; t. II, p. 370-573), d'après le livre de Bal-
lymote qui remonte à la fin du .xivc siècle ; et M. Whitley Stokes, en 1897,
au tome III des Irischc Texte, p. 516-525, a reproduit et mis en anglais une
histoire semblable, quoique les noms propres y soient différents, et cela
d'après un ms. de la fin du xv*^ siècle 5.
Pour l'étude des textes irlandais, M. Maynadicr a eu le concours de son
collègue, M. F.-N. Robinson, professeur à la Harvard University, Cambridge,
Massachusetts, États-Unis. M. Robinson doit publier ces textes avec tra-
duction, notes, introduction et glossaire dans un prochain volume de la
Griuim Library, éditée par la maison David Nuit, de Londres.
VI.
Le plus important, à nos yeux, des mémoires contenus dans le tome XIV
du Cymmrodor qui vient de paraître, est dû à M. Kuno Meyer. Il a pour
objet un texte irlandais que nous ont conservé deux mss. de la BibHothèque
Bodléyenne d'Oxford, cotés l'un Laud 610, l'autre Rawlinson B 502. Dans
le premier (fol. 99 i 2), le titre est: De causis torche na ii-Desi .i. acuis toirge
nan-Dèsse, fol. 99; dans le second (fol. 720 2): Tairired na n-Dessi inso,
ar achoibnejri Fotharto ; ociis balar trichj/7 Wiadan la Laigniu. Le premier
1. Annales de Tigernach, publiées par Whitley Stokes, Revue Celtique,
t. XVII, p. 564; cf. Hennessy, Anuals cf Uhter, t. I, p. 5 52-) 5 5; Chro-
iiicon Scoioruiii, p. 264-265; Aimais oj the Four Masters, éd. O'Donovan,
t. Il, p. 806-807; Anuals of Clonmacnoise, éd. Murphy, p. 175. Sur Cuan
O'Lotlichain, vovez O'Curry, On the Mauners and customs of the aucient
Jrish, t. II, p. 156-149.
2. Annales des Q.uatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. L p. 126-127.
Flaithiusai Ercud, dans le Livre de Leinster. p. 24, col. i, 1. 57-58.
3. On verra plus bas, p. 563-364, article VIII des Périodiques, quelle
est vraisemblablement la raison qui fit décerner la royauté à Niall.
Chronique. 551
titre peut être traduit par « Causes de rcxpcdition dos Dessi », le second
par: « Ici sont racontées les migrations que firent les Dessi à cause de
« leur parenté avec les Fothairt ; ils furent trente ans en Leinster. « M. Kuno
Mever donne la leçon du second manuscrit et met en note les variantes du
premier; le texte irlandais avec une traduction anglaise occupe les
pages 104-155. A la page 112, § 11, est mentionné un établissement irlan-
dais ht crich Deined, c'est-à-dire dans le pays de Galles comtés de Cardigan,
Carmarthen et Pembroke, à la page 118, § 18, apparaît du vin, fi'ii, venant
a ti'rib Gall, c'est-à-dire des terres des Gaulois ; Gaulois est le sens primitif
du mot Gcill en irlandais avant que ce terme fût employé pour désigner les
Scandinaves. Les événements racontés dans le document publié par
M. K. Meyer eurent lieu sous le règne du roi suprême d'Irlande Cormac
mac Airt. Suivant les Annales des Quatre Maîtres, Cormac aurait régné
quarante ans, de 227 à 266; à son avènement il aurait été contemporain de
l'empereur romain Alexandre Sévère ; il serait mort pendant le règne de
Gallien. C'est aussi à peu près la doctrine des Annales de Tigernach (voir
l'édition donnée par M. Wliitley Stokes, Revue Celtique, t. XVII, p. 12-20),
qui mettent l'avènement de Cormac sous le règne d'Héliogabale, prédéces-
seur d'Alexandre Sévère et qui le font régner quarante-deux ans au lieu de
quarante seulement.
Nous signalerons aussi dans ce volume (p. 86-93) un mémoire du Rév.
S. Baring Gould sur la vie d'un saint gallois appelé dans les vies latines
Kcpiiis ou Kebiits > . Suivant les Bollandistes, ce saint vivait au iv*: siècle ;
mais il faut dire vi^ siècle 2 ; le grand-père de Kepius mourut en 522 ; Kepius
alla en Irlande se placer sous la direction de saint Ende? qui vécut jusqu'en
5424; il fut contemporain de Maelgwn, roi gallois de Gwynedd, mort
en 547 s, et même il lui survécut; M. Baring Gould met la date delà
mort de saint Kepius en 554. Ce mémoire de M. Baring Gould me semble
fort bien composé, je ne reprocherai qu'une chose à l'auteur, c'est de ne
pas donner de citations précises des textes sur lesquels il s'appuie.
VII.
Là Folklore Society vient de publier un ouvrage de M. Robert Craig Mac-
lagan sur les jeux actuellement usités dans le comté d'Argyle, en Ecosse :
The Games aud Diversions of Argyleshire. Quelques uns de ces jeux remontent
à une date fort ancienne, tel, pages 24 et suivantes, un jeu de balle où la
I. Bihliotheca hagiographica latina der Bollandistes, p. 693, n"^ 4639-4641.
^2. Cf. Bibliothcca hisloiica iiieJii ctevi, t. II, p. 141 3.
5. Enna dans la vie latine de saint Kepius, publiée par Rces, Lives of tbe
Cauibro-british Saints, p. 184.
4. Bibliothica hagiogniphica latina, p. 382, no 2543 ; cf. Bibliotheca histo-
rien inedii aevi, 2^ édition, t. II, p. 1290.
5. Lives of Ihe Cambro-british saints, p. 186 ; cf. Annales Canibriae, pu-
bliées par John Williams ab Ithel, p. 4.
5 52 Chionicjuc.
balle est lancée au moyen d'un bâton appelé ciiman, une sorte de raquette
celtique; ce jeu s'appelle en Argyle citmauachd, nom dérivé de ciiman ; or,
une glose du Senchus Môr (Aucieiit Laïus and Instilutes of Ireland, t. II,
p. 147) parle des cuman dont se servait le fils du roi d'Irlande, dit qu'ils
étaient ornés de laiton, creduma, tandis que les ornements des autres cuman
étaient de cuivre, uma. La plus ancienne notation de cuman est camman :
il est question de ce bâton à lancer les balles {bent stick for hiirling suivant
O'Rcillv) dans le récit du premier des exploits de Cùchulainn enfant, Livre
de Lcinster, p. 62, col. i, 1. 46-47: gchid a-chammdn creduma, que
E. O'Curry, On ihe vtanvers, t. II, p, 559, a traduit par: He took ... his
red-honic Hurl. M. Maclagan, après avoir donné ce texte en anglais sans
renvoi à l'édition, cite, p. 37, un autre passage de la même composition
épique et reproduit ce passage d'après le Livre de Leinster, mais sans dire le
numéro de la page, qui est 63, 1. 55-45; or, dans ce passage, le mot
camman ne se trouve pas ; le texte irlandais que M. Maclagan aurait dû re-
produire est le précédent qu'il s'est borné à rendre en anglais.
La légende de Cùchulainn n'est pas la seule à laquelle nous fasse re-
monter le livre de M. Maclagan ; celle de Finn y apparaît, p. 179-180.
Le Dindsenchas publié par M. Whitley Stokes y est cité, p. 231, mais
M. Maclagan ne dit pas où l'on peut trouver le texte en question, qui a paru
dans la Revue Celtique, t. XV, p. 555. Probablement M. Maclegan dira:
M. d'Arbois est un critique désagréable, je lui ai fait perdre du temps à
chercher les textes que je cite, tant mieux, c'est ma vengeance.
VIII.
Le tome second des Études de numinastique de M. Adrien Blanclict, Paris,
Leroux et Feuardent, 1901, est un recueil d'articles insérés par l'auteur dans
diverses publications, de 1895 à 1900. Quelques-uns de ces articles ont
rapport aux études celtiques ; trois concernent des trouvailles de monnaies
gauloises : 1° à Pomarez (Landes), en 1892, p. 13-19 ; 2° dans diverses lo-
calités du Sud-Ouest de la France, 1827- 1892, p. 220-225 ; 5° à Francueil
(Indre-et-Loire), 1900, p. 229-251. Dans un autre mémoire, p. 280-282,
M. Blanchet donne la liste des travaux les plus importants dont les monnaies
celtiques ont été l'objet de 1892 à 1897. Citons aussi, p. 95-104, une étude
sur deux pièces inédites de Tetricus et de son fils.
IX.
Un Irlandais, M. T. O. Russel, voudrait vulgariser parmi ses compa-
triotes les textes moyen-irlandais que publient les linguistes et que les Ir-
landais d'aujourd'hui ne comprennent pas sans difficulté. Il a entrepris de
les traduire en irlandais moderne. Il vient de m'adresser un petit volume
où se trouve arrangé par lui le texte du Borama publié par M. Whitley
Stokes dans la Ret'ue Celtique, t. XIII, p. 56-117.
Le texte du Livre de Leinster, que M. Whitley Stokes a reproduit, débute
Clironiquf. 555
par les mots : Ard-ri rogab for Heriiin ; « Il y avait un roi suprême qui do-
« minait en Irlande » ; M. T. O'Russel écrit: Do ghabb drd righ ar Eirinn.
Citons aussi la phrase irlandaise qui veut dire « C'est ce Tuathal qui s'em-
para de l'Irlande par force. » On lit dans le Livre de Leinster: Is e in Tua-
tlxil sain rogab Herinn ar-écin ; chez M. Russel : Is è an Tuathal sin do gbabh
Etre ar éigean. Il y a là matière à une intéressante étude grammaticale.
X.
Guaire mac Colmain, dit ordinairement Guaire Aidnc, fut roi de Con-
naught au vii« siècle. Il avait un frère nommé Marban qui s'était fait moine.
Marban, servant de conseiller à Guaire, lui indiqua le moyen de se débar-
rasseï de la légendaire « lourde compagnie », Iroinddm, dont l'histoire est
une sorte de préface au Tdin hô Ctiaihtgi'. M. Kuno Meyer vient de faire
paraître une jolie brochure de 30 pages - contenant trois poèmes dont le
premier est une conversation entre Marban et Guaire Aidne ; elle était iné-
dite, et M. K. Meyer l'a publiée d'après un ms. du xvi^ siècle conservé au
Musée Britannique où il est coté Harleian 5280; M. K. Meyer accompagne
d'une traduction et d'un glossaire la reproduction du texte irlandais.
Le second poème, dont M. Meyer donne, avec le texte irlandais, une tra-
duction, est une invitation à la libéralité ; ce serait probablement du haut
du paradis que saint Columba, mort en 597 5, l'aurait adressée à Guaire, qui
mourut soixante-cinq ans plus tard ; cette pièce provient d'un ms. de la
Bibliothèque bodleyenne d'Oxford où il est coté Laud 615.
M. K. Mever termine par un quatrain qui, suivant le glossaire de
Cormac, aurait été composé pour plaindre Guaire ou Laidgen. On trouve ce
quatrain dans la copie du glossaire de Cormac conservée par le Livre jaune
de Lecan, ms. du xiv« siècle, appartenant à la bibliothèque du collège de
la Trinité de Dublin, p. 259, col. 2, 1. 24-25, de la photogravure publiée
sous la direction de M. R. Atkinson en 1896 ; dans cette copie le titre est:
oc-cainiiid Guaire no Laidgen \ « Pour plainte sur Guaire ou Laidgen ».
Le te.\te irlandais du quatrain et de son titre a été publié très exactement
d'après ce manuscrit par M. 'Whitley Stokes en 1868 dans sa traduction du
glossaire de Cormac, p. 26. M. Kuno Meyer a trouvé dans le ms. H. 3. 18
du Collège de la Trinité de Dublin, p. 64 c et 633, deux copies du même
quatrain, et dans ces deux copies le nom de Guaire a disparu du titre. Ces
deux copies sont du wi'^ siècle, je ne vois pas pourquoi les préférer à
celle du Livre Jaune de Lecan, \i\^ siècle ; il est fort possible que le qua-
train soit un fragment d'une complainte sur la mort de Guaire, 662 4, au-
1. 'Voir à ce sujet H. Zimmer dans la Revue de Kuhn, t. XX'VIII,
p. 426-439.
2. King and Hermit, librairie David Nutt à Londres.
3. Bibliotheca hagiographica latina, t. I, p. 284.
4. Annales des Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 270-271 :
Annales de Tigernach dans Revue Celtique, t. X'VII, p. 197.
^S4 Chronique.
quel était associe par une raison quelconque le nom du lépreux Laidgen,
qui peut fort bien avoir survécu à Guairc et n'être pas identique à saint
Laidhgen macBaoith, mort le 12 janvier 660 ', deux ans avant Guaire.
XI.
Le second volume (première partie) de la métrique galloise de M. J. Loth
vient de paraître à la librairie Fontemoing, rue Le Goff, à Paris. Il forme le
tome X du Cours de littérature celtique. Il est divisé en deux livres, traitant
le premier des laisses et des strophes, le second de la cyiighanedd. Un compte
rendu spécial sera consacré à cette importante publication.
XII.
Li Realencyclopaedie fiir prolestaiitische Théologie uiid Kirche, publiée sous
la direction du docteur J. J. Herzog, a eu deux éditions complètes; la troi-
sième paraît en ce moment et atteint la lettre K. Les trois éditions ont
chacune un article consacré à l'église d'Irlande. Dans la première édition,
t. III (1855), l'article est intitulé Culdeer et occupe six pages, de 196 à 202 ;
il a pour auteur M. Schoell, et comme il est antérieur à l'ouvrage de
Haddan and Stubbs, Councils and ecclesiastical Documents relating to Great
Britain and Ireland, 1869-1878, il est forcément très arriéré. Cet article a
été refondu par son auteur, en 1881, dans le tome VIII, p. 554-355, de la
seconde édition de la Realencyclopaedie précitée, et là le titre de Keltische
Kirche remplace celui de Culdeer donné dans la première édition. Keltische
Kirche est aussi le titre de l'article inséré dans la troisième édition, t. X
(1901), p. 204-243. Cet article a été composé par M. H. Zimmer, le sa-
vant professeur de Grcifswald. Voici ses divisions : 1° sources, 2° commen-
cement du christianisme en Grande-Bretagne, 3° introduction du christia-
nisme en Irlande, 4° l'église celtique du vi^ au viii« siècle dans le Pays de
Galles, 50 l'église celtique du vi^ au viii= siècle en Irlande et dans le nord
de la Grande-Bretagne, 6° assimilation de l'église celtique à l'église romaine
dans le Pa\'s de Galles, 7° le même phénomène en Irlande, 8° conclusion
sur les différences entre l'église celtique et l'église romaine.
Le relevé des sources à consulter me paraît fort bien fait et le reste du
travail atteste une connaissance approfondie du sujet. Il n'y a que quelques
détails à critiquer. En voici un. Au § 3, M. Zimmer veut prouver qu'avant
l'apostolat de saint Patrice il y avait des chrétiens en Irlande. C'est une
démonstration qui a été faite en 185 1 - par O'Donovan dans sa préface aux
1. Annales des Quatre Maîtres, t. L p. 272-275 ; cf. Annales de Tiger-
nach éditées par Whitlev Stokes dans /?t'i'«t' Celtique, t. XVII, p. 196; voir
aussi Caleudar of Oengus, p. xxxiv; Martyrology of Donegal, p. 1 5 ; Marty-
rology of Gonuan, p. 14.
2. C'est la date de l'exemplaire que je possède. L'édition de 1856 que je
vois souvent citer est-elle autre chose que la même édition avec un titre
nouveau? C'est ce que je n'ai pu vérifier.
Chronique. ;; ^ ç
Annales des Quatre Maîtres, p. l, li. M. Zimmcr prétend apporter d'autres
preuves, il les trouve, p. 210, dans cinq vies de saints, d'où il résulterait
que l'Irlande méridionale était chrétienne avant l'arrivée de saint Patrice,
452. Les pieux personnages dont ces vies racontent l'histoire sont, dit
M. Zimmer, des contemporains de saint Patrice, ils étaient indépendants de
lui, et ils ont chacun, dans la partie de l'Irlande méridionale qu'ils habi-
taient, converti les habitants au christianisme. Mais de ces saints, un seul
semble avoir vécu cornme saint Patrice au v= siècle, c'est saint Kiaran,
évêque de Saigir, aujourd'hui Scirkieran dans le Kingscounty, royaume
de Leinster ' ; encore faudrait-il le rejeter au vi^ siècle, si l'on admettait
son identité soit avec le Ciaranus, soit avec le Ceranus du deuxième ordre
des saints d'Irlande, 532-5982. Trois autres paraissent n'avoir existé qu'au
vie siècle, ce sont saint Declan ?, saint Ailbe4, saint IbarS. Enfin, il en est
un qu'on place au vie-vii= siècle 6 ou au vi^ siècle finissant 7, c'est saint
Abban, le saint Albanus des Fitcc sanctoruin Hiherniae ex codice Sahiianticensi.
M. Zimmer a donc tort de citer les vies de saint Declan, de saint Ailbe,
de saint Ibar et de saint Abban, comme preuves de l'existence du christia-
nisme dans l'Irlande méridionale avant saint Patrice, parce que Declan fut
évêque d'Ardmore dans le comté de Waterford 8, saint Ailbe, évêque
d'Emly, comté de Tipperary 9, et que ces localités sont situées dans le
Munster, parce qu'enfin saint Kieran, saint Ibar et saint Abban appar-
tiennent au Leinster.
La plus grande partie du 5 5 est consacrée à la vie de saint Patrice.
J'admets comme M. Zimmer, p. 217, que Cothraige, un des noms de saint
Patrice, fut au commencement du v^ siècle la prononciation irlandaise du
\:xl\n Pafriciiis. Mais M. Zimmer ajoute à cette doctrine celle-ci, p. 216-218:
1. Bibliotheca hagiographica laliita, p. 695 ; BihJiotheca bistorica iiiedii acvi,
2e édition, p. 1244, 141 3.
2. Haddan and Stubbs, Coinicils and ecclesiasticaî Documents relut i}ig to
Great Britain and Ireland, t. II, partie II, p. 293.
^ Bibliotheca hagiographica latiiia, p. 349; Bibliotheca bistorica mediiaevi,
t. II, p. 1265. M. Zimmer a publié, Glossae Jjiberniccc, p. 283, un fragment
d'une vie de saint Declan d'après Ushcr. Ce fragment est le point de départ
de la thèse de M. Zimmer : il fait d'Ailbe et de Declan des contemporains
de saint Patrice; il n'a donc aucune valeur historique.
4. Bibliotheca hagiographica latina, p. 23 ; Bibliotheca bistorica medii aevi,
t. II, p. 1146. Sur la date de la mort de saint Ailbe, 526 ou 541, voir An-
nales des Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, t. I, p. 182-183, ^o^s c.
Le Cbronicon Scotoruin donne la date de 531; voir l'édition de Hennessy,
p. 44-4)- Or M. Zimmer date de 459 la mort de saint Patrice ; cette mort
aurait donc eu lieu au moins soixante-sept ans avant celle de saint Ailbe.
5. Bibliotheca bistorica wcdii aevi, t. II, p. 1586.
6. Bibliotheca hagiographica latina, p. i.
7. Bibliotheca bistorica medii aevi, p. 1131.
8. Harris, The works of James Ware, Dublin, 1739, t. I, p. 548.
9. Harris, ibidem, p. 491 .
556 Chronique.
c'est que PaUadius, dérivé du nom de Pallas, déesse de la guerre, est la
traduction latine de Siical « bon guerrier », nom breton de Patrice, et que
par conséquent Patrice est identique au Palladius sacré évéque à Rome par
le pape Célestin I", 422-432. Cette dernière thèse est en contradiction
avec la vie de Patrice par Muirchu Maccu Machteni, suivant laquelle Pa-
trice, parti de Grande-Bretagne avec l'intention d'aller visiter le siège apos-
tolique, s'arrêta près de l'évèque saint Germain d'Auxerre, n'alla pas plus
loin et fut sacré évêque par un certain Amaihorex après la mort de Palla-
dius '. Mgr Duchesne, Bulletin critique, n° du i^r août 1888, rejette comme
apocryphe ce que racontent des voyages de saint Patrice sur le continent,
non seulement Tirechan, qui le fait aller jusqu'en Italie, mais même Muirchu
qui l'arrête à Auxerre. Il croit que ces voyages dont la Coiifessio ne dit mot
ont été inventés au vii= siècle.
Je ne puis, faute de place et de temps, entrer ici dans plus de détails sur
ce mémoire de M. Zimmer, un des meilleurs travaux dont l'histoire la plus
ancienne de l'église chrétienne dans les Iles-Britanniques ait été l'objet
jusqu'ici, mais le savant auteur ne me semble pas donner sur tous les
points la solution définitive des questions qu'il a traitées.
XIII.
Nous avons eu le regret d'apprendre, fin d'avril dernier, la mort de
l'évèque d'Oxford, William Stubhs, auteur, en collaboration avec Arthur
West Haddan, du bel ouvrage intitulé: Councils and ecclesiastical documents
relating to Great Britain and Ireland, recueil où sont réunis la plupart des
te.xtes qui peuvent servir de base à une étude sur l'histoire de l'église cel-
tique en Grande-Bretagne et en Irlande, si nous laissons de côté les mar-
tyrologes et les documents liturgiques,
XIV.
On annonce la publication prochaine d'importants textes gallois, les uns
en photogravure, les autres imprimés en caractères. Par exemple on don-
nerait en photogravure le plus ancien manuscrit des lois galloises, on im-
primerait en caractères le Livre noir de Carmarthen, un dictionnaire du
vieux et du moderne gallois, etc., etc.
XV.
Le savant professeur de Dublin, M. R. Atkinson, a été récemment élu
I. Withley Stokes, The tripartite Life, p. 270, 272, 496; Hogan, Docu-
menta de sanctù Palricio, p. 23-25; Anakcta Bollandiana, t. I, p. 552-553.
A ces textes, M. Zimmer oppose un passage de Tirechan, The tripartite Life,
p. 302 ; Hogan, p. 58; Analecta Bollandiana, t. Il, P- 36.
Chroniijuc. 3^7
président do rAcadcniic royale d'Irlande. Il travaille toujours au diction-
naire irlandais qu'il nous fait depuis si longtemps espérer.
XVI.
M. O Schrador vient de faire paraître à la librairie Trûbner, de Stras-
bourg, le second volume de son savant Reallexicoit der hnlogeriiianischen Al-
terttinskiiiidt', dont nous avons annoncé le premier volume dans notre li-
vraison de janvier dernier, p. 155-156. Je regrette que cet ouvrage n'ait
pas été disposé par ordre de matières. Les recherches y seraient, pour moi
du moins, plus fltciles. Un index aurait rendu tous les services que l'on peut
attendre de l'ordre alphabétique. Dernièrement je m'occupais de l'usage
indo-européen de tuer les vieillards ; c'est un article de VAthetiaeiiiii du
8 juin dernier, p. 718, qui m'a appris que cette question était traitée par
M. Schrader sous la rubrique Alte Lente. J'aurais dû le deviner, dira-t-on;
mais je pensais à vieillard, Greis, à grand-père, Gross-vater, à meurtre.
Mord, Toedtuug, et je ne trouvais rien. Cette mésaventure ne m'empêcliera
pas de recommander cet ouvrage aux lecteurs de la Revue Celtique.
XVII.
Quelques-uns des admirateurs de l'éminent savant italien, M. Graziadio
Ascoli, viennent de publier en son honneur un recueil de mélanges qui a
paru à Turin chez Hcrmann Loescher. Je l'ai appris par deux tirages à part
dont je vais dire un mot. Si j'avais été prévenu plus tôt, c'est-à-dire quand
ce recueil de mélanges était à l'état de projet, je me serais fait un devoir
d'y collaborer; car M. Ascoli n'a pas de plus grand admirateur que moi.
Le i" des tirages à part dont je veux parler a pour auteur M. Victor
Henry, l'auteur du Lexique étymologique du breton moderne qui a paru l'année
dernière à Rennes chez Plihon et Hervée, l'auteur aussi de plusieurs autres
ouvrages qui attestent une connaissance approfondie de la grammaire indo-
européenne. Le sujet est une étude étymologique de vingt-six mots bretons,
peut-être ceux du vocabulaire qui présentent le plus de difficulté. Les solu-
tions offertes par le savant professeur seront-elles toutes considérées comme
définitives ? Je n'oserais l'affirmer. En tout cas, M. Henry a eu raison de
les proposer ; elles serviront de point de départ à une discussion future,
s'il y a lieu.
Le second des tirages à part que je dois signaler à l'attention des lecteurs
de la Revue Celtique est un mémoire de M. R. Thurneysen sur les adverbes
irlandais en -id, -ith, qui suivant lui ne peuvent guère offrir un exemple du
mode de formation qu'on a cru jusqu'ici remarquer dans le mot [ipaxooo;
connu depuis longtemps grâce à une inscription de Nimes (Whitley Stokes,
Celtic Decknsion, p. 52; Corpus inscriplionuin latinarwn, t. XII, p. 585).
Dans jjpaTO'joc, ùi serait une préposition postposée. Sur le sens de ce mot
identique au latin merito, voyez Planta, Grammatik der oskisch-unibrischen
Dialecte, t. I, p. 505. Cf. Revue Celtique, t. IX, p. 195, t. XI, p. 251.
Revue Celtique, XXU. 24
5^8 Chioiuijiie.
XVIII.
Le libraire de Bologne, Nicolas Zanardelli, me prie d'annoncer la publi-
cation prochaine de la troisième partie des Apputiti Lessicali e Toponomaslici
par le professeur Tito Zanardelli. Ce travail traitera de l'élément -bo-, -ba
dans les noms de lieu de la Ligurie et de la relation de ces noms avec la
question ibérique.
XIX.
Le 3 juillet présent mois, en séance de V Archaeological Institute, M. Bur-
ncll Lewis a lu une notice sur les antiquités du musée de Toulouse et no-
tamment sur la plus ancienne inscription lapidaire romaine qui ait été si-
gnalée jusqu'ici en Gaule. Elle date de Tannée 47 avant J.-C, c'est le
n° 5388, p. 628, du Corpus inscriplionum latinarum, tome XIL
XX.
Notre jeune collaborateur, le D»" américain A. C. L. Brown, dont on a
lu un savant article plus haut, p. 339-544, a eu cette année une bourse de
voyage accordée par la Harvard Univcrsity; il a passé une partie de son
temps à Paris fréquentant les cours de l'Université, du Collège de France et
de l'École des Hautes Études ; il retournera en septembre aux États-Unis;
il sera suppléant à l'Université de Wisconsin où il professera l'anglo-saxon
et le moyen-anglais. Nous espérons que son enseignement lui laissera
quelques loisirs et qu'il les consacrera aux études celtiques où ses débuts
font également honneur à lui et à son maître, M. Robinson.
Paris, le 13 juillet 1901.
H. d'Arbois de Jdbainville.
POSTSCRIPTUM.
Au moment de donner le bon à tirer de cette livraison, je lis dans
VAtheiiaeum le compte rendu d'une visite faite au valhun Hadriani le
22 juillet de la présente année par les membres de la Brilish archaeological
Association. La liste des camps établis pour la défense de ce rempart romain
et l'indication des garnisons qui les occupaient sont données dans la A't»-
titia dignitatum qui date des environs de l'année 410 ', c'est-à-dire qui est
contemporaine de l'abandon définitif de la Grande-Bretagne par les
armées romaines.
I. Teuffel-Schwabe, Gcschichte der rèmischcn Literatur, 5c édition, p. 1 165.
Chronique. 359
Ces camps étaient au nombre de vingt-trois, situés le premier à partir de
l'est A Se^tuiiitiiim, aujourd'hui Cousin's House en Northumberland 1, le
dernier à l'ouest à Virosiduui, aujourd'hui Ellenborough, Old Carlisle, dans
le Cumberland 2. La partie la mieux conservée du rempart est située,
paraît-il, entre le sixième et le huitième camp à partir de Srrediinitm, c'est-
à-dire entre Ciliinium, aujourd'hui Wahvick en Chesters, et Borcovicus,
aujourd'hui Housesteads, tous deux en Northumberland >. Le mur du
valltini parait avoir eu environ vingt pieds anglais, soit environ six mètres
de haut. De mille en mille romain se trouvait une redoute, les camps
étaient plus espacés. Le congrès archéologique visita d'abord celui de Bor-
covicus ; il a une contenance d'environ cinq acres, soit deux hectares. De
l'examen des constructions, il résulte que ce camp a été détruit et rebâti
deux fois. C'est un quadrilatère avec une porte centrale sur chaque face et
une tour à chacun des quatre angles. La garnison consistait en une cohorte
de Titngri, c'est-à-dire en fantassins gaulois, tandis qu'A Cihtrmim il y
avait un escadron ala de cavalerie ibérique, des Astures. Le camp de Ci-
liirniim est un peu plus grand que celui de Borcovicus, il a une dizaine
d'ares de plus, et sur chaque face du quadrilatère, on voit les restes de
deux tours, une de chaque côté de la porte centrale outre les tours des
angles. Dans l'intérieur des deux camps on retrouve les fondations des édi-
fices, casernes, arsenal, prétoire ; on peut montrer l'emplacement du
forutn. Toutes les constructions ont été élevées sous la direction d'ingénieurs
romains, mais évidemment par des ouvriers du pays, et une partie des gar-
nisons établies dans les camps du vallinn étaient gauloises ou brittoniques,
c'était à Pons Aelii une cohorte de Carnovii ; à Vindolana la cohorte qua-
trième des Gain, à Glannibanta la cohorte première des Morini, à Aliona la
cohorte troisième des Nervii, à Virosidmn la cohorte sixième des Nervii.
Quant aux noms des camps, ils sont la plupart d'origine celtique.
Le lendemain 25, le congrès visita Holy Island sur la côte du Northum-
berland. C'est là qu'en 655 l'irlandais saint Aidan vint s'établir et fonder
une abbaye (Bède, livre III, chap. 5); mais de cette abbaye il ne reste au-
cune ruine ; les plus anciennes constructions qu'on trouve à Holy Island
ne sont pas antérieures à l'époque normande.
H. d'Arbois de Jubainville,
1. Pétrie et Thomas Duffus Hardy, Moninncula historien hritannica,
p. CXLIV.
2. Ibidem, p. CXLV.
5. Ibidem, p. cxL, cxxxix; A. Holder, AUceltischer Sprachschat^, t. I,
col. 1015, 489, qui écrit Borcovicium.
PÉRIODIQUES
SOMMAIRE: I. The Journal of the royal Society of Antiquaries of Ireland. — II.
Zeitschrift fiir vergleichende Sprachforschung. — 111. Annales de Bretagne. —
IV. Revue des études anciennes. — V. Revue épigraphique. — VI. Beitraege zur
Kunde der indogermanischen Sprachen. — VII. Journal of american Philology. —
VIII. Archaeologia Cambrensis. — IX. The Gael. — X. Celtia. — XI. Revue ar-
chéologique. — XII. Archiv fur schweizische Altertumskunde. — XIII. Archeologo
portuges. — XIV. Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et
scientifiques.
I.
The Journal oi- the royal Society oi- Axtiq.uakies of Irel.wd,
vol. XXXI, partie 2. — Les deux plus intéressants articles de cette livraison
me semblent être : 1° celui de M. Patrick J. O'Rcilly sur les leac ou stèles
funéraires et les croix monumentales du comté de Dublin, baroniede Rath-
down ; 2° la notice de M. J. Rhys sur l'inscription ogamique de Tullaghane,
comté de Mayo, en Connaught. M. Rhys lit q.veg.\i maqi n.\nim...h, ou
Q.NEGNI M.\ai en ne présentant le reste de la lecture que comme une hvpo-
thèse. La livraison se termine par le rapport sur une excursion faite à
Glenn-da-lough, comté de Wicklow en Leinster, cù exista jadis une abbaye
dont le fondateur, saint Kevin, Coentgiii, Caoinihghin, mourut, suivant les
Annales des Quatre Maîtres, en 617 '. Glen-da-Iough fut le siège d'un
évèché réuni à celui de Dublin en 12142. Ce rapport est orné de gravures
qui représentent des ruines d'édifices en pierre, probablement fort anciens,
mais parmi ces ruines a-t-on réellement la maison qu'habita saint Kevin ?
Je ne connais pas assez l'arcliéologie irlandaise pour me prononcer sur ce
point.
IL
Zeitschriet eùr vergleichende Spracueorschcng auf de.m Gebiete
1. Cf. Annales deTigcrnach, éditées parWhitley Stokes, Revue Celtique,
t. XVII, p. 175.
2. Sur l'évêché de Glenndalough, voir The ivorks 0/ James U'aie, édition
Harris. t. I, p. 571-378.
PérioJii]ues. j6i
DER indogermanischun: Sprachen, begrcndet von a. Kuhn", herausge-
GEBEN' VON E. KcHN UND J. ScHMiDT. — L'uttontion des ccltistes mérite
surtout d'être attirée par deux articles, l'un de M. Zupitza, l'autre de
M. Thurneysen. M. Zupitza explique par la substitution de la sourde à la
sonore aspirée: !<> le latin habeo pour *ghabco, d'une racine ghabh, identique
à celle de l'irlandais gahiin « je prends », 2° le latin capio, en gothique
hafjaii « élever », p. 387; comparez le latin caper, le grec zânooç, le français
cimre, à l'irlandais gabor, en gallois gcifr, en breton gaiir, gaoïir, même
sens. L'auteur étudie, p. 392, le traitement de la sourde initiale dans les
langues néo-celtiques. P. 404, M. Zupitza recherche l'origine du datif sin-
gulier irlandais aiunuiiii: « au nom » et il explique \'mi)i final par un n pri-
mitif assimilé à Vin antécédent.
M. Thurneysen, p. 423, 424, pense que le / final de la troisième per-
sonne du pluriel en irlandais peut avoir été final en celtique primitif, et
conmie preuve il allègue le nominatif accusatif pluriel irlandais dct « les
dents », qui suivant lui n'aurait pas eu de voyelle finale, ce qui ne me pa-
raît nullement prouvé (voyez Brugmann, Grundriss, t. II, p. 687-688),
mais est simplement possible. M. Thurneysen termine par une étude sur la
préposition irlandaise hi = "Jet-os, lequel *lct-os aurait une variante Ict-s,
avec forme réduite -s- du suffise -os, dont tout le monde connaît la va-
riante -es-.
III.
.Annales de Bretagne, t. XVI, no 3. — Notes de phonétique bretonne
dialectale par M. J. Vendryès. L'auteur établit qu'à l'ouest de Quimpcr
c'hiu = su se prononce / dans certains mots, c'ho dans d'autres. Suivant
M. Vendryès, le son c'ho se produit quand la voyelle suivante est sombre
(a, 0), / quand la voyelle est claire (e, /); c'hoar « sœur » = *s!iesor, semble
en contradiction avec cette loi, mais c'est de la voyelle moderne a dans
c'hoar que M. Vendryès veut parler.
Il constate en outre à Douarnenez une tendance à faciliter la pronon-
ciation du c'h final, quand une consonne le précède immédiatement: entre
/ et c'h on intercale une voyelle hystérogène a; r suivi de c'h disparaît; à
Lannion l'a hystérogène s'intercale dans les deux cas, c'est-à-dire après r,
comme après /.
Enfin le groupe dl devient gl à Douarnenez.
M. F. Vallée publie une chanson bretonne inédite.
Nous trouvons après cela trois articles :
1° Suite des étymologies bretonnes proposées par M. E. Ernault:
2° Un conte irlandais recueilli par M. Douglas Hyde tt traduit par
M G. Dottin; la sorcellerie y joue un rôle considérable ;
50 Chansons bretonnes recueillies et traduites par M. Francès.
N° 4. — Recueil par M. F. Duine de documents liturgiques sur saint
Turiaw, évêque-abbc de Dol. Ce saint est celui dont Albert le Grand « La
« vie, gestes, mort et miracles des saints de Bretagne Armorique », pre-
Revue Celtique, XXII. 24.
962 Périodiques.
niière édition, p. 199-205, a publié une vie légendaire. Dans le texte,
Albert le Grand l'appelle Thuriau ; A cette orthographe il substitue l'ortho-
graphe défectueuse Thurian dans le titre de la vie et dans le titre courant.
Tluiriavus est la notation: du bréviaire de saint Malo, 1537; du bréviaire
de Dol, 1519, 1770; T»;7a/;»5 apparaît en 1487 dans le missel de Paris. —
Conte irlandais de Caoilte aux longs pieds, recueilli par M. Douglas Hyde
et traduit par M. G. Dottin. 11 ne faut pas confondre ce Caoilte avec celui
de VAgaUamh na Senorach. — Suite des savantes notes d'ét}'mologic bre-
tonne ducs à la plume ingénieuse de M. Emile Krnault.
IV.
Revue des études an'cienxes, t. III, n" 2, avril-juin 1901, p. 131 et
suivantes. — Critique par M. JuUian des textes grecs et latins relatifs à la
reddition de Vercingétorix après la capitulation d'Alise. J'ai étudié le
même sujet dans un livre qui esl en ce moment sous presse et je suis arrivé
sur la plupart des points au même résultat que M. JuUian.
Souvenirs par le même M. Jullian d'un voyage à Alise. Il insiste sur
Timportance religieuse que cette ville aurait conservée à l'époque romaine.
Revue épigr.\phiq.ue, fondée par Auguste Allmer, continuée par le capi-
taine Espérandieu, avril-mai-juin 1891. — Dédicace deae te.musioni
trouvée à Saint-Marcel-lez-Chalon (Saône-et-Loire).
VI.
Beitr.^egezur Kunde derindoger.m.wischex SPR.\cHEX,herausgegeben
von Dr. Ad. Bezzenberger und Dr. W. Prellvvitz, t. XXVI, 3^ cahier,
p. 231. — Note de M. Max Xicdermann sur le nom de l'index. En grec
ce nom est À'./avo; « celui qui lèche », dérivé de la forme réduite de la
racine du verbe Iv./tn « je lèche ». Pourquoi? Le breton l'explique:
l'index s'appelle en breton bi^ ar iod « doigt de la bouillie » ; c'est le doigt
avec lequel les gens économes prennent dans l'assiette ou l'écuelle le reste
de la bouillie, tandis que les prodigues le laissent perdre ; l'homme d'ordre
fait avec ce doigt l'opération que les chiens, êtres intelligents, exécutent
avec la langue.
VII.
JouRK.\L OF .\.MERiCAN Philologv, t. XXI, deuxième livraison, p. 188
et suivantes. — Mémoire de M. Otto B. Schuilter intitulé : Some ccllic
traces in the olosses. Celle de ces traces qui paraît la plus certaine est orge,
glosant occije; orge est la seconde personne du singulier de l'impératif du
verbe irlandais orgiiii « je tue ».
Périodiques. 36 J
VIII.
Archaeologia Cambrensis, 6= série, vol. I, partie 2, avril 1901. —
Étude archéologique, par M. Harold Hugues, sur Ynys Seiriol, petite île
située au Sud-Est de l'ile dWnglesey, et où, dès le vue siècle de notre ère,
un ét.iblissement ecclésiastique paraît avoir existé. — Comparaison entre
les institutions galloises et celles de l'Inde par le Révérend G. Hartwell
Jones. La plupart des institutions communes à l'Inde et au pays de Galles
sont indo-européennes. L'auteur pose avec raison en principe cet axiome
que le droit de la mère, uititterrecht, était étranger aux Indo-Européens ;
mais il admet que ce droit existait chez les Pietés; je ne considère pas cette
doctrine comme établie, quoique Bède en ait pu dire et malgré l'opinion
conforme de M. Schrader, Rcallexicon, p. 565-566, où l'on trouve reproduit
sur ce point la doctrine émise par M. H. Zimmer en 1894, Zcitschrijl der
Savigny-Stiftuiig fur Rechlsgeschichtc , tome XV, p. 209-240'.
En Irlande, la royauté était élective et non héréditaire dans le sens où
nous l'entendons. L'absence de l'hérédité telle que nous la concevons est
une conséquence du principe posé dans le SencJms Môr (Ancient Laïus of
Irelaud, t. II, p. 278): le chef de la famille est le plus digne suivant le juge-
ment des gens, iar n-duinib. C'est la loi observée en Irlande pour le choix
du roi suprême 2. C'est le principe du droit germanique: rcges ex nobilitale,
duces ex virtiite sumunt (Tacite, Geniiania, c. 7.
Voici d'après les Annales des Quatre Maîtres l'ordre de succession des
rois suprêmes d'Irlande pendant deux siècles.
Eochaid Muigmedoin, 358-365 après J.-C, avait cinq fils, aucun ne lui
succéda immédiatement. Son successeur immédiat, Crimthan, était son
beau-frère et appartenait à une autre famille. Le successeur de Crimthan
fut un des cinq lilsd'Eochaid Muigmedoin, celui qui avait le moins de droit
héréditaire, le fils d'une concubine, à l'exclusion des quatre enfants légi-
times, Niall Xoigiallach, qui régna de 579 à 405. Celui-ci laissa au moins
quatre fils et il eut pour successeur son neveu Dathi, fils de son frère
Fiachra. Dathi étant mort en 428, ce ne fut pas son fils qui lui succéda, ce
fut le cousin germain de Dathi, ce fut Loegaire, fils de Niall Noigiallach,
et au décès de Loegaire en 458, ce fut le fils de Dathi, OilioU Molt qu'on
éleva à la royauté. A la mort d'Oilioll Molt, ce fut Lugaid, fils de Loegaire,
qui devint roi, 479. Le successeur de Lugaid fut son cousin Muircertach,
dont le père Muiredach était fils d'Eogan, fils lui-même de Niall. Muircer-
tach étant mort en 527, ses deux fils, Domnall et Fcrgus, ne lui succé-
dèrent pas immédiatement. La royauté fut décernée successivement à deux
autres descendants par les mâles de Niall Noigiallach: Tuathal Maelgarb et
1. Cf. Revue Celtique, t. XVI, p. 118- 120.
2. Cf. sur ce sujet: Mémoire sur la Tanistry par M. Paul Viollet, p. 6.
Ce travail a paru dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions et Belles-
Lettres, t. XXXII, 2c partie.
364
Périodiques.
Diarmait, tous deux arrière-petits-fils de Niall ; ils étaient à la troisième géné-
ration; Domnall et Fergus, fils de Muircertach, qui étaient à la quatrième
génération après Niall, ne parvinrent à la royauté qu'après Diarmaiten jjg.
Les neveux par sœur prennent place dans la famille maternelle en droit
irlandais dès le vue siècle, seulement ils ne transmettent pas à leurs
enfants l'héritage maternel ' .
Au viiie siècle il v a de Bède un texte fameux, 1. I, c. i : Clinique tixores
Picli non habentes pelèrent a Scollis, ea soliim conditione dare consenserunt, iit,
tihi res perveniret in duhitim, viagis de feminea regiini prasapia quant de vias-
ciilina regem sibi eligerent, qtiod usqiie hodie apud Piclos constat esse observalinn-.
Ce texte est le résultat d'une interprétation erronée d'un usage picte qui
était de choisir pour roi le fils d'une sœur du roi défunt, quand on avait
dans ce neveu du mort plus de confiance que dans les fils du prince dont
le règne venait de prendre fin. Il était au moins aussi naturel de prendre
le fils d'une sœur en Ecosse qu'un beau-frère comme Crimthan en Irlande.
Voici l'arbre généalogique qui explique ce que nous venons de dire au
sujet des rois d'Irlande :
I" Eccbaid Muigmedoin,
3J8-36J.
I
3° Niall Noigiallach,
379-4^5 ;
Fiachra.
I
4" Dathi,
405-428.
459-479-
I III,
Cairbre. Eogan. 5" Lo.g^/re, Conall Crimthan. ^„ ^J^^^,^^^,^
I I 428-458. I
Cormach Caech. Muiredach. | Fergus Cerrbéoil.
I I f Lugaid, I
<)" Tuathal Maelgarb, S'^ Muircertach, 479-JO3. 10° Diarmait,
528-538. $04-527. 539-548.
1 1" Domnall
et Fergus,
559-561.
Nous avons puisé ces indications dans les Annales des Quatre Maîtres,
édition O'Donovan, 1851, t. I, p. 124-203. La femme légitime d'Eochaid
Muigmedoin s'appelait Mongfinn; elle était fille de Fidach et sœur de
Crimthan qui succéda à Eochaid Muigmedoin, son beau-frère, et qui, dans
la liste généalogique et royale ci-dessus, porterait le no 2, entre £oc/a7/i^
Muigmedoin et Kiall Xoi^iallach.
1. Cours de littérature celtique, t. VII, p. 354-3 5) ; t. VIIL p. 11 3-1 16,
194-195.
2. Deuxième édition d'Alfred Holder, p. 7.
Périodujues.
365
IX.
TiiA Gael, mai 1901, annonce, p. 155, que le gouvernement anglais a
le projet de publier tout ce qu'il y a d'intéressant parmi les mss. des Fran-
ciscains de Dublin et que le professeur F.-N. Robinson, de Harvard-Univer-
sity, a fait à l'Université de Washington les 15, 16, 17 et 18 avril, quatre
leçons: i" sur les études celtiques, 2° sur le druidisme et la religion des
anciens Celtes, 5° sur le cyle de Cûchulainn, 4° sur le cycle d'Ossian. A
Dublin (p. 65) le livre d'Arniagh est en partie imprimé, l'impression du
quatrième volume des Annales d'Ulster est terminée.
The Gael, juin, donne, p. 179, l'état suivant des personnes qui parlent
irlandais en Irlande :
Antrim.
Armagh.
Carlow.
Cavan.
Clare. .
Cork. .
Donegal.
Down.
Dublin.
Fermanag
Gal\va\'
Kerry. .
Kildare.
Kilkenny.
King's Countv
Lcitrim. .
Limerick. .
Londonderry
Longford..
Louth.. .
Mavo. .
Meâth.. .
Monaghan.
Qucen's Cou
Roscommon.
Sligo. . .
lippcrarv.
Tyrone. .
Waterford.
Westrr.eath.
We.xford. .
Wicklow. .
ity
PARLENT
PARLENT
SEULEMENT IRLANDAIS
ANGLAIS ET IRLANDAIS
»
I 523
2
5484
»
123
2
3408
900
45978
2275
117 447
7073
35 000
»
878
»
3472
»
561
17736 •
107 929
4481
69 701
»
381
»
3 933
»
324
23
5 599
17
17045
S
2718
»
252
5
2671
4234
106 131
»
I 492
»
2847
3
187
21
II 864
147
21 189
68
12244
7
6680
I 321
36158
»
358
»
320
»
176
TOTAI 38 191
Total général: 679 145
640953
3 66 Périodiques.
X.
Celtia, mai 1901, public, p. 68 70, une traduction anglaise de l'article
de M. J. Lotli sur la rime interne dans la versification celtique. Cet article a
paru dans la Kei'iie Celtique, n" de janvier dernier. On trouve plus bas dans
Celtia, p. 71-74, la suite du dictionnaire alphabétique anglais-irlandais-
gaélique-d'Ecosse-mannois-gallois-breton rédigé par M. F. Vallée; elle
commence au mot advice et finit au mot Oi^e. Arrive plus loin, p. 76-177,
la continuation du dictionnaire méthodique gallois-breton du même auteur.
XI.
Revue arciiéologiq.ue, n" de mars-avril 1901, y série, t. XXXIII. —
P. 253: nom d'homme Bitus Biti dans une inscription de Prahovo en
Serbie; p. 325 : nom d'homme Mucco dans une inscription de Kostolac ;
p. 531: nom âi\\om\i\Q Carantius Tic[ineiisis?], Donico Viromanduus dans
une inscription d'Adam-Klissi en Roumanie, où apparaissent aussi divers
noms de peuples de Gaule Be[lhvacus], Tun[gcr], Lexovius, sans nom
d'homme lisible et un nom d'homme Romain Cresccus avec la mention
d'une origine gAuXo'xsQ Senn[onicus]. Ces inscriptions font partie de la Revue
des publications épigraphiques publiée par M. Cagnat dans la Rexiie archéo-
logique.
XII.
Anzeiger fur schweizerische Altertl'.mskunde, Indicateur d'antiquités
suisses, herausgegeben von schweizerischen Landesmuseum. Neue Folge.
Band III, i90i,no i, p. 15-30. — Rapport par M. A. Naef sur le cimetière
gallo-helvète(?) de Vévey, extraits du journal des fouilles, février-avril 1 898.
Les morts avaient été placés dans des cercueils de bois dont la trace per-
siste sous forme de poussière noire. Parmi ces morts un portait au bras
trois bracelets, deux de verre, un de bronze. Une femme avait une ceinture
de bronze.
XIII.
Archeologo Portugcès, vol. V et VI. — Inscriptions latines de l'époque
romaine recueillies par le savant portugais M. J. Leite de Vasconcellos, tout
récemment nommé docteur de l'Université de Paris. Parmi ces inscriptions
nous en signalerons quelques-unes qui sont inédites et où l'on peut relever
des noms d'hommes celtiques : Titus Carro ou Carr?« ; cf. Holder, All-
celtischer Sprachschati, t. I, col. 809, 816; Calaito, datif de Calaitus, cf.
Calaetus, Holder, ibid., col. 687 ; Madicencs, écrit par erreur Madiceavus
dans le Corpus inscript iomim latinarutu, t. II, no 2869, cf. Holder, ihid., où
est proposée la correction Madigenus dont Madiccnus est une variante.
Pénodiqnes. ^67
XIV.
Bulletin archéologicl'je du Comiti- des Travaux historiq.ues et
SCIEXTIFIQ.UES, année I901, première livraison. — Rapport de M. Gauckler
sur des inscriptions romaines récemment découvertes en Tunisie. On peut
signaler comme probablement gaulois le nom de femme Volceia dans une
inscription funéraire, p. 145, et le lieu d'origine duno d'un soldat,
p. 154.
Paris, le 17 juillet looi .
H. d'Arbois de Jubainville.
Le Propriétaire-Gérant : Veuve E. Bouillon.
Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert.
ÉTUDES BRETONNES
XII.
SUR Ll- COMPARATIF
I. Il }• a en breton trois sortes de comparatifs de supério-
rité : ceux qui sont formés par périphrase; les simples en -oc'h,
et ceux qui n'ont pas cette terminaison.
2. — La première classe comprend surtout: en trécorois
muioc'b ou iiiuor'h hrâs, plus grand, iiiiiioc'h ou niiior'h fur, plus
sage, plus sagement, etc. ; et dans le sous-dialccte vannetais
de la presqu'île du Croisic (environs de Batz, Loire-Infé-
rieure), u£htivc'h a hrht, plus leste, ncbtroc'h a hreonl , plus
promptement, etc., cf. mon Etude sur le dialecte ... de Bat~,
37, 38.
Mu(i)oc'h hrâs revient au moyen breton ]iiuy dieu (Le Mys-
tère de 5'' Barbe, 674), mais ce dernier a le sens d'un super-
latif : « très certainement ». Le P. Grégoire de Rostrenen
rend, dans son dictionnaire, « plus il est savant, plus il est
modeste » par seul vuy ma ct^ eo abyl, seul vuy e::^ eo modest ; c'est
un gallicisme, son autre traduction, sul vraç:^oc'h ... su l vrac -oc' h
(plus grande est sa science, etc.) est plus conforme à l'usage,
cf. Glossaire uwy. bret., i'' éd., 624.
Troude, Dictionn. franc. -bret., p. 695, G^)(), a des phrases
sur le premier modèle: seul vui e^onip bet reu^eudik ..., seul
vui a :ie e ve:(iuip euru:;^, « plus nous aurons » (littéralement
avons) « été malheureux ..., plus nous serons heureux », etc.
Il donne aussi avec le superlatit: seul abreta ma troer aini douar,
Revue Celli(jue, X.KII. 25
370 E. Ernaiilt.
seul viii a :^c e toiigo d'c-Jjoc'h « plus on retournera la terre de
bonne heure et plus elle rapportera », ce qu'il signale comme
trécorois. Ce texte est évidemment un remaniement des
deux vers du poème vannetais Livr cl labourer de l'abbé Guil-
lome (V^mnes, 1849), p. 18: Sel ahrctau iii'e)i Irocr, en doar
:iOH ainuroh, Sel mui vie hué! en heol, sel vuii é toiii![ou d'oh ;
l'auteur a traduit : « plus tôt on la tourne, plus la terre est
friable, plus longtemps elle est exposée aux raN'ons du soleil,
plus elle vous rapportera ».
Voici d'autres exemples des emplois de ^(7 en van. : sel mid
via hreskc ..., sel viui c tiskoé, plus il croissait, plus il montrait,
abbé Buléon, Hisîoér sanlél , 1896, p. 90; sel iinii via hovi-
preiié ..., chifein e hré ..., sel î^iiéh via kavé, à mesure qu'il
comprenait, il s'affligeait; toutes les fois qu'il trouvait, 31;
sêl-giiéb vie, toutes les fois que, Livr hugalé Mari, 14; hou
iriihé dohevih e gresq Sel-viui via la devib bout ingrat, votre mi-
séricorde envers nous s'accroît en raison de notre ingratitude,
Choccs, 1835, p. -170; sel-viui ma cârér, viui é venncr cârein,
plus on aime, plus on veut aimer; sel-uuii ma cârér, ..., mui é
cresq Er gloër, plus on aime ..., plus grandit la gloire, 185 ;
sel mui a guéris a ::aibrou sel qucnioh eiiou ïah, tant plus il man-
gera de cerises, tant plus tôt il sera guéri; sel bihannan e lis-
couan me c'haranle en e gueiier sel brassoh é, tant moins je tais
voir d'amitié pour lui tant plus je l'aime, Châlons vis, v. iant\
cêl-viui cœll-gùadl (.<■ tant-plus tant-mieux » l'A.; sel splannoh
ma ta en dé, sel shieroh é huélamb en duadur, ou sel viui ma ta
en dé de splannein, skiéroh skier é huélamb en duadur, plus le
jour devient brillant, plus nous voyons clairement les taches,
abbé Le Bayon, Grammaire, 59. Voir § 8, 27.
3. Mu(i)oc'h et uchtroc'h ont la terminaison du comparatif,
nous verrons plus loin pourquoi. Troude dit, p. 694, que
« lorsque le comparatif est peu ou pas usité ou malsonnant à
l'oreille », on peut l'éviter par des tournures comme celles-ci:
(il sera vendu) deux fois plus cher que l'or, daou c'hemeni he
boue::^ a aour (= le double de son poids d'or) ; kalounek enn tu
ail d'he vreiir, ou dreist he vrcur, = courageux au delà de, au-
dessus de son frère ; paour enn ho kever-choui = pauvre à côté
de vous. Ce sont là des questions de style plutôt que de gram-
Études bretonnes. ^71
maire ; il n'en huidiMit rien conclure contre l'extension consi-
dérable du sulîixe -('(■'/;.
4. — \'oici un passage où sont mêlées les deux premières
catégories de comparatifs bretons: (/// avcl evidoc'h Mu'giicl din
so doiiocaplocl), litt. « le vent pour vous plus qu'à moi est plus
redoutable », P.-D. de Goësbriand, Fables choisies de La Fon-
taine traduites en vers bretons, Morlaix, 1836, p. 8. Ceci rap-
pelle en latin favorabiliores poiiiis (Gains), etc.
5. — En étudiant la terminaison du comparatit breton dans
sa Zeitschrift fi'ir ceJlische Philoloi^ie, III, 137, M. Stern a cité
pour la langue moderne piuvidikoc'h, plus riche, d'après ma
Petite Grammaire, et poin^ le moyen breton pcnhuihoh, d'après
mon Glossaire, p. 492. Mais cette dernière forme n'est pas
donnée là comme ancienne : la référence L. el I. 26 renvoie à
un texte vannetais, le Livr cl labourer, comme l'explique la
note 2 de la p. 7.
Dans cet instructif article, l'auteur s'est attaché à montrer
que la terminaison du comparatif en gallois a été -ach avant
d'être -hacb, et que cette dernière forme est due à l'inHuence
du superlatif-/;^?/ : cf. v. gall. ^uobriach, plus grave, à côté du
v. gall. ou V. comique hinhaiii, le plus vieux. La même alté-
ration a eu lieu en comique (où les deux degrés de compa-
raison se sont d'ailleurs presque confondus), et en breton : piu-
vidikoc'h, peuhuihoh, en regard du gall. pcndcvif^ach. La question
mérite d'être examinée de plus près, en ce qui concerne l'ar-
moricain.
Le dialecte de Vannes emploie, comme les autres, des for-
mes comparatives qui supposent -hoc'h et non -oc'h; telles
sont: rokoh, cité Gloss., 578, propossoh, 515, volauléussoh, 741,
spisoh, G^i, fouaploh, 241, dissafarroh, 184. Il écrit même par-
fois cet /;- après une voyelle: didruéhoh, plus impitoyable,
Grammaire de Guillome, 1836, p. 24; duhoh et duoh, plus
noir, Gram. de Le Bayon, 1896, p. .|. Le doublement des li-
quides est indiqué par Guillome: cruelloh, plus cruel, /rt/Zo/;,
pire; il n'est pas constant: digoroh, Gloss., 168; havaloh,
plus semblable, l'A., v. vermicelli, etc. De même dans les
autres dialectes: xv!!"' siècle, faciloc'h, 231, et même projiia-
bloc'h, 515 (à côté de convenaploc'h, 118, et des exemples plus
572 E. Eniault.
rcccnts, ccy:;j^oc''h, 634, dou~^::pc'h, 194, etc.); trcc. hitanuoc'J),
plus prompt, hacrvoc'h, plus beau, bueUoc'h, plus haut, Gram.
de Hingant, 147; cacroc'h, uheloc'h, Gram. de Grcg., 51 ; di-
gorroc'h, (se montrer de façon) plus claire, plus visible, adreus-
soc'h, plus obliquement, Fauch-Co:^, 16, etc.
Quant au moyen bret., il avait commencé à dire -hoc'h, mais
il s'en faut que ce fût la prononciation unique, ou même do-
minante. JVn trouve trois exemples dans le Dictionnaire élynio-
loi^iqiic qui suit mon édition du mystère de S"" Barbe : hrassoch,
iicssoch, pclhocb (à côté de pelloch) ; et trois dans le Gloss. : apro-
phetoch, hihannoch, galloudusscc (sic). Un seul est tout à fait
concluant, c'est aprophciocb, plus approuvé, cf. van. supportclob,
plus supporté (« plus toléré »), TA., v. outrer, sametlob, plus
chargé, § 31, tréc. avauseloc'b, plus avancé, Histoariou, 1857,
p. 3, etc. Mais il y a un cas directement contraire: largocb,
dans deux textes différents. Deux laissent la question indé-
cise : /^rwor/; (Dicl.), btibasquocb (Gloss.). Tous les autres
sont en faveur de -ocb: abilocb, isclocb et iseloiicb, vbelocb, vue-
locb, querocb, scJaerocb (Dicl.), fiirocb, necesscroucb (Gloss.),
tomocb, bibanocb, huanocb, neue:^xb (Dict.), goa:^ocb (Gloss.),
boneslocb (Dict.). Le choi.x entre les variantes bibanocb et bi-
bannocb, pelbocb a pe II ocb est, en partie, une question d'ortho-
graphe : on trouve au superlatif benbaff, Hcunaff et beuajf ;
guellbaf, guelbajf Qigiicllaff ; miiybajf ci uiuyaff,crcffbajj, cre^ajj
et creaf, etc. Voici les superlatifs connus des mots cités : abil-
baff, -illaff, -Haff, bibanbaf, -annaf, -anaff ; brasbaff, -ssajf ;
furbaff, fitraff; galloudussaff; goa:{baff, goa~aff; babasquaff ;
bonestaf; iselbaff ; ncssajf ; neite::^aff; qiierbaff, queraff; sclerbaff;
toinaff; iibelbaff, vbclaff; e:;i'iielbiiff. Cette hésitation se montre
par ailleurs pour les mômes finales : criielbalf, dijficilaff, facil-
bafu, falbaf, (baelaf), principalafu ; ca:{rajf, bacraf, ponnerbaff,
paoïtrbaf et paouraf, piirbaf; dinbaff, Jiiiaff, letntaff', laoïieubaf ;
prinibaff; dynoasbaf, eiirussaff, foniissaf, graciussaf, jocusaff cl
joyeussaff, iolisbaff, liessafii, spessaff; diue~bûfii et diiie~aff; les
autres cas sont : garubaff, scafjbaf, propic-aff . Le / reste tou-
jours: r^/A'/^/^, Z/c^^^zm///^, iietaf, secrctajj ; plaesantaff, prudantaff,
qiientaff; tnistaff, prestaff. Le c peut se redoubler : beccaf, buecaf;
bl devient/)/ .• bnniplaff, orriplajf.
Etiuics bretonnes. ^57^
On voit que, dans le nombre bien plus considérable des su-
perhuits du nioy. brct., il n'y en a pas un qui ait gardé ou
repris la consonne douce, comme dans lartyocb, de A//y, lare,
large, loin'; et qu'un seul comparatif présente la notation
-hoch, dans des conditions où l'on peut d'ailleurs regarder 1'/;
comme un simple emprunt graphique à la terminaison -hajj.
Il y a donc tout lieu de supposer que la torme traditionnelle
du comparatif était bien -ocJ), et que apropheloth représente une
innovation analogique.
Ceci semble confirmé par le v. breton entera foh, gl. inop-
portunius, Rev. Cclt., IV, 338.
6. En regard du gall. -ach, comique -a, -e, le moy. bret. a
donc -oeh, avec deux exemples de -oiieh, et un de -ee. La gram-
maire du P. Grégoire donne, p. 51, une variante moderne
-ach: « Dans la Basse Cornoùaille, c'est-à-dire, depuis Châ-
teau-Neuf jusqu'à Penmarh; Audierne, et Camaret, les com-
paratifs sont plus ordinairement en -ac'h, comme chez les
Gallois; ainsi ils disent : hraç:;^ac'h, biban\a\c'h ; caërac'h, vilac'h;
isélac'h, uhclac'h, etc. ».
M. Stern rapproche, p. 156, 157, le comparatif gallois des
noms dérivés en -ach, qui expriment généralement une
nuance de mépris : dynionach, gens misérables; ce serait une
formation -a-cc-, voisine de -â-c- (gall. -awc, bret. -eue, -ec)
et de -i-c- (lat. aiidax, loqiiax, à côté de civiciis, mordicus et
mord ex).
Je ne crois pas qu'on puisse appuyer ceci de la forme, sans
doute fautive, _tTrt//c)//(///jj-(r; mais l'alternance de Va avec c (et
oh) recevrait ainsi une explication plausible. Cf. les adjectifs
bretons en -oc'h, -ouc'h et -ek comme gauloc'h et gaolek, qui a
de grandes jambes, GIoss., 99, à côté de -ac'h, -ec'h dans gau-
nac'l), gâiuicc'h, stérile, 255, van. gannéh, gannéheenii, vache qui
passe un an sans porter et qui donne du lait, l'A. Le gall. ga-
flach, enfourchure et javelotj est "regardé par M. Rhys comme
I. Le mot doit venir du franc, largue, cf. larguer. Littré remarque que
ce n'étaient pas, au xvi^ siècle, des termes exclusivement marins, et au
Siippliiiieiit, il restitue, d'après le v. franc, lars, large, un masculin *larc.
On lit dans Godefroy larguesche, largeur, largueche, libéralité.
574 ^- f-"^"'J"''^
d' ovii;\nv i^AÙliquv (iv\. j^abhlach, cornu, }ioiiuu, fourchu), Goi-
delic luords in brylhonic, 280, 281.
Cf. encore moy. brct. cukchcn, orme, mod. evlec'ljcn, iilo-
c'hcn, Gr., guc:^ni ciijhch, Nomcncl., 107, qui s'expliquerait
bien par « arbre J'ormaie », avec la même terminaison collec-
tive que le gall. afallach, verger, pommeraie ; Grég. donne
evlec'h et uloc'h, ormes; Roussel vis « cvlac'h, ciivlac'h, ormeau,
arbre » ; D. le Pelletier : « Evlac'h, Eiulac'b et Ewclcch, que
l'on prononce en quelques cantons Eoiilach, Ormeau, arbre.
M. Roussel m'a appris que l'on dit, en son pays de Haut-Léon,
EovJcc'h... Le pluriel est inconnu, et en sa place on dit Ar-
-ive\ evlacb ». Mi lin ins a cette note : « on dit cnvlcac'h, cnvlech
en h. Léon ».
7. Les comparatifs gallois de substantifs, comme Ucssacb,
meilleur, de //«, avantage (Stern, 156) ont des parallèles en
bret., cf. Gloss., 420; kirichoch, plus cause, plus coupable, 557;
Troude, v. dcii\ pet. tréc. otrooc'b, plus monsieur, mieux ha-
billé; et dans bien d'autres langues : grec y.îpo'.cv, plus utile, de
y.içilz:, gain, voirBréal, Mémoires de la Société de Linguistique,
IX, 36, 37; Y.Ti-.zpz'), plus chien, plus cynique; basque hideago,
(ce chemin est) plus chemin, meilleur, etc.
8. D'autres formations curieuses, particulières au breton,
et sans doute récentes, sont : kouhoc'h ha nw, qui vaut mieux
que moi, à cause de quencouls, aussi bien, Gloss., 535; siil
lua ..., snloc'h siiloc'h e dcuc ..., plus ..., plus il enfonçait,
624, au lieu de seul vui, sulvu, sûl mu, d'autant plus, ou seul
doiiinrh, d'autant plus profondément; estroc'h evid-ouu, d'autres
que moi (font cela) ; (il sera puni) plus que moi, Troude, à
côté de estr e^ed-oun, plus que moi, ibid., eslrevit-oun, cstre-
gued-on, « autre, ou autres que moi » Grég., van. estroh, da-
vantage, plus, Châl., estroh aveid ur gouli, plus d'une plaie,
Choces, 68, eistroh eid un arall caret, (qu'est ton bien-aimé)
plus qu'un autre, Celtic Hexapla, V, 9, dialecte de Batz, uch-
troc'h a lecht , plus leste, uchtroc'h degn u, homme plus fort que,
uchtrom muit a, bien plus de, du v. franc, estre, outre, en plus
de; contre (son gré); en dehors de, excepté, hormis. Istre se
trouve encore en bret. avec son sens primitif de préposition :
« outre, en plus de », Gloss., 223. Il est assez probable que estr
Etudes bretonnes. 575
t'get est dû à un mélange Je cstr, cslir, avec cstivc'h cgct ; cette
locution elle-même a été suggérée par la synonymie de estr et
mui ou mu'wc'h egct, etc.
M. Loth a tiré <'5//- d'un celtique *c.x-lr-, Mois lai., 124,
sans donner d'exemple exact du même fait phonétique, que
rendent fort suspect ici les formes galloises cithr, en outre,
cithaf, extrême. Le Lexique de M. Henry donne la même ex-
plication pour estr, estré, et l'appuie de la comparaison de
entré; mais celui-ci n'a point d'équivalent *ehtr, parallèle à
estr; tandis que la variation estr, estré, se justifie par le v. franc.
estre:ci. r/wi-, chiens, et cbasé, chasse, etc., Rev. Cell., VIII,
526; IX, 379.
9. Le cornouaillais teiiskoc'h, « de médiocre qualité, parlant
des personnes », Trd., paraît être pour *toueskoc'h, de é iouësq,
en van. parmi, Rev. Celt., XIX, 200. Pour le sens, cf. tud
heiitré, les petits, Gloss., 212, de eùlredaoït, médiocre, médio-
crement, Gr., littéralement « entre (les) deux ».
10. Très peu d'adjectifs et d'adverbes, sauf ceux de ces der-
niers qui ont la terminaison -iiiaiil, ou en van. -malt, Gloss.,
395 {ci. ai'isélt-)iia!t, judicieusement, à côté de ai'i\élt iiiatt,
judicieux, TA.), sont privés de comparâtes en -oc'h. On peut
citer nieur, grand, malgré une indication contraire du P. Gré-
goire, cf. Gloss., 411; meurbel, hais, elei~, van. iiierbet, kals,
eleih, beaucoup.
11. — Les formes originairement divergentes ont même
été ramenées au type commun par l'addition de -(h)oc'b, soit
au positif: van. ww/o/;, meilleur, droucoh, plus mauvais, falloh,
pire, Guillome, trécorois luatoe'h, droukoc'h, falloc'h (Le Fèvre
donne niadtoh, falloh, Hingant niâtoc'h); soit à l'ancien compa-
ratif: van. gùel, meilleur, gouèh, pire, ibid., tréc. givelloc'h,
gwasoc'h.
Cette tendance remonte au moy. bret., qui avait goa:(et
goa^och, pire, nés et nessoch, plus prés; on ne trouve qu'à
l'époque suivante giuelloc'b, meilleur, miiioc'h, plus, keiitoc'h,
plus tôt. Le gall. a de même giuell et giuellach, gwaeth et giuae-
ihach, iniuy et miuyach, cynt et cyntach.
12. — Le breton moderne ne sent plus l'idée du comparatif
dans ;/c';; : ty nés, ty laust, maison prochaine, va c'har nés, mon
576 E. Ernanlt.
proche parent, va rc ncs, van. me rc ncs, me -mi iiès, mes
proches, nesoc'h, (il m'est) plus proche; adv. e:;^ nés, é nés, nés,
proche, près (la maison, la ville), Gr. Je crois encore qu'il
tant ajouter l'expression a ;/t''^ qemeh--::e, a ne:^, a-nî\, sans cela,
à moins de cela, autrement, Gr., rm*- ma, à moins que,
Gloss., 444, gall. nés, jusqu'à ce que (cf. en petit Tréguier
belek na réfel ket, pourvu que vous ne fassiez pas, de hetek,
jusqu'à). On peut rapprocher, par exemple, -car m\ nierveil,
sur le point de mourir, Gr., de ane:^ mervel, à moins de mou-
rir, sans mourir, tant qu'on ne meurt pas. M. Henry tire an-é:^
de an- privatif, dérivation en elle-même peu probable.
Il y a donc une différence appréciable entre les expressions
de forme identique sellil otrou pegen nes-kar, voyez, monsieur,
. quel proche parent! Coll. Penguern, I, 114, et 0 pegen giua:;^
« oh! quel malheur! », 0 pegen gwell, « oh ! quel bonheur! »
Sonion Breii-I:^'l, I, 50, 52 (tant pis, tant mieux), celles-ci
suivies des réponses giva^ a-bed, giuell a-bed, pas du tout ! (tra-
duit « malheur aucun », w bonheur aucun », litt. « aucun
pis », « aucun mieux », d. jame~ebeJ, jamais de la vie, Mém.
Soc. ling., X, 330.
13. Même effacement de l'idée comparative dans le bret.
mod. ken goa~, si mauvais, kerkehl, xrcc. keukent , aussitôt, et
peut-être dans kellie:;^, aussi nombreux, moy. quenJies, qnen
lieux, Gloss., 275, 276. Le simple kent signifie a plus tôt »,
comme gzuell, meilleur ; lies n'avait, dès l'époque du moy.
bret., d'autre sens que « plusieurs, beaucoup », et « sou-
vent ».
14. Ouent était aussi en moy. bret. une préposition : qncnt
dispartiaf, avant de partir, quent e^ flachiff, avant que je bouge,
quent ma ho prcnas, avant qu'il les rachetât. De même en bret.
moderne. Je ne sais s'il faut voir un gallicisme dans le bas van.
kentoc'lj de lahein, avant de tuer, Bar~a:;^ Brei:^, 342 ; on dit
d'ordinaire quent eit merhuel, avant de mourir, Cbows, 100, et
kent meriiel, Buléon, Hist., 144; quênt ma oemb, avant que
nous fussions, Gner:^enneu Gui Home, ^^, quent hum::jscoei, avant
qu'il se montre, Celt. He.x., IX, 6, quênt n'hum :^iscoei, II, 17.
15. Le bret. mov. a is tomp, au-dessous de nous, is, au-
dessous de, sous, mod. a js, js deomp, au-dessous de nous.
pjiidts bretonnes. 377
plus bas que nous, a js ho hcid, au-dessous de vos pieds, Gr.,
is, plus bas que, dans les noms de lieu, Auii. de Brcl., XV,
395, is ar paik, 401, est le comparatif gall. is.
Dans le sens contraire, on trouve en moy. bret.: a v:^ ma
pcnn, au-dessus de ma tète; auclj iiii prni, au-dessus du pré;
en bret. mod. ii~d(i, il nsl da, a ciicb dii, au-dessus de, hiist,
en haut, Gloss., 731 ; a //^, « au dessus, par dessus », Gr.
Cette alternance des sons 5 et c'h est expliquée à tort par la
phonétique, Dict. ct\in. v. crisajf, 11 bel ; Gloss., 6^6; elle est
due à l'influence de is : cf. a /<- hac a js, « au dessus de vôtre
tète, et au dessous de vos pieds », Gr. (comique a itch, gall.
ncb, au-dessus de, uch, plus haut). Une analogie du même
genre a donné en van. ihitcl, haut, pour hJjcI, d'après /-c/, bas ;
et, inversement, en irl. icJjlar, partie inférieure, d'après
l'tachUu, partie supérieure {Urkcll. Sprachscb., 33).
16. Un autre mélange dont témoignent les Koiickvi, est
celui de a uch, a ii~, avec le v. bret. diiirth, qui eut dû devenir
en moy. bret. *diour~, pour lequel ontvoiwc diou:^, dio:^, dioiicb,
diocb. Il devait y avoir, du reste, un composé bret. *tt di-ncb,
répondant au moy. gall. 0 dyuchtaiu, au-dessus de lui {Dict.
ctxin., V. dioii:0. Dans le nom de champ dyeucb an cors, en 1450
(Loth, Chirsloiiiatbic bret., 202), nous avons, je crois, un com-
posé de (//- avec aiicb, qui est du même temps (Jbid., 236);
sur le changement à.\i en e devant //, cf. Rcv. Ce! t., XVI, 230,
231. *Di-a-ucb, au-dessus, est formé comme moy. bret. dia-
dreff, par derrière, diaraiic, a diaraoc, d'avance, devant, a dia-
i^ueiif, auparavant, a diapar-, en dedans, diapell, a diabell, de
loin ; mod. diaveas, en dehors.
La seconde syllabe de aioii:^ oiiip, au-dessus de nous, NI 89,
rime en 11, ce qui n'arrive jamais à diou:^, on::^. Sans être né-
cessaire, une semblable rime est fort probable dans la locution
pléonastique a dioitch a vuhel, 430 (a ::^iiic'b a iic'IkI). La
strophe 62 contient a dioii:;^ et a dyoïi:;^, hors de la rime (eno, a
dyoïi^ e peu, il faut corriger en 0 peu, leur tête, cf. en bro a dyoucb
ho peu, 147). La langue moderne a a ■^^ioc'h, « au dessus, par
dessus », a:Qoch ho peu, au-dessus de votre tête, a ::^ioc'h, hac a
js, par-dessus et par-dessous, Gr.
17. Le moy. bret. trecb, vainqueur (jnir, de), mod. Ircc'Jj,
578 E. Krnault.
trcac'h, victorieux, supérieur, ((/</, à), est aussi un ancien com-
paratif, =:gall. tirch, supérieur; cf. Henry, v. trcach, 2.
18. Le Lexique voit dans iaoïiber, adj. puîné, cadet, moy.
bret. yoiiaer, jouvenceau, un dérivé du radical *yuv-, de
iaoïiahk, jeune. D. Le Pelletier avait décomposé iaouer, iaiier,
« cadet, dernier de tous les fils ; le plus jeune des garçons qui
doivent avoir part à l'héritage », en iau = gall. iaii, plus
jeune, et ber, héritier; ce que je crois exact. Il avait tort seu-
lement de regarder la variante iaoiïacr, iaoiiaher, qu'il déclare
meilleure, comme contenant \\\\ superlatif * iaoïia : cf. moy.
bret. aer, bear, héritier ; peiiiier, fils unique ; qtiet aere^, cohé-
ritiers; Pel. donne les pluriels iaoiïere! Qiiaoi'terien, en ajoutant
qu'ils sont peu en usage; Grég. a yaoiïaër, pi. \eu, cadet,
^mnc\yaonaër, ^\.cd,yen, juveigneur ; vmwrt^iT, pi. <•</, jeune
héritier. La conservation de la diphtongue peut paraître sur-
prenante, cf. peiiii-hear, peun-lker, penn-ccr, pi. peniuered, seul
héritier, Gr. ; mais elle a dû être favorisée par le mot qui ex-
prime l'idée corrélative, heuaour, pi. yen, aîné, Gr., cf.
Gloss., 317. Nesaoïir, nesaer, voisin, pi. yen Gr. semble une
imitation de ces mots plutôt qu'un dérivé direct du moy. br.
nessiil, approcher.
M. Loth, Chreslonitilhie Brel., 142, voit aussi le gall. iaii
dans iaonher, et propose, avec doute, de rapprocher les noms
du V. bret. comme loii-inonoc. Cf. sanscr. yavi\as, etc. ;
Sommer, /(7i,^ Forseh., XI, 76, 77, 239.
19. On pourrait aussi expliquer par un correspondant armo-
ricain du gall. byn, plus vieux (v. irl. siniii, sinu, de * sen-yôs,
Sommer, 220, 222, 223), plutôt que de /;/;/, température,
quelques-uns au moins des noms comme Hin-inoi, Cbrest.,
137 (j=z ]}\n, )nîi'y, plus vieux, plus grand ?).
20. En regard du gall. lltii, moindre, moins, lleiaf, le plus petit,
on trouve en v. bret. lei dans nabiilei, néanmoins, et leibaw,
Cbrest., 144; ci. v. irl. laii^iii, hïign, hif^n, moindre. Sommer,
220, 222, lat. levior, grec èXâ-stov, etc.; au positif v. bret. lav,
gl. vilem, moy. bret. Jau, mauvais, Rev. Celt., VIII, 505.
Le V. bret. devait avoir aussi *hoi = gall. hwy, plus long,
à côté du superlatif boiani = bnyaf, Cbrest., 138; Rev. Celt.,
XV, 94.
fHiuics breton lies. 379
21. Un indice permet de croire que déjà en v. brct. Ici a\m
pour s\nonvme le niotqui est i\cxcnuiielk'nloc'h, cf. Glos^., 440.
« Plus, ou moins », est rendu par Grég. : niuy, pc vihanoc'b;
muy, pcvihafmoc'h ; et par l'A., iiiiii pc bibannoh. Déjà en moy.
bret. bihanuoch voulait dire « moins », cf. Gloss., 67 ; le dial.
de Batz dit bicnoc'h , do hcitr bicnoc'h iir c'hart, deux heures
moins un quart ; a viciioc'h Icc, à moins que.
Pour a Ni plus, ni moins », Grég. donne, s. v. plus: (Nci
niiix, iiii) bihaiioc'h; iictbciiloc'h ; iiicas ; nues ; iiiciil ; qct ; et s.
V. moins: (Ka iiiiiy na) nues; mens; iicitbciid ; qcn ; qél ; \i\n.
(na mit\' na) qin ; bihannoc'h. Le rapprochement des deux pas-
sages montre que tous ces mots ne sont pas nécessairement
des équivalents de « moins », ni des comparatifs : ncubciid
veut dire peu; cf. miii cvit 'bihan, plus que moins, Trd. 695 ;
meut, proprement « quantité », peut signifier « beaucoup », et
être extrait de ke-mcnt, autant (avec influence du franc, maint?).
Qcn, qin, veut dire « (ne) plus » ; qcl, « pas », ou « rien ».
Quant à mas, incas, on pourrait se demander si ce n'est pas,
comme qèn, qin, un synonyme de niu\, plus, = nioy. bret.
mas, cf. franc. « je n'en puis mais »; voir Gloss., 396; Ar-
chiv fïtr celt. Lcxikographic, II, 620. Une autre explication
d'après le franc, moins, mains, d'où van. ne pu ne moins,
pourtant, Châl. ms, et qui est devenu mes dans le bret. de
Batz, à mes ke, à moins que, au moins que, (pour que du
moins), est également plausible {Rev. Celt-., XVI, 234).
Peut-être »rt mai na * mé(ii)s{i\u fr. mains) a-t-il donné la va-
riante meas sous l'influence de * macs, *meas, plus, moy. bret.
mas. Pour l'obscurcissement du sens d'un second mot, dans
des locutions composées de ce genre, on peut comparer /av/zc///
ha kcr bihan, tant et si bien, litt. (c si grandement et si peti-
t(ement) » ; et le franc, peu ou pron, où ce dernier mot est
souvent senti comme renchérissant sur le premier, et signifiant
pas du tout : « Il est bien évident que les troupes formant la
ligne de feu coopèrent à l'assaut en même temps que les
troupes dites de choc qui jusque-là ont peu ou prou tiré »,
Gênerai XXX dans V Avenir de la Vienne, des 8, 9 février 1897,
col. 2 ; « comme le garçon, qui a un emploi rémunérateur...
ne voudrait pas d'une bonne fille qui n'a que sa bonté, son
380 E. Ernaiilt.
intelligence ci s.i beauté, on se marie peu ou prou », P. Mou-
lin, Le joiinidl lie rOiicsl, 10 mars 1896, col. 2 ; « nous ne
tenons pas un cabinet de consultations juridiques, mais un ...
modeste bureau de rensei<^nements courants qui n'a d'autre
prétention que de savoir à ]ieu près ce que tout le monde est
censé connaître, de l'apprendre à ceux qui ne le savent que
peu ou prou... » Jean sans Terre, dans le Pelit Journal du
2 janvier 1895, col. 2; « on y voit [à l'Académie française]
des savants, des avocats, des évèques, des diplomates, des
ducs, des princes, qui n'écrivent que peu ou prou; c'est ce
qui en tait le charme », id., ibid., 5 janvier 1893, col. i ; « la
route — était hier dans un état déplorable Cet état de
choses est bien plus préjudiciable au cycliste qu'au cavalier, à
la vitesse duquel la boue nuit peu ou prou », PelU Parisien,
8 novembre 1893, P- 3> ^^^- 5-
22. Le (vanç. plus, vulgairement /j/zj^ a passé en van. dans
ne pu tie moins, pourtant, Châl. nis; dial. de Batx <].àns pulo,
plus tôt, Rev. Ceil., III, 231, et pu-tart, plus tard.
23. Le bret. niui, nui, mi, plus (dans hemiken, seulement)
peut en van. se combiner avec eit, que, cî. Etude, 9, ce qui
donne mut ; mudocJ}, plus que vous, Chàl. ms. Cf. comique
moys kyns, plus qu'avant.
Voici un passage qui présente une combinaison semblable:
Heinb laret nitra d'é tuèrent, D'évani, d'é dad na d'é iondred Ker
lul.kin nieil d'é vorébet ; traduit : « sans prévenir sa flimille ; sans
prévenir ni son père ni sa mère, ni ses oncles ni ses tantes »,
Bulk' bur/:udus sant Julian, Légende de saint Julien, texte po-
pulaire publié par J.-M. Cadic, Revue de Bretagne, de Vendée et
d'Anjou, août 1898, p. 140. On attendrait ker bihanha, « aussi
peu que », non plus que; mais il s'est fait une combinaison
de cette expression avec son équivalent /;//// ('//, plus que, ni
non plus, ce qui a donné ker biljan ///' eit.
24. Le que après un comparatif se rend en léon. par eget,
en tréc. evit, en van. eit, aveit ; on trouve aussi quelquetois
I.m, hag, ac {Gloss., 309), ou absence de conjonction, devant
la négation; cf. Gloss., 437.
25. Les comparatifs en -oc'h n'ont de dérivés que les dimi-
nutifs comme neubeuloc'bik, un peu moins, Gloss., 440, i:;eloc'hik
Pjudcs bretonnes. ?8i
(et i-i'liLw'Ii), un peu plus bas, etc. ; les autres peuvent en avoir
davantage: léon. i^^iiellihil, tréc. i^wclhil, devenir ou rendre
meilleur (on ne dit iiuiUit que dans tnarc'ha-iiuildt , devenir bon
marché); i,^:f(/.w/7, empirer (i//t)//^v//, devenir mauvais, méchant,
faillit, devenir faible); Ircc'Jn, vaincre, etc. Je ne connais de
diminutif, pour ces derniers, que le pet. tréc. ïi'i'li'i/, à peu
près, de * (a) lucUic, sorte d'abréviation hypocoristique de
weU'Was, en moyenne, litt. « mieux (ou) pire », comme en
Lit. plus minus, cf. franc, hoiiuii, mal au {Gloss., 297).
26. — La répétition pure et simple d'un comparatif, pour
exprimer l'idée du franc. « de plus en plus » (comme en grec
■/5aa:v ;j.5aa:v, lat. magis magis), ne se montre en breton que
dans l'expression exceptionnelle suloc'h suloc'h (§ 8), tandis que
le positif se répète souvent pour rendre l'idée du superlatif.
Les Gallois répètent le comparatif en adoucissant l'initiale la
seconde fois, souvent aussi la première: mwyfwy, yn fiuyfwy, ou
fioyfwy, de plus en plus; lleilai ou IciJai, de moins en moins;
yn ddyfnach ddyfnach, de plus en plus profondément, etc.
On peut trouver en breton des expressions semblables,
mais où la langue semble avoir cherché à différencier davan-
tage les deux comparatifs. Cela n'était possible que pour un
petit nombre de mots, des plus importants, il est vrai :
niyob-mux, mihoh-mi, mu-hoh-mu, de plus en plus, en van.,
ailleurs muy-oc'h-miiy, Gr. ; mai oc'h mai, Roussel ms, mnioc'h
inni, McUc:^our ar galoun-::^akr, Quimper (1879), p. 137,
muioch-mui, Emgann Kergidu, I, 143, van. mnyoh-mui, His-
ioëricu, 272, mnibob-mni, Choccs, 68, mui-ob-mui En Est, 3,
muyob-mni, Bubc er sent de Crom, 49, 729, /;////()/; /;////, Hist.
sant., 22, 53, etc.; lv~a mn\-oc'b-mn\ cba}!Ç~iis (être déplus
en plus fortuné), prospérer, Gr., et. gall. mwyfwy;
gncU ouc'b vcll, de mieux en mieux, mohuct giicU-oc'b-vcU ,
prospérer, Gr., guell-och-vell, Bue:;^ er sent, XI, VÀn. giicUob
giiel, Chai, ms, v. bien, cf. gall. gzvellwell ;
goaç:^-oc'b-voaç~, de pis en pis, Gr., goaç::^~oc'b-oai\, v. dc-
cbeoir, dépérir ; gwa':^oc'h-wa\^, Trd., v. fortifier, gwas-oc'b-was,
Bar-a:^-Brei:^, 21, goasoc' b-goa::^, Emg. Kerg., I, 139, van.
goabob goab, Hist. sahî., 32; de plus en plus (étonné), Keriolet,
25, etc., cf. gall. gwaetlnvaetb.
382 E. ErnaiiU.
Les divergences d'orthographe montrent qu'on hésite entre
les deux analyses luuioc'h-mui ^= « plus plus », et mui-oc'h-
intii = « plus à plus ». La seconde a pour elle le témoignage
du moy. bret., où l'on ne trouve que muy ()//~ miiy, iiiuy 0:^
iimy et gon~ 0;^ goa:(. Ce n'est pas seulement une fontaisie gra-
phique: on prononce en Tréguicr mii-ou:^-mu , oivcUouî^-owelJ .
Cf. voas-ciis-voas , de pis en pis, Ricou, Fabien Esop, 1828,
p. 99; ^u>a::;^ou:^-gu'a:^, Kroa:^ ar Vreloned, n° 140, p. i.
Je pencherais cependant pour la première hypothèse, d'après
laquelle goa:;^ o~ goa~ est un remaniement, par étymologie po-
pulaire, de *goa::^och goa-; voir § 11. Si goa:^ 0- goa::^ était la
forme originaire, on attendrait en van. des variantes comme
*gonh-doh-goah, et ailleurs * brasoc'Jj-ou:;-hrasoc'h, etc. J'ai en-
tendu à Trévércc, de la bouche du conteur populaire nr pot
Yan, l'expression muioc'h-ou~-inii, mélange de muioc'h-mui et
de mu-on:^-mu .
27. Des expressions d'apparence semblable se trouvent en
bret. moderne, avec d'autres adjectifs, dont le second est né-
cessairement au positif : cornouaillais gwas-oc'li-gwas , kri:^-oc'h-
kri~ ar hcd, le monde est de plus en plus mauvais, de plus en
plus cruel, Bar~. Br., 403, krc-oc'h-kre, de plus en plus fort,
hrao-oc'h-hrao, (il chantait) de plus en plus doucement, 59,
95, ler-oc'h-ier, (de plus en plus furieux), 181 ; léon. bras-oc'h-
vras e:(^a an droucq, le mal devient plus grand, Gr., krc-oc'h-
kre, de plus en plus fort, 5//('~ (/;/;/ Dnk a Vourdcl, Quimperlé,
1872, p. 5, start-oc'h-stard, de plus en plus fortement, 3,
stardoc'h-slard, 22; tréc. kalcloclj-kalcd, de plus en plus dur,
Kroa:(^ar Frctoncd, 22 avril 1900, p. 2, col. r ; van. do)ictl de
voutt fin-oh-fin, raffiner, l'A. ; sèl purroh ma vè er vamcn, pur-
roh pur vc er riolèn, plus la source est pure, plus le ruisseau est
pur aussi, Histoëricu ag en eu testamand, 384, cf. sel mui...,
skléroh skier, § 2 ; braùoh braîi, de plus en plus beau, Livr bug.
M. 423, hanvaloh hanval, de plus en plus semblable, 431,
donoh don, de plus en plus profond. Le Bayon, 40.
Ici reparaît la même hésitation orthographique, bien que
l'orthographe ne soit pas seule en jeu : il est clair, par exemple,
que l'auteur de la Vie du duc de Bordeaux a brouillé deux
formes différentes, qu'il aurait dû écrire respectivement star-
f:iudcs bretonnrs 38^
loc'h-slard et slard-oc'h-stard. A cette dernière anal3'sc se rap-
porte le tréc. ann aotro a ic })ioau-euxjinoan « monsieur mai-
grissait, maigrissait », Giver~ioi( Bn'i~-I::;cl, I, 145.
On a vu aussi qu'il y -i incertitude sur l'initiale du second
mot, qui s'adoucit quelquefois, et peut même entraîner l'adou-
cissement du premier. Giiclloc'h-vell rappelle en gall. gwcll-
îi'cU, et voas-CKS-voas fwyfwy.
28. Une autre préposition que ou-, o~, tréc. ('u~, paraît en
van., mais seulement dans î^iïcl ar c'hucl , de mieux en mieux,
Chàl. lus, V. bien; ^Oiih-ar-oah,dc pis en pis, V h.., goah-ar-oiial)
(vous VOUS êtes) de plus en plus (barbouillé), v. dclourncr ;
goah-ar-oah Hisioëricu, 276, goal) a r hoah, Hisl. sa fil, 136. Cf.
l'expression trécoroise iiiond war wasâl, aller en empirant, qui
s'applique à tous les verbes en -âl : luar grcât 'c'h a, il devient
de plus en plus fort, etc., et même à d'autres: Mac'h cy du
îL'er:^io ... War vrudaii heprel, que tes chants deviennent de
plus en plus fameux, /vnw- ar F., 27 janv. 1901, p. 2, col. 3.
29. On emploie aussi pe ou dims i^ucll pc vcU, de mieux en
mieux, gïudl-pe-veJl, de plus belle, gucU-pc-vcU, à l'envi, Gi'.,
giucl pe wel , (courir) à qui mieux mieux, Rar:^ounegûu var dru-
bardere-Jusas, chez Lédan, 1847, p. 163, (foisons tous deux)
de notre mieux, XVII; giveU-pc-iucU, (plusieurs actions qui
montrent) parfaitement (son esprit), 5//i'~ ami 1). a V. 36.
Ceci a dû exister également en van., où se trouve l'expression
qui en paraît imitée, avec un positif: don pe don, de plus en plus
profondément, L. el /., 36, don pé don, « plus ou moins pro-
fond 1), Le Bayon, 40 \ftnpefin, « à bon chat bon rat », Ch.
ms.
30. La terminaison -oc'h est ajoutée au second terme, dans
guëll pe velloc'h, de mieux en mieux, gilell-pe-velloc'h, très bien,
goaç::^, pe voaç-oc'h, de pis en pis, dône! du ve~a goûç~pe voaç:{oc'b,
déchoir, Gr., tréc. givell pe ivelloc'h (F. Vallée); d'où, avec
un premier terme au positif : pell, pe belloc'h, « fort loin »,
Gr. ; kiïër pe gaëroc'h, (lumières) plus belles les unes que les
autres, Trub. 9 ; fin, pe finoc'h eo ar luenec'b, « ah, que les
moinis sont hns ! », Gr., van. fin-pé-finnob , (orgueil) raffiné,
subtil, Magasin spirituel er beurerion. Vannes, 1790, p. 438;
doit pé donoh, « plus ou moins profond », Le B. 40.
584 E- Ernault.
31. L'ordre inverse est plus fréquent en van., malgré l'ap-
parente logique de l'interprétation « fin, ou plus fin » ; ce qui
appuie encore l'ancienneté présumée de _i^h>a::^oc'h-i^oa~, etc. :
c^OLihoh pé i^oah, de plus en plus mal, Hist. saùl., 80, d'où falloh
pcfoJ, de plus en plus mauvais, 52, hcroh pc kcr, de plus en
plus beau, 51, hraivoh pé hraw, id., voir mes Eludes vaum-
taiscs, III, 12 (p. 35 du tirage à part); bucrhnoJj pé hiicrhiie,
(mille reproches) plus amers les uns que les autres, Buhé er
Sicni, 190; sonnoh pé son, (croire) de plus en plus fermement,
Giier:^i'iuieii Guilkvuc, 26 ; splcniiiob pé splaii, de plus en plus
brillant. Science er salvedigueah, Vannes, chez la veuve Bizette,
1821, p. xlj, splannoh pe splan, (preuves) plus claires les unes
que les autres, 51 (cf. GIoss., 599); oJ parfcctoh pé parftet,
(neuf chœurs d'anges), tous plus parfliits les uns que les au-
tres, 24; èl ma oemh ni atiàu sanietloJj pésaniet a labour, comme
nous étions toujours de plus en plus chargés de travail, Brediah
erfé, 1 891, p. 137. ^
32. La tournure latine niagis et niagis, niagisatque inagis, etc.,
se retrouve dans la phrase son an dronipil a ~ene nbeloc'h hag
uheJoch, le son de la trompette devenait de plus en plus haut,
Historiou eus ar BihJ santel, Brest, 1853, p. 68, cf. irlandais
do fhâs nios âirde, agus nios airde, mannois daase eh ny syrjey
as n\ syrjey, Exode XIX, 19; mais ceci a tout l'air d'une de
ces fimtaisies individuelles dont les protestants qui écrivent en
breton ne se défendent pas assez.
Je ne sais s'il faut voir un fitit du même genre, francisant,
cette fois, dans le passage correspondant de la BibI santel, soi-
disant trécoroise, de M. Le Coat : Ha soun an dronipil a iea en
eur greski a vui en niui, qui reproduit la version française pro-
testante : « Et comme le son du cornet se renforçait de plus
en plus ». Peut-être y a-t-il eu aussi influence de la traduction
de Le Gonidec : Son ar c'horn-boud a greské a-nébeûd-é-nébeùt ;
kréoc'h ha skiltroc'h é teûé; mais a-nébeiid-é-nébeût, peu à peu,
litt. « de peu en peu » est une expression toute diflérente, et
qui est bien bretonne, cf. Gloss., 440. En tout cas, il y a un
exemple de a niuy e niuv en moy. bret.
33. La langue dispose encore d'une autre ressource pour
exprimer cette nuance de sens: elle peut ajouter au comparatif
Etudes bretonnes. 585
en -oc'b le superlatif du même mot : liotit a ra da ve^ci haeroc'h-
kaera drcma kresk, il ne fait que croître et embellir, Trd., v.
faire, 8°, litt. « il vient à être plus beau très beau à mesure
qu'il grandit » ; dont da vc:;a krcvoc'h-krcva enn he fci:^, se forti-
fier dans la foi, v. fortifier ; mont bemde::^ larkoc'h-larka, aller
chaque jour de plus en plus loin, avancer davantage tous les
jours, 5m'- ^7/ ;;;('/;/ (de M. Morvan, 2^ éd., par M. Nicolas),
1894, p. 44, mont ato larkoc'h-larka, 758; léon. guelloc'h-^uella,
de mieux en mieux, F. Vallée, etc.
Si cette association est ancienne, ce que je ne suis pas en
mesure de prouver, elle a dû contribuer à l'assimilation de la
consonne finale du radical, dans les deux degrés de compa-
raison ; nous avons vu qu'on a dit largoc'h avant larkoch.
34. La prononciation nouvelle -hoc h pour -ocJ) (kaletoc'h au
lieu *kaledoc'h) n'était pas, d'ailleurs, appuyée seulement par
le superlatif -/;a^^ -han, -ha, mais aussi par les verbes en -hât
comme kaletdt, durcir, = dont ou hikdt dave::^a kalctoch, devenir
ou rendre plus dur; et par les exclamatifs, comme van. et tréc.
kaletet, combien dur! en Goello kaletat ! Cf. gall. caledach,
plus tard calctach, calettach; calettaf ; cakttet, Stern, 135, 136;
gwastatàu, gwastattau, giuastatta, rendre uni, 152. On trouve
quelquefois en breton la consonne sonore au lieu de la sourde:
nobla et nopïa, le plus noble, noblaat, van. nohlat, anoblir, van.
lourdet et lourtet, combien lourd, lourdat, condenser, petit tré-
corois loiirtât, devenir lourd, etc., Ztschr. f. celt. Philol.,
II, 494.
Selon M. Stern, p. 157, il y avait en brittonique trois ter-
minaisons de superlatif:
1° -am, = lat. (min)-imus, comme dans le v. br. hoiam, le
plus long, leiam, le plus petit, moy. irl. higam. Il faut lire
leiham, mais il est bien possible que Vh soit dû à l'analogie du
suivant. Cf. gaul. Clutamos « très illustre », etc., Holder, v.
-amo-. Miniums est analysé *minii-mos par M. Sommer, Idg.
Forsch., XI, 209, 210;
2° -ham, de -isam-, = lat. (mac-)simus, ou plutôt com-
posé de la même racine que sem-per, â;xa. Le gaul. Uxellim- est
comparé à tort, son suffixe ne montrant pas d'j (voir Holder,
v. -îmo-) ; ce son ne tombe pas devant m : Cintusmus, etc. Cf.
Revut Celtique, XXll. 26
j86 E. Email It.
plutôt Uxisama a côté de Uxama, gall. tichaf, le plus haut. Si
l'hypothèse d'une composition a quelque fondement, on doit
du moins ajouter que l'évolution du sens de ces composés
était grandement favorisée par les deux autres superlatifs en
-ani et -tam ;
3° -tam ==■ lat. (ex-)iimus, dans héitham, extrême (qui n'est
pas vieil armoricain, mais v. gall.), gall. mod. eitlmf; bret.
intahv, veuf, litt. « tout seul » (cf. Gloss., 492).
On voit qu'il a dû y avoir, à un moment, hésitation entre
les deux terminaisons anciennes -atn et -ham. M. Stern rap-
porte en gall. niiuyaf, le plus, moy. irl. moain à -am, et mwy-
haf, comique inoychaf, bret. moy, muyhaff l\ -ham.
35. Sur l'exclamatif ou élatif, M. Stern propose aussi,
p. 164, une étymologie par composition: par exemple, le
gall. îecced, combien beau! viendrait de *tico-sali-, « plénitude
de beauté, grande beauté », le dernier élément étant le même
que l'irl. sâitb, sâth, satiété, plénitude, cf. lat. satis, sat ; irl.
saithe, troupe, essaim, gall. haid. Je crois que ces deux mots
irl. viennent de deux racines différentes, dont la seconde
seule (cf. lat. satio) est représentée en breton. Cette langue a
un composé tarv-hcd, van. tcrhoed, second essaim, = * tarvo-
sati- « essaim de taureau », Gloss., 681 ; le gall. a tanuhaid,
et non *tanuhcd comme tccccd.
En tout cas, 17; de l'exclamatif parait bien être ancien.
36. Sur l'origine des verbes gall. en -hau, comme teckau,
embellir, bret. haerât, v. bret. (et non v. gall.) kmhaam, j'ai-
guise, M. Stern exprime, p. 154, une idée qu'il m'est impos-
sible de partager : la terminaison -hà- viendrait de ta, en v, irl.
il est, il y a, de la racine du lat. stare. Si Va avait été primiti-
vement long, il aurait dû donner au, bret. 0, eu; et la trans-
formation de la dentale en /; est insuffisamment appuyée par le
gall. cauJnvyll = candela, ce dernier étant devenu en bret.
kahtol. L'accent sur -ha- paraît bien, cependant, tenir à une
composition ^ La racine as;, du lat. agere, n'irait pas mal pour
le sens, cf. moy. bret. e:;^ (^ffaH, je deviens fiiible; mais com-
ment expliquer 1'/; ?
I. Sur l'hypothèse d'une dérivation, voir Stokcs, Celtic Dedension, 95, 96.
Etudes bretonnes. 587
A côté des verbes bretons en -hiit, gall. -bau, dérives ordi-
nairement d'adjectifs, mais aussi de substantifs, il y en a
d'autres en -ha, gall. -ha, dérivés de noms ; ces derniers ex-
priment l'idée générale de chercher, chasser, recueillir, ra-
masser: kciiucuta, gall. cynnuta, ramasser du bois de chauffage
(Jicuncud, gall. cytinud). Ceux-ci pourraient venir de -sâg-, cf.
lat. sagax, sngire (et gaul. 'Piviiaysç, Tcctosagiî), allem. su-
chen, chercher, etc. Puis il y aurait eu mélange des mots comme
moy. bret. douarha, acquérir des terres, et pinui:{icat, pinvi:;ic-
quaat, s'enrichir. Il y avait de noml#eux points de contact
entre le sens des deux séries (cf. en grec cTpaT-r^yi; et yjysixwv) ;
plus tard elles se sont mêlées encore, par la création de va-
riantes en -bat pour -])a. M. Stern les confond, p. 152, quand
il donne en gall. gwrbau, devenir homme lige, vassal, à côté
de g'ura, prendre un mari. Il a pu y avoir à l'origine deux
verbes différents, *gwirig-a-, de ag, lat. agere, « prendre
femme » (-"jvaTy.a i'Yw), et *gwreig-ba-, de * sag-, a chercher
femme » ; ce qui subsiste, givreica, répond au second pour la
forme, et au premier pour le sens. Le breton prietat, épouser
(terme général), Ztschr. f. celt. PhiL, II, 494, est près de
givrbau, pour la forme, et a, entre autres, un sens voisin de
gwra (prendre pour mari).
37. Un indice de ces anciens composés de ag est, je crois, la
terminaison bretonne -ae^, très commune dans les noms abs-
traits; elle a formé sept infinitifs qui témoignent d'une affi-
nité spéciale avec des verbes au thème en a ÇZtscbr. f. celt.
PhiL, II, 518). Ce sont:
bret. moy. et mo'd. marhegue:;^, chevaucher, = gall. iiiar-
chogaeth, id. (et chevalerie), comique marogeth, chevaucher,
irl. marcuigheacbd, action de chevaucher, de * marc-âc-actà
« (faire) acte de cavalier » ; cf. bret. mod. marhecqât, che-
vaucher, gall. marchocâii, id., marcbocâad, m., action d'aller à
cheval, r= * marchog-ha- ;
bret. moy. buanegae:^, -gue:(^, irriter, s'irriter; colère, mod.
buanegc:^, colère, litt. « vivacité », cf. bret. moy. buaiieqiiat,
s'irriter, mod., id. ;
bret. moy. dirigae:(, être en rut, cf. gall. terica ;
van. brchateab, embrasser, cf. léon. bryaîa, bryalât, Gr. ;
508 E. Einault.
van. grateah, promettre, cf. grata, il promet; moy. bret.
gratha, ïd., gralaet, promis (l'infinitif n'est pas connu);
van. marhalcah, marchander, cf. bret. moy. marchata, mar-
chataff, léon. nuire hâta.
J'ai eu tort d'expliquer ces trois derniers infinitifs, spéciaux
au van., par l'analogie des précédents. Grateah = moy. bret.
*gratai':^, peut fort bien être ancien, cf. v. irl. grassagam, je
rends grâce, du lat. gratins ago. Ils ont un parallèle dans le
gall. lladrataeth, vol, à côté de Uaârata, voler (= lladrad,
vol. H- -ha-').
L'inf. bret. où cette terminaison est le plus solide est laerc:^,
van. laé'reah, laëreh, mo\'. bret. la-re::;^, voler, .= gall. lla-
draeth, vol.
Dans les noms abstraits où la finale est -ae^, -e^, van. -éah,
-èh, la consonne précédente reste douce : gall. gweJcdigaeth,
vision, bret. gweledigi\, etc.
38. — M. Le Bayon pose en règle, p. 4, que la finale du
diminutif -//c doit, dans les adjectifs, être précédée d'une con-
sonne forte, ou doublée, et qu'on peut, après une voyelle,
intercaler un /; : lard, gras, Jartik, un peu gras, comme lartoh,
plus gras, larfan, le plus gras, lartet ! combien gras!, hirtat,
engraisser; ber, court, hcrrik, un peu court; bras, grand,
brassik, un peu grand; du, noir; duhik ou duik, un peu noir,
comp. duhoh ou duoh, sup. duhah ou duan, excl. duhet ou duct,
verbe duhat ou duat, noircir.
Cette observation curieuse n'est pas, je crois, absolument
exacte ; elle ne fait que constater une tendance analogique
qui est loin d'avoir triomphé complètement. En dehors du
van. il y a beaucoup d'exemples contraires : tréc. madik, assez
bon, Gloss., 397; abredik, un peu tôt, G. B. I., I, 482 ; diu.'C-
:^adik, un peu tard, 460; munudic, tout 'mince, tout petit,
Fanch-Ci\, 6, (joniic, arrondi, 28, doit son / à 1'»); stardic,
(méditons) un peu sérieusement, Trub., 230, buanic, bien
vite, 286, bra:^ic, un peu grand, Histor ar bonom Mi:^cr, 2,
Suppl. aux dict. bret., 60 ; sederic, calme, Bali, 207, etc.
39. Le diminutif de l'adj. peut se redoubler : madik madig,
(je me trouve) assez bien, Quellien, Chansons et Danses, 217.
Il peut aussi former, avec le positif, une locution qui rap-
Etudes bretonnes. ^89
pelle un peu goa:^oc'h-goa:(, etc., mais dont le sens est celui d'un
superlatif: flourik-floiir, tout à fait doux; koanlik-koant am eu-^
hi hiiHvct, Dre na oiucn hct hi hanno, je l'ai appelée « Joliette
jolie », fiuite de savoir son nom (chansonnette trécoroise) ;
tostik-tost, tout près, Emg. Kerg., I, 133 ; pellik, pell, « (il
était déjà) loin, bien loin », Bar^. Br., 100. Il y a là une pro-
gression logique, comme dans /In pe finoc'b = « fin, ou plus
fin » ; larkoc'h-hu'kii, =« plus loin, très loin ».
40. Signalons encore la réunion du positif et du superlatif
reVmi: bag c lY paon r a r paon rail, « serait-il pauvre, des plus
pauvres » (litt. « le plus pauvre »), Revue de Bret. et de Vendée,
1884, p. 407 ; floiir ar floiira, « (une voix) pure et suave »,
skedu:;^ ar skediissa « brillante, éblouissante », Rev. de Bref., de
Fendêe et d'Anjou, janv. 1891, p. 48 (tournure que j'ai risquée
en moyen breton dans le livre de M. Xavier da Cunha, Pre-
tidào de anior, p. 675, sans en avoir de garant pour cette
époque). M. Vallée m'apprend que paour ar paouran est sur-
tout trécorois, et qu'en Léon on dit plutôt paour eu:(^ ar re
baoura, litt. « pauvre des plus pauvres ».
41. Le correspondant de la terminaison grecque de com-
paratif -TEpo; se montre, avec l'idée de simple corrélation
(comme en lat. alter, en allem. ander, etc.), dans le bret.
hanter , demi ; reler, est, cf. GJoss., 539. M. Stern, qui cite,
p. 157, le gall. eithr, moy. irl. echtar, = lat. extra, en sépare,
p. 165, les noms abstraits en -ter, -der, comme bret. giuennder,
gall. gwynder, blancheur. Il propose de voir dans le suffixe
gall. -der, -dwr, le mot irl. tur, tor, masse, poids; ainsi le
gall. trynider, pesanteur, répondrait exactement à l'irl. troni-
thur, poids lourd. Mais -divr ne serait-il pas plutôt dû à une
combinaison de -deret-ivr?. Cf. gall. sychder ex sychdwr, sé-
cheresse, moy. bret. sechder, mod. sec'hor, van. sehour, cor-
nique sichor, Gloss., 619; glebder et glebour, gluebor, moiteur,
giW. giulybwr, liquide, 259.
E. Ernault.
THE DESTRUCTION OF DÀ DERGA'S HOSTEL '
APPENDIX
§§ 5, 6. For the last two sentences Kg. (108'' 2 — 109-^)
lias: Nos-berat iar/mi dd moghaid doibsium dochum chuithc
in inghin dia bathad, 7 ro shillsitcr f///rri for hur in chuithe,
ocus robo tri'iagh leô in gnim do dénum, 7 nits-herai fon
dairi, ocm niis-Licchut hi ciuis ann. Ocus iss ann seic ro uhatar
muccLi EùTscél mie hulair, ri Temruch, for mesruth. IS
annsin da;/t) tanccawr dd \>rimmuccaid Eterxel fôn doiri co
gCLialatar grïihugmi - na mucc immon gcûas hi raba in naidhi
og, dluinn, aitedach. Con'id ann atbcnaxar na bùachailliu icca
fliiccsin : Iss e seo imiiiorro in mess môr flatha 7 in frithi
flathae. D^j-beurut leo iartain^ 7 n//5-cuiret i lias gamno.
Dognit/;r;' iarsin tech {i[g]the ft);'c[tJho léosum di, cin dorus itir
ass acht feinessMr 7 forlcs nammd, 7 ro cuired si ind iarsin, 7
ro gabuth for a biathad 7 for a hétiud, 7 rusn-altatar amlaid
sin g»r'bo ferr cech druinech hi ndruinechus, 7 ni bui ind
Érinn ingen righ bad côemiu na bad dlliu oldas.
So the two slaves take the girl to thepit to droiun her, and at the
edge of the pit they looked npon her, and sad they were to do the
deed. So they carry her to the oakwood, and leave her there in
the hoJloiu of a tree. The sicine of Etcrscêl grandson oflar, King
of Tara, ivere theii fecding on niast, and Eterscél's two chief
sivineherds coining through the oakwood, heard the grunting of
tho su'ine round the holloiu luherein lay the bahe young, lofcly,
1. V. p. 9, 16), 282.
2. i. c. erithuiîud
The Destruction Dd of Derga's Hostel. 591
yoiithfnl. Thcn said tbc swiuchcrds bcboldiiii^ hcr: « Tnily this is
ihc grcat oakniast (mess) ('/ tbc kingdom and tbc luindfall of tbc
realm ! » So tben tbey takc bcr and put bcr into a calfsbcd. Tbcrc-
aftcr tbcy biiild for bcr a fciiccd wickcr boiisc, luilboul any door
ont of it, but only a luindoiu and a skyligbt. In tbis sbciuas placcd,
ami tbcy took tofccd'nuy and clotJjink^ bcr; and tbns tbcy niirtured
bcr, till at cnibroidcry sbc luas bcttcr tban any cuibroidcress, and
no king's daugbtcr in Erin was dcarcr or more bcantifiil tban sbe.
§8. For thc last sentence Eg. 109-' 2 has : ocns tuctha in
mac sin ior altramm don da Fheidlimith 7 na da Maine Mil-
sgothachu, ocus tri micc ui Dhuinn desa .i. Fer gair 7 Fer ro-
gein 7 Fer lee, 7 rob iat sin a chomahadii som.
And that boy was given in fosterage to tbe two FcdUniids and
thc two Maincs of tbe Honeyiuords , togetber with Donn Désa's tbree
grcat-grandson, Fer gair and Fer rogein and Fer lee, and those
li'crc bis fostcr-brotbers.
§ 12. For the first sentence Eg. 109'' i has : Ra marbad im-
morro iarsin Ett^rscel athair Co/mire la Nùadait Necht do Laig-
nib .i. i n-Allind, 7 ba ri Hcunn iartain (.i. co cend leth-
bliaJ;/t') Nuadu Necht, 7 ro marb Co/mire iartain in Nuadait
Necht.
But aftcr tbis Conaires (supposcd) fatbcr Eterscél tuas killed by
Nt'iada Necht of Leinster in Allen. Niiada Necbt luas king of
Ircland aftenuards, to the end of balf a year, and Conaire after-
wards killed bini.
§ 14. To this paragraph Eg. 109'' 2 adds : Ocns atrubairt da;w
in fer cétnariss don tuinn : Biaid buaid 7 airmitiu fcrt [fjlaith, 7
bad sainemail ind énlaith it flaith, ocns bud iat so do geissi .i.
I. Ni thùdchaiss desel Temrach na tuaithbel riiBreg.
II. Nir' taibnithtT hit cloénmihi Cerna.
III. Ocus nir' echtra cech nômaid aidche sech Tem-
raicr.
592 Whitley Stokes.
IIII. Ocus ni ro tai hi tig as fli (orrùil soillsi tencd iar
fuiniud gréni 7 i mbi ecnach do maig.
V. Ocus ni tiasat riut tri Deirg do tig Deirg.
VI.. Ocus ni ru gabthar dibcrg it tlaith.
VIL Ocus ni ti dâni oenmna no oènfir lii tech fort iar
funiud g;'t'ni.
VIII. Ocus ni aurrais augra oc da mogad.
And ibc sanie iiian îhcn said lo hiin froni îhe zuave: « Victory
and révérence shall be on ihy reign ; and Jet îhe birds in thy reipi
he excellent, and let thèse be thy tabus etc. [as in $16].
§26. Aftcr this paragraph Eg. iio''2has: Orgain Bruidni
Da Derga aisneithir inso sis, iarsna rémsgélaib .i. iar Tesbaid
Étaine ing/»e Ailella, 7 iar Tromdâim Echach Aireman, 7 iar
n-Aisnéis side Maie ind Oc do Mider Breg Léith ina sid.
Conaire mac Et^rsceôil maich'i léir, do Mumain, is é ro ort
isin Brndiii-se. Mess Buachalla dano a mathair .i. ingen ingini
Étaine 7 Eochach Aireman. Hi cinta Eochach iarum ro hort
Conare i riiBruidin, ar ba hua d'Eochaig Airema[i]n he. IS
aire sin ro tinoilset lucht side Breg .i. in n-orgain hi Maig
Breg ar chind Coiume, 7 do timdibe a sôegail, 7 ar Etain do
tabairt d'Eochaig Airemain asin tsid.
This seems copied froni LU. 99^ — see below, § 168.
§ 27. For the last sentence Eg. iio''2 has : « Ocus is é sin
in ri ro dichuirset siabra don bith. And he is the king whoni
eJves hâve expelh'd front the worhi.
§§33' 35- The interview between Lé fri flaith and the
Reds is thus described in Eg. 11P2 — m'' i :
INni a meicc. nach diniub, môr in scél, scél o Bruidin belot
lond luâchet fercoblach tîanddorgain meisse marbad fiand
bidid inidfiastar deirgfiUiud nair.
Scitha echradaimmariadat immariadam eochu derga Duirnd
descoraigh a sidib sis n-irigantach nubii mairb fathad mbrôin.
breisslech n-airHg. airliachtad fôebair tir na tigmalthaib hi tra-
thaib iar fuin. IN.
Tiagait uad iarum. Atroé a n-astud.
Anaiss in mac arcinn G'//aire sin tulaig. Asp^rt fria ath^/r
a n-asbr/'t friss.
The Destruction of Dd Dergà's Hostel. 393
IN A lidiaid duit, ar Cc'//;ire, 7 tairg tri daumu doib 7 tri
tin[n]i, 7 airet bciti im tegluch ni h'n ncch etarru o thein co
fraig.
Téit iarum in gilla n'a lidiaid 7 taircid doib in coma sin 7
nis-tdrraig [Icg. -aid] acht ed inn urchuir etarru, acht ro c:\chain
in ftr tànaise Idid dô dar a aiss.
INni a mcicc. nach ainiub, môr in scél, scél o Brwidin. Scitiia
echraide inriadam. riadmai mairb. morai airdi. airdbi socgail.
sassadh fiâch: fochun bran, brond airlectai. bragait fuidbechta.
ferna tretholla. trath iar fuin. goirset gerset robruth rigdachta.
rig eslabra tria doilbthi fer forsaid. For dal for daim nonbair.
INni.
Tintais in mac doridissi go ro gaib in laid do Gvzaire. INna
ndiâid, (or Conaire. Toirg doib se dumu 7 se tin[n]i 7 mo
fuidell sa, 7 asceda immarach, 7 airet beti imm tegl//r/; ni bia
nech etarru o thein co fraig.
[111^2] Luid in gilla 'na ndiaid, ociis nis-tarraid acht ed n-
urchair. Atb^'rt in .iii. fer friss:
INni a meicc. nach ainiub, mor in scél, scél 6 Bruidin. scis-
fithir foebra. feochair cath. crinad robruth. rig eslabair, air-
derga fir ficheid machde nate agaid for duini daim nonbuir .i.
Ingél cona feind bélot long li'iath lochet fercoblach fiandga-
lach ridos:air cnedach miscenach marbtach miecht mor. morbét
eo find find find forsncissitar dérind^ lith air. INni.
Tiagait ass iarum.
§ 62. After dogrés (1. i). Eg. 113'' 2 bas the following pas-
sage :
IS ann sin atroncatar cucu daim n-ûathaid n-oiijcdchairi n-
oénmnd tuathroscaigi, co riibrutt brigda braliath impi. IN oir-
tuàid car/; ndirinch co toracht dorus na rigbruidni, gur' gab ac
in dorus. Ni tàisci atro/zdaircc Conaire hi ndsro cachain (?) don
tslûag. issed atbrred cach n-ai re celé na rop hudit atcluinther^.
Atchess 7 atcloss sein do Conaire. Rdither5 fria, ol Contre,
techt hi leth n-aill n-aile co maitin ocus tiched^ hi mucha loe
1. leg. d'Érind ?
2. leg. atcluinter
3. leg. Râiter
4. leg. ticced
594 WliilUy Stokes.
7 lathi hiinaiMch. Glcirc a aithisc is a luiraigill dogcnthar'
cctna l'ia càch ocits fuidcll innllatha di cid dam co ti|ii]ni, cid
tulchuba fina bcss and ni ria conroindlithc;', acht is di co fuill-
fcar is dcnad amlaid sin.
Dobcr mo chobaiss ind, ar in ben [Eg. 11.4" i| ùt, is dilsi-
gud liibreithri, is rànscmad ngruàidc, is tiaclitain socgail, is
g;ad do biud is do lind do rig Hcrcnn diultad hûad fri dàimh
n-i'iathaid n-oénmnâ hi letli ïn aidchi, Fir dmh disi siùt, {or
C();/aire. Tclchar- issin tcch hi. Tdnicc si da;/o issin tech, 7 do
tocgasi do toebtracht in tcned, 7 dobrcthao choiss di forsin n-
imelach 7 ciioss forsin cenn araill don tcnid, 7 dobretha go-
radh dilmain doéscair thiar rhis oslaicthi fuirri, 7 ro scitestair
in aer trùaillnidi inmedônach huaithe amach, g///b' imdhitin
don /nV/'ait trcnfer ro boi ior inchaib in rig .i. rinn a roiscc 7
a n-aichthi 7 a fuilt 7 a n-immchaisni ùiirn.
§ 69. The following mnemonic verses on the sevcn sons of
Dond Désa are written on the upper margins of LU. pp. 87,
88, 89. There is another copy in the Book of Ballymote,
p. 369-^20. The former has bcen edited by Zimmer, KZ.,
XXVIII, 579, note: the hittcr by Netthui, Rev. Celt., XII,
244. Neither édition is quite accurate.
MoxoR SHCHT M(7('C Dl'IXD Desa inso :
Gain treith doadbanur,
oen for sesiur sàerbrathar,
mrtfcni Desa dibtrci,
4 ba Duind denmig daforbaig,
Fer gair gnim fn reilfo/'csin.
¥er lee fri cluaiscoistecht.
Ycr rogair réil fri roardmes.
8 Lomna domnais drcchnatha.
Ftv rorogair fri niadnascaib,
ba se in cing (or comranna.
Gel-ftT fri "ail n-oenduni.
1 . leg. dogcntar
2. les. Tclcar
Tlw Destruction of Dû Derga's Hostel. :;c)^
12 Glas tVi scrnad ' sacrsclca,
buaid ngeltïni Galioin.
co[b] crodt'rc'i cutechta.
brogsat brudni brcogaili
i6 caini tiir^cnr tarcraid.
co saini suth sacrni[ad]
gnim glond gnatail
maini m///Mii AL/rcniad.
20 mail niacc cach mciinovi
cm ba Cairp/i cain.
Gain ircitb.
Each of thèse lines normally coniains seven syllables and
ends in a trisyllable.
Line i. Gain treîth tadbanur, BB. /m//; « lords » pi. of
îriaîh, hère seems a disvllable.
8. drecht ndatha, BB.
10. comramu BB.
12. glas fri sfrnadh sasrselga BB.
i^. buaid geilfingaine Gaileon BB.
14. cob croderge cuiter/;/a BB.
16. tainvaigh, BB.
17. cach saimhne suth sierniad BB.
18. gnim glonn gnathaltaigh BB.
19. mume muirne M^7rcniadh BB.
20. mul maiche gach mtv/nota BB.
§ 79. For this Eg. 1 15'' i has :
Ni cuimci a tairmescc, ïor Ingcc'l À. néla fcimig do tecat.
Asb^rt Ingcel : fir ligér liguâisfes da rigruâid rigabra gébtar friss
adbia bas a lecht for tracht iffirnd do t'igh duind.
Is duaig inni adberi, arberid ccch fer din fairind sin, buaid
fir leiss, 7 congeba cach fer budid fir etarru.
Ro gab do gits maidm ïonso, a Lomnae, ol IngrcV, ad droch-
lôech, dot-tancatar néla feimmid 7 ri. Atriibia basa lecht
[leg. ba salecht?] bas briscem lurgu ni anais for trâig maitni.
I. LU. Facs. scruad
: ()6 VVhitlcy Stokes.
Do tlîig diiind maitin moch amârach assut ce crmaiss âr trom-
sluaig-thig coddét cotendct cod[er]ed mbcta ni aisnébat sein
faidc na scnchaidc diil damsa on orgain sea co ro me nosn-
oirgca a dilvrg.
§ 93. Eg. iij^ I. kuoudanc imdaid ann, oats triar indi .i.
triar n-uathmar n-citigh n-adb///mor n-anetargnaidi. Atc doi-
chmi doill, ni iuil nach ndeilb nduini eu cosmaili//i doenna
forai b.
Dar 1er loun lathrastar lancend tri lorg lânfiaciacii o hurbél
co'raill. rechtaire muad munata xwac centa cdim cetglonnaig.
claidib tre slôg selgetar. ro selta ar borg buredach ar hur
Bruidni Da Df/'ga. Samal/t' lat, a Fir rogain.
§ 94. Ni fetarsa âm di ieruib Ert'»« na do [eraib in bethaacht
manib iat in triar ucut .i. Cruaid 7 Cnap 7 ... pni, tri Fomôraig
das-fuc Mac cecht a tirib na Fomore ar galaibh ôenfer, etc.
§ 97. Fer rogain's description of Conall Cernach and his
prowess is more claborate in Eg. 118^2 — ii9''i. Thus, for
hcit lir homnmnd cga etc. \ve hâve:
Bat lir tra bomanna ega 7 fer fer faithchi 7 renna nimi for
leithchind 7 coépa îor n-inchinni 7 for cnamredach 7 dasse da
bar n-apaigib combruitib leiss iarna scdiliud fo na muighib 7
fo na foithrib. Ar ni ro saltair îor féor Ercnn dar n-éis Logha
m^7/rc Eithlenn gaiscedach a aiesa ro sosed ïor in fer sin.
Ro gabsat tra grain ociis omun huli oc imrad in fir sin,
ociis ro teichsit. Sûail na ra bensat re mbarchaib, co ro gabsat
na cuir 7 na ratha etorro a luiiga hic a n-astud f/'isin n-a...
.. Ger 7 Gabar 7 Fer rogain.
Mairg iunr.v in orgain, cid toddig ind [tjir sin a ôenur, ar
Lomna Druth, ar is é sin ôenlaech na fuilngct laich .i. is é in
léo lond letartach Idtir lamthenach infuilech forderg fichda ior-
rdnach tir[f]eochair ardairsid Eorpa, oen inthamail Hechtair
m(//c Priainî i n-iarthar in betha, in caur créchtaidi coscrach
commdidmech sin Ct';/all caem Cciiincb.
So ihat as tnaiiy as kicks (i)i ivnitcr), and grass on laïun, and
stars ofheaven ivill he your haJJ-hcads and the dots ofyour hrains,
and your hones, and the heaps of your entrails crushed hy bim
and scattercd tbrough tbe fieJds and tbe ridgcs. For ncver sifice
The Destruction of Dd Derga's Hostel. 397
Ltigb mac Eithlcun bas thcre iroddcnthc grass of Erin a cJjampion
of bis âge tbat ivouhi atlniii to ibis ma 11.
Tb'uiking of ibis man, tbcii bonvr and fcar sei^ed them ail, and
ibcy ficd. Tbcxalmost rcacJ)cd(?) ibeir sbips, and ibey look miilnal
coi'cnants and plcdges ^ dclaining tbcir vcssels at ibe... (namcJy)
Gcr and Gabur and Fer rogain.
« Woc to bim tbat sbaJl zureak ihe Destruction, even because of
this man aJonc ! » says Lonuia Drnlb ; <.<. for bc is tbeone bero tbat
heroes endure not: be îs the savage,fierce, rending, strong, daring,
bloody, crimson, warlike, destructive, truly-fierce, Europe's bigb
vétéran, tbe one resembler of Hector son of Priant in tbe zuest oftbe
luorJd, tbat wound-inflicting, Iriiimpbanl, praisezuorlby Jjcro, dcar
Conall Cernacb! »
§ 99. For the firstseven lines, Eg. 118'' i lias:
Atcoknarcc imdaid ann, 7 ba cdimiu a cumthach olddat
imdada in tighi olchena .i. atdt teora coilcthc liga 7 teora bro-
thracha tairsiu. frithadart fo a chinn, araili oc fraig. Alcon-
narcc ôclach n-adamra isind imda 7 cumthaigi imda inganta-
cha isin imdaid sin, ocus dias immi isind imda .i. in dias
imectrach. Finna diblinaib co foltaib 7 brataib, 7 at gilithir
snechta ruidiud roalainn îor griiaid cechtar n-oe. IN t-6clach
adamra isinn imdai, ni acca nach lideilb nduni bad cosmail dô
riam. Is ed modh rogab ulcha thinds do folt cass buidi fair
amfl// irna d'or. Ro Idd cerchailli d'ôr immi 'machuaird.
/ bebeld a coucb tbere, and fairer zuas ils covering(?) tban
(tbat of) tbe otbcr coucbes of tbe bouse, tbat is, tbree beautiful
quilts and tbree blankets over ibeni : a bolslcr at ils bead, anotber
at tbe zvaïl. I bebeld a zvondrous zuarrior on ibe coucb, and many
marvcllous coverings, and zuilb bim on ibe coucb a pair, ibe outer
pair. Wbite zuere ibe liuain, zuilb beads of bair and manlles, and
bright as snozu zvas tbe beautiful flusb on tbe cbeek ofeacb of ibem.
The zvondrous warrior on tbe coucb, never sazu I buman form
tbat zuas like to bim. Tbis is tbe zvay thaï bis beard is ... of curly
yellow hair on bim like a ... of gold. Pillows of gold zuere placed
ail around bim.
I . Cf. § 90.
398 Whilley Stokcs.
§ 114. [Hg. 1 16* 2] Atconnaircc f.wV/j isind imda ua.saib di
diceil, 7 moethoclach etarru .i. mocl dub fair 7 bclra formend
laiss, 7 intûaisi lucht in tige huili a condelg. eo airgid ina
brut, Fer finnliath hi cetud f/'iss. caimsi co ndeirgindslait imbi
7 bratt corccra. bretnas oir ina brutt. Sleg coiccrinn co fetha-
naig argit ctcr da n-iarnn ina Idim. Fer aili hi frithcetud dô.
mong dub fair, caimsa imbi, 7 bratt dubghlass. gae glas co
sulib glaini ina Idim. iricha semmand fiiir, 7 fos-ceirdd do
cleithiu in taige 7 dusn-arinntis inna cend anuâs doridissi con-
da-gaibed fot n-airthim os chind ind fir medônaig. tri coicrid
ôir huâsaib hi fraig. Samalta sin, a F/V n\i^ci)i.
Ros-fetarsa, ol ¥cr rogcin. Cûscraid Menn Mâcha macc Con-
cohair fil hi ligiallnui lasinrig, 7 a da aite .i. Sencha maccA'i-
lilla 7 Dubtach macc Lugdach cosin ngai biia Cheltchair (sic)
tucad a cath Maige Tured, ocits dorairrigered buaid rig do
]ii6''i] marbad de 7 dirin do sluaigh (sic) archena. Atbélat
fer la c:\ch n-ae. Ocus berait a ndalta leo immach in di diceil.
Irigcel. at. fir rigér 7rl.
[Imda na xDriiad]
§ 114 A. [Eg. 116'' i].
Atconnarcc triar issind imdae aili, reoir ludsca oir tara n-
etna. teoir caimsi impu, ociis vi broit deirgg impu. eo ôir i
mbrot cach hae. tri bera congnai udsaib hi fraig 7 teora calga
det. Samailthe (sic), a Fir rogei>i.
Rofetarsa, ol se .i. Feiss, Feisse, Feassemon, tri drûid ind
rig, tri comais, tri meicc Meissen Melimbuir. Atbéla fer, 7rl.
The RooDi of ibe fi''i~ards.
« / bt'beld a trio in tbc othcr rooiii : three luasca of gold over
their forcheads ; three bedgowns ahout them and three red mantles
they wore: a golden brooch in each one's niant le: three spears of
horn above them on the wall, and three ivory-hilted swords. Liken
(thou thon), 0 Fer rogein. »
« I hiùiu (them) saith he, « to ivit, Feiss, Feisse, Fessanion,
The Destruction of Dd Derga's Hostcl. 599
ihc Ki)iys ihrce-wi:^anis : thnr of thc saine âge, ihrcc sons ofMeissiu
Mclinihor. A nian irill pcrish (b\ cach of iheni), de.
§ 141. For thc tirst two sentences Eg. 122*2 — 122'' i lias:
IS annsin dolotar mna dibeirg [leg. diberga] o Sescend
hUarbcoil .i. dibtvg t/'i iia riDcsa 7 dibcrg tri hua Conmac
imm Ingccl, do orgain Briiid;76' Da Drrga, eo nd^'/'nsat tri tim-
chûarta dib im Bruidin. IS annsin imniorro tucsat a n-ilcha di-
beirge os aird.
Then tbe reavers niarched from Seseenn Uarbeoil, toiuit, thegang
of tbe ibree gra misons of Désa and tbe gang of tbe tbree grand son s
of Contnac, aronnd Ingcél, la destroy Dà Derga's Hoslel. And tbey
niade tbree circuits round tbe Hoslel. Tben tbex sbouted Ibeir rea-
vers' paeans.
§ 143. For this paragraph Eg. 122'' i hns
IS annsin tanic Coimire himach, 7 rosui fuithib co torcli/a-
tar leiss se cet loech dib, 7 ni ranic arm dia armaib heiis, oais
tinta im[s]lan doridisi i riiBrud///. IS annsin ro atad in tene fo
tbr'i isin mBruidin, 7 ro bdded anall. IS annsin iarum dorochair
fer hi car/; fer bai i mBruid/;/, 7 congab cach dias buaid fir
etarrii.
Gabais Conaire iarsin glés n-imbcrta airm forru, co torc/;-
ratar secbt cet lais iar saigid a airni ina cétchuindscli.
Then Conaire sallied forib, and turned tbrougbout tbeni, so
thai six hundred ivarriors of tbem fell by him — and yet he bad
not rcached one of bis weapons, — and be turns unhurt again into
thc Hostel. Tben luas tbe fir c kindled tbrice in ibe Hostel, and
quenched from beyond. Then, 1 00, fell a m an by each nian luho zuas
in tbe Hostel, and every pair bad a mans victory between tbem.
Thereafter Conaire began to ply bis weapons upon tbem, so that
in the first confiict afier reaching bis arms, seven hundred fell by
him .
§ 156. For this paragraph Eg. 123" i — 123''2 has :
Luid co ranic htlarân fiGarad for Maigh Aei. Atrulâ side 7
ro dichled aire. Ct»»id andsidc ro éirig in hichu reimc don us-
ciu. Fôeltnigis Maec cccht, conid ann atbr/t :
400 Wliitlcy Stokes.
An sin, a lachu linech,
loch lind lethas fot bruinnib.
binni do doim a daman.
a lund a loich a lonân.
a heôin bricc bic hnùnndeirg.
broén as t'eitib iiarusce.
bc«nacht ort a luàin dar lind.
fagbat digh do Conairi
fil inn itaid f/i naimthib ' nith.
La sodain soc-seom fon top///' huli dia fothrucad ann, comd
ann atbcn:
Fuar topur. tuind t;-achta. cûin ruirthccht. 1er locha. lind
nGarad. sruâim srotlia. ard iiara[n]. [F]ùar top//r.
Ocus tue iarsin Idn a chûaich ass, 7 docher in macc boi fo
choimm .i. bruth in miled ros-marb coin tarras acht a cnâma
lomma, 7 ro cuir seom a cnâma fon talmain hi Maig Cndm-
roiss. Docûaid reme iarsin co ninic Bruid/// ria matin.
He fared forth mit il he rcachcd Uaràn Garad on Mag Aei. It
disappcarcd and ivas hidden froni hini. Whercupon a luild-dnck
rose up before hini froni îhe water. Mac cecht rejoiced, and then
said :
That 2 s splendid, O ... ivild-duck,
the Iake-water that spreads under thy breasts,
the melody of thy ... 0 ...
O speckled, little, red-belUed bird,
a drop of cold water froni thy wings !
blessing on thee, O light over water,
leave thon a drink to Conaire,
who is aihirst at (his) slaughtcr byfoes.
IVith that he turned ihronghont ail the well, to bathe hiniself
therein, and he said :
Cold fon ntain : surface of strand sea of lake, water of
Gara: stream of river: high spring-well : cold fountain.
I . leg. nâimtib, instrumental plural of nâma
The Destruction of Dâ Dergas HosteL 401
TJ}emiftcr hc took the fitll of bis cup ont of il, and the boy luho
luas limier bis gannciit fell, for ibc soldicr's beat bad hillcd bim,
and only bis harc bottes retnained. Mac cecbt put tbe bottes uttder
ibe grotiiid iti Mag Cttàttiroiss — tbe FieJd of Bonewood. He ibeii
fared forivard attd reacbed tbe Hostel before tiioritiitg.
§ 160. For this paragraph Eg. 123^ i has:
Ro slaided tra iartain in cath etc. (as in p. 324, note 4).
So tbeii tbe battle luas stricken cottteniionsly , migbtily, man-
fiiUy, cotirageottsly, to wit, by Mac cecbt and Cotiall Cernacb son
of Alita rgen, so tbat tbey (tbe reavers) luere destroyed and exter-
ittinated in tbe great battle after morttitig, and tbeir sbips luere
sbattered and btirnt by Mac cecbt atid Conall in vengeatice for tbeir
lord. Al a s for tbe roiit and ... in wbicb tbe twain luere...
§ 168. In LU. 99^ this paragraph is foUowed by two pas-
sages extracted from, or conformable to, the lost Book of
Druim Snechta :
Slicht libair Dromma Snechta inso.
Orgain Brudne ui Derg^trd iarna remscélaib .i. iar tesbaid
Etdine inginc AiMlo 7 iar tromddim Echdach Airemôn 7 iar
n-Aisnéis Side Macc Ôic do Midir Breg Lcith ina sid.
Conaire macc Et^rscéli maicc maicc 1er, di Ernaib Muman,
is é ro hort isin Brudm seo. Mess bûachallo dano a mdthair, in-
gen sidé Echdach Airemon 7 ingen ingine Etaine, ut diximus.
Con'id Conaire 6 mdthair do Echdaig .i. Conaire l'ia hEchach
.i. macc ingine ingine Echach hé.
IS ed fodrûair a orcain hi cinta Echdach, ar is des side Breg
Leith dorinôlsat in n-orgain, fobith tonaidbecht forro a sid oc
cuinchid Etdine la Echdaig. Ros-dolbsat iarom lucht in tside
sin hi slûagu 7 dollotdr do inriud Maige Breg, 7 tarfds sam-
laid do Chonaire. Ecmaing ba tir dud-lotar, ar is hé ri insin
loingside siabrai. Ar gabais som flaith indiaid a athar 7 asbtrt
Niniôn drûi bdtar n-é airchoilte a flatha, arnd hechtrad a
Temraig cach nômaid aidche, 7 ni fuiwmils^^ gâta ina flaith, 7
Revue Celticjue, XXII. 27
40 i Whitlcy Slokes.
na gabtlia dibtrg, 7 ni àlrscd augra in da tùatiimdil tûatli
Maugnaj, 7 na fôicd hi taig as mbad ccna soilsc iar fuiniud
grénc. jrl.
A Recension of ihe Book of Dniim Snechta, ibis.
The Destruction of the Hostel of hi'ta Dcrga, after its foretales
i. e. after thc Loss of Etàin AiliU's daugblcr and aftcr the Op-
pressive Company of Eochaid Aireni, and after the Disclosure of the
Elfmound of Mac Oc to Midir ofBri Léith in his elfviound.
Conaire son of Eterscék, greatgrandson of Iar, of the Ernai of
Munster, 'tis he that ivas destroyed in this Hostel. Nozu his ?nother
was Mess Biiachalla (« the Cowherds' fosterling »), and she tuas a
daughter of Eochaid Aireni and a daughter of Etàin s daughter, as
tue hâve said. So that Conaire hy his niother's side (bclongcd) to
Eochaid, i. e. Conaire grandson of Eochaid, i. e. son of the daugh-
ter of Eochaid' s daughter zvas he.
This is what caused his destruction, for the crime of Eochaid,
for it is the elves of Bri Léith that gathered the destroyers'^, because
thcir elfmound was hrohen up hy Eochaid luhen scehing Etàin. So
the folk of that elfmound shaped themselves inio armies and zaent to
raid Mag Breg, and thus they appeared to Conaire. He chanced to
he in the country to which they luent, for he is the hing ivhom the
elves destroyed (?). Eor after his father he took the kingdom, and
Niniôn the u'i:^ard said that thèse luere the prohibitions of his reign:
that he should not go ont of Tara every ninth night, and that he
should not allow(l) thefts in his reign, and that plunder should
not be takcn, and that he should not settle(?) the quarrel of the tiuo
tribal slaves of North Maugnae, and that he should not sleep in a
housefrom which after sunset a light would be visible, etc.
SlICHT na CÎNI BEOS.
Manc Milscothach mac Carbad 7 Gér mac ùi Nccrc 7 tri
maicc iii Thoigse it é nodn-ortatar Conaire tre chomarli Ing-
ccôil. Dobrcth Geer vnacc ui Necx^ hir-niith ir\ Ingcél im or-
gain no thogfod in Hère dô. Roda-nertsat side do chomoUod
I. lit. thc destruction
The Destruction of Dâ Derga's Hostel. 405
in Ingccl a n-ebred Mani Milscoth^r/;. AsbtTt Mani ba liach
Brud('// do orgain fodéig C(';/aire. Is de no geibed Ingccl grùad
7 fir ni Nccx. Tri .111. ba hé al-lin ocnnd orgain.
IS ('(/ dollotàr riam i n-Alpain do chor a ndibtTgx and, ar
nir' léic greim Coz/airi doib a cor in Hcrc. conïd iarsin tancatar
Hérind al-lin cétna 7 ortatàr Brud/;/.
Con'id Bruden ùi Derga cona. fiiasaitib 7 con^. slechtaib 7 cona
rcmscélaib, am<ïl adtiadar il-lebraib insin anûas ar bith sam-
laid
A Recension of ihe Codex also.
Manc of the Honey-iuords , son of Carhad, and Gér grcai-grand-
son of Nera, and three sons of Hua Toigse are they ihat destroyed
Conaire hy Inga'l's counsel. Gér great-grandson ofNeca -luas given
in pledge to Ingcél for such destruction in Ireland as he should sé-
lect. Elves encouraged them to fulfil for Ingcél what Manè of the
Honey-words tuas saying. Ma ne said that it luas a pity to destroy
the Hostel becausc oj Conaire. Hence Ingcél luould take Hi'ia Ne-
ca's ... and truth. Three fif tics, this was the nunihcr at the Des-
truction.
They had previously gone to Scotland to perforni their reaving
there, for Conaire' s poiver let theni not perforni it in Ireland.
Afterwards they canie, the same number, to Ireland, and destroyed
the Hostel.
So this is the Hostel of Hua Derga with its developements and
recension and foretaks, as that is related in books above, for thus
it is.
GLOSSARIAL INDEX
(The numbers refer to the paragraphs).
abairbthiu 91 (ab-air-b-thiu), haircleansings } secms ace. pi. and to mcan,
from the context, cleansings(or lousings) of tlio huinan hair: cf. perhaps
ind-ar-hiiiiug rcpcUo. The acccntcd prefix ah- may correspond with the
pretonic uba in aha-»iin « optât », Sg. 161^ i. Sec KZ. XXXVI, 29!^.
abtar 45, ye are.
ach for acht 52.
acthe, aicthe i, for aici « apud eam », as in Ir. Texte, I, 119. acci 2.
ad-âgur Ifear, près. ind. sg. 3. atâgethar 76. adagf//;ar
adâig 78 cum gen. = fodâig App. 97, /o?' sake of
ad-ar-benim / impel, expeî
adbul, vast, htige, equative aidblithir 57: compd. adbohiiôr 82.
ad-chiu 87, v. atchi'u.
ad-com-aic 56 strikes, s-pret. pi. 3, adcomcissct Wb. 4^ i3,pass. prêt, ad
coimced 167, root eiig
ad-cuaid (= ad-co-faith): see -ecsetar.
ad-fia 102 b. ambia 79, but ad-bia App. 79. atmbi'a 90, meaning obscure.
Possibly connected with ad-lnth was slain, Meyer Contrib. 17.
ad-glâdur I aJchess, prêt. sg. ataraglastar (ex ad-da-ro-glâdastar) 62. 2d sg.
subj. co n-arlaiter, 19.
ad-rôe he tuas unahle, ata roi 32.
ad-s6im I kindie, ad-suithe 65, luas kindled : encl. subj. sg. i. con-adûr 29
Eg. for atûr, pass. près. ind. 3 atdither 69: verbal noun atûd 54.
aé, ahé .i. dno 66. ahe .i. intcriacht ebraide (gl. hem). Ml. 131c 3.
âer inmedonach App. 61, intestinal air, luind in the boiveh, flatus.
aes uilc 66 evilhoers.
aesc nittshell, cogn. with Lat. aescuhts, see dergfaesc.
afrisi 19, 90, aridisi 147 (doridisi Eg.), arithise iio YBL., O. Ir. afrithisi
« again », Strachan.
âgur / fear, nocho-sn-agur « I fear them not », Hy. 5, 105, ni-sn-âig-
fimmis 55.
aicci 8, houscholds}
aig ice, gen. cga 89, .i. eidhre, H. 3. 18, p. 532.
àilenda 100 j. an cpithet for a shicld, meaning obscure.
ailestar iris, gen. ailcstair i. Meyer Contrib. 39.
ilibcnn i 00 f. (Eg.) an cpithet for gold: meaning obscure
The Destruction of Dd Derga's Hostel. 405
ail-menmnach 75, 77. modest-minJcd : ail .i. nâireach O'Cl.
din 22, (7 driviiig, iiiipulsc (from *agui). a âin fcn « his own impulse ».
ainbthincch 17, stormy, = anbthenech LU. 33*29. dcriv. of atibthen (an-
feth-).
airi:hinn 87, edge} ace. dual, aiichionn « a side, a border », O'R. cf. toeb
7 airchenn Ml. Wb.
airdbi sâeguil 55, destruction of life. Cf. slig-airdbi.
aircch, (skr. aryaka) gen. airig, 84 .i. uasail, H. 3. 18, p. 531.
air-ecnae 65, vcry dear .i. follus inaiiifest.
aiver coast} 27. territory, dat. airiur 48. i n-airiur Saxan, LL. 289b 45.
-âirgim / bind (ad-rigim). s-pret. pi. 3 co ro airgiset 57.
air-iasacht 126, consent .i. cetugud, H. 3. 18, p. 552, .i. aontughadh, O'Don.
Supp., Meyer Contrib. 58.
airib 108, from yoii, aslûifet airib tJiey ivill escape from you, cf. Wb. 14-», 14J,
20S 27--.
airid smooth, dat. sg. ond srogud airid (gl. tercti flagcllo) Sg. 66^, ace. pi.
airide 87.
air-liachtad 3 5 , ti.v///«o- (with blood), liachtain, wet, moisture, raiu, O'R.
airlechtaig [leg. -aid] .i. XQSCîaid no slaigfi, H. 3. 18, p. 530.
airmitiu 16, honour, but also a restriction, tahu, À. geis, H. 3. 18, p. 529.
airsce, ersce 157, neck, gitîkt} ina airsciu .i.in[a] meidhe, H. 3. 18, p. 533.
airrsci .i. méidhe, O'Cl. « the hinder part of thc neck », O'R.
-âirsed App. 168, s-subj. sg. 3: cf. aurrais.
airther lame 99. airther a cinn 115.
ait 33, pleasant, anait iinpleasant.
âitedach App. 5. youthful: cf. maccâem ôc -ditidech, LL. 220» 38, deriv. of
ôitiii « youth » gen. oited.
aith-briste 153, to-broken.
aithech 151, fl giant.
aithergab armsl arrangement of arms} gen. aithergaib 1021^ (YBL.), 145,
dat. ar ind atharcub (gl. pro instructu armorum) Ml. 63'^ i. Seems a
différent word from athiorgah, Meyer Contrib. 148.
aitherrach craft, gen. aitherraig 192 c = aithearraigh F. M., 1595 (p. 1984).
âla skill (aladh .i. gliocas, O'Cl. citing trd âlaidh a urlahhra, where âlaidh
mav be a misspelling of the ace. sg. dtaig 102 a. Meyer, Contrib. 77,
gives the nom. sg. as âlaig.
alach qiiick, in coss-alach 131 q. v. dat. sg. f. Alich, Bk. Arm. 114, cognate
with Lat. alacer}
dlaind i2<), beautiful, superl. aildem 114.
ah-tûnh another (foreign) country, 80, loof, 102 g. 159.
alchaing 5 5, fl rock for arms.
allmarda <^o,foreign.
allus mi'led \ 62, a soldier' s s weat.
altramm fostering, nurture, dat. altromm 5.
am-les disadvantage, injiiry, dat. sg. amlius no, pi. dat. amlesaib LL. 57b.
amlud 2, dat. sg., meaning obscure.
4o6 Wliitley Stokes.
amm ttiiie, ace. sg. la cach n-aim 122.
ammin 55 ît'f arc. ci 'ammiii 35.
ani-ulach 75, beardkss.
am-ulchach 15, heardhss. Côir Anm. 24$.
an-aichnid 44, uiicouth, unknown, Mcyer Contrib. 90.
ancretach for ancrechtach 1 64 Eg.
an-doe 42, iinslow}
an-drocht unstraight, avoked} drocht .i. direach, Lcc. Vocab.
ànem 102» 109, superl. of an spletidtd.
an-etargnaid 93, uncouth, Jiukiiaiun, stratige, Meycr Contrib. 99.
anfarlann 165 St. for anforlann
angim, Iprotcct, -ansed 96, 133 -ainsed, m, 112. 2dy s-fut. sg. 3 pi. 5,
ni-t-ansitis YBL. 51^ jyijt-pret. ro anacht 131. ros-anachtatar 77, part.
anachthac 132.
an-gô 80, 90, 105, uiifalse, hue} rcndcred hy ahis\ in Meycr's Contrib. 103.
Cf. ingo.
angta 133 H', ba hangta .i. ba doi%, H. 3. 18, p. 533.
an-iuil 101'', gen. sg. of an-eol ignorance. With forba aniuil cf. t!r n-ancôil,
uir aniuil, Âleyer Contrib. 99.
ân-li 109 spkndid coloiir (li).
anmed 121, lampooner, properly, lampooning, hlemislring , deriv. oi anim.
ann-seic App. 5.
aplis 153 cnclitic 5-pret. sg. 3 oi at-hailini « I perish », verbal noun apaltu
Ml. 30^ 14. Other instances of -is in compd verbs are collais, dîuchtrais
and dôrtais.
arait, gen. sg. araite, 61 Eg.
aranaissi 8 (ara-nass-si) she luas betrothcd: root nedh, près. -nasc-.
ar-corbaim / violatc, prêt. pass. pi. 3 ar-ro-corpait 26. Other such forms
are ro-marhait § 68 and ro dûnait §
ard-airsid App. 97, high vétéran.
ard-roth 100 c lit. a highwheel.
ar-gabim I capture (in sensu obsc), ar-da-gaib 7.
aridisi 147, again, see afrithisi
ar-laiter 19. (ad-ro-glâd-ter), see adglâdur
-ar-16r teinid 29 (that) I strike fire} According to Strachan, Déponent verb
122 n. -arlôr mav be founded on *arld, *adro-shi, an .s-subj. froni ad-
slaidim; cf. W. Uadd tan.
âr-mag 161, bat tle-field (Cymx. aerfa).
arm-grith 55 Eg. clang or clash of arms, a compd. of ami and grith 55.
arnon-sligfitis 94. they would slay us.
ar-rethim I overtake, perf. act. sg. 3 : nisn-arraid 32, 54, 35, ovcrtook theni
not.
art-be 80, slaughter.
ascuir (ad-sc.) loi b, urccking ?
atacomnaic-si 8 (aith-da-coni-naic), she isl atacomnaic side .i. ata conuiinm-
side, H. 3, 18, p. 529.
The Destruction of Dd Dcrij^a's Hostel. 407
atàither 69. see ad-s6im.
atar let 76 // seeiiis to thee, (O. Ir. ata lat), atar lais 57, it seems to hiiii, atar
lind 1 5 it seems to us, atar (MS. adar) loo 6, it seems to theiii, et v. K. Mcycr,
Contrib. 141.
at-ar-ro-bradsi45, for at-tob-r-ar-bad-si, pcrf. pass. oi adaihcnim, aton-rar-
bad-ni 45.
at-chiu 50, 61 I see. atci-siu 50, atchf 62. rcdupl. 2dy fut. atchichcad 11.
(-acciged LU. 64'' 39), perf. cia acca (ad-cccha) 81, ni 11-acca 20, nf accai
26. co n-accatâr 25. 2dy près, -aiccitis 67, adchcti's 50, pass. subj. sg. 3
-accaister 48 = -accastar Wb. 2^^ 28.
ath-chor 43, /o transfer, restore.
ath-gôite 153 severely ZL'ounded , mai med (-gôiic ùom *gohd-).
ath-laime 98 Eg. dexterity, deriv. oi athiam.
ath-laaim 1 retiirn, s-pret. pi. 3. ath-ra-Isat 47 (YBL.), atrulasat, St. sg. 5
athrola, O'Dav. 51. con atralaid 45 (YBL.).
athremail 42, fatherlike.
atmbia 79, .i. ata lium, fi. 3. 18, p. 531.
atrôe App. 35, atroa 1 56 non potuit, ati-rôi 32. pass. atroas 156, atroastccht
ar in orggain, LL. 269'' 37.
at-ru-bartsa 144 Ihavesaid, while asbert, -epcrt (without thc ro) is only he
said.
atûd 54 Idndling, see ad-s6im.
au-chuimriuch 119, « ear-clasp », O'Curry, M. and C, III, 186.
augra strije, contest, Meyer, Contrib., gcn. ind âugrai 25, whcre it is mis-
printed.
aur-ard (better air-ard, Meyer, Contrib. 43), very tall, pi. nom. aurarda 127
ace. aurardda 50.
aur-chor sâegail 21, lit. a cast of life (« todesstoss », ZimmerKZ. 28, 572),
aurchur a ri'ada (riara) 88.
-aurrais App. 14 ^ -ahurrais 16, a 2d sg. 5-subj. froni * air-ro-sais, ni âir-
sed augra, LU. 99^, root seg} cf. tetarrais LU. 62^42.
aur-thuasacht 86, Ustening to = air-th. Meyer Contrib. 68.
*ba to slay, ni rubutar (leg. rubatar) 77. ni rubadwr .i. nir guinidar, H. 3.
:8, p. 531 (from nî rubéotar?).
bâ 4, good, ni be ba son .i. ni ba maith son, H. 3. 18, p. 529.
bairenn-chorp 87, a rocky body.
hàlc-bcimncch strong-smiting, pi. ace. -u 130.
balc-buillech 87, dealing slrong hlows.
balc-remor 127. strong and thick.
banamail 2, womanly.
bin-bruth 100 j, a subite massl
barr di'as, b. scoth, b. messa 66.
ba salecht 79, .i. ba slaidedh, H. 3. 18, p. 531.
bas-lethan 51. epithet of horses, having a hroad ...? bas is usually thc palni
of the human hand, but herc must mean somc part of a horse's forehand.
ba-t thon icast, 109.
4o8 WhitUy Stokes.
-bât 151, 5J pi. près. subj. ofthc verb subst.
bccdu 102 a: perhaps for beclitu compar. oi hecht « pcrfcct, exact ».
bcimncch 126, v. baie.
bcit 145, près. subj. pi. 3 of the verb subst.
bel l'chtarach 38, Jcnver mouth, the female pudonda.
bélmar 38, 40, 136, big-vwtithd .
bélot 32, meaning obscure.
beni'm ar 87, benus .i. cindis, H. 3. 18, p. 532.
benim re: suail na ro bensat re mbarcaib, App. § 97.
benn-chlaideb 125. a poUited siuorà.
béo-gâite 168, nol mortaUy luoiinded
beôil : atbailtis a beoil 12.
berrad 100 e., hair of the hcad, v. fotol-b.
berr-brôc 113, 123, 127, berd-broc 60, a short aptou, with métal plates
scwn on it, like the Homeric [J.'■-pr^.
bethir is, 129.
biathaim I fccd, secondary b-fut. biathfaindse 60 (St.).
bind iiielodious : compds. bind-iogrogod 99, siveel-sotmding , bind-fogur 99,
mdodious sound} equative bindithir 17.
bith-chorcra 2, ever piirple.
bith-obéle 64, evcr opcn.
blàthem 102 a, superl. ofblâith.
bocc-maerdacht 2, soft dignity.
bochta (in tul-bochta q. v.), part. pass. ot boiigaiin « I break ».
bolg-srôn an epithet for a horse, lit. hag-nose, pi. n. bolgsrôin 51,
bon-simin 105, some \à\iào{ rush^ a I>idrush?p]. n. bonsinine 105.
borr-6claech 109, a great ziwrior.
bos-orgun 54, ha>id-si>iitiiig.
bot tail, dat. sg. but 162.
-both : dûs cinnas rom-both and 70.
bô-thàin 28. a drove of cows.
braénach 87, meaning obscure,
bra-li'ath App. 61, lit. grcy-broiued} epithet for a mantle: bra, lit. cye-bioïc,
hère dénotes some part of a cloak.
brath-béim pi. brathbéimend 98 Eg., like brath-buiUe, pi. brathbuUcda,
LL. 221^ 30, means a destructive bloiu, (brath .i. milleadh, O'Cl. from
*mrath, Idg. root mer, whence ij.àovaaa'., [xapaivfoj, skr. mrnâti.
brebnech, brefnech according to the gloss perforated, pi. brebnecha 135.
brefneca .i. slabraJacha, havhig chaiiis, H. 3. 18, p. 533. But itseemsderi-
ved from brcfean (gl. anulus) Sg. 59b 15, and may therefore mean riiiged.
brecc-dcrg 95, 185, spcckled-red, breccderc 105: equative breccdergithir 97.
brecc-glass 60, speckled-bhte.
brecc-lachtna 61 Eg. speclded-tawny.
brecc-liga 84, better brecc ligda 109, speckled and fuir, bruit brecligdai umpu
.i. dath examail forro, H. 5. 18, p. 551.
breo-gal App. 69.
The Destruction of Dd Dcrga's Hostel. 409
brcsal ^^,strife, x(.'ar, = Corn, hrcsyl, hicsiil, Inrsell, MBr. bresehx(gl.hcl-
liger), breselhat « guerroyer ». With thc cognatc Irish man's viMWQBresal
cf. Cynir. (Coii)hrescl.
brcs-niaidm 55 Eg., hreach, rotit.
bret-nass iZ brooch, pi. n. brctnassa 124 = bretnasa LL. 256b 2, dat. bret-
nasaib LU. 25» 33. O'Davorcn's hrethnais .i. delg must be an crror for
bretnass.
Bricriu Chonaill Chernaig 98, name of Conall Cernach's spcar.
bn'gda App. 61, epithet for a mantle, valuable, deriv. of bn'g.
broc sadness? urath} (Cymr. broch) dat. sg. bruc 130.
brô (broe?) dat. sg. hit brôi di'rmai 29, hi mbrôi bertasa 100 k., mcaning
obscure,
brogsat App. 69, meaning obscure,
brôin dat. sg. 29 Eg. broin 29 YBL., corresponds with thc brôi of LU.
broin a large company, O'R., et v. Lism. Lives 3230, gu mbroin ndoinn-
sciath ndeallradtach.
brôntach mcaning obscure, dat. sg. f. brôntig 100 k.
brothchàn 4, ^oZ/ao^c, Wb. 32<: 15.
brothrach quill, counterpane, pi. n. brothraclia App. 99.
brûar i^i, fragments, compd. brisc-brûar LL. iio''4i, 291*14.
brudamna 130, gen. pL for briilh-damna, LU. 112b 14, nialerial of a niass
(of métal), britth cogn. with Lat. brïitus, Gr. paoû;, Skr. guni, Idg. F.
XII, 186 and damna ^= Cymr. defnydd
bruiden 64, mcaning obscure,
bruilech 165 St., fragments.
bruinn-derg App. 156, speckk-bellied.
brûrcch 165, brùirech 131, fragments, ace. sg. brùrig LL. 261'' 23.
1. bruth 99 ardoiir. Cymr. brwd, Brd. brout, Lat. de-frutum.
2. bruth lueight, mass, see brudamna, bân-bruth.
buageltach 126, caicfeeding}
buide-chass 100 e, yelhiv-ciirly .
buind cholpthac 95, ankles}
bunsach a rod, pi. n. bunsacha 124.
bûrit (buirid YBL.), bcim burit 130, they give a bhiv Cymr. bwnv « to
strike <) bivrw ergyd « to givc a blow ». Litli. birli in kriiis~a byra « it
liails ».
càechad 103 to bliml, verbal noun oi cuecbai m, s-prct. ro cocchastar 105 Eg.
caem a noble, pi. ace. cacmu, 3
caer 62. Eg. H. St. Thc meaning may perliaps bc a hair. If so, d. Lat.
caesaries, Skr. kesara.
caimse, camsc 114, 121, 124, a blouse, pi. n. camsi 116, Gallo-Lat. ca-
misia.
cdin,fair, beautiful, supcri. câineni, 97. 102 a: compd. càin-tocud 100 d,
good fortune}
cairpthech charioteer, pi. n. cairpthig 12.
cdldae 102 b, sleepy, deriv. of cal sleep, Ir. Texte, III, 439.
41 o Whitley Stokes.
canach slcbc 109, said to be « tbe eriophorum poïystachion or conimon cot-
ton-grass », O'Curry M. and C, III, 145 note,
card 67 for carnd 68, a cairii.
carthanach hdoved, pi. n. -a 56.
cass I, epithet for a mantle, curly, not « short » as O'Curry rcndcrs it, or
for hair 119: equativc cassithirgi, cassidir 97. compds. cass-cliorcra 97,
crùad-chass 100 k.
cath-chomlann 87, batlk-coiijlict. cath-milid 27 batlk-soldier.
-ccclilastai 85, seccndary fut. pass. sg. 3 o( cluiiiur, subj. cloor « I hcar »
(root Mus).
ccin 50, 54, 141, a iMle.
céin-mair iii, 112, 133, cenmair 96, hiig Uve\
ccirr dat. sg. 100 i, meaning obscure,
cclaim (-ur?), I forebock, s-pret. pi. i. célsammar 62, a denominative from
ccl 62. omen ni' do cel carsam (.i. ni caraim t'faisdine), a bhcn, ol scsium,
ni tu celmaini^is duin àogrès (.i. [ni] tù doni faistine duin dognath), H.
3. 18, p. 531.
celt 130, dress, raiment, in chellt Ml, Hence dccbelt and Eng. kilt.
celiar see môrcheltar.
ccnn arraic 131 meaning obscure,
ccnniud 137, hood, dat. cinniud 137, pi. ccinnidi 82 (or this may be pi. of
cennide (ace. sg.), LL. 11 3^8).
cendraig 85, dat. sg. some part of a mill, nom. sg. connrach a bdl}
ccnn-hccc small-headed, pi. n. cendbeca 51.
cenn-phairt, lit. head-part, something at the end or beginning, pi. dat. ccnd-
phartib 130, hiiobs at the ends of chains. Metaph. cendphairt in scéoil,
LL. 56b 3.
cerchaille 99. a pillow.
cern 62 (cerr YBL. caer H. St. cderEg.): If cern be right, ci. perhapsNhg.
hirn « brain ».
ccrnu ace. pi. 100 k, meaning obscure,
cerr sce cern.
cert-ehqssair 87, a dite (right) Ut ter.
eert-rann, a right part, dat. certraind loob.
cert-sal a right heel, pi. ace. -sala 130.
cessa, ro-cessa 130 iverc sprcad ont} as-roccss .i. rorecht, Ml. 39^ n.
-cessed 41, past subj. sg. 3 of cingim I go.
cestuigther 149, is questioned, is examined
cét-ad 118, seems a compd. oi cet « first » and ad = cd « space of time »:
hicct-ad would then uiean « in early youth ».
cét-chumsele, 76, 83, 89, 90, 92, 94, 96, 98, m, first couflict.
eét-glonnach hitndred-slayer, gen. cetglonnaig 93.
cethar-ehôir, pi. n. cetharchôire, pi. dat. cetharchôrib, 84, an epithet for
the bagpipes of the pipers from the Elfmound of Bregia, meaning, either
perhaps, that, besides the mouthtube, they had a chanter, and three
droncs, each duly tuned, or (if the mark of length be wrong) that the
The Destruction of Dà Dcrga's Hostcl. 41 1
pipes WCTC qiuidrangular, cf. scfatha ccthrocairi 120, diibLirolam ccthar-
choir 150.
ct^t-liath 128. first-gray, in first grcyncss.
cct-tcii Jâl 69, first beacon-fire.
ciallathar 100 a, jd sg. près. ind. dep. of *ciallur, mcaning obscure,
cian-focus 67, Wx.far-ncar.
cin deJictiim: hi cinta Eochach App. 26. LU. 99a Eg. 120^ 2, for thc offence
of Eochaid : se hi cinta ind fcrgoirt do milliud, LU. 105^ i, for thc offence
of destroying thc mcado-ii'.
cm F. codex, gcn. sg. na cîno, App. 168, cin mcmbruimm, Corm. dat. isin
cin, Laws, II, 554, 580, pi. ace. tabraid dùn cina meniruimni co scribam
dûib, LB. 171a 39. Borrowcd froni Lat. quinio « apentad», there being,
according to Cormac, five sheets of parchment in a cin.
cir chuirrcii i. a bright coiub, .i. cior ar a raithe cur rcil no soillcir, O'Cl.
ci'r from *kësrâ, cuirrcil from cou -\-rcil.
claidbine suvrdkt, claid[b]inib 97, cethri claidbini LL. 56a.
claideb garmoae 61, 128, aweaver's heatn, claidcb garmne (gl. liciatorium)
KZ. XXX, 556, 558.
clucht a pldit, pL dat. clechtaib 97: from Lat. plecta.
clessaninach 109, m, a jugglcr, pi. n. clcssamnaig 120. Deriv. oi ckss .
cliab buana, 58, 97, a reaping-baskct.
clithar-garb 130, a rough coi'ering}
clith-chor 100 d,- clechtchor St., mcaning obscure.
clith-étach 28 (clith-étcaid Eg.), close cloth}
cloen-mil 16, 26, meaning obscure, lit. « -ivrong (or evil) bcast •>■>.
cloth-rf 100 b, a famoiis Jdng.
duas-coistecht App. 69, listening tvith ears.
cndmradach 89, cnâimred 102 c, a collection of bones (cnâma).
cnam-ross, Bone-ivood, gen. cnâmroiss App. 156. Dinds. 31.
cobba for co mba i .
cochléne 45, cochline 115, dimin. of cochull.
cocorse 100 d, n. pi. cocairse LU. 105'' 46, cocarsi LU. 8i-i 11 = cogoirse
O'R. cogn. with cocarus LL. I20''47 = cogarus (con -\- corus) O'R. see
Strachan, Celt. Zeitschr. III, 41g.
côel-druim 157, spine.
coel-glais 87, 88, slender slream.
coem-choppad 97 Eg. meaning obscure. See rethe coppad.
coemud : for coemud (.i. for coimetno for biathad) in mie, H. 3. 18, p. 529,
corresponds with ar chomet in maie § 8 ad finem.
c6i 138, lit. luay, seems 10 mean « place » or « meeting ». So in Bruden
Dâ Choca : for coi ceithre sligcd no bid nach briiiden.
coible na flatha 65 (con-féle), hospitality of the prince.
côicrind "]) five-pointed, -t<i.-<<'>WKfyi , pi. n. coicrindni (cuicrinde St.) 95.
côic-roth 75, 91, 100 i, fivc cir des (or wheels) of gold.
côic-sess-churach 87, a bout having five thwarts (MS. cûic-).
côindso 75, counlenance, is cuindsi (.i. aigid), H. 3. 18, p. 531.
412 Whitley Stokcs.
c6ir-di'riuch just and slraigJit, pi. n. coirdirgi 2.
com-accmaic 87, puissant, powerjid.
com-acs co-aeval, pi. n. comaesa 76.
com-âlaind equally beautifid , pi. n. comalli 76, 84, comaldi 103.
com-ard 75, equally high.
com-ardu 48, opposite to (comarda Htiiir « in glcichcr hohe mit Howth »,
Zimmer, KZ. 28, 577).
com-bâgach App. 160. coutetitious, ro ferait na catlia sin eu comborb com-
bâgach di cech leth, LB. 124I' 22.
com-bind 66, equally melodious.
com-bruthc crushed, dat. combruithiu LU. 23a 23, pi. dat. combrut[h]ib 89.
com-chctbuid 100 b. consent.
com-chôir 76, equally just.
coni-chrôda 103, equally hardy.
com-dcntae 100 c. n^wetf? samskrta.
com-dctae 100 c. lordly} deriv. of tlie stem of commdiu lord.
com-ctaid 104, 114, 126, guardsman. Compd cûl-ch. q. v.
com-to-clirdib -vicinity. hi comfocrâib 121 at hand, close by, a stronger form
oîfochrôih. Sec craebach.
com-gné lOi b. con-fomiis, similar (gnê forma),
com-gni'm 83, 89, 108, i 11, 129, proivess} or perhaps a joint-deal (of va-
lour).
com-lebar equally long, pi. n. comlebra 82. comlcabra .i. comfada, H. 3.
18, p. 531.
com-lin 86, 135. equal nniuher.
comlond fo cutrammus 45, a combat on equal ternis.
com-maidmech App. 97, triiunphant, glorying, dcriv. of comnuiidcm.
con-da-fil 83, so that they are.
con-id-ralâ ar 102 b. till lie bas chanced on
comsid 129, lord, niaster, dcriv. of coinnius « power ».
-com-arnectârr 22. they met logetber, perf. pi. 3 oî con-air-icim.
con-éirgim, cota-cirget 141.
congan cridi 92, H. 3, 18, p. 532, whero congain is glossed by toirrse.
congna, bera congnai, App. 114 A.
con-grcnar 11, is collected. Verbal noun congraimm, also congreml .i. tcgla-
mad no tinol, Archiv f. celt. lex., I, 477.
con-i'scd 78, secondary s-fut. sg. 3 oï coniccim « I am able », con-n-ic 86.
con-rainnim 83, 135, con-roinnim 96, with transition from the â-conju-
gation: cf. roinne SR. 5348.
copad 91, coppad 97, rethe c. meaning obscure: « a bleating ram »,
O'Curry, M. andC, III, 140, 141, seems a merc guess.
cor mo diberga 73, the turn of my plundering.
corcor-gemmach 100 g. purple-gemnied .
core colbthaige 58, 128, a caldron capable of boiling a colhthach or heifer.
corr-derg an cpithet fora horse, pi. n. corrderga 51, whcre corr must mcan
some part of a horse's body (corr « snout », O'Br.).
Tlie Destruction of Dd Derga's Hostel. 41 j
corrôemed 1 57 = con-ro-memaîd : sec -ma.
corr-mîl 161, some insect, honict} horsejîy}
cosnam 27, oc do cosnam soni .i. a tcgmail a timccll, H. 3. 18, p. 529.
coss-alach \-^i, su-if tfooted.
costud 73, usage} coinpanionship} also in LU. 87->38. LL. 220'' 39, 232'' 33,
243" 42, seems borrowcd from Lat. cousitctiido. O'R's costaidh an inn, if
gcnuine, wonld give a suitable meaning.
costudach, costodach 100 b. Also in LL. 100147, 100153, 120'' 3 derivcd
from costud.
cotât 87. hard = cotut- q. v.
cot-riccim fri I nieet with, près. ind. pL 3 cotregat 44 (cotrecat YBL.), perf.
pL 3 cotrâncamar io<). cot- (also in cot-aneccar-so Wh . 14'= 40), perh.
from *l;ont, Thurneyscn, IF. Anz. IX, 192.
cotut-sleman i, hard(:\nd)siiiooth. This word is misprinted chotiit kiiior, and
misrendered « gathered and soft » in O'Curry, M. and C, III, 190.
crdebach 119, branchy, deriv. oi crôeh, fem. gen. crôebe, dat. crôib in fo-
chrôib, near, at haud, and com-fo-chrôib.
crann-sciath 87, a u'ooden shield, as distinguished from one madc of wicker.
crech-f'obaid, nimhhin forays, pi. n. crechfobdi, 51.
créchtaide (MS. crécthaidi) App. 97, tvound-injlict'uig.
crédtiu, gen. créda 107. cret chréda : compd. créd-umae 75.
cressaigth-e 128 shakes it, wherc thc -e is an affîxed pronoun. cressaig/j .i.
croit[h]is, H. 3. 18, p. 532.
criathar âtha 131, sieve of a coni-kihi.
criathraim I pierce holes in (like a sieve), prêt. pass. ro criathrad 167.
crithnaigim 1 tremble, ro crithnaig 55 Eg.
crô-derg 97, 98, goj-e-red.
crôeb triana blâth 66.
crom-scîath 116, ii'^, a curved shield.
crùad-chass 100 k, hard and curled (cx\iz.àc\\(iss LU.),
crùan-maith 51, red enamel. Hère H. 3. 18, p. 530, lias: co tri .l. nall (.i.
srian) cruanmaithnech friû, whcre nall should probably be corrected
to ail.
cruind-becc 2, round and small.
cruind-berrad 82, a round head ofhair, fri cruindberrtha .i. tri fuilti cruinde,
H. 3. 18, p. 531.
cûar-sci'ath a bent (crooked?) shield, pi. n. cûarsceith 76.
cûas App. 5, a holhiu.
cuclige loi b. totlering, cf. bai ind arc for cuclaigi gcll, SR. 6673, cucligi
in talman occa thochur dar aird 7 dar cenn, Lism. sii^i, cucligiu 7
maidm inna secht nime, ib. 51*2.
cuil 4, bail, cuil .i. olc no toirmisgthc, O'Cl.
cuimm chnâma q4, shape of bonel Cf. the verb ciinnnaini.
cuin ruirthecht, App. 156, meaning obscure,
cuimscle 100 d. counlenance}
cuirce a curch, headdress, but in 137 fl ttift, cresl or topJcnol.
414 Whiiley Stokes.
cuirrcil (v. cir chuirrcil), from con- and réil « clcar » ?
cuitbid 158, a j es ter (con-ùbid).
cûl-aitirc 66,fnrther securily, litcrally a haclc-guaraulor.
cùl-cliomctaid, a rear-guard, pi. gen. -c 105.
cûl-mong 76, 127, 150, hack-hair.
culpatach booded (« warni ») O'Curry M. and C, III, 190, v. Icburch., a
dcriv. of ciiJpait.
cumachtacham 100 a, superl. of cumachtacli poiuerful.
cumal a sJaivgirl or lier value (three cows) pi. n. cumala 3, 8.
cumall (caumall Eg.) loi a, b, meaning obscure,
cummascdae, epithet of bratt 28 Eg., of loin 1 18, literally viixed.
cumscle 07»t.'/? pi. ace. cumscliu 150.
cumthi 79, 96, for cummthi participle of neccssity oi cmnmaim » I shape »,
« I do », as in Listn. Lives 461 1 : gu cumaid [ccumaitt, B.] a ndegh-
gnima.
cungas 28, meaning doubtful : cunglas St. seems a compd. oi glas. The
first élément (ciiin- ?) may be in cun-dil n decorus » .
cuslennach 151.0 piper, a deriv. oi cusle « pipe », « vein », pi. gen. cus-
lend 99.
dadaig 7, 12, at night}
dag-ere 87, 128. a goodhurden.
dag-thrian i 30. a good third.
da\gfire, daig do ri'g 61, daig dâirthaige 65,
dâirthech, gen. dâirthaige 65, an oratory. The a oi dair being in position
is lengthened.
dais heap, pi. n. daisse 89, daissi .i. car» H. 3. 18, p. 532.
dâm dàsachtach if not, as above suggested, a party of Berserkir, may be =
the Scottish herd widdiefoivs? cattleslealers ?
daman App. 156 meaning obscure,
dam-dabach, lit. ox-ttih, pi. damdabcha 127, where it is applied, metapho-
rically, to fat round men.
dam-seche 44, 58. ox-hide.
darôet 52 from to-ro-ét, Jms corne.
dartaid i$B>, a yearling, a year-oldbull,rf. «fld^Z'wra nickname ofTulchinne.
data 147, fostercr.
dech 39, hest, is deich .i. is fearr, H. 3. 18, p. 530.
dechelt 102 a. = degcelt .i. brat, H. 3. 18, p. 532.
decniaic .i. ingnad O'Dav., compar. decmaicci 87.
dedbol 87 a iveakling ?
1. degaid 44, a chafer, hlackbeelle (« zu nacht, Zimmer KZ., XXVIII, 370,
S75), degaid .i. dael, H. 3. 18, p. 530, is ace. sg. oi dega = de^gha .i.
dael, O'R. So in § 61, the duibithir dega of Eg. the duiblnthir degaid (.i.
dael) of H. 3, 18, p. 530, corresponds with the dubithir druim ndiil ol
LU. Cogn. with Eng. tick, Germ. ■:^ecke, and perhaps Armen. /q.
2. degaid App. 160, meaning obscure,
déitgen 75, a row (or 5*;/) of teeth.
The Destruction of Dd Derga's Hostct. 4I 5
deirb-cride, Si Eg. sure-hearlcd.
dclbthor 100 f. , meaning obscure, delbnctliar St.
denn-maisse xoof. Eg.
dénum datha i , buruisbing ?
deoga tonnaid 98, 129, 167, dr'nih of dcaih.
deogbaire 139, cuphearer.
dcolatchair 17, meaning obscure.
deolcha 28, meaning obscure.
-derband 108, see terbaim.
derc, derc[a] a sedlaig 2, arinhok of her shifi (not « bosom of lier smock »
as in O'Curry, M. and C, III, 100). In 128 rf^-rc seems a scribal errer for
draic « dragon ».
-de-r-cacha 71 perf. sg. 3 of do-cccim I sce (from to-en-cim).
derg red, equative dergithir 2. compds derg-(f)aesc 97, rcd sheU, derg-inliud
I, a red insertion.
dess-corach 35 YBL. rcading doubtful and meaning obscure,
desad I sat LL. 152^7, sg. 3 dessid, pi. 3.
-destetar 52. See Ascoli Gloss. cclii.
dét tooth, ivory, gen. sg. dét y6, 95, 103, 126, 152.
diabol-nâma a devilish foe, pi. n.-nâmait 81.
diag for diig 106.
dias claidib 98, point of a sword.
diceil, nom. dual, o-war^/aw^? App. 114.
-didlastdis 128, 137, secondary 5-fut. pi. 3 of dlongim, perf. ro-s-dedlaig
SR. 7958.
dilsigud riibréithre. App. 62.
di-maisse 100 f, meaning obscure and reading doubtful, «(/('««wamc Eg.,
n-innmaise St.
di-mes 100 j., meaning obscure. Itcannot hcdiniess « contemptio », Z-. 873.
dimôr 82. dimàr 127, buge.
dingabar 100 k. is taken aicay} près. ind. pass. of dingabim, pi. 3, ding-
baiter, Laws, I, 142.
dir 13 (dual Eg.) « proprius, conveniens, iustus », Cymr. dir « certus, ne-
cessarius », idg. root dhê.
di-raith 63, gratis, doraith St. H.
disiu ocus anall, 46: cf. siu 7 anall 53.
ro-dithait App. 160, should perhaps be ro dithaigit tbey luere destroyed, cf.
dilbugud, Aisl.
dith-lâithrigim I exter minute, prêt. pass. pi. 5 ro dithlaithrigit App. 160,
verbal noun, Three Shafts, p. 353.
diuchtrais loi b. be awoke.
diulathar 93, meaning obscure,
-diuscim / aî(,v7/.:t; (di-od-sechim), prêt. sg. 3 do-r-iussaig loi, cncl. ni de-
r-saig, LU. 130^ 27.
dligim I am entitled to, deponential 5-pret. ro dligestâr 22.
do-aid-becht : fobith ton-aidbecht, App. 168. Root bong, beg.
/)i6 Whitley Stokes.
do-air-cim do I cause lo} doairgebad (-taircébad Eg.) i8.
do-air-(i)cim / conic to} domm-âir 27, taircitis chuccai, Dinds. 117. tair-
geadh .i. tracht, P. O'C.
do-airinnim, / /(■/ ^/ohh, près. pi. 3, du-sn-arinntis, App. 114. V. Strachan
Sait., 64.
do-arm-chellaim / go round, prêt. sg. 3 do-r-armchell 155 Eg. (to-ar-
imm-c).
do-ar-raid, dosn-ârraid 38 Eg., hc overlooh them, pcrf. sg. 3 oï do-ar-rethim.
do-ath-laaim / rctiini, lit. rcpono, s-pret. pi. 3 doathlasat 47.
do-choisti's 27, 3d pi. 2dy s-fut. of do-chu-aid « ivit » (*to-co-f;uth), pi. 3
dochùatar 165.
do-chomrac 166, an evil conflict.
do-coemnacair 157, there chauccd to he, dep. perf. sg. 3.
do-cuiriur I put, I ibrow, docuirethar 71. to-s-cuirethar 55, ta-curethar 39,
2dy prcs. docorad 54. pi. tos-curetar 67, cncl. 3d sg. di'-chuirid 149.
pass. sg. 3 dochuirther 105.
do-deochaid 156, 157, 166, he bas goiir, pi. 3 dodcochatàr 83, 134. s-conj.
sg. 2 -tudchaiss App. 14.
do-dôrted 140, better dodrôrtad YBL., seems from * to-to-ro-forted, see infra
s. V. do-forte,
dôel-abra, a hlach-heetle-hrùiu , pi. gen. doél-abrat 100 d.
dôerad 100 b, enslavement.
do-érnaba 80 Eg., 102 g.
do-cscaim I eut oui, do-n-iscide 65.
do-fâeth 83, 86, 92, 102 c pi. dofâethsat 83 dofoethsat 84, s-fut. sg. 3,
pi. 3 oî do-tuitim « I fall ». dofoethsat 85 secondary s-fut. sg. 3. The/
is prothetic.
do-fedim educo, v. doruided
do-filter 7, there is.
do-fi'urat 138, s-fut. pi. 3 of *do-orgim « I slay ».
do-foicherthar 81, it ivill he cast, secondary s-fut. sg. 3.
ào4ox-mx\g\m I increase, -tormaisead 2. dofoirmscd Ml. 35» 17.
dô-forte 97. do-r-ortat Fél. May. 27 (rofortad B), dofortad (gl. eflfunderet)
Ml. 36'^. Root vert,
do-fuitet, 143, 149, tofuitet 143, 148, 150, 151. theyfall, for do-tuitet (ex
*to-to-tudet, Strachan).
do-gniu 92, dod-rôni 26, arn.^ dcrnat 94 co ndernsat App. 141. dorigned,
dorônsat 134, do-nd- rônsat 168, dorônad, 153.
do-im-chellaim I go round, s-pret. sg. 3 do-r-imchell 154.
do-guir 32, meaning obscure.
do-mâine8o, loss, privation, evil, opposite to so-mÀiue « wealth » « profit ».
domain 102 g. domnais App. 69.
donn, noble, gen. duinn 79, .i. uasail, H. 3. 18, p. 531.
donn-berrad 95, fl broivn head of haïr.
donn-fer 82, 95, 130, a brou-n vian.
donn-iolt 95, bro-icn hair of the head.
Tlic Destruction of Da Dcrga's Hostcl. 417
dorechachasa (Icg. dorccachasa I saw (*to-ro-cn-cacha), do-ni-rccacha 109,
it sau' me.
do-riadat 50, they faïc to, do-r-riadat 5 1 , for * to-n-riadal, with infixed re-
lative,
do-r-iussaig loi, v. diuscim.
doroacht, I hâve corne, doroachtmar 3. doroachtatar 84.
doroch, gen. pi. 109 H'., for droch a wheel .i. roth, H. 3. 18, p. 532.
do-roistis, dorostais 24, ihey ivouIJ repair lo.
dorralad 142, for doraîaii Wb. 13^^ 8, perf. pass. sg. 3 oi dolâaim « pono».
As to the vowel of -ra- sec Thurneysen, Kelt. rom., 34.
dorsaire 142, doorivarden .
doruided 90, meaning obscure, was led'> cf. du-da-riiid Ml. 63'' 12.
dos-bile 97, a hnshy tree.
do-sendaim I huiit, pcrf. pi. 5 do-t-roiphnetar 166, prct. pass. pi. 3 to-
sessa 29. fut. -taibnither App. 14. corruptly ni taifnichter 16 : ni toit-
findta .i. ni hinnarbtar H. 5. 18, p. 529. verbal noun tofond 26. (to-
svend-).
do-tecim: / corne to, do-thic 143. do-for-tecat, 79, 83. dodânic 102 a. where
the second d is either an infixed neut. pron., or a / medialised by the
infixed relative: cf. atach adessam Hy. i, 4, where adessam is =: ad-n-
tessam (Thurneysen).
do-thâetsat, 92, 3d pi. s-fut. of do-tuitim //a//, s-pret. pi. 3 dotuitsct 152.
do-thaistis 60, do-thaégat 155, dothàet 73, 126.
do-tôegasi, App. 62 sbe chose.
draicc 128 Eg. a dragon.
drech-natha App. 69, ace. pi. meaning obscure
dremne, rage, Jury, dat. dremniu 44.
drindroisc 8 (dru-ind-ro-sq...) an urgent request. a tri drindroiscsi .i. a tri
hathchuingi, H. 3. 18, p. 529.
droch-cara 3, a badfriend.
droch-laech 79, a bad (cowardly) ivarrior.
droch-menmand 36, bad spirits.
drocht wheel, ace. pi. drochtai 71 H. Still used in Waterford for a millwheel
(Henebry).
drol hook, pi. dat. drolaib 97, nom. druil LB. 121»: cf. dub-drolam 130.
dron-aicde 100 f. a strong building, applied to a mantlc !
druimne 2, a back.
dûabais 38, sorry, opp. to suabais.
du-achnid 26, du-aichne 93 (duaithnc YBL.) hard to recognise.
dualldai \,fringesl secms a dcriv. o( diial « a lock of hair », from*doklo-,
cogn. with Goth. tagl (Strachan).
dub dark, black: compds. dub-asse 112. dub-berrad a black head of hair, pi.
-berrthae 112. dub-boccôit 82. dub-chrann 85. dub-dcrg 87. dub-dés 87.
dub-drolam 130. dub-lenn 112. dub-lind 128. dub-sciath 95. dub-sleg82.
equative duibithir 2, 58, 97.
duinegin 93, (froni duinc-gcin?;, meaning obscure.
Revue Celtique, XXII. 28
41 8 Whitlcy Stokes.
duinne 127, hrowniiess, dcriv. oidonu.
dul nôi ndrong 109, lit. tJie going of iiiiie Invuïs, perhaps tlic timc in which
nine bands would mardi past.
dûthraccur I désire, près. subj. dudrastar 8. cf. mi-dutiirastar Patr. h. i.
echda 130, equine.
cche 62, glosscd by ni dorcha, « not obscure », and is folliis « it is mani-
fest ».
ech-lascad (= cch -j-Aescad) 32, horse-lashing, deriv. of echlasc, pi. echlâsca
103.
echtraim I go forth, nir'cchtra 16, App. 14. arnâ hcclurad a Temraig cach
nômaid aidchi, LU. 99* (App. § 168), echtrann App. 160.
eclann 97 a plate, froni aith- plus cland from Low Lat. planta.
ecnach App. 14, = ccna 14. 94. App. 168. is ccnach 94 .i. is follus, H.
3. 18, p. 532.
ccoir I, adj. arrangea? orderly ? cogn. with ecor (aith -f- cor) and ecraim
« inlaid with sparkles »(!) O'Curry, M. and C, III, 190.
écomtjg, u mis liai} -pi. ccomtige 13, ccoimdigi .i. ncmgnathacli no anminic,
H. 3. 18, p. 529. opp. o{ cointig « consuetus » G.C^. 1002.
ecrus arrangenunt} sèche ( n-ecrus iarna chul, 87. claideb orduirn i ii-ecrus
sesta, Ir. Te.\te, I, 310.
-ecsetar 52, s-conj. pi. 3 of ad-cu-aid, he has related, Idg. F., XII, 185.
ed inn urchuir, ed n-urchair, App. 33, spacc of a shot or cast.
éiglh-i 20, he -wails.
en ivater 64.
en 32, 34, 35, an interj. loi en ama/c etc. no comadh einne a maie bu coi-
-rann .i. foimdin no fritheoil. 110 é a maie .i. truag a maie, H. 3. 18, p. 530.
én-chennach bird-skin, ace. cnchendaich 7, pi. ace. enchendcha 13: cf. Icel.
fjadhr-hanir winged haunch.
én-flaith 16, bird-realm.
eng track, cet n-ech mbûada hi sedgregaib oss n-ewg, 28, eang .i. lorg,
O'Cl. ; but thc phrase is obscure to me.
eochrad 3, a cavalcade, gen. echraidc 50, pi. n. echrada 50.
éolach a guide, pi. ace. eolchu 70.
er-gnas 102 a. knoiuledge, synon. with crgna.
Ériu Ireland, nis-fetursa in Herind hère means (aceording to Henebry) I
know not at ail. '
ern-bad, pi. ernbaid 122: meaning obscure. The ern from *(p)erno- seems
bc a prefix, as in crnhas, q. v , eriihude, and perhaps crngabthi Ml. 16^5.
In email (= ern-dail) the prefix ended in a nasal,
ern-bas, gen. ernbais 79: meaning obscure.
ésce ^ eisci .i. guasacht bais, « danger of dcath », H. 3, 18, p. 60^^.
eisce « assault », Ann. Ult. ici g. nf ésee cen rig 102 a, a proverb ini-
plying that (is battle) a king is or should be always in a place of péril,
eslabar 1^, gênerons, easlabra .i. enigh no farsing. H. 3. 10, p. 529.
-ctas 92, prêt. pass. sg. 3 of étadaim, / <,v/ : cf. étaste MI. 43*^20, ctastar,
Wind. Wtb. s? 2.
The Destruction of Dà Derga's Hostel. 419
ctarglcod 24, to décide.
(:x\gugly (an -\- tig), gl. ace. citchi 150. Honcc adcti:^ sehr abscliciilicli.
facbordac >i, ichetted, excited, stiniulated} part. pass. oî facbiahn (J'aohhniii/i,
O'R.), adenom. (vom faebiir « edge ».
faelad 20, leaniin^ (thc trade of robbers),/ao/rt(//; .i. foglaim, O'Cl. : or wer
wolfing} deriv. of fael: see Côir Anmann, Ir. Texte, III, 376.
fagbat App. 156, leave thon} seems an imperative 2d sg. with affixcd pron.
filgud ICI c, prostration} verbal noun oî fo-Algaim (fo-ad-leg-).
fanacbasa 1 3 (rofacaib Eg.) seems a corruption of f-an-âcabsom hc left tbeiii.
farrumai 148. (forrunia YBL., doluid Eg.) for for-rii-bai, root ben, Lat.
vert-, nsforrumai LU. 64b 31, tor for-ni-bai, imrubai, root ben caedere.
fcinestar window, App. 5 = seinister 6. From Lat. fenestra.
feis 86, 3d sg. s-fut. act. oî fichim « I fight » 3d pi. près. ind. y>^ss. fichitir
109, prêt. act. sg. 3 ro fi'ch 167 cognate with Lat. vi-n-co. Note the
change in the Irish word from the / to the e séries. So in Jetar, root veid.
fémmed impotence, weakness, gen. sg. femmid 79. 83, 102 f, dat. fémiud
Fél., p. Ixxiii, ace. fcimmcd LU. iiib the/ may be prothetic, the é^wwcJ
= *ex-medo-, cogn. with Ir. f-émdim, for-e'nidini « I ani unable », and
Cymr. tneddu « posse ». At 83, H. 3. 18, p. 531, has: nela feimme .i.
nela fola, which seems a bad guess.
femendae pi. n. 50, 51, an epithet for horses : meaning obscure, pcrhaps
borrowed from Lat. velicmens.
Fén dar crinach 41. fen .i. carpat no carr, H. 3. 18, p. 530.
feraim I pour, I make: ro fersatâri52. Lidén Stud. 38 connects àpûw,
feramail App. 160, manlike.
ferb 130, perh. gen. pi. of ferb cow.
fcr-crecht fl tnanly ivoiind, pi. gen. 167 Eg.
fcrda App. 160, manly, courageous.
ferna35, shields, fearna .i. sgiatha, H. 3. 18, p. 330.
fcrtais carpait 81. shaft of a chariot.
fés ichtarach, 61 schamhaar, fés= O. Pruss. wanso. Cf. bel ichtarach.
-fetar, -fetur 94, los- I kti&w, ro-s-fetar subj. 113, 117 subj. pi. 3 ni hetar
ro fessatâr 68. pass. sg. 3 ro fessar 109, past. subj. pi. i acht ro fesmais
28, co fesmais 73. The forms ro /é/ar/ar, ()S,ro-génartar Wb. 4'^ 12, scem
blunders for ro fetatar, rogènatar, Strachan, The particle ro, p. 14 n.
Otherwise Zimraer, KZ., XXX, 225.
fethanaig dat. sg. App. 114. a withing}
fiamain 135, supposed to meana hare, and to stand (ox fîad-inuin.
fian-galach 32 YBL. fian-valiant. fianlag 56.
fichte for figthe woven, tech fi the a luicker honse, O'Don. supp. s. v. atiliii.
fi'ad-uball 38, 85, a crab-apple.
fich 147, a fend.
fi'n-barc 81, lit. barque-iuine, wine carried in a'ship to Ireland from France :
cf. bid fin rhbârc 6 Romanchaib, Egerton 1782, fo. 18*2.
find wJnte: equative finnithir 189: compds : find-airget 100 i, 119, 125,
420 Whithy Stokes.
white silver. find-buide 84, 103, lo-j , pale yellow Cmà-ilanh a fuir priiice,
gen. findflatha 102 c.
findruine 98 (froni *find-bruine?) wbile bronze.
fir-feochair App. 97, truly ficrce.
fi'r-medôn 72, exact centre, very middle.
fithis tria fitliisibh .i. conair, H. 3. 18, p. 532.
flaithem /)rj««, gen. flatheman 108 c. (Eg.).
fo-ara 115, an under-charioteer.
fobaid 5 1 , quick, active, nimble.
fobi'thin 92, 106, l'^i, hècause.
fo-canaim succino, près. ind. pi. 3 (rel.) fo-chanat 99.
fochla féinnida 74, champions seat.
fo-cerdaim I cast, près. ind. act. sg. 5 foclicird 107, 109, pi. 3 focherdat
95. s-fut. sg. 3 fochicher 102 c pass. fo-cicherthar 81, 2dy s-fut. sg. 3,
acr. -fo-chriched 85, (an error for -fochicbreJ , hancr foichred, as in LU.
84» 19), t-pret. fochartatar 141. pass. prêt. sg. 3 fochres 143, pi. 3 fo-
cressa 54.
fo-dâig 117, fodéig 118, 168. LU. 99». becattse oj them, fo n-déig 126,
Ib-derc, foidhearc, O'R., fo-derg 4, char, évident, corresponds with thc/or-
reil of Ir. Texte, I, 119. In O'Curry's M. and C, III, 190 cobbafoderg is
misprinted cobba stearg dona ferait, and misrendered by « the men ... were
ail shaded in red ».
foditib .i. cenglaib 120.
fo-domain 87, depth (fudomain, Wind. Wtb.).
fodord .i. fi ord .i. drochord, H. 3. 18, p. 529.
fodordaim 18 1 mur mur.
fôeltnigim I rejoice, s-pret. fôeltnigis, App. 156.
-fôelusa 81. enclitic form oî fo-lihissa Wb. 23^25, s-fut. sg. i oî fo-hngim
« I support » pi. 3 -foelsut 138, encl. form oi fo-lilsat Wb. 25'i 19. Ml.
80» 1 5 .
fôen-chles 148, lit. a supine feat, sonie feat with a shield.
fo-fâcbaim I leave, près. ind. pi. 3 fof;\cbat 13.
fo-garit soniewhat short , pi. n. fogarti 116.
fo-gellaim I consul tl s-pret. pi. 3 fogellsat 20.
-foichred 38, 97, see focerdaim.
foimtiu, dat. foimtin 130: ina foimtin .i. ina n-oircill H. 3. 18, p. 533.
foithre a uvod, pi. dat. foithrib App. 97. Ucncc foilhremjil.
fo-laimiur, / attempt} pi. 5 fôlôimetâr 126, folaimtis 19 (folamdis .i. do-
sanntaidis, H. 3. 18, p. 529). See Trip. Life, index,
fo-lilsad 38, from folenaim
ro-follang 36, perf. sg. i of fo-longim, pi. 3. folongat 91.
foloi I, some kind oi chah, (folai, Ir. T., I, 119, folae, Corm. fola .i.
brat O'C), misrendered bv « with a ... gloss » O'Currv, M. and C,
III, 190.
fomôir, fomôre 94. a Fomoriaii, pi. dat. fomôrib 94.
fomôrach a Fomorian, pi. n. fomôraig App. 93, gen. pi. 93, cogn. perhaps
The Destruction of Ihi Dcri;,a's Hostcl. 421
with Lat. voino, Gr. ia/co: cl'. ON. l'.inir a lo.ulisomc porson, Clcasby-
Vigfusscn.
fonaidtîdc 54, a scribc's niistake for fonfaide (fonfaithca Eg.), 2dy b-fut.
pass. o( ftiitiim « I broil ».
fo-naidm ngiall 15, Htidiii^ ofhostages.
for. you, Mid. Ir. intîxed pron. pi. 2, do-for-tccat 83, etc.
for-aicci 109, sees}
for-ainm 42. a suruame, iiichiame.
for-ard very high, pi. n. forarda.
forba ICI b (for orba), héritage.
for-baide, very yeUow (buide) pi. n. forbaidi 1 16.
for-baith 102 b, (*ver-bâti), gen. sg. very lovable: cf. Gr. ^ahiov -rrpoaoïXc'?,
f,oj, Hesych.
for-bann superjliiity, aiixUiary, pi. dat. -aib 20. cona forbanna/Z» .i. cona
ngillanraid H 5. 18, p. 529.
forctha;, forcthe (corruptly forche, forcho) 6, feiiced} cogn. with Cymr.
gorch (if tiot, as Loth thinks, one of Pughc's inventions) and Gr. ïpy.oi,
ôpxavr, from Fip/.oç, Fop/avr] : cf. Cypr. y.axEFopxwv, siebebagertcr, Collitz,
I, 29. The Old Irish verb dom-farcai Sg, 205 marg., « me cingit », do-
dotfairci, Fél. Jan. 26, shews a différent grade of vowel.
for-cepul dat. sg. 1 17, ivrapping.
for-cluiniur / /;é;a;-, pass. 2dy près. pi. 3 -for-chlôti's 67.
for-chuitbid 138, a jester, synon. with ciiithid 138 (s. v.) diwàfuysire, 138.
forcraid anma 62, lit. excess of name, « much of a name ».
for-crothaim, I shahe, prêt. sg. 3 for-ro-chrath 55.
for-dâim 34, seems près. ind. sg. 3 of a compdof 2. damim, Wind. Wtb.
fordat 54, 73, forda(d) 45, they say, cogn. with Lat. verbum (irom*vei-fom,
"verdhom), Goth. vaûrd.
for-dath 100 e. hue.
fô-réim 50, a good course.
for-desc some part of a basin, the rim} pi. dat. forflescuib i St. « outer
edges», O'Curry, M. and C, III, 190.
for-iarn 87, /fe iron point of a spear.
for-icim I find, pcrf. sg. 3 for-r-dnic 163, of which the enclitic forni is
-fairnic: prêt. pass. for-r-icht 129.
for-lâim 57 dat. sg. « handling », Crowe ; but the corresponding word in
YBL. is forlaimm {=^ for -\- lêiiiirn), verbal noun oi forlengim.
for-lengini I leap, près. ind. sg. 3 forling 57,perf. pi. 5 for-rul-eb-langatar
Ml. i29<:2i, where rul is for ror ;= -c,o::po, skr. prapra.
for-mend 114, stammering.
formna fer 60, a multitude of men, pi. dat. formnaib 52.
formnae na fairgge 44, shoulders of the sea.
for-nascini I bimi, perf. sg. 3 fornenaisc 14.
for-rcil 65 Eg. App. 14 very manifest: cf. curréil.
fo-ro-emim see fosraemet.
forrânach destructive} App. 97.
42 2 Whitlcy Stokcs.
-forrûich 66, lie altached, injured} for-ro-(icli? cf. nad fuich, Amra Chol.
§ 129. Ibrruich, forfuich, Ir. Texte, I, 81.
forsaid 34, for arsaid, witli prothctic f. ?
for-sui 124 « grcater sage » (O'Curry, M. and C, III, 184), namc ol a poet.
fortche 2 (= for-tuige), a covcriiig. feoil na foirtce .i. eLxch ania/ ata brog,
H. 3. 18, p. 529. foirtchi .i. ccosc, H. 5. 18, p. 531.
for-ti' 75, 112, a siircoat.
for-tréii i^o, very sir oiig, niii^hty.
for-lrend 87, epithet for the boss of a shield. Araile cch ... fortrend, LU.
106» 27. Pcrhaps tria fortrennaib a cliruadchind, LL. loS-» 34.
(o-seng soinctubat sh'iider, pi. ace. fosenga 50.
fo-ilùag 41, underlings.
fo-s-ra-emet 13, = fusrumat LU. 128^ 13, (rom fo-s-ro-cmal « they betake
themselves », â.s doitiocmal, Fél. Feb. 5, from * di-n-ro-emat « may they
protect us ! » See Ascoli GIoss., Ixv.
foss-chométaid 125, a servant -g uard.
foss mése 127, a table-attendant.
fothad mbran ^^,fecditig of ravens.
fothrond 57, a tumiill nous noise (Cymr. godcriin).
fothucht93, meaning obscure,
fotol-berrad 60, a long head of hair.
frigit 99, aflcshworm.
fris-cichset 90, s-fut. pi. 5 oi jris-cingim « I départ ».
frith-cetud App. 114. meaning obscure,
frith-chom-arc 72, interrogation: cogn. \w\Ui coniairciin, alhchoinarc, imcho-
marc.
frith-ecnus 100 e, a mistake iov frith-ecrus, the reading of Eg. and St. : see
ecrus supra
frôech-finda 130. heathery hair : froech = Cymr. grttg.
fuamun ... fuinechdae 100 d. = fuamain ... fuinechda LU. 106», meaning
obscure. Windisch doubtfuUy refers fuinechda to fo-nigim
fûasait development, O'Don. B. of Moira 91 note, LL. 258^34, pi. dat. fua-
saitib App. 168.
-fuinniilscd App. 168, meaning obscure,
fuithairbe 88, 89, 149, 157, a ridge, foithribi, fuithrib St. 88, 89. fana fui-
thribi (sic) .i. fana himairib, H. 5. 18, p. 532.
fulachtôir 123, a cook.
fulucht 140 Eg. a cooking-place.
fursire 158,(1 buffoon.
gabur a horse, gen. pi. 51. .1. ngabar .i. cach, H. 3. 18, p. 530.
gablach 32, epithet for a man, meaning obscure,
gabtha 41 (bis), 42, 43, 3d sg. 2dy près. pass.
gabul-gici 112, pi. of the name of some forked tool used bv swineherds.
gabul-lorg 38, a forked pôle
galach valourous, in fîan-galach 32, deriv. o( gai « valour ».
galand loi b. == galann .i. gaisgeadh, O'Cl.
The Destruction of Dd Deiga's Hostel. 425
gar ci.m 62, slxirt or lontr.
gar-séle slx>rt life, 66, whereall MSS. save LU. havegarseck or gairseicle. is
liachgairsciclcdo.i. isdoiliggairde saegail, H. 3. 18, p. 531. Gair-seichle
.i. gair-îlaogul, O'Cl. =■ guirsechlai, Corm. s. v. gaire. But cf. ar con
scescing in cess for inti nod-goin, no a meth no a garsclc, LU. 60^ 27,
wliero Rhys equatcs scie witli Cymr. boedledd.
gat a gad, dat. sg. gut, 38, 58.
gein n-immarbaga 106, hirth {\. c. source, origin) oj contention.
gel, hright, ïvbitc: compounds : gcl-chulpatach 1^2 zvhite-hooded. gel-derg
114, bright-red. gel-fer App. 69, gel fine App. 69. gel-glan 2, hright and
pure, gel-gûala 100 g. a u'hite shonider. equative gilithir 2, 97, 99.
-gén see gonaim.
gerr-chocoll 60, -chocul 82, a short coT.i'1.
gerr-gel 2, short and bright.
gerrandach 165 St., meaning obscure.
gerthiut 34 z=gérith + /// « whets thee » gearaini I sharpen, whet, etc. O'R.
gess 63, tabii, ges 15, 23, geiss 24, 51, 40, 41 geis 40. sce nemgess.
gici V. gabulgici.
-giuglad see glettim.
glan-âlaind /)î<rt' awi béant if ni, ^\. gen. glan-âilli 2.
glass: compds glass-airget 105 Eg. grey, or pale, silver. The glas-airgdidi ot
LU. is perhaps a derivative o{ glass-airget, and if so, should be glassairg-
dide: equative glasithir 2, glasidir 97.
glass-lûascach i-^<), grey-hairy. See infra s. v. luascach.
gléire App. 61, choice: gléire laoch .i. togha laoch, O'Cl.
glenim I adhère, 2dy fut. sg. no giulad 85, corruptiy no giuglad, rogiulad.
gleôrda 75, sparhling, deriv. oîgleôr.
gleôr-gemm a sparhling gem, pi. n. gleorgemai i. (In Ir. Texte, I, 119,
1. 14, and Wind. Wtb. 591, ^C)6, gleôir gemma bec should he gleôirgemma
becca). gleorgemma .i. soillsi no taithneamach, H. 3. 18, p. 528.
glés imberta arni 143, 151, preparing to ply iveapons: see sâeb-glés 153.
glinne 46, pledge, surety.
gloimm 55 (from *glodsmen) seems the verbal noun o( gloidim(gl. ringo)
Sg. 181^2. It literally means snarl, gro-id: cf. gloimm inn archon, LL.
63''47, 64a 9. gloim a clamore, O'Mulc 670.' In § 55 it means the noise
made by beaching ships.
glonn-béimnech 87, deadly strlking (glonn À. guin duine, O'Dav.).
glûn knee, nom. dual glûn 88, gen. dual glûne 58. glûn froni *gnid..,
cogn. with Eng. kneel (V. Henry), AS. *cnèoiulian, Swed. cnûle.
goin loi a, meaning obscure. O'Br. and his copyist O'R. give three mean-
ings, none suitable hère,
gonaim, redupl. fut. noda-géna 96, pi. 5 gênait ni' génat 155, pass. ni gé-
naiter 84, 134. genfidh 7 ni genfaither .i. guinfith 7 ni guinfitar iat H.
3. 18, p. 531-
gorm .i. urdairc, O'Dav. .i. ordairc, H. 3. 18, p. 531. gorm-aniech 75,
having a noble countenance.
424 Whitley Stokes.
gorm Mue, compd. gorm-datli hlite coloiir, gcn. gormdatha 28.
gorm donn 127, dark-l'iown.
gorm-gel 100 d. blue-bright .
gorm-rûad 87, blue-red, an epithct for a spear.
gorthiut 54 = gorith + ut, biinis thee.
gossi, gcn. tul gossi loi a, pcrhaps thc nom. is goss <( goose ». Mac Firbis,
A Tiilach Gûssa is mcntioncd in O'Curry's M. and C, III, 207.
greim App. 168, power.
grifhugud App. s = grithugud o^r»«//«^?
grith 55, 109, 110, V. armgrith.
grûad ocus fir, App. 168. t.insemad l'igruaide App. 62. dâ ngrûad ngabair 79.
gûasfis 83 must bo /'-fut. rel. sg. of gûasim; but the mcaning of this verb
(« ich laufe Gefahr ») given doubtfully in Wind. Wtb. does uot suit,
guin ig .i. sàrugud, O'Dav. 96.
gus 5 .i. aigneadh « nature », O'Cl.
gusniar 43, « valid, strong, powerful », O'Br.
-i affixed pron. v. éigthi
iar-âlaind pi. n. iaraildi 2 = iarâilliu I. T., I, 120, an epithct for Étâin's
hcels : âlaind « beautiful », but iar}
iarn-dorn 87, iron-hilt, spclt iunidord LU. iarnorn YBL. ianidonm St.
ilcha dibcirgc App. 141, lit. pacaits of maraudiug .
im-coicerlar 81 (im choichertliar YBL.), seems to mean is soii^bt : cf. coi-
geart .i. iarfaighidh, O'CL
ini-comarcini I iiilenogate, perf. sg. 3 inichomarcair 5, s-fut. sg. i imcacni-
ros[s]a 15, past subj. imme-choimairsed ML 20^ 18.
im-cuirim I put round, pL 3 im-da-cuiret 75.
imdae 97, shoulder, a da imdac .i. a da less bis tiuo hautiches.
ini-di'tnim I protect, deponcntial s-pret. sg. 3 immardi'tnestar 167.
ini-dortad 140 Eg. agréai spilliiig or shedding : sec dodôrted, doforte.
imniciric 1 50-1 S i . immâricfa 84, 89, 96, 98, 104, 1 1 1 , 114. nîmmaricfa 102 d.
iniguin fri scâth 84, = imghuin fri sgart .i. fri sgailli, H. 3. 18, p. $51.
imma-sai (soi) 13, heturns, see im-soim.
imma-tairisfed doib 38, they would remain together.
imm-echtrach, oiiter, App. 99. ace. sg. f. imm-echtraid (leg. -aig) 97.
immelach App. 61. Ecmaing a chuit do fâcbail dô for ininiclach, FcLJan.
20, note. Derived from imbeh
imm-ômun tcrror, gen. -uin ici b.
immorchor loi, imorchur .i. merugud, a slraying H. 3. 18, p. 529.
ininaisse 100 c. a lie, O'R.
imnesse 24 ^ imnissi .i. imrcasain, O'CL, contention, imnissi catha .i. triall
catha, H. 3. 18, p. 529.
m\-ï6i he broke, immid-rôi .i. ro bris 56, connectcd bv Strachan with roe
« battle » (= Cymr. rhae'): d. also Ir. roen « victory », roenaim I break,
defeat, Gr. ïç,v.t.im, ON. rifa, rifna.
ini-rubaim / thust mortaUy, give deadly blows, près. ind. pL 3, im-rubat
151a, verbal noun inirubad, LL. 85^28, 110*' 9.
The Dt-striiction of Dd Derga's Hostcl. 425
im-séim / tutu, imsai. inisui ij, in-da-suat 15, imsoithcr 29.
im-tliiagat 153. tbey fan' forth
imthoitu 20, wilfulness.
ini-tuigiur / cover round, sg. 5 im-da-tuigothar 1 50.
inbir coiri 82, inbir in chore 148. cairo cona inbiurb, cona lorggaib, Laws,
IV, 510, « a caldron with its ilcsh-forks and lifting pôles », O'Curry,
ibid., note 2.
ind N. l'ertex, end, nom. diial a da n-ind 88. IJg. F., XII, 192.
indar lat 128, // secins io thec.
indel-di'riuch straight as a(carpcnter's) nile} pi. n. indildirgi 2.
in-doig 106, HfiUkdy, ni indoig vcrylikely.
in-fuilech App. 97, bloody.
inganta i, pi. nom. of ingnâth unknmun, wonderful.
in-gelt (leg. ingeilt?) 100 h.feeding, grajing: ingelt sûla sochaide scems to
mean what thc eyes of a muUiltide feei on: cuairt gelta O'Don. Supp. s. v.
ro, The simplex o-c//f (ace. sg.), is in Corm. s. v. serrach.
ingo 105 YBL. St. F. = angôq. v.
in-gor 169, viiseiy}
inis (indis ?) a byre or niilking-place. See Lismore Lives, p. 394.
in-malla 2, sIo-k'.
inn-tlalha App. 61, fit for a lord.
int-amail App. 97, reseniblaiicc (ind-samail).
in-techta i-!)\, fit to go.
intlasse 100 g, i, k, 120, 123, inscrted} (ind-slasse).
in-um-bia-sa? 3. shuU I hâve ?
irmtiud 85, ciispis, v. Trip. Life, p. 653. In 85 the point of a luUhhaft.
irna d'ôr App. 99, nieaning obscure: can irna be a scribe's error for dîrna}
is-am 29 Eg., / atn.
it-ib 45 YBL., Eg.2 ye are.
iuras 78, 83, 86, s-fut. rel. sg. oî orgim « I slay, destroy ». -îurmâis 83 se-
condary s-fut. pi. i. iurthar 80, 81, 102 b. s-fut. pass. iurfaithe 83, a
misformation for the 2dy sfut. pass., iurtha YBL. no iurtha LU. 87» 14.
laaim Ithrow, cor-rô-lsat 22, conid ra lôr mo dibeirg, 45.
Ligcn, lance, ace. lâgin 128, in laigin .i. in ga, H. 3. 18, p. 532.
kiim-scéith 167, shield-arm.
lam-thapad 98, a name of Conall Cernach's spcar.
lamthenach App. 97, làimthionach désirons, eager, O'Br. .i. mianghasach
O'Cl.
lân-chenn 93, meaning obscure,
lin-ésce 100 g, a full inoon, gen. sg. lanésci 100 g.
lan-sid 24, full peace.
lathrastar 93, perliaps he expounded, set for ih. See Wb. 8^ 19, Ml. 4415 16.
But the context is quite obscure,
lebor-chulpatach i, long-hooded. leabar .i. fad, H. 3. 18, p. 528.
léchet 78, beauty, ar a lechet .i. ara chaimi, LU. 20a 29. O'Cl. has an adj.
leicead .i. caomh, which seems wrong. The lecet in Ml. 69» 23 is borro-
426 Whitley Stokes.
wcd from Lut. licitum. So in Régula Cumgaill 36: licet diin cia nos-
proma.
lecht 79, 90, 102 h, 150, sccms to mcan death, but thc contcxts are
obscure.
Iclbâu 3, cbild, for letibân, dimin. oilciiab.
lend a liquid, pi. n. lendann 146.
Icnn F. a mantle, nom. pi. Icnda 118, dub-lenna 112, but lennae 116.
Icsi, Icisi, 9, apud eam.
leth-bliadan App. 12, a half-ycar.
Icth-chenn ahalf-head, f.a'xpa'.pa, pi. n. lethchind 89, 98, 102 c.
leth-chloccnn a half-skuU, pi. n. lethchlocind 89, 102 c.
leth-gabra 107, leth-gobra 51, balf-horses } i. e. horsemen, pi. oi ktb-gabur
LU. io6-i. lethghabar .i. lethech, H. 3. 18, p. 532.
Icth-orc 54, a haff-pig, read perhaps lettorc, i. e. leth-torc.
leth-ruith 51, Jjalf zuheels} i. e. wheeîmen. ruith pi. n. of roth.
lethan hrocul: equative lethidir 44, lethithir 58.
leuidan 56, leviathan, = lebedân Ml. 122^7.
liach 54 .i. doilig, H. 3. 18, p. 550.
lincch App. 156, epitliet tor a wild-duck, meaning obscure,
li'n-fîaclach 93, haviiig a numher of teeth.
h'n-folt 75, flaxen hair,
linide 100 \\, flaxen, dcriv. oï lin « flax ».
lith ngaland loi b, fcast of arms. In § 54 //'//; seems to mean good liwk. nio
lith-si .i. nio sen-sa, H. 3. 18, p. 530.
ra-16r 45 (atralor YBL. athralur St.), subj. sg. i.
logud 109. destruction}
loingside, App. 168, perh. for loiiigsiie s-prct. rel. pi. 5 of a verb cognate
with logud, q. V.
lomethar 126 (laimather Eg.), 3d sg. près, indic. of himur « I dare » : see
foloimetar.
16n-chore 128, a food-caldron, hoilcr. But in H. 3. 18, p. 532, loncoire is
glossed by coire in Liiin Cedltcair « the caldron of Celtchar's Lon ».
lorg fiacal, a row of teeth, pi. n. luirg f. 94.
lorg theglaig 86, household-staff, lorg(gl. claua) = Cymr. //orv, Corn, lorch.
Compds: mag-lorg, mât-lorg.
lùachct 52, 100 j, meaning obscure,
luaiscim / move, I rock, ni luaiscead 17.
luasc, pi. n. luasca App. 114 A. meaning obscure,
luascach .i. ciabach hairy, O'Dav., pi. n. m. luasaiig 119. See glass-luas-
cach supra,
lûath swift, equative lûathidir 107, 127, 135, compd. lûath-chuairt 73, a
swift circuit.
luban a hop, dat. lubun 115.
lund App. 156, meaning obscure,
-mû 80, 5d sg. s-subj. of maidini « I break ».
macc-nôidiu 106 Eg. a boy-babe, a compd. o( inacc and nôidiu 106.
The Destruction of Dd Dcrga's Hostcl. 427
macl hatd, in iii.is nucl the pair ofbald men 88.
niael slave, y. tuathmael.
macl 38, hair, mael .i. gruag, H. 5. 18, p. 530,
niaelad 118, gnyiving hahi, haldness
niactli-cliôir 2, soft ami cz'cti, macth-gel 2, soft and white.
mag-lorg 60, a gréa t club, màtan maglorci, Wind. Wtb. 681. H. 3. 18,
p. 530, lias hère matlorg .i. lorglaini.
maidm a roiit, defeated foes, geti. maJnia 157. maidm n-innnaiiic 67.
mairnini / Ivtray, t-pret. sg. 3 rot-mcrt 56.
niais(?) 79. mas .i. eirglii, H. 3. 18, p. 550.
mala eyehrow, nom. dual malaicli 2.
marcachas 106, horsemanship.
m.ir-threlmach 58. having great hartiess (-aurgear).
massât 62, if thou art.
matad 109 H. for mactad? .i. marbhadh, O'Cl. slaiighter, butchery, Lat. macto.
mât-lorg 60 Eg. a club, see màtan maglorci, Wind. Wtb. 681. The mât,
mdtan may be cogn. with Lat. tnâlus (from *maido-s), Eng. niast.
mâthramail 42, tuotherlike.
meile 28 a horse, nag, .i. capull, H. 5. 18, p. 656 d .i. gcarnin, ibid. p. 851
.X. meile: .i. gerrain, H. 3. 18, p. 530.
méit[ithir] cliab 97, as big as a basket.
merogod tige ôiged 27, tvanderiug in search of a guesthouse.
mess fostcrling , gen. mese 7, from *mcd-ta, cogn. with Ir. maisse « Ibod »,
and Gr. [j.aoàoj, |i.a^o;, [xî^to;.
messan loi b, a pet dog, dimin. oî t?iess « fostcrling »?
mi-célmaini 36 Eg. /// oniens.
mid-chrôcs 87, mid-gullet.
nii-dénom 94, misdeed.
midisi 87, ace. pi. an epithct for pigs, nicaning obscure, iar nibiiaid mi-
disi LU. 106-^24.
midlachda- (-laechda Eg.) 166, caicardly.
midrecht 87 meaning obscure, mid-rccht halff lirions} mi-drccht iU-fai'oiired}
rni-echt App. 35, misdeed.
milech 75, a pin, brooch, milcch .i. dcalg, H. 3. 18, p. 531. cogn. with [).y\Kr^.
mil-scothach 42, boney-worded .
millethach 140, destructive, dcriv. oî inilliud « destruction ».
minem 102 a, superl. of nii'n gentle.
min-gor 42, gentle (and) pious.
min-mala a smooth eyebroïc, pi. dat. minmailgib 2.
mir .i. cuit 94, a bit, À. grem, H. 3. 18, p. 552, from *vicsr-, inenisr-, cogn.
with Lat. vicmbrum (Thurneysen). Further on, in thc sanie paragraph,
mir (Icg. tnir}) seems to mcan a bite.
mi-thauraras 63, ill-foreboding, pi. n. mithaurrssa 36 (niiturrusa l:g.)
milhemon gen. sg. i-j,futie, but mi mithemain, LL. 44» 37, =^ Brct. ini~
nu'iei'en, Cymr. niehefin, as to which sec Ernault, Rev. Celt., XVI, 189.
moab 87, for môam greatest, LU. 23» 27, superl. of môr.
428 Whitley Stokes.
moch-nuitncch (risiiii; al) carly inoniitig, pi. n. -nig 126. Cf. tiiaten moch
« primo manc », Corm. B. s. v. gaire. Hcnce inucha App. 61.
môcth-ôclach 99, niâctlioclacch 114, a stripling, a lad, ace. loi pi. n.
-ôclàig 91.
mongach maic-thîre 161. bairy oiie of aicolf.
nion-gcna(i]r ni Eg. cen-mâr .i. mon-gcnair, « bene natus est » Fcl.
Mardi 5 note. So in ui mon-airnic doib, Dinds. cf. Lat. tndnus « good ».
nionor App. 69, a deed.
môr-cheltar 50, meaning obscure, môr-gor 42, very pions, môr-thalta 87,
meaning obscure, môr- thart 153, greal drouth, môr-thûath 16, agréât Iribe,
pi. n. -a 166.
moth 110, sttipor.
niûad-blosc 87, very noisy.
mucc remithuit mess 66, remitcit mess 106.
mucc-classa, mucc-glassa, gen. pi. 28, a fatted pig: cf. clas s. m. « fat, tal-
low », dasach adj. « fat, fatted »,0'R. Cognate seems daiss, which oc-
curs in the phrase, hii mess y daiss 7 murthorad, LU. 121* 50, «c mast and
fatness(?) and sea-produce ».
muinenchor 100 h, meaning obscure,
muir-chomrac 45, a sea-contest.
mulach for gut 38, 58, a dieese on a withe, mulach forraed on Fr. meiih(de
fromage) a round flat cheese.
nate 21 nay\
nathô 39 nayl
nechib I'y2,things, pi. dat. of ?/('c/; « aliquid ».
nem tened 25. a sky (or dond) of fire.
nem-dibrucud 1 3 Eg. non-castiug.
nem-gess 59, a non-tahii. See gess.
ném-glan shining-pure, name of Conaire's bird-father.
nesam 70, 128, nearest.
niad-nasc App. 69.
ni'-m-thâ-sa 56, i bave not.
nipu, 96 it should not be.
ni'rptar 36. they were not.
nocon-ora-tha 66, I bave not.
nôesigim 98, I viake famous} prêt. pass. sg. 3 ro nôcsiged 98. act. do
nôisigh .i. do oirdhearcaidh [leg. -aigh], O'Cl. nôisech néime, LL.
195^20.
nôidiu ar ais, 66. an infant in âge.
n6it(h)ech 100 f. noble, nôitheach .i. oirdheirc, O'Cl
nomad a space of nine days, gen. nomaide 92.
ôessa indarbae 36, exiles. Cf. aesa dana ar//5/5, LU. loi» 18.
ôiged-chaire App. 61, bospitalily.
oll-adbol 108 g. great and biige, epithet for a golden brooch.
oll-maisse^r(w/ beatity, gen. sg. 100 e.
60c ICI a, juvenis, gen. pi.
The Destruction of Dâ Dcr^a's Hostcl. 429
ÔT firinne ii, 15, a spell of truth, or i. guide .i. onnf is ôraitio guide ata,
H. 5. 18, p. 529.
ôr-bude 91, gold-yelhiv .
orc-ecgi, pi. uirc ccgi 128 is explained by K. Meycr, Rev. Celt. XII, 461,
by « sparks as big as ben-cggs » (orc .i. ugh chircc, O'Cl.). But may
not orc be in ablaut relation to erc = Skr. arhti « ray », « sun »,
« fire », and hère mcan simply « spark » or « flash » ?
ordat 92, Ihey say, either for fordat, or a formation from, or analogous to,
for dut.
ordnidem 102 a, superl. of ordnide.
6r-dorn 75, 97, a golden hilt, gen. ôrduird 9g.
orgim, see iuras, dofiurat and -orr. t-pret. pi. 3 ortatar, nodn-ortatar,
App. 168. Gaulish oro-t' occide.
-6rr 79. like orr Sg. 121^ 7, seems the relative form of 3d sg. 5-subj. of or-
gim, whence -orgiter 130, t-pret. pi. 2 ortabair 81, b-fut. pass. sg. 3 or-
tâbthar 102 g. a monstrous form !
ossar 98, gair ossair .1. gair con mbcc H. 3. 18, p. 552.
ossé 132, andhe: ossf 140, aiid she.
partaing i, some red or scarlet substance, variously rendered « coral »,
« ruby », « rowan-berry »: derived from *partain, which is borrowed
from napO'jr,v7Î Parthia (Windisch), and is cognate with parthicus (pellis),
leather dyed of a scarlet-reJ, prepared by thc Parthians, Ir. Texte, III,
222. The compd nua-partaingi « fresh rowanberries », occurs in Flcd
Dùin na ngédh, 64. whence the parla ic of St., if this be not a scribe's
mistake for partainc = partaing.
pistul iairnd 130, pestle oj iron.
popa 39, 60, 109, master, popdn 39, dimin. oi popa.
popp 139, a binich or ttift.
l)nm-arj ïii.chief char iotecr. prim-fulaclitôir 123, chicf-cooh. prim-laech 128,
chief-ivarrior . prim-loch i)), chief-hugh. prim-muccaid App. 4, chief-
swineherd.
-ralôr 45, is formed, ace. to Strachan (Déponent verh 122 n.), from -ralâ,
laaint « I throw ».
ranirusa 28 -— ro-n-irus-sa, where îrus is a Mid. Ir. formation from îr
perf. act. sg. i ofrenhn: cf. the 3d sg. ronn-ir Ml. 201^ 11.
rathaiges 30, s-pret. sg. 3 oî rathaigim « I perceive ».
rath-ordan 100 c, gracions dignity} ralh-ruanaid 100 k, gracions and mighty}
reb 76, 95, aenreab .i. aencleas, H. 3. 18, p. 531, dat. reib 129, int reb sin
.i. in c[l]es sin, H. 3. 18, p. 532.
rechtaidi 8, law worlhy.
recht-bruth 100 a. meaning obscure : pcrh. a compd. of rccht Jnry and bruth
glou.' ?
rédes 31, rel. près. sg. 5 oi riadaim, but riAdas LU. 104'^.
réil-forcsiu App. 69, clear vision.
remi-dcogaid 168, bcfore last.
remi-téit iob,goes before, but remithuit 66 J ails heforc.
4^0 VVhitlcy Stokes.
rcmor thick, cquative rcmithir 82, 95, 96, 12S, 130: compd. rcmor-chenn
thick-head, dat. sg. rcmorchind 9$.
rcm-sccl App. 26, fore-taie, pi. dat. remscclaib App. 168.
rcm-thiastais 32, 3d pi. sccondary s-subj. o{ rem-tl)iag « I prcccde ».
rcm-tliochim 37, Jore-faring.
renim I give, ran-irusa 28. ronirusa .i. tuc!«a H. 5. 18, p. 530.
rctoric ace. sg. loi.
riagail 2, a carpcnter's rule.
rig-briuga(i)d 70, a cbief landholder.
rig-drûth m, a cbief-biiffoon or juggler.
ri'gnaide 2, qiieenly, dcriv. oi rigan « queen ».
rig-rosc 2, régal eye.
rig-usce 154, cbief -zmter.
ritere 117, rider, hiigbt, borrowcd iVom Mid. Eng. ridde're.
ro-âlaind 5, very beatitiful.
ro-amnas 130, very hard, very rough, savage.
ro-ardnics App. 69, great estimatitig.
robortac 100 a (robarta Eg.), robarte « profcctus maris », G.C^. 864.
ro-hxuxh ■^z^, great ardoiir: bruth i44,cogn. withCymr. brwd, ^r&x.brot, brout.
ro-buga, dat. sg. after the compar. glainiu 100 d, lit. a great hyacinlb, but
the MSS. vary hcre, and perhaps the rightreading is robitide.
ro-chacm 5, very lovely.
ro-chétul, a great chant, gcn. sg. roclicdail 124.
ro-cluiniur 50, rocluinethar Wb. 12'^ 22. cf. roclôtis, rocechlastai.
ro-dét 143, prêt. pass. sg. 3 o( damim « I grant ».
-rôemid 157, from ro-memaid perf. sg. 3 of maidim « I break ». sec ma 80.
rogait V. sith-rogait.
roimse 100 a. meaning obscure,
rolaig 87 ralaig H., meaning obscure,
ro-laige (ro-luige) dige 144, scautness of drink.
ro-16mar 61, 85, very wooUy, 16 « wool » = A.S. fiys.
ro-rogair App. 69.
ro-sia 90. 102 b 3d sg. s-fut. of ro-segim « I strive towards » « reacli »,
près. ind. pi. 5 ro-segat 130.
ro-sùi 124, agréât sage.
roth buale 127, a water-wheel , dimin. rothan bualed 107.
roth-chomlae 87, 87, literally wbeel-valve, must mean some part of a pa-
lace-door, round like a wheel.
rudiud 99, a blush, a jiiish. Inmain 1cm do ruidiud rân, LL. 88» 8.
ruidcad 19 meaning and etymologv obscure.
ruidfes 79, meaning obscure : secms rel. sg. 3 of a b-future.
ruirlliecht App. 156. meaning obscure,
saeb-glés ace. 153, fl wily feat of reaviiig. The same expression occurs in
LU. 79'' 27 : Rolae saebglés diberge dia churp im-medon a chrocind = Rolâ
saebcliless dibirge dia churp im médon a chracaind, LL. 77^28. Whence
it would seem that glés is hère synonymous with cless « feat ».
The Destruction of Dd Dcrga's Hosîel. 45 1
sain-âith, sptxiaUy kceii, pi. ace. sainàithc 51. Or this mav be gcn. sg. of
sùiiiâithe « spécial kcenness ».
sain-slabra 51, spécial caltlc.
sain-tcgiacli 106, a spécial (or separate) hoiisclioUi.
saltraim / tread, tramplc, prot. sg. 3 ro .saltair App. 97, is bec nach saltrad
cach fer for cossaib a cheile, LL. 291^ 28.
Scîmaigetar 95, thev place, from sâinaigiiir.
samailte 54, 75 etc. 2d sg. imperative of thc déponent sainliir « I liken ».
ro-sassad 14; = ro-sosed App. 97, past s-subj. sg. 5, pi. rosastàis LU.
84" 7, verbal noun saigid 143.
scàth V. imguin.
sceinmnech .i luath, swift, O'Cl. pi. n. sceinmnecha jo.
scéo 100 h, 100 j. cunj. and, hesides, Cynir. beibioÇV. Henr}') : root seq: cf.
Lat. sub-sequus.
scéolang 158, a fugitive.
sciath béimnech a smiting shield, pi. n. scéith béimnecha 126. Cf. sci'ath
brec béimnech, LU. 106» 2.
sciath mulinn 85, rt paddie of a miUivheel.
scisim I ïceary, pass. /'-fut. scisfithir foebra, sîLwds %viU be luearied , App. 52.
sèche 87, a bide, ascabbard, seichi .i. truail a claidhim, H. 3. 18, p. 532.
sed-greg herd of red deer} pi. dat. sedgregaib, 28 : hed = Cymr. hydd, and
greg — Cymr. gre.
scdlach smock} gen. sg. sedlaig 2. tria deirc a sedlai .i. tria brollach a le-
nedh, H. 3. 18, p. 528.
ségda 130, statety, majestîc} ace. pi., epithet for mânes,
ségonn 131, deerslayer} lag. ségoinn ? séghainn .i. fer gonas osa, O'Cl. pi.
ace. seguinni (seganna YBL.) 94.
séire 10 a nieaî.
selaig 157, from seslaig, pcrf. sg. 3 of sligim « I hevv, eut », pi. 3 ra sel-
gatar, LU. 58» 10.
seli-ghss bluc-eyed, pi. dat. sellglassaib, 100 d.
sengân sentalman 162, an ant of old laïui.
sen-laeeh 166, 167, an old hero.
scn-talam 161, old land.
sfathir 128, a corrupt equative oi sir « long ».
sir-chôi 105, continuai ivaiVutg.
sire 13, i02d. Mid. Ir. compar. of sir « long » : the Old-lrish compar. is sia.
sirechtach silken} sëricus? 100 h, cf. sirecdai 91, sërica.
sir-égem, 38,40, \t,6, continuai screaming.
site silk, dat. sitiu i (bis), Lat. seta, saeta, with curious change of meaning.
sith-fota 2, long-tall, compd. of sith^=: Cymr. byd, and fota cogn. with Lat.
vaslns.
sithithir 58, sithidir 61, 128 Eg. equative of 5/7/; « long »
sith-remithir 38, 130, equative oi sitb-renwr « long and thick ».
sith-rogait i \o, a long stajf. Hère rogail seems cogn. with (jcrm. rocken,
ON. rokr, Eng. rock.
45 2 Whitley Stokes.
siu ocus anall 53, ok this side and on that.
slabra ')2, cattle. cissi slabrai indiscirsa thall? LU. 62^32. tarb for slabra
Laws I, 126, airba ria slabra hi fer, ibid., 168. Mctapliorically doury,
bridegift, Dinds. 60.
slemon-gel 2, snioolh and hright.
slig-airbi 109, sacrifice !
slige 109, 148. slaughter.
sloindiud 3, aniiouncing'naming, describing.
smùit-cliéo 26, smohy mist. A like compd. is smûl-gnr LL. 96*9, 96'' 13,
no'' 15. comho oen-smûit ... forloiscthe in mâcha uile: stnûid « vapour,
smoke », O'Br.
snaiss-remor 165 St.
so-astaide 51, Eg. = saitsideLU. easily halled.
soc-seom fon topur, App. 156.
soer-agaid 2. Jiohk face, soer-dath 100 d. a nohk hue. saer-ielg App. 69, a
noble hiiiit.
so-gabâldae 51, easily yoked.
solus-ruidiud 2, brighl radiance.
solus-ccnnach 16) St., bright-headed.
ro-sosed, v. ro sassad.
sostach 126 a dweUer, dcriv. of sossad.
spréd a spark, Corni. s. v. tenlani. gen. fûaim na sprcde 54.
srât F. streel, gen . cacha sraite (leg. srâite?) 14, pi. dat. sraitib, &rsritibni
senchatrach, LL. 230* 17. From Lat. strâta (or AS. straf), Cymr . ystrawd .
sreth-clîisse 100 f, an epithct for a mantle, 100 h. an epithet for silk mea-
ning obscure,
srub ar gésce 38 a snout on a branch. Cau sriib hère be cogn. with Nhg.
stràubeii, Gr. aTouçvd; ?
sucut 66, adv. yon.
sûil: gae glas co sulib glaini, App. 114. sûist iarinn 131 : cf. Ereuthalion's
iron mace : à)>Ài l'Zr^^v.r^ xopjvr; crJYVja/.E sâÀayya;, II. VIII, 14.
suthcherna 32, seems to mean a wiUing gift: cf. di-siiithcurn .i. ni tiodh-
laicthe YBL. 263^31, contrasted with Cormac's duthcern « niggardly »,
O'Clery's doithchernas (gen. dothchernais LL.) .i. docharnas .i. dothiod-
hnacal no drocheineach.
ta 50, 54, 141, be sih'i!t\
tacmaicced 38. taicmaic .i. timcilligis no rainic, H. 5. 18, p. 530.
-taessat 5 1 . ihey shoiûd corne.
taidlech i, radiance, glanciug.
taig drochcarad 5, corresponds whh lochuiriuth droclxarat Ir. Texte, I, 120.
tuige (.i. indsaidc) drochcarat, H. 3. 18, p. 529. tuigi .i. innsaigi ibid.
taigid 4, meaning obscure.
tailm 12, 13 a sling, a tailm .i. a thabaill, H. 3 18, p. 329.
tairg (= to-airg) 33, toirg 35 o(fer\ cogn. with opi^w}
tairissedar Iri 87, rests against tairisethar 130, 3d sg. oi -tair(i)issiur,
tairnichcUaini (to-air-ini-c), / go round, ro thairmcheall 1 54 Eg.
The Destruction of dâ Derga's Hostcl. 433
tairniescaini I forbid, près. ind. sg. 3. nis-tairmcscand 108 Eg. pass. nacon
tairmcscthar LB. 197» 52. tairmescc prohibition Wb. 10'' 5.
tairsce tarlcthair 87, meaning obscure,
tairse 98 upon il.
tâirset 95 (to-air-is-set), conas-toirsed 102 b. tan-airscd 102 b. mani-s-tairi
129, injunctive tair LU. 58*20.
taithbech fuilt, 2 undoiughair, ag taithmeach .i. agsgaiW, H. 3. 18, p. 528.
tâm 153, dat. sg. a consuming fevcr, cf. Lat. tâhes.
tana-slaide 76, thin rods}
tânsemad App. 61, reproach} annam lib athechthuatha do thâinsemad bar
trénfer, LL. 25Sb25, *to-âinsc)n'Wh. 14'' 16, 17, to-ad-ness-
târag 66 (darag Eg.), probablj^ a compd. of ag a bovine animal, Skr. ahi ;
but the meaning of târ or dar is obscure.
tarblais 29, s-subj. sg. 2, from *-tairblingini I alight (to-ar-eb-leng-), près.
ind. sg. 3 taurbling (tairling Eg.) 13, verbal noun tairlêim, LU. 118=^ 13.
tareraid App. 69. meaning obscure,
tar-lethar 87, meaning obscure: leg. tarb-lethar buU-leather} or tarr-lethar
helly-skin }
tarras App. 156 was remaining.
taudchaid v. tuidchid.
taul 87 ; a boss.
techtairecht 36, embassy.
teith-blaith 2, ivarm and sinooth. à. bog no maeth, H. 3. 18, p. 528.
tel, pL telaib 120 = taul q. v.
tendàl robaid 69, a zuarning bcacon, tendàl samna 69, beacon of Allhallows day.
lene samna 69, fire of sainain (Nov. i).
terbaim I separate, près. ind. sg. 3 nis-dérband 108, for *ni-sn-terbann.
See exx. of-^H- in Celt. Zeitschr., I, 206. Strachan, however, compares
ni derban in Cod. St Paul, II, 19.
testiu a ^o«n«^, dat. testin, 129, do deistin .i. do dortadh, H. 3. 18, p. 532.
tetscoraig 3 5 should perhaps be desscoraig, as in YBL.
tiag-sa 29 I go, tiago-sa 45 (tiag-sa Eg. YBL.), -ti'agarSi: ti'asur 147
seems the ist sg. près. subj. tiasu, Wb. 23'= 31, vvith a deponential en-
ding. Verbal noun: tiachtain saégail, App. 61.
1. tinne 33, 33, 63, 94, 148 a salted pig, O'Don. Supp. (« bacon- pig »
Hennessy).
2. tinne, pi. n. a bagpipe, pi. n. tinne, dat. tinnib 84. Cognate perhaps with
ttÉv'jj, stinati, stunian, slônen. naoi tinne .i. ix. timpain, H. 3. 18, p. 531.
3. tinne a bar, ingot, 130.
to 145, tJjy.
tob 6), a blaie, aflame} corresponds with soilhi môr, 65. tob tened, Sait, na
Rann 7388, topp tened LB. 152*25. Compd. aghainter lob-chaindcal i
luing Aigmemnon « a blazing torch is lighted on Agamcmnon's ship,
BB. 454b 8, which corresponds wkh flamnias quant regia piippis Extulerat,
Aen. 256. See Idg. F., XII, 192.
tochur tarcenn 56, to overturn.
Revue Celdquc, XXII. 29
434 Whitley Stokcs.
tocud (in câintocad q. v.)for tocad o luck », Cvmr. tynged.
toeb-tracht in tened App. 6i.
to-ernae 80, v. docrad.
toesc 122, toesca fola 122, jets of bhod.
tofuitet 143, see dofuitet.
toichned ■^ç),fastwg. a doicne .i. a troscud, H. 3. 18, p. 530.
toirnech 17, thwiderous, dcriv. o( toraini.
toi a height, gen. tuil loi a. Compds : tol-ri Anira Chol. andtol-berbudq. v.
tol-berbud 87, a great boiliiig.
toll-chrûis 87, hoUmv-iiiawed}
tongu-sa 52 (tung-sa, Eg.), 78, tongu 77, 86, 94, 104, 161, 166, I su-ear.
tongu do Dia 83.
tonnad dealh (by poison), gen. sg. deoga tonnaid 98, 129. dcogha tonda
.i. bais H. 3. 18, p. 532.
tophliûin 152, weariness.
tore caille 65, lit. a hoar of a uvod, seems synonymous vvith tore lemd 69,
lit. a boar of a firc, i. e. a great firc.
tormaised, ivoiildincrease, s-con]. sg. 3 o{ -tormaigivi.
torôchell 155 circumivit, from to-ro-fo-c.
toscélad 71, do tsoiscelad (sic) .i. do braith, H. 3. 18, p. 531.
-to-sessa 26, perf. pass. pi. 3 of do-sendim / Imnt, verbal noun tofond 26.
totam (leg. totaim?) cotulta 88, a suvon of slcep, cogn. with tutim 159,
tuitim (gl. lapsu) LH. iib, pi. totman Ml. i^^^, and etarthotaim.
tothéit 71. do tàet Eg.
to-thâethsat 86, 88, 3d pi. 5-fut. of tothuitini / fall: tothétsat 94. to-
thôetsat 102 b, 102 d.
to-tiagat 50, adeiiiit, totessed 81.
traig-éscaid 48, lightfooted.
treb an ahode, gen. trebe 28. tribc 29.
treban 87, 88, trickle} rtUet} Possibly borrowed from OHG. triofiu, now
triefen.
trebland .i. gusmar 43, ireblang YBL. trcblond .i. gaiscedhach H. 3. ]8,
p. 530.
trebthachas 77, housekcepiiig ; tuilled trebthachuis, Book of Fenagh, 182.
tre-chend 93, a trio, a corruption of trecheug} cf. decheng.
tre-chisse 130, three-edgedl
tre-druimnech 97, thee-ridged.
trc-dûalach 130, triplc-twisted.
trelmach v. mâr-threlmach, deriv. of trelam, harness, wargear. Tir trelniach
tenn, Rawl. B. 502, fo. 54^2.
trén-clîoblach 87, a strong fleet.
trén-écosc 87, a strong countenance
très 34, 3), 71, one of ihree.
tréthûr 100 j, meaning obscure,
tricce activity, agility.
tricha cet 104, 138, lit. thirty long hundreds of land (i. e. 3600 quarters), a
The Destruction of Dd Dergds Hostcl. 435
cantrcd, thc kitig of which should support seven hundred warriors,
O'Ciirry, M. and C, II, 592. In 105, 138 (as in LU. 57 M) it secms to
mean the lord of a cantred. So in Cogad G. G. 191. triclia cciin fer ba
lugu ducluis dib sin. See Zimmer, note in KZ. 28, 574.
trieth 100 k, nieaning obscure
troich 8i .i. mairb, H. 3. 18, p. 531.
tromm heavy: equative trummitliir 130: conipJs tromm-dâm App. 26, an
oppressive Company, tromm-sluaig-theg 79, a bouse contcuiting- a t^reat host.
tromni-thomside 87, heaiy-measured .
trû 106, misérable.
tuag-mil I, 95, lit. bou'-pin, a brooch whereof the pin (»//7 ^ [ai^^^t) « probe »)
formed the chord of an arch (tiiag).
tûath-chaecli 140, squinting ivith Ihe lejt eye.
tûath-mael a tribal slave, gen. dual App. 168, compd. of tuath and niacl .i.
calvus 2. servus = Cymr. viail, gl. mutilas, nioel calvus.
tûath-roscach App. 61, sqniiiting-eyed.
-tuca, -tucca 54, 66, â-subj.sg. 3 oî -tucaiin I bring. Cf. donfe .i. doii-fnca,
Hy. 4. 2 where the/is prothetic.
-tuidchis 16, 2d sg. -s. prêt. 3 pi. -tuidchiset 151, past s-subj. -tuidchiscd
12, (= -tuidchissed Wb. 15': 16). perf. ni thuidchid 28 = ni thaudchaid
66 2d sg, -tudchad 62 (to-di-chuad).
tûidle 87, sparks, better tàidle, cogn. with tiidlech « gleam », « sheen ».
tûidlig 99, better tâidlig Eg., ace. sg. of tiidlech « sheen ».
tuind trachta App. 156 surface of strand.
tul-bochta 35. boss-broken.
tur, ar thur 100 j. scems synon. with tul « boss of a shield ».
turi 100 k, meaning obscure,
ûag-bod boding of graves} awfiil boding} ûagboid 122 secms a gen. sg. go-
verned by enibaid. The ûag, if not lîag « a grave », may possibly be a
sister-lorm of ûath and cogn. with Lat. pavor. The bod may be cogn.
with Skr. bôdhali, Gr. -JOouia'., -jv0âvo;xai, Goth. -biudan, Ir. bnide
« thanks » (acknowledgmcnt).
ûane 10^, green, ùanide 76, 107, 112, l'^i greenish.
ûar-medôn 58, 130, outer, external, gen. sg. corresponds with iinnuchtair :
ûar from *ud-ro. Idg. F. XII, 194.
ûar-usce App. 1 56, cold lualer.
uathbas, gen. -bais 165 St.
ucut 77, 83, yonder.
u-nasc 109 (for aunasc), ear-clasp.
ur-thocbail 2, élévation, lofliness, verbal noun oi ar-tôcbaini.
-us affixed pers. pron. of 3d sg. in imsclh-us 128 = mescaith-us. So iiùrth-us,
môrs-us, Fel. prol. 132. tath-us, Fél. Feb. 5. boilh-us, boith-ins, Ir. Texte,
I. 157-
-ut aftîxed pers. pron. of 2d sg. in gerthi-ut, gorthiut 3 J. Sa l.ith-ul Fél.
July 24.
ût 69, yon. See ucut.
CORRIGENDA
15, § 2, 1. 7, for n'Jjiie rcaà shilling
18, note 9, /or Appendix A read Appcndix 5, 6
19, § 6, 1. \,jcr Dogni[th] read Dognifthcr], and in ihc translation
for was read is
21, § 8, 1. 4, for legilimate read hivworthy
§ 9, 1. 4, jor Mwc read maicc
22, 1. 2, fl//?r And insert by lier
1. 5, io\' Jtcm Miic-lesi(?) read cf her <on
24, 5 13, 1. 4, for //;«» read them
2"5, § 14, 1. 4, /or dono r^aJ don
note 5 Cviit Hère YBL is corrupt and unintelligible, and for hi
rfio^ ni
29, § 19, 11. 4, 5, for descends read descendants
32, § 25, 1. I, for in dâ ugrai read ind ;iugrai, and in the translation,
for the iwo qitarrels read the qnarre]
34, § 28, 1. I, for fôamsera read fô amscra
35, § 28, 1. I ovmx. good
1. 10, for querns read nags
36, 1. î , for VKAt'K I was read / û?«
1. 2, for wfl^ read is
39) §35)1- 3) for (to be) read 5/;fl// Z'e
40, note 6, 1. 2, omit dochotar riam
43, 1. 7, for say read 50)'^
49, § 50, 1. 5, for fôrigread fô ri'g, and in nots 7, /or good king's cha-
riot read chariot under a king
50, § 50, 1. 5, for fl good king's cavalcade read a cavalcade under a king
51, I. 6, for red read ivheels, and for whitc read horses — the référence
seems to be riders in chariots and riders on horses.
■58, 1. 7, /or dochél read do chél
59, § 62, 1. 9, for an evil read thy
167, § 66, 1. I, aftcr rogain insert say s Ingcél,
1. II, for/'// read has fallen
172, § 72, 1. 4, for rohain read rogain
^75> S 76 (translation), 1. 4, after û/ZAy insert Greenish niantlcs they ail
wore.
Corrigenda .
4n
P. i8o.
182,
186,
188,
194,
198,
201,
215.
214,
284,
290,
292,
31^,
315.
314,
315,
317,
320,
321,
323,
325,
389.
392.
393>
395.
402,
5 81, I. 15, for TI)jHjha ... read Tliôugh sbip-hornc wiiie
The mcaning seems to be : Though Coiiaire and
his men should bc maddened with thc best winc,
they will be destroyed by Ingcél.
§85, 1. I, for /»t Erin read at ail
§ 87, 1. 2, for medonach Mûad-blosc n'ai medonach, mûadblosc
1. 14, 189, § 88, I. 4, for h.ire bills read baU men
note 1,1. 5, aâd 95
§ 96, 1. 10, for victory (bis) read tn'mnpli
1. 15, for over read upon
1. 6, lîcibad be, as I S'aspect, a scribal crror (or gê bail, thcn for sce
read caich
§ 102 b, 1. I, for simple read loveable
1. 4, for it is ... }-ound read tL'.y (the swjtds) are (as) horserods in
their hands round about
§ 104 (translation), 1. 6, for escape read succeed in cscaping
§ 105, 11. 2, 3, As the words A stead ... tobosoin are uttered bythc
boy, they should be in inverted commas.
§ 108 (translation), 1. 7, for their foes read row
note i,for on read in, and add Appendix 1 14 A.
§ 118, 1. 4, for Samail rt'ai Saniail[te]
§ 140, 1. 4, for Niance read Ni anse
2, for after wards read afterwards
5, for theciTia;/zg read thecmrtmg[ed|
. 20, for daircidh read [ni feta]dais cidh
. 22, add then knew not whither she wentor whence (she came).
1. 21, 22, for in a council read for their counsel
II, after airdrig insert [ata']
§155 (translation), 1. 3, for Long read Lough
. 8, for was read he was
. 31, /br he... lifeless read he fell lifeless (sécher, leg. thocher)
. 4, for shame read stone
. 6, from bottom, afler combat //wt'r^ of eight
ast line/or doroirbe » do read doroirbcds »
ast line, deie from it
. 15, add see Frazer, The Golden Bough, 2^ éd. vol. II, 32, 2
. 2, for doroibe read doroirbedo
Cowes, October 1900.
Whitley Stokes.
CORRECTIONS
AU POINT DH VUE METRIQUE
AU -LIVRE NOIR DE CARMARTHEN
Ces corrections portent sur l'édition de Skcne. Je laisse, en
général, de côté celles que le sens surtout indiquerait et celles
que la seule paléographie ou, plus modestement, une étude
plus attentive du manuscrit original suffirait à justifier.
Poème I (Skene, Four anc. hooks, II, p. 3, vers 2). Le ms.
porte am heduyv, ce qui pourrait donner, en gallois moderne,
hedwyiu ou kedfyw, à la rigueur hcdivyf. C'est cette leçon que
Skene a adoptée d'après sa traduction (I, p. 368). Or, d'après
les lois du genre auquel appartient ce poème, la finale de
dcryv (=^ deryw) doit rimer avec keduyv, c'est-à-dire en gallois
moderne cedfyw ou cydfyiu. Skene a fait également au vers 4 de
iryuruyd (= tryfnuyd) un nom propre Tryiuruyd, ce qui
constitue un grossier contre-sens, tryfnvyd étant un nom com-
mun des plus transparents.
Ihid., vers 5, Skene lit:
Oed niaelgun a Jiclun iii imnan
Le vers de 9 syllabes de ce poème est divisé en trois tranches,
en général : dans ce cas, les deux premières riment entre elles
et la troisième est assez souvent reliée à la seconde par l'alli-
tération.
On obtient l'allitération en lisant in imuan = yn ymivan :
welun allitère avec -wan : « c'était Malelgwn que je voyais
se battre. » C'est d'ailleurs la leçon du manuscrit original. Il
Corrections au Livre Noir de Carmarthen. 439
est juste de dire que Skene ;i traduit comme s'il y avait in
imiian.
V. 7. Skene :
R.ic douur inoutur y tirran.
La lecture est correcte; ce qui ne l'est pas, c'est la trans-
cription. Skene voit dans ineutur, in nevtur et dans nevturle
nom de lieu donné par Fiech dans sa vie de saint Patrice,
NcDibliir ou Nevtiir. Il est sûr que // de la syllabe finale de ce
mot représente lu, la rime étant obligatoire pour la finale de la
seconde tranche avec la finale de la première; en effet dciiur
= deu wr. On aurait en gallois moderne :
Rac dau wr in eu twr y TVRRan.
« Devant deux hommes dans leur tour ils se groupaient. » On
pourrait peut-être supposer îwn, groupe, agglomération, qui
allitérerait plus franchement avec tirran.
Hid attad y dacth rad kyvlaun
Il manque une syllabe dans la troisième tranche. Il est pro-
bable qu'au lieu de kyvlaun il fliut lire kyvlavan.
Page 4, V. 5, Skene lit:
Trav a tlirau imdoeth Bran a Melgan
Skene }• a vu deux noms propres. Bran et Melgan !
Il faut lire pour la rime interne brau = braw qui rime avec
thraw, et couper atn Elgan (terreur me vint au sujet d'Elgan).
Le manuscrit a bran
Ibid., V. 6. Il faut lire Diuel et dinct (= Dyfel, diwedd).
Il s'agit de Dyfel ab Erbin.
V. 12. giiadlan est à modifier en guacdiati.
Poème ir. Les vers du poème III et IV sont du type dit
huppynt byrr. Ce sont des vers de 12 syllabes coupés en trois
tranches de 4 syllabes. Les deux premières riment entre elles,
et un mot de la troisième (le premier accentué, en général)
rime avec la finale des deux autres. Les vers qui manquent
à cette dernière loi peuvent être considérés comme défectueux.
Il y en a six en prenant les deux poèmes.
440 J. Lot II.
III, p. 5, V. 23. Skcne et le manuscrit donnent:
culiclin bART, kyiiiraec liAKT kidurtliodiad
kiiliirthoilind (= cyckurthodiad) ne donne pas de sens satis-
faisant. Il huit lire caiu wrthodiad ; carl(cardd) rime avec hardd
et hardd: cari iirlbodiad signifie: qui repousse les poètes de
rebut.
Ihid., V. 24, Skene:
Ki'ii limiiynas, h'd Icyivlas, nijaintinicid
Il y a deux fautes : kyivlas est très évidemment à corriger
en kywatas (^ cyfaddas). De plus nifaintinied ne rime ni
n'allitère avec les tranches précédentes, sans parler du sens. II
faut une rime en -as et une allitération. En réalité, le ma-
nuscrit la donne; en y regardant de très près, on voit qu'il faut
lire au lieu de nif, kas.
Page 6, V. I : Skene et ms. :
Kenctyl vvoroR, kywrisc woscord, kyghygneid.
Lisez: KvghoR ygneid (conseil des juges).
Ihid-, vers 7, Skene et ms. :
Gvvtbuil dragON gosparth BrvtiiON gosgvman gvith
Au lieu de gosgyinaii, lisez GosgymoN, qui à la fois allitère et
rime avec la branche précédente : gosgymon gvith, aliment du
feu de la colère.
Ibid., V. 16. Le vers n'a que sept syllabes: je ne vois pas
de correction sûre.
Poème IV, p. 7, v. 3, Ske et ms. :
eau tvirnET, cathil kvhiDET kyurysswyv.
La troisième tranche est fautive et pour le nombre des syl-
labes et pour la rime; lisez KyuryssET wyv.
Un vers du poème III (p. 5, vers 25) est également fautif,
mais au point de vue de l'allitération initiale :
Gathvr kywystrAUD, Kyvan volAud, cluttACD attad
Le g initial allitère d'une façon peu correcte avec le k des
tranches suivantes, d'après les habitudes du poète.
Corrections an Livre Noir de Carmarthen. 441
Le manuscrit n'est pas décisif; le g n'est pas franc; r de ga-
thyr paraît due à une coupure. Il me paraît certain qu'il fout
WxQkatbyl (cathl).
Poème MI, p. 9, V. 6 : kyiuiscaran ne rime pas ^xeciunrcdun
du vers précédent ni kyiuraghanni de la coupe; il faut lire
kyu'iscarun (=: kyfysgarwn) .
Poème XII, p. 4, V. 7, Skene:
Dolur eghirith, Duu an diftîrcli, ban kyinirth cnaud.
Le manuscrit porte diff/;7/jet kyniirtb qui sont corrects. Quant
à eghirith, c'est une mauvaise graphie pour eghirlh « Douleur
terrible, Dieu nous a sauvés, quant il prit chair. »
Poème XIII, p. 16, v. 2. Skene et ms. :
ar ozvris y luinili
Il manque une svllabe, le vers devant être de 8 syllabes ; cette
lecture ne donne d'ailleurs aucun sens. Lisez:
ar owris y owin iti
une troupe viendra « en hâte pour te demandera toi... »
Poème XIV, v. 23 :
adwin y rôtir y pauper y chwant
Paupcr àov\r\e une syllabe de trop; lisez paup: c'est d'ailleurs
la version du Livre de Taliesin (Skene^ II, p. 170, vers 11).
Poème XVI, p. 17, v. 13 :
Skene a sirch ; lisez a sirih.
C'est la leçon du ms.
Poème XVII, p. 19, V. 5. Skene :
amyscud ar luy isgiiit amdet ar ivydiin.
Le cynghancdd oblige à lire, ce que le manuscrit permet :
a m'yscu[ijd ar wy isguit am clct ar wycliin.
« Et mon bouclier sur mon épaule et mon épée sur ma
hanche. »
Poème XVIII, p. 21, v. 17. Skene:
ac or diaghune ny chumunc inlluted.
Lisez : ac or d/aghune ny chuinune in llutcd « et si nous nous
échappons, nous ne plaindrons pas notre £uigue. »
442 J. Loth.
C'wynun rime avec diaghim.
P. 22, V. 2) : au lieu de )' danuitt ve, lisez ydanunt ve.
P. 23, V. 12. Il y a une lacune dans le ms. Le sens de-
mande clairement og[y\vrac] = 0 gyfranc. Dans le vers sui-
vant, il en est de même. Il taut lire, en se fondant sur le sens
et la rime interne, semble-t-il :
aâitit mab arivdxv \a c/;ar] kycbiiin
P. 24, V. 6. Skene et ms. :
Pibonvy im blev blin wy rysset
Je lirais blin luy bisset :
« des glaçons dans mes cheveux, mes doigts engourdis. »
P. 25, V. 10. Skene et ms. :
a llu a lie ... divahaur.
Il faut, d'après le cynghanedd un mot en -ad rimant avec la
finale du vers précèdent ; lisez :
a llv a lle[drAD] a divahaur.
Ibid., V. II. Skene et ms. :
an bi ni inaeth guared guv... aeth
Le vers doit avoir 10 syllabes et est partage en deux hé-
mistiches de 5 rimant entre eux : lisez : giiydi :
« nous aurons nous alors protection après douleur. »
Ibid., vers 19. Skene et ms. :
Na chlat de redkix nac isti wiuuy
Le vers doit avoir 9 syllabes. Il en a 10^ mais si on lit iste
en faisant de te la nota augens, on le réduit à 9, la nota augens
ne comptant pas mètriquement. Une autre difficulté, c'est de
lire iviiiuy. D'après l'orthographe du ms., cela représente, en
gallois moderne, fiwy on fywy, ou fywi. C'est tout simplement
le byu'i actuel, désignant des truffes ou quelque chose de sem-
blable. Myrddin avertit son pourceau de ne pas s'attarder à
creuser sa bauge ni à manger des truffes :
nac ys ty fywi.
Corrections uu Livre Noir de Carnuirthen. 443
Page 26, vers 4. Skene :
Gorhis kcin iiiinit clitit neiid kiii
La CY>i^hanedd demande au lieu de cliut un mot terminé en
-// = -V(/(/. De fait, le ms. porte cliiit = clfydd. Kcin après
gorhis est une mauvaise lecture ; le ms. porte kc et un trait, puis
à la ligne suivante n ; il faut lire Iccivi)! (=^ ccfn) ; kin final, au
contraire, comme le montre la rime, est à corriger en kcin.
Lisez :
Gorîas Icndii iiiiiiit, duid nciid hein
« Très vert est le dos de la montagne, le monde est vrai-
ment beau. »
Ibid., v. 17, lisez digiuysci au lieu de diguiysci; vers 20,
lisez /// u>i wct (=^ yn un ivcdd) au lieu de ninnvci: le ms.
permet ces deux corrections.
Ibid., V. 21. Skene et ms. :
Pelled son saesson seil kynriss...
La rime exige kynrisset, plus probablement kyurîssct (=-- cy-
luryssedd).
Page 27, V. 12. Skene:
Rnit ny kywriiit ivrih y giiit
La rime interne demande, d'accord avec le ms., au lieu de
kywriut, kywniit = cyfnvydd.
Ibid., 17. Skene:
Kyn safont in y drvs tins nys deupi
La rime interne exige au lieu de ihis un mot en -us rimant
avec drus (= dnus). Il flmt lire tins = ilvjs; c'est ce que
donne le ms. Il s'agit des bardes : « Quand même ils se tien-
dront debout à la porte, ils ne recevront pas de joyau. »
Poème XIX;, p. 31, vers 16: Skene a lu engtiavt, la rime
exige cnguavc (= cnwawc), ce que le manuscrit permet d'ail-
leurs.
Ibid., vers 32. Skene:
Hirguynion hyssel Beidauc rut
La cynghanedd ferait préférer byssct; le manuscrit le confirme :
Hirguynion Bysset Beitauc rut
444 J- lotn.
Page 32, vers 8. Skene et le ms. :
Kian a iid yn diffeith cund
Drav otuch pcn bel alltnd
La rime interne et externe exige cnud au lieu de citu.i qui ne
donne aucun sens.
Page 33, vers 20. Au lieu de tavne, lisez taviic = Tafwy.
Page 34, vers 28. Skene et ms. :
Chuerthi liane branc brid chiierv
Le vers exige 7 syllabes; or, comme chiicrv (=^ chiutirw) ne
peut compter que pour une, il n'y en a que six. Lisez au lieu
de hraitc, brada ne:
« Traître souriant, pensée amjre. »
^^- 35 y vers 4. Skene et ms. :
Y mac Riin ryvel asuy.
Lisez ajivy que la cynghancdd (ryvel avwy) rend préfé-
rable, sans cependant l'imposer. Le sens et l'analogie ne per-
mettent pas d'hésiter.
Poème XX, p. 35, v. 24. Skene et ms. :
Daearaiil pechodaiil iniyoel a diiv.
La métrique de ce triplet exige que le mot précédant le
gair cyrch (a Duv), c'est-à-dire imyocl rime avec la finale des
deux vers suivants. Il faut donc corriger imyod en imyoled:
Dacaraul pechedaul imyolED — a Duu
a deweint duhunED
Imioli est employé plus bas dans le même poème.
« Que le pécheur terrestre adresse sa prière (se réconcilie
avec) à Dieu, et se réveille au milieu de la nuit. »
P. 36, vers I. Le genre dit kygogion auquel appartient le
poème exige la reprise au début de chaque strophe d'un mot
au moins de la finale du dernier vers de la strophe précé-
dente. Skene lit le premier mot Ryrreiiveint. C'est le mot final
de la strophe précédente : a chirreiveint : la cynghancdd et le
sens d'ailleurs exigent donc kyrreiioeint (== cyrreifaint).
Poème XXIV, p. 41, vers 26. Skene:
Ruis firt kvit kert vahaut
Corrections au Livre Noir de dnm.nthcn. 445
La c\nc^hancdd indique kiri, et c'est ce que donne le ms.
Poème XXMI, p. 43. Le sens du poème repose sur la lec-
ture du mot Ircu qui régulièrement doit être lu Irciu, étcrnue-
ment. Il s'agit d'un Gallois qui part pour un long voyage et
qu'un éternuement de son cheval, d'après les idées de son
temps, devait arrêter. Il combat ses craintes par la prière.
Skene a lu îref, maison, ce qui produit les plus étranges
contre-sens. C'est ainsi que le vers
lin trev a glyvav
« J'entends un éternuement » devient :
« in one house u-i 11 I attend! »
J'ai traduit et commenté ce poème dans Méhisim.
Poème XXVIII, p. 45, vers 14. Skene:
Kant dilawl olh ivt, lit echeiad
Il est évident par la cyughancdd qu'il faut lire vut rimant
avec /// = iidd.
Ibid., v. 19. Skene et ms. :
Nid oicer traethaiid iiiii ar a trecheis
La cynghanedd semble inviter à corriger trecheis en treithcis,
allitérant avec iraethaud.
Poème XXX, p. 49, vers 26. Skene et ms. :
Heuo, kyrchu hro priiv uchei
La rime finale exige : uchein : hro priii uchcin (ychcin), le
pa3's, la plaine des grands bœufs ? ce qui désigne un nom de
lieu sur l'identification duquel on peut n'être pas d'accord.
Poème XXXV, p. 56, vers 3. Skene:
Nylh adivaen mi rythivelas
ce qui donne le singulier sens :
« Je ne te connais pas; moi je t'ai vu. »
L'allitération et le ms. supposent nu:
Kyth adivaen, nu rythivelas.
« Je ne te connais pas; c'est maintenant seulement que je
t'ai vu. »
446 J. Lotli.
Dans le même poème, p. 57, vers 8, au lieu Je a meteu,
lisez a fil etcu « qui me promet ».
Ibid., vers 19. Skene et ms. :
Trie ima hid dyv inerch...
La rime finale indique mcrchîr (mercredi).
Poème XXXIX, p. 60, vers 3 .
La première strophe se compose de 4 vers de 7 syllabes, ou
mieux de deux grands vers de 14 syllabes. Le dernier vers ou
demi-vers ne compte que 4 syllabes :
Kin y olo dan ty\v.\RCH | briwei calch ... hcn.
Comme il s'agit des fils de Llywarch Hen, le sens comme le
cynghanedd suggèrent :
Kin y olo dan tyw.\RBH | briwei c.\lch [inab LlywARCHJ hen.
J. LOTH.
LE MOT ORBIS
DANS LE LATIN DE l'EMPIRE
A PROPOS DE VORBIS ALWS DES DRUIDES
Tous les dictionnaires latins, au mot orhis, indiquent, à
côté de l'acception usuelle de ce mot, globe terrestre, celle de
région ou de contrée qui en dérive. Cette limitation du sens
d'orhis est de date relativement récente — ou, du moins, le
mot ainsi entendu n'a pénétré qu'assez tard dans la langue
écrite. Je n'en connais pas un seul exemple appartenant à la
littérature de la République; j'en ai même vainement cherché
dans Tite-Live, auquel l'expression d'orbis roiuanus, pour dé-
signer l'Empire romain, est aussi étrangère qu'à Cicérone
Orbis signifiant contrée ou région ne se rencontre pas davantage
dans Virgile. Il est vrai qu'on pourrait alléguer ces vers de
VEnéide, où l'Europe et l'Asie paraissent chacune qualifiée
d' orbis :
Ouibiis actus uterque
Eiiropae atqiie Asiae fatis concurrerit orhis'^.
Mais, dans ce passage, uterque orbis n'est qu'une expression
poétique signifiant « les deux parties du monde », « les deux
fitces du monde ». L'idée est analogue à celle qu'exprime Ho-
1. Cicéron emploie parfois orhis ierrac ou orbis terrartim pour designer
l'Empire romain, p. ex. Fam., V, 7: « Scito ea, quae nos pro salute pa-
triae gessimus, orbis terme judicio ac lestimonio comprobari. »
2. Virg., Aen., VII, 224.
448 Siilomon Reirhuli.
race, lorsqu'il dit en s'adressant ;i Europe, aimée de Jupiter,
qu'une partie du monde recevra son nom :
Tua sectus orbis
Nomiiia ducet ' .
Horace, pas plus que Virgile, ne fiiit d'orbis un synonyme
de regîo.
Il n'en est pas de même d'Ovide. Chez lui on rencontre les
expressions Eoiis orbis, Hespcrius orbis, orbis Scythicus ^ et orbis
entendu au sens de royaume ou de domaine: Di te siimmoveant
orbe suo^. On peut donc dire que, en l'état de nos connais-
sances, l'emploi d'orbis dans le sens secondaire que nous
étudions remonte à Ovide et qu'il a commencé par être poé-
tique avant d'être admis par les prosateurs de l'ère impériale.
Les passages cités d'Ovide permettent de comprendre com-
ment s'est opérée la transformation du sens d'orbis. La langue
latine, surtout en poésie, n'aime pas les substantifs abstraits et
emploie volontiers des adjectifs là où nous faisons usage de
ces noms. Pour signifier l'orient, l'occident, le nord, l'ex-
trémité du globe terrestre, elle devait dire le globe oriental,
occidental, septentrional, extrême, orbis eous, occiduus, arctous,
extremus'^. De même, l'expression orbis romanus, dont je ne
connais pas d'exemple littéraire avant Lucain, ne signifie pas
autre chose que la partie romaine du globe, regio romana. Une
fois le mot orbis ainsi assimilé à celui de regio, on lui donna
des épithètes géographiques précises, telles que Scythicus dans
Ovide, Libyens dans Lucain, Assyrius dans Juvénal5, etc. Au
I" siècle de l'Empire, l'emploi d'orbis dans le sens de rcgio
devint très général; je vais montrer que, dans la PharsaJc,
cette acception est plus fréquente que celle d'orbis dans le sens
de globe terrestre.
Orbis, au singulier, se rencontre 90 fois dans la Fimrsalc.
I Hor., Car/H., m, 27, 75.
2. Orhis Eous, Ovide, Fastes, III, 460; V, 557; Hesperius, Melam., IV,
622; Scythicus, Trist., III, 12, 51. Orhis Gennaiius est dans la pièce dou-
teuse Ad Liv., 391.
3. Ovide, Metam., VIII, 98.
4. Extremo quaerere in oibe fugam (Properce, II, 16, 40).
3. Quod iiec in Assyrie pharetrata Scmiramis orbe (Juvénal, II, 108).
Le mot orbis li.uis le latin de VEmp'ne. 449
De ces 90 exemples, nous devons d'abord en éliminer 13, où
orhis signifie cercle, disque, roue, orbite, écliptique^ ; il fliut en-
suite mettre à part un 14'-' exemple, où orbis est précisé par le
génitif terra ni m :
El le hrianiin nescil ciii ikbcat orhis
dit Lucain en s'adressant au Nil-. Dans 11 autres exemples,
orbis est accompagné de radjectif lolns, qui ne laisse aucun
doute sur la signification du substantifs. Les cas où orbis,
avec ou sans épithète, désigne la terre considérée comme
corps céleste, ou la terre habitée, sont au nombre de 1 1 seu-
lement 4. 3 fois il est expressément question de Vorhis ro-
nianiis ; ces passages méritent d'être cités intégralement.
PharsaJe, VIII, 212, Pompée s'adresse au roi Dejotarus :
OiKiiido, ait, Eiihithiis niiiissiis cJcnlibiis orbis
Oiia ronianiis cral, siipcrcsl, Jidissi')ii' /iv»»;,
Eoain tenlare fuloit...
Orbis qiia roiuaims erat est une manière détournée de dire
orbis roinaniis.
Dans le même livre, au v. 441, le sénateur Lentulus dis-
suade Pompée d'aller chercher un asile chez les Parthes et le
presse de s'adresser plutôt aux amis et aux alliés de Rome :
Ouin respicis orhein
Romaniim ?
Au livre X, v. 456, Lucain dit de César, qui se cache au
moment de la révolte d'Alexandrie :
Hic cui romani spatium non snfficil orl'is...
vers qui a été imité par Juvénal dans son célèbre passage sur
Alexandre le Grand.
Dans ces trois exemples, le roinaniis orbis est nettement op-
1. Lucain, IV, 777; VI, 216; IX, 502. S32 — I, 558; III, 41 ; V, 544,
547; VIII, 160 — VIII, 200 - II, 577; VI, 4S2 — I, 78.
2. Lucain, X, 294.
3. Lucain, 1,22, no, 166, 318,692; II, 280; III, 169, 230; VII, 362;
VIII, 403; X, 22.
4. Lucain, I, 6i(?), 542; III, 234; V, 93; VII, 276, 390, 541, 664;
IX, 416, 430, 466.
Revue Celtique, XXII. 30
4^0 Salomon Rc'uluIi.
posé au reste de la terre; c'est bien de l'Empire romain qu'il
est question.
Nous trouvons ensuite 19 vers où l'adjectif nw/^;///^ n'est
pas exprimé, mais où il est évidemment sous-entendu, parce
que le contexte indique qu'il s'agit seulement de l'Empire ro-
main'. Exemples :
Facili si prwlia paiica
Gi'sseris eveiilii, tibi Roiiia siibegeril orbein 2.
— Viucejiihini paritcr Pbarsalia praeslilil orbeui ?.
— Nam sibi libertas uiicjuatii si reilderct orbem... 4.
Il peut y avoir doute pour un petit noir.bre de cas que j'ai
préféré attribuer au groupe de 10 vers où orhis paraît signifier
« toute la terre » aussi bien ou mieux que 1' « Empire romain ».
Ces déductions faites, il ne reste pas moins de 32 exemples
où oibis signifie une région, soit de la terre, soit (plus rare-
ment) du ciel. Je les énumère en les classant dans l'ordre al-
phabétique des épithétes qui précisent le sens à'orhis:
Régit idem spiriliis arliis
Orbe alio.... S
Sat magna ferani sohcia morlis
Orbe jaccns alio. . . 6
. . . limens, ne Mars aliiim vagtis irel in orbem
Enialhis et teUiis tant milita Cccde careret...!
Victrices aquitas aliiim laturiis in orbem... 8
... Arcani miles sibi cousciiis orbis
Claustra ferit miindi. . . 9.
Gelido circtimjliius orbis Hibero... 'o
Meliiis, Fortiina, dédisses
Orbe sub Eoo, sedem... ' '
1. Lucain, I, ■), 69, 88, 285, 290, 369, 465 ; III. 297; IV, 555 ; V, 556;
VII, 47, 33, 672; VÏII, 540, 552; IX, 123, 229; X, 2), 377.
2. Lucain, I, 285.
3. //'/(/., m, 297.
4. Ibid., X, 25.
5. Ihid., I, 457.
6. Ibid., VIII, 314.
7. Ibid., VI, 579.
8. Ibid., V, 238.
9. //'/(/., IX, 864. Arcanus orbis = la partie cachée ou inexplorée du
monde.
10. //'/(/., X, 476.
1 1. Ibid., I, 252.
Le mot orl->is J.iiii le Luin de rRmpiic. 4^ i
... Eoinii, Comités, propereiiius in orbem...^
Exttemtim Scythici transcciiâam frigoris orhem... 2.
Ipsa caloris egens gelidum non transit in orbeni... i
El mine, ignoto si quos pctis orbe triuinpbos... 4
Ignotum vobis, Arabes, venistis in orbeni... S
ExtoUetqiie aninios Laliiiin vesanus in orbeni...(>
Scipio, utiles in hoe, Libyeo Ju\ piinnis in orbe... 1
Oraiit, explorent Libvcuni nieinorata t^er orbein
Numina... 8
Solicitât nostrnni, quem nondtDn perditlit, orheui ..9
... Celsain Pet reins Ileniiun
Deserit et noti diffisus l'iribus orhis
Indoinitos qiiaerit popnlos... 'o
Torsit in occidiann Nabatiieis jhUibus orbeiii... "
... Aeviiinque sequens speciilatnr ab oniiii
Orbe ratem, Pbariatnque Jidein... '^
Verlat aqnas Nilns, qiio uascitnr orbe, relentus... ' î
Disponis gladios, ne qno non fiât in orbe
Hen,faeinus civile libi!... '4
. . . Procnl hoc et in orbe remoto
Abscondat fortuna nef as.. .M
Sed ne Thessalico purus lucerct in orbe... 16
Dans les deux vers suivants, adressés à Néron, orhis signifie
une région du ciel:
Sed iieque in arcloo sedem libi legeris orbe... '7
... Librati pondéra caeli
Orbe tene niedio... '8.
1. Ibid., ¥111,289.
2. //'/(/., VI, 325. Dans le passage IX, 430, exireinns orbis signifie « les
extrémités de la terre habitable ».
3. Ibid., IX, 704.
4. Ibid., III, 310.
5. Ibid., III, 247.
6. Ibid., VIII, 545.
7. Ibid., VII, 223.
8. Ibid., IX, 347-
9. Ib^d., VIII, 311.
10. Ibid., IV, 145.
11. Ibid., IV, 63.
12. Ibid., VIII, 624. Ab oinni orbe = de toutes les régions du monde.
13. Ibid., VIII, 82cS.
14. Ibid., VIII, 603.
1 3. Ibid., II, 734.
16. Ibid., VIII. 6.
17. Ibid., I, 35.
18. Ibid., I, 38.
45 2 Sahmon Rcin.uh.
Enfin, il y a quelques passages où le sens d'orbis, signifiant
région ou pays, n'est déterminé que par le contexte. Lorsque
César, alors en hgypte, s'écrie :
Frustra civilihus armis
Misctiimiis gentes, si qiia est hoc orbe potestas
Altéra, qiiaiii Caesar, si Idlus ulla diionmi est\
il est évident que, par hoc orbe, il entend l'Egypte. Orbis si-
gnifie une partie déserte de l'Afrique du Nord dans les vers
suivants :
Natiira deside torpet
Orbis... ^
Sic orbeiii lorqtieule Nota romana jitveiitus
Procubiiit... 5
... Tôt iiionstra ferenlem
Geiiiibiis ablalinn dedfras serpent ibiis orbeni. .4
Orbis signifie la vallée du Danube :
Dum permeat orbem
Hisler...S
Il signifie l'Europe ou l'Asie dans les vers où Lucain parle du
Tanaïs qui sépare ces deux continents et semble augmenter
alternativement, par ses détours, le domaine de l'un ou de
l'autre :
Xunc hue, nunc illuc, qiio Jlectilur, ampliat orbem (>.
Enfin, cvûh'i orbe signifie « changer de région » dans le
vers : "^
Ivius in adversos axes, nvlvimur crbe...l
Il résulte de ce qui précède que, dans la Pharsak, orbis si-
gnifie région ou contrée bien plus souvent quil ne désigne la
terre entière. Dans ce dernier sens, Lucain emploie plus vo-
lontiers le mot niitndits, qui, d'ailleurs, signifie aussi pour lui
1. Ibid., IX, 1077.
2. Ibid., IX, 437.
3. llùd., IX, 48..
4. Ibid., IX, 8 s 6.
). Ibid., II. 418.
b. Ibid., III, 276.
7. Ibid., IX, 876.
Le mot orbis dans le Litin Je PEnipite 4^ 5
Vorbis roiihiniis\ ainsi, tandis qu'Ovide appelle Rome orbis
faput\ Lucain la qualifie de capiil niiiudi^. Mais, en général,
il se sert de inuinliis dans le sens le plus étendu, désignant ainsi
soit la terre entière avec ses habitants, soit la terre et le ciel,
alors qu'il préfère donner à orbis le sens d'une région déli-
mitée.
Le premier prosateur chez qui l'on constate l'emploi fré-
quent d'orbis dans le sens de région est Pline l'Ancien. Je me
contente d'en citer deux exemples caractéristiques.
Hist. Nat., XXVIII, 123, Pline vient de parler de certains
remèdes tirés des animaux comme le lion, le chameau, l'hyène,
le crocodile; il poursuit: Haclcniis de cxttiiiis. Knnc praever-
teuiur ad nostrmn orbem, priinumquc coiiiinuiiia auinialium re-
média atqiie cximia dicenius. Ailleurs, parlant du corail pèche
sur la côte méridionale de la Gaule et qu'absorbait de plus en
plus le commerce de l'Egypte avec l'Inde, il ajoute (XXXII,
23) : 'Nunc tanta peniiria est vendibili iiicrce ut pcrquaui raro cer-
natiir in sno orbe. Ces trois derniers mots désignent la Gaule,
pays de production du corail.
Une enquête plus approfondie, que rendra facile un jour la
publication de l'article Orbis dans le Thésaurus liugnae laliuae,
établirait que l'acception restreinte de ce mot est un des carac-
tères de la langue latine après Auguste et que les exemples en
sont nombreux jusqu'à la fin de l'Empire. J'en ai noté six dans
Claudien, où l'on trouve qualifiés d'orbis l'Empire d'Orient et
l'Empire d'Occident:
Redore siib titio
Conspirât getiii nus freins coiiunuiiihus orbis y.
Orbis est suivi d'une épithète qui en précise l'extension:
... Sciai orbis Eous... 4
Hesperio misit ab orbe soror... S
Occiduo ducis ab orbi grèges... (>
1. Ovide. Fastes, V, 93.
2. Lucain, II. 6)5.
3. Claudien, XV, 3.
4. Ibid., XV, 430.
5. Ibid., LXXI, 4.
6. Ibid., XXXIV, 38.
454 Salomon Rein.ich.
Les Bretons insulaires liabitcnt une autre région, un autre
orbis :
Fiiicendos alio qiuusivit in orhc Brilaiinos ' .
Ces mots aliiis orhis, dont nous avons aussi trouvé des
exemples dans Lucain, signifient, chez Lucain comme chez
Claudien, une autre région de la terre, et non pas un autre
corps céleste. C'est pour n'avoir pas étudié cette acception
d\vhis dans la poésie impériale que Roget de Belloguet, Henri
Martin et d'autres ont commis unegrosse erreur en prétendant
que, d'après la doctrine des Druides, résumée par Lucain, les
âriiesdes Gaulois étaient transférées, après leur mort, soit dans
la lune, soit dans le soleil. Voici le passage de la Pbarsale :
Vobis auclorihus, niiibiae
Non laciliis Erehi sedes Diiisque projuudi
Pallida rcgna peliiiil ; regil idem spiiitus artiis
Orbe alio; longue, canilis si cognita, vitae
Mors média est...^
Roget de Belloguet traduit : « Le même souffle anime vos
membres dans un autre monde »5 et il essaie de montrer que
Vorbis alins n'est autre que l'astre lunaire-^. Henri Martin,
dans un article publié en 1866, a préféré entendre par là le
soleil'. Toutes ces hvpothèses ne tiennent pas devant le tait
que les mots orbis aliits, dans la langue poétique de Lucain,
ne peuvent pas désigner une autre sphère, mais seulement
une autre région de la nôtre. Lucain a pensé aux îles des Bien-
heureux, que la tradition celtique plaçait au loin dans l'Océan,
à l'ouest du groupe britannique. Il n'est donc pas question
dans Lucain, interprète du druidisme, d'une autre vie dans
un autre monde, mais d'un prolongement de la vie terrestre
et sublunaire dans une autre partie du monde : longae ... vitae
mors média est.
Ce résultat n'est pas nouveau, car les doctrines de Roget de
Belloguet et d'Henri Martin n'ont guère trouvé de créance.
1. Claudien. XXIV, 149.
2. Lucain, V, 449-455.
3. Roget de Belloguet, Ethnogcnie gauloise, t. JII, p. 174.
4. Ihid., p. 187.
3. Ibid., p. 184.
Le mot orbis dans le latin de r Empire. 455
En revanche, les considérations qui procèdent vont nous per-
mettre de restituer avec certitude un vers attribué à Claudien,
conservé seulement par un texte épigraphique et qui a été
malencontreusement complété par deux éminents latinistes,
MM. Hùlsen et Bùcheler.
Au xvi*^ siècle, on découvrit dans le forum romain, près de
l'arc de Septime Sévère, les fragments d'une base colossale
ayant supporté six statues équestres, sur laquelle était gravée
une dédicace du sénat et du peuple romain aux empereurs Ar-
cadius et Honorius, en mémoire d'une insurrection réprimée
en Afrique'. Cette insurrection est celle de Gildon, vaincu
par Stilicon en 398. En 1882, en démolissant les fondations
d'un édifice de basse époque entre la colonne de Phocas et
l'arc de Sévère, on trouva un gros bloc de marbre avec des
lettres hautes de quinze centimètres qui donnaient les mots
suivants : ^^M DEFENDIT HONORIV. M. Hùlsen s'aperçut
qu'il se rejoignait exactement à un autre fragment découvert
un demi-siècle plus tôt et ainsi conçu : RMIPOTENS LIB.
Le savant secrétaire de l'Institut allemand de Rome proposa,
en conséquence, de restituer les cinq premiers pieds d'un
hexamètre :
aRMIPOTEXS LIBY.VM DEFENDIT HONORIV5...»
M. Hùlsen se souvint, non moins à propos, d'un passage
du poème de Claudien sur le VP consulat d'Honorius, où il
fait tenir à la déesse Rome le langage suivant (vers 369-373):
Ast ego freiiahatn geininos, quibiis ait ior ires
Electi caudoris eqiios et noniinis arcuiii
Jatn Diolita lui, per qiieni radiante deeorns
Ingredere loga, pitgiiae )iiontiiiienta dicaham
Defensani titulo Libyain testala perenni.
Ce passage établit un lien incontestable entre Tinscription
honorifique découverte au xvi'' siècle et l'hexamètre épigra-
phique dont M. Hùlsen a retrouvé les éléments. Il y avait,
sur ce point du Forum, un monument du hcUinti Gihloiiiniiii,
1. Corp. iiiscr. Lit., VI, 1187; Rom. MHlhcil., 1895, p. 35.
2. Hùlsen, Rôm. Miliheiî., 1895, p. 56.
4^6 Salonioii Rciiuuh.
arc de triomphe dli simple soLibassemeiU, qui comprenait
plusieurs figures d'hommes et de chevaux. M. Hûlsen a eu
parfaitement raison de supposer que Thexamètre de la dédi-
cace peut avoir été composé par Claudien, poète qui jouis-
sait alors d'une renommée attestée tant par l'épigraphie que
par les allusions contenues dans ses poèmes. Le mot ariiii-
polcns, par lequel débute l'hexamètre, se retrouve précisément
dans la même pièce de Claudien snr le W Consulat d'Ho-
norius (v. 655) :
Et quos (iitiiipolfiis gaiilor rclioqiic priai es
Divers is gessere locis...
Mais comment restituer le dernier mot du vers épigra-
phique ? M. Hùlsen écrit arviiin, en rejetant boslcni, agruni
et aegtwr qui se sont présentés, nous dit-il, à son esprit.
M. Bi^icheler, reproduisant ce texte dans ses Caniihia latina
epigraphica (1895, n" 1803), écrit agruin, sans se douter que
ce mot, venant au sixième pied, fait un vers dont im bon rhé-
toricien d'autrefois aurait jugé la sonorité bien insuffisante:
Aniiipoteiis Libycum défendit -Hoiiorins (;^'/um.
Le complément véritable nous est immédiatement suggéré
par les conclusions de notre petit mémoire. Il fliut lire:
Anuipoteiis Lib\ctnii défendit Hoiuvius orbeiii.
Libyens orbis, signifiant « l'Afrique », se lit deux fois dans
Lucain :
Scipio, miles in hoc, Libyco dm priiiiiis iii orbe... '
Orant, explorent Libycum mcmorata per orbem
Numina... 2
Nous avons déjà eu l'occasion de rappeler qu'Ovide écrit
Scythicus orbis pour la Scythie; que Lucain, outre Libyens orbis,
emploie Latins orbis, ThcssaJicns orbis, que Juvénal dit Assy-
rins orbis, que Claudien lui-même écrit Bons orbis, Hcsperius
orbis. Claudien est si évidemment un imitateur de Lucain que
l'expression de Libxcns orbis devait se présenter tout naturel-
1. Lucain, VII, 225.
2. Ibid., IX, 547.
/,(' mol orbis d.iiis le latin de l'Enipirt. 457
Icmcnt à son esprit. La restitution oibtiii au lieu d\irvuin ou
d\ji^rum a le grand et décisif avantage d'éviter la rime sourde
Lihycuni, agruni, dont l'etiet déplaisant est sensible à tous ceux
qui ont eu la bonne fortune d'écrire des vers latins dans leur
jeunesse. Le tait que M^L Hi'ilsen et Bùcheler n'ont pas re-
connu cela et que la restitution orhcui ne s'est pas otkrte à leur
perspicacité justifie, je l'espère, les développements où je suis
entré et me lave du soupçon d'avoir enfoncé une porte ou-
verte en démontrant (\i\orhis a bien, dans la langue impériale,
un des sens qui lui est attribué par tous les dictionnaires.
Salomon Reinach.
CHRONIQUE
SOMMAIRE: I. M. Ziinmer, professeur de celtique à l'Université de Berlin. — 11.
MM. Kuno Meyer et Zimmer au congrès pan-celtique. — 111. L'ediiion de Tiiin b<>
Cnailn'i'i par M. K. Windisch. — IV. Les Mabinogion étudies par M. Ivor b. John.
— V. Traduction de morceaux épiques irlandais, par M. R. Thurneysen.
I.
Une chaire de celtique vient d'être créée à l'Uni versitc de Berlin. Le ti-
tulaire de cette chaire a été nommé, c'est M. Henri Zimmer, professeur à
l'Université de Greifswald. Ce savant si connu par ses travaux sur les lan-
gues celtiques méritait cette honorable distinction. Il va, dit-on, être pro-
chainement, en outre, élu membre de l'Académie des Sciences de Berlin.
Une sorte de royauté dans l'ordre des études celtiques lui sera ainsi conférée,
pensent les admirateui;s passionnés dont ses travaux lui ont procuré les ap-
plaudissements Toutefois cette royauté, si elle existe, ne sera pas absolue.
M. Zimmer manque souvent de forme dans les critiques qu'il adresse à ses
confrères et ne paraît pas comprendre qu'on peut trouver dans ses écrits au
moins autant d'erreurs à relever qu'il en reproche aux autres celtistes; à ses
yeux la politesse est de la fliiblesse; il peut être dans une certaine mesure
habile à lui d'agir en conséquence de cette maxime. Le ton acerbe et tran-
chant qu'il emploie dans ses critiques en impose aux gens incompétents qui
croient à son infaillibilité. Les gens du métier, tout en lui reconnaissant
beaucoup de talent, croient qu'il se trompe souvent, surtout quand il parle
avec le plus d'aplomb.
Espérons que dans la position élevée où le fait monter l'estime de ses
contemporains, il comprendra un peu mieux ce que les convenances exigent
et il se rendra compte de ceci, c'est que le vrai piédestal de la science est
la modestie.
Je crois à ^L Zimmer un esprit trop élevé pour se blesser de ma franchise;
en tout cas ce que je dis de lui, je ne suis pas seul à le penser.
IL
MM. H. Zimmer et Kuno Mever ont assisté au congrès pan-celtique tenu
à Dublin à la fin du mois d'août dernier. M. Kuno Meyer y a lu un très
Clnoni.jiw. 459
intcrcssant mcmoirc sur l'état prcscnt des études celtiques en Europe et en
Amérique. Ce mémoire a été publié à New- York dans la revue The Gael,
n" d'octobre dernier. M. Zimmer a lait voter dans ce congrès la publication
d'une bibliographie celtique.
III.
M. E. Windisch continue l'impression de son édition du T.iin hoCûoiliigi,
Déjà il a donné le bon à tirer de la partie la plus considérable, il atteint le
combat de Ferdiad, Livre de Leinster, p. 81 ; il a par conséquent imprimé
les 28 premières pages, 53-81 ; il lui en reste 24, de 81 à 104.
IV.
Les Popiilar Slinlies in Mylhology, Romance and Folklore, publiées par la
librairie David Nutt, se sont enrichies d'une bonne étude sur les Mabinogion
par M. Ivor B. John, fellow de l'Université du Pays de Galles.
Ce savant mémoire est divisé en sept parties :
Introduction, p. 1 ;
Pwyll, prince de Dwed, p. 20;
Branwen, fille de Lyr, p. 27;
Manawyddan, fils de Lyr, p. 3S ;
>Lith, fils de Mathonwy, p. 38;
Conclusion, p. 44;
Appendix bibliographique, p. 50.
L'auteur donne une analyse des quatre contes dont nous reproduisons le
litre et y joint un travail critique dans lequel il se montre fort au courant
de son sujet. Comme M. Kuno Meyer dans le mémoire lu au congrès pan-
celtique de Dublin, il parle avec grand éloge de la traduction des Mabi-
nogion par notre collaborateur .\L J. Loth..
V.
Sous le titre de Sagen ans deni allen Iielaiid, M. R. Thurnevscn a publié
à Berlin, librairie Wiegandt et Grieben, un recueil de traductions alle-
mandes d'une partie des plus importants récits épiques irlandais qui aient
été publiés jusqu'ici :
1° Comment fut découpé le cochon de Mac Da Thô, c'est-à-dire du fils
des deux muets ;
2° Pourquoi s'exilèrent les fils d'Usnech?
30 Les guerriers d'Ulster en mal d'accouchement;
4° La lutte pour le morceau du héros;
50 Naissance de Setanta, dit plus tard Cûchulainn;
6° Naissance de Conchobar;
7° Mort de Mess-Gegra et de Conchobar ;
8" Pourquoi Art fut-il surnommé l'Unique?
460 Cliioniijue.
9° Eiain et Alill Anguba;
lO" Maladie du chien de Culaiin, c'cst-à-dirc de Cùcluilainn ;
11° Assassinat du fils de Ronan ;
12° Cour faite à Finnabir par Fraech;
15° Comment Snedgus et Mac Riagla voyagèrent sur mer;
140 Vision de Mac Conglinne.
Chaque récit est précédé d'une introduction et de renseignements biblio-
graphiques très complets.
Espérons que ces traductions, faites par un d-js cellistes les plus compétents
qui existent, fera mieux connaître en Allemagne une littérature si digne
d'intérêt et si instructive, et que le savant auteur, encouragé par le succès,
continuera le recueil qu'il a si bien commencé.
Jubainville, le 30 octobre 1901.
H. d'Akbois de Jubainville.
PÉRIODIQUES
SOMMAIRE: I. Itidogermanische Forschiingen. — II. Antiquaries of Ireland.
m. Bulletin archéologique. — IV. Celtia. — V. The Gael. — VI. Athenaeum.
I.
InDOGER.MANISCHE FoRSCHUNGEN, ZeITSCHRIFT fur IN'DOGERMANISCHE
Sprach- und Altertu.mskun'de, herausgegeben vox Karl Brugmaxn
UND WiLHEL.M Stkeitbekg, t. XII, 3^* et 4e livraison. — Intéressant recueil
lie vingt-deux étymologies irlandaises par M. Whitley Stokes. Il s'agit de
mots ou peu usités comme sail « acte d'accompagner » ou qui présentent
de sérieuses difficultés, tels que deac « di.\ » ; dochiitn « à », « vers ».
II.
The Journal of the Royal Society of Antiquaries of Irhlaxd,
t. XXXI, 5e livraison, 30 septembre 1901. — Mémoire du Very Wcx . Jé-
rôme Fahey sur les antiquités ecclésiastiques de Inis-an-Ghoill, Lough
Corrib. I. 'auteur y reproduit en photogravure une des inscriptions chré-
tiennes les plus anciennes d'Irlande. Le savant Pétrie dans son célèbre ou-
vrage sur les Tours rondes d'Irlande, 1845, a transcrit cette inscription
comme il suit: « Lia Lugnaedon mac Limenueh ». Evidemment il faut lire,
avec Miss Margaret Stokes : « Lie Luguaedon macci Menueh » '. C'est une
épitaphe. Luguaedon est le nom du mort au génitif, Menueh le nom de son
père ou de sa mère également au génitif comme macci. Lie est une notation
archaïque de lia « pierre ». — Recueil, par M. Patrick J. O'ReiJly, des
croix monumentales de labaronie de Rathdown. Ces croix .sont au nombre
de neuf, toutes reproduites en photogravure. — Découverte de l'empla-
cement de la source de saint Patrice à Dublin et de la croix monumentale
qui en faisait l'ornement.
Le compte rendu d'une excursion faite par la compagnie en Galway au
mois de juillet dernier est accompagné de pliotogravures pleines d'intérêt:
une maison de pierre dansl'ile d'Aran, elle est construite en forme de cou-
I. Voir à ce sujet, p. 299 du volume dont nous parlons, une note recti-
ficative de la lecture de Pétrie.
462 Pt'rioJiqtit's.
pôle comme les maisons gauloises; forteresse dite Dun Aengus; base de
la croix monumentale de l'abbaye de Cong avec une inscription : oroit do
NiCHOI. AG»S DO GiLLIBF.RD ODuBTUAICH RABI H-AIÎAIDDEACHT CUNGA ;
« Priez pour Nicolas et pour Gilbert ODubthaich auxquels appartint le
« sièse abbatial de Cong ».
III.
Bulletin archi-ologiq.ue du Cgmith des travaux historiq.ues et
SCIENTIHQ.UES, année 1901, re livraison. — Dans un mémoire de
M. Gauckler: Notes d'êpigrapbie laliiie (Tunisie), on lit deux noms propres
d'oriyine gauloise : Volchia. nom de femme, p. i 19, et nuNO peut être
hioDVSO, nom du lieu d'origine d'un soldat appelé Libi;ralis.
IV.
Celtia, juin 1901 :
Suite du dictionnaire anglo-celtique: aged - alike;
Statistique linguistique de l'île de Man.
Juillet 1901 :
Préparatifs du congrès pan-celtique de Dublin;
Suite du dictionnaire anglo-celtique : aliment — alter ;
Visite en Bretagne par le Rév. Percv Treasure ;
Étude anonyme sur le costume irlandais.
Août 1901 :
P. 117. Lettre de M. Duncombe Jewell, de Cornwall, qui prétend que le
comique n'est pas mort. Il vient de recevoir une carte postale écrite en cor-
nique. Un millier de mots comiques sont encore en usage parmi les paysans
qui ne leur connaissent pas d'équivalents anglais.
P. 118. Reproduction mutilée du poème breton des Séries, La Vi'lle-
marqué, Bar:;;^ii--B}rii, édition de 1846, t. I, p. i-i>- On sait que ce poème
est un arrangement tout récent d'une chanson populaire qui n'a rien d'ar-
chaïque. C'est l'œuvre d'un mauvais plaisant dont La Villemarqué a été
dupe.
P. 119 et suivantes. Continuation du dictionnaire anglo-celtique:
altération — anchor.
Septembre 1901. Compte rendu du congrès pan-celtique: en tête delà
procession initiale marchait le personnage qui de son nom vulgaire est le
Rév. Rowland Williams, mais ici il s'appelait Hwfa Mon ; il était Wurh-
drtiid du Pavs de Galles, portait une magnifique robe blanche; et debout
sur le Maen Llog, il prononça la prière pour l'ouverture de la session. Le
congrès a duré quatre jours: on s'v est occupé principalement des langues
modernes, de la musique, des costumes et des jeux celtiques. C'est seule-
ment le quatrième jour qu'il a été sérieusement question de philologie et
d'archéologie. C'est alors que MM. Kuno Meyer et Zimmeront parlé. C'est
aussi le même jour qu'a été posée la question de savoir si le Cornwall serait
Pcriodicjues. 465
reconnu comme nation celtique. L'ajournement a été voté par 54 voix
contre 22.
Le même numéro annonce la prochaine publication d'une revue nouvelle
Cellic Qtiarterly dirigée par le savant écossais M. Mac'oain, d'Inverness.
Octobre 1901. Deux mémoires destinés à soutenir que Cornwall est une
des six nations celtiques. Les cinq autres sont : i" Irlande; 2° Higlilands
d'Ecosse; 3° Ile de Man ; 4" Pa^-s de Galles; 50 Bretagne. Le premier de
ces mémoires a été écrit par M. L. C. Duncombc JcwcU, l'autre par
M. S. R. John.
Compte rendu du congrès de l'Association bretonne tenu à Lannion du
1 au 7 septembre dernier. Notre savant collaborateur M. Ernault y assistait.
Le but de éette association est de maintenir autant que possible en Bretagne
la coimaissance du breton.
Suite du dictionnaire anglais-celtique: and -anvil.
V.
The G.\el, août 1901.
P. 258. Découverte de l'emplacement où jaillissait la source de saint Pa-
trice à Dublin.
Septembre 1901 .
P. 269. Les mss. irlandais.
P. 281. La croix de pierre trouvée sur l'emplacement de la source de
saint Patrice.
Octobre 1901.
P. 297. Mémoire précité de M. Kuno Meyer sur l'état actuel des études
celtiques en Europe et en Amérique.
P. 302. Quatrième réunion annuelle à Chicago de la ligue gaélique
d'Amérique.
P. 315. Notice nécrologique sur Eugène O'Growney, avec portrait.
P. 316. Compte rendu du congrès pan-celtique de Dublin.
VI.
Athenaeum, 24 août 1901.
Article de M. P. W. Joyce expliquant comment dans l'Ogygia d'OTlaerty,
partie I, p. 46, asionn est une faute d'impression pour iiiioiin, diadème.
7 septembre. Le congrès panceltique.
12 octobre. Note de M. Joseph Offord sur le dieu Mogon. L'auteur avant
de prendre la plume aurait bien fait de consulter Holder, AllccUischer
Spiachschalx^, t. II, col. 611.
H. D'y\.RBOIS DE JUB.\I\VILLE.
Jubainville, le 30 octobre 1901.
TABLE
DES PRINCIPAUX MOTS KTUDIKS DANS LE TOME XXII
DE LA REVVE CEI.TIQIIE ' .
I. Gaulois ou vieux- celticlue,
ET OGAMIQUE.
(Voir pp. 74, 86-88, 121, T?9, 142,
14^^, 2$6, 559, 366, 465.)
Aballava, 1 36.
Abeli[a]no, 2 16.
Abellio, 136.
Abnoba, 1 36, 137.
-aco-, 104, 105, 373.
Adarnacus, 221 .
Adeba, 81.
Adicianum, 216.
Adnami, 149.
Agedincum, 127.
Agedunum, 22 : .
Agennum, 222.
Agentum, 221 , 222.
Aiiuca, 149.
Analiacus, 22^.
Angeriscus, 223.
Anvalonnacu, 148.
Anvalus, Anvallus, 148.
Apilius, 2 16.
Arcissas, 2 17.
Arecluta, 100.
Arevaci, 80.
'Aç.yîv:ozo^oç, 122.
I. Cette table a été faite par M. Ernault.
Argentomagus, 79-Si, 239.
Arsic'us, 217.
Arvernicutn, 224.
Atepomari, 276.
Aternus, 220, 221 .
Atettius, 2 16.
Atica?, 86.
Atissius, 2 16.
Atitta, 216.
Atitto, 216.
Atrebates, 2^7.
Attua, 149.
-atus, 5.
Augustodunum, 274.
Augustonemetum, 274.
Augustoritum, 274.
Baiocasses, 258.
Baladitiago, 2 18.
Balatcdo, 2 1 7.
Balatonium, 2 17.
Balatonna, 217.
Balatulla, 218.
Bannaciaco, 2 18.
Bebriacus, 1 39.
Belatulla, 218.
Belatusa, 149.
Belinus, 148.
Table des princip.uix mois ctiuiiés dans le tome XX II. 46 5
Belisama, 1 27.
Benaciacum, 2 18.
Benacus, 218.
Bibona, 258.
Bibracte, 1 27.
Bituriges, 149, 257.
Bitus, 566.
BXaùoo;, 2 18.
Bodiocasses, 258.
Boius, 149.
Borcovicus, j 59.
Bormo?, 81, 82, 240.
Borvo, 81, 82, 1 37, 240.
Botedono, 158.
Bottus, 138.
Boudicca, i 26, 127.
braca, culotte, 147, 547.
("ioaTo-jOc, 357.
Brennus, 346, 347.
brig-, 5.
-briga, 138, 252.
BptyiTOu, 2,5.
Britanni, 1 56.
Britannia, 153, 154, 256.
Britannicus, 154, 155.
Burbuncia, 1 37.
Burbune, 1 57.
Buriago, 253.
Buriciaga, 253.
Bussuro, 149.
Bo'jojivoa, 131.
Caesaromagus, 274.
Calaitus, 366.
Caledonius, KaXrjoov'.ç);, Calidonius,
121, 122, 155-159.
Camaracus, 239.
Camb2(t)donensis, 219.
cambo- « courbe », 220.
Camboncarem, 219, 220.
Cambrissa, 149.
Cantreciacensis, 220.
Cantrius, 220.
Revue Celliqui, XXil.
Carantius, 366.
Carantomagus, 239.
Caris, 2 19.
Carpentorate, Carbantorate, 126.
Carr-, 366.
Cassinomagus, 239.
Catalaunicum, 224.
Cebenna, Cevenna, 79, 81, 82, 237,
240.
Cemenelum, 126.
K£;x;j.£vov ?, 79, 81, 237, 240.
Cenomani, 224.
Cenomanni, 224, 238, 240.
Cernunnos, 127. 162.
Cervedone, 2 19.
Cintius, 2 18.
Cintullus, 2 18, 257.
Cintusmus, 385.
Cisomagus, 239.
Claudiomagus, 239,
clocca, « cloche », 147.
Clutamos, « très illustre», 385.
Comalus, 149.
Corisopitum, Corstopitum?, 90, 91,
97-
Cornavii, Kosvaoj'.o'., Cornavi, Cor-
novii, 97-100, 121, 143, 144.
-/.o?-, « pied », I 22.
crotta, « rote», 127, 128.
Curiosolitum, 90.
Dejotaros, 2-7.
Deva, AtjOja « la divine », 121,
1 22.
Uevana, Ar,ojxvx, 12 ; .
\r/j Jo/x, 258.
Divodurum, 258.
Divona, 258.
Dobunni, 98.
Domionis, 149.
Domnilaus, 6.
Donico, 366.
doro, porte, 258.
3'
466 Table des prineifuuix mots
dubno-, dumno- « profonde, 79,81-
83, 237, 241, 242.
Dubnorix, Dumnorix, 6, 79, 81-85,
257, 242.
Dumnacus, 6.
Dumnonii, Ao-javov-o-, 97-100, 124.
-dunum « montagne » ; «forteresse »,
2^8, 367, 462.
AuraXou? 2, 5,6.
Duro-Cornovium, 98.
Durostorum, Dorostorum, 258.
-durum, 258.
A'JTc'JTO;, 5.
Ebora?. 1 38.
Eburos, !^8.
Epona, 127.
Essuvius, 144.
Exobnus, Exomnus « intrépide »,
242.
Exolvernus, 221.
Flaviobriga, 1 38.
Garumna, Garunnna, 239.
Gaura^ 149.
-gilum, 139.
Gortia, 222, 223.
gutuater, 148.
-iaco-, 104.
-ialum, 1 39, 226.
Intramnae, 239.
Isara, Isra, 1 37, 142.
Isarnodorum, 2 0.
-isca, 225 , 226.
-isco-, 139, 218, 223.
Isrum, 1 37.
Juliomagus, 274.
Lanovalus, 144.
Laumelium, 238.
Lauriacum, 142.
Lemausus, 79-81 , 238.
Lemincum, 238.
Lemovices, 238.
Lexovius, 366.
étudiés dans le tome XX II.
Lingonicum, 224.
Litumarus, Litmarus, 137.
Lugdunum, Lugudunum, 80, 134.
Lugu-, 139.
Aoj/.o-iÇia, 124.
Madicenus, 366.
Maguricis, 149.
-magus « champ », 1 39.
MAQi « du fils », 255, 560.
Marcomagus, 238.
Mapioo'jvov, 145.
Messicus, 1 50.
Mosomagus, 239.
Mucco, 366.
Mulsedonum, 225.
NANIM...H ?, 360.
Nantosvelta, 164.
Narbo, 148.
Nasium, 1 27.
Nemausus, 238, 240, 257.
Nemesa, 238.
nemeton « temple », 83, 242.
Nodons, 1 34.
Novantae, NojâvTa;, 124.
Noviodunum, 274.
Noviomagus, 238, 239.
obno-, omno- « terreur », 241.
Octo, 149.
OGMA, 2<f<).
orge « tue », 362, 429.
Ossismi, 'O^îaa-.o'., 144, 145.
'iiiT!fovjç, 'QaTÎa-.o'., 145.
Otadini, 143.
Patriniago, 253.
Q,VEG\i, 560.
Quinciaco, 2^3.
Ratomagus, 239.
Rémi, 239, 240.
Rhenus, 346, 347.
Rigomagus, 239.
'P'-YOTayi:, 387.
Rodumna, Rodanna, 259.
TaVle iics principjux mots étiui es dans le tome XXII . 467
Rosmerta, 121.
-sag-, 387.
Segisamo, 258.
Selgovae, i 1 1 .
Serotenno, 217.
Siata, 86.
Sinatus, 5.
SfxÉvTa'.. 121.
Suadru, 149.
Sucellus, 1 59, 165, 164.
Sumelocenensis, 149.
Sumelocenna, 149.
Taurisci, 256.
Tectosagi, 387.
Tegernacus, 255.
Temusoni, 362.
Teutates, 247.
TîGERxi, 255.
Trinovantes, To-.vojavTs;, 124.
Turnomagus, 239.
Turonicum, 224.
Ucellus, 137.
Uxama « la plus haute «, 238, 386.
Uxellim-, 385.
Uxellodunum, 137.
Uxisama « la plus haute », 386.
Valabricensis, 137.
O'JîXayvîoj;, 137.
Venisa, 149.
Verciovi, 149.
Veric(a), 254.
vernos, aune, 221.
Veromandui, 238.
Vettones, 80.
Viducasses, 257.
Virdomarus, 346, 347.
Virodunum, 139.
Volceia, 367, 462.
Volobriga, 137.
Vorganium, 90.
Vorgium, 90.
II. Irlandais.
(voir pp. 12-61,67, 117, 120, 121, 126
IJ5, 141, 142, 146, 147, 165-21J,
2 $8, 2)9, 282-529, 3n-3 5î, 560,563-
}6j, 590-457, notamment 404-455,
mots contenus dans le Togal bruidne
Dà Derga ; 461-465.)
a : a dul, venir ainsi, 49,
abtar, vous êtes, 46.
adaig, nuit, 1 19.
ag, bête bovine, 433.
-ai, lui, 189.
-âigfimmis, nous aurions craint, 54.
-alach, rapide, 306, 405.
Alich, 306.
amhas, amhus, soldat mercenaire, 125.
anmimm, au nom, 361.
araile, autre, 2^7.
asbert, il dit, 253, 254.
atreba, il habite, possède, 257, 2^8.
attâ, il est, 1 20.
bâes, baois, fantaisie, caprice, 335.
Barrfind « au blanc sommet », 342.
bearbhaim, je bous, je fonds, 240.
bélre, bearla, langue, 257.
ben, bean, femme, 241, 242.
bith, monde, 1 19, 194, 19^.
Boend, 131.
brathbéim, coup fatal, 408.
bresal, guerre, 409.
Brigit, 119.
bro, multitude, 35, 36.
broc, sandale, 189.
brosc, tonnerre, grand bruit, 35^.
bruden, hôtel, 61.
bruth, ardeur, 430.
buide, remerciement, 435.
burit, ils portent (un coup), 409.
caer, chevelure?, ^09.
caimse, camse, blouse, 409.
camman, bâton, raquette, 352.
Caoilte, 362.
468 Table des principaux mots étudies dans Je tome XXll .
ceinn, peau, 59.
ceit, habillement, 410.
^ cétbanim, je comprends, 337.
cln, manuscrit, 411.
cir, peigne, 411.
Clidna, 209, 211.
00, en comparaison de, 1 ^, 16.
Coemgin, Caoimhghin, 560.
coimeasg, mélange, 258.
coisreacad, consécration, 257.
comarda, vis-à-vis, 48.
commeit, coimhméad, égal, 258.
Conaire, 121.
Cornn (Bretons) Cornouaillais, 144.
cossalach, aux pieds agiles, 306.
Cothraige, Patrice, 35^.
ct^echfobdi, prompts aux incursions,
SO, S'. 4'5-
cressaigthi, il le brandit, 189.
crût, rote, i 27.
cuil, mauvais, 18, 413.
cuman, bâton, raquette, 352.
Cûroi, ! 33.
dasachtach, (troupe) furieuse, 4^.
Dau, I 2.
deac, dix. 461 .
dechmad, dixième, 2^8.
degaid, escarbot, 414.
dét, dents; ivoire, 305, 361.
diugadh, diudadh, glousser, 257.
dochum, à, vers, 461.
domhain, profond, 241.
dûal, boucle de cheveux, 417.
duini, de l'homme, 1 19.
-e, lui, 189.
echtar, hors de, 389.
eclann, plaque, 199, 418.
Erchan, 141 .
Ériu, Irlande, 418.
Essa Rûaid, 209, 211.
fâeth, fiada, incantation qui rend
invisible, 1 18.
fael, loup, 29, 30, 419.
feinestar, fenêtre, 419.
Femen, 312, 313.
fémmed, impuissance, faiblesse, 419.
feraib, (nous étions douze) hommes,
214.
feraim, je verse, je fais, 419.
Fer Caille « l'homme du bois », 42.
fichim, je combats, 419.
fmd, blanc, beau, 342.
Finnbarr « au blanc sommet », 342.
F'ir Domnann, 123, 1 24.
folaimtis, ils essayèrent, 29.
fomôrach, 194, 420.
forbâith, très aimable, 421 .
forcthas, entouré d'une défense?, 42 i .
fordat, disent-ils, 46, 421.
fôrig, d'un bon roi, 49.
forruleblangatar, ils sautèrent, 42 1 .
fota, long, 431.
folhrond, bruit tumultueux, 422.
froech, bruyère, 422.
fudomain, profond, 242.
gabhlach, cornu, pointu, fourchu, 5 74.
gabim, je prends, 361.
gabor, chèvre, 561 .
gaibte, gaibthe, qui prennent, 181.
Gall, Gaulois; Scandinave, 551.
garséle, vie courte, 423.
Gerchenn a à la tête courte », 141,
196, 197.
glûn, genou, 423.
gnâs, habitude, 536.
gnâth, habitué, 336.
Gorman, 121.
grassagam, je rends grâce, 388. ■
Guaire, 353, 354-
-i, lui, 189.
ichtar, partie inférieure, 377.
-id, -ith, sutf. d'adverbes, 3^7.
imcaemrosa do, je rechercherai, 25.
inis, île, 1 19.
Table des prineipjux mots étuJiés dans le tome XXII . 469
Inis Cathaig, 141 .
int-, ind-, le, 1 1 S, 119.
ludhal, lubhal, Juif, i 2.
la, avec, 361 .
Laidgen, 554.
laigiu, laigu, lugu, moindre, 378.
Leuidan, Léviathan, ^4.
lia, pierre, 461 .
16, laine, 430.
lorg, massue, 426.
lugam, le plus petit, 385.
mac, fils, 461 .
mac Nessa. 122.
mael, chauve; esclave, 435.
Manannân, 341-344.
marcuigheachd, action de chevaucher,
387.
matlorg, massue, 427.
mebuir, meabhair, mémoire, 82.
mess, meas, nourrisson, 20, 427.
mil, épingle, cheville, 43 5 .
mile,m!lle;beaucoupdecentaines?,5 2.
mi'r, morceau, 427.
mithemon, mi mithemain, juin, 427.
mnà, de la femme, 241, 242.
moam, le plus, 386.
Mongan, 342.
mongenair, il est bien né, 428.
Mongfinn «à la bellechevelure »,3 50.
môr: ni môr ma, c'est à peine si, 323,
324.
moth, étonnement, 287.
nél, nuage, 242.
nem, neamh, ciel, 82, 83, 242.
nemed, sacré, noble, 242, 243.
nemed, temple, 83, 242.
nos, façon, 334, 336.
Nuada, 154.
6, ua, de, 1 36.
oessa, gens, 40.
Oissin « petit cerf », 118, 126.
ôitiu, jeunesse, 405.
omhal, poète, 142.
omhan, omun, terreur, 241.
Orbsen, 342.
orc, œuf?, 429.
orgim, je tue, 362.
oss, cerf, 118.
partaing, objet rouge ou écarlate, 429.
ritere, chevalier, 430.
ro-, particule verbale, 253.
robad, serait, 120.
roe, bataille, 424.
roen, victoire, 424.
rogait, bâton, 431.
sail, acte d'accompagner, 461.
sâith, sâth, satiété, plénitude, 386.
saithe, troupe, essaim, 386.
scéo, et, en outre, 43 1 .
sedgreg, troupe de cerfs?, 431.
siniu, sinu, plus vieux, 378.
site, la soie, 431.
sith, long, 4^ 1 .
s[o]aitside, faciles à arrêter, 50, 51,
432.
sru'T, museau, 432.
sûanemain, cordes, 294, 295.
Sucat « bon guerrier », 356.
sùil, œil, I 19.
-t, 3e pers. pi., 361 .
taig, chercher, 17.
tairg, ofTrel, 432.
tâm, fièvre qui consume, 43 3.
tarlaic, il répandit, 283.
tesbanat, ils manquent, 337.
tesbuith, manque, 337.
Tigernach, 255.
tinne, cornemuse, 43 5.
tir na m-beo «pays des vivants», 133.
tocad, sort, 434.
tongu, je jure, 176, 177.
treban, petit ruisseau?, 434.
trechend, trio, 194, 434.
tramdâmwla lourdecompagnie»,3 53.
470 Table des principaux mots étudiés dans te tome XXII .
tromthur, poids lourd, 389.
tur, tor, masse, poids, 389.
ûachtarj partie supérieure, 577.
ûagbod, présage funeste, 455.
ûar-, extérieur. 45 ^.
ùath, peur, 455.
III. Gaéliqle d'Ecosse.
(Voir pp. 1 16, 1 17, i;o.)
aiteal, brise, 335.
cuman, bâton, raquette, 352.
cumanachd, jeu de balle, 3 ^2.
Dûnchailden, 1 5 ^.
fath-fith ou fith-fath, incantation qui
rend invisible, 117, 118.
mac an Lir, le fils de la mer, 1 17.
meomhair, mémoire, 82.
IV. Gallois.
(Voir pp. 62. 65, 6j, 67, 68, 354, 438-
446.)
-acli, -hach, comparatif, 371, 373,
374, 381.
-ach, nuance de mépris, 373.
adarre, de nouveau, 353.
aerfa, champ de bataille, 406.
Aes, 1 12.
aethnen, aethwydd, tremble, peu-
plier, 333.
afallach, verger, pommeraie, 374.
amwyn. secourir, 72.
-awc, 373.
Barintus, 3 39-344-
Barri, 340-342.
berwi, bouillir, 240.
Bran, 541.
Briafael, 96, r 12.
Brioc, 9S, 96.
broch, fureur, emportement ; écume;
bruit tumultueu.x, vacarme: cha-
grin, 33^,409-
brwd, ardent, 430.
bwrw, frapper, porter (un coup),
409.
bywi, truffes, 442.
Caer, Chester, 88.
Caer-Leon, 100.
caledach, plus dur, 385.
caletach, calettach, plus dur, 385.
calettàf, très dur, 385.
calettet, combien dur!, 38^.
canfod, apercevoir, 337.
canhwyll, chandelle, 386.
Caradauc Breichbras, 96, 97.
Carantmail, 111.
Carmarthen, 145.
Celyddon, 155.
cenn, peau, ^9.
Ceredigion, 96.
Cernyw, Cornouaille, 100, 144.
Cinglas, 101.
ciwdod, peuple, 90.
Clut, III.
Conbresel, 409.
crwth, violon, 128.
Cuneglase, 92.
cychwyf, mettre en mouvement, 3 3 ^.
cyfer, situation en face, 48.
cymmaeth, nourri avec un autre, 238.
cymmaint. autant, 238.
cymmysg, mélange, 238.
Cymro, Gallois, 100, m.
cynntta, ramasser du bois de chauf-
fage, 387.
cynt, cyntach, plus tôt, 375.
defnydd, matière, 409.
-der, noms abstraits, 389.
dihil, sans postérité, 74, 75.
dinas, forteresse, 72.
Din-lle « forteresse de Lugus », 134.
dir, fort, sûr, certain, nécessaire ;
force, certitude, 258, 415.
dur, acier, 258.
-dwr, noms abstraits, 389.
Table iics principaux mots étudiés dans le tome XXII . 471
dynionach, gens misérables, 575.
edaf, til, 555.
Eiddin, 111.
eithaf, extrême, 375, 586.
eithr, en outre, 575, 589.
etem, fil, 555.
fwyfwy, de plus en plus, 581, 5S5.
gaflach, enfourchure ; javelot, 573.
gafr, chèvre, 561.
Gereint, 111.
gnawd, habituel, 356.
godorun, bruit tumultueux, 422.
gorch, clôture, défense, 421.
gre, troupeau, 45 1 .
grug, bruyère, 422.
guobriach, plus grave, 571.
gwaeth, .gwaethach, plus mauvais,
375-
gwaethwaeth, de pis en pis, 381.
gwastatâu, gwastatta, rendre uni,
385.
gweledigaeth, vision, 388.
gwell, gwellach, meilleur, 575.
gwellwell, de mieux en mieux, 381,
383.
gwbybwr, liquide, 389.
gvvra, prendre un mari, 587.
gwreica, chercher femme, 387.
gwrhau, devenir homm; lige, vassal,
387.
gwynder, blancheur, 389.
-ha, chercher, chasser, recueillir, ra-
masser, 387.
-haf, superlatif, 371 .
haid, essaim, 386.
-hàu, rendre ou devenir..., 386, 387.
hawdd, facile, 76.
hcibio, à côté, 431.
héitham, extrême, 386.
hil, race, 75.
hinham?, le plus vieux, 371.
hoedledd, vie, 423.
hwy, plus long, 378.
hwyaf, le plus long, 378.
hyd, longueur, 43 1 .
hydd, cerf, 43 1 .
hygawdd, irascible, 76.
hyn, plus vieux, 378.
hynaws, aimable, 3 36.
ial, espace découvert, 1 39.
iau, plus jeune, 378.
iawn, droit, 1 1 2.
is, plus bas, 377.
Ivi, 100.
ICepius, Kebius, 351.
leilai, de moins en moins, 581.
Uadraeth, vol, 388.
Iladrata, voler, 388.
Iladrataeth, vol, 388.
lladd, éteindre, 406.
liai, moindre, moins, 378.
Llan-dyfriog, 96.
Ileiaf, le plus petit, 378.
Ileilai, de moins en moins, 381.
Ilesach, meilleur, 374.
Hong, vaisseau, 92.
Ludd, 154.
mach, caution, to8.
magi, tache, 72.
mail, mutilé, 43 5.
marchocàad, action d'aller à cheval,
387-
marchocâu, chevaucher, 387.
marchogaeth, chevaucher; chevalerie ,
587.
mechdeyrn, vice-roi, seigneur, 108,
255.
meddu, pouvoir, 419.
mehefin, juin, 427.
Merthyr, 108.
moel, chauve, 45 y
mwy, plus grand, 378.
mwyaf, mwyhaf, le plus, 386.
mwyfwy, de plus en plus, 381.
472 Table des principaux mois étudiés dans le tome XXII.
Nant-lle « vallée de Lugus », 154.
naws, nature, 334, 336.
nef, ciel, 242.
nés, jusqu'à ce que, 376.
Nevyn, I 14.
Numin, 1 1 4.
0 dyuchtaw, au-dessus de lui, 377.
pivvyf, paroisse, 1 10.
porth, port, 93, 111.
Porthlud, 1 34.
rhae, bataille, 424.
Rheged, i 10.
Rhufain, Rome, 89.
Rhufawn. Romain, 89.
rhyd, gué, 72.
Rumaun, 111.
Ruvonioc, 111.
Samson. 133, 1 34.
Simorus, 1 1 2.
Siviaus, i : 2.
Strat-Clut, III.
sychder, sécheresse, 389.
sychdwr, sécheresse, 389.
talcibed, tonneaux, 330.
tarwhaid, second essaim, 386.
tecced, combien beau!, 386.
teckau, embellir. 386.
terica, être en rut, 387.
teyrn, chef, 108.
trech, supérieur, 378.
trew, éternuement, 445.
trymder, pesanteur, 389.
tynged, sort, 434.
uch, au-dessus de; plus haut, 377.
uchaf, le plus haut, 38e.
Winwaloe, 9^, 96, 99.
-wr, noms abstraits, 389.
ysgemydd, esgemydd, banc, 1 14.
vstrawd, passage, 432.
V. C0RNIQ.UE.
(Voir p. 48.)
-a -e, comparatif, 373.
a uch, au-dessus de, 377.
Austel, 98.
Breoc, 96.
bresell, bresul, bresyl, guerre, 409.
Brioc, 98.
Budoc, 98.
Carentock, 99.
Carhays, 112.
Chenmerch, 98.
Cleder, 99.
Ciere, 99.
Corentine, 99
Cornely, 99.
Cubulian, 98.
Dominick, 99.
enchinethel, géant, 334.
Enoder, 99.
Ervan, 99.
eth, souffle, 333.
Feock, 99.
Gerrans, 99.
GuKval, 99.
Gunwallow. 96, 99.
Gwinear, 99.
Gwithian, 99.
Kea, 99.
Kernow, Cornouaille, 100.
Lan-Dewednac, 96, 99.
lorch, bâton, 426.
Luxulien, 99.
marogeth, chevaucher, 387.
Meriadoc, 98.
Mewan, 99.
Michael, 99.
moychaf, le plus, 386.
moys, plus que, 380.
Non, 98.
Paul, 99.
Perran, 99.
Table des princip.uix mots clihiiés dans le tome XXI L 473
Petroc, 98.
Petrockstow, 99.
plu, paroisse, 1 10.
Plu, Vuthek. 98, 110.
Sampson, 99.
sichor, sécheresse, 589.
Sithney, 99.
Towednack, 96, 99.
Tricor?, 98.
Tudy, 99.
Wenn, 99.
Winnow, 99.
VI. BrETOX ARMORICAIN'.
(Voir pp. 72, 75, 112, 114, 14T, 2S7,
561, 370-572, 382, 384, 385, }88,
a, de, 384.
-a, -an, -haiï, superlatif, 385, 589.
a-bed, aucun, 376.
-ac'h, comparatif, 373.
-ac'h, adjectif, 373.
adarre, de nouveau, 533.
a diabell, de loin, 577.
a diaguent, auparavant, 377.
a diaparz, en dedans, 377.
a diaraoc. d'avance, devant, 377.
a diouc'h, a diouz, au-dessus, 377.
aer, hear, héritier, 378.
a euch, a uch, au-dessus de, 377.
-aez, -ez, noms abstraits, 387, 388.
aezen, vapeur, exhalaison, vent doux,
af. je vais; je deviens, 386.
-aff, -haff. superl., 372.
Ahes, 144, 145.
aiouz cmp, au-dessus de nous, 377.
a is, au-dessous de, 376, 377.
aloubi, empiéter, s'emparer de, 332,
ambilh, (cheval; qui va en tète, 333,
334-
a muy e muy, de plus en plus, 384.
Anaurot, 91 .
a-nébeûd-é-nébeût, peu à peu, 384.
a-nèz, sans, à moins de; sans cela,
376.
ankelc'her, feu-follet, 334.
aoz, lit de rivière, 3 34.
aozilh, osier, 333.
aprophetoch, plus approuvé, 372,
575-
ar, sur, 383.
ar, le, 331.
argud, sommeil léger, 334.
Arthmael, 109.
Arthuuiu, 1 14.
-ât, -hât, rendre ou devenir plus....,
381, 383, 386.
atred, gravois, 332.
atret: tut a drouc atret, gens scélé-
rats, 332.
ausein, remettre (un os), 77.
a uz, a ust, au-dessus de, 3 77.
avansetoc'h, plus avancé, 372.
aveit, que, 380.
avisétt-matt, judicieusement, 375.
avizétt matt, judicieux, 375.
avu, aùi, au, eu, foie, 356.
a zioc'h, au-dessus, 377.
baizic, jaloux, comme une mère de son
enfant, 335.
banel, venelle, 332.
beizik, (cheval) rétif, ombrageux
ber, broche, 332.
Bern, Barn, 1 14.
berr, court, 1 12.
betek, jusqu'à ; pourvu que, 576.
bihan, peu, 579.
bihanoc'h, moins, 379.
bilen, vilain, 3 3 2.
bir, flèche, 3 32.
birvi, bouillir, 240.
474 7\jWe lies principaux mots étudiés dans le- tome XX'II.
bisach, visage, 532.
biz ar iod « doigt de la bjuillie »,
l'index, 562.
Blawec'h, Biafiwec'h, 88.
bourcé,' vers (le feu), 70!
bragou, braies, 147.
Brecelien, 86.
bréhateah, embrasser, 387.
breselec, guerrier, 409.
breselhat, guerroyer, 409.
Briac, 111.
Brioc, 1 I 2.
broez, colère, emportement, 335.
brot, zèle, 430.
brout, ardent, 430.
bryata, bryatât, embrasser, 387.
buaneguez, irriter, s'irriter; colère,
387.
buanequat, s'irriter, 387.
caer, ker, ville, 112.
Caer, 88.
Caioc, III.
Camdonpont, 1 14.
car, parent, 112.
Carès, Carèys, Carés, 1 12.
Carhes, 144.
Catihernus, 105.
Cembre, les Gallois, 100.
chas, chiens, 375.
chasé, chasse, 375.
c'hoar, sœur, 361 .
cohu, cohui, cohi, halle, 335, 336.
Concc, 109.
Conober, 112, 113.
Conomor, 112, 113.
Conoo, 112, 115.
Conoual, Gonval, 109.
Cornely, 99.
Coulm, 109.
covu, covi, halle, 336.
Coz-Gueordet, 90.
Cuburien, 98.
cueuz, regret, 76.
-der, -ter, noms abstraits, 389.
Devy, 112.
di-, dis-, privatif, 7^-78.
diadreff, par derrière, 377.
diampradur, rupture, dislocation, 77.
diapell, de loin, 377.
diarauc, d'avance, devant, 377.
diauset, démis, 77.
diaveas, de dehors, 377.
dichclpan, être essoufflé, 77.
didruéhoh, plus impitoyable, 371.
dieznes, misère, 76.
diforhein, [diforc h, distinguer, dis-
cerner, trier, séparer, mettre à part,
77-
digenvez, étranger, 76.
digloereifi, éclore, 78.
digoroh, digorroc'h, plus ouvert, 371,
572.
digunvez,(paroles) qui, d'ordinaire, ne
sortent pas de notre bouche ; (mot)
peu commun, et qu'on ne comprend
pas trop, 76.
dihaiàdur, action d'éplucher (des
herbes pour le pot), 76.
dihaiein, dihéein, éplucher (des her-
bes pour le pot); distinguer pour
séparer, 76.
dihaiour, éplucheur, 76.
dihalpâl,ètre essoufflé, avoir la langue
hors de la bouche, 77.
dihampreiii, disloquer. 77.
dihelchafF, dielc'hat, être essoufflé,
hors d'haleine, 77.
dihêlhein, s'essouffler, 77.
diheikein, être essoufflé, 77.
dihilha, dishilha, s'égrener, 74.
dihiliein, égrener; effiloquer, dégue-
niller, 74, 7^.
Diles, 100.
dimen, fiançailles, 71 , 72.
Table des principaux mots étudies dans le tome XXI! . 475
dioc'h, diouc'h, de, 577.
diouz, dioz, de, 377.
dir, acier, 258.
diranva, diranvat, sérancer; égrener,
77-
diranvet, amaigri, qui a l'air faible,
fatigué, 77.
dirigaez, être en rut, 387.
diséremantt, déshérence, 7^.
dishear, dishaer, disher, sans héritier;
non marié, 75.
disherya, tomber en décadence, 75.
disheryadur, dépérissement, perdi-
tion, dégât, dissipation, 7^.
dishilya, -lyan, -lyo, égrener, 74,
75-
dishilya, tomber en décadence, 75.
dishilyadur, dépérissement, perdition,
dégât, dissipation, 75.
disiihan, dizilha, s'égrener, s'échap-
per de l'épi ; se dissiper, 7 5 .
dispied, displet, abject, vil, bas, mé-
prisable, misérable, 78.
displedadur, vileté, bassesse, 78.
displedded. abjection, 78.
displedôny, vileté, bassesse, 78.
displedurez, abjection, 78.
disscruniein, égrener, 78.
distonna, distona, enlever de dessus
la terre l'herbe et les racines que
la herse entraîne, 78.
diurth, de, 377.
divambrein, diamprein, diuemprafT,
démembrer, 77.
divoaz, (mot) insolite, peu compris,
76.
divreinan,ôter la partie pourried'(une
pomme). 76.
Domineuc (Saint-), 99.
don pe don, de plus en plus profon-
dément ; plus ou moins profond,
383-
don pe donoh, plus ou moins pro-
fond, 383.
douarha, acquérir des terres, 587.
droukàt, devenir mauvais, méchant,
38..
droukoc'h, droukoh, plus mauvais,
375-
duhik, duik, un peu noir, 388.
duhoh, duoh, plus noir, 371.
Dunët, I 10.
dyeuch, au-dessus de, 577,
dyvalau, laid, 76.
-éah, -èh, noms abstraits, 388.
-ec, -eue, ad)., 372, 373.
-ec'h, adj., 373.
Edern, 109.
eeun, droit, 1 1 2.
eget, que, 380.
eit, que, 380.
eleiz, eleih, beaucoup, 575.
enclasc, rechercher, 334.
ê nés, proche, près, 376.
Enewor, 109.
enez ma, à moins que, 376.
enquelezr, géant, 3 54.
enterafoh, gl. inopportunius, 373.
entré, entre, 37^.
entre daou, médiocre, médiocrement,
37S-
erublobion, gens attachés à la glèbe,
1 10.
Erwan, 99.
estr eget, estrevit, plus que, autre
que, 574, 37',.
estroc'h evit, estroh eit, plus que,
autre que, 374, 375.
-et! combien! 385.
euz, à, 382, 585.
euz, mou, 76.
Even, 1 14.
evit, que, 580.
evlec'hen, uloc'hen. orme, 374.
476 Tdblc des principaux mois ctudiés dans le.toine XXH .
fallàt, devenir faible, 581 .
falloc'h, falloh, pire, 571 , 575.
falloh pé fal, de plus en plus mau-
vais, 584.
fin pe fin, à bon chat bon rat, 585.
fin pe finoc'h, finpé-finnoh, très fin,
raf:iné, 583, 589.
tlourik-flour, tout à fait doux, 389.
forhein, priver, sevrer, 76.
fors, cas, estime, 77.
Fregan (Saint-), 109.
gannèh, gannèheenn, vache qui passe
un an sans porter et qui donne du
lait, 573.
gaolok, qui a de grandes jambes, 373.
gaour, chèvre, 361.
garz, haie, 223.
gauloc'h, qui a de grandes jambes,
37?-
gaunac'h, gâunec'h, stérile, 373.
glebder, moiteur, 389.
glebour, gluebor, moiteur, 389.
gloestre, vœu, 69, 70.
goaçz, pe voaçzoc'h, de pis en pis,
38?.
goah-ar-oah, de pis en pis, 383.
goahoh goah, de pis en pis, 381.
goahoh pé goah, de plus en plus mal,
384.
goaz, goazoc'h, pire, pis, 375, 376.
goazoc'h-goaz, de pis en pis, 381,
384, 389.
golou, lumière, 1 1 2.
goué, sauvage, 100.
gouèh, pire, 375.
grata^t, promis, 388.
grateah, promettre, 388.
gùel, meilleur, 375.
gùel arc'huel, de mieux en mieux, 383.
guelet, voir, 100.
guelloc'h-guelld, de mieux en mieux,
38s.
guëli ouc'h vell, de mieux en mieux,
381.
Gueltas, 100, 101 .
Guen (Saint-), 99.
Guisseny, 99.
Guitalvézé, 108.
gwasât, empirer, 381, 383.
gwasoc'h, pire, 375.
gwaz-ouz-gwaz, de pis en pis, 382.
gweledigez, vision, 388.
gwell, meilleur, mieux, 376.
gwellàt, guellaat, devenir ou rendre
meilleur, 381.
gwelloc'h, meilleur, mieux, 375.
gwelloc'h-well, de mieux en mieux.
385.
gwell-ouz-gwell, de mieux en mieux,
582.
gwell-pe-well, de mieux en mieux,
383.
gvvell pe welloc'h, de mieux en mieux,
383.
gvvennder, blancheur, 389.
gwic, bourg, 1 08, i lo.
Gwingner, 1 10.
"ha, -a, chercher, chasser, recueillir,
ramasser, 387.
ha, hag. et, que, 380, 384.
-haflF, -han, -ha, -an, -a, superl., 372,
585. 388.
halpein, lapper, 77.
hamprein, remettre (un os), 77.
hanter, demi, 389.
-hat, voir -ha.
-hât, -âl, rendre ou devenir plus...,
385, 387» 388.
hegué, paisible; capable d'endurer,
dolent, 76.
heirguor, porte-parole, 100.
helhus, (eau) qui altère, qui laisse
altéré, 77.
hellet d'er séhet, mort de soif, 77.
Table des principaux mois étudies dans le tome XXII. 477
hemiken, seulement, 580.
henaour, aîné, 578.
hentré : tud hentré, les petits, 575.
-het, -et ! combien!, 588.
heû, fade, 76.
-hik, diminutif, 588.
Hilian, 75.
hin, température, 578.
Hinmoi, 378.
-hoc'h, comparatif, 371, 572,37^,
58^, 388.
Hœdic, 86.
hoiam. le plus long, 578, 385.
Hoiat, 86.
houarn, fer, 2ç8.
Houat, 86.
lahan, Jean, 1 i 2.
lann, Jean, 1 1 2.
iaouher, puîné, cadet, 378.
lestin, 109.
ihuel, haut, 377.
-ik, diminutif, 388, 389.
Iltut, 109.
intanv, veuf, 386.
loumonoc, 578.
is, au-dessous de, sous, 376, 577.
iscomid ?, sorte de siège, 1 14.
istre, outre, en plus de, 374.
ludoc, 109.
lunaw, 109.
luzec, 109.
Ivy, 1 1 2.
izel, bas, 377.
izelikoc'h, un peu plus bas, 381.
izeloc'hik, un peu plus bas, 380.
jamez ebcd, jamais de la vie, 376.
kaerât, embellir, 386.
kaeroc'h-kaera, de plus en plus beau,
585.
kaletât, durcir, 385.
kaletet, kaletat, combien dur!, 385.
kaletoc'h, plus dur, 585.
kaletoc'h-kalcd, de plus en plus dur,
382.
kals, beaucoup, 37^.
kantol, chandelle, 586.
Keinmerch, 98.
kelc'h, cercle, 354.
keleren, feu-follet, 334.
kelliez, aussi nombreux, 376.
kement, autant, 238, 379.
kemmesk, mélange, 238.
ken, si, autant, 376.
kent. plus tôt, 376.
kentoc'h, plus tôt, 375.
kentoc'h de, avant de, 376.
ker, ville, 151.
ker bihan, aussi peu; (tant et) si bien,
379, 380.
kerkent, kenkent, aussitôt, 376.
Kermorvan, 113.
Kernèw, Cornouaille, 100.
kèroh pé kèr, de plus en plus beau,
384.
Kerroman, 89.
keuneuta, ramasser du bois de chauf-
fage, 387.
keved, quenouillée, 335.
Kiel, I 10.
kilhorou, avant-train de charrue,
334-
kiriekoc'h, plus coupable, 374.
koantik-koant « Joliette jolie », 389.
koulsoc'h ha, qui vaut mieux que,
374-
laerez, laëreah, voler, 388.
Landevenec « le monastère de To-
winnoc (Win-waloe) >^, 96.
Lan-guehuc, 111.
lann, monastère, 96, loS, 109,
Lannedern, 109.
Lansieu, 112.
Lanvaudan, 109.
Lanvcoc, 99, 1 10.
47 8 Table des p:incipa:ix mots ctuiiés dins le tome XXII.
larg, lare, large, loin, 572, 575.
larkoc'h-larka, de plus en plus loin,
385, 389.
lartan, le plus gras, 388.
lartat, engraisser, 388.
lartet! combien gras!, 388.
lartik, un peu gras, 388.
lartoh, plus gras, 588.
lau, mauvais, 378.
lazrez, voler, 388.
-lei, moins, 378, 379.
leiham, le plus petit, 378, 385.
iemhaani, j'aiguise, 386.
Léon, 100.
Lesneven, 114.
lies, plusieurs; beaucoup; souvent,
376.
lis, résidence seigneuriale, 102.
loc, cellule de solitaire, 108.
Locmariaker, 88.
Loc-Pezran, 99.
Loguivy, 100, 1 1 2.
Lopriac, 111.
Lotivy, 112.
lourdat, condenser, 585.
lourdet, lourtet, combien lourd!,
385.
lourtât, devenir lourd, 385.
Lovocatus, 105, 112.
machtiern « princeps plebis », repré-
sentant du chef, 107, 108, 255.
madik, assez bon, 388.
madik madig, assez bien, 388.
Maelcat, 1 10.
Maeloc, Melec, 109.
mas, meas, moins, 379.
Maioc, Meoc, 1 10.
mam, mère, 238.
Mane-Morvan, 113.
-mant, adverbe, 575.
marc'ha-matât, devenir bon marché,
38,.
marc'hata, marchander, 388.
marhateah, marchander, 388.
marhecqât, chevaucher, 387.
marheguez, chevaucher, 387.
mas, plus, 579.
matoc'h, match, meilleur, 37^.
-matt, adverbe, 37^.
Maudan, 109.
Meen, 99.
Meliau, 109.
ment, quantité, 379.
Mern, Mam, 1 14.
Merzer, 108.
mes, moins, 579.
meur, grand, 375.
meurbet, merbet, beaucoup, 37^.
Mewen, 109.
mezeven, mîz mezeven, juin, 427.
Mine-Morvan, 113.
moan-euz-moan, de plus en plus
maigre, 383.
moins, moins, 379.
Morman, Morvan, 113.
mui, mu, mi, plus, 379, 380, 384.
muioc'h, muoc'h, plus, 569, 370,
575-
muioc'h-mui, de plus en plus, 381,
382.
muioc'li-ouz-mu, de plus en plus,
382.
mut, meit, plus que, 380.
muy, très, 369.
muyhaff, le plus, 586.
muy oz muy, mu-ouz-mu, de plus en
plus, 582.
nahulei, néanmoins, 37S.
nant, vallée, 112.
ne, ni, 379, 380.
nebeutoc'h, moins, 379.
nenv, env, ciel, 242.
nés, proche, prochain, près, 575,
376.
Table des principanx mots étiuHtS dans le tome XXII. 479
nés, nessoch, plus près, 575.
nesaour, nesaër, voisin, 578.
nesoc'h, plus proche, 376.
nessat, approcher, 578.
neubeutoc'hik, un peu moins, 380.
neuz, mine, 5 36.
Neven, 1 14.
Nevenoe, 1 14.
Neventer, 109.
nobla, nopla, le plus noble, 385.
noblaat, noblat, anoblir, 585.
Nominoe, Numinoe, 113, 114.
oaz, jalousie, 535.
-oc'h, comparatif, 369, 371-57^,
380-385.
-oc'h, -ouc'h, adjectif, 373.
-oc'hik, un peu plus, 580, 381.
otrooc'h, plus monsieur, mieux ha-
billé, 374.
-ouc'h, comparatif, 372, 373.
ouz, oz, à, 582, 383.
Padarn, Pedern, 1 14.
paour ar paouraiï, pauvre, des plus
pauvres, 389.
parche-meutt, membrane de mouton,
parchemin, 69.
Paul, 99.
pe, ou, 385.
pellik, pell, loin, bien loin, 389.
pell, pe belloc'h, fort loin, 383.
penaoz, comment, 334, 336.
penhuikoh, plus riche, 371.
penner, penn-hear, fils unique, 378.
pinuizicat, pinuizicquaat, s'enrichir,
387.
pinvidikoc'h, plus riche, 371.
pied, attention, soin, 78.
Pledeliac, 1 lo.
Plescop, 108, 109.
Plestin, 109.
Pleubihan, 109.
Pleugueneuc, Plogonnec, 109.
Pleumcleuc, Plumelec, 109.
Pleumeur, 109.
Plobanalec, !09.
Ploelan, Plelan, 109.
Ploe-Meguen, 99.
Ploerdut, 109.
Ploermel, 109.
Ploeven, 99, 109.
ploib, ploeu, ploueu, plou, plo,pleu,
plu, pie, colonie bretonne; cam-
pagne, :o6, 107, 109, I 10.
Ploneour, Plouneour, 109.
Plouarzel, 109.
Ploubezre, 109.
Plouedern, 109.
Plouezec, 109.
Plou-Fragan, 109.
Piougaer, 108.
Plougastel, 109.
Plougoulm, 109.
Plouguenoual, 109.
Plouguer, 109.
Plouguerneau, 109.
Plouguiel, I 10.
Plouigneau, 109.
Plow-Magoar, Plou-Moguer, 109.
Ploumiliau, 109.
Plouneventer, 109.
Plounevez, 109.
Pludual, 109.
Pluherlin, 109.
Plumaudan, 109.
Plumaugat, 1 10.
Plumeliau, 109.
Plumcrgat, 1 10.
Plumieux, 1 10.
Plusulien, 99, 1 10.
Pluvigner, 99, 1 10.
Pluzunet, 1 10.
Pondivi, 112.
Pontivy, 100.
Porzay, 111.
480 Table des principaux mots étudiés dans le tome XXII.
Pouhastel, 90.
pourcé, pourcéein, pourcein, cher-
cher, pojrsuivre, 69, 70.
poursuiu', poursuiuein, poursuivre,
70.
prietat, épouser, 387.
pu, plus, 379, 380.
pu-tart, plus tard, 380.
puto, plus tôt, 580.
qen, qin, (ne) plus, 579.
qèl, pas; rien, 379.
Quay (Saint-), 99.
quencouls, aussi bien, 574.
quenlies, quen lieux, aussi nombreux,
576.
quent, avant (que, de), 376.
quet aérez, cohéritiers, 378.
Quimercli, 98.
Quimperlé. 9: .
raiœnn-rott, rayénn-rott, reyaenn-
rolt, rayon d'une roue, 71.
ran, domaine, 1 14.
rafif, ranvel, séran à égrener le lin,
77-
ranva, raiivat, sérancer, 77.
raquer « pâti, pratéau, l'issue dune
maison ou d'un village », 71.
Reithwal r, 114.
reter, est, 589.
rimia, rinvia, racler, gratter, 77.
rit, course, 69, 70.
Rivilen, 1 14.
Riwal, Rigual, 9^, 96.
roenv, rame, 239.
rokoh, plus rogue, 371.
rontik, arrondi, 588.
sah, sac, 72.
sanailh, grenier, 331, 532.
scloeret é, (la jument) a pouliné, 78.
scruniein, égrener, 78.
sechder, sécheresse, 389.
sec'hor, sehour, sécheresse, 389.
sêl-gùéh me, toutes les fois que, 370.
Sénegôù, 105.
seul, sul, sel, sal, tant (plus), 369,
370, 374, 382.
soaff, suif, 73.
spled, attention, soin, 78.
stardic, un peu sérieusement, 388.
stard-oc'h-stard, de plus en plus for-
tement, 382, 383.
startoc'h-stard, de plus en plus for-
tement, 382, 383.
ster, pi. stéri, rivière, 73, 74.
stert, étreint, serré, 72.
stiren, pi. stir, étoile, 73.
stonen, gazon, 78.
stonn, stoun, mauvaises herbes que
la herse entraîne dans un champ
qu'on laboure, 78.
sùaù, soéù, suif, 75.
Sulien, 1 10.
suloc'h suloc'h, d'autant plus, de
plus en plus, 374, 381 .
supportétoh, plus toléré, 372.
tarvhed, terlioed, second essaim, 386.
Teliau, 1 10.
-ter, -der, noms abstraits, 389.
teuskoc'h, de médiocre qualité, 375.
tonen, tonnen, tonden, gazon, 78.
tonnen, couenne; peau de la tète de
l'homme; surface dure et sèche
d'une terre délaissée en repos pen-
dant un long temps, 78.
tostik-tost, tout près, 589.
touësq ; è touësq, parmi, 375.
trec'h, treac'h, vainqueur, supérieur,
377, 578-
trec'hi, vaincre, 381.
Treff-Maeheuc, 99.
Tref-Guehuc, 111.
Treger, 98.
Tremeoc, 99.
Tutwal, 109.
TaI'Ic des principaux mots ciudcs dans le tome XXU. 481
uchtroc'h (a), plus, 569, 370, 374. war, sur, 583.
uhel, haut, 377. weleq, à peu près, 381.
uz da, au-dessus de, 377. well-was, en moyenne, 381.
var nez, sur le point de, 376. Winniaw, 109.
voas-eus-voas, de pis en pis, 582, Yodet, 90.
3S3. youaer, jouvenceau, 578.
Le Propriétaire- Gcraitt : ^'euve E. Bouillon.
hivuc Celtique, XXIJ^ 32
ANNONCES
THESAUFiUS PAL.^OHRIBERNICUS
A COLLECTION Ol- OLD IRISH GLOSSES, SCHOLL\, PROSE AND VERSE
cditcd hy WHITLEY STOKES D. C. L.
foreign associ.ite of the Institiite of France
and John STRACHAN L. L. D.
professer of greck in tlic Victoria University
Vol. I. Biblical Glosses and Scholia,
Cambridge, at thc University Press, 1901.
PELAGIUS IN IRLAND
TEXTE UND UNTERSUCHUNGEN ZUR PATRISTISCHEN LITTERATUR
von HEINRICH ZIMMER
Berlin. Weidmannschc Pnichhrandlung, 1901.
ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES
SECTION DES SCIENCES HISTORIQUES ET PHILOLOGIQUES (aNNUAIRE, I9O2)
LA RÉaUISITION d'aMOUR ET LE SY.MBOLISME DE LA POMME
par H. GAIDOZ.
GLOSSAIRE CRYPTOLOGIQUE DU BRETON
PARIS, WELTER, I 90 I .
VERCINGÉTORIX
par CAMILLE Jllliax
Paris, Hachette, 1901
11 sera rendu compte de ces importants ouvrages dans une prochaine
livraison.
Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert.
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